La réforme des collectivités territoriales remet à plat toute l’organisation institutionnelle de la France. En affaiblissant le rôle des élus, elle aura des conséquences sur le quotidien des citoyens. D’où l’importance de s’emparer de ce débat crucial.
« La propagande est aux démocraties,
ce que la violence est aux dictatures. »
Noam Chomsky
Rouge & Vert 298
"LA BOURSE VA BIEN"
R & V N° 298
N° 27 - 22 octobre 2009
Journal des Jeunes du NPA - septembre 2009
Politis N° 1077 - 19 novembre 2009
La contre-révolution Sarkozy
jeudi 19 novembre 2009, par

Politis
N°HS 51
Le chaos climatique
jeudi 24 septembre 2009
N° 1 SEPTEMBRE 2009
Journal électronique mensuel réalisé par des militantes et militants féministes, issus d’horizons divers. Aujourd’hui comme hier, les femmes sont exploitées et opprimées.
Osez le feminisme - n0 - juin 2009.pdf
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CAMPAGNES SOLIDAIRES - Le mensuel de la Condéfération Paysanne
Nous, paysans, produisons notre journal pour vous offrir un autre regard sur l'actualité agricole. Nous témoignons de nos pratiques soucieuses de l'environnement, respectueuses du travail des hommes et de la qualité de la vie et des actions de la vie syndicale de la Confédération paysanne. Nous proposons des solutions pour maintenir et installer des paysans nombreux sur l'ensemble du territoire, pour maîtriser les productions afin d'assurer un revenu et un statut à tous les actifs agricoles. Nous débattons sur des sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire, la mondialisation : avec tous les acteurs de la vie sociale et avec les organisations travaillant à l'instauration d'échanges internationaux.
Le mensuel de la Conf' n° 245 - nov 2009EDITO
Nous voulons la terre !
« Faute d’opposer à cette grisaille quelque chose de rayonnant et de fort, quelque chose qui soit la promesse d’un recommencement dans des lieux entièrement nouveaux, nous sommes perdus,
perdus pour de bon et pour toujours » (1). Le sentiment d’urgence qui poussait Etty Hillesum à écrire ces lignes en 1942 résonne aujourd’hui d’une actualité fracassante.
J’ai trente ans et chaque matin, en écoutant les nouvelles, je vois l’étau se refermer. Précarité, fichage génétique, privatisations, militarisation, destruction de la biosphère : voyez le
bel avenir auquel nous sommes promis !
Alors nous avons commencé à chercher. Je dis nous, parce que, très vite, je me suis aperçue que nous étions des tas, à 20, 25, 30, 35 ans et plus, à chercher QUOI FAIRE ? Quoi faire pour ne
pas se noyer dans la colère, la peur ou le désespoir, quoi faire pour ne pas sombrer dans le vide sidéral du non-sens qu’on nous propose comme seule perspective de vie ?
Certains sont allés dans les pays du Sud, et là on nous a dit « Rentrez chez vous, c’est de là que viennent nos plus grands problèmes, c’est vos sociétés qu’il faut changer ! ». Nous avons lu
des livres, sommes allés à des conférences et à des forums sociaux, avons participé à des manifestations. Et puis nous en avons eu assez de toute cette impuissance.
Nous avons décidé de devenir paysans et paysannes. Nous voulons reprendre en main nos destinées individuelles et notre avenir collectif. Nous voulons vivre, enfin, prendre à bras le corps
cette responsabilité d’êtres humains qui mangeons et buvons, qui façonnons le paysage, qui nourrissons la terre pour qu’en retour elle nous nourrisse.
Cette perspective est pour nous ce « quelque chose de rayonnant et de fort ». Elle est, à l’heure où chacun de nos gestes et de nos gènes tendent à être contrôlés, brevetés, expropriés et
privatisés, une entrée en résistance.
Ce faisant, nous nous engageons avec vous dans les luttes pour la souveraineté alimentaire et la réforme agraire, dans la réappropriation de nos territoires et la reconstruction de sociétés
plus solidaires.
« Reclaim the fields » est notre mouvement ! Nous voulons la terre ! Nous voulons devenir paysan-ne-s pour changer le monde, pour reconstruire, avec tous ceux et celles qui eux-aussi
étouffent sous l’engrenage capitaliste, un espoir pour le futur.
(1) Etty Hillesum (Pays-Bas 1914 – Auschwitz 1943), in Une vie bouleversée, coll. Points, 1995
Campagnes Solidaires
n° 245 | NOV 2009
SOMMAIRE
- Dossier
- Le statut du fermage : Un droit à renforcer pour installer de nouveaux paysans
-
Actualité
- Jeunes : Une commune envie de militer
- Nouveaux paysans : L’heure de la fourche a sonné
- Lait : Un avenir plein d’inquiétude
- Lait : Biolait à contre-crise
- Assurance récolte : Une logique dogmatique à combattre
- Grenelle, suites : L’agriculture raisonnée passe sa certification au Sénat
- LMA : Les vieux discours de la modernité
- Agrocarburants : Rien n’a changé depuis les émeutes
- Vie syndicale
-
Parcours
- Un ardent défenseur des fermiers et métayers
-
Internationales
- Paraguay : Noyade dans une mer d’OGM et d’inégalités
-
Agriculture paysanne
-
Hérault - Apiculteurs et paysans : même combat
-
Hérault - Apiculteurs et paysans : même combat
-
Terrain
- Charente-Maritime : Il faut un plan d’urgence pour l’installation en ostréiculture
-
Courrier
- Annonces
"LE PUBLIPHOBE"
Sporadique, épineuse et cristalline, la prose d'Yvan Gradis est désormais téléchargeable dans son intégralité depuis cette page.
