Le Camp Action Climat vous appelle à rejoindre la lutte contre le système capitaliste responsable du changement climatique et du chaos social et humain qui en
résulte !
SONDAGE
Pétition en soutien à Charles Hoareau et contre la criminalisation du mouvement social et de la résistance
syndicale.
Signer la pétition contre la ligne THT Cotentin-Maine
Le conseil municipal du 17 mai a mis un éclairage cru sur la politique réelle du PCF quand il gère une ville. Deux points importants à l’ordre du jour : l’ouverture des magasins le dimanche et
des vœux présentés par Gennevilliers pour Tous, groupe local unitaire qui a obtenu deux élus avec près de 10 % des voix et où milite le NPA (1 élue). Ces vœux portaient sur la solidarité avec les
habitants expulsés par la préfecture d’un immeuble appartenant à GDF.
Premier dossier : ouvrir tous les dimanches une zone commerciale (Fnac, Décathlon, C&A, etc.). Dossier défendu par Roland Muzeau, député et 1er adjoint, porte-parole du PCF pendant le débat à
l’Assemblée nationale de la loi sur le travail du dimanche qu’il a su critiquer, dénonçant civilisation du caddy, chantage à l’emploi, impossible liberté de choix des salariés, « un coup de canif
de plus dans notre droit du travail et un coup de couteau de plus dans le dos des salariés, véritable recul de société ».
Mais dans sa ville, ses arguments se renversent. Il faudrait craindre la perte de 129 emplois, les comités d’entreprise et les salariés seraient d’accord et – argument massue – c’est ouvert chez
les voisins, Gennevilliers est obligé de le faire… Pour être classé en Puce (périmètre de consommation exceptionnelle), il faut une habitude antérieure d’ouverture, donc une prime à
l’illégalité : ça tombe bien, la municipalité avait donné, il y a deux ans, son accord à l’ouverture tous les dimanches dans cette zone… Cette différence entre les discours généraux et la
pratique sur le terrain s’explique par la volonté de la municipalité d’attirer les entreprises dans la commune, en faisant des cadeaux aux patrons, comme l’autorisation pour le travail du
dimanche.
Ici, le PCF, majoritaire, n’a pas même l’excuse de la pression de ses alliés PS et Verts.
Seuls les deux élus Gennevilliers pour Tous et deux PS ont voté contre. Les groupes membres de la majorité ne se risquent jamais à exprimer un avis différent.
Et pourtant quelques-uns ont aussi osé soutenir nos vœux demandant un soutien à la lutte des expulsés de l’immeuble GDF, en particulier la demande d’un local provisoire pour s’abriter décemment
tant qu’ils n’auront pas obtenu un relogement.
Sur cette lutte, voir Tout est à nous ! n°54 et la vidéo sur le site NPA.
La municipalité a toujours refusé d’apporter un soutien à ces expulsés pour leur relogement, consentant seulement à intervenir lors de l’arrestation de sans-papiers. Elle a même organisé une
contre-manif à un rassemblement de soutien aux expulsés dénonçant « une manœuvre politicienne du NPA ».
Sa justification : « C’est à la préfecture de s’occuper du problème, on a déjà assez à faire avec les Gennevillois mal logés. »
Apparemment des familles qui habitent depuis six ans dans la ville, même dans un squat, ne sont pas des Gennevillois.
Leur tort peut-être, n’avoir pas le droit de vote.
Au nom donc de leur conception privative de la citoyenneté, ils mettent des frontières à la solidarité avec les exploités.
Ces abandons entraînent dans une partie du « peuple de gauche » résignation devant les attaques gouvernementales, cynisme : « les politiques tous pareils », et racisme de basse intensité : « on
ne peut pas accueillir toute la misère » ou « on en loge déjà bien assez comme ça ».
Pour ressouder sa majorité et les militants, le maire a eu recours aux bonnes vieilles méthodes staliniennes face aux deux élus de l’opposition de gauche : insultes et interruptions de parole.
Ces méthodes sont toujours de mise, même pour un « communiste unitaire », quand il y a opposition à gauche.
Cette modeste expérience doit faire réfléchir sur la réalité de ce parti loin des discours de congrès ou de fêtes de l’Huma.
Le fils de Paul Laurent, figure du PCF, était depuis le 34e congrès, en décembre 2008, coordinateur national au coeur d'une direction collégiale autour de Marie-George Buffet. Dimanche, pour
succéder à cette dernière, il a obtenu 402 voix pour sur les 511 votants (96 nuls), à l'issue d'un dépouillement en chansons, de la Jeune Garde à l'Internationale et d'une intervention des
travailleurs sans-papiers en grève.
Le seul autre candidat au poste de secrétaire national, l'eurodéputé Jacky Hénin, qui fut maire de Calais (2000-2008), n'a finalement pas pris part au vote pour "ne pas casser du sucre sur le
dos de (s)a propre formation", ce qui "ne serait pas responsable vu le contexte de crise".
Vendredi, l'ex-ministre des Sports, Marie-George Buffet, avait fait ses
adieux à la tête du PCF, réunissant pour l'occasion toute la gauche, de Martine Aubry (PS) à Olivier Besancenot (NPA) et Jean-Luc Mélenchon (PG), dont l'ambition présidentielle agace nombre
de communistes.
Durant les débats sur la séquence présidentielle dans la matinée, Pierre Laurent a prévenu, sous des applaudissements : "Jean-Luc Mélenchon ne sera pas candidat si nous (le PCF) ne le
décidons pas". "Il y aura un débat sur les candidatures", a-t-il assuré, n'excluant aucune possibilité, entre candidat PCF, issu du mouvement social ou Mélenchon.
Point d'étape fin 2010
Les communistes décideront du candidat qu'ils soutiendront, issu du PCF ou pas, lors de leur prochain congrès en juin 2011, selon la résolution finale adoptée dimanche par 76% des délégués ayant
voté. Un "point d'étape" est toutefois prévu "fin 2010" avec l'assemblée des animateurs de section communistes, le PCF gardant ainsi la maîtrise de l'agenda.
La résolution prévoit également de "lancer un appel à une riposte amplifiée à la politique de la droite", notamment sur les retraites avec une grande campagne d'été pour le droit à la
retraite à 60 ans.
Le texte, qui appelle à "transformer le PCF", entend également donner "un nouvel élan" au Front de gauche par la construction d'un "pacte d'union populaire" rassemblant "des
personnalités du mouvement social et populaire, du monde de la création, des intellectuels" non membres d'une des forces du FG.
Mais il n'est pas directement fait mention de l'association "Les partisans du FG" annoncée conjointement par Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon quelques jours avant le congrès.
Le Front de gauche se heurte aux ambitions de Mélenchon
L'eurodéputé du Parti de gauche a envisagé sa candidature et même sa victoire en 2012. Marie-George Buffet, la numéro un du PCF, le met en garde contre une «présidentialisation à
outrance».
Un coup d’accélérateur qui n’est pas du goût de son partenaire communiste. C’était ce jeudi matin sur le plateau de LCI. Le président du Parti de gauche rêve à voix haute de sa candidature
et, carrément, de sa victoire à la présidentielle.
«Si je gagne en 2012, commence-t-il avant de se rattraper: je veux dire si le Front de gauche gagne en 2012, oui il y aura la retraite à 60 ans.» Pilonnant, depuis plusieurs
semaines, Dominique Strauss-Kahn, favori des sondages pour représenter la gauche en 2012, Mélenchon juge le directeur général du FMI, désormais plombé aux yeux des électeurs de gauche par son
rôle d’«affameur» dans la crise européenne et croit donc en ses chances. Il fait ainsi «le pari que le Front de gauche est capable de passer en tête de la gauche et d’être
reconnu par la France comme son alternative».
«Pour la candidature, on a le temps de voir»
Halte là, lui répond Marie-George Buffet! La secrétaire nationale du PCF, pilier, avec le PG, du Front de gauche, demande à l’eurodéputé pressé de ne pas tomber dans «la
présidentialisation à outrance». «On ne peut pas travailler comme cela, je le dis gentiment à Jean-Luc, on ne va pas être comme les autres, on ne va pas faire de la présidentialisation à
outrance», avertit la communiste sur Radio Classique. En clair: le «projet politique» d’abord, le rassemblement «le plus large possible» ensuite, et «pour une
candidature à la présidentielle, on a le temps de voir».
Les relations entre les deux partenaires - qui ne se sont pas revus depuis les régionales - se sont déjà corsées le week-end dernier et par courrier interposé. Dans une lettre adressée au
PCF, les responsables du Parti de gauche demandent un peu de
«respect» à l’égard de leur champion. «Aucune discussion sérieuse n’est possible sans le respect de chacun. Nous déplorons donc vos attaques récentes contre le Parti de
gauche en la personne de Jean-Luc Mélenchon et la campagne qui s’en est suivie», écrivent-ils. Vexés par une phrase du porte-parole communiste Patrice Bessac, dans Libération: «Le Front de gauche n’est pas une autocratie.»
Pour le PG, «si de tels débordements devaient se reproduire sans être désavoués, en dépit de cette solennelle mise en garde, […] nous en conclurons qu’il s’agit d’une ligne d’action
délibérée, d’un double langage, et non d’initiatives personnelles comme cela nous a été expliqué.» Pas sûr que les ambitions répétées de Mélenchon ne contribuent à calmer le jeu.
Une alternative unitaire à gauche d'Ecolo et du PS
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Le « Front des Gauches » vient de voir le jour : dernier-né des formations en lice pour les élections anticipées qui se tiendront ce 13 juin, il rassemble des militants syndicaux ou
associatifs et six organisations de gauche radicale : le Parti Communiste (PC), le Parti Socialiste de Lutte (PSL-LSP), la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), le Parti Humaniste (PH), le
Comité pour une Autre Politique (CAP) et Vélorution. Ces partis se présenteront ensemble, avec plusieurs candidat-e-s d'ouverture, sur la liste « Front des Gauches » à la Chambre et au
Sénat.
Une union aussi large est inédite et surprenante dans un délai aussi court et devant de tels obstacles. Présenter cette liste n’était pas gagné d’avance, surtout dans les conditions
anti-démocratiques imposées par les partis au pouvoir. En effet, pour des « petits partis », se présenter aux élections relève du parcours du combattant ! Victimes d’un black-out médiatique,
il leur faut aussi récolter des signatures en un temps record. Les parrainages d'électeurs nécessaires pour présenter des listes à la chambre ont été récoltés en 48 heures. Finalement, la
veille du dépôt des listes, des signatures d'élus ont été obtenues pour que le "Front des Gauches" puisse se présenter partout, au sénat et à la chambre.
Le « Front des Gauches » symbolise, notamment à travers sa liste bilingue à Bruxelles-Hal-Vilvorde, le refus des surenchères nationalistes ou communautaires. Alors que les partis
traditionnels cherchent à diviser les travailleurs et travailleuses du nord et du sud du pays, les six organisations de la gauche radicale ont décidé de s’unir pour présenter ensemble une
autre voix à gauche. Une alternative qui refuse que les crises — financière, sociale, écologique — soient payées par les victimes et non par les véritables responsables capitalistes :
patrons, gouvernements et financiers.
C’est une justice sociale, écologique et fiscale que le « Front des Gauches » défendra pour répondre aux vrais problèmes, qui seront au cœur de sa campagne : licenciements, chômage,
précarité, racisme, discriminations, dégradation de l’environnement, guerres, … Devant le risque de l’abstention ou du vote d’extrême droite, le « Front des Gauches » a pour objectif de
montrer qu’une véritable alternative de gauche, qui exprime l'opposition et l'écœurement par rapport à un système fondamentalement injuste, peut exister face aux partis institutionnels.
Les listes du « Front des Gauches » pour la Chambre seront emmenées par quatre femmes et deux hommes : Céline Caudron (LCR) dans le Hainaut, Pierre Eyben (PC) à Liège, Anja Deschoemacker
(PSL-LSP) à Bruxelles-Hal-Vilvorde, Annick Letecheur (PH) à Namur, Laurent Batlhazar (CAP) dans le Brabant wallon et Nicole Cahen (PC) dans le Luxembourg. Robert Tangre (PC) tirera la liste
du Sénat. Une conférence de presse aura lieu sous peu pour présenter cette initiative politique.
Parti Communiste : Pierre Eyben, 0477/20.29.53, www.particommuniste.be, info@particommuniste.be
Parti Socialiste de Lutte/Linkse Socialistische Partij : Anja Deschoemacker, 0473/92.28.33, www.socialisme.be, info@socialisme.be
1. La crise économique globale continue. Des quantités énormes d’argent ont été injectées dans le système financier – 14 000 milliards de
dollars pour les mesures de sauvetage aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans la zone euro, 1 400 milliards de dollars en nouveaux prêts bancaires en Chine
l’année dernière – autant d’efforts pour donner une nouvelle stabilité à l’économie mondiale. . Mais ces efforts seront ils suffisants pour produire un rétablissement durable, la question reste
ouverte. La croissance reste très molle dans les économies avancées, tandis que le chômage continue d’augmenter. Il y a des craintes qu’une nouvelle bulle financière, centrée cette fois ci
sur la Chine, soit en train de se développer. Le caractère prolongé de la crise – qui est la plus grave depuis la Grande
Dépression – est symptomatique du fait qu’elle trouve ses racines dans la nature même du capitalisme en tant que système.
2. Après une vague sévère de suppressions d’emplois, en Europe le centre de la crise est maintenant sur le secteur
public et sur le système de protection sociale. Les mêmes marchés financiers qui ont été sauvés grâce aux plans de sauvetage sont à présent
sur le pied de guerre contre l’augmentation de la dette publique que ces plans ont entraînée. Ils demandent des réductions massives dans les dépenses publiques.
C’est là une tentative ayant un caractère de classe pour faire payer les coûts de la crise non à ceux qui l’ont déclenchée – avant tout, les banques – mais aux
travailleurs-es – non seulement à ceux qui sont employés dans le secteur public, mais aussi à tous les usagers des services publics. Les exigences d’austérité et de « réforme » du
secteur public montrent de la manière la plus claire que le néolibéralisme, discrédité sur le plan intellectuel par la crise,
continue néanmoins de dominer la prise de décision politique.
3. La Grèce est actuellement au cœur de la tempête. Comme plusieurs autres économies européennes, elle est particulièrement vulnérable, en partie du fait d’une accumulation de
dette durant la phase d’expansion, en partie parce qu’elles a du mal à rivaliser avec l’Allemagne, le géant de la zone Euro. Sous la pression des marchés financiers, de la Commission Européenne
et du gouvernement allemand, le gouvernement de Geórgios Papandréou s’est assis sur ses promesses électorales et a annoncé des coupes budgétaires qui équivalent
à 4 % du produit national.
4. Heureusement, la Grèce possède une histoire riche en résistances sociales depuis les années 1970. A la suite de la révolte de la jeunesse, en décembre 2008, le mouvement
ouvrier grec a répondu au paquet de coupes budgétaires gouvernementales avec une vague de grèves et de manifestations. Nous saluons aussi l’exemple du référendum en Islande dans lequel le peuple
a rejeté le principe du remboursement de la dette imposé par les banques.
5. Les travailleurs grecs ont besoin de la solidarité des révolutionnaires, des syndicalistes et des anticapitalistes de tous les pays. La
Grèce n’est que le premier pays européen à se retrouver visé par les marchés financiers, mais la liste de leurs objectifs potentiels en comprend beaucoup d’autres, en premier lieu l’Etat espagnol
et le Portugal.
6. Nous avons besoin d’un programme de mesures qui puissent sortir l’économie de la crisesur la base de la priorité donnée aux besoins sociaux plutôt qu’aux profits et qui impose un contrôle démocratique sur le
marché. Nous devons nous battre pour une réponse anticapitaliste : nos vies, notre santé, nos emplois valent plus que leurs profits.
Toutes les coupes dans les budgets
publics domestiques doivent être arrêtées ou inversées : arrêt des « réformes » des systèmes de retraite ; la santé et l’éducation ne sont pas à vendre ;
Un droit garanti à l’emploi et un programme d’investissement public dans des
emplois verts : transports publics, industries des énergies renouvelables et adaptation des bâtiments privés et publics pour réduire les émissions de dioxyde de carbone ;
Pour un système bancaire et financier public unifié sous le contrôle
populaire !
Les immigrants et les réfugiés ne doivent pas être les bouc-émissaires de la
crise : des papiers pour tous !
Non aux dépenses militaires : retrait des troupes occidentales d’Irak
et d’Afghanistan, réductions massives des dépenses militaires, et dissolution de l’OTAN.
7. Nous décidons d’organiser des activités de solidarité dans toutel’Europe contre les réductions des budgets
sociaux et les attaques capitalistes. Une victoire des travailleurs grecs renforcera la résistance sociale dans tous les pays.
Le parcours du PSU vaut mieux que la nostalgie ou la commisération. Parti passerelle, qui contribua grandement à la politisation à gauche de larges secteurs des mouvements d’action catholique,
parti-reflet autant que parti sujet, qui s’enrichit de l’apport de milliers de militant-e-s de la période de radicalisation de l’après 68, mais que le reflux laissa désarmé face à la
reconstruction de la social-démocratie, parti d’un projet inachevé, qui comprit mieux que d’autres que mai 68 renvoyait plus à de nouveaux enjeux pour la transformation radicale de la société
qu’à une "répétition générale" de type 1905.
Aucune organisation ne peut se réclamer de manière univoque de son héritage, mais plusieurs courants sont en écho des espoirs et contradictions qui le traversèrent. Pour faire simple, militant
des Alternatifs, je me revendique de Charles Piaget, pas de Michel Rocard...
Plusieurs intuitions ou démarches du PSU des années 70 valent toujours pour les débats des gauches radicales et autogestionnaires d’aujourd’hui :
- comment articuler perméabilité aux mobilisations, respect de l’indépendance des mouvements sociaux et coopération sur un pied d’égalité avec ceux-ci, et apport spécifique de la forme parti en
termes de mémoire collective, de synthèse dépassant les corporatismes sectoriels, d’accumulation de savoirs-faire et de projets au service de la transformation sociale et écologique. Le PSU des
luttes, sur la base empirique de la pratique de ses militant-e-s, confortée par une bonne dose de populisme -ce qui n’est pas en soi une critique- sut se mettre au service des mobilisations.
