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ACTUS
"EN MODIFIANT LE GENOME DES PLANTES ET EN CONTROLANT LE COMMERCE DES SEMENCES GENETIQUEMENT MODIFIEES, LES FIRMES QUI LES PRODUISENT ESPERENT DETENIR L'ARME
ALIMENTAIRE ULTIME. DERRIERE CETTE CAPACITE A AFFAMER LA PLANETE EN PRETENDANT LA NOURRIR, UN PROJET GLOBAL DE SOCIETE TOTALITAIRE SE DESSINE, QUI DEPASSE LES LES VEGETAUX ET LES ANIMAUX POUR
S'ATTAQUER A L'HUMAIN."
Philippe GODARD, essayiste
Bulletin d'information sur les OGM n°23 mai-juin 2009 Ce que l’on ne vous dit pas sur les OGM ! Bulletin_OGM_no23_-_Mai-Juin_2009.pdf Document Adobe Acrobat [607.4 KB]
Dernières Nouvelles de Fessenheim
Alsace :
La centrale nucléaire la plus vieille de France...
Marée noire . Des collectivités locales et la Ligue de protection des oiseaux demandent que soit reconnue l’atteinte au patrimoine naturel.
«A quoi sert un eider à duvet ?» C’est Allain Bougrain Dubourg, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui a osé la question mardi, au procès en appel de
l’Erika. L’eider à duvet, c’est ce canard marin qui, depuis la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier, en 1999, a disparu du golfe de Gascogne. «A quoi sert la
Joconde ?Comme on est fier de son patrimoine culturel, on peut être fier de son patrimoine naturel, a-t-il argumenté. La biodiversité, c’est notre assurance-vie, la France est
riche d’un tissu vivant exceptionnel mais la différence avec le patrimoine culturel c’est qu’on ne connaît pas le prix de la nature.»
Mazoutés. En première instance, la LPO avait obtenu, au-delà de l’indemnisation de ses préjudices matériel et moral, celle du «préjudice résultant d’une atteinte à
l’environnement». Une notion neuve en droit français. Le juge avait reconnu le rôle de gardien de l’environnement de la LPO qui, depuis quatre-vingt-dix-huit ans, protège les oiseaux. La
LPO a collecté 74 000 oiseaux mazoutés dont 32 000 vivants ; 20 000 ont été soignés, mais seuls 2 100 ont été relâchés. Au moins 150 000 auraient succombé.
Cité comme témoin par la LPO, Jacques Trouvilliez, directeur du service du patrimoine naturel au Muséum national d’histoire naturelle, a expliqué qu’il était difficile d’évaluer l’atteinte à
la biodiversité en «l’absence d’un état initial, avant catastrophe». En revanche, pour les oiseaux, il a pu s’appuyer sur les comptages faits dans le golfe de Gascogne par des
chercheurs du CNRS de Bordeaux. «Avant l999, 500 000 oiseaux marins fréquentaient le golfe, un site majeur d’hivernage. 15%, en fourchette basse, auraient succombé à la marée
noire.» «En outre, a-t-il ajouté, sur la Liste rouge des espèces menacées en France, actualisée en 2008 par l’Union internationale de conservation de la nature, trois
sur les onze espèces d’oiseaux sont des victimes de l’Erika : l’eider à duvet, le macareux moine et le pingouin commun.» L’oiseau est «un indicateur de l’état de santé du
milieu» et les changements, de répartition et de diminution d’espèces, témoignent d’une profonde atteinte de la niche écologique.
Puis, ce sont les collectivités qui ont témoigné pour faire valoir leur droit à une réparation du préjudice environnemental. En première instance, seul le Morbihan l’avait obtenu : il
avait su démontrer qu’il intervenait comme gestionnaire d’espaces naturels sensibles. Cette fois, les régions Bretagne, Poitou-Charentes et Pays de la Loire demandent chacune 30 millions
d’euros à ce titre, et le Finistère 10. Toutes soulignent les «euros investis dans la protection de l’environnement».
Réparation.«Le mazoutage des côtes, ce n’est pas juste des années de tourisme perdu, ou des kilomètres de littoral à réhabiliter, a noté
Jean-Yves Le Drian, président de Bretagne. C’est d’abord une atteinte à notre intégrité, à notre patrimoine collectif.» Or, selon lui, les collectivités sont «garantes du
patrimoine écologique» La preuve ? «Les contrats de plan et les contrats nature, conclus dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat.» Pour Jacques Auxiette, président des
Pays de la Loire, le conseil régional «gère et finance des réserves ou des parcs naturels, tel celui de la Brière, souillé par le mazout de l’Erika».
Motivation supplémentaire pour ces collectivités : l’Etat n’a pas jugé utile de demander réparation du préjudice écologique provoqué par le pétrolier affrété par Total SA.
Communiqués de presse du Réseau Sortir du nucléaire
Défauts des systèmes de contrôle du réacteur EPR :
"Sortir du nucléaire" met en accusation l'Autorité de sûreté nucléaire française
C'est l'autorité de sûreté britannique qui a détecté en juin 2009 la grave faille du contrôle-commande de l'EPR... alors que l'ASN française n'avait rien signalé et avait déjà autorisé la
construction de l'EPR
Ce lundi 2 novembre, les autorités de sûreté nucléaire britannique, finlandaise et française ont publié un communiqué commun mettant en lumière les failles du système de contrôle du réacteur
nucléaire EPR. Mais cette démarche unanime masque la réalité : c'est l'autorité de sûreté britannique seule qui a détecté le problème en juin 2009... alors que l'autorité se sûreté française
(ASN) avait depuis longtemps autorisé la construction de l'EPR : l'ASN n'a donc rien vu... ou rien dit.
Reprenons la chronologie des faits :
- Le 1er juillet 2009, le quotidien britannique The Times révèle (1) que l'Autorité de sûreté britannique (la NII) met sérieusement en cause la sûreté du système de
contrôle-commande de l'EPR et vient d'écrire à ce sujet à EDF et Areva.
- Le 7 juillet 2009, après avoir découvert l'information venue de Grande-Bretagne, l'ASN annonce (2) qu'elle est "en train d'élaborer [sa] position sur le contrôle commande" du
réacteur nucléaire EPR. Il est grand temps : depuis des années, elle a autorisé la construction de l'EPR en Finlande puis en France (3)
- Le 2 novembre 2009, les autorités de sûreté française et finlandaise se joignent à la NII pour remettre en cause le contrôle-commande del'EPR.
Il a donc fallu que ce soit l'Autorité de sûreté britannique - saisie par EDF et Areva qui espèraient alors construire des réacteurs outre-Manche - qui détecte de graves défauts... que n'avait
pas signalé l'ASN française.
L'ASN se défend de façon parfaitement ridicule : pour évaluer la sûreté du contrôle-commande, elle attendrait que ce dernier soit en cours d'installation dans le réacteur EPR actuellement en
construction à Flamanville (Manche). Mais pourquoi attendre ? L'autorité de sûreté britannique, elle, a immédiatement détecté ces graves défauts alors que l'EPR n'existe que de façon virtuelle en
Grande-Bretagne... et pourrait bien ne jamais y être construit.
On est logiquement amené à envisager deux hypothèses :
- soit l'ASN a été gravement incompétente en ne détectant pas les défauts de l'EPR, et elle tente maladroitement de se cacher son erreur
- soit l'ASN a délibérément décidé de passer sous silence les défauts de l'EPR afin ne pas compromettre les intérêts de l'industrie nucléaire française, prenant le risque d'une ou plusieurs
catastrophes nucléaires.
Dans les deux cas, cette affaire met profondément en cause la compétence et la fiabilité de l'ASN : si elle commet des fautes aussi graves concernant l'EPR, comment ne pas penser qu'elle en a
commis aussi sur d'autres dossiers ? C'est d'ailleurs cette même ASN qui affirme actuellement (4) que les réacteurs français peuvent fonctionner au-delà de 30 ans.
Il semble donc nécessaire, avant que l'irréparable ne se produise, qu'une commission d'enquête indépendante fasse toute la vérité sur cette affaire et surtout sur la fiabilité de l'ASN. Le Réseau
"Sortir du nucléaire" rappelle d'ailleurs que la seule façon d'assurer la sûreté nucléaire est... de fermer au plus vite les centrales.
La solution passe par des investissements majeurs - à l'image de ceux dont a hélas bénéficié le nucléaire depuis 50 ans - dans les plans d'économies d'énergie et de développement des énergies
renouvelables.
Depuis 40 ans, la multinationale Areva puise abondamment dans les ressources d’un des pays les plus pauvres de la planète. Le Niger pourrait demain devenir le deuxième producteur mondial
d’uranium. Pourtant, le pays figure à la dernière place de l’indicateur de développement humain. C’est dans cette absence de partage des richesses et sur fond de crise institutionnelle, que se
profile une catastrophe sociale, environnementale et économique. Produire ici de l’électricité d’origine nucléaire a pour corollaire, là-bas, contaminations radioactives et
désertification.
Areva, champion français de l’industrie nucléaire, le clame fièrement : sa nouvelle mine d’uranium d’Imouraren, au Niger, sera la plus importante d’Afrique et la deuxième au monde. Areva répète avoir
« fait du développement durable la clé de voûte de sa stratégie industrielle avec la triple ambition d’une croissance rentable, socialement responsable et respectueuse
de l’environnement ».
Dans le cadre de cette stratégie, Areva a organisé le 16 mai dernier à Agadez, dans le nord du Niger, « une audience publique et un atelier de validation de l’étude d’impact
environnemental d’Imouraren ». La multinationale de l’atome se serait-elle reconvertie à un soudain souci de transparence ? « Un écran de fumée », selon
le collectif Areva ne fera pas la loi au Niger, au moment où - coïncidence ? - l’état d’exception est décrété sur la région d’Agadez. Dénonçant
l’impossibilité de consulter le rapport provisoire, la mise à l’écart du comité Ad-hoc, la réduction du temps imparti à la consultation, le collectif associatif demande de disposer de cette
étude d’impact et d’une contre-expertise scientifique indépendante. Il attend toujours.
Areva, éco-responsable ?
Derrière les grands discours socialement responsables et respectueux de l’environnement se cache une toute autre réalité. Des études indépendantes ont d’ores et déjà été menées. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la
radioactivité (CRIIRAD) révèle que les eaux distribuées dans la ville minière d’Arlit, où opère Areva, ne sont pas aux normes
de potabilité : d’après les prélèvements de 2004 et 2005, le taux de
contamination de ces eaux dépasse de 7 à 110 fois les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé ! Toujours selon la Criirad, des boues radioactives et
d’énormes masses de déchets radioactifs, les « stériles », sont stockées à l’air libre. La société civile nigérienne, via l’association Aghir In Man ou le réseau Rotab, ont tenté d’alarmer Areva et les responsables politiques nigériens sur la question. En vain. A ce
jour, rien n’a été fait pour revoir la gestion de ces sites uranifères, selon le collectif Areva ne fera pas la loi au Niger.
Il n’y a pas que la contamination radioactive qui pose problème. Areva, et d’autres industries minières, contribuent à la désertification du pays. « L’économie pastorale est en train
de disparaître dans le Nord du Niger, région où s’installent les miniers du monde entier. On va vers une catastrophe environnementale et économique », prévient l’hydrogéologue Alain
Joseph. L’élevage extensif - principale source de revenus d’un des Etats les plus pauvres de la planète - mené par les Touaregs, les Peulhs et les tribus arabes Kounta dans l’immense plaine
de l’Irhazer est fortement remis en cause par l’assèchement des nappes phréatiques d’Agadez (nord du Niger), seule ressource en eau de la région. La cause de leur épuisement ? L’octroi
de concessions minières : 139 permis de recherche et d’exploitation ont été vendus en moins d’un an. L’eau des nappes est acheminée vers des mines de
charbon qui alimente en électricité les installations d’Areva à Arlit.
Un comportement prédateur
A Akokan et Arlit, les sociétés Cominak et Somaïr, dont Areva est l’opérateur, ont déjà épuisé à 70% l’aquifère carbonifère au nord du Tarat, à raison de 22 000 m3/j depuis 38 ans.
Ces deux sociétés envisagent d’utiliser un pipeline de 30 km et de déplacer leurs pompages vers l’ouest, dans la nappe des grès d’Agadez. « C’est significatif du comportement
prédateur minier : on s’installe, on prend le maximum et après moi, le désert, s’insurge Alain Joseph. Non content d’avoir vidé l’aquifère du Tarat, Areva s’installe maintenant
à Imouraren. Bien d’autres pays, la Chine, le Canada, l’Inde, l’Australie, se ruent sur les ressources du sous-sol nigérien. Nous allons assisté à un assèchement rapide de cette nappe.
Comment vont vivre les pasteurs si les sources sont épuisées ? Comment vont-ils se déplacer dans un univers qui va être maintenant essentiellement minier ? »
Côté face : L’uranium nigérien sert à alimenter les centrales nucléaires françaises
« Ce que nous voulons c’est l’arrêt de l’exploitation des mines d’uranium. Seul le régime en profite, le peuple nigérien lui ne profite que de la misère et des
radiations ». Pour Aghali Mahiya, Touareg du Niger et ancien salarié de la Somaïr, filiale nigérienne d’Areva, la population ne bénéficie d’aucune retombée économique. Bien que
l’exploitation d’Imouraren fasse du Niger le deuxième producteur mondial d’uranium, le pays est encore classé parmi les trois plus pauvres de la planète et figure à la dernière place de
l’Indicateur de développement humain. De son côté, Areva a tiré du Niger près de 40 % de sa production d’uranium depuis 40 ans. Sans ce précieux combustible, jamais la multinationale
n’aurait pu se développer ni le nucléaire français fonctionner. Pas question, pour autant, de favoriser le développement du pays.
« Le peuple nigérien ne profite que de la misère et des radiations »
Pour Myrtho, président d’une association au Nord-Niger, le partage des richesses n’existe pas. « J’ai rencontré Issouf ag Maha, le maire de Tchirozerine au Niger. Areva lui a demandé
une liste de gens intéressés pour travailler pour Areva. M. le Maire a fait une liste de 800 personnes avec leur nom, leur adresse... mais à ce jour aucune de ces personnes n’a été
embauchée par Areva. » La multinationale pèse plus de 13 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2008. L’Etat nigérien, lui, voit son produit intérieur brut plafonner à 2,7 milliards d’euros en 2007. Soit cinq fois moins que le groupe dirigé par Anne
Lauvergeon (en photo). Comment rivaliser ? Surtout quand, derrière Areva, on trouve l’Etat français.
La poursuite de l’exploitation d’uranium au Niger s’établit sur le fond d’ « une très grave crise institutionnelle », rappelle Olivier Thimonnier de l’association Survie. En mai dernier, le président Tandja annonce l’organisation d’un référendum en vue d’un changement
constitutionnel afin de prolonger son mandat. S’ensuit la dissolution de la cour constitutionnelle et de l’Assemblée nationale qui jugent le projet de référendum inconstitutionnel. En juin,
alors que Tandja s’arroge les pleins pouvoirs, le Quai d’Orsay se contente de rappeler « [l’importance que la France attache au cadre constitutionnel du Niger, à la préservation de l’acquis démocratique de ce pays et à sa
stabilité. » Le référendum est organisé le 4 août, et malgré la forte opposition des syndicats, des partis et d’une partie de la société civile, le Niger finit par adopter une 6e
Constitution. Dans l’indifférence presque totale des médias français [1].
Areva, outil de la Françafrique ?
Le 20 octobre, Tandja organise des élections législatives. Il est isolé sur la scène politique intérieure : l’ensemble de la société civile, des centrales syndicales et son propre parti,
divisé, s’y sont opposés. Il est la cible de critiques internationales : gel partiel de
la coopération de l’UE avec le Niger, suspension du Niger par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, mesures à venir de l’Union africaine.
Seule la France reste silencieuse. « Le 10 août, le ministère des affaires étrangères déclare que la France est attentive à l’élection, qu’elle doit être transparente et
démocratique. Ceci valide la réforme de la Constitution par le président Tandja, analyse Olivier Thimonnier. Cette position française est le résultat de la défense d’intérêts
économiques clairement liés aux intérêts d’Areva au Niger. Elle s’inscrit dans le prolongement de la politique d’indépendance énergétique de la France lancée par le Général de Gaulle dans les
années 60. »
Une indépendance énergétique qualifiée de « parfaitement virtuelle » par Johnny Da Silva du Réseau Sortir du Nucléaire. « La France importe 100 % de son uranium pour 80 % de son électricité. C’est sans
compter les transports de matières radioactives sur des milliers de kilomètres. » « Quand on nous explique que le nucléaire est une énergie propre, c’est un mensonge à
plusieurs niveaux, poursuit le Député Vert Noël Mamère. Ce n’est ni une énergie renouvelable, ni une énergie propre mais bien une énergie sale dans sa contribution à soutenir les
réseaux de la Françafrique et les régimes dictatoriaux. » Le Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger demande à toutes les parties impliquées un moratoire sur
l’extraction minière. En attendant l’hypothétique appui de ce moratoire par le gouvernement français, les choix énergétiques de ce dernier continuent d’avoir de désastreuses conséquences…
loin de nos vertes campagnes.
Sophie Chapelle
Notes
[1] Ce qui n’est pas le cas quand ce genre de référendum se passe en Amérique latine, en Bolivie ou au Venezuela par exemple. On peut
s’interroger sur ce deux poids, deux mesures...
EPR : Les banques françaises portent à bout de bras un fiasco industriel
Malgré les dernières révélations intervenues ce jeudi au sujet de l’EPR finlandais, les banques françaises s’obstinent à vouloir financer un projet d’EPR en Inde, nous enfermant toujours un
peu plus dans la fuite en avant nucléaire. Alors que TVO vient d’annoncer que l’EPR finlandais ne serait mis en service qu’en 2013 et que l’autorité de sûreté nucléaire finlandaise (STUK) a
ordonné l’arrêt des travaux de soudure sur le chantier, les Amis de la Terre, Greenpeace et le Réseau Sortir du Nucléaire demandent aux banques françaises (BNP Paribas, Société Générale,
Crédit Agricole et Natixis) de cesser immédiatement leurs pourparlers avec l’Inde et de se mettre enfin à financer les réelles solutions aux crises climatiques et énergétiques :
l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
La presse indienne a évoqué hier pour la première fois les sources potentielles de financement des EPR envisagés dans ce pays. On y apprend ainsi que la Nuclear Power Corporation of India
Limited (NPCIL) est en pourparlers avec quatre banques françaises : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis, et une banque anglaise, HSBC, pour le financement de la
construction de deux EPR [1]. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, commente cette information :
« On retrouve là les mêmes "usual suspects" que pour la majorité des projets controversés dans lesquels des banques françaises sont impliquées. BNP Paribas s’était déjà brillamment
illustré pour son implication dans le projet de centrale nucléaire en zone sismique de Belene, en Bulgarie, et la Société Générale et le Crédit Agricole dans celui de Mochovce, en Slovaquie,
deux projets obsolètes toujours pas opérationnels après 20 ans de tergiversations ».
Cette nouvelle intervient alors que le premier projet de construction d’EPR, à Olkiluoto, en Finlande, se transforme chaque jour un peu plus en fiasco industriel et financier, comme le
précise Stéphane Lhomme, du Réseau "Sortir du nucléaire" : « Le chantier du premier EPR a déjà pris quatre ans de retard. La centrale devait entrer en fonction en 2009 alors que les
dernières prévisions ont été repoussées à 2013 ! De même, sur le plan financier, AREVA avait vendu le projet aux Finlandais pour 3 milliards d’euros, mais nous en sommes déjà rendus à
5,5 milliards d’euros, soit un surcoût de plus de 80% ! Tout cela est dû aux multiples problèmes rencontrés sur le site, ce qui prouve bien que cette nouvelle génération de réacteur
n’est qu’un miroir aux alouettes, comme l’est le nucléaire en tant que solution aux crises climatiques et énergétiques ».
Laura Hameaux, de Greenpeace France, conclut : « Les banques françaises ont assez fait parler d’elles avec la crise financière et les multiples scandales, ainsi que par leur
implication dans de nombreux projets controversés aux impacts environnementaux et sociaux désastreux. Elles doivent immédiatement stopper leurs discussions avec NPCIL et cesser de détourner
des capitaux vers ce type de fausses solutions pour se mettre enfin à financer les réelles solutions aux changements climatiques : l’efficacité énergétique et les énergies
renouvelables ».
Yann Louvel
NOTES
[1] L’article du Daily News & Analysis India « Nuclear Power Corp to raise Rs15,000 core debt » est accessible en ligne en cliquant
ici.
Nucléaire :
l'Autorité de sûreté (ASN) punit le CEA et Areva
L'Autorité de Sûreté Nucléaire vient de suspendre toutes les opérations de démantèlement de l'Atelier de technologie plutonium du centre du CEA à Cadarache.
La décision a été rendue publique aujourd'hui, sur le site web de l'ASN. Elle manifeste la colère de l'Autorité de sûreté devant la manière dont Areva et le Cea conduisent
le démantèlement de cette installation ancienne. Selon une déclaration d'incident, le CEA Cadarache a informé l’ASN de la sous-évaluation des dépôts de plutonium dans les boîtes
à gants de l’installation. Evalués à environ 8kg pendant la période d’exploitation de l’installation, les dépôts récupérés à ce jour sont, selon le CEA, de l’ordre de 22kg et le CEA estime que la
quantité totale pourrait s’élever à près de 39kg. Ces masses peuvent sembler petites, mais s'approchent des marges de sécurité nécessaire à la manipulation du plutonium dans ce type
d'installation, de simples "boites à gants".
Cette décision intervient au lendemain de la diffusion sur Arte d'un documentaire sur les déchets nucléaires qui soulève un vif débat.
Déjà, en novembre 2006, un incident de ce type avait été déclaré, et déjà classé niveau 2 par l'ASN. Le CEA et Areva s'étaient engagés à ce que cela ne se reproduise
pas. D'où la décision de l'ASN de stopper net les opérations en cours.
L'atelier de technologie plutonium, ATPu est en effet en cours de démantèlement. C'est une ancienne installation (elle date d'il y a 40 ans), dont l'activité
principale lors de ses dernières années de fontionnement fut la production de combustible MOX pour les réacteurs de la filière REP et à un niveau moindre pour le réacteur RNR Phénix. En fin
d'activité, sa production fut surtout destinée aux électriciens allemands. Compte tenu du risque de séisme inhérent à la région de Cadarache et des faiblesses de l'ATPu face à ce risque,
l'Autorité de sûreté nucléaire a demandé en 1998 à l'exploitant de lui transmettre un engagement de la fermeture de cet atelier. En 2003, l'exploitant a arrêté sa production commerciale. A
l'époque, l'ASN avait fixé à fin 2007 le délai pour évacuer toute matière nucléaire (les "rebuts") de l'installation. Manifestement, il y a du retard...
Le Cea et Areva ont un peu traîné des pieds, afin de terminer les contrats commerciaux. Puis ont enfin engagé le processus de décontamination puis de démantèlement de l'installation. Il ne s'agit pas d'un énorme chantier, et beaucoup plus simple en terme de
radioactivité à gérer que les installations qui reçoivent du combustible usé. Mais les précautions d'usage doivent être prises qui suposent une parfaite comptabilité des matières
nucléaires qui ont séjourné dans l'installation. Il semble cette comptabilité n'est justement pas été... parfaite.
Voici l'extrait significatif du communiqué de l'ASN de ce jour :
«La division de Marseille de l’ASN a procédé à une inspection sur l’ATPu le vendredi 9 octobre afin d’analyser cet incident. Cette inspection a permis de confirmer que le CEA avait
connaissance de l’incident depuis le mois de juin 2009.
L’ASN a demandé une expertise de la situation à l’IRSN, son appui technique qui lui a rendu son avis ce jour.
L’ASN par décision du collège n° 2009-160 prise ce jour a suspendu les opérations de démantèlement dans l’installation et a soumis leur reprise à son accord préalable.
L’incident n’a eu aucune conséquence. Toutefois, la sous-estimation de la quantité de plutonium a conduit à réduire fortement les marges de sécurité prévues à la conception pour
prévenir un accident de criticité, dont les conséquences potentielles pour les travailleurs peuvent être importantes.
L’ASN considère que l’absence de détection de cette sous-estimation pendant la période d’exploitation de l’installation, ainsi que ladéclaration tardive de cet
événement à l’ASN, révèlent une lacune dans la culture de sûreté de l’exploitant et de l’opérateur industriel de l’installation. En conséquence, l’ASN a classé cet événement au niveau 2 de
l’échelle INES, qui en compte 7.»