N'hésitez pas à la distribuer autour de vous !
Ce numéro 116 peut être photocopié et diffusé
Faire prendre conscience des procédés publicitaires ou autres, destinés à mettre en condition l'opinion publique, sensibiliser le public aux nuisances écologiques, aux déséquilibres sociaux...
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Le Lot en Action mag n°4
16 pages d'actualités locales, nationales et internationales
avec un autre regard.
Un dossier central de 4 pages sur les enjeux de l'alimentation :Produire et consommer autrement
Titres des articles
- Edito
- Mimetisme et enfumage médiatique
- Saint-Céré : Le clan Destic
- Espagne 36 : la révolution auto-gestionnaire
- Les vacances dans le Lot (humour)
- Chute du mur de Berlin : que sont devenus nos rêves ?
- Grippe cochonne : plainte contre X pour tentative d'empoisonnement
- Cancer : les chercheurs commencent à penser autrement
- Être ou ne pas être
- La recette de l'anguille en meurette (humour)
- Des nouvelles du Honduras
- Les livres à lire
- Brèves locales et nationales
- L'agenda culture
N° 97 novembre 2009
Le mensuel de la gauche anticapitaliste de l'Hérault.
Le NPA 34 publie "Motivé-e-s",
centré sur l’actualité dans la région Languedoc-Roussillon.
Alter Echos N° 16 septembre 2009
ALTERS ECHOS est le journal de l’Alternative en Midi-Pyrénées.
Ce numéro d’Alters Echos est inhabituel… Ce n’est pourtant pas la première fois que nous consacrons un « cahier » autour d’un thème particulier. Mais ce cahier, « Des révolutions silencieuses », comprendra exceptionnellement 8 pages. Ici et ailleurs, usines, entreprises fonctionnant de façon éthique sans attendre « la crise » pour s’organiser dans le respect des hommes, de leur travail, de la terre, tant au nord qu’au sud.
Nous vous proposons ci-dessous l’Edito qui offre un éclairage sur l’esprit ce cahier.
L’accumulation actuelle « des crises » (lire page 4, « contresens ») semble bien indiquer que le système est en train de se bloquer. La durée de son agonie, les soubresauts que cela va impliquer, son aptitude à se régénérer restent inconnues. Il n’en reste pas moins que nous assistons à une crise essentielle d’une envergure encore jamais rencontrée, écologique, climatique, sociale. Il est probable que toute tentative de dépolluer le système productiviste sans le remettre fondamentalement en cause sera vouée à l’échec. Il nous faut espérer, réfléchir à un changement de système, de paradigme, à une nouvelle utopie. Mais les transitions ne sont pas spontanées, s’accompagnent d’une prise de conscience, de nouvelles expériences, creusets et laboratoires de nouvelles théories. Beaucoup ont échoué, certaines ont duré mais, quelles qu’aient été leurs destinées, elles ont creusé le sillon de l’expérience, d’une autre voie.
Nous présentons ici, de Midi Pyrénées et d’ailleurs, des projets d’entreprises de tailles diverses fonctionnant dans le respect des hommes, de la terre, des pays du Sud. Ce sont parfois des expériences qui n’ont pas attendu la « crise » pour comprendre que le modèle imposé n’était pas viable. Coopératives ouvrières, usines sans patron… Un univers dans lequel l’entreprise a créé ou créerait, en interne, une activité solidaire, ouverte sur un monde qu’elle respecte, dans le souci de l’éthique et des échanges équilibrés…
Lisez donc ce que coopérer signifie pour Inventerre, ce qu’est un salarié-actionnaire à I34, ou encore ce qu’est un projet global de société chez Zanon, en Argentine, ou bien à Valente dans le Nordeste du Brésil. Ici, à Sarrant dans le Gers, c’est le métier de libraire qui devient porteur d’un autre « sens ».
Beaucoup pensaient même, avant la fameuse « crise », que le malade était bien mal en point, convaincus que nous étions plus proche de l’agonie que du cachet d’aspirine ou du sparadrap. Ils n’ont pas attendu, ils ont inventé des réponses.
Ce numéro ne présente que quelques exemples qui ouvrent de nouvelles voies.
Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre
infini de vos villes. Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres.
(La Boétie - Discours de la servitude volontaire- 1574)
Et dans les pages habituelles du journal, notez 2 pages consacrées aux futures élections régionales en Midi-Pyrénées. La page Blanche a été proposée à Yves Proal.
Alters Echos
Editorial
Nous sommes arrivés à l’ère de tous les dangers. Jamais l’être humain n’aura été aussi proche de l’extinction, ou pire, de la déshumanisation. Jamais la planète et tous les écosystèmes qui la composent n’auront été aussi menacés.
La convergence des crises (climatique, énergétique, halieutique, environnementale, santé publique, économique, sociale) est telle que certains en voient les prémisses de la fin de notre civilisation.
Face à ce danger, les gouvernements, mais aussi les individus, se contentent de perfuser le système ou de promouvoir une croissance verte ou un développement durable. Mais il y a encore pire : les humains se résignent, ils acceptent ce dénouement comme une fatalité due aux tares de l’humanité ; ou alors ils rêvent de révolutions technologiques qui vont résoudre tous nos problèmes. Ils acceptent le nucléaire ou les OGM car c’est d’eux que dépend le futur de notre si belle civilisation.