L’action de longue durée de la cellule PSU de LIP, la capacité de ses militant-e-s à susciter l’auto-organisation tout en apportant une compréhension des enjeux de la lutte restent riches
d’enseignements. Sans revendiquer une filiation directe, la mise en avant par les Alternatifs de la notion de parti-mouvement mérite débat dans une période où les réflexes délégataires
ont reculé, en même temps que le goût d’une action collective durable au sein des organisations politiques.
- comment penser une articulation entre le primat de l’engagement dans les mobilisations, moteur de la transformation sociale, et une participation aux institutions permettant de concrétiser des
réformes. Sauf à s’en tenir au messianisme révolutionnaire, ou à la triste théorisation des "mains dans le cambouis" : le chantier est devant nous. La question clé restant celle de
l’enracinement sociale d’une force politique large, a même de peser ses choix tactiques en fonction des situations concrètes et du projet.
Le PSU sut tôt, au même titre que la gauche CFDT dont ses militant-e-s furent un temps des cadres essentiels, percevoir les enjeux écologiques, des "dégâts du progrès" aux batailles contre le
nucléaire. Reste que la vision était plus celle de la coexistence de fronts de lutte que d’une nouvelle synthèse programmatique. De ce point de vue, l’émergence d’une vraie hybridation du rouge
et du vert, en terme de contenus revendicatifs immédiats comme de projet reste à venir. Nous le constatons à chaque moment du débat au sein de la gauche de gauche, par exemple lorsque se posent
les enjeux de reconversions sociales et écologiques d’activités ou que le "pouvoir d’achat" est abordé de manière a-critique.
Un éco-socialisme autogestionnaire reste à inventer.
Au début des années 70, une avancée réelle fut réalisée autour du thème du contrôle ouvrier et populaire et de l’autogestion. Avancée d’autant plus marquante qu’elle se réalisait contre la
théorisation d’un basisme sans perspectives d’une part, et un retour aux fondamentaux d’Octobre de l’autre. Mais cette avancée, à l’aube d’une phase de reflux, ne permit pas une inscription
durable dans le champ social et politique. L’atout partiel que représentait la perméabilité de l’organisation se transforma en faiblesse face aux pressions des réalistes de tout poil. L’échec de
la gauche autogestionnaire au sein du PSU comme de la CFDT amorçait de futurs recentrages. Dans une nouvelle phase, où la perspective est à construire, le mot d’ordre "contrôler
aujourd’hui pour décider demain" reste un fil conducteur.
Si l’héritage collectif du PSU s’est dispersé, ses acquis sont ceux de milliers de militant-e-s qui, au sein de la gauche CFDT, des Paysans Travailleurs, des associations environnementales,
portaient des projets et valeurs qui vivent aujourd’hui dans le mouvement syndical, entre autres au sein de Solidaires, dans les réseaux et associations écologistes, avec la Confédération
Paysanne, chez les altermondialistes...
Ce n’était qu’un début. Jean Jacques Boislaroussie
Porte-parole des Alternatifs, Jean Jacques Boislaroussie a rédigé cet article pour la revue du NPA "Tout est à nous".
Adresse pour un rassemblement de l'autre gauche au service de la transformation sociale et écologique.
Le résultat des élections régionales marque une défaite cuisante et sans appel pour la droite. Sa victoire de 2007 est effacée. Une nouvelle phase commence. Ce scrutin a aussi exprimé, avec
notamment la très forte abstention et la réapparition du Front national, l'exaspération politique de la société. Le Président Sarkozy et son gouvernement en sort illégitime, alors qu'il s'apprête
à poursuivre, en France et avec ses alliés dans toute l'Europe, le déroulement de son programme ultralibéral. Nous avons besoin d'un mouvement uni et solidaire qui aide à résister à cette
offensive destructrice. Nous avons besoin d'un rassemblement de toute la gauche de transformation sociale et écologique qui redonne l'espoir d'une autre politique aux classes populaires. Nous
avons besoin d'ouvrir un nouveau chemin progressiste dans la crise politique qui s'approfondit.
Au sortir des régionales, la gauche se présente à travers trois espaces politiques qui représentent deux voies : le Parti socialiste et ses alliés, Europe Ecologie, d'une part, le Front
de Gauche d'autre part.
Le premier tour a coupé la route de l'alliance avec le Modem que voulait emprunter le Parti socialiste. Celui-ci s'est donc rabattu sur une nouvelle formule, la « gauche solidaire ».
Mais le PS reste engagé dans cette alliance démocrate au plan européen. En Grèce, le premier ministre, président de l'Internationale socialiste, prouve l'impuissance de cette ligne. Pour notre
part, face à la crise écologique, sociale et politique, nous prônons des politiques de rupture et un gouvernement capable de sortir du traité de Lisbonne. C'est une divergence fondamentale avec
le PS.
Europe Ecologie se présente comme en recherche de nouvelles façons de faire de la politique mais trouve son ancrage dans un projet d'accompagnement du système capitaliste et de l'Union européenne
actuelle, et dans une grande ambiguïté quant à ses alliances politiques pouvant aller jusqu'au centre. Or il nous semble impossible d'affronter sur de telles bases la catastrophe écologique.
Pour nous celle-ci est la conséquence du capitalisme et de son fondement productiviste.
De son côté, le Front de gauche s'est ancré à l'occasion de ces Régionales en se présentant dans 17 régions. Il a su s'ouvrir à d'autres forces. Une dynamique unitaire a été initiée. Un outil
existe pour résister et reconstruire. Dans le Limousin, les 19% obtenus par notre liste au deuxième tour ont montré les grandes potentialités d'une autre gauche autonome et rassemblée. Dans ce
moment nous voulons rappeler que nous avons créé le Parti de Gauche comme outil pour réaliser cette union. Nous mettons cet outil en partage avec tous ceux qui veulent agir comme nous pour
l'écologie, le socialisme, la République. Notre horizon n'est pas seulement notre propre développement mais la naissance d'une force politique nouvelle de rassemblement.
Le temps n'est plus à la dispersion, mais à l'unité de l'autre gauche pour changer la donne à gauche. Certes beaucoup reste à faire, nous en sommes conscients mais nous avons la responsabilité de
ne pas perpétuer les initiatives parcellaires. Nous voulons transformer avec vous le Front de Gauche en un rassemblement large de toute l'autre gauche, celle qui assume les ruptures nécessaires à
la transformation sociale et écologique. C'est pourquoi nous proposons aux Alternatifs, au MPEP, au PCOF, à R&S et à Alternative citoyenne, aux camarades du NPA et de la FASE, à toutes les
militantes, à tous les militants, aux courants et aux forces qui ont participé régionalement aux listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" et plus
généralement au x listes unitaires de l'Autre gauche », de construire ensemble ce Front de Gauche renouvelé et élargi.
Le Front de Gauche a vocation à être un outil politique, candidat au pouvoir, au service des intérêts du plus grand nombre, auquel les citoyens pourront adhérer directement. Nous vous proposons
de réfléchir ensemble aux initiatives et aux formes du regroupement qui permettront de donner ce nouveau souffle au Front de Gauche. Construisons ensemble un Front de Gauche unitaire et
démocratique, clairement écologiste et anticapitaliste, suffisamment fort pour changer la donne et ne pas tomber dans les ornières de la gauche plurielle, même rebaptisée « gauche
solidaire ». Bref un rassemblement qui engage cette alternative politique dont nous ressentons tous l'urgence.
• Pour l'unité de l'autre gauche et son autonomie dans toutes les échéances électorales, cantonales de 2011, présidentielle et législatives de 2012, comme dans les luttes.
• Pour une démarche de rupture avec le capitalisme et le productivisme.
• Pour un gouvernement de Front de Gauche, apte à faire face aux crises sociale, écologique, économique et démocratique.
Les élections régionales marquent l’ouverture d’une crise politique et démocratique profonde.
La désaffection sans précédent des citoyens souligne la nécessité d’une révolution émocratique, de nouvelles formes politiques, d’un dépassement de l’actuelle crise du rapport représentés –
représentants.
Dans le même temps, le verdict de ce scrutin est sans appel: c’est une claque pour la politique du gouvernement et de Sarkozy. Avec 36 %, le score le plus bas pour la droite sous la 5°
République, le Sarkopopulisme a perdu de sa superbe et de sa légitimité. Sa politique antisociale brutale, ses discours démagogiques, alors que les difficultés de la vie quotidienne se sont
fortement aggravées depuis la crise financière, nourrissent le dégoût et l’abstention massive, et renforcent le vote pour le Front National.
Le pouvoir perd en légitimité au moment où il s’apprête à appliquer, comme dans le reste de l’Europe, les recettes d’austérité visant à faire payer la crise aux plus défavorisés. Les combats
sociaux, politiques et citoyens sont donc devant nous.
La gauche de transformation sociale devra non seulement soutenir et renforcer les luttes en cours, mais construire également avec le plus large éventail de forces sociales et politiques
possibles les réponses à la hauteur des changements nécessaires pour faire face à la crise économique, sociale, environnementale et démocratique.
Mais pour éviter les désillusions du passé, les renoncements aux conséquences terribles pour le mouvement ouvrier, cette nouvelle gauche doit devenir une force et une alternative incontournable.
Elle doit convaincre que pour sortir de la crise, il est possible de tracer une autre voie que celle suivie aujourd’hui par des gouvernements de gauche en Grèce, au Portugal, en Espagne, enfermés
dans les dogmes du libéralisme économique et des traités européens.
Elle doit convaincre que l’impératif écologique, essentiel à tout projet d’émancipation, commande d’assumer les ruptures avec l’ordre libéral, ne peut ignorer la crise capitaliste et suppose de
réfuter les illusions du capitalisme vert.
Il est urgent de mettre en débat et de faire vivre cette alternative à gauche, engageant une politique de rupture avec le libéralisme et le productivisme, développant une politique de
transformation sociale,écologique et démocratique. Une telle dynamique ne pourra se créer qu’avec les citoyens et les acteurs des mouvements de résistance, élaborant les solutions correspondant à
leurs attentes.
Ces exigences doivent être portées par un rassemblement politique crédible, durable, où puissent converger toutes celles et tout ceux qui luttent pour l’émancipation. Pour cela «l’autre gauche»
doit continuer à construire son unité, son rassemblement, et dépasser les logiques isolationnistes.
Si l’unité et la dynamique d’appropriation citoyenne sont loin d’avoir suffisamment progressé lors de ces élections régionales, si l’unité n’a pas été complète, il y a cependant des points
d’appui pour l’avenir.
Le «Front de Gauche», constitué aux européennes, s’est allié à d’autres composantes dans les listes «Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologistes, et citoyennes» lors de ces
régionales, et l’union s’est faite encore plus largement jusqu’au NPA dans certaines régions.
Quand l’unité était au rendez-vous, des dynamiques ont commencé à s’engager dans les urnes mais aussi sur le terrain de l’action collective; des solidarités et des fraternités militantes sont
nées; l’élaboration de programmes alternatifs a progressé.
Le Limousin en a été une expérience emblématique.
Mais des logiques partidaires ont freiné le rassemblement. Des forces unitaires ont été laissées sur le chemin, et le trop faible renouvellement des pratiques politiques n’a pas permis un plein
engagement des secteurs du mouvement social
L’urgence est maintenant d’ouvrir les fenêtres d’un rassemblement à l’ensemble des forces politiques, syndicales, associatives et citoyennes de la gauche de transformation sociale. Leur
implication est indispensable à la levée d’une dynamique et à une construction politique nouvelles.
Cette union est attendue par toutes celles et ceux qui veulent résister et reprendre l’offensive contre le néolibéralisme; qui veulent mener la bataille contre le Front National.
Nous nous associerons à toute démarche allant dans ce sens.
Il faut reprendre l’initiative tous ensemble, construire des convergences collectives à la base pour créer une dynamique de rassemblement.
Nous sommes favorables à toutes initiatives, au niveau local, départemental, régional, s’appuyant sur les expériences unitaires en cours, aboutissant à des assises nationales d’un front ouvert à
toute la gauche de transformation sociale, pour un travail d’élaboration et d’action politique en commun, dans les luttes sociales cmme dans les prochaines échéances électorales.
NOUS EN SERONS !
Gilles Alfonsi (Association des Communistes Unitaires / FASE) Clémentine Autain (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) Jean-Jacques Boislaroussie (Les Alternatifs) Patrick Braouezec (Association des Communistes Unitaires / FASE) Leila Chaibi (L'Appel et la Pioche / NPA) Yann Cochin (Convergences et Alternative / NPA) Pierre Cours Salies (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) Rachel Lafontaine (Les Alternatifs) Sylvie Larue (Association des Communistes Unitaires / FASE) Laurent Levy (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) Henri Mermé (Les Alternatifs) Roland Merieux (Les Alternatifs) Gilles Monsillon (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) Danielle Obono (Convergences et Alternative / NPA) Pierre Zarka (Association des Communistes Unitaires / FASE)
PCF : malaises et clarifications...
Par Alain Krivine, 31 mars 2010
Le conseil national du PCF a tiré son bilan des élections régionales. Le défi de marier une alternative à gauche avec la cogestion avec le PS des exécutifs régionaux reste
entier.
Les résultats des régionales ont été décevants pour l’ensemble des formations qui se considèrent à la gauche du PS. On en discute au NPA mais aussi au PCF. Après les illusions antérieures sur la
« dynamique du Front de gauche » et la possibilité d’« un score à deux chiffres », les résultats sont là : à peu près les mêmes qu’aux régionales de 2004 (là où le PCF n’était pas avec le PS) et
qu’aux européennes. Le seul intérêt de l’unité avec le Parti de gauche et d’autres petites organisations est d’avoir freiné la chute continue du PCF et… d’avoir projeté sur la scène médiatique
Jean-Luc Mélenchon aux dépens de Marie-George Buffet. Quant au sauvetage des élus sortants, c’est un recul considérable puisque seulement 95 élus sont conservés sur les 178 sortants. Dans son
rapport, Pierre Laurent est franc : « Nous ne pouvons banaliser cette perte d’élus. Ce n’est pas à nos yeux le prix à payer pour notre stratégie. […] Cela marque une des limites du rassemblement
que nous avons pour le moment réussi à construire. » Quels que soient ses débats, la stratégie du PCF reste celle d’un rassemblement majoritaire de toute la gauche pour gouverner les régions
comme le pays car il ajoute : « Je veux redire ici que notre ambition politique est clairement la constitution de majorités politiques de gauche autour de projets réellement
transformateurs. »
Nous avons pensé que, pour réaliser cela, la direction du PCF allait faire des listes communes avec le PS dès le premier tour. Dans les faits, le ralliement aura lieu mais uniquement au second
tour avec d’ailleurs tout bénéfice pour le PS. Ce retard est dû aussi bien à l’existence du NPA qu’à la pression du PG et des militants PCF de plus en plus hostiles à la politique du PS.
Aujourd’hui, dans la quasi-totalité des régions où il a des élus, à l’exception du Nord-Pas-de-Calais et du Limousin, le PCF cogère les exécutifs dans le cadre de la « gauche solidaire ».
Ainsi les clarifications à gauche s’opèrent plus vite que prévu. La direction du PCF qui avait pris soin de virer de ses listes la plupart des Refondateurs est confrontée à Mélenchon qui, sans
rompre l’alliance, cherche en refusant de participer aux exécutifs, des alliés sur sa gauche pour favoriser sa candidature à la présidentielle. Le PCF, très hostile, hésite entre une candidature
qui serait marginale ou un ralliement à une candidature unique de la gauche face à Sarkozy qui lui permettrait d’éviter de se compter.
Pour compléter le tableau, la plupart des « Communistes unitaires » de la région parisienne viennent de décider de quitter le PCF, certains pour rejoindre la Fase dont ils étaient déjà plus ou
moins membres. Parmi eux, beaucoup d’élus ou d’anciens comme Patrick Braouezec, Pierre Zarka, Francois Asensi, Pierre Mansat, Roger Martelli… Ils reconnaissent l’échec de leur travail
d’opposition interne mené pendant des années et dénoncent, à juste titre, le sectarisme d’un appareil bureaucratique. Pour eux, ce parti est fini et ne peut plus jouer de rôle dans la
construction d’une force unitaire anticapitaliste, d’une « gauche de gauche unie » qui n’existe pas et qui devrait trouver d’autres formes qu’un parti classique. Ils en appellent au débat avec
les militants unitaires et anticapitalistes, du PCF, du PS, du NPA et d’Europe Écologie. Mais, pour le moment, il ne se prononcent pas sur les problèmes de fond (programme, stratégie, rapport aux
institutions, etc.). Des clarifications souhaitables et nécessaires.
Patrick Braouezec, député de la Seine-Saint-Denis et un des piliers du courant rénovateur, a décidé de quitter le Parti communiste français après trente-huit ans de militance. A ses yeux, le PCF n'est pas capable d'impulser un vrai rassemblement de la
gauche critique et de porter un projet novateur. Après son éviction par Marie-George Buffet de la tête de liste régionale en Ile-de-France, l'atmosphère interne est
devenue irrespirable pour lui.
Pourquoi quittez-vous le Parti communiste français ?
Voilà des mois que je m'interroge avec d'autres camarades pour savoir où nous pouvons encore être utiles à construire une alternative de transformation sociale et écologique. Ce qui est sûr,
c'est que moi, je pars. D'autres l'ont aussi annoncé. Nous nous réunissons, vendredi 26 mars, pour décider de la manière et du moment d'une sortie collective en mai. Les départs du PCF, toujours
à pas de loup, ont été nombreux ces dernières années. Les conditions sont réunies pour qu'il y ait un départ massif de communistes, élus comme militants.
Nous sommes au terme d'un long processus. Avec mes amis refondateurs, on a travaillé longtemps un pied dedans, un pied dehors, pensant qu'on pouvait encore transformer ce parti de l'intérieur.
Depuis l'expérience avortée d'une candidature unique à la présidentielle de 2007 et les différentes tentatives de rassemblement qui ont avorté à cause des appareils, il faut se donner d'autres
perspectives. Entre une mort annoncée et une vie potentielle dynamique, je choisis la vie.