Loin de marquer un jalon dans une politique de rupture avec une économie destructrice des écosystèmes, la « taxe carbone » s’inscrit dans la continuité d’une politique
libérale dans laquelle la production et la consommation sont régies par le marché.
Alors qu’une véritable fiscalité écologique aurait pu constituer un volet essentiel d’une politique de reconversion écologique de l’économie, la « taxe carbone » à la
Sarkozy protège les intérêts des entreprises les plus polluantes, ne touche pas aux intérêts du lobby nucléaire et s’avère n’être que le vernis vert d’une économie qui poursuit sa lancée sur la voie
de la destruction de la planète.
Eléments explicatifs
À partir du 1er janvier 2010, les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la combustion des énergies fossiles seront taxées sur la base de 17€ la tonne. Cette taxe
s’appliquera au fioul, à l’essence, au gasoil, au gaz, au charbon et au GPL. Le prix de « 17 €/tonne de CO2 » impliquera un surcoût de 4,5 cts par litre de fioul ou de gasoil, 4 cts par
litre d’essence et 0,35 cts par KwH de gaz. La taxe s’appliquera aux ménages et aux entreprises. Elle ne touchera pas le transport aérien, ni les grandes entreprises déjà soumises au système européen
des permis d’émission (dont les fournisseurs d’électricité).
Le gouvernement estime qu’à ce prix, le coût moyen par foyer sera de 74€ pour l’année 2010. Il s’est engagé à compenser ce coût par un crédit d’impôt – ou un chèque vert – qui sera
versé aux ménages dès février 2010. Ce montant sera de 46€ par adulte et 10€ par enfant, auxquels s’ajouteront 15€ par adulte au cas où le foyer réside dans une zone non couverte par les transports
en commun. En ce qui concerne les entreprises, aucune compensation n’est prévue, les entreprises bénéficiant de l’annulation de la Taxe Professionnelle portant sur les actifs industriels.
La taxe carbone est-elle juste socialement ?
A priori, il est difficile de la présenter comme anti-sociale, du moins, si on ne considère que son volet « particuliers ». En effet, l’intégralité des prélèvements étant
redistribuée sur une base uniforme, cette taxe agit en réalité comme une redistribution des sommes prélevées. Plus précisément, d’après une étude de l’ADEME (référence ?) cette mesure serait
favorable aux 3 déciles inférieurs et pénaliserait les 7 déciles supérieurs.
Si on intègre les mesures touchant les entreprises, on ne peut en revanche qu’être choqué-e par la différence de traitement entre les grandes entreprises soumises au système européen
des permis d’émission, qui sont exonérées de cette taxe, et les autres. Il existe en effet une différence de taille entre les deux mécanismes : les permis d’émission sont accordés gracieusement
aux industries polluantes, tandis que la taxe carbone implique une somme à payer. On sait par ailleurs de quelle manière les mécanismes de flexibilité associés au système des permis (dont les
« Mécanismes de Développement Propre »), ainsi que l’instauration d’une bourse du carbone, permettent aux entreprises les plus habiles en matière de spéculation, et les plus aptes à
utiliser les possibilités de détournement du système (investissements dans les pays du Sud qui rapportent doublement, financièrement et en termes de quotas d’émissions) à sortir gagnantes de ces
pseudo-mesures écologiques. On ne peut également que s’indigner de ce que les « producteurs agricoles », qui contribuent au réchauffement climatique de par l’influence de gaz autres que le
CO2, liés à l’élevage (méthane ; protoxyde d’azote) au potentiel de réchauffement dramatiquement plus grave (23 fois plus pour le méthane ; 296 fois plus pour le protoxyde d’azote), ne
soient pas concernés par l’instauration de la taxe, ce qui semble indiquer clairement quels intérêts le gouvernement protège.
Par ailleurs, considérée dans un paysage fiscal plus large, l’instauration de la « taxe carbone » peut inquiéter. Elle est en effet associée à la réforme de la Taxe
Professionnelle (TP), qui occasionnera une perte nette d’environ 8 milliards d’euros pour le budget de l’État. Le produit attendu de la Taxe Carbone sera de l’ordre de 4,3 milliards d’euros, dont 2,3
milliards environ redistribués aux ménages, soit 2 milliards nets prélevés sur les entreprises. La combinaison de l’abandon de la TP et la mise en place de la taxe carbone aboutit donc à faire un
cadeau de 6 milliards d’euros aux entreprises. La TP alimentait essentiellement les budgets des collectivités territoriales, et on peut valablement se demander si l’effet combiné des deux taxes ne
risque pas d’amener les collectivités locales à augmenter les prélèvements aux particuliers, ce qui, au final, pèsera sur les ménages.
Est-elle efficace écologiquement ?
La première remarque à faire au sujet de cette taxe est qu’elle évite soigneusement de pénaliser la consommation électrique, ce qui, dans l’environnement industriel français,
constitue une prime indiscutable à l’énergie d’origine nucléaire. Souvent présentée comme une énergie « propre » en ce qui concerne le climat, la filière nucléaire émet néanmoins des
quantités de GES non négligeables, liées au cycle de vie des réacteurs (construction, démantèlement), et de leur combustible (extraction, transport, retraitement…). Alors que la voie d’une économie
véritablement écologiste devrait reposer surtout sur des encouragements aux économies d’énergie, cette « taxe carbone » constitue en fait une prime à l’énergie nucléaire.
Nous avons mentionné plus haut l’impact de l’agriculture, et notamment de l’élevage, qui est responsable sur Terre de 18% des émissions de GES (rapport de la FAO, novembre 2006). Il
est très préoccupant que la taxe fasse l’impasse sur un secteur aussi important. Il est par ailleurs incompréhensible que le secteur aérien, qui est responsable de 4% des émissions de gaz d’origine
anthropique, proportion en augmentation très rapide, soit également exclu de la taxation (comme c’est déjà le cas pour le transport aérien international, qui n’est pas comptabilisé dans le cadre du
protocole de Kyoto).
Deuxièmement, on peut s’interroger sur les effets dissuasifs sur la consommation d’une taxe au montant aussi faible, qui ne pèsera que de 80€ par an sur les ménages les plus touchés,
c’est-à-dire les plus riches (d’après l’étude de l’ADEME). Est-ce en demandant une somme aussi modique au dixième de la population ayant les revenus les plus élevés que l’on espère les voir changer
de comportement ? La manière dont le débat a été orchestré par le gouvernement montre que celui-ci ne voulait surtout rien faire qui pénaliserait la consommation et donc les profits des
entreprises : on a laissé un tollé s’installer autour d’un prélèvement de 32 € la tonne pour, quelques mois plus tard, diviser ce montant par presque deux et instaurer une redistribution totale
de ses bénéfices, ce qui divise à nouveau ses effets sur les ménages les plus riches par 2 ! On aurait voulu dénigrer une fiscalité écologique qu’on ne s’y serait pas mieux pris...
Enfin et surtout, il s’agit d’un dispositif censé conduire à une réorientation des comportements, mais qui ne participe d’aucune politique permettant à ces comportements de se
réorienter vers des pratiques moins nocives écologiquement. Il s’inscrit dans le cadre d’une politique de casse des services publics (fret ferroviaire, transport de passagers) et de soutien aux
activités les plus polluantes (industrie automobile, élevage, autoroutes…). De manière générale, une mesure dissuasive n’a de sens que si elle s’accompagne d’une politique offensive offrant aux
agents économiques de réels choix. Ce n’est bien entendu aucunement l’orientation du gouvernement qui consiste à laisser le marché régler les choix économiques fondamentaux pour le meilleur profit
des détenteurs de capitaux.
Des propositions alternatives
Si taxe il doit avoir, nous revendiquons le principe du pollueur-payeur, c’est-à-dire que les responsables des émissions de GES soit taxés sans exemption – de même que nous nous
prononçons pour une fin des exceptions dans l’application de la TIPP (transport aérien ; marins-pêcheurs ; taxis…) – : production d’énergie y compris nucléaire ; grandes
entreprises soumises aux permis d’émission ; agriculture.
Surtout, nous n’envisageons une telle taxe que dans le cadre d’une politique écologique ambitieuse et cohérente. La fiscalité doit accompagner une telle politique, elle ne doit pas
s’y substituer. Cette politique doit reposer :
sur un renforcement et une écologisation des services publics, notamment du transport et du logement, sous contrôle des salarié-e-s et des usager-e-s, avec soutien au fret
ferroviaire, et isolation thermique des bâtiments.
sur un financement important de la recherche dans le domaine des énergies renouvelables, et une aide fiscale aux particuliers et aux entreprises qui désirent recourir à ces
énergies.
sur une relocalisation de la production, notamment alimentaire (avec un soutien à la production coopérative locale), et une incitation aux économies d’énergie et à des
pratiques réductrices de l’empreinte écologique et climatique (réduction de la part animale dans l’alimentation).
sur une rupture avec le culte de la productivité, et une réduction du temps de travail pour tou-te-s, avec une réappropriation des bénéfices des entreprises par les
travailleurs/euses au détriment des détenteurs/trices du capital.
Hillion, 2 500 personnes contre les algues vertes
Dimanche après-midi, quelque 2 500 personnes ont manifesté à Hillion contre les algues vertes : David Adémas
Dimanche après-midi, on est venu manifester de toute la Bretagne et même de Paris contre la pollution des plages. Une mobilisation pour un combat de très longue
haleine.
« Hillion, déception! Pas une algue à l'horizon! » Dimanche, en début d'après-midi, à Hillion, dans les Côtes-d'Armor. Un homme, avec humour,
scande cette phrase en arrivant sur la plage de la Grandville. Comme beaucoup d'autres à s'être déplacés pour le rassemblement contre les algues vertes, il est surpris en arrivant.
Pas d'odeur nauséabonde à vous pincer les narines, ni une algue verte sur la plage... «Des algues vertes étaient encore présentes il y a une quinzaine de jours. Même si nous avons procédé
à un nettoyage cette semaine, les algues ont été déplacées par les vents un peu plus loin », explique Yvette Doré, maire d'Hillion.
« Pas contre les agriculteurs »
André Ollivro, porte-parole de Halte aux marées vertes, de son cabanon dressé sur les hauteurs de la plage, contemple le paysage de la baie de Saint-Brieuc. Il profite de ce moment paisible avant
de prendre la parole devant les 2 500 personnes qui se sont déplacées. « J'ai l'impression de retrouver la plage que j'ai connue il y a plus de vingt ans. Vous voyez, lorsqu'on les ramasse,
la mer reprend ses droits. Le problème, c'est le stockage. Sur les 20000 tonnes ramassées à Hillion, 7000 sont parties à la déchèterie des Châtelets. Où sont les
autres? Nous avons demandé la traçabilité du ramassage.»
15 h 15. Le site se remplit douce-ment, puis s'anime soudain. Les manifestants débarquent des six cars stationnés dans les champs plus haut. Des airs, joués à la bombarde et à l'accordéon
diatonique, les accompagnent. Pancartes et banderoles sont brandies : « La Bretagne est enlisiée. Stop aux bagnes à poules,... »
Ils sont venus de toute la Bretagne, et beaucoup du Finistère. D'autres de Paris, comme ces trois jeunes attachés à ce coin des Côtes-d'Armor. Françoise, de Saint-Brieuc, les algues vertes, ça
fait un paquet de temps qu'elle les côtoie. Aujourd'hui, elle participe pour la première fois à ce genre de rassemblement : « Parce que trop c'est trop. Il faut qu'il y ait une prise de
conscience collective et que l'on fasse bouger les choses. Cela ne peut plus continuer. »
Les prises de paroles des associations et des élus s'enchaînent. Yvette Doré achève son discours avec des trémolos dans la voix. « Vous excuserez mon émotion. Votre présence, très
nombreuse, nous donne la force de poursuivre notre combat. Un combat contre les algues vertes et pas contre les agriculteurs. Je remercie le collectif Halte aux marées vertes qui se mobilise depuis
des années. »
17 h. Les 2 500 personnes descendent en procession sur la plage de la Grandville. Pour une dernière photo qui immortalisera cette journée de mobilisation. Une mobilisation qu'il faudra
continuer.
Véronique CONSTANCE
Environnement :
"le scandale des algues vertes"
Le dimanche 27 septembre, des milliers de personnes sont attendues à Hillion, dans les Côtes-d’Armor, pour
manifester contre les algues vertes, qui infestent les plages de la commune. Nous avons rencontré André Ollivro, porte-parole de l’association « Halte aux marées vertes ».
Tu as été le premier président – fondateur – de l’association « Halte aux marées
vertes »...
En 2001, nous nous sommes dit qu’il fallait agir, créer une mobilisation populaire au travers de nombreuses initiatives
de type théâtre de rue... Pour faire un diagnostic, nous avons rencontré toutes les structures qui s’occupent de l’eau, et nous avons constaté que tous savaient déjà ! La prolifération des algues
vertes provient à 95 % des excédents de nitrates issus de l’élevage intensif, constat qui ressort d’un colloque des pollutions, dès 1999, confirmé depuis par Ifremer1.
Nous avons alors déposé un recours contre le préfet au tribunal administratif, car les lois sur l’eau n’étaient pas
respectées. Avec plusieurs autres associations qui se battent contre le même fléau (à Douarnenez, dans le Trégor...), nous avons pointé et chiffré les dommages : la perte d’image, la privation de
l’espace ludique, le repli des personnes vers d’autres rivages, les dommages sanitaires et leurs coûts sociaux... Et nous avons gagné ! L’État est désigné en 2007 comme responsable, car la potabilité
n’est pas garantie.
Le taux de 50 milligrammes de nitrates par litre est dépassé (alors que l’Europe préconise de ne pas dépasser 25 mg). Mieux encore, le jugement précise que pour en finir avec les algues vertes, il
faudra revenir à des taux encore nettement plus bas, de l’ordre de 10 à 15 mg...
Nous avons même gagné définitivement, car l’État renonce à faire appel. Après ce qui s’est passé cet été, il leur était
difficile de faire autrement ! Un cheval est mort – et le cavalier a eu chaud – sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans le Trégor, ce qui a provoqué la visite de Fillon sur le site. Tout le monde
reconnaît maintenant le danger des algues vertes, que nous dénonçons depuis si longtemps ! En décomposition, elles dégagent des émanations de gaz extrêmement toxiques (DMS et H2S2, connu
pour son odeur d’œuf pourri). L’affaire tourne au drame avec le décès cet été, dans des conditions suspectes, d’un conducteur de camion préposé à l’enlèvement des algues sur les
plages.
Quelle est la réaction des pouvoirs publics ?
On nous a envoyé Fillon le 20 juillet... et le 21, le préfet des Côtes-d’Armor permettait l’implantation d’un poulailler
industriel de 80 000 têtes, avec autorisation d’épandage sur le bassin versant, notamment à Hillion !
Quelle est la responsabilité de l’élevage industriel ?
Il est inconcevable de continuer de mettre sur les champs les déchets de l’élevage industriel, qui provoquent d’énormes
excédents de nitrates, à l’origine des algues vertes. Mais en plus, avec tout ce que l’on donne aux animaux dans ces exploitations, antibiotiques, aliments, on retrouve sur la terre de nombreux
composants chimiques toxiques, des métaux lourds... Les grands groupes agroalimentaires, les coopératives agricoles, l’industrie chimique, tous ensemble, portent la responsabilité de ces pollutions,
avec l’aval de la FNSEA. C’est tout ce système qui ne vise qu’à faire du fric sur le dos des éleveurs, des consommateurs et des citoyens.
Quelles sont les solutions ?
Il faut faire baisser radicalement les taux de nitrates, contrôler la qualité de l’eau, faire réinstaller sur les cours
d’eau les capteurs qui ont été supprimés. Il faut « remettre les cochons sur la paille et les vaches sur l’herbe » !
Il faut développer une agriculture paysanne, aider les productions bio et durables, produites et commercialisées
localement, inciter à la reconversion, interdire les épandages sur les bassins versants. On doit aussi s’occuper de la collecte et du traitement des déchets de l’élevage, créer des stations de
raffinage, qui, au bout du compte, ne génèrent que du compost sain. Pour maîtriser la qualité de l’eau, il faut municipaliser les abords des captages, préempter les terres des bassins versants : on
sait le faire pour préserver les sources d’eau minérale ! Pour tout cela, il faut une vraie volonté politique...
Et la mobilisation ?
On s’attend à quelque chose d’important le 27 septembre. Le rapport de forces a changé, l’écho médiatique suscité par
les évènements de l’été, l’approche des élections, tout cela provoque comme un vent de panique chez les « autorités ». Reste à installer un mouvement durable qui bouleverse les choses sur
le fond.
* Titre de l’ouvrage d’André Ollivro, Éditions du Temps, 17€.
1.Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer
L'avocat général de la cour d'appel de Bordeaux a requis dans la nuit de mercredi à jeudi huit mois de prison ferme et quatre ans de privation de ses droits civiques et de
famille contre José Bové qui comparaît avec 11 autres "faucheurs volontaires" pour la dégradation d'un silo de maïs transgénique en novembre 2006 à Lugos (Gironde).
En octobre dernier, le leader altermondialiste avait été condamné à 200 jours-amende à 60 euros. Marc Giblet, le propriétaire de l'exploitation qui avait tiré des coups de fusil en l'air, s'était
vu infliger 160 jours-amende pour violence avec usage d'une arme.
"C'est complètement décalé par rapport à la réalité! On peut dire que c'est du copier/coller au regard du jugement de première instance". Réagissant au réquisitoire de l'avocat général après
l'examen par la cour d'appel de Bordeaux du jugement de première instance, José Bové a déclaré jeudi matin à l'Associated Press qu'il s'agit à ses yeux d'un "mauvais film en noir et blanc".
"S'il devait y avoir une décision de privation de liberté le tribunal serait obligé de saisir le Parlement Européen", a précise à AP le vice Président de la commission Agriculture au Parlement de
Strasbourg. Deux des 11 autres faucheurs volontaires se sont vu réclamer par l'avocat général des peines de trois mois de sursis. Quant à l'exploitant agricole qui avait tiré au fusil lors de
l'opération l'avocat général requis à son encontre 10 mois de prison avec sursis. Le délibéré doit être prononcé le 25 novembre prochain.
José Bové, fraîchement élu au Parlement européen sur la liste Europe Ecologie, n'avait pas souhaité que soit évoqué son statut d'élu à l'audience dans le soucis d'être "jugé comme les autres
faucheurs volontaires".
José Bové a un autre rendez-vous avec la justice, à Béziers le 5 février prochain, pour une autre action de fauchage.
Apiculture.
Sauver les abeilles !
Les colonies d’abeilles disparaissent, avec des conséquences sans précédent sur la pollinisation des cultures. En cause, l’usage des pesticides et l’agriculture
intensive. Face à ce mal sanitaire, les pouvoirs publics jouent le statu quo.
C’est une constante observée depuis une bonne vingtaine d’années. Les abeilles, domestiquées ou sauvages, dépérissent. Tous les apiculteurs voient les colonies se raréfier. Il y a les attaques
d’un terrible acarien, le Varroa destructor, qui met le bordel dans le rucher, contre lequel tous les traitements échouent. Il y a les attaques du frelon d’Asie, dangereux prédateur qui ravage les
colonies. « Tout cela crée une fragilité sanitaire des essaims, à laquelle il faut ajouter le problème environnemental et notamment l’usage des pesticides », explique Jean-David Abel, qui
fut apiculteur professionnel durant quinze ans dans la Drôme.
INSECTICIDES MEURTRIERS
Des taux de mortalité de 30 % à 35 % ont ainsi été observés dans les colonies domestiquées. Au point que, dans certains pays, on manque d’abeilles pour assurer la pollinisation dont
dépendent directement près de 80 % des espèces végétales. Comme le souligne Agir pour l’environnement dans sa nouvelle campagne, « Les abeilles piquées au
vif ! » (1), s’il fallait donner une valeur monétaire à ce service écologique, il serait estimé à 153 milliards d’euros, soit presque 10 % de la valeur de la production
agricole mondiale destinée à la consommation humaine. Pourtant, les pouvoirs publics ne semblent pas s’alarmer : ils continuent à homologuer produits chimiques et insecticides meurtriers.
Il aura fallu près de dix ans de bataille juridique pour faire retirer du marché des pesticides tels que le Gaucho et le Regent, dont le rôle prépondérant dans la destruction des colonies
d’abeilles a finalement été prouvé. Cela n’a pas empêché le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, l’inventeur du principe de précaution, de réautoriser en décembre 2008 l’utilisation du Cruiser,
un autre insecticide de traitement des semences de maïs mortel pour les abeilles. Pour Henri Clément, apiculteur en Lozère et président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), qui
regroupe environ 22 000 apiculteurs, c’est « aberrant » : « Il suffit de voir les conditions d’usage drastiques de ce produit pour comprendre sa dangerosité.
Aujourd’hui, l’Allemagne l’a retiré du marché, contrairement à la France. On sacrifie l’apiculture au profit d’une économie aveuglée par le court terme. C’est comme si le combat contre le Gaucho ou
le Regent n’avait servi à rien. » Il est très en colère. « Un an après le Grenelle de l’Environnement, les engagements pris semblent déjà enterrés. Alors que la France était plutôt
en avance sur le reste de l’Europe à la fin des années 1990, en refusant l’homologation des produits phytosanitaires les plus dangereux, le passage de Michel Barnier au ministère de l’Agriculture
aura surtout laissé le souvenir d’une passivité à toutes épreuves. »
RENOUVEAU DU SYNDICALISME
Comme la Confédération paysanne, qui a su expliquer les problèmes de la malbouffe aux Français, les apiculteurs cherchent depuis dix ans à populariser leur métier et faire connaître la situation
de leurs ruchers. Campagne de communication sur les dangers des pesticides, rôle primordial de l’abeille dans la chaîne alimentaire, dénonciation de l’agriculture intensive… On est passé d’une vision
un peu ringarde, vaguement désuète, de l’apiculteur, à celle d’un professionnel averti et défenseur d’une autre agriculture, plus raisonnée. « Avec l’apiculture, on peut traiter des
questions essentielles : quelle agriculture ? quelle alimentation ? quel environnement ? quel lien entre l’homme et la nature ? Si on ne s’en s’occupe pas, cela va mal
tourner dans les campagnes », juge Henri Clément. D’ailleurs, les firmes phytosanitaires ont été complètement « plantées » par ce nouveau syndicalisme. « Les combats
contre le Gaucho ou le Regent nous ont appris à nous professionnaliser, poursuit Henri Clément. C’est ainsi qu’on a développé une collaboration avec les scientifiques de l’INRA ou du CNRS
pour apporter les preuves scientifiques de l’impact des pesticides, travaillé avec les médias et monté des dossiers juridiques ». Et ça a payé. Mais la lutte est loin d’être gagnée, surtout
que l’apiculture, professionnelle ou non, est en complète perte de vitesse.
DISPARITION MYSTÉRIEUSE
Récemment l’Afssa, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, a pourtant conclu que la disparition des abeilles s’expliquait par des facteurs multiples. Et qu’incriminer uniquement les
pesticides serait une erreur. Réponse cinglante de l’Unaf : « Au moment où tous les représentants des organismes apicoles européens relatent les effets dévastateurs pour les abeilles
des produits phytopharmaceutiques, insecticides, fongicides, herbicides utilisés sur les grandes cultures, le discours de l’Afssa qui dénie une évidence environnementale lui fait perdre tout
crédit. » Pour Jean-David Abel, apiculteur professionnel pendant quinze ans, c’est aussi difficile à croire. « Evidemment qu’il y a d’autres causes, comme la monoculture, la baisse
des apports polliniques ou la disparition des haies. Mais l’effondrement des colonies est colossal. Aujourd’hui, certaines sont exsangues en moins d’un an, là où avant on pouvait les utiliser une
dizaine d’années. A chaque effondrement de mes colonies, je faisais faire des analyses. Il n’a jamais été compliqué de trouver la molécule. Le problème, c’est que la commission d’étude de la toxicité
du ministère de l’Agriculture n’est pas une structure indépendante des pouvoirs publics. Elle ne fait pas son boulot. » Les apiculteurs dénoncent également l’insuffisance des essais
cliniques avant l’utilisation en plein champ. Et le principe des homologations aux conditions d’usage strictes, mais dont le respect n’incombe réellement à personne. « Leur bon usage n’est
pas contrôlé, de même que la destruction des stocks quand les produits sont retirés du marché », rappelle Jean-David Abel.