Il nous parait important de clarifier et de démythifier un certain nombre de points: l’être humain n’est pas maudit, la civilisation n’est pas la meilleure façon de vivre, la technologie n’est pas neutre, l’agriculture n’est pas la panacée.
Nous voulons donc offrir à nos lecteurs des nouveaux points de vue, une critique radicale, une mise à nu de certains mythes, mais surtout de nouvelles perspectives.
Anarchie verte - éco-anarchisme - anarcho-primitivisme
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La Tendance CLAIRE du NPA (pour le Communisme, la Lutte Auto-organisée, Internationaliste et RévolutionnairE)
a été fondée le 14 février 2009.
N°2 JUIN 2009
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N° 2 du 23 juin 2009
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Trimestriel d’Offensive libertaire et sociale - septembre 2009, 52 pages, 5 €EDITO
L’Europe avait voté pour son parlement. Les élu-e-s du peuple allaient pouvoir entamer un nouveau cycle d’accommodements libéraux à l’échelle du continent. Les entremetteur-euse-s du capital n’allait pas devoir s’occuper que des travailleur-euse-s : la planète aussi devait être soumise au bienveillant régime capitaliste. Le développement durable avait justement fait un tabac aux élections. Les environnementalistes jaunissant-e-s allaient aider à mettre le curseur sur le niveau d’exploitation convenable : assez fort pour générer du profit, assez doux pour rasséréner ceux et celles qui commençaient à s’inquiéter de l’état du monde.
Mais tout ne se jouait pas qu’à l’échelle du vieux continent. Au niveau planétaire, il y avait les Nations unies, qui essayaient d’être l’État de tous les États. Pour sauver la planète, elles avaient créé une nouvelle Agence mondiale des énergies renouvelables, pour qu’elles concurrencent le pétrole et le nucléaire. Quel meilleur endroit pour installer son siège qu’Abu Dhabi, petit pays tirant ses revenus du pétrole tout en rêvant d’avoir ses propres centrales nucléaires ? Le développement durable envoyait là un signal fort.
À travers le monde, il y avait bien des belles façons de faire de l’énergie renouvelable. Des désert tapissés de panneaux solaires. Des champs d’éoliennes géantes en mer, ou dans de jolies petites montagnes ratiboisées pour l’occasion. Et des filières de chauffage au bois issu de forêts industrialisées. Tout cela pour alimenter des choses indispensables : toute la panoplie des gadgets numériques, les usines de désalinisation pour avoir plus d’eau pour plus de cultures hors-sols, et des voitures électriques (ça ne pouvait pas être polluant s’il n’y avait pas de pot d’échappement). Pas question d’arrêter de consommer !
Les « voitures propres », électriques ou agro-carburantes, avaient bien servi l’économie : elles avaient rassuré les automobilistes et permis de booster les ventes de l’industrie automobile. « Quand l’économie va, tout va ! » C’était bien connu. Les glaciers de haute montagne et les glaces polaires en étaient si émus qu’il leur coulait des larmes de joie, tout en fondant lentement (pas si lentement) mais sûrement...
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, donc. Pourtant il y avait des gens mécontents. Qui luttaient, qui semaient les graines de la critique sociale, qui expérimentaient et qui sortaient dans la rue. Comme si tout ce bonheur capitaliste était invivable...
Le Monde Libertaire N° 1572 - 12 novembre 2009
Editorial du Monde Libertaire # 1572 du 12 au 18 Novembre 2009
L’opinion – bonne fille – s’interroge. Vingt-quatre sénateurs menacés de perdre leurs électeurs de province et menés par un dangereux nihiliste du nom de Raffarin s’opposent à la suppression de la taxe professionnelle. Pas grave, coassent les courtisans, on aura leur peau en refaisant voter le Parlement croupion. L’opinion – intriguée – se passionne. Pasqua, Villepin et maintenant Chirac menacés d’emprisonnement. Retour d’honnêteté de la justice franchouillaude ? Vengeance froide du conduraptor ? Ou double pirouette, alliant plaisir de la vendetta et volonté de faire oublier la suppression prochaine des juges d’instruction ? Disparition qui justement sonnerait l’heure de la fin des procès aux riches et aux puissants définitivement au-dessus des lois applicables au populo.
L’opinion – écolo – s’inquiète. Si la sécurité est au bout du flash-ball contre les pauvres et du radar à lunettes sur les routes, il n’en est pas de même en matière d’électricité nucléaire. Areva, la main dans le pot de confiture, reconnaît avoir voulu vendre des réacteurs dont la sécurité d’emploi laisse à désirer d’après les autorités de sûreté franco-anglo-finlandaises. Y aurait-il deux sécurités, une pour le pouvoir, une autre pour les gueux ?
L’opinion – éclairée – est en liesse. On la gave avec l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin où les stals prosoviétiques se sont mangé un bon camouflet. Les beaux démocrates, dans l’poste, applaudissent bien fort la victoire de la Liberté sur le Koumounisme et ses grosses athlètes qui prenaient rien que des drogues pour voler des médailles (comme chacun sait, à l’Ouest, on ignore tout de la nandrolone, de l’EPO, des testostérones et autres bêta-bloquants). En fait, bien des Allemands de l’ex-RDA ont cru pouvoir bénéficier de la relative tranquillité d’emploi et des services publics de l’Est et en plus du clinquant bling bling de l’Ouest. La néo-thatchérienne Angela Merkel se charge de les détromper.