Pour vous, le PCF est mort ?
Pour moi, la forme "parti" est dépassée. On voit qu'une des qualités d'Europe-Ecologie, c'est d'avoir transcendé cette forme politique traditionnelle. Quand vous
avez plus de 50% d'une population qui ne va pas voter, et cela d'une manière structurelle; quand ces pourcentages d'abstention passent à 75 % pour les 18-30 ans; quand on y ajoute entre 4% et 5%
qui votent blanc… il y a, à l'évidence, une crise des formes d'organisation qui n'ont plus rien à voir avec le monde contemporain. Appartenant au PCF, je considère que la forme de mon parti est
dépassée et morte. Mais c'est une question qui est posée à l'ensemble des partis.
C'est la fin d'une histoire, celle des rénovateurs dont vous avez été une des figures…
On finit une histoire, celle d'un courant en interne qui n'a pas réussi à transformer le Parti communiste. Mais pour moi, c'est aussi le début d'une autre histoire. Celle de communistes qui, avec
d'autres partenaires, souhaitent élaborer un projet politique et une forme d'organisation innovante adaptée à la société d'aujourd'hui. On est dans une période de métamorphose, où l'on voit bien
ce qui se défait et l'on sait que ce qui est à construire, à tisser est plus complexe. Créer n'est jamais simple mais c'est enthousiasmant.
Vous allez construire une nouvelle organisation. Une de plus ?
Nous sommes déjà, pour partie, membres de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE). C'est une forme d'association politique qu'il faut faire évoluer. Nous allons nous y
investir pour mieux la structurer, la rendre efficace et lisible afin d'être plus présents dans les moments électoraux comme dans les luttes sociales. On veut être un lieu charnière entre tous
ceux qui veulent que les choses changent, indépendamment des jeux d'appareils.
Vous restez au sein de la gauche radicale ou vous vous tournez, comme l'ont fait certains de vos amis, vers Europe-Ecologie ?
Nous partirons avec l'ambition de nous adresser non seulement à l'ensemble des communistes, au Front de gauche parce qu'il constitue, de manière encore trop étriquée, une base militante, aux
militants du NPA mais tout autant à la gauche d'Europe-Ecologie. Je pense qu'au sein de cette organisation beaucoup ne se reconnaissent pas dans l'orientation donnée par Daniel Cohn-Bendit et sa "coopérative".
Nous allons tisser des liens aussi avec des socialistes qui craignent que leur parti ne s'engage dans une alternance de plus sans vrai changement. Il faut de la part de la gauche des engagements
réels en lien avec le mouvement social et les quartiers populaires qui désespèrent de tout. Nous souhaitons que des militants syndicalistes, des associatifs, des militants des quartiers mais
aussi des intellectuels construisent avec nous cette alternative politique. Ce sera le sens du message que nous leur enverrons.
Le Parti de Gauche a édité une brochure anti-Bayrou pour démontrer que le MoDem a un "programme de droite" et que les socialistes ne doivent pas s'y associer au
second tour des régionales, a affirmé mardi Jean-Luc Mélenchon, président du PG.
Intitulé "Bayrou, tout un programme!", cette brochure de 43 pages vise à "faire la démonstration" que François Bayrou a "un programme de droite", a déclaré, en
marge d'une visite au Salon de l'agriculture, M. Mélenchon, qui espère que le Front de gauche (PCF-PG-Gauche unitaire) dépassera le MoDem au soir du premier tour pour que la question d'une
alliance PS-MoDem ne se pose pas.
"Nous disons de la manière la plus ferme +ou le MoDem ou nous+ mais ce ne sera pas les deux", a fait valoir l'eurodéputé. "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher le PS de
s'allier avec le MoDem", a-t-il ajouté, se défendant d'être "un gauchiste qui dirait +on s'en fiche+". "Nous, on n'est pas pour la catastrophe politique".
La brochure se divise en deux parties. D'abord, le "projet humaniste" du MoDem où, en 7 pages, le PG dénonce les propositions de M. Bayrou sur "la retraite à la carte" ou les "nouvelles
exonérations de cotisations pour les entreprises". Les quelque 30 autres pages reviennent ensuite sur le projet du MoDem pour la présidentielle 2007.
Cette deuxième partie, "c'est du recylage", a avoué M. Mélenchon. "C'était pour le Parti socialiste. J'avais reçu cette mission de M. (Jean-Louis) Bianco, directeur de campagne qui agissait pour
le compte de Mme (Ségolène) Royal", a expliqué l'ex-sénateur PS.
"On m'avait dit +tu vas t'occuper de ça+, j'avais constitué un groupe de travail et on avait bien cuisiné le programme" de M. Bayrou. "A peine le document avait-il été distribué dans les sections
du parti que Mme Royal avait décidé de s'allier avec M. Bayrou, il y avait donc là un comique de situation", a-t-il ironisé.
"Nous avons bien pris note de votre lettre à l'adresse du parti socialiste, l'exhortant à s'accrocher aux clivages Gauche/Droite du siècle passé.
C'est votre droit le plus strict, mais axer l'ensemble de votre argumentaire autour de l'UDF, citée à plus de 40 reprises, relève de la mauvaise foi. Comme, du reste, le fait de faire
écho aux propos du "Nouveau Centre" pour discréditer l'avenir du Modem, alors que celui-ci a fait le choix, dès l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, de rallier la
majorité.
Certes, le Mouvement Démocrate est un parti jeune, mais on ne peut nier ses deux années d'existence et ses prises de positions courageuses sur la scène politique. Justement, le génome
atypique et donc dérangeant du Mouvement Démocrate permet de faire entendre une voix originale sur la remise en cause de la concentration des pouvoirs, la défense des services publics, la
réaffirmation des Libertés fondamentales, la proposition d'un plan de relance européen, d'une autorité des marchés.
Quoi que vous en disiez, tous ces sujets ne sont pas le monopole de la vieille Gauche. Bien au contraire, la richesse des convictions et des parcours qui composent le MoDem en font une
force crédible pour rassembler.
Par ailleurs, l'environnement est une problématique qui concerne l'ensemble de la classe politique. Légitimement, le Modem s'y attèle et se prononce entre autres -ce qui sera pour vous
rassurer- pour l'abandon des centrales nucléaires EPR et contre les OGM, tout en concevant une voie réaliste et concrète, ancrée dans le quotidien.
Les temps changent, le MoDem évolue, sans stigmatiser ses concurrents, ni cloisonner les sujets ou les prérogatives soit disant de droite ou de gauche.
On a vu récemment le Logo du Front de gauche se teinter de vert et c'est tout à son honneur: Preuve en est, des évolutions sont possibles sans pour autant renier nos essences.
Bien Amicalement, cher Jean-Luc."
Déclaration commune de partis et organisations de gauche en défense des retraites.
Alternative Libertaire (AL), Les Alternatifs, FASE, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti de Gauche ( PG),
Parti Communiste Ouvrier de France (PCOF).
Nicolas Sarkozy a confirmé son obstination à de réformer le système des retraites, lors du troisième sommet social qui s'est réuni le lundi 15 février. Même si le contenu de cette contre-réforme
n'est pas encore connu, différentes pistes de régression sont dessinées. En particulier, les deux plus importantes sont l'allongement de la durée de cotisation et le recul de l'âge légal du
départ à la retraite.
A cela s’ajoutent de nombreux coups portés aux droits du plus grand nombre : le passage de un million de personnes en « fin de droits » dont sont victimes les chômeurs et les précaires et qui les
laissent sans ressource ; une réduction des effectifs de la Fonction publique et en particulier de l'Éducation nationale, immense plan social public ; la chasse aux personnes sans-papiers,
familles et salariés ; la multiplication des fermetures d’entreprises de grands groupes qui font des profits immenses (Philips à Dreux, Total à Dunkerque) ; la poursuite de la contre-réforme
Bachelot qui liquide des hôpitaux.
Sur tous ces fronts, des résistances se développent, comme celles des ouvriers de Total, des travailleurs et travailleuses sans-papiers en lutte pour leur régularisation, des enseignants, élèves
et parents…
S'agissant des retraites, les signataires refusent ces nouvelles attaques annoncées contre les salariés et la population pour leur faire payer les frais de la crise. Les pensions de retraite sont
déjà si basses ! Le recul de l'âge légal de départ ou l'allongement de la durée de cotisation aurait comme autre conséquence, notamment compte tenu de la situation globale de sous-emploi, la
baisse du niveau des pensions, ce qui est inacceptable.
Alors que la productivité n’a jamais été aussi forte et que le temps de vivre aussi hors travail est une avancée considérable de civilisation.
Nous défendons le départ à la retraite à 60 ans à taux plein. D'autres choix sont possibles pour assurer le financement des pensions pour l'ensemble des salariés. Ils nécessitent une autre
répartition des richesses en prenant sur les revenus du capital qui se sont accumulés au détriment de l’emploi et de la rémunération du travail.
Le débat sera lancé officiellement par le gouvernement de droite en avril pour déposer un projet de loi en septembre prochain ; d'ici là, il faut organiser les résistances.
Les organisations syndicales annoncent une journée de grève et de manifestation le mardi 23 mars. Nous la soutenons pleinement et ferons tout pour qu'elle soit une réussite.
A l'initiative de la fondation Copernic et d’ATTAC, un cadre unitaire a commencé à se réunir pour envisager les alternatives à construire. Nous y prenons toute notre place et appelons toutes les
organisations politiques et sociales de gauche à s'y investir, à l’exemple de ce que nous avons réalisé pour la Poste afin de mener une campagne à la hauteur des enjeux.
Nous en appelons à l’ensemble des salariés et de la population pour en faire une grande démarche populaire et citoyenne.
Quels sont les objectifs du parti d'extrême-gauche pour la prochaine échéance électorale ? En lice avec le NPA et le Front de gauche, comment la successeure d'Arlette Laguillier et ses
camarades font-ils campagne ?
Question de : camille
Bonjour, j'ai voté une fois pour Arlette Laguillier à la présidentielle par sympathie. Sinon je vote PS ou verts. Donnez-moi trois raisons de voter Lutte ouvrière aux régionales.
Merci
Réponse : Bonjour Camille,
Pour nous ces élections régionales ont lieu dans une période bien particulière : le chômage explose, de plus en plus de familles sont poussées vers la misère, les conditions de travail
pour ceux qui en ont encore un s'aggravent. Et les attaques ne sont pas finies. Le gouvernement n'a pas caché qu'il allait repousser l'âge de la retraite. Il est temps de dire que ça
suffit, que l'on n'accepte plus de se sacrifier pour que les milliards continuent de couler à flots à un pôle de la société.
Voter pour LO permettra d'exprimer cette colère et de montrer qu'il existe tout un courant qui ne se résigne pas et qui est conscient que pour que cela change vraiment il faudra que les
salariés, que l'ensemble des milieux populaires se défendent, se mettent en lutte contre ces puissances de l'argent. Que l'espoir réside dans une explosion sociale comme en mai 68 ou en
mai juin 1936.
Question de : Votre pseudo
Dans votre bataille, tâchez de penser aux Séniors en fin de droit qui ont 40 années de cotisations et dont l'AER n'est pas reconduit pour 2010. De quoi vont-ils vivre avec 450€
ASS s'ils arrivent à l'obtenir......
Merci à vous de nous aider
Réponse : Oui c'est un des combats des mois à venir. Il est inadmissible de travailler toute une vie et de se retrouver pauvre à la retraite. Or c'est
le lot de millions de salariés qui ont été payés le minimum toute leur vie ou qui ont connu des périodes de chômage. Et la réforme que le gouvernement prépare va aggraver la situation.
Nous sommes convaincus que l'on peut trouver l'argent pour payer une retraite digne à tous si on va chercher l'argent dans les poches des plus riches et si on oblige les trusts comme
Total ou Aventis à payer.
Question de : Tobias
Comment voyez-vous le fait qu'Olivier Besancenot du NPA ait placé une femme voilée sur l'une de ses listes ?
Réponse : Cela me choque. Pour nous LO, il n'en est pas question. Un parti qui se dit féministe doit mettre en avant des femmes qui se battent pour
leurs droits. Il doit se placer dans le camp de toutes ces filles et ces femmes qui encore aujourd'hui dans les quartiers populaires se battent pour ne pas porter le voile. Parce que le
voile est le signe de l'oppression des femmes, c'est le signe de l'inégalité entre les hommes et les femmes. Je pense que toutes celles qui se battent dans les quartiers contre les
pressions de toutes sortes ressentent cela comme une trahison.
Question de : Bobby
Vous êtes contre le cumul des mandats à LO ?
Réponse : Nous sommes surtout pour que les élus soient révocables à tout moment. A partir du moment où l'élu ne tient pas ses promesses et tourne le dos
à ses engagements, il devrait y avoir la possibilité de le révoquer. Sarkozy qui avait promis un meilleur pouvoir d'achat pour tous aurait déjà été révoqué depuis longtemps...
Question de : Bobby
Plus de mobilité pour les fonctionnaires. Que pensez-vous de l'actualité en la matière ?
Réponse : Il ne s'agit pas de "mobilité" mais de suppressions d'emplois ! Le gouvernement a supprimé 100 000 postes de fonctionnaires depuis 2007. Cela
en fait le premier licencieur du pays. La loi sur la mobilité lui permettra désormais de licencier tous ceux en surplus.
Dans l'Education nationale certains collègues dont les filières sont vidées par la politique du gouvernement se sont vus proposer de changer de métier. Mais cela est du même ordre que la
mascarade du reclassement dans le privé, car comme vous le savez il n'y a pas de postes créés dans la fonction publique et il faudra accepter n'importe quoi.
Cela montre une chose : plus personne ne peut se sentir protégé par aucun statut, nous sommes tous dans le même bateau. C'est donc ensemble qu'il faut nous défendre.
Question de : Bobby
La Chine ou le Tibet ?
Réponse : Je suis pour la liberté des peuples, de tous les peuples, pour leur auto détermination, donc bien sûr pour l'indépendance du Tibet si telle
est la volonté du peuple tibétain. Je suis aussi pour le droit des palestiniens à un Etat. Pour tous donc sans exception.
Question de : Bobby
J'aimerai avoir votre opinion sur un homme tel que Serge Dassault.
Réponse : Je ne le connais pas personnellement...C'est un représentant de la bourgeoisie française, ami de tous les gouvernements qui à chaque fois ne
sont pas regardants sur les deniers publics pour lui commander je ne sais quel joujou militaire. Je ne sais plus à combien se monte la fortune de la famille Dassault mais ce qui est sûr
c'est que ces milliards ont été gagnés sur le travail et la sueur de milliers de salariés. Je ne le considère donc pas comme un ami des classes populaires.
Question de : Bobby
Les travailleurs (les pauvres en général) sont méprisés de plus en plus, par une certaine élite sociale décomplexée, et même de plus en plus chez les Français moyens.
Les luttes sociales sont inaudibles ("quand il y a une grève en France, on en entend plus parler" - Sarkozy).
Vous-même êtes inaudibles (désolé, c'est ce que je perçois, ou ne perçois justement pas)
Qu'en pensez-vous ? D'où vient ce mépris selon vous ?
Réponse : Oui c'est le mépris de classe. Tous les puissants se sentent au dessus du lot. Ils croient que leur pouvoir est inamovible. Mais ce n'est pas
nouveau, tous les pharaons et les rois croyaient que leur règne serait immortel. L'histoire des sociétés, les révolutions ont montré le contraire. Je suis convaincue que l'explosion
sociale arrivera tôt ou tard.
Qu'une société où certains doivent survivre avec 3 euros par jour, tandis que d'autres comme Proglio touche 2 millions par an, est condamnée. Le cynisme et le mépris des puissants
déclenchera la révolte mais j'espère qu'alors nous saurons pour quoi nous battre.
Et c'est pour ce programme de lutte que nous militons, pour que si un mouvement social d'ampleur se développe que l'on réussisse enfin à contrôler l'économie, à contrôler cette minorité
qui nous emmène dans le mur.
Question de : Bobby
La télévision est-elle une chance pour la Démocratie, ou un danger ?
Et internet ?
Réponse : Je pense que ce sont des outils. Avec un marteau on peut construire et tuer, faire le meilleur et le pire. Avec les outils de communication
c'est la même chose. Le problème est de savoir à quoi ils servent : à faire des profits ou à faciliter les communications, à développer l'éducation, le savoir...
Dans une société débarrassée de l'exploitation et de la loi aveugle du profit, je suis sûre que ce seront des outils fantastiques.
Question de : internaute
Lutte ouvrière ??? Pour moi les luttes ouvrières sont le fruit de l'action syndicale à laquelle vous vous raccrochez. Vous vous comportez comme des coucous en infiltrant les
organisations syndicales pour y cultiver un discours qui n'a pas grand chose à voir avec ce que veulent exprimer les ouvriers... Au fait, combien y a t-il d'ouvriers dans vos rangs
clairsemés par le fait que vous vous cantonnez dans un rôle de dénonciation ? Les propos extrémistes ne rassembleront jamais des majorités et il faut vraiment vous poser la question de
votre utilité !!! G. Hayotte
Réponse : Je vous renvoie la question : quelle utilité ont eu tous ceux que vous avez élus ? Ont-ils empêché la catastrophe sociale ? Peuvent-ils faire
cesser la spéculation qui menace maintenant les États ?
L'extrémisme n'est pas dans nos propos mais dans la société capitaliste qui est capable de condamner des millions de personnes au chômage alors que ceux au travail n'en peuvent
plus.
Nous pensons qu'il ne faut pas se résigner à cela, que l'on peut organiser la société en partageant le travail entre tous, que l'on peut partager les richesses, que l'on peut réorganiser
la production pour fabriquer ce dont la population a besoin. Plutôt que de construire une tour de 800 m de haut à Dubaï, pourquoi ne pas mettre le paquet pour construire le 1 million de
logements qu'il manque ici ? Tout cela me paraît de bon sens.