RIPOSTER
« On a l’impression que la cause apicole est marginale alors qu’elle est essentielle, tonne Henri Clément. Sans pollinisation, la production chute. C’est déjà le cas en
Californie, où il n’y a plus assez d’abeilles pour assurer la pollinisation nécessaire à la production d’amandiers. En Caroline du Sud, la production des concombres a baissé de 50 % pour la même
raison. Et en Chine, on a repris la pollinisation à la main des arbres fruitiers ! » En France, certains secteurs agricoles commencent à prendre la mesure du problème, notamment les
arboriculteurs qui craignent pour leur production. Afin de populariser ses combats, l’Unaf a aussi lancé le programme des abeilles sentinelles pour faire mieux connaître à la population urbaine les
abeilles. Il s’agit d’installer, en collaboration avec les collectivités, des ruches en ville. Le résultat est très encourageant. Étonnamment, les plus belles récoltes se font aujourd’hui à Paris :
car il y a plus de floraisons, de grandes allées d’arbres et pas d’insecticides. « Mais soyons clairs, l’avenir de l’apiculture n’est pas en ville ! Il s’agit d’alarmer »,
précise Henri Clément.
L’avenir de l’apiculture passera aussi par une évolution des pratiques, estime Jean-David Abel : « Comme l’abeille est un insecte résistant, on lui a fait faire tout et n’importe
quoi. Cette apiculture intensive a eu un effet. » On est ainsi passé à une apiculture professionnelle avec de très grosses exploitations et une augmentation des récoltes de miel. La gamme
s’est élargie, passant du miel toutes fleurs à des récoltes saisonnières très exigeantes, offrant des sortes spécifiques comme le miel de lavande, de thym ou de châtaignier. Cela joue aussi sur la
santé des ruchers. « L’apiculture de demain ne parviendra pas à se développer si les moyens scientifiques ne suivent pas pour lutter contre les acariens, et que les apiculteurs ne
réfléchissent pas sur leurs pratiques. Il faut ménager les insectes, même s’ils ont des capacités incroyables ! »E.C.
Action Consommation, A.C.! Agir ensemble contre le chômage, Aitec - IPAM, Amis de la Terre, Attac,
Bizi !, Confédération Paysanne, Ecorev', Fac Verte, FSU, Fondation Copernic, LDH, Mouvement de la Paix, MRJC, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires, Vélorution Paris
Île-de-France, Zone d'Ecologie Populaire
Soutenu par :
Alter Ekolo, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Les Alternatifs, Les
Verts, Parti de Gauche, NPA
Nous sommes à la croisée des chemins. Issu de l’activité humaine, dans le cadre d’un modèle de production
agricole et industriel que les sociétés industrialisées ont mis en place et qui se répand sur l’ensemble de la planète, le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de
milliards d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d'espèces.
D'ores et déjà, des populations entières sont affectées, en particulier les femmes, les peuples indigènes, les
paysan-ne-s et, de façon générale, les plus défavorisés.
Face à cette crise écologique et sociale, mouvements sociaux, organisations écologistes, politiques et
scientifiques du monde entier appellent à une action urgente et radicale.
Du 7 au 12 décembre prochains, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à
Copenhague. Elle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012.
Selon les climatologues, il faudrait que les pays industrialisés, premiers responsables de l’émission des
gaz à effet de serre (GES), réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020 et de 80 à 95 % d’ici à 2050 (par rapport à 1990). Faire diminuer les émissions dans ces proportions est impératif pour
limiter à 2°C la hausse des températures par rapport au niveau de l’ère préindustrielle. Au-delà, l’emballement climatique se produirait. Il ne serait plus possible de maintenir une température
vivable sur terre.
Les politiques actuelles sont dans l’impasse
Jusqu’ici, les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États sont tout à fait insuffisantes.
Les mesures que préconise notamment l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux. Et alors que leurs émissions de GES par habitant
sont les premières au monde, la proposition des Etats-Unis (réduction de 5 % des émissions sur la même période) est, quant à elle, une véritable provocation vis-à-vis des autres
Nations.
Les solutions proposées actuellement ne sont pas crédibles. Car elles reposent essentiellement sur les
mécanismes de marché alors que la crise économique et financière a, une fois encore, montré leur incapacité à se substituer à l’action publique et collective. La politique du « marché
pilote » international de droits à polluer est clairement défaillante et les projets de l’Union européenne et des Etats-Unis en la matière relèvent du mirage idéologique.
Les fausses solutions sont également technologiques. Le nucléaire, outre qu'il s'agit d'une
technologie porteuse de risques majeurs, ne peut être en aucun cas la solution : même un développement ambitieux du parc nucléaire ne réduirait les émissions de gaz à effet de serre que de
façon très marginale. Les agrocarburants industriels quant à eux posent de nombreux problèmes environnementaux et aggravent la crise alimentaire sans contribuer à la baisse des
émissions.
Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires
Les objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre ne peuvent l’être que par l’adoption, par les
collectivités, les pays et les ensembles régionaux, de mesures radicales et alternatives :
- Démocratisation de l’économie, qui doit être orientée vers la satisfaction des besoins sociaux et le
respect des contraintes écologiques, et non par le profit à tout prix, par les diktats de la société de consommation et du productivisme ; cela implique le soutien aux circuits courts, à
l’économie sociale et solidaire, au secteur coopératif ;
- Réorientation des investissements (notamment de recherche) vers les énergies renouvelables, la
cogénération, l’efficacité énergétique et les projets écologiquement soutenables ; valorisation de la sobriété énergétique ;
- Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux tels que l’énergie, le climat, les forêts, la
terre et l’eau ; arrêt de la déforestation, protection des forêts primaires et des océans, et, de façon générale, défense de la biodiversité sauvage et cultivée ;
- Relocalisation des activités économiques, rapprochement des lieux de vie et de travail, maîtrise de
l’urbanisation, développement des transports collectifs, limitation du transport aérien ; taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l’énergie et des transports les
plus polluants ;
- Retour à la régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire et
le développement massif de l’agriculture paysanne, au Nord comme au Sud ;
- Promotion d’un modèle alimentaire alternatif au modèle des pays industrialisés (majoritairement à base de
protéines animales) afin de pouvoir diminuer les surfaces cultivées pour l’alimentation animale, donc réduire les émissions de GES du secteur agricole ;
- Rénovation massive des bâtiments et promotion de la construction écologique.
La Justice climatique et sociale doit être au centre des politiques mises en
œuvre
Les responsabilités historiques des pays du Nord et du mode de développement productiviste dans cette crise
globale doivent être reconnues. La justice et l’équité exigent que soit réparée la dette écologique du Nord, a minima par l’annulation des dettes du Tiers-Monde. Les transferts technologiques
respectueux de l’environnement et des sociétés au Sud doivent être financés et l’aide publique au développement augmentée, sans que cela exonère le Nord de ses propres objectifs de réduction des
émissions. Les réfugiés climatiques doivent être reconnus et accueillis.
Au sein de chaque pays, des mesures d’accompagnement et de justice sociale sont indispensables afin que
chacun puisse faire face aux changements à opérer, en ayant la certitude que les efforts seront partagés par tou-te-s. Il faut garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels
tels que l’énergie, qui ne doivent pas être laissés au marché mais faire l’objet d’une réappropriation par la société.
Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire vers des économies écologiques,
au Nord comme au Sud. Le droit au travail pour tous est au cœur de cette répartition. C’est pourquoi un emploi décent permettant un revenu digne doit être garanti à chacun-e. Les revenus financiers
et du patrimoine doivent être lourdement taxés afin de dégager les moyens nécessaires à la transformation des économies.
La gestion des financements doit être démocratique et garantir la participation des populations
locales.
Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers
existent. Les mesures à prendre doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques publiques audacieuses, passant outre les intérêts des grands lobbies – notamment des
hydrocarbures, et définissant une production industrielle axée sur les besoins et non sur le profit ainsi qu'une répartition plus juste des richesses naturelles et produites.
En France, nous appelons les associations de défense de l’environnement, syndicats, associations de
solidarité internationale, organisations politiques, collectivités locales, et plus généralement tous les citoyen-ne-s à rejoindre la mobilisation internationale et à organiser des initiatives
communes pour peser sur les décisions du sommet de Copenhague de décembre 2009.
Mobilisons-nous maintenant pour le climat et la justice
sociale
Sortie du chapeau de la commission Rocard cet été, la taxe carbone n'en finit pas de faire des vagues, y compris au sein du gouvernement et de l'UMP.
Au point que des responsables politiques des Verts et d'Europe-Ecologie, au nom d'une soi-disant fiscalité écologique, se retrouvent contraints de témoigner en faveur de Sarkozy à l'issue de leur
réception à l'Elysée.
Autant, il est juste d'avoir une politique pour lutter contre le réchauffement climatique et donc de prendre des décisions, autant la taxe carbone, telle qu'elle est envisagée aujourd'hui par le
gouvernement, et quelle que soit la valeur attribuée à la tonne de CO2 est irrecevable.
Pour le NPA, mais aussi pour d'autres partis ou associations de consommateurs, il s'agit d'un hold-up fiscal qui ne dit pas son nom et qui va taxer uniquement les consommateurs, leur rendre encore
plus onéreux l'accès à l'énergie et permettre au gouvernement de liquider la taxe professionnelle.
Madame Parisot, la présidente du MEDEF, a le culot, aujourd'hui, de réclamer un chèque vert pour les entreprises alors que beaucoup d'entre elles fortement émettrices de CO2 seront exclues de
cette fiscalité au titre de la compétitivité économique. Elles continueront à bénéficier du droit à polluer.
A qui fera-t-on croire que les salariés, les consommateurs de ce pays, exclus des choix économiques, ont vraiment le choix du mode transport que ce soit en milieu rural, en zone urbaine ou
péri-urbaine alors que des lignes de chemins de fer sont fermées en régions, que les transports en bus ou en car sont notoirement insuffisants et inconfortables.
La taxe carbone, impôt supplémentaire pour les salariés et les consommateurs, ne doit pas voir le jour. Cette taxe carbone, non seulement est injuste socialement, mais de plus elle est inefficace
car elle ne s'attaque pas à l'organisation capitaliste de la production et de la société, cause principale du réchauffement climatique.
Un abattoir de Charal infiltré, des images insoutenables.
L'abattoir Charal de Metz a été infiltré par un enquêteur de l'association de protection animale L214. Les images tournées en caméra cachée sont sans appel. Que ce soit en abattage rituel ou non, le non
respect de la réglementation en vigueur entraîne des morts insoutenables : des bovins (vaches, boeufs) suspendus par une patte à la chaîne d'abattage s'agitent désespérément pendant de
longues minutes avant de rendre leur dernier souffle. L214 porte plainte contre Charal pour cruauté envers les animaux et dénonce la tromperie de l'entreprise envers les
consommateurs.
Une réglementation sans effet, des souffrances évitables
Pour l'abattage standard, les bovins sont étourdis puis suspendus à la chaîne d'abattage, mais au lieu d'être immédiatement égorgés comme l'exige la réglementation (1),
l'employé chargé des mises à mort accumule du retard ce qui entraîne une reprise de conscience des animaux avant leur égorgement.
Concernant l'abattage rituel (sans étourdissement préalable à l'égorgement), la vitesse de la chaîne d’abattage est inchangée par rapport à l'abattage standard (entre 50
et 60 bovins à l’heure). Cette cadence ne permet pas d’attendre le temps nécessaire à une saignée complète dans le tonneau à contention (entre 20 et 30 bovins à l'heure). Pourtant la
réglementation exige que « l’immobilisation [soit] maintenue pendant la saignée. » (2)
Comme le montre clairement les images, ces deux principales violations entraînent une mort des bovins en toute conscience, suspendus par une patte à la chaîne
d'abattage.
L'enquêteur a pu constater que ces infractions étaient répétées et quotidiennes.
Les mensonges de Charal
« Notre groupe a fait de la protection animale un volet central et spécifique de sa politique "Qualité", qui va au-delà des exigences actuelles et préfigure les évolutions
réglementaires. » C'est ainsi que se présentait Charal dans une lettre à L214 motivant un refus de visite (3). L'enquêteur a également pu constater le changement
momentané des pratiques de l'abattoir à l'occasion d'un audit mené par McKey, le fournisseur des steaks chez McDonald's.
Services vétérinaires inefficaces
Les Services vétérinaires pourtant présents en permanence dans l'abattoir ont montré leur incapacité à faire respecter la réglementation de protection des
animaux. Ces constatations corroborent celles de l'Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne qui relève des défaillances récurrentes des Services
vétérinaires français. Au cours de sa dernière mission (4), l'OAV a notamment pointé explicitement l'insuffisance de formation des agents officiels concernant le bien-être des animaux.
(1) Article R214-71 du Code
Rural.
(2) Article R214-74 du Code Rural.
(3) Télécharger la lettre de Charal du 15 juin 2009.
(4) « Rapport d'une mission effectuée en France en vue d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production et la mise sur le marché de viandes de volaille et produits à base de viande
de volaille », OAV, du 17 au 26 novembre 2008.
Des analyses montrent que les algues vertes sur les plages bretonnes sont dangereuses pour l'homme, car elles dégagent des niveaux très élevés d'hydrogène sulfuré.
Ramassage des algues vertes à Saint-Michel-en-Grève (AFP)
Les algues vertes en décomposition sur les plages bretonnes sont dangereuses pour l'homme, car elles dégagent des niveaux très élevés d'hydrogène sulfuré,
un gaz létal, estime l'Institut national de l'environnement et des risques (Ineris), selon une information publiée mercredi 19 août sur le site internet du Figaro.
Après la mort soudaine d'un cheval, le 28 juillet, et le malaise de son cavalier, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes d'Armor), provoquée vraisemblablement
par l'inhalation d'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en décomposition, la secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouano avait demandé à l'Ineris d'effectuer des prélèvements d'air sur
ces amas d'algues vertes.
Un niveau entraînant une mort rapide
"Ces résultats sont mauvais", d'après Le Figaro, qui rapporte le verdict du secrétariat à l'Écologie. "Dans les pires cas, souligne le quotidien, la concentration avoisine les 1.000
parties par million (ppm, aussi utilisées pour mesurer la pollution de l'air). A ce niveau, la mort est rapide et les méfaits sont de toute façon irréversibles. Car ce gaz s'attaque au système
nerveux." "Un humain meurt en une minute, s'il traverse une zone où stagne de l'hydrogène sulfuré à 1.700 parties par million", rappelle-t-il.
Ce pic des 1.000 ppm n'a été toutefois relevé qu'à l'endroit de la plage où le cheval s'était écroulé, à savoir l'unique zone où les algues n'avaient pas été ramassées, la vase empêchant le passage
des tractopelles. Toutes les autres mesures effectuées par l'Ineris révèlent des taux allant de zéro à 500 ppm. "Ces niveaux restent élevés et peuvent provoquer des irritations des yeux et des voies
respiratoires, ainsi que des maux de tête à répétition", indique cependant le quotidien.
Ces résultats sont révélés alors que le premier ministre François Fillon est attendu jeudi à Saint-Michel-en-Grève. Il devrait annoncer de nouvelles mesures contre la prolifération
des algues vertes, liée en partie aux engrais de l'agriculture.
Pollution aux hydrocarbures du site Natura 2000 de la Crau,
Cette plaine steppique, couverte de lavande, de
thym et d'asphodèle est unique en France. Classée réserve naturelle en octobre 2001, le site Natura 2000 de la Crau vient d’être touchée, pour cause de rupture d’un oléoduc, par un
déversement de pétrole. Pour la Ligue ROC, cette réserve naturelle mérite « beaucoup plus d’attention de la part des sociétés qui y installent des
infrastructures. »
Suite à la pollution aux hydrocarbures de la
réserve naturelle de la Crau, Greenpeace dénonce « le laxisme des autorités françaises, » et la Ligue ROC dénonce de son côté une nature exceptionnelle « engluée par du pétrole ».
Pour Greenpeace, le déversement de plusieurs milliers de m3 de pétrole brut dans
la plaine du Crau rappelle « l’urgence et la nécessité de la mise en place de systèmes de sécurité renforcés, notamment sur des zones situées près du littoral. »
Il ne résulte aucun problème d'approvisionnement en pétrole dans le Nord de
l'Europe, mais des milliers de mètres cubes de pétrole brut se sont déversés sur deux hectares souillant cet écosystème unique pour « lequel les précautions n’ont pas été suffisantes »
estime la Ligue ROC.
Cette pollution d’une réserve naturelle par du pétrole « met également en
lumière la piètre prise en compte et gestion des risques industriels en amont par les autorités françaises. Est-il nécessaire de rappeler que 80% des pollutions en mer proviennent de la terre ? Ainsi
les impacts des activités humaines sur l’écosystème marin peuvent causer des dommages irréversibles » précise Greenpeace.
Pour la ligue ROC, « quand un pipeline traverse un milieu si rare et
précieux on pourrait s’attendre à ce que des dispositifs d’alarme fonctionnent pour tout incident. D’autant que la Société du Pipeline Sud-Européen (SPSE
transporte de l'ordre de 23 millions de tonnes par an et dispose donc de moyens considérables qui n’auraient pas été gravement amputés par une surveillance adaptée plus sérieuse », concluant pas
la question suivante : « Quelle sera la réponse des groupes pétroliers qui utilisent les services de la SPSE s’ils se soucient vraiment de la préservation de la biodiversité
? ».
De son côté, Greenpeace rappelle les demandes fortes exprimées lors du Grenelle
de la Mer par toute la Plateforme des ONG environnementales « pour un renforcement des mesures de sécurité dans les installations industrielles sensibles, tout particulièrement celles situées
sur notre littoral, » ajoutant que « l’incident survenu à la raffinerie de Donges en 2006 et qui avait souillé une zone Natura 2000 peut à tout moment se reproduire sur les côtes françaises
ou à proximité ».
Quiconque pensait que les courses cyclistes étaient placées sous le signe du respect de l’environnement devrait voir ses illusions réduites à néant par les récentes déclarations de la Communauté
d’agglomération du Ventoux Comtat Venaissin (CoVe) dans le Vaucluse. Après le passage du Tour de France et de quelques centaines de milliers de spectateurs, les services de la CoVe se sont attelés
lundi 27 juillet, de 5h à 14h, à un laborieux travail de nettoyage. Au total, dix agents du service Gestion des déchets ont pris en charge la collecte des 88 caisses, colonnes et conteneurs
spécialement installés pour la manifestation. En parallèle, cinq autres agents du service Nettoiement nettoyaient les bas-côtés menant au sommet du Géant de Provence, ou Mont Ventoux, arrivée de
cette étape.
Le bilan de cette opération massive de nettoyage s’élève à 20 tonnes de déchets ramassées, dont 1,5 tonne de verre et 800 kg de plastiques et d’acier-aluminium (équivalent de 30 000 bouteilles d’eau
et 20 000 canettes). Pour le mouvement politique écologiste Génération Ecologie, cela représente autant de déchets qui ne seront pas revalorisés et iront directement soit à l’enfouisseur, soit à
l’incinérateur. En définitive, les collectivités, outre le privilège de s’acquitter du droit d’accueillir le Tour de France, doivent prendre à leur charge l’intégralité des coûts de collecte et
d’élimination des déchets.
Cependant, les déchets ne sont pas les seules nuisances à ternir l’image emblématique du Tour de France. Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour un événement qui promeut ce mode de déplacement
respectueux de l’environnement qu’est le vélo, le Tour de France est loin d’être neutre en terme d’émissions de CO2. Si les candidats sont au cœur de la course, il ne faut pas omettre l’encadrement
massif dont ils font l’objet, composé notamment d’une caravane publicitaire permanente, d’une escorte de motos et de voitures de directeurs sportifs, de bus et de camions de logistique, sans oublier
les nombreux fidèles de cette manifestation qui n’hésitent pas à parcourir des kilomètres pour suivre l’évolution des coureurs.
Pointant du doigt les coulisses de l’un des événements nationaux les plus populaires, Génération Ecologie demande à la société du Tour de France de prendre ses responsabilités. Le parti politique
exige ainsi que celle-ci publie son Bilan Carbone et verse la compensation au PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) ou à Landes Aids (Ensemble pour la reforestation de la forêt
landaise). Il insiste également sur la nécessité de faire de la sensibilisation des spectateurs à la question des déchets une priorité, la caravane publicitaire devant, elle aussi, « adopter un
comportement éco-citoyen ».
Festival de musique, semaine de résistance, camp climat, Alter tour, l'été sera chaud à Notre Dame des Landes du 1° au 9 août
NPA vendredi 31 juillet 2009
Depuis 40 ans, Notre Dame des Landes, un petit village d'irréductibles, résiste dans l'ouest de la France,
à l'implantation d'un aéroport international.
Il s'agissait dans les années 70, de créer une base d'accueil transatlantique pour Concorde, sorte de Hub Européen, d'où
les passagers du bel oiseau supersonique pourraient atteindre leur destination finale dans le vieux continent. Le projet avait un sens, le vol à plus de Mach 2 ne pouvant se faire qu'au dessus des
océans. A l'époque la zone aéroportuaire était dix fois moins peuplée qu'aujourd'hui, cependant les autochtones ne voulaient pas de cet équipement chez eux, leur pays étant un havre de calme et un
paradis naturel pour les espèces et pour y vivre.
Le projet Concorde n'a jamais décollé, il est même définitivement enterré, mais le projet initial s'est transformé en un
projet pharaonique avec deux pistes et une zone aéroportuaire de plus de 1400 ha (1200 à Roissy) à laquelle s'ajouterait une vaste zone industrielle destinée à alimenter et à digérer le fret du futur
plus grand aéroport français destiné au transport des marchandises internationales. Le projet a été monté par quelques lobbyistes, multinationales du bétonnage des transports de la logistique, avec
la bénédiction des banques (avant l'effondrement du système). Ils ont su trouver des appuis politiques auprès des élus UMP ou PS des collectivités locales, région, département, communauté de
communes, grandes villes, avec Jean Marc Ayrault comme chef de file des Auxiette, Maréchal, Batteux, mais aussi des Fillons, Bachelot, De Charrette, Hunault, Guedon, De Villiers, sans oublier la
complicité de quelques communistes qui pour conserver leurs sièges font allégeance au monarque PS du cru.
Au fil du temps le projet «d'Ayraultport» se révèle de plus en plus décalé et impopulaire. Les réalités
financières, industrielles, écologiques, culturelles, sociologiques suscitent de la part des populations locales mais aussi dans tout le pays et dans toute l'Europe, plus de critiques et
d'oppositions que d'adhésions. L'opposition commence depuis le citoyen local, l'agriculteur, le résident, et va jusqu'à la commission Européenne qui ne donnera pas son feu vert au financement du
monstre, en passant par un collectif d'élus, de plus en plus nombreux, des associations, des collectifs citoyens, des ONG, des partis politiques. La résistance s'organise et le projet a du plomb dans
l'aile...
Venez nombreux avec une tente et du matériel de camping, c'est gratuit.
Le site de « La Rolandière » à Notre Dame des Landes est très champêtre mais confortable, vous aurez accès à
des douches, des toilettes sèches et de l'électricité. Pour vous restaurer, vous trouverez plusieurs bars et cuisines autogérées. Pour vous informer et vous documenter, vous trouverez de
nombreux stands, dont un stand NPA que nous vous invitons à venir tenir quelques heures. Toute la semaine, vous pourrez participer à des débats (y compris organisées par le NPA*), des projections de
films militants, des stages sur la Désobéissance civile et l'action non violente, des animations musicales (si vous faites de la musique, apportez votre instrument et venez vous exprimer en public),
et encore beaucoup d'autres choses et de belles rencontres...
Le Vendredi 7, en fin d'après-midi, un grand débat sera organisé avec des représentants des principales formations
politiques de la gauche de gauche sur le thème:
Comment les politiques prennent en compte l'écologie ?
Avec :Corinne Morel-Darleux (PG), José Bové (Altermondialiste, Europe Ecologie), Yannick Jadot (Greenpeace, Europe Ecologie), J-J Boislaroussie et Rachelle Lafontaine
(les Alternatifs),Christine Poupin (NPA), Vincent Liegay, Paul Ariès (Objecteurs de
Croissance),Aurélien Bernier (M'Pep), Alliance Ecologique, ...
Au programme par ailleurs :
Samedi 1er Août :
2° édition du festival «Le Plancher des Vaches»
Concert à partir de 20 H
Dimanche 2 Août :
9ème Pique-Nique des opposants à 12 H
Du 3 au 9 Août :
CAMP ACTION CLIMAT
Ateliers, Débats, forums, Concerts, Projections ...etc.
Samedi 8 Août :
MANIFESTATION
Arrivée de l’Alter Tour, action de masse...