Les anarchistes, quant à eux, sont tristes. Ils saluent Claude Lévi-Strauss, l’ethnologue centenaire, élégant de plume et humble de pensée, qui préférait le mode de vie frugal et libre des Indiens amazoniens à l’indécente pyramide de fric et de dominations des sociétés prétendument civilisées. Ils se marrent aussi les anars : il y a des psychiatres honnêtes qui dézinguent des militaires ; des chauffeurs de fourgon blindé qui pratiquent la récupération individuelle ; une cabale politico-policière, contre Julien Coupat, qui sombre dans le ridicule ; il y a des juges intègres dans le Finistère qui balayent de leurs arrêtés la réglementation félonne n’autorisant les délégués syndicaux qu’aux centrales ayant obtenu au moins 10 % aux élections professionnelles. Autant de bonnes petites claques contre les grosses puanteurs des latrines néolibérales. Titata !
"Courant Alternatif" N° 194 - NOVEMBRE 2009 - Mensuel de l'OCLN° 194
Novembre 2009
Edito
Social
Faible mobilisation le 7 octobre 2009
Chroniques de la collaboration de classe
Grève du lait : Les campagnes en émoi
L’industrie automobile dans la tourmente
L’Etat fichier
Disparition de Jon Anza : La guerre sale au pays basque
Le Fichage ADN en procès
FNAEG : Un ADN peut en cacher un autre
Big Brother !
Chronique du contrôle et de la répression
L’mouvement
Poitiers après le10 octobre : Chronique poitevine
A propos d’anarchistes précipités
Aménagement du territoire
Ligne à grande vitesse Limoges-Poitiers
Coordination des luttes anti-LGV
Touchons le fond
L’antidémocratisme est un apolitisme
International
Chine : Le Yangtsé sacrifié
Notre mémoire
Les massacres du 17 octobre 1961 à Paris
Livres
Orwel, Les amis de Ludd, l’affaire Colonna
Un roi Barbare, essai sur H.D. Thoreau
N° 14 - 12 SEPT/13 NOV 2009
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Désespéré mais optimiste
Le productivisme possède en stock des croissances de toutes les couleurs : « bleue » avec la droite et le patronat, « rouge » avec la gauche et les syndicats, « verte » avec Borloo et son copain Cohn- Bendit. Nous ne dirons jamais que toutes ces politiques se valent… Nous préférons mille fois, moralement, que les fruits du travail profitent à ceux qui produisent les richesses, plutôt qu’aux actionnaires et aux rentiers. Mais croissance « bleue », « rouge » ou « verte » conduisent, toutes, dans le même mur, tout en alimentant la machine à faire des inégalités sociales et à décerveler la population. Il est important de le rappeler au moment où le Medef organise un séminaire, lors de son Université d’été, sur le thème de la « décroissance prospère », au moment où Hulot s’apprête à sortir son film sur le « développement durable » quelques mois après le désastreux Home d’Arthus-Bertrand, au moment où certains Verts rêvent de créer un « parti du développement durable ». Tous ces sarkoproductvistes veulent en reprendre pour un tour, mais en promettant d’être sages… Le capital deviendrait enfin raisonnable et les consommateurs consommeraient certes toujours autant, sinon plus… mais autrement. L’heure est, nous dit-on, à l’alter-consommation. Tout juste si on ne parle pas d’alter-capitalisme moralisé et écologisé grâce à Dany l’orange ! Cet optimisme productiviste a pourtant fait son temps. Il doit être combattu. Il poursuivra certes, à droite, son aventure, car le capitalisme est une machine infernale qui ne peut s’empêcher d’accumuler. À l’instar d’un vélo, il s’écroule, si l’on cesse un instant de pédaler. Alors pédalons jusqu’au mur, la tête dans le guidon, un baladeur sur les oreilles pour ne rien entendre de la catastrophe qui vient. Mais rien ne sert alors de maquiller en vert ce système. Le productivisme de gauche a, lui, fait la preuve, depuis longtemps, de son inefficacité. Il produit beaucoup moins bien que le capitalisme au regard des critères de la société de consommation, mais il demeurera toujours incapable d’en proposer d’autres. Il ne fut pas, par exemple, en mesure d’inventer un seul et unique objet qui lui soit spécifique. L’appartement communautaire ? Le capitalisme l’a recyclé sous le nom de colocation ! On dit que chaque société engendre aussi le type d’humains qui vont avec. Que reste-t-il des projets d’enfanter un « homme socialiste », alors que l’homo oeconomicus capitalisticus prospère, ici et ailleurs ? Cette gauche productiviste est donc orpheline. Personne ne veut plus l’adopter. Elle a totalement perdu la foi, n’osant plus promettre aux pauvres une abondance généralisée. |
Mais elle n’ose pas encore annoncer la possibilité d’un autre socialisme, celui du partage, un socialisme de la suffisance contre le socialisme de l’abondance ou celui de la misère. Une rumeur enfle, qui voudrait que cette gauche productiviste ait, toujours, été honteuse. Je veux bien admettre que les gauches ont été productivistes malgré elles, mais il faudra alors expliquer pourquoi elles ont toujours choisi, finalement, le mauvais chemin. On nous dit que les bonnes questions (celles de l’antiproductivisme, celles d’une frugalité jouissive) ont été posées mille fois dans l’histoire. Ah! gauche ! Tu aggraves alors ton cas. Tu savais et tu n’as rien fait. Pour un « droit à la paresse », combien de divisions de stakhanovistes ? Pour un adepte de la simplicité volontaire, combien de promesses de « sociétés opulentes » ? Je sais bien, cependant, qu’une partie de la gauche résiste depuis deux siècles. Celle des socialistes utopiques, celle des socialistes libertaires. Celle