Question de : internaute
Vous êtes complètement transparents dans le paysage politique, hors élections. Ne pensez-vous pas que les forces de gauche ( c'est à dire à la gauche du P.S. ) devraient s'unir en
un seul Parti pour faire un contrepoids aux dérives libérales? Car, en fait, la critique de la société ultra libérale et la vision de l'avenir sont communes à tous ces petits partis
impuissants. Unis ils peuvent peser fortement. C'est vrai qu'il faut convaincre le NPA et le PC, mais la création du Parti de Gauche est un premier pas...un peu de courage et de
modestie!
Réponse : Nous dénonçons des choses ensemble mais nous divergeons sur les moyens de les combattre. Peser à gauche du PS, c'est ce qu'à tenté de faire le
PC. En 81 avec Mitterrand, le PC faisait 15 %, pensez-vous qu'il a pesé sur la politique du gouvernement ? Nous ne le pensons pas. Il s'est discrédité en même temps que le parti
socialiste car les travailleurs ont été les grands oubliés. Et à partir du moment où on ne combat pas ceux qui détiennent le vrai pouvoir, c'est-à-dire le pouvoir économique, on se
condamne, au gouvernement, à trahir les intérêts des classes populaires.
Notre conviction c'est que l'on ne fera pas l'économie d'un bras de fer avec les capitalistes, qu'il faut leur contester la domination qu'ils ont sur toute l'économie. Chose que nous
sommes les seuls à expliquer.
Question de : Votre pseudo
Comme la plupart des forces d'extrême gauche, vous n'employez quasiment jamais le mot "France". Vous fait-il peur, horreur ?
Finalement, l'idée de Nation semble vous être totalement étrangère. Or, à l'heure actuelle, être internationaliste, n'est-ce pas favoriser les grands patrons, lesquels peuvent employer à
très bas prix des étrangers ?
Réponse : L'exploitation, le patronat, la bourgeoisie n'ont pas de frontières. Les travailleurs de leur côté ne doivent pas se laisser diviser.
Travailleurs immigrés, français, travailleurs avec ou sans papiers nous sommes tous des travailleurs, partageant un sort commun.
L'appel de Marx, "travailleurs de tous les pays unissez-vous" est plus que jamais d'actualité.
Question de : internaute
On a plutôt l'impression que les gens sont démoralisés en ce moment. Même ceux qui sont en colère sont désemparés par les coups qu'on se prend depuis des années.
Comment garder espoir et donner le moral autour de nous ?
C'est dur.
Réponse : Il faut garder cette conviction. Nous faisons tout tourner dans cette économie. Sarkozy a beau dire que "quand il y a une grève on ne le voit
plus", il craint la grève par dessus tout, car tous ceux qui dirigent savent qu'ils dépendent au quotidien de notre travail, de notre bonne volonté. Quand nous trouverons ensemble le
chemin des luttes, nous serons capables de grandes choses. Dans le passé tous les progrès sociaux ont été le fruit de ces luttes. La commune de Paris avait 50 ans avant que ne soit
accordé le droit de vote des femmes. Comme l'enseignement gratuit... Aujourd'hui dans une société aussi développée et aussi riche que la nôtre, si on parvenait à se débarrasser de cette
loi du marché et du profit, on serait capable de faire faire un bond à toute l'humanité.
Cette conviction, il faut qu'un courant continue à l'affirmer, ce sera un gage pour l'avenir.
Je vous remercie et je suis désolée de n'avoir pas pu répondre à tous. Mais pour continuer la discussion vous pouvez vous rendre sur le site internet de Lutte ouvrière.
Vous comprenez l’emballement médiatique auquel on assiste depuis hier autour d’une candidate du NPA qui porte foulard ? Moi, non.
L’affaire est d’autant plus curieuse que, dimanche, le NPA a donné, en son siège parisien, une conférence de presse afin de présenter sa campagne pour les régionales et ses têtes de
listes. Cela n’a pas fait beaucoup de lignes dans les journaux.
Et voilà qu’hier Le Figaro découvre que
le NPA présente une candidate voilée dans le Vaucluse. Pas tête de liste, seulement quatrième. Aussitôt radios et télés répercutent la nouvelle avec gourmandise.
Pour les journalistes à qui elle avait encore échappé, le NPA envoie dans la matinée deux communiqués de presse successifs. Le premier au nom du parti anticapitaliste pour revendiquer le choix du NPA du Vaucluse.
Le second présenté comme un rectificatif d’Olivier Besancenot corrigeant les propos que lui prêtait Le Figaro. Sans doute pour donner à voir cette candidate qui n’avait pas encore d’image, le
NPA annonçait dans la foulée une conférence de presse à Marseille qui, cette fois, fut très courue. Et abondamment couverte par TF1, France 3, Europe 1, j’en passe...
Depuis les critiques
fusent. Contre le NPA et Ilham Moussaïd, cette jeune femme de 22 ans par qui le scandale est arrivée.
A droite bien sûr où les umpistes en vue dans les médias crient à la « provocation », se disent choqués et s’insurgent contre l’« instrumentalisation
d’une pratique religieuse à des fins électoralistes ». Ils sont suivis par la horde des petits racistes ordinaires, maniacs du clavier qui se défoulent sur les forums de la presse en
ligne. Certains sites ont d’ailleurs été contraints de fermer ces espaces de discussion ou de les modérer très sévèrement.
Mais aussi, et même surtout à gauche. Avec d’autant plus de force que cette étudiante, trésorière départementale de son parti, membre du « comité populaire » d’Avignon,
qui se présente comme « anticapitaliste » (cela va de soi), soutient que l’« on
peut être laïque, féministe et voilée ». Les associations féministes comme Ligue du droit international des femmes (LDIF), créée en 1983 par des militantes MLF et dont la
première présidente a été Simone de Beauvoir, s’indignent. Dans les partis on dénonce une « une confusion très grave » (François Hollande), une attitude
racoleuse (Jean-Luc Mélenchon)... Le NPA est accusé d’apporter de
l’eau au moulin du débat caricatural du gouvernement sur la burqa (Pierre Laurent). Et même au sein du NPA, certains prennent leur distance, déplorant l’« ambiguïté innoportune » (communiqué
d’une minorité du Vaucluse) engendrée par cette candidature.
Toutes ces réactions sont bien sévères. Pour ne pas dire à côté de la plaque. Et il faudrait au contraire féliciter le NPA de commencer à mettre en œuvre ses promesses.
Là, je vous sens inquiets. Vous vous dîtes que je déraille. Pas du tout ! Je dis que le NPA tient ses promesses. Si si si... Je vous assure. Voyez son dernier slogan.
« Tout changer, rien lâcher », clame
l’affiche de campagne du Nouveau parti anticapitaliste.
Un an après son congrès de création, qui osera encore prétendre que le NPA n’est que la continuation de la LCR ? La preuve : cette histoire de foulard.
Dans un livre qui paraît ces jours-ci, « La gauche », les noirs et les arabes (La Fabrique), Laurent Lévy dit se souvenir encore du « sourire victorieux » de
Pierre-François Grond, alors dirigeant de la LCR, à l’annonce de l’exclusion de ses deux filles du lycée H. Wallon d’Aubervilliers, pour cause de voile. C’était en 2003.
Aujourd’hui, le même Pierre François Grond, porte parole du NPA, « respecte » la décision prise dans le Vaucluse.
C’est bien que tout change. Et sans rien lâcher. Puisque, comme nous l’assure la nouvelle formation dans son communiqué, sa candidate
partage sincèrement « les fondamentaux laïcs, féministes et anticapitalistes » du NPA.
Il faut en conclure que le NPA, mieux que d’autres, a su adopter les nouveaux codes sémantiques officiels du règne de Nicolas Sarkozy. Depuis 2007, il est possible d’être de
gauche, moderne et ministre du gouvernement le plus antisocial et le plus droitier que l’on ait connu
depuis deux tiers de siècle. Puisque cela est possible, une femme peut bien être laïque, féministe et voilée. Non ?
Pour paraphraser un chroniqueur matutinal que les moins de 20 ans n’ont pas entendu sur France inter, nous vivons
Dimanche, Martine Aubry n’a pas seulement renoncé à défendre l’âge légal du départ à la retraite pour la plus grande satisfaction du Figaro, suscitant les critiques les plus vives de la gauche de gauche. Au cours du même « Grand
jury RTL-Le Figaro-LCI », la patronne du PS a aussi confirmé (et de quelle manière !) que le MoDem de François Bayrou était à ses yeux un « partenaire », au même
titre que les Verts.
En réponse à une question sur le ralliement, la veille, de militants du MoDem de Charente-Maritime à la liste conduite par Ségolène Royal, dès le premier tour, la première
secrétaire du Parti socialiste a en effet levé le voile sur les relations qu’elle entretient désormais avec ce parti de centre-droit.
La numéro un du PS a d’abord refusé de condamner cette alliance, avec cet argument parfaitement jésuitique :« Si au niveau régional, en Poitou-Charentes,
Ségolène Royal avait passé un accord avec le MoDem de François Bayrou avec l’accord de ce dernier, cela me poserait un problème car ce n’est pas notre décision. Mais, il s’agit là
d’individus, pour des histoires personnelles et je n’ai pas à apprécier cette situation locale. Ce n’est pas un accord entre le PS et le MoDem de François Bayrou. » Circulez, il n’y
a rien à voir !
Au cours du point de presse hebdomadaire du PS, lundi, Benoît Hamon a repris ce raisonnement pour déclarer que « la main tendue de Ségolène Royal » n’était « pas
contraire à la position du parti » [1]
C’est pourtant bien le président du MoDem de Charente-Maritime, Alexis Blanc qui a été l’artisan de ce rapprochement et figurera sur la liste conduite par Ségolène Royal, dont il déclare
être satisfait du bilan à la tête de la région et dont les propositions, selon lui, ne diffèrent pas de celles défendues par son parti. C’est ainsi qu’il affirme dans Le Monde
souhaiter « encourager les investissements public-privé ». On ne savait pas que c’était une proposition pouvant relever d’un programme socialiste, ou même seulement de
gauche !
Scoop : François Bayrou est un « partenaire » du PS
Mais Martine Aubry a ensuite fait la leçon à sa rivale du congrès de Reims avec un argument aussi surprenant que révélateur de ses intentions envers le MoDem : on ne
débauche pas dans les partis amis, il faut respecter leurs choix. « Je pense que quand on a de grandes choses à faire ensemble pour l’avenir et notamment pour 2012 (sic),
il faut respecter les choix de ses partenaires (re-sic) », a-t-elle déclaré en précisant qu’il fallait donc « respecter le choix des Verts qui veulent des listes
au premier tour, respecter les choix de M. Bayrou qui a décidé de déposer des listes ». Vous avez bien lu ?
François Bayrou est, pour Martine Aubry, un « partenaire » ! Ceux qui, au sein du PS, pensaient que la coalition constituée à Reims autour de la maire de Lille protégerait le
parti d’Epinay d’une alliance avec le centre-droit feraient bien d’ouvrir les yeux. Celle qu’ils ont choisie pour les diriger les conduit à grands pas là où ils ne voulaient pas aller.
Le 26 novembre, sur France 2, la Première secrétaire du PS avait déjà fait un appel du pied
à Marielle de Sarnez, déclarant à la vice-présidente du MoDem : « Il faut que nous travaillions ensemble ». Là elle va plus loin encore en précisant qu’il ne faut
pas hypothéquer une alliance en bonne et due forme par de médiocres débauchages : « Ce que nous avons à construire est beaucoup plus important que des petits coups qu’on
pourrait faire à très court terme. »
Car Martine Aubry, désormais, ne cache plus penser elle aussi à l’Elysée. Au cours de la même émission, elle a estimé avoir, comme d’autres, des capacités pour être à la
hauteur de la fonction présidentielle. Même si, évidemment, elle affirme ne pas réfléchir pour l’instant à la possibilité d’être candidate en 2012 [2]. Ce qui ne l’empêche pas de préparer dès maintenant cet avenir en ménageant le MoDem et en se ralliant au discours libéral dominant sur l’âge de
la retraite.
Ceux qui pensaient changer la gauche avec elle, avaient juste oublié de préciser le sens de ce changement.
Notes
[1] « Concernant les cinq candidats du MoDem qui ont accepté la main tendue de Ségolène Royal, a
déclaré Benoît Hamon, si au niveau régional, en Poitou-Charentes, Ségolène Royal avait passé un accord avec le MoDem de François Bayrou, avec l’accord de François Bayrou, cela poserait un
problème, or, il s’agit là d’individus. Le Parti socialiste n’a pas à apprécier cette situation locale, ce n’est pas un accord entre le PS et le MoDem de François Bayrou, ce n’est donc pas
contraire à la position du parti. »
[2] « Pour moi, être à la hauteur, c’est pas seulement de se dire "est-ce-que je peux diriger l’Etat"
– disons que je pense que j’en ai les capacités comme d’autres –, c’est de me dire "je suis à la tête d’un parti qui a la grande responsabilité de porter un nouvel espoir et un
nouveau système". (…) J’ai été numéro deux du gouvernement, derrière Lionel Jospin et sous son autorité, avec Dominique Strauss-Kahn qui a été un formidable ministre de l’Economie et des
Finances et qui, lui aussi, est quelqu’un qui peut tout à fait diriger notre pays, je le dis très simplement. J’ai rempli des fonctions importantes, j’ai travaillé dans une entreprise, je
dirige une ville (…) Cela en soit ne suffit pas. Il faut qu’à un moment donné, on soit l’homme ou la femme de la situation qui permettra de mobiliser le maximum de Français, c’est
pour cela qu’on fait d’ailleurs les primaires pour pouvoir ensemble changer notre pays. (…) D’abord on joue collectif, après on choisit le capitaine mais on n’en est pas
là. »
Nathalie Arthaud : «Les travailleurs peuvent diriger»
Interview
Régionales . La porte-parole de Lutte ouvrière estime que seule sa formation est révolutionnaire.
Aujourd’hui, Lutte ouvrière (LO) présente ses têtes de liste pour les régionales. Nathalie Arthaud justifie le choix de son parti d’y aller seul.
Pourquoi ce solo électoral ?
On souhaite utiliser ce scrutin pour dénoncer la politique du gouvernement et du patronat qui consiste à faire payer la crise aux travailleurs. Le PCF et le Parti de gauche de Jean-Luc
Mélenchon dénonceront peut-être aussi les licenciements et les bas salaires mais ce que nous disons, et qu’ils ne diront pas, c’est que les travailleurs peuvent changer les choses eux-mêmes,
non par le bulletin de vote mais grâce à leurs luttes.
Mais si les autres partis de la gauche radicale ont les mêmes revendications, pourquoi ne pas y aller ensemble ?
Est-ce que le Front de gauche dit qu’il ne suffira pas de remplacer Sarkozy par un représentant de la gauche pour que les choses changent ? Non. Leur politique est de proposer une
nouvelle mouture de l’union de la gauche. Nos orientations sont différentes.
Et pour le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ?
Ils ont tenté de s’allier avec le Front de gauche. Nous les avons vus en juin et leur avons dit que cette tentative allait à l’échec. Le PCF tient à ses élus ! Nous ne souhaitions pas
être partie prenante.
Qu’attendez-vous alors de cette campagne ?
Nous nous adresserons aux travailleurs. Nous ne proposerons pas un programme électoral et encore moins un programme pour les régions. Ce sera un programme de lutte. Nous revendiquerons
l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous et le contrôle des entreprises et des banques.
Cette élection n’est qu’une simple tribune pour vous ?
Absolument ! Les élections ne servent pas à améliorer le quotidien des travailleurs, à les aider à payer leurs factures. Ce n’est pas le conseil régional qui va défendre le boulot des
gens.
Les conseils régionaux s’occupent pourtant de la formation professionnelle…
Les jeunes les mieux formés sont les premiers à être au chômage ! Il n’y a pas de boulot, point. La seule solution est d’obliger à partager le travail entre tous, tout en conservant le
même niveau de salaire.
En multipliant les listes à gauche, ne faites-vous pas le jeu de l’UMP ?
Le raisonnement est ridicule. En 2004, LO était présente avec la LCR, a-t-on fait le jeu de l’UMP ? Non. La gauche l’a emporté partout sauf en Alsace… Plus sérieusement, il y a un
gouffre entre la politique du PS et la nôtre. Lorsqu’ils sont au gouvernement, ils ne font que s’aplatir face au patronat.
Comment voyez-vous désormais la place de votre parti ?
Nous sommes le dernier parti qui considère le communisme comme l’avenir de l’humanité. Pour nous, les travailleurs sont capables de diriger collectivement la société. Nous sommes les
représentants d’une politique révolutionnaire pour le mouvement ouvrier oubliée aujourd’hui par le PS.
A l’occasion de la rencontre du 28 octobre 2009, entre le Parti de gauche, la gauche unitaire, le PCF, le NPA et d’autres formations de gauche, vous trouverez ci-dessous,
une déclaration du Front de Gauche.
Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et
les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front
de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n’étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces
objectifs.
Dans ce but, nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national.
Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la
possibilité d’aller ensemble aux régionales.
La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques. Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de
constituer les bases de cet accord national :
La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe-Ecologie.
Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de
la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour
des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des
régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la
vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.
Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de
gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique
proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.
Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs
régionaux car la gestion des régions s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit de la possibilité de
mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque
organisation de droite.
Régionales : «L' offre» du PCF n'est pas acceptable...
NPA 27 octobre 2009
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Dans la continuité de déclarations des ses dirigeants depuis des mois, "l'offre" que vient d'adresser le Conseil national du PCF pour les régionales au-delà des apparences, est bien
socialo-compatible. Si la résolution votée indique que les listes «front de gauche élargies» ouvrent «un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie», elle
contredit cela de plusieurs manières. D'abord en précisant que les listes seront autonomes «partout oùles conditions peuvent en être créées», des conditions que les communistes
examineront «région par région». Ainsi, l'offre nationale, faite d'abord aux militants communistes, risque de déboucher sur une politique à géométrie variable. Pour savoir dans
combien de régions le PCF contractera des accords unitaires de premier tour avec le PS, il faudra attendre la fin du vote des militants intervenant après la mi-novembre. Dans les coulisses du
PCF, on annonce un minimum de quatre à cinq régions, certains allant jusqu'à pronostiquer 10 à 12, soit plus de la moitié.