* Au niveau du NPA, nous souhaitons organiser des forums sur les thèmes suivants:
- Qu'est-ce que le NPA ?
- Ecologie et capitalisme
- Agriculture et capitalisme
- Productivisme et écologie
- Décroissance
- Biens communs et services publics
- Transports, aménagement du territoire, urbanisme...
- Privatisation de La Poste (initiative pour l'organisation d'un référendum national)
...
Liste non exhaustive, suivant le temps et la bonne volonté de chacun...
Initiative de la Coordination Anti-Aéroport* soutenue par : ATTAC, CIRCA (clowns activistes), Décroissants radicaux,
Europe-écologie , Faucheurs et Semeurs volontaires (44), FASTI, Greenpeace, Nouveau Parti Anticapitaliste, Objecteurs de croissance, le Parti de Gauche, les Alternatifs, Réseau Action-Climat, Réseau
No Pasaran, Utopia…
*COORDINATION ANTI-AÉROPORT : ACCV, ACIPA, ADECA, A l’est de l’erdre, ANDE, ATTAC 44-56, BVV, Bretagne Vivante,
Collectif anti-marées noires, Confédération Paysanne, FEA, FNAUT, GND, Greenpeace 44, Les Alternatifs 44-56, Les Verts 44, LPO, Malice, MEI 44, Nature-Action, Nature Avenir, Nature et progrès,
Objecteurs de Croissance, SDN-L&V, Solidarité-Ecologie, SP 2015, VAS, VAT
Site de La Rolandière, 44130 Notre Dame des Landes.
La manne financière du CO2
A l’heure où le portefeuille des Français ne devrait pas tarder à être mis à contribution par la mise en place de la Taxe Carbone, une étude de l’ONG anglo-saxonne Sandbag dénonce les profits
financiers de l’industrie européenne liés au marché du carbone.
D’après le rapport publié par Sandbag, l’industrie européenne bénéficiera globalement, dans les prochaines années, d’un surplus équivalent à 400 millions de tonnes de crédits CO2. L’apparition
de cette manne est le fruit, d’une part, d’un excellent travail de lobbying des industriels, au nom de la compétitivité internationale, auprès des instances européennes et, d’autre part, de la baisse
générale de l’activité économique. La revente de ces droits à polluer pourrait générer un bénéfice de l’ordre de 5 milliards d’euros.
Pour Morgane Créach, du RAC-France, « Avec cet excédent, les industriels européens n’auront pas à lever le petit doigt pour réduire leurs émissions au moins jusqu’en 2015 ! Les industriels
français quant à eux pourront empocher jusqu’à plus de 280 millions d’euros (environ 20 millions de quotas excédentaires sur 2008-2012 à un prix de 14 €) en vendant ce surplus. On nage
en plein paradoxe avec un système qui fonctionne sur le mode du pollueur-payé ! ».
Pour Damien Demailly du WWF-France : « L’Europe doit rectifier le tir sans plus attendre et passer à un objectif de réduction de ses émissions beaucoup plus ambitieux. Elle s’est engagée
l’année dernière à réduire ses émissions de 20 %, voire de 30 % en cas d’accord international ».
Des victimes de l’agent Orange, cet herbicide très toxique utilisé pendant la guerre du Vietnam, ont déboutées par la Cour suprême des Etats Unis. En France, des faucheurs volontaires sont
condamnés à payer 73 000 euros à la firme agro-chimique Monsanto. Deux poids, deux mesures... Entre les luttes des faucheurs volontaires et celles des populations civiles vietnamiennes, Monsanto
reste le dénominateur commun. Et continue de sévir impunément.
Citer le nom de l’entreprise Monsanto fait inévitablement penser aux OGM, en particulier au maïs transgénique
Mon810 qui a défrayé la chronique. On pense aussi à la production de l’herbicide Roundup qui fut longtemps présenté par
la firme comme « sans risque pour l’homme, les animaux et leur environnement »... avant que Monsanto soit condamné en 1996 par le Bureau de la répression des fraudes de l’Etat de New York pour publicité mensongère. Mais on oublie trop
souvent que Monsanto a participé à la création de l’agent Orange, un défoliant chimique ultra puissant.
Monsanto invente l’agent Orange
C’est au début des années 1940 que des chercheurs isolent l’hormone qui contrôle la croissance des plantes et en reproduisent la molécule de manière synthétique. Or, la synthèse de cette hormone
artificielle libère des produits toxiques dérivés dont la dioxine TCDD. Cette dioxine est un véritable poison. Les personnes qui y sont exposées peuvent développer différents types de cancers et
leucémies, jusqu’à de dramatiques malformations chez les enfants. Cela n’empêchera pas Monsanto d’utiliser cette découverte en vue de créer son désherbant, l’agent Orange.
Ce dernier est utilisé par l’armée américaine de 1961 à 1971 pour détruire à grande échelle la jungle vietnamienne durant la guerre, afin de faciliter la progression de ses troupes et de débusquer
les combattants vietnamiens. Durant cette période, 80 millions de litres de défoliant sont déversés sur 3.3 millions d’hectares de forêts et de terres. Plus de 300 villages seront contaminés.
Les victimes de l’Agent Orange déboutées...
Plus de 40 ans après cet épandage massif qui affectent encore aujourd’hui les populations civiles vetnamiennes et des milliers de vétérans américains de la guerre du Vietnam, les crimes de
Monsanto restent impunis. Le 2 mars 2009, les juges de la Cour suprême des Etats Unis ont débouté les plaignants qui avaient lancé deux actions en justice contre les principales firmes américaines productrice de l’Agent
orange : Monsanto, Dow Chemical et quelques autres sociétés.
... Et des faucheurs volontaires condamnés
Pendant ce temps là à Greneville en Beauce (Loiret), le fauchage en 2004 et 2005 de parcelles de maïs génétiquement modifiées conduit 49 faucheurs à payer 73 000 euros de dommages et intérêts au
profit de... Monsanto ! Une marche citoyenne était organisée le 20 juin 2009 entre Greneville en Beauce et Toury (Eure et Loir), pour remettre symboliquement le deuxième versement des dommages
et intérêts à Monsanto. Et demander à la firme de reverser cette somme aux victimes de l’agent Orange.
Étonnantes équations où le fauchage de quelques épis de maïs conduit Monsanto à réclamer 600 000 euros et où les familles des victimes de l’Agent Orange - entre 2 et 5 millions de victimes selon
les estimations, en grande majorité des Vietnamiens - n’ont à ce jour bénéficié d’aucun dédommagement.
Sophie Chapelle
Comment les armées détruisent la planète
L'armée au
travers de son fonctionnement quotidien est une grande consommatrice de territoires, d'énergie et autres ressources naturelles de toutes natures... Reste à trouver les données pertinentes pour
mesurer cette empreinte... Lors du "Grenelle de l'environnement", l'armée était l'un des grands absents. En revanche, le ministère de la défense a lancé une opération de communication en présentant à
la presse le 27 novembre 2007 un "plan d'action environnement" qualifié, bien sûr, d'ambitieux. Sauf que les moyens mis en oeuvre concrètement frisent le ridicule ! Prenons l'exemple de
la consommation des produits pétroliers. Le Service des essences des armées distribue chaque année environ 1 200 000 m3 de produits pétroliers. Or, les mesures proposées concernent essentiellement la
formation des 15 000 conducteurs du ministère à ce qu'il nomme "la conduite souple" ou "l'éco conduite" visant à réduire les consommations de carburant et à acheter des voitures plus économes... Sans
être expert, on peut estimer que même si le ministère est gestionnaire du second parc national, derrière La Poste, avec près de 70 000 véhicules, une réduction sérieuse de sa consommation de produits
pétroliers et d'émission de CO2 se joue
prioritairement au niveau des avions de combats (Rafale et autre Mirage...) et de l'armement naval...
En fait, la principale mesure de ce "plan environnement" sera la réalisation chaque année d'un bilan environnemental du ministère. La première édition est prévue pour la fin de l'année 2008 et
comportera un "bilan de ses rejets gazeux et liquides dans l'environnement, de ses productions de déchets, de ses consommations d'énergies et d'eau ainsi qu'un bilan carbone". Déchets nucléaires y
compris ? Le document du ministère se garde bien de le préciser... Pourtant, calculer l'empreinte écologique de l'armée nécessite de prendre en compte de tels paramètres comme l'impact des 210 essais
nucléaires réalisés par la France au Sahara et en Polynésie, l'impact des différents essais d'armes et plus globalement d'inclure aussi le bilan des entreprises travaillant pour la production
d'armement... En effet, le ministère de la défense est le premier investisseur de l'État, le premier gestionnaire immobilier et foncier de l'État (264 000 hectares) et le deuxième employeur de l'État
(430 000 personnes, auxquelles il faut rajouter environ 166000 travailleurs dans l'armement).
Les différents calculs de l'empreinte écologique de la France soulignent qu'une généralisation du niveau de vie moyen d'un Européen ou d'un Français à l'ensemble des habitants nécessiterait deux
planètes supplémentaires. La prise en compte de l'impact des activités militaires et de leurs conséquences augmenterait à coup sûr ces estimations. De quoi créer un "indice de l'impact militaire" au
côté notamment des différents indicateurs environnementaux et sociaux...
Extrait de « Silence » - Avril 2008 Patrice Bouveret- Observatoire des armements
Combien ça consomme ?
Les renseignements ne sont pas toujours faciles à trouver, mais voici deux exemples.
Ces déchets proviennent des centrales électriques mais aussi de l'industrie, des laboratoires de recherche, de la défense ou de matériel médical. Fin 2030, le volume total des déchets
nucléaires devrait être deux fois plus élevé en France.
Centrale nucléaire (Sipa)
Plus de 1,15 million de mètres cube de déchets nucléaires étaient stockés sur 1.121 sites en France fin 2007, provenant des centrales électriques mais aussi de l'industrie,
des laboratoires de recherche, de la défense ou de matériel médical. C'est ce qu'indique un rapport de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) publié mardi
30 juin.
Selon ce rapport, à la fin de 2030, le volume total de déchets nucléaires devrait être deux fois plus élevé : 2,25 millions de m3.
Les déchets hautement radioactifs, issus des combustibles usés des centrales, en composent une part infime en volume (0,2% avec 2.293 m3) mais ils représentent 94,98% de la radioactivité totale fin
2007, indique l'Andra.
Le volume de ces déchets dits à "haute activité" devrait dépasser 5.000 m3 en 2030.
De nouveaux sites de stockages
Ils sont actuellement stockés sur les sites de La Hague (Manche) et de Marcoule (Gard), tout comme l'essentiel des déchets de "moyenne activité à vie longue" (MA-VL) dont la radioactivité prend plus
de 31 ans pour diminuer de moitié. Ces déchets MA-VL représentent 3,6% du volume pour 4,98% des rayonnements.
Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (moins de 31 ans pour diviser la radioactivité par deux) sont pris en charge par l'Andra dans le centre de stockage de l'Aube. Ils constituent
68,8% du volume pour 0,03% de la radioactivité.
En attente d'une solution de gestion définitive, les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) représentent 7,2% du volume pour 0,009% de la radioactivité. Deux communes de
l'Aube, Auxon et Pars-lès-Chavanges, viennent d'être pré-sélectionnées dans le cadre de la recherche d'un site de stockage de ce type de déchets.
Les déchets de "très faible activité" représentent 20% du volume total, pour une part infime de la radioactivité.
L'Andra publie tous les trois ans un "inventaire national des déchets radioactifs et des matières valorisables".
NUCLÉAIRE
Réacteur 1 d'EDF-Tricastin:
des fissures qui inquiètent
À la veille de la réunion de la Commission locale d'information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin (Cligeet) qui se tiendra le 26 juin, la Frapna interpelle le président de la structure au sujet de la durée de vie du réacteur 1 de la centrale EDF-Tricastin.
Cette tranche est actuellement en chantier à l'occasion de la troisième visite décennale. Et c'est à la suite de ce contrôle que l'Autorité de sûreté (ASN) nucléaire autorisera ou non la
prolongation du fonctionnement de ce réacteur pour dix ans ou plus. Or, la Frapna demande « la fermeture définitive du réacteur n° 1, sans plus attendre » et à ce que « cette proposition soit à
l'ordre du jour de la séance plénière de la Cligeet. »
L'inquiétude de la Frapna provient notamment d'un "défaut sous revêtement" mentionné dans le rapport annuel 2007 de l'ASN. Des fissures qui auraient été générées sur la cuve du réacteur lors de sa
fabrication. « L'ASN en recense 17 rien que sur le réacteur 1 de Tricastin », précise Jean-Pierre Morichaud, représentant de la Frapna. D'autres réacteurs présentent des fissures de ce type, selon un
document de l'ASN, mais en nombre inférieur : « cinq pour Fessenheim 1, trois pour Chinon B3... La cuve de Tricastin 1 fait figure de cas particulier », avait admis l'ASN à Jean-Pierre Morichaud par
écrit, en septembre 2008.
Ce dernier précise ses inquiétudes : « Il y a des fissures, mais on ne nous dit pas de quelle profondeur (...) Il y a un risque qu'elles s'aggravent car les flux de neutrons peuvent rendre le
métal de la cuve cassant (...) On prend des risques à faire durer le réacteur dix ans de plus quand il a été construit pour fonctionner trente ans. On reporte à plus tard en attendant le gros pépin ?
»
Contacté hier, EDF-Tricastin n'a pas souhaité réagir.
Récemment crée, le collectif "Val d'Oise sans F1", a affirmé, jeudi 25 juin, lors d'un point
presse, son "opposition" au projet de circuit de Formule 1 que ce soit dans le Val-d'Oise ou en Ile-de-France, rappelant que "c'est en totale contradiction avec les objectifs du
Grenelle de l'environnement".
"Contrairement à ce qu'a pu dire le député-maire de Sarcelles, François Pupponi (PS), les terrains visés par le projet ne sont pas du tout abandonnés, ce sont des terrains agricoles
dont nous avons besoin", a déclaré Bernard Loup, du collectif "Val d'Oise sans F1".
François Pupponi "parle d'ailleurs du projet de Sarcelles mais il faut savoir que ces terrains se trouvent sur les communes de Villiers-le-Bel et Ecouen", a précisé Bernard Loup.
Environnement
Pour Jean-Claude Marcus du collectif, ce projet "est un fantasme car le tracé du circuit se situe dans l'axe du doublet Nord des pistes de Roissy", cela "pose un problème de sûreté pour les avions
qui survolent la zone à seulement 300 ou 400 mètres".
Selon le député-maire, ce projet pourrait "créer plusieurs milliers d'emplois", c'est démagogique car nous savons que ce ne seront que quelques centaines d'emplois, pas forcément à la portée des
chômeurs d'ici, c'est jouer sur la désespérance sociale, ça nous inquiète", a déploré Bernard Loup.
"Ce sont des projets en totale contradiction avec les objectifs du Grenelle de l'environnement et que ce soit dans le Val-d'Oise ou n'importe où en Ile-de-France, nous sommes contre
toute nouvelle implantation de circuit de F1", a réaffirmé Bernard Loup.
Yann Arthus-Bertrand se mobilise
Trois projets -Val de France (Sarcelles, Val d'Oise), Flins (Yvelines) et Magny-Cours (Nièvre)- sont concurrents pour l'organisation du futur Grand Prix de France de Formule 1 en
2011.
Concernant le projet de circuit de F1 à Flins (Yvelines), Yann Arthus-Bertrand a demandé le 16 juin son abandon "au plus vite" dans une lettre ouverte adressée à Christine Boutin,
présidente par intérim du conseil général des Yvelines, et qu'il cosigne avec d'autres défenseurs de l'environnement.
« Home » :
le buzz du capitalisme vert
jeudi 18 juin 2009
Le film « Home », de Yann Arthus Bertrand, visionné par des millions de personnes, a le mérite
de sensibiliser à certains problèmes environnementaux. Mais, financé par de grands groupes capitalistes, il ne remet en rien en cause le système. Quitte à faire l'impasse sur les OGM et le
nucléaire.
Yann Arthus Bertrand (YAB), aidé de Luc Besson, a réussi un des plus gros buzz au monde: Home a été diffusé en prime
time dans 80 pays, projeté en plein air à Paris et à Londres, mis en ligne sur You Tube et sorti en DVD. Ce n'est ni un film ni un documentaire. C'est une plongée dans les photos de La Terre vue du
ciel ! D'un point de vue esthétique, Home est une merveille. Des plans splendides, des couleurs incroyables… Même les pires endroits du monde deviennent beaux à travers les yeux de YAB :
les décharges dans lesquelles se déplacent des enfants, les usines de sites pétrochimiques… Un hommage réussi à notre belle planète Terre.
D'un point de vue politique, Home est un événement. Tout le monde n'a parlé que de cela durant quelques jours, occultant
les élections européennes, selon certains, ou favorisant la liste Europe écologie pour d'autres… Après les films américains La Vérité qui dérange, d'Al Gore, et La Onzième Heure, de Leonardo Di
Caprio, enfin un film « européen » pour sensibiliser la population aux questions environnementales. Et pas n'importe quel film ! YAB nous convainc (si nous ne l'étions pas déjà) avec
dextérité de l'urgence écologique à laquelle nous sommes confrontés.
Le message de Home est le suivant : notre belle Terre, qui a mis plusieurs millions d'années à construire un
équilibre fragile est en train d'être détruite à vitesse grand V par la bêtise humaine sans limite, qui consomme jusqu'au bout chacune de ses précieuses ressources. Home pose tout de même problème:
d'emblée, dans le générique, on voit défiler les noms des financeurs du film - de grands groupes et des entreprises de luxe -, qui s'assemblent comme par magie pour former les lettres du nom
« Home ». Mais ces mêmes « sponsors » épuisent les ressources, polluent, rejettent du CO2, exploitent les salariés à travers le monde, etc.! Une opération de marketing
pour leur bonne conscience ? Une nouvelle forme d'investissement ?
Une fois le constat de destruction de la Terre démontré, le film nous incite à la réaction : à nous d'agir pour
sauver la planète ! Bonne idée… mais comment ? Et là, YAB reste muet. Certes, quelques éoliennes et des panneaux solaires de ci, de là. Mais cela ne suffit pas à sauver les ours polaires,
les enfants qui vivent dans les détritus, les femmes et les hommes qui meurent faute d'eau potable, etc.
Enfin, deux sujets majeurs sont occultés dans ce documentaire : les OGM et le nucléaire. Récemment, YAB a concédé
qu'« il y aura des accidents nucléaires un jour ou l'autre, il faut le savoir. » Avant d'ajouter, sans s'appesantir sur la contradiction : « On a besoin du nucléaire! » D'où
l'absence de plan sur les centrales. Dans tous les cas, maintenant, c'est à nous de proposer des solutions écologistes et anticapitalistes.
Dans une lettre à la Commission européenne, ils soutiennent une proposition des Pays-Bas permettant d'interdire les cultures OGM sur leurs sols. La Commission préfère
l'interdiction de commercialisation.
Un faucheur d'OGM (Sipa)
Dans une lettre adressée à la Commission européenne, onze pays de l'Union européenne réclament la possibilité d'interdire la culture de
semences génétiquement modifiées sur leur territoire, rapporte l'AFP ayant obtenu une copie, vendredi 19 juin.
L'Autriche, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, la Lettonie, la Lituanie, Malte, les Pays-Bas et la Slovénie veulent que cette possibilité soit discutée lors du
prochain conseil des ministres de l'Environnement, le 25 juin à Luxembourg.
Le maïs OGM déjà interdit
L'autorisation de la culture OGM est actuellement paralysée par la méfiance de l'opinion publique en raison des incertitudes entourant leurs éventuelles conséquences pour la santé et
l'environnement. "Si une demande d'autorisation devait être soumise à un vote au niveau européen, nous aurions un rejet c'est sûr, car la tendance est au refus", indique un
responsable de la Commission européenne sous couvert de l'anonymat.
Quelques pays, comme l'Allemagne, la France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie et le Luxembourg, ont déjà interdit pour la culture du maïs génétiquement modifié de Monsanto MON810.
Partisan de l'autorisation des OGM, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a été désavoué
lorsqu'il a tenté d'imposer la culture du MON810.
A une écrasante majorité (22 contre 5), les pays de l'UE ont refusé de forcer la Hongrie et l'Autriche à lever leur interdiction de cultiver le maïs génétiquement modifié américain. José Manuel
Barroso n'a toutefois pas renoncé et doit revenir à la charge contre la France et la Grèce, a-t-on appris à la Commission.
La Commission réservée sur l'autorisation nationale
Une situation déplorée par les Etats signataires de la lettre qui soutiennent une proposition des Pays-Bas de reconnaître le droit aux Etats membres d'autoriser ou non la culture des OGM. La
Commission reste sceptique sur l'idée de nationaliser les autorisations, préférant une législation à l'échelle européenne.
Toutefois, elle considère qu'une distinction entre autorisations de culture et de commercialisation doit être étudiée, car elle serait "plus acceptable pour l'opinion publique",
explique le directeur général Environnement Karl Falkenberg.
2e EPR : l’énergie contre les citoyens (appel unitaire)
NPA, vendredi 12 juin 2009
Changements climatiques, raréfaction des ressources, crise pétrolière, libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz, la question des services énergétiques est au cœur de nos sociétés.
Elle constitue également un des enjeux majeurs du 21e siècle.
Et si le sujet est aujourd’hui au cœur de l’actualité et de l’agenda politique, il reste certains tabous qui échappent au débat public et démocratique. C’est notamment le cas du nucléaire et plus
particulièrement du programme EPR, que le gouvernement est en train d’avaliser en présentant au Parlement la programmation pluriannuelle des investissements (PPI). Prise en dépit du bon sens et au
mépris de la démocratie, cette programmation n’est pas la réponse aux enjeux graves auxquels nous devons faire face.
L’annonce de la construction d’un 2e EPR à Penly, faite par Nicolas Sarkozy le 30 janvier dernier, est un véritable déni de démocratie. Aucun débat public, pas de
consultation, censure dans le cadre du grenelle de l’environnement, le parlement et le ministre de l’Energie court-circuités. Le président de la République persiste à décider seul, alors que
l’énergie doit être une affaire de citoyens. L’EPR ne répond pas aux besoins énergétiques de la France. Notre pays est déjà en surproduction électrique et n’a pas besoin de nouvelles centrales. Les
nouveaux réacteurs EPR vont en fait augmenter les exportations d’électricité, déjà très importantes. Le risque et les déchets resteront quant à eux en France. En outre, l’EPR n’est qu’une vitrine
commerciale pour vendre des réacteurs à l’étranger.
Faire le choix d’un programme EPR, c’est tourner le dos aux exigences actuelles de sobriété et d’efficacité énergétique et se mettre en totale contradiction avec les engagements, pourtant bien
insuffisants, du Grenelle de l’environnement. Celui-ci prévoyait une baisse des consommations énergétiques et le développement des énergies renouvelables, tout en laissant de côté la question
épineuse du nucléaire. On voit aujourd’hui quelle voie le gouvernement a choisi... Augmenter la production d’électricité nous enferme dans la logique qui a prévalu jusqu’à présent : pas de
maîtrise de l’énergie, les renouvelables reléguées au second plan.
L’EPR n’est pas une solution pour lutter contre les changements climatiques. Au niveau mondial, le nucléaire ne représente que 2 à 3% de la consommation finale d’énergie. Selon l’Agence
Internationale de l’Energie (AIE), même en triplant le nombre de réacteurs d’ici 2050, c’est-à-dire en construisant 30 réacteurs par an, on ne réduirait que de 6% les émissions de gaz à effet de
serre.
L’EPR ne répond pas à la crise économique. Il s’agit d’un projet coûteux (4 à 5 milliards d’euros) qui dépasse largement les prévisions initiales et qui ne tient pas compte du coût de la gestion
des déchets et du démantèlement. Les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie sont bien plus créatrices d’emplois et porteuses d’avenir. Des études confiées à des cabinets indépendants ont
montré qu’à investissement équivalent, un programme éolien produirait deux fois plus d’électricité et créerait près de 5 fois plus d’emplois stables.
Enfin, l’EPR ne répond pas aux problèmes du nucléaire : risque, déchets, prolifération. Pire, il les aggrave ! En effet, les déchets qui seront produits par l’EPR seront beaucoup plus
dangereux que ceux produits actuellement.
Pour toutes ces raisons, nous, associations, partis politiques et syndicats nous prononçons, collectivement, contre le programme EPR et demandons son arrêt immédiat, ainsi que l’organisation d’un
réel débat démocratique sur l’avenir de la filière nucléaire française.