de la Théorie critique, d’Adorno à Lefebvre, de Gramsci à Debord. Cette gauche a combattu, à sa façon, c’est-à-dire par la pensée. Elle a su démontrer que la perspective du socialisme s’éloignait chaque jour davantage. Combat nécessairement perdu, puisque l’ennemi de classe est, sur son terrain, diablement plus puissant : au jeu du productivisme, il part nécessairement avec de bien meilleures cartes. Combat toujours perdu donc, sauf si la gauche osait enfin affronter le mode de vie capitaliste. Les forces matérielles et idéelles ont toujours manqué pour mener ce combat salutaire. L’antiproductivisme ne pouvait, pour cette raison, qu’être nativement pessimiste. La gauche n’a pas toujours été défaitiste. Elle a longtemps cultivé l’espoir. Elle avait le sentiment d’avoir le peuple et l’histoire avec elle. Le socialisme a dirigé un bon tiers de l’humanité durant trente ans. Le marxisme a joué un grand rôle au sein des pays capitalistes. Cette gauche-là était optimiste parce qu’elle avait foi dans la possibilité d’une société d’abondance. Cette liaison avait pour elle la force de l’évidence. Si le royaume de la liberté commence seulement là où cesse la nécessité, alors il fallait supposer une abondance qu’apporterait, avec certitude, l’essor des forces productives. Cet argument est au coeur du Manifeste communiste. Il est aussi ce qui permet à Paul Lafargue de prôner le droit à la paresse. Les économistes marxistes justifient, plus près de nous, le maintien du système actuel de retraite par l’extraordinaire bond en avant que la productivité devrait réaliser d’ici trente ans. Le socialisme n’aurait donc pas de Salut en dehors de cet horizon abondantiste. On a beaucoup décrié, avec raison, Saint-Simon et les saints-simoniens industrieux. On oublie trop souvent que presque tous les autres courants des gauches, sauf les libertaires, ont entretenu ce mythe de la corne d’abondance. |
Cette illusion est très grave, car elle signifie que, dès lors que la gauche prend conscience de l’impossibilité d’avoir une croissance infinie dans un monde fini, elle se trouve asphyxiée et défaite, non seulement sur le plan théorique (quels fondements donner alors au socialisme ?), mais aussi politique (sur quelles revendications fonder les mobilisations sociales, si ce n’est le pouvoir d’achat ?). Face à cette gauche productiviste optimiste, mais défaite, une autre gauche existe, une gauche qui renonce au mythe de l’opulence, une gauche qui refuse d’agir par nécessité et d’appeler au sacrifice d’une génération, une gauche qui sache réveiller les forces de vie qui continuent encore (mais pour combien de temps ?) à battre au sein des peuples, des gens de peu, sous le carcan de tous les productivismes. Cette gauche porte, dans ses bagages, les expériences (mal) heureuses des siècles passés. Cette gauche eut souvent le vin mauvais en ne cessant de broyer du noir. Ce pessimisme est celui des socialistes utopistes face à leurs échecs répétés, celui des socialistes libertaires face à ce peuple qui ne veut rien entendre, celui des marxistes hétérodoxes (École de Francfort notamment) qui cultivent leur gueule de bois d’avoir trop compris vers quoi conduit le capitalisme. Cette gauche antiproductiviste, mais pessimiste, a encore de beaux restes. Elle fut celle du Verbe avant le calcul, celle du politique et de l’art avant la science et l’économie. Nous devons en faire le vivier d’une gauche antiproductiviste, mais optimiste. Nous devons opposer pour cela le désespoir au pessimisme. Cette gauche ne peut être celle de la Mickeyrandie vendant son âme à Disney en signe de modernité, ni celle du « bonheur conforme » ou du « je positive ». La gauche est devenue orpheline du principe espérance cher à Ernst Bloch. Elle ne peut plus écrire sa partition, comme un musicien qui aurait oublié que le silence est fondateur ou comme un mathématicien qui aurait perdu l’usage du zéro. Cette gauche a besoin d’une cure de lucidité. L’effondrement environnemental est un appel pressant à négrifier l’âme de la gauche pour qu’elle ait le blues. Il sera plus simple d’entrevoir une lumière à l’horizon lorsque nous aurons fait le tour des (dés)illusions passées comme celle du pays de cocagne. L’optimisme est indispensable en politique, puisqu’on ne rassemble que pour défendre une cause à faire advenir. Cet optimisme n’a cependant rien de béat : il doit se conjuguer avec le désespoir. On ne vivra pas à dix milliards avec ce mode de vie. Les résistants à toutes les oppressions connaissent ce courage des désespérés. Le pessimisme est tout autre chose. Il est ce qui nous colle au présent. Il est ce qui rapetisse. Une gauche antiproductiviste doit donc être à la fois optimiste et totalement désespérée.
Responsable rédaction : Paul Ariès
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LE PAVE, c’est le trimestriel des chichonNEs chambérienNES. Son objectif ? Diffuser auprès de chacunE des idées révolutionnaires douces pour sortir de la société de production et de consommation.
Au programme de ce troisième numéro, des infos sur le Massacre d’Ambatovy et sur la fascisation des mœurs. Puis, vous retrouverez les derniers comptes rendus de nos actions ainsi que l’agenda des actions à venir. Ensuite, un article d’analyse sur la crise des subprimes, et trois articles de réflexion, sur le vol, la désobéissance civile et pour finir l’alter féminisme. Et encore les pages culturelles, avec des critiques littéraires, cinématographiques et musicales.