Mais si l'ambiguïté de «l'élargissement» du front de gauche demeure, cela renvoie à une orientation de fond, condensée dans l'appréciation du bilan des 18 «majorités de gauche
sortantes» auxquelles le bilan du PCF participe, certes qualifié de «contrasté», mais qui aurait «permis dans un grand nombre de régions de réelles avancées pour le
quotidien de milliers de femmes et d'hommes». Rengaine somme toute assez classique qui consiste à peindre en rouge les politiques d'union de la gauche dans les régions ou au gouvernement
et à n'entrevoir d'issue politique que dans la cogestion aux côtés des dirigeants socialistes. Une politique maintes fois expérimentée, avec le succès que l'on sait pour le «quotidien» de
millions de travailleurs et de jeunes. Si la tentation de l'alliance PS/Modem est pointée du doigt, il n'est dit nulle part dans le texte que les dirigeants socialistes évoluent tellement
vers la droite que leur programme est tout à fait compatible avec celui de Bayrou.
Logiquement, les objectifs fixés sont ainsi de «réunir les conditions de majorités régionales de gauche». Entendez, comme le dit Marie George Buffet en boucle sur les ondes à ceux
qui n'auraient pas bien compris, avec le PS. En revendiquant que les listes unitaires adoptent «de façon claire» cette exigence, le PCF en fait un préalable à tout accord unitaire.
Le but de la manœuvre est de rompre les discussions avec le NPA en cherchant à lui faire porter le chapeau. Le PCF a participé en trainant des pieds à la première réunion unitaire proposée
par le NPA et n'a donné aucune publicité à la déclaration commune qui en est sorti. Il n'a pas voulu signer le compte rendu de la dernière réunion pourtant acté par tous les autres
participants. A l'entame de son CPN, un des ses principaux dirigeant, Pierre Laurent, a indiqué que la prochaine réunion unitaire serait la dernière...
Le NPA n'acceptera pas de rentrer dans le rang. Mais il ne veut acter la prise de position du PCF comme la fin du processus unitaire. Le NPA fait une autre proposition adressée à l'ensemble
des composantes. Il reste à voir quelle sera la réaction des sept autres mouvements engagés. Pour le moment Jean-Luc Mélenchon «approuve la formule du texte communiste». Cela
contredit ses déclarations précédentes et celles de son parti, les diverses déclarations unitaires, où l'on disait ne pas vouloir faire de la question de la participation aux exécutifs de
région avec les socialistes un préalable et de l'indépendance vis à vis du PS une base de départ. Il serait tout de même paradoxal que ce parti, dont beaucoup de dirigeants et de militants
sont issus du PS, se voie finalement ramené dans son giron un an après...
Unité de la gauche radicale ou unité avec le PS, il faut choisir.
Le PCF a diffusé lundi un communiqué titré «le rassemblement ne fait pas bon ménage avec les coups de forces médiatiques». Il implique personnellement Jean-Luc Mélenchon et ainsi le Parti de
Gauche qu'il préside. Il nous place dans l'obligation de répondre au risque d'une publicité de nos débats que nous n'avons pas souhaitée.
A quelques jours d'un CN qui sera décisif pour le Front de Gauche puisque le PCF y fera une offre nationale pour les régionales, nous regrettons et la forme et le fond de ce communiqué. Nous ne
comprenons pas les raisons d'un tel décalage entre les propos réellement tenus par Jean-Luc Mélenchon et la version qui en est donnée par ce communiqué. Nous ne voulons pas participer à une
polémique que nous jugeons vaine. Nous ne voulons pas fragiliser une alliance qui est le coeur de notre stratégie. Mais notre alliance ne peut se développer, et s'élargir, que dans des rapports
égaux et francs. Nous publions donc cette déclaration pour corriger les informations erronées que contient le communiqué du PCF. Nous sommes certains quau final les responsables et militants
communistes le comprendront : le respect que nous attendons de leur parti est la plus sure garantie que la réciproque soit toujours vraie. Pour notre part nous n'y avons jamais manqué.
DOUBLE CANDIDATURE AUTO-PROCLAMEE ?
Commençons par le plus commenté : « Quant à la deuxième déclaration de candidature du premier responsable du Parti de Gauche en une semaine, cette fois en Ile-de-France, elle apparaît peu
acceptable du point de vue du respect mutuel due aux partenaires et à leurs militants. La démocratie et la concertation sont préférables à l'auto proclamation » déclare le communiqué. Quelle
est cette première déclaration de candidature dont parle ce communiqué ? Jean-Luc Mélenchon n'a fait aucune autre déclaration à propos de sa candidature en dehors de ce qu'il a dit dans le cas de
l'Ile-de-France. Les informations parues dans «L'Express» et «Midi libre» sur sa candidature en face de Georges Frèche sont de la seule responsabilité de ces médias et n'ont jamais été commentées
par lui d'aucune façon. Pour ce qui concerne l'Ile-de-France, chacun peut vérifier ce qu'il en est en consultant le site de France 3. Après avoir montré que l'affaire de l'aménagement immobilier
de « la Défense » était le véritable enjeu de la nomination de Jean Sarkozy à l'EPAD, il a montré que, de ce fait, la prochaine élection régionale en Ile-de-France incluait une confrontation avec
le Président de la République lui-même. Interrogé sur sa candidature dans cette région par le journaliste, et non de sa propre initiative, il a répondu : « si c'était possible, j'en serais
(...). C'est clair il y a plein d'autres candidats parfaitement capables au PCF, PG, NPA ... Cela m'intéresse, si on le veut. Mais je ne vais créer moi-même une bousculade ... ». Où est
l'auto-proclamation ? Comment faudrait-il nommer alors les candidatures communistes annoncées aux européennes avant toute concertation au sein du Front de Gauche ? Et celles déjà annoncées en vue
des prochaines élections dans plus d'une région ? Le président de notre parti est légitime, autant que d'autres en Ile-de-France, dont il a été élu local et national pendant de nombreuses années.
Une offre de service n'est pas une auto proclamation. Dire le contraire n'est respectueux ni de la vérité, ni de la personne, ni du partenariat dans le Front de Gauche.
UN ACCORD PRATIQUEMENT SCELLE ?
Un point important du communiqué concerne la question cruciale des discussions dans le cadre du groupe de travail de l'autre gauche. Le communique déclare « Jean Luc Mélenchon salue un accord
pratiquement scellé entre le NPA, le PCF et le Parti de gauche. La vérité oblige à dire qu'un désaccord sérieux persiste sur la volonté de construire des majorités de gauche excluant, certes,
toute compromission avec le Modem, mais prenant toutes leurs responsabilités jusque dans les exécutifs, dans l'application des mesures qu'elles auront portées devant les électrices et les
électeurs. » Précisons d'abord que les propos de Jean-Luc Mélenchon n'évoquent nullement « un accord pratiquement scellé ». Il répond ainsi au journaliste Samuel Etienne : «vous
pensez que nous n'y arriverons pas (à l'accord de toute l'autre gauche) ? Peut-être aurez-vous raison et que je n'y arriverais pas, mais pour le moment ça avance bien». La vérité oblige à
dire qu'il a raison. Si on s'en tient aux points concrets et si l'on se souvient des divergences affichées entre les forces du Front de Gauche et le NPA lors des européennes, nul ne peut nier les
avancées en cours.
Quelles sont-elles ?
- Le principe d'une fusion démocratique avec le PS et Région-Ecologie est acté : il s'agit bien de nous regrouper au 2ème tour sur une liste unique de la gauche pour battre la droite.
- Les discussions en cours n'évacuent pas la question des gestions des régions. Le NPA a bien validé dans le compte rendu de la réunion du Groupe de travail du 16 octobre la phrase suivante :
« Tout le monde est à ce stade grossièrement d'accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours ». Il n'y
a donc pas de refus de principe, dans toutes circonstances, de gérer les régions.
- Le NPA n'évacue pas la question de la mise en Suvre du programme que nos listes pourraient défendre. Mais à ce stade il ne l'imagine pas possible dans des exécutifs dominés par le PS tel qu'il
est. Le NPA écrit : « Nous nous engageons à le défendre (le programme) dans les conseils régionaux et à le mettre en Suvre partout où le rapport de forces le permettra. Mais nous ne sommes
pas prêts à brader nos idéaux, à tourner le dos aux aspirations populaires, à nos responsabilités d'écologistes radicaux, dans un gouvernement de région dirigé par le PS tel qu'il est ».
Cette formule contient une part de vérité partagée par nous. Qui, dans l'autre gauche, est certain de pouvoir appliquer de vraies mesures de gauche, « excluant toute compromission avec le
Modem » pour reprendre les termes du PCF, dans un exécutif dirigé par le PS tel qu'il est ? Le PCF lui-même indique d'ailleurs dans le texte qu'il a proposé au groupe de travail que cette
participation aux exécutifs se ferait sous conditions. Et on voit bien que si un rapport de force suffisant ne se dessine pas, « le PS tel qu'il est », n'exclura pas, pour ne reprendre qu'un seul
point, les compromissions avec le Modem ! Chaque élection partielle le démontre.
Avec d'autres organisations membres du groupe de travail, le PG propose trois conditions à toute participation aux exécutifs : le contenu de l'accord, le rapport de force permettant de
l'appliquer et le refus d'une alliance avec le Modem. Le NPA a jugé irréaliste lors de la réunion du 16 octobre, la possibilité de tels accords de gestion si nous ne sommes pas en tête de la
gauche. On doit entendre ses arguments. Mais pour notre part nous voulons montrer que la situation au soir du premier tour sera nécessairement plus complexe, du fait des résultats que feront les
listes «Région-Ecologie». C'est pourquoi nous proposons de ne pas nous enfermer dans un vis-à-vis avec le PS. Nous proposons de juger au cas par cas. Et de tenir compte aussi du déroulement de la
campagne nationale et régionale.
Voilà les pistes que nous avancerons sur cette question lors des réunions du Groupe de Travail prévues le 28 octobre au siège du PCF puis le 2 novembre à celui du NPA. Mais il en est d'autres à
explorer bien sûr.
La première c'est notre capacité à nous entendre sur un programme. Le NPA a expliqué, toujours lors de la dernière réunion du Groupe de travail commun, que « la question des exécutifs est une
conséquence du débat programmatique, pas un point de départ ». Nous sommes d'accord. C'est pourquoi nous insistons depuis plusieurs réunions pour que l'on entre dans le travail d'élaboration des
programmes qui, en réalité, définiront le profil de nos listes bien plus que des discours d'intention.
La seconde, préalable à tout, c'est un accord national pour des listes autonomes du PS et des Verts au premier tour. Nous travaillons pour que ce soit des listes d'union de toute l'autre gauche.
Car sans cela comment espérer réunir une majorité sur un programme vraiment à gauche ? Sans ces listes la mobilisation des classes populaires tentées par l'abstention ne se réalisera pas. La
confusion est ennemie de la mobilisation.
Dans ce contexte, nous disons à nos camarades communistes que nous attendons avec impatience, mais confiance malgré ces différends, leur offre nationale ce week-end. Nous savons qu'ils tiennent
autant que nous à la stratégie du Front de Gauche. Comme nous ils veulent sans doute en faire un point d'appui pour une alliance plus large regroupant toute l'autre gauche et les prochaines
dissidences socialistes. Nous avons bien avancé vers notre objectif. Et notre Front de gauche aussi a bien progressé. En décidant comme nous l'avions proposé la constitution d'un comité permanent
du Front de Gauche et la mise au point de plateformes partagées nos partis ont ouvert un chemin mobilisateur et créatif. Nous souhaitons poursuivre dans cette voie de rapprochement progressif
pour offrir à notre pays une alternative progressiste crédible autant qu'audacieuse.
Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'adresse, quelques semaines après la rentrée et à quelques mois de l'échéance électorale des régionales, à toutes celles et tous ceux qui n'en
peuvent plus de cette droite réactionnaire, mais qui ne veulent plus d'une gauche gestionnaire qui a renoncé à transformer la société. Ras le bol des attaques de la droite, mais assez d'une
gauche plus préoccupée de rechercher l'alliance d'un homme de droite comme François Bayrou, des présidentielles de 2012 que d'opposer un front uni et cohérent au projet Sarkozyste.
Sans surprise le gouvernement utilise les marges de manœuvre que lui procurent les résultats des Européennes et l'absence d'opposition organisée, unie et déterminée face à sa
politique. Du coup, la feuille de route des contre-réformes est observée dans toute sa rigueur touchant les acquis sociaux et les libertés publiques du plus grand nombre. Si bon nombre
« d'affaires » qui se multiplient en cette rentrée ont leur fonction d'écran des problèmes réels, le népotisme, l'arbitraire et l'hyper autoritarisme du pouvoir de la droite,
fonctionnent à plein, il est vrai permis par le fonctionnement des institutions de la Ve République.
L'enjeu est de taille, il s'agit de faire payer la crise du capitalisme, la crise écologique, à une majorité de la population qui n'en est pas responsable. Faire semblant que
tout change (bonus, parachutes dorés, paradis fiscaux) alors que rien ne change. Le projet de privatisation de La Poste est là comme un symbole du maintien du dogme libéral. Le débat lancé sur la
taxe carbone, le « nouveau grenelle » sur les retraites et la réforme territoriale, pour ne prendre que ces exemples, ont comme point commun d'illustrer la facture de la crise. C'est en
nous faisant travaillant plus, sans gagner davantage que le MEDEF et Sarkozy, entendent régler l'addition et sauvegarder leurs privilèges. Ce qui implique de travailler le dimanche, de remettre
en cause les 35 heures, d'allonger la durée de cotisations pour les retraites, d'organiser de nouvelles coupes sombres dans les dépenses publiques en reformatant l'Etat (abandon de ses missions
sociales au profit de priorités répressives).
Alors même que chômage et licenciements, stagnation du pouvoir d'achat, frappent de plus en plus à la porte de la population, le pouvoir s'est fixé une nouvelle échéance clé dans la
route d'une éventuelle réélection en 2012 : faire des régionales un test grandeur nature de rapports favorables au camp réactionnaire permettant une nouvelle phase d'offensives politiques et
sociales. C'est bien pourquoi les résistances et mobilisations de cet automne et la préparation des régionales forment une même séquence politique où doivent se combiner une opposition frontale
au MEDEF et à la droite, et la radicalité de réponses alternatives face à la crise, nécessitant l'unité et le rassemblement.
Car rien n'est fatal. La mobilisation qui a accompagné la consultation populaire pour défendre le service public postal, les luttes contre les licenciements qui commencent à se
coordonner, l'impopularité manifeste de l'équipe gouvernementale et des principales mesures phares de celle-ci, montrent que le rapport de force peut s'inverser, que l'espoir peut changer de
camp. Mais il est vrai, que l'absence de stratégie de mobilisation de la part des principales directions syndicales pèse lourd dans la situation.
Les opérations de mise en œuvre d'un centre gauche, comme la priorité mise dans l'organisation de primaires pour la prochaine présidentielle permettant à chacun d'assister au
spectacle de la multitude d'ambitions au PS et du vide du projet proposé, illustrent une nouvelle fois la défaillance d'une gauche d'adaptation qui n'a plus la volonté et les outils pour
s'opposer sur le fond à la logique capitaliste et aux projets de la droite. Il y a eu suffisamment d'exemples en Europe pour connaître le coût de telles expériences.
Mais le résultat des européennes, dont on sait pourtant que par l'absence de participation électorale des classes populaires et des plus jeunes il n'est qu'une photographie partielle
des rapports de force réels, donne du poids à une coalition rose-verts-orange qui soi-disant pourrait battre Sarkozy. C'est pourtant, de notre avis, l'histoire d'une défaite annoncée car une
telle coalition ne contesterait Sarkozy que sur la forme de l'exercice du pouvoir et pas sur le fond de son projet de société. Cette coalition ferait l'impasse par exemple sur la répartition des
richesses et ne chercherait pas dans les combats d'aujourd'hui à défaire les projets gouvernementaux.
C'est la brutalité de la situation qui exige un rassemblement sur des bases claires.
Il s'agit de savoir, au-delà de mobilisations unitaires contre le pouvoir, si la gauche radicale est au rendez-vous. Au rendez-vous des luttes et des confrontations sociales. Au
rendez-vous des réponses anticapitalistes, à la définition d'un programme de rupture face au défi de la crise générale du système. Au rendez-vous des régionales. Des forces sont disponibles pour
relever ces défis. Qu'il s'agisse d'affronter dès maintenant un pouvoir impopulaire et lui infliger des reculs, des défaites sur le terrain social, celui des mobilisations et des résistances.
Ou de remettre en cause l'hégémonie social-libérale ce qui implique de modifier en profondeur les rapports de force à gauche, de construire une gauche indépendante de la direction et des
orientations du PS. Ces forces, nous les appelons la gauche radicale.
Combien sommes-nous de militants de partis, syndicalistes, militants associatifs, féministes et écologistes qui enragent de cette situation ? Il est temps de s'unir dans la durée
et dans la clarté. De se rassembler dans les luttes et dans les élections... C'est l'occasion de montrer que nous sommes capables, déterminés à affronter ce double défi.
C'est pourquoi le NPA a initié depuis cet été un processus de discussion entre différents partis politiques pour présenter ensemble des listes unitaires de la gauche radicale dans les
21 régions métropolitaines. Des listes qui soient ouvertes aux militants du mouvement social, mais où les partis politiques nationaux joueraient pleinement le rôle de levier, de mise en place
d'un cadre national visant à regrouper autour d'un projet politique de rupture. Cette démarche s'est adressée au PCF, au Parti de Gauche, à Lutte Ouvrière, au Forum Social des Quartiers
Populaires, aux Alternatifs et à la Fédération, au MPEP et à Socialisme et république, au PCOF comme à la Gauche unitaire. Nous avons tenu plusieurs réunions et adopté une déclaration et une
méthode de discussion pour nous mettre d'accord sur un rassemblement de la gauche radicale.
La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle
compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie
indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur.