Paris, le 5 juin 2009
Signataires :
Agir pour l’environnement, ATTAC, CAP 21, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Les Verts, NPA, Parti de Gauche, Solidaires, Réseau « Sortir du nucléaire »
Pour l’interdiction des 24 Heures du Mans
09.06.2009
Et c’est reparti pour un tour, ou plutôt pour 360 tours de circuit (à quelques tours prêt) et 24 heures de furie motorisée et polluante. On a diffusé le film Home sur
France 2 la semaine dernière et Europe Ecologie a fait un carton aux élections européennes : ce n’est pas grave et cela ne change pas grand chose pour les 24 Heures du Mans, cette Arme de
Pollution Massive qui revient tous les ans à la même époque nous rappeler qu’au bout du compte, la planète, le réchauffement climatique, l’épuisement du pétrole ou l’environnement, tout le monde s’en
fout !
Les 24 Heures du Mans : 280.000 litres de carburant qui partent en fumée
La Formule 1 est déjà une activité motorisée passablement polluante : faire tourner des voitures en rond pendant une heure et demie fleure bon le siècle passé,
une époque où l’Amoco Cadiz était seulement un dégât collatéral de l’indispensable développement de la mythologie automobile.
Mais avec les 24 Heures du Flan Mans, on atteint des sommets de débilité profonde : on ne se contente pas de les faire tourner une heure ou deux, ces bagnoles
plutôt moches qui consomment comme des Airbus, mais 24 heures, rien que ça !
Pourquoi ne pas avoir carrément inventé les 15 jours de Bordeaux (le tour du périphérique de Bordeaux durant 15 jours) ou même les 3 mois de Marseille (aller-retour
Aix-Marseille sans discontinuer pendant 3 mois) ? Où est la limite de la connerie ? Qui leur dira un jour que le pétrole est bientôt en voie d’épuisement et pourrait éventuellement servir à
des activités plus primordiales que de faire des ronds en bagnole ?
Le développement durable des 24 Heures du Mans
Parce que les 24 Heures du Mans, c’est quand même 280.000 litres de carburant qui partent en fumée l’espace d’un week-end [1]. Et on ne parle ici que de la course principale, pas de toutes les autres courses annexes qui se déroulent au Mans (24 Heures motos, Essais Le Mans Séries, Championnat
de France Superbike, Grand Prix de France Moto, 6 Heures du Mans 50 cc, Le Mans Classic, 24 Heures Camions, Trophée Inter-écuries, etc.). Bref, on peut multiplier au moins par 3 ou 4 la consommation
totale de carburant… pour arriver à environ un million de litres de carburant dépensé en pure perte !
Heureusement, les organisateurs ont pensé à la planète, de grands écologistes fans de Daniel Cohn-Bendit sans doute ; ils ont instauré l’apport
d’agro-carburants ! L’essence utilisée en course contient ainsi 10% d’éthanol. Une touche en faveur de l’écologie (selon les organisateurs bien sûr !) dont la finalité reste toute mesurée.
“Avec ce carburant, nous faisons un tour de moins qu’avec celui que nous utilisions précédemment” lâche-t-on chez Pescarolo Sport. Oups ! La consommation est donc tout simplement plus
élevée…
Le trophée du CO2
A l’heure où l’on parle de plus en plus à juste titre d’émissions de CO2 qui participent au réchauffement climatique, qui fera l’effort de calculer les émissions
totales de CO2 des 24 Heures du Mans ?
Un universitaire belge, Pierre
Ozer, avait calculé les émissions de CO2 relatives au Grand Prix de Formule 1 à Spa-Francorchamps (16 septembre 2007) et était arrivé à un total impressionnant de 8400 tonnes de CO2 émises durant
les 90 minutes du Grand Prix !
Sachant que “seulement” 22 bolides tournaient en rond durant “seulement” une heure et demie, à combien peut-on estimer les émissions de CO2 des 24 Heures du Mans qui
voient courir une cinquantaine de voitures durant 24 heures ? Je laisse le soin aux spécialistes et aux internautes motivés de fournir leurs estimations…
Les 24 Heures des Micro-particules
Les 24 Heures du Mans, ce sont donc 280 000 litres d’essence mis à disposition par Shell. De l’essence mais aussi du diesel. Depuis quelques années, sous l’impulsion
de la marque allemande Audi, le diesel a fait son grand retour dans la compétition automobile. Un argument de choc pour démontrer que le « mazout » peut offrir une performance égale voire
supérieure à l’essence. Il a permis à Audi de vanter les mérites de son moteur Tdi et à Peugeot d’embrayer avec sa version Hdi. Ces mêmes motorisations qui ont inondé les parkings et les garages.
L’histoire ne dit pas si les bolides sont équipés de filtres à particules, car le diesel est maintenant connu pour ses émissions massives de micro-particules qui
s’infiltrent dans les poumons et causent de nombreuses maladies, particulièrement chez les sujets sensibles comme les enfants et les personnes âgées…
Les 24 Heures du Mans : un contre sens historique, une logique de courte vue ?
Pour finir, citons notre Premier Sinistre National, le bien-nommé “Courage Fillon” qui déclarait en juin 2008 : “Encourager la consommation d’hydrocarbures en faisant baisser le
prix de l’essence serait un contre sens historique, une logique de courte vue. Ce serait prolonger une illusion en attendant la hausse suivante. Je refuse d’entrer dans cette logique de courte vue.
L’Etat n’est pas là pour donner un faux répit. Il est là pour aider à franchir un cap. Et ce cap, nous ne pourrons le passer qu’avec une vraie politique de transition.”
Il est vrai que ces propos n’ont pas vraiment de valeur venant de quelqu’un qui a lui-même participé en 2006 aux 24 Heures du Mans “Classic”, au volant d’une Ferrari
275 GTB…
Comme nous ne pouvons décidément pas compter sur les hommes politiques pour changer quoi que ce soit à cette aberration automobile qu’on appelle 24 Heures du Mans,
nous souhaitons proposer une alternative aux 24 Heures du Mans. En finir une bonne fois pour toute avec cette course et tous ses dérivés polluants (24 Heures motos, 6 Heures du Mans 50 cc, Le Mans
Classic, 24 Heures Camions, etc.) et instaurer une nouvelle course nationale relocalisée, les 24 Heures du Mans de ta ville.
Les 24 Heures du Mans de ta ville
Comme il sera difficile (dans un premier temps) de priver des milliers de personnes de leur hobby motorisé et au regard de la passion intrinsèque pour la compétition
qui anime le cerveau reptilien de l’homme motorisé, nous proposons donc la mise en place d’une multitude de courses locales, les 24
Heures du Mans de ta ville, qui consistent à faire concourir des équipes de deux en chariot à roulettes (autre nom de la voiture) dans toutes les villes de France.
Les avantages sont multiples : relocalisation de l’activité, ce qui empêche les déplacements massifs vers Le Mans le temps d’un week-end, arrêt total des
émissions de CO2 et de la consommation de pétrole, fin de la pollution et des accidents mortels, exercice physique idéal pour garder la santé, animation dans les rues de toutes les villes de France,
franche rigolage entre copains et copines, etc.
Les 24 Heures du Mans, c’est complètement has been ! Vivent les 24 Heures du Mans de ta ville !
Communiqués de presse du Réseau Sortir du nucléaire
03/06/2009
Avant la sortie du film "Home" le 5 juin :
le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce l'engagement pronucléaire de Yann Arthus-Bertrand
Yann Arthus-Bertrand avoue qu' "il y aura des accidents nucléaires un jour ou l'autre" mais… il soutient quand même le nucléaire
Selon le photographe, interviewé sur France inter samedi 30 mai (*), Alain Juppé lui avoué que Bordeaux avait failli être évacuée lors de l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais en décembre
1999. Pourtant, de façon incompréhensible, Yann Arthus-Bertrand continue de soutenir l'industrie nucléaire…
Le film "Home", porté par une puissante campagne de promotion, sort le 5 juin sur les 5 continents. Avec cette opération mondiale, Yann Arthus-Bertrand se pose comme l'un des premiers écologistes de
la planète.
Or, ce statut est plus que contestable puisque le photographe continue imperturbablement de soutenir l'industrie nucléaire, une des industries les plus polluantes et dangereuses, qui met gravement en
danger l'avenir de la planète. Cette position ne peut que renforcer les soupçons de collusion avec l'un de ses principaux sponsors, l'électricien français EDF.
La position pronucléaire de M. Arthus-Bertrand est d'autant plus indéfendable que, interviewé sur France inter, il vient de faire un aveu crucial : le maire de Bordeaux Alain Juppé lui a confié que,
lors de la tempête de décembre 1999, l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) avait été si grave que les autorités avaient été à deux doigts de faire évacuer la ville de
Bordeaux.
M. Arthus-Bertrand avoue qu' "il y aura des accidents nucléaires un jour ou l'autre, il faut le savoir" mais il ajoute à plusieurs reprises, sans s'expliquer sur cette incroyable contradiction, et
sans justifier ce propos : "on a besoin du nucléaire". D'ailleurs, questionné sur les déchets radioactifs, il décrète "oublions les déchets" (*) ! Mais quel "'écologiste" est donc M. Arthus-Bertrand
?
Et de quel "besoin" s'agit-il ? Satisfaire les ambitions industrielles d'EDF et d'Areva ? Les obsessions de M Sarkozy ? Si M Arthus-Bertrand veut réellement "sauver la planète", il doit d'urgence,
avant la sortie du film "Home", se positionner contre l'industrie nucléaire. A défaut, il sera légitime de dénoncer une véritable imposture.
Selon le Forum humanitaire mondial, la majorité des morts est due à la dégradation progressive de l'environnement qui cause des problèmes comme la malnutrition.
Victimes d'une inondation, des habitants du Bangladesh font la queue pour obtenir une aide alimentaire. (Sipa)
Le Forum humanitaire mondial, présidé par l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, a publié vendredi 29 mai un rapport selon lequel le réchauffement
climatique tuerait 300.000 personnes an. Le rapport souligne également qu'il coûterait 125 milliards de dollars (90 milliards d'euros) chaque année. Selon l'étude soutenue par l'ONG
britannique Oxfam, les plus affectées par le réchauffement climatique sont les 325 millions de personnes les plus pauvres de la planète.
"Des morts en masse"
Le rapport relève notamment les difficultés du Bangladesh, où des millions de personnes doivent faire face régulièrement aux inondations et des cyclones, de l'Ouganda, où les agriculteurs souffrent
de la sécheresse. L'étude s'inquiète également de certaines îles des Caraïbes et du Pacifique, menacées de disparaître en raison de l'élévation du niveau de la mer. Le Forum humanitaire mondial
souligne par ailleurs que les 50 pays les moins développés participent à moins de 1% des émissions mondiales de CO2.
Lors du lancement du rapport à Londres, l'ex-secrétaire général de l'Onu Kofi Annan a expliqué que celui-ci prouvait la nécessité d'un "accord post-Kyoto courageux pour protéger le monde" lors de
négociations clefs à Copenhague en décembre. "L'alternative est une famine de masse, une migration de masse, des maladies de masse, et des morts en masse", a lancé Kofi Annan.
Dégradation progressive
Le Forum estime que "si les responsables politiques ne peuvent pas prendre leurs responsabilités à Copenhague, ils feront le choix de faillir (à leurs obligations envers) l'humanité". Le
réchauffement climatique est "la plus grande crise humanitaire en puissance de notre temps" a-t-il rappelé. Le rapport prédit qu'en 2030, près d'un million de personnes par an seront
tuées par le réchauffement climatique, et son coût s'élèvera à 300 milliards de dollars. L'étude demande aux pays développés à multiplier "par un facteur cent" leurs efforts pour lutter contre le
réchauffement planétaire.
La majorité des morts est due à la dégradation progressive de l'environnement qui cause des problèmes comme la malnutrition plutôt qu'aux catastrophes naturelles, note encore l'étude.
Kofi Annan a créé en 2007 ce Forum humanitaire mondial, qu'il dirige. (Nouvelobs.com)
La biodiversité, ce n’est pas seulement les espèces protégées, c’est aussi la nature « ordinaire » Une gageure à l’heure où l’on marchandise même les paysages. La Fête de la Nature, les
16 et 17 mai, sensibilisera à ces questions.
Existe-t-il une notion aussi essentielle et absconse que la biodiversité ? Cette chimère lexicale a été inventée pour donner à percevoir l’incroyable profusion des espèces vivantes, du plus
discret unicellulaire à la plus menacée des baleines, mais aussi l’inconcevable maillage de relations qu’elles entretiennent entre elles et avec les milieux, sans parler de la cuisine secrète qui se
concocte entre les gènes. On appelle aussi ça « la vie »… Cette fin de semaine, des centaines d’associations animeront la 3e Fête de la nature, conviant ces particuliers qui entretiennent
chez eux un petit coin de nature à y participer. Alors que presque tous les (maigres) efforts publics sont canalisés vers la protection des espèces animales emblématiques – l’ours, le lynx, etc. –,
c’est l’occasion d’expliquer que la sauvegarde de la nature « ordinaire » est essentielle à l’équilibre de la vie. Un message hélas encore très peu audible.
Si le rapport « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » du Centre d’analyse stratégique, présenté il y a deux semaines, révèle
combien la France est « biodiverse », ce n’est que pour tenter de définir une valeur économique à ce pactole, afin de susciter l’intérêt des décideurs pour la biodiversité. Ainsi, on reste
perplexe d’apprendre qu’un hectare de forêt « vaut » 970 euros par an, et une prairie 600. Après le succès planétaire du rapport Stern pour calculer le coût du « laisser-faire »
en matière de dérive climatique, certains écologistes se rendent à cette logique. Elle est même inscrite au Journal officiel du 12 avril 2009 : adoptant une liste de termes relatifs à l’environnement, au paragraphe « biodiversité », il est souligné que son maintien
« est une composante essentielle du développement durable ». À l’ère de l’hypermarchandisation, on ne peut qu’être préoccupé par les tentatives d’administrer désormais à la nature
ces vieilles recettes empoisonnées.
Pour mieux la préserver, l’Etat met la nature à prix
ENQUETE
Un rapport tente d’évaluer ce que coûterait à la France la perte de biodiversité. Où l’on découvre qu’un hectare de forêt vaut 970 euros.
Sans abeilles, les fruits et légumes seraient bien en peine de se reproduire.
AFP/Archives
Qui est-ce qui bosse à l’œil en faisant bzzz bzzz toute la journée et qui pourtant fait gagner à la collectivité la bagatelle de 150 milliards d’euros par an ? Réponse : les abeilles et, plus
largement, les insectes pollinisateurs, sans qui fruits et légumes seraient bien en peine de se reproduire. Le chiffre semble absurde, mais il est étayé économiquement : si les abeilles
disparaissaient, c’est ce qu’il faudrait payer pour faire le travail à leur place ou trouver des produits de substitution. A l’échelle mondiale, les premières estimations prévoient qu’en 2050,
la perte de biodiversité pourrait représenter 7 % du PIB mondial. 14 000 milliards d’euros par an.
Alors que les travaux internationaux sur l’économie de la biodiversité se développent (lire ci-dessous), la France y apporte sa pierre : un groupe pluridisciplinaire, présidé par l’inspecteur
général de l’agriculture Bernard Chevassus-au-Louis, a rendu public il y a dix jours un rapport (1), touffu et passionnant, qui élabore des pistes pour mieux prendre en compte la valeur de la nature
dans la sphère économique. Un exercice beaucoup plus complexe que celui du carbone, puisque la diversité de la nature la rend difficilement réductible à une seule unité de mesure.
A quoi ça sert de donner un prix à la nature ?
Le constat, c’est l’érosion accélérée de la biodiversité. Le rapport évoque un «processus en cours vers une extinctionde la biodiversité, quasi exclusivement du fait des activités
humaines». Mais donner a priori un prix à cette biodiversité ne faisait pas du tout l’unanimité dans le groupe de travail. Entre le regret d’être obligé d’en passer par la valeur monétaire pour
faire comprendre l’enjeu et la crainte de marchandiser la nature, beaucoup d’écologistes hésitent à franchir le pas. Et tous ont donc martelé que mesure ne voulait pas dire marché. Pour Allain
Bougrain- Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, «dans ce dossier, il faut être constamment dans une recherche d’éthique. Mais dans une économie de marché, on ne peut pas
non plus considérer que la nature n’a pas de prix. C’est du mépris».
L’approche retenue n’est donc pas de fixer un prix pour faire rentrer la nature dans les échanges - mon autoroute détruit des hamsters, on fixe un prix par hamster et je rembourse -, mais de
pouvoir faire rentrer la variable «nature» dans les calculs coûts-avantages. «Aujourd’hui, dans un projet, la biodiversité est comptée pour zéro dans les calculs socio-économiques, explique
Bernard Chevassus-au-Louis. Entre deux tracés d’une ligne TGV, par exemple, on ne comptera que le temps gagné.» Le travail de ce groupe répond ainsi aux conclusions du Grenelle, qui prévoit
que tout projet d’infrastructures doit être évalué au regard de son impact sur la nature.
De quels services parle-t-on ?
Le rapport envisage trois types de services rendus. Le plus direct est le service de prélèvement, quand l’homme utilise la nourriture, l’eau douce ou le bois à sa disposition. C’est sans doute le
plus évident à évaluer. Mais il est autrement plus complexe de donner une valeur aux services de régulation (stockage de carbone, régulation et filtration des eaux, contrôle de l’érosion, etc.) et
aux services dits «culturels» : tourisme, éducation…
Le groupe a aussi décidé de se consacrer à la biodiversité ordinaire et n’a pas souhaité donner de valeur pour la biodiversité «remarquable». «Ce qui est irremplaçable aurait une
valeur infinie, ce qui n’avance pas à grand-chose, justifie Bernard Chevassus-au-Louis. On ne défend pas Notre-Dame de Paris par la valeur économique de ses recettes touristiques.» Le
groupe a privilégié une approche par milieux, plutôt que par espèce, pour rendre compte de toutes les interactions. Mais il n’est pas exclu un jour d’évaluer les services de telle ou telle espèce,
par exemple, le vautour, charognard bien utile en matière de santé publique.
Pourquoi un hectare de forêt vaut 970 euros ?
L’exemple le plus détaillé est la forêt. Non parce que ce serait l’écosystème le plus menacé en France, mais parce que c’est là que les données sont les plus nombreuses. Conclusion, la valeur
directe (le bois) ne compte que pour un dixième de la biodiversité d’un hectare. Soit 90 euros, contre plus de 500 euros pour la fixation et le stockage de carbone, 90 pour la qualité
de l’eau ou encore 200 euros pour les services récréatifs… Ceux-ci sont évalués selon les «prix révélés», c’est-à-dire ce que les individus sont prêts à dépenser (en transport, par exemple) pour
bénéficier d’un service qui, lui, est gratuit (la balade en forêt). Total : une moyenne de 970 euros par hectare de forêt française.
Une valeur de référence qui n’est qu’un minimum, notamment parce que des données manquent. «On est bien conscient du caractère effroyablement réducteur de notre travail, admet Bernard
Chevassus-au-Louis, le président du groupe pluridisciplinaire. Mais on est sûr que ça vaut au moins ça.»
Le cas des prairies est plus délicat. La valeur «esquissée» est d’environ 600 euros. Mais cette somme est «très sous-évaluée», selon un membre du groupe, notamment parce que
les données pour évaluer leur valeur récréative manquent. Or les prairies diminuent : aujourd’hui un hectare cultivé en céréales rapporte plus à l’agriculteur qu’un hectare de pâturage. En revanche,
l’intérêt de ce dernier en matière de biodiversité est bien supérieur : il y a 60 à 80 espèces végétales différentes sur une prairie. D’où un appel à revoir les mécanismes de la Politique
agricole commmune. Côté maritime, les services rendus par les massifs coralliens français sont évalués de 5 000 à 10 000 euros par hectare et par an (soit plusieurs milliards d’euros), en
comptant pêche, protection côtière, traitement des eaux, tourisme…
Quelles actions concrètes attendre du rapport ?
La publication du rapport n’a pas été suivie d’annonce fracassante du ministère de l’Ecologie, au grand dam de certains participants. Il ne manque pourtant pas de recommandations. En matière de
fiscalité par exemple, en soulignant que certaines exonérations de taxe (envers les agriculteurs ou les pêcheurs notamment) pouvaient être «réexaminées au regard de leur impact sur la
biodiversité».
En termes de recherche aussi, et particulièrement concernant les DOM, qui font de la France un des pays les plus riches en matière de biodiversité. Les modèles de recherches utilisés sont encore
en phase de rodage mais les enjeux sont colossaux. Présent lors de la présentation du rapport, l’économiste indien Pavan Sukhdev, qui travaille à une évaluation mondiale du prix de la biodiversité,
avertit : «En la matière, l’échec serait moralement inacceptable et engendrerait une tragédie humaine.»
Quatre-vingt pour cent des espèces végétales dépendent directement de la pollinisation par les insectes. S’il fallait donner une valeur monétaire à ce service écologique, il serait estimé à
153 milliards d’euros*, presque 10% de la valeur de la production agricole mondiale destinée à la consommation humaine. Mais depuis quelques années le sort des abeilles est devenu inquiétant : leur
taux de surmortalité atteint 30 à 35%, taux anormalement élevé qui atteint dans certains cas 50% de pertes hivernales. Sur le banc des accusés : multiplication des substances chimiques et des
pesticides dans l’environnement, présence de parasites, effets désastreux des monocultures, ravages du frelon asiatique, impact du changement climatique etc.
Malgré cet effondrement alarmant, le ministre de l’Agriculture a ré-autorisé en décembre 2008 le Cruiser, un insecticide de traitement des semences de maïs,
mortel pour les abeilles et hautement toxique pour les oiseaux et l’environnement, fabriqué par la firme Syngenta, l’un des leaders mondiaux sur le marché des pesticides. Cette seconde autorisation
court jusqu’au 15 mai 2009, juste après les semis de maïs, et risque d’être reconduite pour 2010. Pourtant, nos voisins allemands, italiens et slovènes ont suspendu l’homologation de ce produit suite
aux mortalités catastrophiques des abeilles au printemps 2008. En autorisant à nouveau le Cruiser, le ministère de l’Agriculture privilégie une fois de plus les intérêts des firmes agrochimiques. Sur
la seule foi des industriels, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a émis un avis favorable tout aussi complaisant que surprenant. Schizophrène, l’Etat mobilise par ailleurs des
fonds pour le soutien de la filière apicole !
D’autres facteurs affectent les butineuses. Le frelon asiatique, introduit accidentellement en France dans les années 2000, envahit et détruit les ruches
d’abeilles… sans que les responsables politiques pourtant alertés n’agissent face à cette menace grandissante. Plus que jamais, une autre agriculture et une large sensibilisation sont nécessaires.
L’abeille est un maillon indispensable des écosystèmes. La protéger, c’est nous éviter le cauchemar d’un nouvel écocide irréversible.
200 réacteurs nucléaires supplémentaires pour les gadgets électroniques !
Les gadgets électroniques menacent le climat
Selon l'Agence internationale de l’Energie, la demande d’électricité va exploser. Et par conséquence les émissions de CO2. Pour satisfaire la demande des gadgets électroniques, il faudrait
construire dans les vingt prochaines années l’équivalent de 200 réacteurs nucléaires supplémentaires.
Ce ne sont pas des écolos militants qui lancent l'alerte, mais la respectable Agence internationale de l'Energie. Sur le banc des accusés : les lecteurs de DVD, mp3, téléphones mobiles, modems et
autres consoles de jeux. Elle avertit dans un rapport intitulé «Gadgets et Gigawatts» que leur consommation va doubler d'ici à 2022 et tripler d'ici à 2030. Sauf si leur efficacité énergétique est
améliorée.
Ces gadgets ne se multiplient pas seulement dans les pays riches. «En Afrique, une personne sur neuf dispose maintenant d'un téléphone portable», souligne le rapport. Avec le
développement des pays émergents, la planète comptera dès 2010 deux milliards de téléviseurs, 3,5 milliards de téléphones portables et 1 milliard d'ordinateurs, pronostique l'Agence. Pour satisfaire
la demande de ces appareils électroniques, il faudrait construire des centrales électriques d'un capacité totale de production de 280 gigawatts dans les 20 prochaines années. «C'est un chiffre
énorme», souligne le directeur général de l'Agence, Nobuo Tanaka, remarquant qu'il représente l'équivalent de 200 réacteurs nucléaires supplémentaires.