JOURNAL ECOLO-ALTERNATIF de Chambéry
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N° 66 - novembre 2009
N° 66 - novembre 2009
OUVERTURE - Clémentine Autain «Qu’avons-nous fait de ces 20 ans?» / Robert Hue «Déblayer les ruines pour construire» GRANDS TÉMOINS - Catherine Clément / Andrei Gratchev / Julia Kristeva / Jack Ralite LA CHUTE D’UN EMPIRE - L’âge Mur, le roman de 1989 / Une révolution sortie de l’église / Moscou garde le silence / Ce que le PCF comprend alors UN MODÈLE EN MIETTES - Faute de renouvellement / Tony Andreani : « Les vices de l’économie administrée » / La fin d’un monde bipolaire / Et le sport ne sauva pas le communisme / Entretien avec Volker Schlöndorff. L’ÉCHEC DU COMMUNISME ? - Qu’est-ce qui a échoué ? Avec Alain Badiou, Alain Bergounioux, Patrice Cohen-Séat, Samuel Johsua, Roger Martelli, Antonio Negri ÉPILOGUE - Quelles répercussions sur la gauche ? Avec Christophe Aguiton, Dany Cohn-Bendit, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Pierre Laurent, Noël Mamère, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Stierlin, Maya Surduts, Henri Weber / L’histoire ne connaît pas la fatalité / Nouveaux murs frontières. Bonnes feuilles de Wendy Brown
N° 189 NOVEMBRE 2009
SOMMAIRE :
Pleins feux
Edito : Le droit au viol
Politique : Quelle « victoire » en 2012 ?
Plan Sarkozy : hypocrisie gouvernementale pour jeunesse en détresse
Luttes
Sans-papiers : grèves pour la régularisation : acte II
Argenteuil : Axium : les recettes de la solidarité active
Précarité : la riposte est en marche(s)
La Poste : Ni privatisation ni stagnation
Postiers : tout passera par la grève
Syndicalisme
Congrès SUD-Rail : Et maintenant, dans le privé !
Fret ferroviaire : Une escroquerie sociale et écologique
49e congrès : Une autre CGT existe !
Antipatriarcat
L’IVG s’invite à la manif du 17 octobre
Dossier conspirationnisme
Charlatans : Le conspirationnisme, boulet de la critique sociale
La bande à Dieudo : ex-gauchos, néofachos, via la théorie du complot
Conspirationnisme : un business devenu lucratif
Que répondre à un ami en train de basculer ?
Best-of : à chaque époque, à chaque société sa théorie du complot
Politique
Retour sur les événements poitevins : émeute ou happening ?
Prison : Jann-Marc Rouillan est malade, il doit sortir !
International
Honduras : au-delà de Zelaya
Antilles : après les grèves générales, le ressac
Guinée : Dadis Camara, un nouveau Sékou Touré est né
Russie : les communistes libertaires contre vents et marée
Histoire
Novembre 1989 : les révolutionnaires sous les décombres du mur de Berlin
Culture
Inédit : Ecrits politiques (1928-1949), de Georges Orwell
BD : Une histoire populaire des États-Unis
Dessin : Flic-flop, de Berth
La chronique cinéma : Capitalism, a love story, de Michael
Moore
Débat : Conférence libertaire à Nottingham
Société : Cœur de banlieue, de David Lepoutre
Classique de la subversion : L’Entr’aide, de Pierre Kropotkine
Alternative Libertaire octobre 2009
Lutte Ouvrière n° 2155 du 20 novembre 2009
Leurs profits, c'est avec notre peau qu'ils veulent les augmenter
Le nouveau PDG de Peugeot-Citroën vient d'annoncer son plan pour redresser les profits de ses entreprises et, par conséquent, les dividendes des actionnaires. Le projet est simple : réduire
l'effectif de 6 000 personnes sur 82 000 et, en même temps, augmenter la productivité de 20 %.
Le PDG ne parle pas de licenciements mais seulement de non-remplacement de ceux qui partent. De toute façon, c'est un mensonge. Les patrons ne comptabilisent pas dans les licenciements la mise à
la porte des intérimaires.
Six mille emplois en moins, cela fait de toute façon autant de chômeurs en plus. Et cela signifie aussi des cadences plus élevées sur les chaînes de montage, une usure toujours plus grande pour
les travailleurs, la flexibilité, des samedis travaillés et des heures supplémentaires à certains moments et le chômage technique à d'autres. Le plan annoncé par Peugeot-Citroën est fait en
revanche pour aguicher les actionnaires : une amélioration de 3,3 milliards pour les bénéfices !
Augmenter le profit de l'entreprise en se débarrassant d'une partie du personnel et en faisant faire plus de travail par ceux qui restent n'est pas une spécialité de la seule maison
Peugeot-Citroën. Renault en fait autant. General Motors, qui avait annoncé à un moment la vente de ses usines d'Allemagne qui produisent sous la marque Opel, revient en arrière et annonce une
restructuration brutale qui se traduit par des licenciements massifs.
La reprise est en marche, claironnent ministres et commentateurs à la vue des profits en hausse, déjà encaissés dans les banques et annoncés dans l'automobile, et à la vue de la fièvre boursière
que cela alimente.
Mais en même temps que les profits sont en hausse dans les plus grandes entreprises, il y a de plus en plus de chômeurs et les travailleurs mis à la porte ont de moins en moins de chances de
retrouver un emploi.