Oui, il faut battre la droite ; oui, il ne faut pas confondre un électeur socialiste d'un électeur UMP. Mais, dans le même temps, il faut enregistrer qu'existent deux gauches
dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions. L'enjeu est bien plus élevé que la conquête négociée de quelques postes, il s'agit d'inverser les rapports de
force à gauche, de redonner confiance au monde du travail, aux jeunes et de porter une perspective politique et sociale qui ose refuser tout licenciement, toute suppression de postes dans
la fonction publique, qui se fasse le porte-parole de la convergence des luttes et des résistances dans le but de mettre un terme aux nuisances du capitalisme en soumettant les grandes banques et
les grandes entreprises au contrôle des salariés et de la population.
Si les régionales permettaient d'avancer en ce sens, alors nous aurions fait un grand pas. À l'heure où nous écrivons, un premier rassemblement s'est opéré mais des obstacles
subsistent en particulier parce que la direction du PCF se situe dans une perspective de reconduction d'une politique d'union de la gauche, de gestion des exécutifs avec le PS comme le revendique
sa principale dirigeante. Pour autant il ne s'agit pas de renoncer mais de continuer à avancer en rassemblant les forces disponibles, c'est le sens de la politique unitaire menée par le
NPA.
Le vendredi 16 octobre s’est tenue au siège des Alternatifs la 3ème réunion unitaire de la gauche radicale.
Le PCF, représenté par une délégation réduite, avait produit, comme il s’y était engagé, une contribution censée constituer le support d’un débat stratégique incluant le 1er et le
second tour des élections régionales.
Ce texte n’avait en réalité que fort peu de contenu politique, se contentant de poser en préalable la nécessité de s’inscrire dans une «ambition majoritaire» et donc de prendre l’engagement de
tout faire pour constituer au second tour des «majorités solidement ancrées à gauche». Chacun comprend que pour un PCF qui a décidément deux cadres de négociation pour les prochaines échéances
électorales, imposer de telle formules sans qu’elles soient assorties du moindre contenu programmatique revient à tenter de n’en rompre aucun, et d’exclure le NPA du cadre unitaire qu’il a
lui-même initié. En effet, parler de vocation majoritaire sans aborder le programme laisse toutes les possibilités ouvertes, y compris un programme rendu socialo-compatible pour être bien sûr que
l’accord se fasse, aux conditions du PS … Au total, le PCF a tenté de faire passer sur une base écrite l’objectif tactique qu’il se fixe de réunion en réunion: isoler le NPA en convainquant les
autres forces présentes de s’inscrire dans un cadre politique inacceptable par le NPA.
Ces manœuvres se révèlent pourtant à courte vue dans la mesure où elles font l’impasse sur un élément auquel l’ensemble des organisations partie prenante, hormis le PCF, sont attachées: le
préalable indispensable pour proposer ensemble une alternative crédible au social-libéralisme, c’est un accord national pour des listes autonomes et indépendantes du PS dans les 21 régions
métropolitaines. Ce n’est évidemment pas un cadre dans lequel le PCF est en mesure de s’inscrire: si on ignore encore le nombre exact de régions dans lesquelles il sera dès le premier tour en
alliance avec le PS et la manière dont il formulera, au terme de son Conseil national, son «offre politique nationale», nul doute qu’il adoptera dans les faits une stratégie à géométrie variable.
Son choix à l’heure qu’il est n’est pas de rompre avec la stratégie adoptée en 2004, consistant à cogérer une majorité de régions avec le PS, et donc à assumer sa part du bilan du mandat qui
s’achève en mars 2010.
De nombreuses organisations se sont vigoureusement prononcées pour que l’on puisse acter ensemble le principe d’un accord national comme préalable à la poursuite de la discussion, notamment le
PG, les Alternatifs, la Fédération et bien sûr le NPA. Soucieux de respecter les rythmes de son partenaire du Front de gauche, le PG a souhaité qu’on attende pour cela le CN du PCF. C’est donc à
la prochaine réunion, fixée le 28 octobre, que la question devrait être tranchée. Pourtant, les représentants du PCF ont d’ores et déjà indiqué que leur offre nationale, quelle qu’en soit la
nature, ne les engagerait dans les faits qu’une fois validée dans les régions, soit à la fin du mois de novembre … Pas sûr qu’on puisse «respecter les rythmes» jusqu’à cette échéance bien
tardive. Il est bon en tous les cas que se multiplient aussi les discussions au niveau régional. Elles sont évidemment de nature différente selon le cadre local, notamment si un accord PCF-PS est
déjà bouclé ou en passe de l’être, comme en Bretagne ou en Basse Normandie …
Autre question abordée, celle des exécutifs régionaux. Le NPA a réaffirmé sa position notamment par le biais de sa propre contribution au débat: pas question de cogérer les régions avec le PS tel
qu’il est, dans le cadre des rapports de force tels qu’ils sont. Mais il a également tenu la même ligne de conduite qu’aux précédentes réunions: on ne discute pas d’abord du 3ème tour
mais du programme de rupture que nous voulons pouvoir proposer et mettre en oeuvre, et c’est du débat sur cette question que découle l’incompatibilité programmatique avec les socio-libéraux. Si
les autres forces attachées à un cadre national indépendant au premier tour ne partagent pas notre position sur le sujet, nous souhaitons les convaincre que les conditions qu’elles-mêmes posent
pour une participation aux exécutifs ne sont pas aujourd’hui réunies.
Ingrid Hayes
Communiqué des Alternatifs
du 16 octobre 2009
Maintenant, avancer vers l’unité de l’autre gauche
Jean-Jacques Boislaroussie et Rachel Lafontaine, portes-paroles des Alternatifs
Le 16 octobre, les formations de la gauche de transformation sociale et écologique ont abordé sur le fond la question de la stratégie de construction de leur rassemblement aux élections
régionales. Rien n’est encore acquis, mais un débouché unitaire est possible. Une nouvelle réunion aura lieu le 28 octobre, les Alternatifs souhaitent qu’elle permette enfin l’affirmation
d’un positionnement commun en faveur de listes untaires des gauches anticapitalistes, antilibérales et de l’écologie radicale, et que s’engage le travail sur un projet alternatif commun.
CONTRIBUTION DES ALTERNATIFS REUNION DU 16 OCTOBRE
Le processus de discussion engagé entre les forces de la gauche de transformation sociale et écologique doit conduire chacune de ces forces à exposer clairement sa stratégie : c’est la
condition d’un travail en commun en confiance et dans la durée.
Pour les Alternatifs l’enjeu stratégique est de faire émerger une gauche alternative, féministe, autogestionnaire et écologique, à vocation majoritaire, ancrée dans les mobilisations et à
même de porter et appliquer des objectifs permettant de dépasser le capitalisme productiviste.
Le combat contre ce système est à mener d’abord dans les mobilisations sociales et aussi dans les urnes.
La mobilisation populaire est la clef de ce combat, et ce, quelles que soient par ailleurs la place respective que peuvent donner nos diverses organisations aux luttes et aux élections dans
leur stratégie. Etre en capacité de porter des réformes majeures d’abord dans les luttes, et si les conditions en sont remplies dans les institutions, est aussi un facteur de construction
d’une gauche d’alternative. En effet, l’enjeu pour la population se situe sur ce terrain plus que sur celui du changement des rapports de forces entre formations de gauche, souvent renvoyées
dos à dos dans une période de crise profonde de l’engagement et des perspectives politiques.
Le système capitaliste n’est plus supportable, sur les plans économique, démocratique, social, et écologique. On ne peut s’en tenir à des aménagements à la marge. Une alternative globale est
vitale : là est la ligne de partage première avec les sociaux et écolos libéraux.
Aucune de nos organisations n’est seule en mesure de construire une force politique efficace à une échelle de masse. Ensemble, nos organisations doivent constamment contribuer à développer
l’échange, sans hiérarchisation entre le social et le politique, avec les mouvements d’émancipation, féministes, altermondialistes, écologistes, sociaux, démocratiques…
Nous ne pouvons préjuger de la forme que prendra/prendront la force/les force(s) politique(s) au service de l’émancipation. Au stade actuel, c’est un front commun durable des forces et
organisations de la gauche de transformation écologique et sociale qui est à l’ordre du jour. Le front commun peut donner espoir dans les luttes, et force à nos propositions. Sa durabilité
est condition de crédibilité.
Nous devons assumer la rupture stratégique avec le sociaux et écolo-libéraux et leurs organisations, car nos projets sont contradictoires. Mais cette affirmation ne nous conduit pas à mettre
un trait d’égalité entre la droite d’une part, le PS et les écolo-libéraux d’autre part, et ce, tant en termes de bases sociales que d’orientation. Nous pouvons assumer des compromis avec ces
forces sur des plate formes communes, mais toujours à l’aune des rapports de forces et de contenus en mesure de changer vraiment la société, pas au nom d’un moindre mal souvent alibi de
l’alignement.
Pour ce qui concerne les élections régionales, cette démarche conduit les Alternatifs au positionnement suivant :
Les Alternatifs réaffirment leur orientation en faveur d’un rassemblement durable, dans les mobilisations comme dans les urnes, d’une gauche de transformation sociale et écologique, pour une
alternative au capitalisme et au productivisme. Cette construction politique nécessite tout autant l’unité des organisations politiques de gauche de transformation sociale et écologique que
la mobilisation et la créativité populaire, non comme relais des partis politiques mais comme contribution décisive au processus de rassemblement.
Les régionales à venir peuvent être l’occasion de faire un pas en avant pour, ensemble, avec les citoyens-ne-s, les associatifs et les syndicalistes, porter les exigences des travailleurs et
des classes populaires, et contribuer ainsi à encourager, renforcer l’unité contre la droite et le patronat pour changer le rapport de force.
Au premier tour, les Alternatifs défendent la perspective d’un accord national pour des listes communes de la gauche et de l’écologie antilibérales et anticapitalistes, sur la base d’une
plate- forme et de propositions communes, listes indépendantes du PS.
Nous ne sous-estimons pas le travail qui a pu être mené par des élu-e-s du PCF, du PG et d ’autres courants dans les conseils régionaux, cependant, pour les Alternatifs des listes untaires
larges de la gauche de transformation sociale et écoloqiue peuvent permettre de renforcer la présence de la gauche anticapitaliste et antilibérale dans les conseils régionaux, d’adosser le
travail de ses futurs élu-e-s à une vrai dynamique politique et militante.
Pour le second tour, afin de battre la droite, les Alternatifs défendent une fusion démocratique assurant une répartition juste entre les différentes listes se réclamant de la gauche et de
Régions Ecologie. Une telle démarche exclut des accords avec des listes intégrant le MODEM.
Les élu-e-s issu-e-s du rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique seront au service des mobilisations et porteurs de propositions alternatives. En cas de victoire
face à la droite, si le rapport de force ne permet pas d’appliquer un projet commun, nous ne nous engagerons pas dans une solidarité de gestion. Les élus s’engageront à soutenir toute
proposition allant dans le sens du projet et à combattre toute proposition contraire.
Pour les Alternatifs, l’existence de divergences sur le type d’accords après le deuxième tour (participation ou non à l’exécutif régional) parmi les composantes du rassemblement ne doit en
aucun cas être un préalable au rassemblement lui-même ; le pluralisme de celui ci doit être assumé et il faut battre la droite.
C’est avec la volonté d’aboutir à un accord politique pour les élections régionales, première étape d’un front commun durable à vocation majoritaire, que les Alternatifs participent aux
réunions de toutes les forces de la gauche antilibérale et anticapitaliste.
Les Alternatifs agiront pour que s’engage maintenant, à partir de ce cadre unitaire, un large débat :
sur les contenus d’une politique en rupture avec la logique du système capitaliste et du productivisme pour les régions,
pour une politique de solidarité et de coopération juste et équitable au niveau international
pour des démarches et propositions communes au service des mobilisations populaires
pour l’ouverture, à travers la mise en place de forums citoyens, de ce cadre unitaire aux citoyennes et aux citoyens, associatifs, syndicalistes, intéressé-e-s par les contenus et la
démarche de ce rassemblement
plus globalement pour des discussions sur tous les points à régler pour trouver un accord, y compris la démarche stratégique, permettant de construire l’unité de la gauche de gauche et de
l’écologie radicale.
Afin de ne pas dissocier le dire et le faire, nous devons travailler à un programme pour les régions et aux mesures clés à porter dans les conseils régionaux, y compris dans le cadre de
discussions avec le PS et les Verts. A défaut, nous reproduirions les vieilles démarches : programme radical pour les élections, compromis au rabais dans les institutions.
Notre responsabilité est grande : divisés nous laisserions le champ politique s’organiser à gauche autour d’un débat entre le PS et les Verts, avec l’appoint éventuel du
MODEM. Construire notre unité, c’est refuser le choix sans espoir entre soumission au PS et marginalité, c’est aussi exprimer et traduire en positif à travers un projet alternatif
l’écœurement généralisé et la désespérance et la colère sociale grandissantes qui peuvent -faute d’espoir et de perspectives- faire l’objet d’une récupération par l’extrême-droite.
18 oct 2009 ... "Maintenant, avancer vers l'unité de l'autre gauche"
dimanche 18 octobre 2009 (12h02). Communiqué des ALTERNATIFS du 16 octobre 2009 ...
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Interview de Jean-Luc Mélenchon dans La Marseillaise - 16 octobre 2009
Vous venez de déclarer que « les choses avancent bien » pour l'unité de la gauche radicale aux prochaines élections régionales. Quelles sont les raisons de cet
optimisme?
Souvenez-vous. On nous avait prédit qu'il serait impossible de nous retrouver ensemble, que la fracture entre le Front de gauche et le NPA était trop profonde. Or des réunions de toutes les
organisations de « l'autre gauche » se sont tenues. Une nouvelle rencontre est prévue pour ce vendredi 16 octobre. Depuis les élections européennes, des rencontres bilatérales entre nos
organisations ont défriché le terrain. L'esprit de responsabilité l'a emporté sur l'esprit de chicane.
Certes, je ne cache pas la réalité des difficultés à surmonter. La campagne des Européennes a laissé des traces. En outre, le décalage du calendrier politique de chaque formation ne facilite pas
la démarche. Le Parti de gauche s'est prononcé dès le 13 juin pour des listes autonomes de l'autre gauche. Le NPA a pris position à la rentrée. Le Conseil national du PCF rendra publique une
offre politique nationale le 24 octobre prochain. Mais il faut respecter le processus de décision de chaque partenaire.
Selon vous, ces handicaps peuvent-ils être surmontés?
Je le crois. Lors de la première réunion, alors que les discussions ont été vigoureuses, nous avons été capables d'adopter une déclaration qui rend possible un cadre commun pour les élections
régionales.
Nous ne sommes pas au bout du chemin. Des questions restent en débat. Nous avons offert que le PCF fasse une proposition de texte pour la réunion de ce vendredi. Cela pourrait faciliter sa
démarche.
Sincèrement, j'estime que les choses ne se présentent pas trop mal.
Quelles sont vos propositions ?
Au premier tour, nous sommes partisans de listes autonomes de l'autre gauche dans toutes les régions. Au second tour, du rassemblement de toute la gauche autour de la liste arrivée en tête.
Je considère que les points de vue sont moins éloignés qu'on ne le croit. Le PCF n'est pas partisan de participer partout à l'exécutif, comme il l'a montré dans la région Nord Pas-de-Calais.
Quant au NPA, peut-il soutenir l'idée de toujours refuser d'y participer ? Même si la liste de l'autre gauche est en tête ? On ne doit pas s'enfermer dans le « toujours » ou
le « jamais ». Avec les Alternatifs, le Parti de gauche propose d'utiliser trois critères pour répondre à la question de la participation aux exécutifs. Quel système d'alliance du PS au
second tour ? Quel contenu du projet ? Quels rapports de force ?
Nous pourrions les examiner dans chaque région après le premier tour.
Après une période d'hésitation, le Parti de gauche a décidé de participer à l'organisation des Ateliers de la gauche. Où en est le Front de gauche aujourd'hui ?
A l'origine, les Ateliers ont été mal engagés. Nous avons appris par le PCF quels en seraient les thèmes, les dates, les lieux. Dans ces conditions on ne pouvait parler de co-organisation.
Le Front de gauche est une construction commune. Il n'y a pas un grand frère et les autres qui suivent.
De plus, une certaine ambiguïté subsistait sur l'objectif de ces Ateliers. Certains responsables du PCF expliquaient qu'il s'agissait de définir un projet commun avec ceux qui y
participent. Le PS ? , les Verts ? Pour nous, il ne peut en être question. Nous voulions une clarification.
D'abord l'élaboration d'une plate-forme partagée entre nous, ensuite une discussion avec les autres. Le périmètre du Front de gauche ne doit pas se diluer. Il ne peut s'élargir au PS. Ce n'est
pas son but.
Mais cet épisode ambigu n'est pas l'essentiel. Ensemble, nous avons décidé la création d'un comité de liaison permanent du Front de gauche. C'est un événement de grande portée qu'il faut
davantage valoriser.
Vous faites la proposition d'un « paquet électoral » liant régionales, présidentielle et législatives. Dans quel but ?
Pour le Front de gauche, nous devons construire des perspectives ambitieuses, de long terme. Il serait contre-productif de repartir à zéro après chaque élection. Au contraire, il faut créer des
dynamiques d'une élection à l'autre.
Notre proposition vise à constituer un pôle stable de rassemblement, mais aussi de « décongestionner » la question de la présidentielle en la liant aux législatives. La présidentielle
doit être un point d'appui pour aborder ces dernières.
Nous devons nous inspirer de ce que fait et réussit Die Linke en Allemagne.
Presqu'un an après sa création, quel est le bilan de santé du Parti de gauche ?
C'est très difficile de construire un nouveau parti. Mais globalement, la dynamique est bonne. Notamment depuis le bon résultat des Européennes.
Dans les prochaines semaines, nous allons être rejoints par un groupe d'écologistes animé par la députée Martine Billard. En décembre, nous tiendrons une convention nationale qui adoptera
notre manifeste, un plan d'urgence social et écologique. Rude programme.
Manifeste du PG pour les élections régionales
manifeste_PG_regionales.pdf
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Régionales :
la bataille pour l’unité de la gauche radicale se poursuit
Le 7 octobre dernier, s’est tenue une nouvelle réunion pour déterminer la stratégie des partis à la gauche du PS, pour
les élections régionales.