Si la consommation d'énergie des gros appareils électroménagers a eu tendance à reculer du fait des progrès technologiques, ce n'est pas le cas des appareils électroniques aux fonctionnalités sans
cesse plus énergivores, note l'AIE. Ainsi, un téléviseur va souvent consommer plus d'électrons qu'un réfrigérateur et une console de jeux plus qu'un lave-linge. «C'est le domaine de la
consommation d'électricité domestique qui croît le plus vite», a indiqué Paul Waide, analyste à l'AIE. Il souligne que «cela représente actuellement un peu plus de 500 millions de tonnes
d'emissions de CO2 et une facture électrique de 80 milliards de dollars chaque année».
A terme, le foisonnement des gadgets numériques pourrait «compromettre» les efforts des gouvernements pour assurer leur indépendance énergétique et réduire leurs émissions de gaz à effet
de serre, prévient l'AIE. Mais «il y a une grande marge de progrès», remarque M. Waide, qui avance que la consommation de ces appareils pourrait être réduite de moitié en utilisant les
technologies existantes les plus performantes. Un ordinateur portable standard consomme ainsi en moyenne trois fois moins d'énergie qu'un ordinateur fixe car les fabricants de portables ont un
intérêt commercial à concevoir les modèles les plus économes possibles. «Cet exemple nous montre ce qui peut être accompli», remarque M. Tanaka. Mais «lorsqu'il n'existe pas d'incitation
commerciale, les gouvernements doivent intervenir».
L'AIE suggère notamment de fixer des normes minimales d'efficacité énergétique et de renforcer l'information des consommateurs sur la facture énergétique de ces appareils. La consommation
électrique de ces gadgets (lecteurs de DVD, modems, consoles de jeux, etc.) a augmenté de 7 % par an entre 1990 et 2008 pour atteindre désormais 15 % de la demande électrique des ménages. Ils
consommeront à cette date l'équivalent de la demande actuelle de l'ensemble des foyers américains et japonais (soit 1 700 TWh), affirme-t-elle.
Le gouvernement a annoncé le lancement d’un deuxième réacteur nucléaire EPR (à eau pressurisée). Un investissement dans
une technologie dangereuse, qui ne correspond pas aux besoins d’énergie du futur.
L’histoire du nucléaire, commencée par le largage de deux bombes sur la population japonaise, est jalonnée d’incidents,
d’accidents et de catastrophes. La situation actuelle est celle d’une inflation de l’offre et de la demande mondiale pour le nucléaire civil, expression trompeuse car il a toujours été lié au
nucléaire militaire.
La France, l’un des principaux promoteurs de cette production énergétique dans le monde, a mené une politique nucléaire
dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Cela nous a conduits à la surproduction actuelle et, corrélativement, à une faiblesse structurelle des énergies alternatives « douces ». Ce secteur est
depuis toujours le domaine réservé du chef de l’Etat. Les acteurs de cette politique sont principalement l’Etat français, Areva et ses partenaires. Les investissements sont colossaux et
s’étalent sur plusieurs décennies. Or, Areva ne dispose plus de liquidités et son cours boursier baisse. Le nucléaire français a donc besoin d’argent frais et sa seule solution est d’augmenter la
consommation électrique afin de placer de nouveaux réacteurs. On veut enfermer le débat sur l’énergie dans des termes techniques, alors qu’il s’agit avant tout d’une question démocratique et
politique : quels choix industriels pour répondre à quels besoins, en donnant la priorité à la sobriété et aux économies d’énergie ?
Du projet « Manhattan » à l’EPR
La mise en évidence de la fission nucléaire, au début de l’année 1939, et la certitude, trois ans plus tard, qu’une
bombe était possible ont conduit le président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, à rassembler les initiatives éparses en un seul projet, baptisé « Manhattan ». Gadget, la première bombe
expérimentale, explosa le 16 juillet 1945. Le 6 août, « Little Boy » était lâché sur Hiroshima et, le 9 août, « Fat Man » sur Nagasaki. 150 000 personnes ont été immédiatement carbonisées et des
centaines de milliers d’autres grièvement et durablement blessées. L’ère du nucléaire s’ouvrait en ce milieu de xxe siècle…
Dès le début, des bombes nucléaires ont été « perdues », des sous-marins à propulsion nucléaire ont coulé (environ une
dizaine de naufrages connus) ou, comme récemment, se percutent. En 1979, à Three-Miles-Island (Pennsylvanie), un accident d’alimentation en eau amena rapidement à un cafouillage de très grande
ampleur et la catastrophe fut évitée de justesse. Six ans plus tard, une caméra introduite dans la cuve montra qu’une grande partie du cœur de la centrale avait fondu. En 1986, la catastrophe de
Tchernobyl (Ukraine) entraîna la fusion du cœur d’un réacteur et l’irradiation de centaines de milliers de personnes avec des conséquences dramatiques. Beaucoup ont développé toutes sortes de cancers
rares et les survivants ne sont pas encore à ce jour décemment indemnisés. Plus près de nous, le site du Tricastin (Drôme) multiplie les incidents mettant en relief les manques de transparence et
d’information.
Danger maximal
Les dangers du nucléaire ne viennent pas seulement des aléas du transport ou du fonctionnement des réacteurs, mais aussi
des irradiations et des contaminations par l’air, l’eau ou les aliments. Les effets sont plus ou moins néfastes selon les doses de radiation reçues, le type de rayonnement et le temps d’exposition.
La particularité du nucléaire est de générer quantité de déchets radioactifs dont on ne sait que faire. Les blouses, masques, gants et chaussons sont des déchets, tout comme les filtres, les outils
et le petit matériel. L’ensemble des déchets faiblement radioactifs représente, chaque année, 200 000 tonnes, soit un cube d’environ 60 mètres de côté.
Les déchets hautement radioactifs, extrêmement dangereux, représentent un cube de 20 mètres de côté. Il faudra y ajouter
les gravats, ferrailles et autres tuyauteries provenant du démantèlement des centrales, sans oublier les quelque 50 millions de tonnes de résidus issues du traitement des minerais d’uranium, du temps
où la France exploitait ses propres mines. Le problème du stockage de tous ces déchets n’est absolument pas résolu.
Les alternatives existent
La France dépend fortement du pétrole et du nucléaire, deux formes d’énergie non pérennes. Aujourd’hui, il ne faut pas
investir dans le nucléaire, mais, au contraire, préparer activement son remplacement. Cela nécessite d’investir massivement dans la recherche et la production d’énergies renouvelables (solaire,
éolien, biomasse, cycle de l’eau, marées, géothermie, etc.).
La part de marché mondiale du nucléaire dans la production électrique va passer de 15 % en 2006 à 13 % en 2015 et 10 %
en 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Pourtant, la demande d’électricité ne va pas ralentir. Au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle
va augmenter de 1,1% par an en moyenne entre 2006 et 2030, et autour de 4% pour les pays non membres.
A la suite du protocole de Kyoto de 1997, l’Europe a décidé, en 2003, sur une idée d’Al Gore, de limiter la production
de dioxyde de carbone (CO2) par un système très libéral d’échange de droits à produire du CO2 mis en application dès 2005. Depuis, les Bourses « vertes » fleurissent partout et on s’appuie encore sur
l’économie de marché pour organiser cette diminution.
Les industriels du nucléaire ont le culot de déclarer leur énergie propre car elle dégage peu de gaz à effet de serre.
Mais cet avantage est loin de compenser les terribles dangers que cette énergie présente.
La fusion, leurre énergétique
La France accueille l’International Thermonuclear Experimental Reactor, l’Iter, un projet expérimental et international
ayant pour but d’utiliser la fusion nucléaire comme énergie propre et durable. Il se situe à Cadarache (Bouches-du-Rhône), sur la plus active des failles sismiques. Ce projet est très coûteux et son
succès est loin d’être assuré. Il s’agit de maîtriser un petit soleil à la surface de notre planète. Cela nécessite des matériaux de confinement (qui n’existent pas) pour un plasma à très haute
température et un combustible, le tritium. Le tritium n’existe qu’à l’état de traces, et il faut le produire à des coûts exorbitants. Il est hautement pénétrant et augmente les risques d’accident
grave du travail et aussi de prolifération nucléaire, car il est très recherché par les militaires pour doper les bombes H.
Cependant le problème insurmontable est posé par les neutrons rapides qui irradieront les matériaux de l’enceinte de
confinement qu’il faudra changer régulièrement. Il est donc faux de soutenir que la fusion ne générera pas de déchets radioactifs.
Outre les crédits captés par Iter qui pourraient servir au développement des énergies propres, si jamais le projet était
mené à terme, ce serait trop tard pour répondre à la crise énergétique et climatique.
La santé des travailleurs méprisée
On constate plutôt un bon accueil des populations et des élus pour toute nouvelle implantation nucléaire. L’EPR de
Flamanville en est un exemple. Tout récemment, 3 000 communes se sont portées volontaires pour accueillir des déchets radioactifs (une commune sur douze). Mais 70 % des Français se déclarent mal
informés sur le nucléaire.
A la mi-janvier, à l’appel de la CGT, la grève des personnels de conduite des centrales nucléaires d’EDF a provoqué une
baisse de 10 % de la production électrique française. Il s’agissait de réclamer la reprise du dialogue social. Souvent, de filiale en filiale et de sous-traitance en sous-traitance, les travaux les
plus exposés à la radioactivité, comme le maniement du MOX (combustible constitué d’uranium et de plutonium), sont réalisés par du personnel intérimaire ne travaillant que quelque temps dans le
nucléaire, qui n’est pas réembauché et disparaît dans la nature. Certains ont des cancers qui ne sont donc pas attribués à l’industrie nucléaire, pourtant en cause.
Pour un vrai Service public
Historiquement, EDF et GDF sont issus du Conseil national de la Résistance. Les changements de statut, la privatisation
et la séparation de ces deux grands groupes puis la fusion de GDF avec Suez sont des absurdités libérales. Le gouvernement s’abrite aujourd’hui derrière des directives européennes pour refuser
d’acter son échec : la concurrence n’a pas amené les baisses de prix annoncées. Les services rendus ont été dégradés et les solidarités liées au service public détruites. Il y a urgence à réinventer
un service public de l’énergie radicalement transformé, qui permette de sortir du nucléaire, en s’appuyant sur des unités de productions localisées, et facilitant un contrôle par les salariés et les
usagers.
Les propositions du NPA :
Stopper toute nouvelle construction de réacteur nucléaire, fermer la centrale de Fessenheim, promulguer une loi
interdisant l'enfouissement des déchets nucléaires et supprimer le traité européen Euratom.
Renationaliser les grands acteurs du secteur public de l'énergie et réclamer un audit général sur le nucléaire. Le
contrôle public sur ces grands groupes doit permettre d'investir en priorité dans les énergies propres, les économies et la sobriété énergétique. Il y a urgence, car on voit déjà fleurir des annonces
de minicentrales nucléaires transportables, de quelques mètres cubes, en provenance des Etats Unis, du Japon et aussi de la Russie (une centrale flottante).
ARCTIQUE
80% de la banquise disparaitrait l'été d'ici 2040...
Une nouvelle étude menée par l'université de l'Etat de Washington et l'Administration océanique et atmosphérique américaine estime que dans 30 ans, 80% de la banquise disparaitrait pendant la
période estivale, un scénario plus préoccupant que prévu.
Une nouvelle étude sur les effets du réchauffement climatique publiée, jeudi 2 avril, aux Etats-Unis révèle que 80% de la banquise
arctique pourrait disparaître, en été, à l'horizon 2040. Les études précédentes estimaient que ce scénario se réaliserait plutôt autour de 2100. "La surface de
l'océan Arctique couverte par la glace à la fin de l'été à cette échéance pourrait n'être que d'un million de km2, contre 4,6 millions de km2 aujourd'hui", assurent les rédacteurs de
cette étude conjointe entre l'Université de l'Etat de Washington (UW, nord-ouest) et l'Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA).
"Arctique pratiquement sans glace dans 32 ans"
Les chercheurs ont appliqué des modèles de prédictions prenant en compte les toutes dernières évolutions de la calotte glaciaire dans l'Arctique, qui a subi une "réduction
spectaculaire" à la fin des étés 2007 et 2008, quand la surface de glace avait atteint respectivement 4,3 et 4,7 millions de km2.
La moyenne de ces six modèles "laisse envisager un Arctique pratiquement sans glace dans 32 ans", selon l'étude due à Muyin Wang, climatologue à l'UW à Seattle, et à l'océanographe de la NOAA James
Overland. Selon eux, de précédents modèles élaborés en 2007 plaçaient cette échéance à la fin du XXIe siècle.
Problèmes pour l'écosystème
Sur des cartes illustrant leur démonstration, les deux scientifiques montrent un pôle Nord totalement libre de glaces en fin d'été. La banquise subsisterait en revanche dans le nord
du Canada et du Groenland, où la couche de glace est très épaisse. "Tant d'eau libre (de glaces) pourrait constituer une aubaine pour la circulation maritime et l'extraction de
minerais et de pétrole, mais pose le problème de l'adaptation de l'écosystème", notent les chercheurs.
Elévation du niveau de la mer, marées noires, incidents nucléaires, rejets de gaz toxiques, … Les catastrophes et pollutions dues à l’activité humaine posent la question du droit des
populations déplacées ou carrément forcée à l’exil, et de leur indemnisation. Une situation que subissent déjà 25 millions de personnes, selon l’Onu, et qui s’aggravera avec la multiplication des
effets du réchauffement climatique. La communauté internationale doit élaborer un statut pour ces déplacés environnementaux. Il y a urgence. Réunis à Limoges mi-mars, avocats, chercheurs et militants
écologistes de plusieurs continents ont planché sur une future Convention internationale sur les déplacés environnementaux. Ils sont bien les seuls…
En 2001, l’Onu estimait le nombre des « écoréfugiés » à 25 millions. Certains avancent le chiffre d’un milliard pour la fin de ce siècle [1]. Un
colloque international, organisé du 11 au 13 mars à la faculté de droit et des sciences économiques de Limoges, s’est penché sur ce
drame en cours et a esquissé les contours d’une future Convention internationale sur les déplacés environnementaux. Initiative scientifique et universitaire, ce projet est actuellement soumis à la
communauté internationale, aux États et aux organisations non gouvernementales. L’objectif : compléter la Convention de Genève sur le statut des réfugiés (droit d’asile) en introduisant une
nouvelle catégorie, celle des « déplacés environnementaux ».
« Ce terme de déplacés environnementaux comprend non seulement les réfugiés liés aux changements climatiques mais aussi ceux qui sont contraints à l’exil du fait de catastrophes
écologiques, qu’elles soient naturelles, technologiques ou industrielles », explique Michel Prieur, spécialiste français du droit de l’environnement, et membre des deux centres de
recherches à l’origine de l’initiative, le CRIDEAU [2] et le CIDCE [3]. « La création d’une Organisation mondiale
environnementale sur les déplacés, d’une haute autorité indépendante et d’un fonds financier ont d’emblée été qualifiés d’usine à gaz. Mais sans cet “appareillage” institutionnel, cette déclaration
restera purement théorique, sans portée et sans moyens pour l’appliquer. » Car la tâche est lourde vue la complexité des problèmes.
Conséquences sanitaires
Bhopal en Inde, Seveso en Italie, Tchernobyl en Ukraine, AZF à Toulouse... autant de noms assimilés à des catastrophes industrielles. Des catastrophes directement liées à l’activité humaine. À
Bhopal (Inde), le bilan officiel, après la fuite de 40 tonnes de gaz toxiques de l’usine de pesticides d’Union Carbide le 3 décembre 1984, fait état de 8 000 morts dans les trois premiers jours et de
plus de 20 000 en près de 20 ans. Dans le cas de Tchernobyl (Ukraine, 26 avril 1986), le bilan fait toujours polémique deux décennies après l’explosion du réacteur nucléaire : de 50 morts
d’irradiations aiguës et 4000 cas de cancers de la thyroïde, pour l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA, dépendant de l’Onu) à plusieurs dizaines de milliers selon d’autres
sources scientifiques ou associatives.
« Le débat sur le nombre de morts à Tchernobyl illustre le niveau d’acceptabilité du risque : plus le nombre est important, plus la question de l’acceptabilité du risque prend de la
place et génère informations et expertise », explique Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement [4], et avocate spécialisée
dans le droit de l’environnement. Le risque nucléaire est a priori beaucoup moins accepté par les populations que le risque industriel.
Les effets sanitaires liés à ces évitables fléaux sont mal reconnus. On l’a vu lors de Tchernobyl. Le grand public a rencontré les plus grandes difficultés, y compris en France, de disposer
d’informations fiables suite à l’accident. Les travaux des experts indépendants pour mesurer à long terme les effets de la radioactivité sur les populations d’Ukraine et de Biélorussie ont longtemps
été entravés, quand les scientifiques n’étaient pas carrément emprisonnés.
Impunité
Dans ces conditions, comment estimer les indemnisations et développer la prévention ? L’accident de Béryl (Algérie) le 1er mai 1962 est emblématique. La France réalise alors son deuxième
essai nucléaire souterrain dans le Sahara lorsque la montagne Taourirt devant contenir l’explosion se fissure et libère un nuage radioactif contaminant plusieurs militaires et officiels. Le film
Gerboise Bleue, réalisé par Djamel Ouahab, relate les témoignages des survivants de cet accident et le combat juridique mené
par les vétérans français et les Touaregs algériens pour être reconnus comme victimes et indemnisés pour les dommages subis. Le ministère
de la Défense vient d’ailleurs d’annoncer un plan d’indemnisation des victimes des 210 essais nucléaires perpétrés dans le Sahara et en Polynésie. Mieux vaut tard que
jamais.
Autre catastrophe, autre lieu, autre époque, et même impunité : la pollution toxique consciemment effectuée par l’entreprise Trafigura, à Abidjan (Côte d’Ivoire). En août 2006, 528 m3 de
"slops" – résidus d’hydrocarbures et de produits chimiques issus du nettoyage des cales des pétroliers – sont déversés à l’air
libre dans différents quartiers de la ville. La multinationale, domiciliée dans un paradis fiscal, n’a pas vraiment été inquiétée. « Ce cas
démontre la nécessité d’avoir un Tribunal Pénal International dans le domaine de l’environnement pouvant se saisir de ce genre d’affaires qui ne coûte rien pour le moment aux responsables et où
personne n’est condamnée », suggère Corinne Lepage.
L’environnement, la faune et la flore constituent également des victimes souvent oubliées de ces calamités. Il en va ainsi des milliers d’hectares contaminés après l’explosion du réacteur
nucléaire de la centrale de Tchernobyl, et des 70 000 têtes de bétail abattues après l’explosion du réacteur chimique de Seveso (Italie, 10 juillet 1976). La question du « coût réel du prix
d’atteinte à la nature » est posée, pour Alexandre Faro, avocat des associations [5] pendant le procès de l’Erika. Le naufrage du pétrolier au large des
côtes françaises, le 12 décembre 1999, a répandu 12 000 tonnes de pétrole lourd. « Envrion 150 000 oiseaux ont été mazoutés. La Ligue de protection des oiseaux a perçu un dédommagement de
300 000 euros. Soit l’équivalent de deux euros par oiseau », illustre-t-il.
Menaces climatiques
Très souvent, ces catastrophes appellent la création de nouvelles normes juridiques. « Six ans après Seveso, une première directive sur les incidents majeurs a été adoptée en 1982. Dans
les six mois qui ont suivi Tchernobyl, la communauté internationale a adopté deux conventions. Après AZF, il a fallu moins de deux ans au législateur pour adopter la loi Bachelot en 2003 »,
détaille Julien Bétaille, chercheur au CRIDEAU. Ces catastrophes révèlent souvent l’insuffisance du droit. « Avec Tchernobyl, poursuit Julien Bétaille, la notion de frontière en
droit de l’environnement par exemple est à repenser. » Tremblements de terre, inondations, raz-de-marée, sécheresse, éruptions volcaniques, cyclones... Autant de phénomènes qui peuvent
entrainer des déplacements massifs et dépasser l’espace du droit national.
Si catastrophes et pollutions de grande ampleur ne connaissent pas les frontières, comme l’a illustré le tragicomique épisode du nuage radioactif de Tchernobyl en France, elles s’affranchissent
également de l’horizon temporel. « Deux ans après le passage du cyclone Katrina, dans le sud des États-Unis, de nombreux déplacés n’étaient toujours pas revenus à la Nouvelle-Orléans,
relate l’avocate brésilienne Ana Rachel Texeira Cavalcante. Une résolution sur les déplacés internes a été adoptée en juin 2008 par l’Organisation des États américains qui met l’accent sur les
victimes des catastrophes naturelles. »
Montée des eaux
Difficile de ne pas relier certaines catastrophes naturelles aux changements climatiques. Le recul de la banquise arctique dérègle l’écosystème d’eau douce, perturbe de la chaîne alimentaire
régionale, augmente l’intensité et la fréquence des tempêtes, nuit aux mammifères marins et, bien évidemment, aux habitants du grand nord, les Inuits. « Les changements climatiques ont un
impact sur les droits fondamentaux des peuples autochtones. Ils fragilisent leur interdépendance avec la nature, font fuir le gibier et augmentent la dépendance aux importations. »,
prévient Pierre-François Mercure, de l’université de Sherbrooke (Canada)
La fonte des glaces et son corollaire direct, l’élévation du niveau de la mer, toucherait 2 % de la population mondiale à des milliers de kilomètres des pôles. 50 millions de personnes vivent
sur des terres pouvant être inondées chaque année. Les Etats insulaires sont particulièrement vulnérables. Au moins 18 îles ont déjà été submergées dans le monde [6], principalement dans l’Océan indien. Plus de 40 pays ont
des îles menacées par l’élévation du niveau de la mer comme les îles Maldives (369 000 habitants) ou les îles Salomon (566 800 habitants).
Des réfugiés de seconde zone ?
Là encore le droit international est à la traîne et laisse libre cours à l’arbitraire. L’archipel de Tuvalu a, par exemple, négocié une évacuation progressive avec la Nouvelle-Zélande. Celle-ci a
imposé des « critères honteux », critique Agnès Michelot, maître de conférences en droit public à l’université de La Rochelle, qui travaille sur le statut des réfugiés écologiques.
Les heureux évacués doivent être âgé de 18 à 45 ans, parler couramment l’anglais et disposer d’un bon état de santé. « S’il existe de nombreux accords internationaux pour garantir la libre
circulation des marchandises, rien n’existe pour les personnes forcées à l’exil », insiste l’universitaire. La reconnaissance du statut de « réfugié écologique » est,
selon elle, le prolongement naturel du droit à l’environnement sain et protégé.
« L’urgence est là. On sait que le phénomène est en cours et qu’il va s’exacerber avec les changements climatiques. Mais j’avoue être pessimiste quant à l’aboutissement de ce texte,
confie Christel Cournil, maître de conférences en droit public à l’Université Paris 13. L’exemple de la convention internationale sur les droits des migrants en situation irrégulière n’est pas
encourageant. Les pays du Nord ont mis très longtemps avant de l’accepter et aujourd’hui seuls les pays du Sud l’ont signée. La majorité des pays ne sont pas du tout dans une démarche d’acceptation
et de reconnaissance du phénomène des réfugiés climatiques. Pas un seul gouvernement ne semble disposé à mettre demain cette question à l’agenda. » Si les juristes semblent prêt à inventer
de nouveaux dispositifs, c’est aujourd’hui la volonté politique qui semble faire défaut. Pendant ce temps, les eaux montent…
Sophie Chapelle
Notes
[1] « Réfugiés écologiques : 25 millions de personnes dans un vide juridique », in Le Courrier de la Baleine, n°155, p.5
[4] Sous le gouvernement Juppé de 1995 à 1997, aujourd’hui membre du Modem de François Bayrou.
[5] Greenpeace, France nature environnement, WWF...
[6] Ohachara, Inde (10 000 résidents), les îles Bedford, Kabasgadi et Suparibhanga près de l’Inde (6 000 familles), la Baie de Chesapeake au Maryland, États-Unis (13
îles), Kiribati (3 atolls), la moitié de l’île Bhola du Bangladesh inondée de façon permanente (500 000 résidents)
PESTICIDE DANGER ! 32 pages pour comprendre les problèmes posés par les pesticides et montrer qu'en réduire l'utilisation est possible, tant pour les agriculteurs que pour les collectivités et les particuliers. Pesticides-danger.pdf Document Adobe Acrobat [4.8 MB]
"Dans les océans, il y a six fois plus de plastique que de plancton"
Interview d'Olivier Barrière, chargé de mission environnement pour Surfrider Foundation Europe.