Le temps passé au chômage s'allonge et quelques missions d'intérim n'arrêtent pas la chute inexorable vers la pauvreté. Et, à l'autre bout de la chaîne, il y a cette information, qui est passée
presque inaperçue, que les vols dans les supermarchés ont augmenté et, surtout, qu'ils se portent de plus en plus sur la nourriture, sur des couches pour bébé, sur des articles indispensables et
qu'ils sont le fait de femmes et d'hommes pour qui cela est devenu une question de survie.
Alors, oser parler de reprise dans ces conditions est d'un cynisme qui frise la sincérité. C'est une façon de reconnaître que la société est divisée en deux. Il y a, d'un côté, ceux à qui même la
crise profite, qui en sortent plus riches encore qu'ils n'y sont entrés. Et, de l'autre côté, se multiplie le nombre de ceux qui sont écrasés par la crise.
Les travailleurs n'ont certainement aucune raison de se réjouir de cette prétendue amélioration du secteur automobile, pas plus qu'ils n'ont à se réjouir du profit déjà retrouvé des banques. Tout
cela se fait au détriment de leur emploi, de leur salaire, de leur vie.
Tous ceux qui essaient de faire passer l'intérêt de la minorité capitaliste pour l'intérêt de toute la société sont de fieffés menteurs. Les intérêts des profiteurs de la crise, qui en sont aussi
les responsables, sont diamétralement opposés à ceux de leurs victimes. Les profits ne peuvent être maintenus en cette période de crise qu'en aggravant l'exploitation. Les exploités, eux, n'ont
une chance de défendre leur simple droit de vivre qu'en obligeant la classe capitaliste à prendre sur ses profits de quoi financer les mesures susceptibles de limiter les dégâts de la
crise.
L'économie va mieux, nous disent-ils. Alors, il faut que les profits retrouvés servent à financer l'arrêt des licenciements, le maintien de tous les emplois, et de nouvelles embauches, par la
répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Le patronat ne le fera pas de son plein gré. Et ce n'est pas le gouvernement qui le lui imposera, lui qui est entièrement à son
service et qui supprime, lui aussi, des emplois dans le secteur public.
Mais, à force de pousser à bout les travailleurs, la seule classe productive de la société, patrons et gouvernement finiront par provoquer l'explosion sociale qui imposera aux riches profiteurs
les revendications vitales du monde du travail !
Arlette LAGUILLER
LA GAUCHE ANTICAPITALISTE
La Gauche anticapitaliste (GA) est un nouveau collectif politique qui se développe dans toute la Suisse. Sa raison d’être est le refus du capitalisme, un système où une poignée de multinationales font la loi, au détriment des besoins de la grande majorité de l’humanité: 100 000 personnes meurent chaque jour de faim ou de ses suites immédiates; la crise économique, consubstantielle au système, remet gravement en cause nos conditions de vie, au Sud comme au Nord; les catastrophes climatiques se multiplient, menaçant la planète de destruction; les guerres, provoquées par un impérialisme conquérant, profilèrent. Bref, un autre monde, substituant à la logique du profit la logique de la satisfaction des besoins sociaux, est plus que jamais nécessaire.
La Suisse ne fait pas exception. Les capitalistes et le gouvernement à leur service veulent nous faire payer la crise, dont ils portent, assoiffés de profit, la responsabilité. Au menu: blocage des salaires, suppressions massives d'emplois, élévation de l’âge de la retraite, augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité, nouvelles libéralisations et privatisations, etc.
Seule notre mobilisation collective permettra de faire face à cette politique réactionnaire. De même, aucune remise en cause fondamentale du capitalisme n'est envisageable que si les opprimés prennent leur destin en main. Loin de toute logique de gestion du système, qui est le propre de la gauche traditionnelle, l'"option préférentielle" de la GA est dès lors de contribuer à stimuler l'auto-organisation et la mise en mouvement les plus larges des salariés, des jeunes, des femmes. D'où notre participation active aux récentes manifestations anti-WEF et contre le G20 à Genève, aux mouvements de grève des salariés de la fonction publique vaudoise, aux mobilisations contre l'agression israélienne à Gaza, etc.
Notre bi-mensuel, L'Anticapitaliste, sera le moyen de faire connaître les orientations et les combats de la GA, tout en étant ouvert à des contributions de personnes et collectifs qui n'en font pas partie; l'association attac, par exemple, y tiendra une rubrique régulière. Il paraîtra toutes les deux semaines, pour être en phase avec l'actualité, et sera supporté par notre site, régulièrement mis à jour.
Vous vous en doutez : L'Anticapitaliste ne bénéficiera d'aucune subvention de la part des grands groupes industriels et financiers. Journal d'opinion, journal militant, sans publicité, il ne pourra compter que sur votre soutien. Nous vous invitons dès lors à vous abonner. Vous le recevrez ainsi directement dans votre boîte aux lettres. Merci d'avance!
L’Anticapitaliste, le nouveau journal bimensuel de la Gauche anticapitaliste (GA), est sorti le 9 avril 2009 !
L'Anticapitaliste N°1 - 9 avril 2009.pdf
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Assurances sociales :
les bourgeois à l’offensive sur tous les fronts
Dans le style euphémisé qui est le sien, l’« Année politique suisse » expliquait, dans une synthèse, que dans les années 90, « une évolution économique défavorable a puissamment modifié les conditions cadres […] des assurances sociales » et que « le concept de neutralité des coûts est devenu le leitmotiv de chaque changement législatif ». Aujourd’hui, ce n’est plus de neutralité dont il est question, mais bien de guerre ouverte.