Le NPA est résolument engagé dans une bataille unitaire offensive pour le nécessaire rassemblement en soutien aux
mobilisations de celles et ceux qui refusent de payer la crise, mais aussi pour les régionales de mars 2010. En effet, pour nous l’unité n’est pas une affaire tactique mais une question
stratégique, liée aux coordonnées de la situation politique et sociale. C’est à cette nécessité que nous avons apporté une première réponse – certes insuffisante et partielle – en constituant
ensemble le NPA.
C’est à cette nécessité que tente de répondre notre politique unitaire.
Nous avons pris l’initiative d’une première réunion de la gauche radicale, le 28 septembre dernier. À cette occasion,
la délégation du NPA a défendu l’objectif d’une déclaration commune fixant un cadre de travail pour la suite des événements. Seuls le PCF et la Gauche unitaire – cette dernière s’étant
visiblement attribué la fonction de bouclier du Colonel-Fabien – n’y étaient pas favorables. Mais la pression de l’ensemble des autres forces présentes a permis de l’emporter, au prix de
l’adoption d’une formule autorisant une double lecture des conditions dans lesquelles nous pourrions mener une politique alternative dans les régions. Au début de la deuxième réunion, le 7
octobre, le PCF (et la Gauche unitaire…) campait sur une position très dure à notre endroit, portant le fer à la fois sur nos prétendues réticences à appeler à battre la droite et surtout sur la
nécessité d’un accord préalable sur les majorités de gestion, y compris avec le Parti socialiste.
Le NPA a insisté sur la situation inédite dans laquelle se trouvait la gauche avec l’évolution accélérée du PS,
rappelant que les socio-libéraux ne menaient pas dans le cadre des régions une politique différente de celles qu’ils mettent en œuvre au niveau national lorsqu’ils sont au pouvoir, et que
l’incompatibilité programmatique entre ceux qui veulent gérer le système et ceux qui veulent rompre avec lui était donc valable aussi pour ces échéances.
Ainsi, s’il est bon, par exemple, que le cadre unitaire de lutte contre la privatisation de la poste inclue le PS, il
en serait différemment s’il fallait s’accorder sur des propositions alternatives, au vu du bilan gouvernemental de la gauche dite plurielle sur le simple terrain de la destruction des services
publics.
Cette recherche d’une unité, basée sur l’indépendance vis-à-vis du PS et de l’opération de recomposition au centre
gauche, est partagée par bon nombre de mouvements participant à ces réunions. Une fois encore, la tonalité générale qui s’exprimait a donc contraint le PCF à revoir sa position de départ. Il a dû
à la fois admettre qu’il lui faudrait rester dans le cadre unitaire au-delà du 7, accepter que débute la discussion sur le programme et proposer comme introduction de la réunion suivante un texte
énonçant sa stratégie globale pour les 1er et 2e tours.
Ce texte apportera-t-il les clarifications nécessaires à la poursuite des discussions ? Peut-être sera-t-il possible
que les forces disponibles pour cela affirment ensemble leur volonté d’un accord national de premier tour dans les 21 régions métropolitaines ?
Le PG, notamment, devra cette fois, nous semble-t-il, faire un choix. Comment comprendre son revirement récent, qui le
conduit à accepter de participer aux ateliers communs avec le PS ? Nous ne voyons rien dans la définition qu’en donne le PCF qui puisse expliquer ce changement d’approche. Loin d’être des cadres
de confrontation, comme les camarades du PG semblent le croire, il s’agit bien, d’après les initiateurs eux-mêmes, de servir de support à l’élaboration de propositions communes à l’ensemble des
forces de gauche, incluant évidemment le PS. Faut-il y voir le prélude à un ralliement à des alliances à géométrie variable et à l’union systématique dans la gestion sous direction du PS, y
compris en présence du Modem ? Ce serait un tel décalage avec l’orientation défendue jusqu’ici par le PG que nous ne pouvons le croire.
Le NPA n’ira pas à ces ateliers et propose que la discussion se poursuive dans le cadre associant unitairement la
gauche radicale, cadre qui se met en place également dans un certain nombre de régions.
Le PCF, le Parti de gauche (PG), le NPA et d'autres formations de la gauche radicale ont décidé d'une nouvelle réunion le 16 octobre "centrée sur la stratégie globale" en vue d'une éventuelle
alliance aux régionales de mars, a indiqué jeudi Eric Coquerel (Parti de Gauche).
Après une première réunion le 28 septembre - à l'initiative du NPA - et une autre mercredi soir - dans les locaux du PG -, "on se revoit le 16 octobre" pour une réunion "centrée sur la stratégie
globale pour être une alternative crédible aux yeux des Français", a dit à l'AFP M. Coquerel, secrétaire national PG chargé des relations extérieures et unitaires.
La prochaine discussion se fera "à partir d'un texte proposé par le PCF", a-t-il précisé, avec l'objectif de "savoir comment on peut se mettre en condition de mettre en application le programme
qu'on pourrait déterminer ensemble". M. Coquerel a proposé un "groupe de travail parallèle" pour "se mettre rapidement au travail" sur le fond.
"Ca n'avance pas dans les réunions, on tourne en rond", a affirmé à l'AFP Pierre Laurent, coordinateur national du PCF qui souhaite "conquérir des majorités de gauche pour gérer les régions".
"Notre texte" qui sera transmis aux autres formations mercredi ou jeudi prochain sera "plus précis et amènera chacune des organisations à se prononcer clairement", a-t-il ajouté, assurant n'avoir
"rien entendu dans la bouche du NPA qui permette de dire que la situation va bouger de leur côté".
Le PCF doit par ailleurs proposer lors de son Conseil national du 24 octobre une "offre politique nationale" pour les régionales.
"Le point de blocage, c'est le PCF", note Pierre-François Grond, bras-droit d'Olivier Besancenot (NPA), qui milite pour une gauche qui "montre sa différence avec le PS" alors que "le PCF discute
avec le Parti socialiste".
Mercredi soir, "les discussions ont tourné autour de l'idée +qu'est ce qu'on met en premier comme point de discussion?+ Le contenu ? La déclinaison d'un programme pour les régionales ? Les
conditions pour battre la droite ? La gestion des régions ?", a affirmé M. Coquerel.
La réunion a notamment réuni les "numéros deux" du NPA, du PCF et du Parti de Gauche, ainsi que des représentants de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), de Gauche
unitaire (GU), des Alternatifs, et du Parti communiste des ouvriers de France (PCOF). Le MPEP de Jacques Nikonoff (ex-président d'Attac) a également assisté aux débats.
"Tout le monde sent bien que, cette fois-ci, on ne peut pas se défiler" sur l'unité, a assuré M. Coquerel.
Lors de la première rencontre du 28 septembre, ces organisations avaient abouti à une "déclaration unitaire" relevant "des approches différentes" mais assurant que "les forces qui composent la
gauche antilibérale et anticapitaliste ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie".
La gauche boostée par la consultation sur la Poste
Des représentants du PS, du PCF, des Verts, du NPA et du PG, dont les partis figurent dans le comité national contre la privatisation de la Poste et se sont mobilisés pour organiser la
votation citoyenne, ont assisté à l'annonce des résultats lundi.
La mairie du IIe, the place to be, ce lundi matin, pour les partis de gauche. Au premier étage de la mairie transformé en QG parisien du comité national contre la privatisation
de la Poste, peu avant le point presse sur les résultats de la consultation citoyenne, on se
presse, on se salue, on se congratule. Pas tout à fait comme d’habitude.
Au premier rang, sont assis côte-à-côte Clémentine Autain, Razzy Hammadi et Benoît Hamon, porte-parole du PS. Puis font leur entrée, en ordre dispersé, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Pierre
Laurent (PCF), Cécile Duflot (Verts), Olivier Besancenot (NPA). Leurs partis, ainsi que le PRG et le MRC, figurent parmi les 62 organisations qu’agrège le comité national. Ils ont pris part à la
logistique. Sur le terrain, leurs militants ont tenu des bureaux de vote, tracté, comptabilisé.
Alors, à l’annonce d’une mobilisation à l’ampleur inattendue - plus de 2 millions de votants -, ils affichent une mine réjouie, rappelant que, face au gouvernement, les coups gagnants ne sont pas
si fréquents.
Olivier Besancenot, double casquette de facteur et de porte-parole du NPA, reconnaît que,«cette fois, tout le monde a mouillé la chemise. On a déjà construit des cadres unitaires, mais qui
n’ont pas toujours eu autant d’impact. Là, on l’a fait unis, soudés.»
Sans chercher à tirer la couverture à soi? «On vient en soutien, en appui», répond Cécile Duflot. Et le mouvement ne se limite pas, loin de là, aux formations politiques, brassant
syndicats (CGT, CFTC, FO, Unef) et associations (Agir contre le chômage, Attac, Droit au Logement, Apeis).
«Le succès redonne la pêche»
L’unité de la gauche n’était, à l’évidence, pas l’objectif premier - plutôt une condition de la mobilisation. Mais, à cinq mois des régionales - alors que les partis envisagent de partir plus ou
moins séparément au premier tour -, la gauche en tire un bénéfice collatéral.
«Un tel succès redonne la pêche, crée un souffle», se réjouit Jean-Luc Mélenchon. Le fondateur du parti de gauche va même jusqu’à accorder un bon point à ses ex-camarades socialistes.
«Ils ont bien évolué sur cette question, ils progressent !», lance-t-il, au côté de Razzy Hamadi. Le secrétaire national du PS en charge du service public décrit un mouvement qui prend
racine «à la base militante». Pas non plus de traitement de faveur pour un bureau de vote labellisé «fédération PS». «Ce sont les luttes qui mettent ensemble les partis, on ne décrète
pas l’union. Sur le terrain, on a pris plaisir à nous mobiliser ensemble», confie-t-il.
Seule Lutte ouvrière avait boudé le rassemblement, sa porte-parole Nathalie Arthaud invoquant «une campagne qui vise à redorer le blason du PS, un peu à bon compte, et se refaire une
virginité» sur les services publics.
Alors que le comité national appelle à «pousuivre la mobilisation», les partis de gauche se sentent donc d’attaque pour pousser le gouvernement dans ses retranchements. «On demande un
débat public avec Christian Estrosi (ministre de l’Industrie, ndlr) ou Eric Woerth (Budget)», redit Hammadi. Et engager le bras de fer. «Soit le gouvernement retire son texte, soit
il traite par le dédain la mobilisation des territoires et des citoyens. Dans ce cas, il va le payer très cher.»
Assurant que l’unité est un moyen, pas une fin, Cécile Duflot met en garde:«Il faut que ça marche, ça ne m’intéresse pas d’être unis dans la défaite ou de gagner seulement le fait d’être la
meilleure opposante.»
La gauche antilibérale et anticapitaliste a fait un pas de plus en direction d’un front commun aux régionales. La réunion convoquée hier soir à Paris a permis à 7 des 9 organisations
présentes de s’entendre sur un texte commun qui « décide de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d’aller ensemble aux
régionales ». Certes, il ne s’agit là, que d’« un premier pas », comme la déclaration le mentionne, mais les signataires reconnaissent que ce premier pas « est
important car les enjeux de ces élections sont non seulement régionaux mais nationaux ».
Signé par la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), la Gauche unitaire, Les Alternatifs, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti
communiste des ouvriers de France (PCOF) et le Parti de gauche (PG), ce texte, qui a été rendu public vers 14h aujourd’hui, apporte un démenti aux articles qui dans Le Monde, Libération et encore Le Monde, laissaient entendre qu’un accord aux régionales
étaient déjà impossible entre le NPA, qui était à l’initative de la réunion d’hier soir, et le PCF. Le Forum social des quartiers populaires et Lutte ouvrière qui participaient également à cette
rencontre au sommet [1] et ont demandé à bénéficier d’un statut d’observateur.
Le texte qui appelle à « œuvrer à gagner la majorité des travailleurs et des citoyens aux perspectives ouvertes par une gauche de combat »
fait le point sur la situation politique,
économique et sociale,
apporte son soutien aux grandes mobilisations
programmées « contre le changement de statut de la poste, la manifestation pour le droit des femmes du 17 octobre, les marches pour l’emploi, contre la précarité et les licenciements ou les
initiatives en riposte au sommet "climat" de Copenhague »,
affirme les priorités partagées des
signataires.
Sans préjuger des suites des discussions, et notamment du fait que les adhérents de chacun des partis resteront maîtres d’apprécier le résultat qui en sera donné
[2], la marche vers la présentation de listes unitaires paraît bien engagée.
On voit mal comment les signataires pourrait se dédouanner de leurs reponsabilités après avoir décrit ainsi la menace mortelle qui plane sur la gauche : « Face à la détermination du
pouvoir Sarkozyste, nous assistons (...) à un nouveau glissement à droite de la gauche d’accompagnement avec la tentative de construction d’une coalition de centre-gauche PS/MODEM/Europe
Ecologie et le projet de primaires. C’est à dire d’une gauche qui va toujours plus vers la droite et risque de favoriser ainsi les futures victoires électorales de cette dernière comme le prouve
malheureusement la situation italienne. »
Et après avoir admis qu’elles avaient « le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie : un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme
traduisant dans les régions les exigences populaires issues des mobilisations, un programme régional véritablement alternatif au libéralisme et au productivisme ». La formulation de cette
phrase a fait l’objet de longues discussions. Ce compromis devrait permettre de ne pas faire de la question de la participation à des exécutifs un point de blocage. Il ouvre en tout état de cause la
possibilité de discussions.
Celles-ci se feront suivant un calendrier qui sera établi lors de la première réunion du groupe de travail sur les régionales se tiendra le mercredi 7 octobre.
NOTES
[1] Parmi les 39 participants, dont 13 femmes, figuraient Olivier Besancenot, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christian Picquet, Jean-Jacques
Boislaroussie, Clémentine Autain.
[2] « Nous ne pouvons préjuger des décisions souveraines de chacun de nos partis », précisent les signataires.
Née d’une fusion Est-Ouest en juin 2007, la formation de gauche qu’incarne Oskar Lafontaine fête ses succès électoraux en région. Mais les tensions internes restent grandes. Plongée
dans un parti divisé.
Cette fois, c’est dans la région de Münster [Rhénanie-du-Nord-Wesphalie] qu’Ulla Jelpke part se battre contre le capital et l’oppression. Seize ans passés au Bundestag n’ont pas suffi à la faire
changer d’avis. Le capitalisme, dit-elle, n’est pas réformable. Il doit être vaincu. “Je suis de gauche, d’une gauche conséquente et sans faille”, ajoute-t-elle. Elle milite pour un parti
qui s’appelait autrefois SED [Parti communiste est-allemand, à l’époque de la RDA], puis SED-PDS [SED-Parti du socialisme démocratique, après la chute du Mur], puis PDS, puis Linkspartei-PDS [Parti
de gauche-PDS]. Aujourd’hui, il a pour nom Die Linke [La Gauche, depuis le 16 juin 2007, date de sa fusion avec l’Alternative électorale pour le travail et la justice sociale (WASG), regroupant
des militants de l’Ouest]. Il s’est dépouillé de ses anciens noms pour tirer un trait sur le passé, mais Jelpke est restée là où elle a toujours été : très à gauche. Elle appartient aux membres
fondateurs de sa formation, elle a contribué à édifier Die Linke à l’Ouest. Lors des prochaines législatives [du 27 septembre], elle se présente en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où elle est à peu
près sûre d’être réélue. A ses côtés se tiennent d’autres camarades des jours d’antan, d’anciens membres du Parti communiste ouest-allemand (DKP), des fans de Cuba, de l’Amérique latine, de Che
Guevara, mais aussi d’anciens Verts et d’ex-sociaux-démocrates, sécessionnistes tardifs qui jugeaient leur parti trop rangé. Etonnant regroupement d’individus qui depuis des décennies rêvent d’un
“changement de système” et qui sont aujourd’hui heureux d’avoir enfin trouvé un nouveau parti qu’ils peuvent transformer en vecteur de leurs rêves d’un monde meilleur. Sans ces vétérans de la
révolution, Die Linke n’existerait pas à l’Ouest, ce qui est justement le problème aux yeux des chefs du parti à Berlin. Car les forces de progrès à l’Ouest sont fort différentes des cadres de l’est
du pays qui ont jusque-là conféré son orientation et son image à la formation de gauche. Le cadre classique à l’Est est foncièrement conservateur, il a la culture politique d’un parti majoritaire
– qui fut durant quarante ans la force dominante dans son secteur – et il n’entend pas y renoncer. De son point de vue, le parti doit reprendre le pouvoir comme avant. Le militant de
l’Ouest, lui, porte le stigmate du minoritaire, ce qui le rend légèrement déjanté et peu apte au compromis. Deux cultures s’affrontent ainsi dans un combat qui semble avoir échappé à tout contrôle.
Tandis que Gregor Gysi [président du groupe parlementaire Die Linke au Bundestag] et Oskar Lafontaine vantent Die Linke comme la solution à tous les problèmes, tels deux camelots louant les avantages
d’un costume infroissable, les deux ailes se battent pour asseoir leur domination sur le parti. En fait, il faudrait plutôt parler de deux partis, voire de deux et demi. Il y a le “parti un”,
fortement ancré dans la société, pragmatique, qui a l’expérience du gouvernement, majoritairement représenté à l’Est. En face, le “parti deux”, dissident et clientéliste, que l’on rencontre
essentiellement à l’Ouest. A quoi il faut ajouter le parti de Lafontaine, dans la Sarre [où il a fait une remarquable percée aux élections régionales du 30 août, (voirCI n° 983, du 3 septembre 2009)].
Les partis un et deux se sont entre-déchirés afin de déterminer lequel était l’incarnation de Die Linke. Ceux de l’Ouest considèrent que les Ossis [Allemands de l’Est] sont trop prudents, voire sont
des couards et des hypocrites, corrompus par leur participation au pouvoir dans les Länder de l’Est ou par leur désir d’y accéder [voir carte]. Ceux de l’Est, eux, voient dans les Wessis
[Allemands de l’Ouest] des idéologues butés, pour ne pas dire des ennemis de la Constitution, en tout cas dans les franges radicales.