Depuis sa création, Surfrider Foundation Europe fait des macro déchets son cheval de bataille. L'ONG dénonce le fait que, malgré leur taille et leur
visibilité, les macro déchets demeurent une pollution oubliée. Cette année encore la Fondation continue son opération de nettoyage des plages, les « Initiatives Océanes », pour mettre sur le devant
de la scène le problème des macro déchets sur nos côtes (voir encadré). Mais elle travaille aussi ses actions de lobbying auprès des institutions européennes. Rencontre avec Olivier Barrière, chargé
de mission environnement.
Vous lancez une pétition en ligne pour faire reconnaître les macrodéchets comme véritable pollution en mer. Dabord, qu'est-ce que c'est un macrodéchet
?
Un macrodéchet est un déchet visible à l'œil nu. C'est souvent du plastique, car ce matériau n'est pas biodégradable. Dans la mer, le plastique se fractionne en particules de plus en plus petites. On
passe ainsi du macrodéchet au microdéchet qu'on retrouve dans le sable de nos plages. Fractionnés, ces déchets rentrent dans la chaîne alimentaire des animaux marins et en causent souvent la mort.
Dans certaines parties des océans, on estime qu'il y a six fois plus de plastique que de plancton.
Que demande votre pétition ?
La réglementation européenne considère les macrodéchets en mer comme une nuisance et non pas comme une pollution. Par conséquent, il n'existe aucune organisation chargée de contrôler et d'étudier
cette pollution. De plus, une grande partie de ces déchets se trouvent au-delà des limites des eaux territoriales de chaque pays, il est compliqué de les récupérer car le coût de la dépollution
serait très élevé. Nous avons lancé cette pétition pour demander au Parlement et à la Commission européenne de prendre rapidement une initiative législative pour reconnaître les macrodéchets comme
une véritable pollution. La pétition sera remise à la Commission le 20 mai prochain à l’occasion de la Journée Européenne de la Mer.
D'où vient tout ce plastique ?
La plus grosse partie vient de la terre ferme. Il y a des petits déchets qui partent dans les eaux usées, comme les bâtonnets des cotons-tiges. Les mégots jetés par terre peuvent finir à la mer,
ainsi que des sacs en plastique et autre déchets emportés par le vent… De plus, il y a une pollution qui provient directement des navires en mer. Jusqu'à 3 miles de la côte, on a le droit de jeter
des déchets organiques qui sont biodégradables, mais qui peuvent aussi causer des problèmes aux écosystèmes marins. A partir de 12 miles, on a le droit de jeter des paquets en papier ou en carton, du
bois, du fer… presque tout sauf du plastique. Mais qui contrôle ?
A part nettoyer les plages, pouvons-nous changer les choses?
Bien sûr. D'abord, il ne faut rien jeter dans la nature ou dans les toilettes. Ensuite, il faut éviter les déchets en amont, en achetant des produits peu emballés et faciles à trier. Ensuite, il faut
faire pression sur les institutions européennes afin que la législation change… en signant notre pétition, par exemple.
De plus, d’après les estimations de l’ONU, chaque kilomètre carré d’océan contiendrait 120 000 morceaux de plastique flottants. Le plastique est omniprésent et
particulièrement problématique en raison de sa persistance dans le milieu.
Comme il n’est pas biodégradable, il se brise en particules de plus en plus petites, qui sont ensuite ingérées par certaines espèces marines. De plus, par un processus de concentration, le plastique
agit comme une éponge pour certaines des pires toxines, les polluants organiques persistants (POP), s’ajoutant au fardeau toxique de la vie marine.
100 millions de tonnes de plastique sont produits chaque année : 10 % se retrouvent à l’océan.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" félicite France 3 pour son émission "Pièces à conviction", diffusée mercredi 11 février 2009, qui révèle au grand public une partie des contaminations
dues à l'industrie atomique et dénoncées depuis longtemps par les associations antinucléaires. Areva (anciennement la Cogéma) a exploité en France plus de deux cents mines d'uranium entre 1945 et
2001. Ces activités ont causé des contaminations qui perdurent aujourd'hui encore et qui, sur le long terme, mettent en danger la santé des populations.
« Il existe d'autres sites qu'Areva ne souhaite pas décontaminer »
11/02/2009
Interview de Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire responsable du Laboratoire Criirad.
Ce mercredi 11 février, sur France 3, le magazine " Pièces à conviction " diffuse un enquête intitulée « Uranium, le scandale de la France contaminée ». Cette enquête s'est nourrie de l'expertise
de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).
Quel est l'enjeu pour la Criirad de l'enquête diffusée ce soir ? B.C.- L' enquête diffusée ce soir décrit les lacunes entourant la gestion, par Areva, des 210 sites miniers d'uranium français, dont le dernier a fermé en 2001. La Criirad mène un
travail autour des mines d'uranium depuis 1991. Les problèmes causés par les usines d'extraction d'uranium qui à partir du minerais l'ont concassé, attaqué à l'acide, et par les mines, sont
totalement sous-estimés. Avec cette émission, nous attendons que les pouvoirs publics s'intéressent enfin à ce problème.
Quel est l'impact causé par les mines ? B.C.- Le plus grand problème est la dispersion des stériles radioactifs. On compte en effet autour des mines 166 millions de tonnes de " stériles " : des roches qui n'ont pas
été jugées assez riches en uranium pour que ça vaille la peine des les déplacer vers l'usine pour être exploitées. Ces stériles sont dispersés dans un rayon de plusieurs kilomètres autour des mines.
Elles dégagent tout de même 10 à 40 fois plus de radioactivité que le granit normal, et sont parfois recyclées, réutilisées par les riverains, les collectivités locales, pour construire des routes ou
remblayer des bâtiments.
Cela est d'autant plus problématique, si ces stériles sont utilisés pour construire des bâtiments. Un des cas les plus importants est celui d'une scierie proche du site des Bois-Noirs dans la Loire,
construite sur des remblais radioactifs, exposant les ouvriers au radon : les doses étaient supérieures d'un facteur 20 aux limites sanitaires acceptables. Sous la pression des associations locales
et de la CRIIRAD, Areva a accepté de décontaminer le site : 8000 mètres cube ont été ramenés dans la mine. Nous nous battons depuis avec le collectif des Bois Noirs pour qu'Areva recense et retraite
tous les sites concernés. Neuf sites ont été décontaminés jusqu'à présent : une cour de restaurant, une ferme, cette scierie, l'école de Lachaux pour laquelle Areva a agi dans les quelques semaines
qui ont suivi la transmission de notre rapport à la municipalité.
Mais il existe d'autres sites qu'Areva ne souhaite pas décontaminer. Ce que nous demandons est une politique nationale sur cet enjeu, politique nationale qui n'existe pas pour le moment. Les mesures
se prennent au cas par cas, selon le bon vouloir de l'industriel Areva, de l'administration au niveau local, et du rapport de force que les acteurs de la société civile parviennent à instaurer. Ce
n'est pas acceptable.
Or la période de l'uranium est de 4 milliards d'années : ces roches seront éternellement radioactives. Elles risquent d'être dispersées dans l'environnement au gré des travaux. Sur le parking du
foyer de ski de fond des Bois Noirs, le niveau de radioactivité du remblais est 500 fois supérieur au niveau naturel.
Si vous prenez certains de ces cailloux exposés à l'air libre, l'un de ces stériles, et que vous le jetez dans votre poubelle chez vous, ce dernier va déclencher le portique de contrôle de
radioactivité de la décharge et sera refusé. C'est totalement incohérent.
L'ASN et le ministère de l'environnement ont fixé pour le centre d'enfouissement technique des ordures ménagères la limite de 5 microsievert par heure pour les déchets à période courte comme l'iode.
Or le parking du foyer de ski de fond montre un débit de 100 microsievert par heure pour des éléments à période longue ! En quelques heures sur ce parking, l'être humain subit une exposition non
négligeable.
Que peut faire Areva ? B.C.- Il faut récupérer ces stériles. Ce n'est pas compliqué, c'est du génie civil : on y parvient à l'aide de pelleteuses, Areva l'a déjà fait sur 9 sites.
Quel est l'impact causé par les usines ? B.C.- Une fois que le minerais est envoyé à l'usine, il est concassé et attaqué à l'acide, pour produire le « yellow cake ». De l'autre côté, des boues, des déchets sortent de
l'usine : 50 millions de tonnes de résidus issus des usines d'extraction sont aujourd'hui stockés sur 17 sites miniers. Des éléments très radiotoxiques pour l'être humain, par inhalation ou par
ingestion.
Même dans le cas où les boues sont stockées sur des sites précis, elles ne sont pas confinées. A Bellezane en Limousin , ce sont plus de 1,5 millions de tonnes de résidus qui ont été déversées dans
une carrière... qui n'était pas étanche. Les nappes d'eau sous-terraines ont été contaminées. Les eaux ont été plus ou moins traitées par Areva, mais insuffisamment. Autour des mines où sont
entreposés les résidus, le problème de la contamination de l'eau n'a pas été réglé après la fermeture des mines. La bioaccumulation de la radioactivité dans les plantes, les sédiments et les terres
des berges en aval des rejets n'a pas été prise en compte.
Parfois même, les résidus sont entreposés à la surface : c'est le cas du parking du stade de foot de Gueugnon en Saône et Loire. A Saint Pierre, dans le Cantal, 3 maisons ont été construites sur un
terrain contenant des résidus, soumettant des personnes à des radiations inacceptables, car s'ajoute le problème du radon. Nous attendons de cette émission une prise de conscience sur ces thèmes.
Avant même sa diffusion, mercredi 11 février, sur France 3, le magazine "Pièces à conviction" aura mis en émoi le monde du nucléaire. Intitulée Uranium, le
scandale de la France contaminée, cette enquête décrit les lacunes entourant la gestion, par Areva, des 210 sites miniers d'uranium français, dont le dernier a fermé en 2001. Les 166 millions de
tonnes de "stériles" (roches à trop faible teneur en uranium pour être exploitées), mais aussi les 50 millions de tonnes de résidus issus des usines d'extraction, stockés sur 17 sites miniers,
constituent un héritage encombrant.
L'émission décrit des situations préoccupantes : utilisation de stériles radioactifs comme remblais dans des zones fréquentées par le public ; fuites dans l'environnement de radioéléments issus
des résidus ; construction sur des zones "réhabilitées" de bâtiments qui se révèlent contaminés au radon, un gaz radioactif... Le documentaire s'interroge aussi sur l'état de santé des
mineurs chargés de l'extraction des roches radioactives : les décès par cancer du poumon sont 40 % plus élevés que dans une population comparable, et ceux par cancer du rein deux fois plus
nombreux.
COMPTEURS GEIGER
L'enquête s'appuie notamment sur le travail de fourmi de particuliers qui, armés de compteurs Geiger, arpentent les environs des anciennes mines pour identifier les zones où les stériles ont été
réutilisés par des entrepreneurs de travaux publics. Elle s'est aussi beaucoup nourrie de l'expertise de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), un
laboratoire de mesure indépendant.
Les associations ont obtenu quelques succès. Autour du site des Bois-Noirs (Loire et Allier), Areva a dû traiter plusieurs sites où des bâtiments, construits sur des remblais radioactifs,
présentaient des taux de radon alarmants. Mais elles ont aussi perdu des batailles, comme en 2005, lorsque Areva, accusée de polluer l'environnement dans le Limousin, a été mise hors de cause par la
justice.
Bruno Chareyron, directeur scientifique de la Criirad, est las de ce jeu du chat et de la souris. Il réclame une réglementation nationale fixant un niveau de risque résiduel acceptable. Il estime
que, même s'il s'agit le plus souvent de "très faibles doses", les méthodes de mesure et les seuils retenus par l'administration ne sont pas adéquats. Ses préconisations ? Informer le public
de la présence de ces matières radioactives ; se donner les moyens de conserver sur le long terme les informations concernant les sites ; traiter ceux-ci, "sachant que leur responsable, Areva,
est connu et solvable".
Coïncidence ? Quelques jours avant la diffusion de "Pièces à conviction", l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a mis en ligne une base de données sur les sites miniers
incriminés. L'IRSN a aussi publié, lundi 9 février, un rapport sur les anciens sites miniers du Limousin. A partir de 1984, la Cogema (dénomination antérieure d'Areva) a mis en place un système
visant à encadrer l'utilisation des stériles, interdisant leur usage dans les bâtiments. Cette démarche "pertinente", note l'IRSN, présentait des limites : "Manque de précisions concernant
certaines cessions, absence de vérification sur les lieux de réutilisation en particulier." Pour la période antérieure, la situation est plus nébuleuse.
"Jusqu'à présent, nous n'avons pas trouvé de situation de danger immédiat ou majeur", rassure André-Claude Lacoste, "patron" de l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN). Il note que les résidus seront incorporés au prochain Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs. Quant aux stériles, ils constituent selon lui un problème
"plus diffus", pour lequel la "mémoire locale" devra être mise à contribution.
Pour sa part, Areva, qui avait saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel contre une émission supposée "à charge", se défend de négliger ces questions. "On n'est pas dans le caché,
dans le non-su", assure Yves Dufour, porte-parole des activités minières du groupe. Il en veut pour preuve la mise en place, dans le Limousin, d'un groupe
d'expertise pluraliste (GEP), qui étudie la situation depuis 2006.
Yves Marignac, directeur de Wise-Paris, un expert peu suspect de complaisance vis-à-vis du nucléaire, participe activement au GEP, et note que celui-ci constitue en effet une "première".
Mais pour les résidus, "il est encore trop tôt pour dire si nous pourrons dégager des solutions satisfaisantes à long terme pour ces sites, lorsque l'exploitant s'effacera", dit-il.
1948. Début de l'exploitation de mines d'uranium en France. La dernière mine a fermé en 2001.
210. C'est le nombre de sites, répartis sur 25 départements, ayant fait l'objet d'activités d'exploration, d'exploitation et de traitement de minerais d'uranium ainsi que de
stockage de résidus.
166 millions de tonnes. Evaluation des "stériles", des roches jugées trop peu chargées en uranium pour être exploitées, parfois réutilisées en génie civil.
50 millions de tonnes. Masse des résidus - essentiellement des boues radioactives - issus de l'activité d'extraction de l'uranium, stockés sur 17 sites.
"Je demande juste à Areva, qui m'apparaît responsable clairement, juridiquement et entièrement, de faire son boulot. Je demande d'avoir le rapport d'enquête" a déclaré Jean-Louis Borloo
dans une interview accordée, mercredi, à France 3.
Le ministre reconnaît que l'exploitation des mines d'uranium était auparavant "un domaine globalement réservé", qui échappait au contrôle du gouvernement et du parlement. "Le sujet
des résidus des fermetures du passé, qui a été traité de manière négligente, sera traité", conclut Jean-Louis Borloo.
A SUIVRE !!!!!!!!!!!!!!
DOSSIER ANTENNES-RELAIS
Les antennes relais de la téléphonie mobile et les inquiétudes pour la santé publique. Antenne relais.pdf Document Adobe Acrobat [114.9 KB]
6 propositions de "Robin des Toits" pour rendre compatible la téléphonie mobile avec la Santé - 20/10/2008 6 propositions de Robin des Toits pour r[...] Document Adobe Acrobat [72.7 KB]
TELEPHONIE MOBILE
Antennes relais :
la chronologie
Voici la chronologie des derniers évènements qui ont ponctués le secteur de la téléphonie mobile avant la table ronde organisée à Paris, jeudi 23 avril :
Le 23 avril
Une table ronde sur la téléphonie mobile est organisée à Paris par le gouvernement pour examiner l'effet potentiel des radiofréquences sur la santé. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot estime
que le téléphone portable est "une question plus préoccupante que les antennes relais".
Le 22 avril
A Rennes, un collectif de parents s'oppose à l'implantation d'une antenne relais à proximité d'une école tandis que plusieurs jugements récents demandent aux opérateurs de téléphonie mobile de
démonter des antennes.
Le 21 avril
L'opérateur de téléphonie mobile Orange se retrouve au tribunal de Nanterre après la requête d'une vingtaine de familles d'une résidence de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) où trois antennes relais ont
été installées en mars. Les familles demandent le démontage des trois antennes.
- Les associations Agir pour l'environnement et Priartém dénoncent le "flou" de l'organisation de la table ronde radiofréquences prévue au ministère de la Santé. Elles s'inquiètent également de
l'absence de scientifiques.
Le 8 avril
En prévision de la rencontre fin avril entre l'Etat, les associations et les opérateurs de téléphonie, le Conseil de Paris adopte un vœu de la Ville de Paris et des Verts demandant l'abaissement des
seuils maximum d'exposition aux ondes électromagnétiques de téléphonie mobile à 0,6 volt/mètre.
- Alors que le conflit avec les associations enfle à propos de l'implantation des antennes relais, les opérateurs de téléphonie mobile réclament l'intervention de l'Etat en qualité de
médiateur.
Le 6 avril
Bouygues Telecom décide de se pourvoir en cassation, après avoir été condamné à démonter des antennes relais dans le Rhône. La condamnation remonte au 4 février, lorsque la cour d'appel de Versailles
avait tranché en faveur du principe de précaution.
3 avril
Une étude française souligne que contrairement à une idée répandue, l'exposition aux ondes de radiofréquences émises par les antennes relais de téléphonie mobile est plus forte à distance que dessous
ou tout près de ces installations.
30 mars
Les Robins des Toits, l'association de défense des riverains d'antennes relais, indique avoir lancé cinq nouvelles plaintes sous forme d'assignations contre les opérateurs de téléphonie mobile à
Paris et en province. Il s'agit d'empêcher l'installation d'antennes relais et d'en faire retirer d'autres déjà implantées.
25 mars
Michèle Rivasi, tête de liste pour le Sud-Est du rassemblement Europe-Ecologie, dénonce à Marseille "la volonté de désinformation" des opérateurs de téléphonie mobile en France sur la question des
antennes relais.
- Un groupe de scientifiques souligne les dangers des champs électromagnétiques, et notamment de la technologie pour les téléphones sans fil.
13 mars
Le ministère de la santé indique que la table ronde sur les effets potentiels des téléphones mobiles et des antennes relais sur la santé est reportée au jeudi 23 avril. Ce rendez-vous avait été
initialement annoncé pour le 26 mars. L'idée d'un "Grenelle des antennes" avait été lancée par Nathalie Kosciusko-Morizet.
- Le Canard enchaîné dénonce l'Académie de médecine qui aurait mélangé les genres et "appuyé" Bouygues Télécom en publiant un communiqué sur les antennes relais de téléphone mobile le 4 mars
dernier, une mise en cause qu'elle qualifie de "chasse aux sorcières".
Le 11 mars
Le tribunal de grande instance d'Angers, statuant en référé, interdit au nom du principe de précaution, des travaux envisagés par Orange France en vue d'ériger trois antennes sur le clocher d'une
église, à proximité d'une école dans un village près d'Angers.
Le 5 mars
Un collectif de parents d'élèves exige l'éloignement de neuf antennes-relais de téléphonie mobile installées juste à côté des écoles maternelle et élémentaire de Sanguinet, dans le nord des Landes.
Parmi eux, certains sont allés jusqu'à retirer leurs enfants.
- Dans une "mise au point" rendue publique mercredi, l'Académie nationale de médecine note que "les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000
fois plus faible que les téléphones portables.
Le 3 mars
La justice ordonne à SFR de démonter une antenne-relais dans le Vaucluse. L'association Robin des Toits précise que l'opérateur de téléphonie mobile a été condamné par le tribunal de grande instance
de Carpentras, le 16 février dernier, en raison de la nuisance esthétique de l'antenne et de l'incertitude de son impact sanitaire.
Le 5 février
La secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko Morizet propose un Grenelle des antennes pour discuter des éventuels risques posés par les antennes relais.
L'objectif est de répondre aux "attentes croissantes" du public concernant les dangers éventuels de l'exposition aux ondes électro-magnétiques.
Le 4 février
La cour d'appel de Versailles confirme la condamnation de Bouygues Telecom au démontage, sous astreinte, d'une antenne relais de téléphone mobile à Tassin-La-demi-Lune, dans la banlieue lyonnaise,
ainsi qu'au versement de 7.000 euros dommages et intérêts.
Le 15 décembre 2008
La cour d'appel de Colmar déboute, faute de preuve, Sabine Rinckel, une Strasbourgeoise électrosensible de 44 ans qui réclamait à son bailleur social un relogement dans une zone à l'abri des ondes
émises par les antennes-relais de téléphonie mobile.
Le 17 octobre
Le secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, Eric Besson, tient une réunion de travail sur le dossier de l'implantation des antennes relais. Des représentants du ministère de la
Santé, du secrétariat d'Etat à l'aménagement du territoire, du ministère de l'Economie, de l'association des maires de France, et les trois opérateurs mobiles ont été conviés.
Le 3 octobre
Pour la première fois en France, une plainte au pénal est déposée au Tribunal de Grande Instance de Paris, visant directement un opérateur de téléphonie mobile, Bouygues, pour "administration de
substance nuisible".
Le 2 octobre
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet plaide pour un regroupement des opérateurs de téléphonie mobile autour d'antennes-relais communes, même si selon elle aucune étude ne
prouve de lien entre antennes relais et pathologie.
Ces émetteurs-récepteurs servent à acheminer les appels du réseau vers des téléphones mobiles situés dans leur zone de couverture appelée «cellule». Quand plusieurs antennes sont implantées
au même endroit (appartenant à plusieurs opérateurs), on parle de «stations de base».
On compte en France environ 50.000 antennes-relais, de taille plus ou moins importantes. Le coût d’une antenne est variable, de 50.000 euros sur le toit d’un immeuble à 500.000 euros en rase
campagne.
C comme Cartoradio
Cette carte, consultable sur le site Internet de l'Agence nationale des fréquences, permet de localiser les
antennes relais du téléphone mobile en métropole et outre-mer. En tapant votre adresse, vous pouvez ainsi savoir précisément combien d'antennes sont implantées près de chez vous.
Autre fonctionnalité: Cartoradio permet aussi d'accéder librement à toutes les mesures d'exposition aux ondes, réalisées, commune par commune, à la demande des habitants.
Car, il faut le savoir, vous êtes en droit de demander à la mairie une mesure individualisée de l'exposition de votre habitation aux ondes électromagnétiques. Les calculs sont réalisés
par les laboratoires privés COFRAC, seuls organismes accrédités par l'ANFR.
C comme champ électromagnétique
C’est l’interaction entre le champ électrique (en volt/mètres) et le champ magnétique (en ampère/mètre). La manifestation du champ électromagnétique la plus évidente, c’est la lumière. Il
faut savoir que les ondes électromagnétiques se propagent à la vitesse de la lumière (300 000 km/secondes).
Mesure le nombre d’oscillations de l’onde électromagnétique par seconde (se mesure en hertz). On distingue les fréquences extrêmement basses, jusqu'à 300 Hz (il suffit de 50 Hz pour le courant
électrique), les moyennes, de 300 Hz à 10 MHz (type les écrans d'ordinateur).
Les radiofréquences permettent de transporter de l’information (radio, télé, mobiles, téléphones sans fil). Autour de 100 MHz pour la radio FM, entre 400 et 900MHz pour la télévision et 900 à 2200
MHz pour les téléphones portables.
Les hyperfréquences (très élevées, type 2,5 gigahertz, qui produisent de la chaleur et sont utilisées pour la cuisine (four micro-onde).
Ce qu’il faut retenir: plus la fréquence est basse, plus la longueur d’onde est importante. Et plus la longueur d’onde est élevée, plus elle pénètre dans la matière et donc le corps humain.
Toute la controverse aujourd’hui porte justement sur l’importance de ces effets sur le métabolisme. On sait que les ondes à un niveau élevé produisent de la chaleur (l'«effet thermique». Exemple
type: le micro-onde). Concernant les portables, les normes en vigueur (décret Jospin du 3 mai 2002) garantissent l’absence d’effets thermiques. Mais, à l'image des électrosensibles, de plus en
plus de personnes sont persuadées que les ondes produisent aussi des effets non thermiques, et nocifs pour la santé.
G comme GSM, DCS, UMTS
Ces acronymes désignent les bandes de fréquences de téléphonie mobile. Le réseau GSM (Global System for Mobile communications), dit « de seconde génération» (2G), permet de transmettre la voix et
des données numériques de faible volume, comme les SMS.
L’Universal Mobile Telecommunications System (UMTS), dit de troisième génération (3G), permet de transmettre non seulement la voix, mais aussi des images.