Quoi que l’on ait pensé du financement additionnel de l’assurance-invalidité (AI), l’avenir immédiat est celui de la 6e révision a et b. L’objectif est clair : dans la 6e a, 12 500 rentes doivent être supprimées (soit le 5 % du total), 4000 de ces rentes étant retirées aux personnes touchées par des invalidités « somatoformes », comme la fibromyalgie ; la 6e b devra, à travers de nouvelles restrictions au niveau des dépenses, permettre des économies du même ordre. Ces objectifs s’ajoutent à ceux de la 5e révision : diminution de 4 % des rentes, réduction massive de l’octroi de nouvelles rentes (– 46 % entre le premier semestre 2009 et le premier semestre 2003) et chasse aux abus (qui ne représentent même pas 1 % des cas !). Bloquer cette 6e révision est une tâche élémentaire du mouvement syndical, des associations de handicapé·e·s et de la gauche politique.
AVS : les démolisseurs à l’œuvre
L’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes, avec en perspective 67 ans pour tout le monde, tel est le premier plat du peu ragoûtant menu de la 11e révision de l’AVS. L’adaptation de rentes ne devrait se faire que lorsque le renchérissement dépassera les 4 % depuis la dernière adaptation. L’indice mixte qui permettait de calculer l’adaptation en tenant compte à la fois de l’évolution des prix et des salaires est clairement menacé. Ici aussi, les forces de gauche et les organisations de retraité·e·s n’éviteront pas le référendum.En matière de prévoyance professionnelle (2e pilier), nous voterons certainement au printemps prochain sur l’abaissement proposé du taux de conversion, qui permet, à partir du capital vieillesse accumulé, de calculer la rente versée. La première révision de la LPP avait enclenché un passage progressif de 7,2 % à 6,8 %. Le référendum porte sur une réduction supplémentaire à 6,4 %. Le taux d’intérêt minimal obligatoirement servi par les caisses est passé de 2,75 % à 2 % en janvier de cette année, alors que son adaptation à la hausse durant les années fastes avait été systématiquement freinée par le Conseil fédéral. Comme c’est bizarre...
Les récents débats autour des primes des caisses-maladies ont nettement fait apparaître la tendance forte du régime d’austérité voulu par la droite : aller vers la suppression et le redimensionnement de certains hôpitaux et, au passage, dégrader les conditions de travail du personnel. En attendant, une série de réformes sont en discussion au parlement. On y parle de tarifs hospitaliers forfaitaires (auxquels les hôpitaux devraient se soumettre), de gestion des soins (managed care) limitant le choix du médecin et de suppression de l’obligation de contracter, qui permettrait aux caisses de choisir « leurs » médecins et autres fournisseurs de prestations.
La Loi sur l’assurance-accidents (LAA) fait moins parler d’elle. Pourtant, sa révision se prépare aussi. Son but : placer la caisse nationale d’accidents, la SUVA, dans une situation d’infériorité par rapport aux assureurs privés, afin qu’une plus grande part du marché de l’assurance leur revienne. En gros, les bons clients (grosses primes et faibles risques) iraient chez les assureurs privés, la SUVA se chargeant des mauvais risques, ce qui déséquilibrerait son bilan et la ferait rentrer dans la spirale des mesures d’économies et de la chasse aux abus.
LACI : plus de chômeurs = moins de prestations
Le principe d’une assurance est d’entrer en action lorsque le risque qu’elle couvre se réalise. Nos bourgeois ont réussi à mettre cul par-dessus tête cet axiome. Quand, à la suite de la crise capitaliste, le chômage augmente, l’assurance du même nom (LACI) exclut des assurés. Malin, non ? En tout cas pas pour ceux qui seront touchés par la révision en cours de la LACI, basée sur une réduction de rentes en fonction de la durée de cotisation. Elle soumet certaines catégories, comme les étudiants, à un délai d’attente. La commission de l’économie et des redevances du Conseil national vient récemment de durcir le rapport entre la durée de cotisations et celle des prestations, alors que les cantons se verront par ailleurs privés de la possibilité de prolonger la durée de l’indemnisation en cas de fort chômage. Autre « cadeau » du même genre, les chômeurs et chômeuses de plus de 55 ans n’auront plus droit qu’à 520 indemnités journalières au maximum et le supplément de 120 jours avant l’âge de la retraite est supprimé. Jeunes et vieux sont ainsi cyniquement expédiés à l’aide sociale par la révision de la LACI. Là aussi, le référendum s’imposera.La cohérence du capitalisme
La droite et les organisations patronales ne font pas seulement qu’appliquer l’idéologie néolibérale, qui veut que la dépense publique soit une mauvaise dépense. Ce sont des intérêts fort matériels qu’elles défendent en la matière. En empêchant systématiquement toute hausse de la « cotisation sociale », elles visent à contenir le salaire indirect ou social qu’elle représente en réalité. Contenir le salaire, c’est préserver ou augmenter la marge de profits. Réduire le rôle de l’assurance publique, c’est ouvrir les secteurs rentables de l’assurance aux capitaux privés. Au-delà des nécessaires batailles défensives et référendaires, un large débat doit être mené sur des ripostes d’ensemble, permettant de sortir de la logique du coup par coup. En s’inspirant de la même ténacité que nos adversaires et d’un point de vue tout aussi global.Daniel Süri
CARREFOUR ANTICAPITALISTE
Gauche radicale écologiste








N° 156 (22/10/2009)