Vu de l’extérieur, on a le sentiment que Die Linke vole de victoire en victoire et que le parti va à terme devenir incontournable. Mais plus on s’en approche, plus on a l’impression d’un biotope
bigarré et parsemé d’un nombre infini d’îles et îlots disparates. On y trouve tant de coalitions, de groupes de travail et de courants que, parfois, les membres perdent eux-mêmes la vue d’ensemble.
Quelle différence y a-t-il entre la gauche socialiste et la gauche anticapitaliste ? Ulla Jelpke, l’anticapitaliste, n’en sait rien elle-même. Peut-être n’y en a-t-il aucune.
Unifier le parti est difficile, mais l’entreprise pourrait réussir
A 58 ans, Ulla Jelpke ne baisse pas les bras. Quand, dans les années 1980, les Verts ont commencé à lui paraître trop consensuels, elle a quitté le parti. Et, si Die Linke devenait un jour comme
les écologistes, elle ferait de même. Après la réunification, elle est entrée au Bundestag avec l’étiquette PDS. Elle prône la dissolution de l’OTAN et la nationalisation des banques et des
“industries clés” – et la députée Jelpke a le sentiment de n’avoir jamais été si près du but.
A Hamm [ville moyenne de Westphalie, dirigée par la CDU], sur le quai de la gare, un homme s’approche d’elle pour lui vendre un journal pour les sans-abri. Elle l’a déjà, dit-elle, et elle se
détourne. Les gens comme lui, elle les surnomme les “Hartzies”. En Allemagne, on recense près de 5 millions de bénéficiaires de “Hartz-IV” [chômeurs allocataires de l’aide sociale]. Ils sont
faits pour s’entendre, le parti et les Hartzies. Les radicaux réclament la suppression totale de la mesure [réforme néolibérale du gouvernement Schröder, inspirée par Peter Hartz, ancien directeur du
personnel de Volkswagen].
Au niveau régional et fédéral, les extrémistes font grincer des dents les responsables. Pour ces derniers, Die Linke doit rester, aussi longtemps que possible, l’écran sur lequel le plus grand nombre
de gens puissent projeter toutes les formes de malaise possibles. L’objectif est flou, l’orientation aussi. A l’Est, le parti un, fort de sa base populaire, voudrait également toucher les couches
moyennes. A l’Ouest, le parti deux courtise les précaires, ce qui lui donne un avantage sur le SPD et les Verts. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il est crédité, pour les élections au Bundestag, de
6 % à 7 % des intentions de vote.
Afin d’éviter que ne se répande l’image d’un conglomérat de courants, de groupuscules et de militants atomisés, Gregor Gysi cherche depuis des mois à calmer le jeu et à unifier ses troupes. Une
entreprise délicate mais qui pourrait réussir. Lors du dernier congrès, qui s’est tenu en juin à Berlin, les délégués ont respecté un armistice. Gysi, avec son talent d’orateur, a tenu un discours
sur l’unité qui lui a valu une standing ovation.
Avec ou sans le NPA, le Front de gauche s'organise pour 2010
La guerre des faux-semblants continue entre le PCF et le NPA. Lundi 28 septembre, le parti d'Olivier Besancenot convie le PCF, le Parti
de gauche, la Fédération, les Alternatifs, mais aussi Lutte ouvrière et... le Parti communiste des ouvriers de France (ex-maoïstes) à préparer les élections régionales. Pour le PCF, pas question de
lui laisser le flambeau de l'unité : vendredi, les amis de Marie-George Buffet ont rendu public une déclaration commune avec le Parti de gauche et la Gauche unitaire,
annonçant que leur alliance pour mars 2010 est d'ores et déjà scellée.
Le texte était dans les tuyaux depuis la Fête de L'Humanité mais Jean-Luc Mélenchon, soucieux de ne pas s'engager trop vite alors que Mme Buffet
entretenait le flou sur sa stratégie en recevant Martine Aubry en majesté, avait refusé de le signer. Ses exigences ont, depuis, été satisfaites. La déclaration commune
annonce ainsi la création d'un "comité de liaison permanent" du Front de gauche - alliance électorale issue des européennes - chargé d'élaborer au plus vite "une plate-forme
partagée" et d'"enraciner le Front de gauche dans la durée".
"Rassemblement"
Pour Mme Buffet, il s'agit de montrer, alors que la direction du NPA continue à faire la fine bouche, que la priorité c'est le "rassemblement" avec ses partenaires des
européennes. Pour enfoncer le clou, les signataires annoncent même la tenue de ce "comité de liaison" dès la semaine prochaine.
L'accord avec le NPA semble, lui, plus hypothétique. Affichant toujours une "volonté d'unité", sa direction multiplie les signes inverses. Dimanche, elle a durci ses conditions de ralliement - en
excluant toute participation à un exécutif régional avec le PS et les Verts. Et lundi, elle envisageait, dans un projet de "communiqué commun" déjà rédigé, de demander qu'un éventuel accord
électoral de listes autonomes au premier tour soit appliqué dans les vingt-deux régions de l'Hexagone. Une manière de poser une condition difficilement acceptable par le PCF qui, s'il dit vouloir
dans une majorité de régions présenter le Front de gauche, a prévu dans quelques cas, comme en Bretagne, Pays de la Loire ou les Ardennes, de s'allier dès le premier tour avec le PS. "Ce n'est
pas très bien parti", commente Pierre Laurent, numéro deux du PCF.
Ces négociations en trompe- l'oeil se déroulent alors qu'au sein du PCF une autre bataille, plus sourde, se mène sur la désignation des têtes de liste. Ainsi en Ile-de-France, la candidature de
Patrick Braouezec rencontre de fortes réticences de Mme Buffet. Difficile d'envisager de laisser un opposant de longue date conduire la liste dans "sa"
région.
Depuis quelques jours, le nom de Pierre Laurent est avancé comme celui qui "peut rassembler les communistes". Mais la partie est compliquée : M. Braouezec, député de Seine-Saint-Denis,
dispose d'une notoriété certaine parmi les élus. "Beaucoup considèrent que sa candidature est légitime ", assure Daniel Brunel, vice-président du conseil
régional. Mais "attention de ne pas nous faire le coup de la présidentielle où le PCF a décidé seul, sans tenir compte de ses partenaires". Décidément, l'unité est un combat.
Communiqué commun des Alternatifs et du Parti de Gauche
Des délégations du Parti de Gauche et des Alternatifs se sont rencontrées le mercredi 23 septembre. Le long échange entre les deux délégations a, pour l'essentiel, porté sur la construction d'un
front commun durable des gauches antilibérale et anticapitaliste et de l'écologie radicale.
Les Alternatifs et le Parti de Gauche agissent pour la construction de ce front large, dans les mobilisations écologiques, sociales, démocratiques, et dans les urnes, pour s'opposer dans un premier
temps à la Droite à Sarkozy et au MEDEF et mettre en place les conditions pour les battre. Pour atteindre cet objectif il faut mettre un terme à gauche à l'hégémonie du social
libéralisme. Les deux organisations sont particulièrement vigilantes face au risque de constitution d'un centre gauche autour du PS, du MODEM et d'alliance type Europe-Ecologie.
Dans la perspective des élections régionales de 2010, le Parti de Gauche et les Alternatifs sont favorables :
- au premier tour à des listes de large rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique, sur la base d'une plate forme politique commune pour une gestion des régions
alternative au libéralisme et au productivisme.
- à un accord national pour constituer ces listes, représentatives de la diversité politique et sociale du rassemblement et indépendantes du Parti Socialiste et des listes de type Europe
Ecologie.
Le Parti de Gauche place cette stratégie dans la continuité du Front de Gauche qu'il espère voir perdurer, et s'élargir, pour les régionales puis les présidentielles et les législatives. Il s'agit
pour lui d'un acquis et d'un outil pour tous ceux qui partagent cet objectif et, pour lui, les Alternatifs pourraient manifestement en faire partie. Le Parti de gauche aspire pour les Régionales à
des listes larges unissant l'ensemble du Front de gauche et des partis de l'autre gauche qui n'en sont pas.
Les Alternatifs sont favorables à un front commun durable de toute la gauche de transformation sociale et écologique et de l'écologie radicale.
Au second tour, le Parti de Gauche et les Alternatifs se prononcent en préalable pour la fusion démocratique des listes de la gauche de gauche avec celles du PS, des Verts-Régions Ecologie, et des
autres listes de gauche.
Cette fusion démocratique a pour objectif de battre la Droite et d'assurer la présence de la gauche de transformation sociale et écologique et de l'écologie radicale, dans les Conseils
régionaux.
Mais les Alternatifs et le Parti de Gauche se présentent à ces élections avec la volonté d'appliquer les mesures de ruptures que portera le programme de "l'autre gauche". En conséquence, la
participation à des exécutifs sera conditionnée aux rapports de forces et aux contenus d'une politique de rupture avec le libéralisme et le productivisme et à l'exclusion de toute alliance avec
le Modem.
Les conditions et la possibilité de sa mise en oeuvre aux prochaines régionales restent en débat au sein des Alternatifs.
C'est avec la volonté d'aboutir à un accord politique pour les élections régionales, première étape d'un front commun durable, que les Alternatifs et le Parti de Gauche participeront à la réunion de
toutes les forces de la gauche antilibérale et anticapitaliste du lundi 28 septembre.
Les deux organisations agiront pour que cette réunion permette d'engager, sans autre préalable, notamment sur la question des exécutifs, un débat et un travail unitaires :
- tout d'abord sur les contenus d'une politique en rupture avec la logique du système capitaliste et productiviste pour les régions,
- pour des démarches et propositions communes au service des mobilisations populaires
- plus globalement sur un calendrier qui permettra d'organiser les discussions sur tous les points à régler pour trouver un accord, y compris la démarche stratégique permettant de construire l'unité
de la gauche de gauche et de l' écologie radicale.
Plans de licenciements, dégradation constante des conditions de travail, retour aux super bonus : le capitalisme financiarisé garde le cap.
La première réponse, c’est la mobilisation sociale. Unité, auto-organisation, convergence , sont les conditions de son succès.
Après la manifestation des entreprises en lutte le 17, il faut développer l’action pour ne laisser aucun secteur isolé. Les Alternatifs et le NPA seront parties prenantes des initiatives dans ce
sens, notamment des marches contre le chômage et les précarités de la fin de l’année. Ils participeront aussi aux mobilisations contre la privatisation de la Poste, la destruction du système de Santé
public, les attaques contre la Sécurité sociale, ainsi qu’aux journées des 7 et 22 octobre afin qu’elles soient des étapes vers la généralisation des luttes.
Le NPA et les Alternatifs soutiennent la manifestation nationale pour les droits des femmes du 17 octobre, et se retrouveront ensemble dans les combats écologiques, notamment au rassemblement
antinucléaire de Colmar les 3 et 4 octobre, et, à Copenhague en décembre, pour la mobilisation écologiste et altermondialiste contre le réchauffement climatique.
Pour le soutien à toutes ces mobilisations, NPA et Alternatifs défendent la mise en place de cadres unitaires larges rassemblant toutes les forces se réclamant de la défense des intérêts du monde
du travail, de la gauche et de l’écologie de gauche.
Mais les divergences avec l’orientation social-libérale du PS interdisent à nos deux organisations de participer à des ateliers programmatiques communs visant à des alliances stratégiques et
électorales avec ce parti au moment même où ce dernier recherche l’alliance avec le MODEM.
Le NPA et les Alternatifs se prononcent pour un rassemblement durable, dans les mobilisations comme dans les urnes, d’une gauche de transformation sociale et écologique, regroupant antilibéraux et
anticapitalistes pour une alternative au capitalisme et au productivisme.
Cette démarche vaut pour les élections régionales à venir. Elles peuvent être l’occasion de faire un pas en avant pour, ensemble, porter les exigences des travailleurs et des classes populaires,
dire « non, nous ne payerons pas les frais de leur crise » et contribuer ainsi à encourager, renforcer l’unité contre la droite et le patronat pour changer le rapport de force.
Au premier tour, Alternatifs et NPA défendent la perspective d’un accord national pour des listes communes de la gauche et de l’écologie radicales, sur la base d’une plate- forme et de
propositions communes, listes indépendantes du PS.
Au second tour ces listes défendent une fusion démocratique avec les autres listes se réclamant de la gauche et celles des Verts, afin de battre la Droite et de faire entrer dans les conseils
régionaux des élu-e-s au service des mobilisations et porteurs de propositions alternatives. Une telle démarche exclut des accords avec des listes intégrant le MODEM.
Pour les Alternatifs, la question de la participation à des exécutifs, en débat en leur sein et à débattre entre toutes les composantes des listes unitaires de la gauche de gauche et de l’écologie
radicale présentées au premier tour, est en tout état de cause conditionnée aux rapports de forces et aux contenus programmatiques.
Pour le NPA, le bilan du Parti socialiste dans les régions qu’il gérait, la nécessaire indépendance vis-à-vis de ce dernier afin de préserver sa liberté de parole, de vote et d’action pour que nos
élu-e-s soient les porte-parole fidèles de la population, impliquent le refus de cette participation.
Le NPA et les Alternatifs seront partie prenante de la mise en place d’un cadre d’élaboration commun à toute la gauche de transformation sociale et écologique, dont la première réunion aura lieu
le lundi 28 septembre et se réjouissent de l’écho de cette initiative.
Ils agiront pour que ce cadre préfigure un rassemblement durable, dans les luttes comme dans les urnes.
Le NPA dicte ses conditions
Régionales . Le parti ne participera pas aux exécutifs avec le PS.
Fini le temps, pas si lointain, où le NPA dissociait ce qu’il nomme la « séquence sociale » et la « séquence politique ». Dès ce week-end, son conseil politique national a tenu
à préciser son positionnement sur les régionales de 2010.
Le NPA se déclare prêt à un accord national sur une plate-forme avec les « forces antilibérales et anticapitalistes » dès le premier tour des élections, à condition que les listes se
forment non seulement « dans l’indépendance vis-à-vis du PS et des Verts », mais qu’elles refusent « de participer à tout exécutif de région avec eux ». Une exigence que Christian
Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire (issue du NPA), qualifie de « faux prétexte » consistant à « se dérober à l’unité, selon la procédure qui l’a déjà amené au cavalier seul
des européennes ».
Le parti d’Olivier Besancenot ne souhaite pas trancher dès à présent son positionnement sur le deuxième tour, estimant que « c’est une question tactique qui dépend des rapports de forces,
notamment des résultats du premier tour », note la motion présentée aux membres de l’instance dirigeante. Toutefois, il entend mener « une bataille en direction du PS et des Verts pour
qu’un accord puisse être conclu entre les deux tours ». Une alliance qui, répète-t-on, ne serait pas constituée sur « la base d’un accord programmatique de gestion des régions avec ces
partis ».
Cette démarche ne semble pas négociable auprès du Front de gauche. Si elle échoue, le NPA se tournerait vers les « militants associatifs, syndicaux, politiques qui se reconnaissent dans
l’orientation que nous défendons ». D’ores et déjà, une feuille de route est dispensée dans l’éventualité d’une campagne électorale sous les seules couleurs du NPA.
Les débats politiques à la fête de l’Humanité entre les différentes organisations de gauche ont
éclairé rapprochements divergences sur les questions essentielles : l’unité dans la riposte à Sarkozy et la préparation des élections régionales.
Si on s'en tient aux appréciations de nos médias, le bilan de la fête de l'Humanité se résumerait
à l'accueil hostile des participants aux ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, et du Budget, Eric Woerth. Il n'y a que nos ministres et nos médias aux ordres pour s'en
étonner.
Bien sûr le bilan politique n'est pas là, mais au coeur des discussions concernant la nécessaire riposte
à la politique de Sarkozy, la question d'un projet politique répondant aux besoins sociaux face à la crise ou les prochaines échéances électorales.
Ces sujets ont traversé les débats, tant celui de l'agora, samedi après-midi, que celui organisé
par le Parti de gauche à son stand. Le premier, regroupait la plupart des organisations de la gauche politique, des dirigeants syndicaux et Attac. Le deuxième se déroulait entre les partis de la
gauche radicale et antilibérale. Parmi les nombreux participants, l'aspiration à l'unité était réelle et bien légitime. Comment comprendre en effet que face aux mauvais coups de la droite, un front
unitaire de la gauche politique et sociale ne puisse se constituer ? L'initiative sur la Poste a été mise en avant par les syndicalistes présents et par des dirigeants politiques du PS par exemple.
Mais force est de constater que la proposition du NPA de se retrouver aujourd'hui au sein de cadres unitaires pour s'opposer aux mesures du pouvoir et pour soutenir efficacement les luttes n'a pas
suscité un franc enthousiasme parmi les dirigeants présents. Des déclarations d'intention, mais pas de réponses concrètes.
Mais le bilan politique de cette fête de l'Huma est surtout sans surprise. Un Front de gauche lézardé
avec, d'un côté, un PCF proposant des ateliers à toute la gauche incluant le PS et, de l’autre, un PG favorable à des discussions avec les partis à gauche du PS. Le PCF persiste dans son exigence de
« contenu » politique pour faire oublier celle du NPA qui est d’avoir des listes indépendantes du PS aux prochaines régionales sur l'ensemble du territoire. Le PG favorable aussi à un
accord national avec le même type de listes, tout comme pour les Alternatifs et la Fédération, élude pour l'instant la question de la gestion des régions.
Sur cette question du front électoral l'aspiration à l'unité est également forte. Mais il ne
suffit pas de « surfer » dessus pour occulter les vrais problèmes : la stratégie électorale du PCF apparaît à l'heure actuelle à géométrie variable (Marie-George Buffet parle de fronts de
gauche, au pluriel). L'accueil très chaleureux de Martine Aubry, annonçant la participation aux ateliers du PCF, est symptomatique d'un certain « penchant » pour les élections à
venir.
Les Verts ont confirmé leur volonté d'y aller seuls, gonflés par les derniers résultats
d'Europe écologie. Du côté de LO, rien de nouveau, on poursuit la route en solitaire.
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