R comme Réglementation
Les seuils d’exposition maximum varient fortement d’un pays à l’autre. En France, le décret dit Jospin, du 3 mai 2002, fixe la limite entre 41 et 61 volts/mètre, soit les valeurs suggérées par l'OMS et la Commission européenne. Les seuils sont nettement
inférieurs dans plusieurs pays d'Europe, au nom du principe de précaution (6 à 20 v/m en Italie, 6 v/m dans les zones d'habitation bulgares, bientôt 3 v/m à Bruxelles...)
Les associations françaises demandent une limitation de la valeur d’exposition à à 0,6v/m. Et la création d’un périmètre de sécurité autour des sites sensibles (écoles, crèches notamment).
W pour Wi-fi (pour Wireless-Fidelity)
En français: Internet sans fil à haut débit.
Etonnamment, le wi-fi utilise la même fréquence que le four micro-onde (2,5 gigahertz). Pourquoi ? Tout bêtement parce qu’il s’agit d’une fréquence dite libre, c’est-à-dire qui n’est pas soumis à
autorisation.
La fréquence utilisée par le wi-fi est bien plus haute que celle des téléphones portables. Donc la longueur d’onde est plus courte, et pénètre moins a priori dans le corps humain. Sauf que,
soulignent les associations, le wi-fi est en général branché automatiquement quand le client ouvre la «box» de son forfait... Au nom du principe de précaution, les sénateurs Verts demandent sa
«désactivation par défaut».
Sources : Libé 22.04.2009
****************
Les initiatives politiques sur les risques des technologies sans fil se multiplient
Deux récentes décisions de justice ordonnant le démontage d'antennes-relais ont relancé le débat sur les dangers potentiels des ondes de radiofréquence utilisées pour
la téléphonie mobile et les technologies sans fil, alors que les initiatives politiques sur le sujet se multiplient. Quelques jours après la cour d'appel de Versailles, le tribunal de grande instance de Carpentras (Vaucluse)
a condamné, le 16 février SFR à démonter une antenne-relais.
Les magistrats font référence à l'"incertitude" sur l'impact sanitaire de ce type d'installation et au "trouble anormal de voisinage" dû à l'"impact visuel exceptionnel"
de l'antenne, installée dans un vignoble. Passée inaperçue dans un premier temps, Cette décision a fait l'objet, mardi 3 mars, d'un communiqué de l'association Robin des toits.
L'Académie nationale de médecine a réagi, le 4 mars, en renouvelant "sa mise en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution"."On ne connaît aucun mécanisme
par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquencepourraient avoir un effet négatif sur la santé", affirme-t-elle, évoquant une "erreur
scientifique manifeste" dans la motivation de l'arrêt de la cour d'appel de Versailles.
"Il ne faut pas que ces choses-là se règlent devant les tribunaux. Toutes les antennes de France ne vont pas se retrouver devant les tribunaux", a déclaré Nathalie
Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique.
Ces décisions de justice et les réactions qu'elles entraînent se produisent alors que les chercheurs travaillant dans le cadre de l'étude Interphone sur la téléphonie mobile, lancée en 2000 dans
treize pays, ne parviennent pas à des conclusions communes. Envisagée à l'automne 2008, la publication de leurs travaux a été repoussée. Même si des biais ne sont pas à exclure, des résultats
partiels montrent une augmentation du risque relatif de plusieurs tumeurs de la tête chez les gros utilisateurs.
Le premier ministre, François Fillon, a confié à Roselyne Bachelot, ministre de la santé, l'organisation d'une table ronde sur les
dangers potentiels des téléphones mobiles et des antennes-relais. Cette réunion, intitulée "Radiofréquence, santé, environnement", est fixée au 26 mars.
Enfin, la Ville de Paris a annoncé le lancement d'une "conférence de citoyens" sur les ondes et la santé, qui durera d'avril à juin et aura pour objectif de
l'éclairer sur les meilleurs choix à effectuer en ce qui concerne le développement et l'usage des technologies hertziennes dans la capitale.
Les procès contre les antennes de téléphonie mobile vont-ils s’emballer ? La victoire, mercredi, devant la cour d’appel de Nanterre par trois couples de Tassin-la-Demi-Lune, (banlieue de Lyon)
contre Bouygues Telecom l’obligeant à éteindre son relais, pourrait faire école. Hier, Etienne Cendrier, le porte-parole de Robin des Toits, disait «crouler sous les coups de fil. On avait trois
à quatre procès dans les tuyaux. On va vers une bonne dizaine». Hier, Bouygues Telecom s’interrogeait sur l’opportunité d’une saisine de la Cour de cassation. L’arrêt a créé une onde de choc. Il
s’agit «d’un revirement de la jurisprudence», selon Richard Forget, avocat des ménages. Les cours d’appel n’avaient jamais confirmé la condamnation d’un opérateur à démonter ses
installations. Jusqu’à ce que les plaignants lyonnais soulèvent «le trouble anormal de voisinage».
Risque. Nul besoin d’invoquer des études incriminant les antennes, pas plus qu’ils n’ont reproché à Bouygues l’absence de démonstration de leur innocuité. Ils se sont contentés de
dire qu’ils subissaient un trouble du fait d’être exposés à un risque sanitaire - les champs électromagnétiques - qui fait l’objet de controverses scientifiques. «Mais ce n’est pas un
renversement de la charge de la preuve», prévient l’avocat. Pas plus qu’il s’agit d’un arrêt rendu au nom du principe de précaution. Toutefois, ce principe inspire l’argumentation de la cour
d’appel, selon Arnaud Gossement, le porte-parole de France-Nature-Environnement. Et ce alors que la loi dite Grenelle 1, en discussion au Sénat, doit renverser la charge de la preuve,
obligeant à l’avenir les SFR, Bouygues et consorts, à démontrer l’innocuité de leurs ondes. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, s’est-elle souvenue de ses batailles
contre les antennes ? En tout cas hier, à la tribune de l’Assemblée, elle a annoncé la tenue d’une «conférence citoyenne», un «Grenelle des fréquences», face aux
préoccupations relayées par les députés.
En attendant, Bouygues promet de «cesser très vite les émissions». Tandis que Robin des Toits calme le jeu : «Nous ne voulons pas le démantèlement général des antennes.La technologie peut se
conjuguer avec la sécurité.» Et de rappeler que les seuils d’exposition aux ondes tolérés en France
Bouygues Telecom condamné en appel à démonter des antennes relais
C'est une première. Bouygues Telecom a été condamné ce mercredi par la cour d'appel de Versailles à démonter des antennes relais dans le Rhône en application du principe de précaution.
«Bouygues Telecom a été condamné au démontage des antennes de Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) sous astreinte de 500 euros par jour de retard», a indiqué à l'AFP Me Richard Forget, avocat des
parties civiles. «Bouygues devra également indemniser mes clients pour exposition à un risque sanitaire, soit 7.000 euros par couple», a-t-il ajouté. «Une jurisprudence est maintenant
établie, toutes les antennes relais de Bouygues sont en sursis», s'est réjoui Me Forget.
En première instance à Nanterre, l'opérateur de téléphonie mobile avait été condamné à démonter l'installation dans un délai de 4 mois sous astreinte de 100 euros par jour et à verser 3.000 euros de
dommages et intérêts à chacun des trois couples. Ceux-ci se plaignaient du risque sanitaire représenté par des antennes relais installées depuis 2006 sur un pylône en forme d'arbre à proximité de
leurs habitations.
Bouygues, qui avait alors interjeté appel de cette décision, a jugé «problématique» une telle décision pour la construction des réseaux de communication. Questionné sur un éventuel
pourvoi en cassation, l'avocat du groupe a indiqué qu'«il étudi(ait) l'arrêt et verra(it) cela dans les jours qui viennent».
EPR: le choix d'un second site ravive la polémique
Après celui de Flamanville, qui doit entrer en service en 2012, la France va construire un second EPR à Penly en Seine-Maritime.
L'annonce du site retenu par Nicolas Sarkozy, jeudi soir, a ravivé le débat sur ce réacteur dit de "troisième génération", fermement combattu par les anti-nucléaires.
Version "évoluée" des réacteurs à eau pressurisée, l'EPR est présenté comme plus puissant, plus sûr, moins gourmand en combustible, avec moins de rejets chimiques et radioactifs dans
l'environnement. Mais les écologistes dénoncent un projet "inutile, dangereux et coûteux", qui empêchera la France de tenir ses engagements en matière d'énergies renouvelables.
La France compte 58 réacteurs nucléaires répartis sur 19 centrales. En conclusion du
Grenelle de l'environnement, en octobre 2007, Nicolas Sarkozy avait dit qu'il ne voulait "pas créer de nouveaux sites nucléaires", se laissant in fine la possibilité d'implanter des EPR sur des sites
nucléaires existants.
En juillet dernier, le président a ainsi annoncé sa décision de lancer un second EPR. "Chaque EPR qui remplace une centrale à gaz fait économiser 2 milliards de mètres cube de gaz par an",
avait-il argué. Et "chaque EPR qui remplace une centrale à charbon fait économiser 11 millions de tonnes de CO2".
Avec une capacité de 1.650 mégawatts, l'EPR est aussi plus puissant que les réacteurs actuellement en service, qui allaient jusqu'à 1.450 MW pour les plus récents, selon EDF, qui va piloter le
projet. Il "permettra d'augmenter de 36% la production annuelle d'électricité par rapport aux réacteurs actuels".
EDF argue que l'EPR, comme les centrales classiques, permettra de produire de l'électricité sans rejet de CO2, l'un des gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique.
Et il "consommera 17% de combustible de moins grâce à l'utilisation d'assemblage plus efficaces et au rendement supérieur de la turbine", précise la compagnie sur son site Internet. EDF promet
aussi "une réduction d'au moins 30%" des rejets chimiques et radioactifs dans l'environnement, sauf pour le tritium et carbone 14, ainsi qu'un volume de déchets radioactifs sera lui aussi
"globalement en diminution".
"L'EPR est supposé produire un peu moins de déchets radioactifs, mais ils seront plus radioactifs que ceux des réacteurs actuels et ce sera de toute façon de très grandes quantités de déchets
radioactifs dont certains vont durer des millions d'années", rétorque Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau
Sortir du Nucléaire.
Pour lui, l'EPR est au contraire "plus dangereux", car "très lourd" et "très compliqué". Fruit de la technologie franco-allemande, l'EPR, conçu au début des années 90, est "déjà un vieux réacteur"
avant même d'être construit, note-t-il dans un entretien à l'Associated Press. Selon lui, en cas d'écoulement d'eau dans le système, des études ont évoqué des risques d'"explosions de vapeur si
violentes qu'elles pouvaient détruire la cuve et l'enceinte de confinement du réacteur ce qui amènerait à une catastrophe équivalente à Tchernobyl".
Les adversaire de l'EPR soulignent d'ailleurs les "déboires" rencontrés sur les chantiers des EPR. Celui du premier EPR d'Europe, que le consortium franco-allemand Areva Siemens construit
actuellement à Olkiluoto en Finlande, accuse plus de trois ans de retard. Il ne pourra être
opérationnel qu'en 2012.
Sur le plan économique, Sortir du nucléaire juge absurde de
développer des moyens "de base", comme le nucléaire, "qui ne peuvent absolument pas absorber les pointes de consommation".
Pour Corinne Lepage, présidente de Cap 21 et vice-présidente du MoDem, la construction annoncée de deux EPR, et les
réflexions engagées autour d'un troisième "rendent totalement virtuel l'objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020 et de 20% d'efficacité énergétique à cette date". "Pour vendre son courant,
qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (le prototype finlandais avoisine les 5 milliards d'euros), les exploitants, aidés bien entendu par les pouvoirs publics,
vont devoir favoriser la consommation électrique", argue-t-elle dans un communiqué.
Pour la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, "les milliards d'euros prévus pour la construction d'un
deuxième EPR seraient autrement plus intelligemment dépensés s'ils l'étaient dans les domaines des économies d'énergie et des énergies renouvelables, créateurs de 11 à 15 fois plus d'emplois,
pérennes et non délocalisables". AP
L’EPR au secours de N. Sarkozy. Au soir du 29 janvier qui a vu 2,5 millions de manifestants contre la politique de N. Sarkozy et de ses réformes libérales, l’Elysée
a confirmé la mise en chantier d’une deuxième centrale nucléaire EPR, à Penly, en Seine-Maritime, au grand dam de ceux qui avaient cru à la sincérité du « Grenelle de l’environnement ».
Alors que les chantiers en cours des centrales EPR, à Flamanville et en Finlande, sont des gouffres à fric et que les défaillances techniques sont nombreuses, N. Sarkozy poursuit sa mission de chargé
de promotion du lobby nucléaire avec comme conséquence une marginalité maintenue des énergies renouvelables. Il est profondément regrettable que les élus locaux de gauche aient cru bon d’approuver
cette décision. Quant à la LCR, elle joint sa voix à celle des associations écologistes, de défense de l’environnement, au réseau « Sortir du nucléaire » et condamne la décision de N.
Sarkozy de construire un deuxième EPR.
Le 30 janvier 2009.
22 substances pesticides dangereuses bannies… sur les 500 existantes
Les eurodéputés et les écologistes se félicitent. Le 13 janvier, les députés ont interdit 22 pesticides cancérigènes, toxiques et perturbateurs endocriniens.
L’application totale du texte ne se fera pourtant pas avant 2018, date à laquelle les autorisations de certains produits expireront.
L’Italienne, Monica Frassoni, coprésidente du groupe des Verts au parlement Européen, n’a pas manqué de féliciter l’opération. Il s’agit d’une « victoire des Verts et
des environnementalistes qui ont su collectivement résister aux énormes pressions » de l’industrie. Les Verts quant à eux ont salué celle nouvelle législation et l’ont qualifié comme l’une des plus
restrictives au monde.
22 substances sur 500 existantes ont été retenues et bannies de tous herbicides, fongicides et insecticides. Ces substances sont des perturbateurs du système endocrinien, considérés comme
cancérigènes et toxique pour la reproduction. Seules deux substances, des fongicides, le Carbendazim et le Dinocap seront interdits en 2009. Il faudra en réalité attendre 2018 pour que l’ensemble de
ces substances soient entièrement retirés du marché.
Si les environnementalistes et les verts se félicitent de l’opération, les industriels ne sont pas les plus mécontents. La majorité de ces 22 molécules tombant toutes dans le domaine public d’ici
2018, ces substances auraient été de toute façon moins rentables car elles auraient pu être « copiées » par des concurrents.
Centrales nucléaires: défaillance des mesures de radioactivité
Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire du lundi 12 janvier 2009
Scandale de très grande ampleur dans le nucléaire français
- Défaillance généralisée des mesures de rejets radioactifs dans l'environnement : les laboratoires de toutes les centrales nucléaires EDF ont perdu leurs agréments !
- Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande à M Borloo des explications immédiates
Le Réseau "Sortir du nucléaire" rend publique aujourd'hui une information de la plus grande importance et qui doit interpeller la totalité des citoyens français, menacés de façon chronique par les
rejets radioactifs liquides et gazeux opérés dans l'environnement par les installations nucléaires.
Les laboratoires de toutes les centrales nucléaires françaises, censés faire en continu des mesures autour des installations en question, sont défaillants : leurs agréments sont actuellement
suspendus ou refusés par le biais de quatre Décisions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), datées du 16 décembre 2008. (Voir liens ci-dessous)
On ne peut d'ailleurs qu'être stupéfait du silence total de l'ASN à propos de ses propres décisions qui, de par leur importance, méritent au contraire la plus grande publicité. Et ce d'autant que des
questions graves se posent. Les autorités françaises doivent y répondre de toute urgence et le Réseau "Sortir du nucléaire" interpelle aujourd'hui même par courrier à M Borloo (voir ci-dessous),
ministre en charge de l'énergie :
- alors que les laboratoires des centrales nucléaires EDF ne sont plus agréés, qui réalise actuellement les mesures exigées par les arrêtés autorisant EDF à exploiter ces centrales ? Si ces
mesures ne sont pas faites, les centrales doivent être immédiatement arrêtées.
- quelles sont précisément les défaillances des laboratoires des centrales nucléaires EDF, et depuis quand ces défaillances existent-elles ?
- quelle peut être l'ampleur des rejets effectués depuis des années par les centrales nucléaires au-delà des limites légales (qui, pourtant, sont déjà fort laxistes) ?
- comment les citoyens peuvent-ils faire confiance aux "responsables" d'une industrie aussi dangereuses et qui s'avèrent incapables de mesurer leurs rejets radioactifs opérés l'environnement ?
Il est déjà choquant que, en France, ce soient les exploitants, en l'occurrence EDF, qui effectuent eux-mêmes la surveillance de l'environnement autour de leurs installations nucléaires : il est
légitime de se méfier de l'industrie nucléaire qui est habituée à cacher ou travestir la vérité. Mais la situation est en réalité encore plus intolérable puisque les contrôles opérés par EDF sont
défaillants et permettent très probablement des rejets radioactifs supérieurs aux limites légales, pourtant déjà fort laxistes.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que, fin 2007, une étude de l'université de Mayence (Allemagne) a montré que, parmi les enfants de moins de cinq ans grandissant à moins de cinq kilomètres
d'une centrale nucléaire, les cas de leucémie sont deux fois plus fréquents que dans d'autres régions.
Une fois de plus, l'industrie nucléaire montre qu'elle est très loin d'être irréprochable alors que les conséquences et les risques qu'elle fait peser sur l'environnement et la santé des populations
sont incommensurables et incomparables à tous les autres. Il est plus que temps de sortir du nucléaire.
«Le nucléaire a conduit à une perversion du système électrique»
Interview
Energie. Les mythes de l’indépendance française démontés par l’expert Mycle Schneider :
Avec l’hiver vient la saison du chauffage. Au bois, au gaz, au fioul, mais aussi au radiateur électrique, ce qui a le don de faire grimper les consommations en période de pointe. Comme chaque fois
en cette période de l’année, ces pics de consommation imposent d’importer de l’électricité venue d’Europe. Et celle-ci, produite à partir d’énergies fossiles, n’est pas faiblement émettrice en
CO2. Mycle Schneider est consultant international en matière d’énergie et de nucléaire. Il vient de rendre un rapport au Parlement européen sur le mythe de la politique énergétique
française.
Quel est l’impact de la vague de froid sur les consommations électriques françaises ?
En hiver, la puissance électrique appelée est presque trois fois plus élevée le jour le plus chargé que le jour le moins chargé de l’été. On a donc besoin des vieilles centrales au fioul, dont EDF
vient de remettre 2 600 mégawatts en service, parce qu’on manque cruellement d’électricité de pointe. Depuis 1990, la part des énergies fossiles dans l’électricité a crû de près de 25 %. En
parallèle, les importations de courant, essentiellement à base d’énergies fossiles, ne cessent d’augmenter. La France est ainsi devenue importatrice nette de courant charbon allemand.
Mais l’électricité française est faiblement émettrice en gaz à effet de serre…
C’est vrai, les émissions totales par habitant de gaz à effet de serre en France sont - encore - plus faibles que chez nos voisins. Mais elles varient fortement d’une année à l’autre en fonction
du climat et on n’identifie plus de baisse structurelle depuis longtemps. En fait, en 2005, les émissions de CO2 dues à la production publique d’électricité et de chaleur étaient de 5 %
supérieures à 1990, pour se trouver en 2006 à 2 % en dessous du niveau de 1990. Le rôle du nucléaire y est complexe. Le système nucléaire, et les surcapacités qu’il a engendrées, a conduit
à une perversion du système électrique. On a massivement introduit le chauffage électrique parce qu’EDF avait des kilowattheures à vendre, ce qui a conduit à une augmentation du recours aux
combustibles fossiles. Le contenu en CO2 du kWh pour les besoins du chauffage électrique se situe entre 500 et 600 grammes, soit environ trois fois les émissions d’un
chauffage central au gaz.
Le recours au nucléaire augmenterait les émissions de CO2 dans l’électricité ?
Indirectement, par effet systémique, surtout pour tout nouveau projet. L’investissement dans le nouveau réacteur EPR augmentera ainsi les émissions car si on investissait les 4 milliards
d’euros nécessaires à sa construction dans l’isolation de l’habitat existant, on éviterait réellement des émissions.
Vous assurez qu’en dépit du nucléaire, la France n’est pas indépendante du point de vue énergétique. Pourquoi ?
En France, le premier programme électronucléaire massif a été lancé en 1974, après le premier choc pétrolier. Le but affiché était de rendre le pays indépendant vis-à-vis du pétrole. C’était déjà
un mythe à l’époque car l’électricité ne représentait alors que 12 % de la consommation de pétrole en France. En 2007, après trente-cinq ans de nucléaire en France, la consommation de pétrole
par habitant - 1,5 million de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep) - était plus élevée que la moyenne de l’Union européenne, alors que la consommation en Italie, qui a arrêté le nucléaire, et en
Allemagne, était de 1,4 Mtep. Les autres secteurs comme le résidentiel, et surtout les transports, consomment la plus grande partie du pétrole et cette consommation n’a pas cessé d’augmenter
depuis 1973. Le système électrique est incroyablement inefficace : entre l’énergie primaire, contenue dans l’uranium ou le charbon, et l’énergie finale utilisée sous forme de kilowattheure, les trois
quarts sont perdus dans le réseau de distribution.
Et alors ?
Il faut calculer le taux d’indépendance sur la base de l’énergie finale, le quart restant utilisé par les consommateurs, et non sur la base de l’énergie primaire. Cet ajustement simple divise par
deux le taux officiel de 50 % d’indépendance énergétique affiché par le gouvernement. En outre, il faut rappeler que la totalité de l’uranium utilisé dans les centrales est importée. Ce qui n’est pas
pris en compte. Aujourd’hui, on peut estimer l’indépendance énergétique française à environ 8 %.
Quels seraient les principes d’une bonne politique ?
Elle devrait fournir des services énergétiques (c’est-à-dire le chaud, le froid, la lumière ou la mobilité) bon marché, propres et durables. Et ces services énergétiques intelligents devraient
conduire à une baisse draconienne de nos consommations. Aujourd’hui, en France, la politique entamée ne laisse pas entrevoir comment atteindre les objectifs fixés par la loi : à savoir de réduire de
80 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.
La Cour de cassation a adopté définitivement le principe pollueur-payeur. C'est l'affréteur du pétrolier qui paiera en cas de marée noire. Tout cela grâce à Mesquer !
«L'affaireErika,une décision historique!» Le cabinet
d'avocats de Corinne Lepage, conseil de la commune de Mesquer dans le procès de l'Erika, jubile. Après huit années de procédure, Mesquer, la petite commune de Loire-Atlantique, a gagné son
bras de fer contre le géant pétrolier.
Après la marée noire, fin 1999, le petit port a franchi tous les échelons judiciaires : le tribunal de commerce de Saint-Nazaire puis celui de Nantes, la cour d'appel de Rennes,
la Cour européenne de justice puis la Cour de cassation. Il en aura fallu, de l'opiniâtreté, à Mesquer et ses 1 500 habitants (l'hiver), pour imposer le principe « pollueur payeur » si cher aux
écologistes.
La commune, à la différence de toutes les autres collectivités de la Loire-Atlantique touchées, locales ou territoriales, s'était constituée partie civile. Pour se faire
rembourser les frais de nettoyage de ses plages.
« Tous, les larmes aux yeux »
«Il faut se souvenir! On nettoyait les rochers à la petite cuiller et il y avait parfois jusqu'à soixante centimètres d'épaisseur de
boulettes. Je n'ai pas vu une seule personne venir sur la plage sans avoir les larmes aux yeux», rappelle le maire actuel, Jean-Pierre Bernard, pas peu fier du
résultat.
Tandis que les communes attaquaient au pénal pour obtenir des dédommagements, Mesquer a ajouté une procédure au civil «pour établir la responsabilité de
l'affréteur». En gros, la compagnie pétrolière française avait bien affrété une cargaison de pétrole mais, une fois la marée noire arrivée, les boulettes d'hydrocarbures
n'étaient plus reconnues par Total...
C'est ce qui avait mis hors d'elle la maire de l'époque, Marie-Jeanne Guillet, une infirmière anesthésiste bourrée d'énergie qui luttait en même temps contre le cancer et ne
s'avoue jamais vaincue, encore aujourd'hui.
La guerre contre Total est alors passée par des batailles perdues, comme devant le tribunal de commerce de Saint-Nazaire, celui de Nantes, la cour d'appel de Rennes. Mesquer
s'arc-boute sur le décret de Chicago (cher aux Bretons, victimes, en leur temps, de l'Amoco-Cadiz) et son principe pollueur payeur, non reconnu en France.
Des irréductibles
En 2007, Mesquer se pourvoit en cassation. La dernière instance française estime alors que la juridiction en la matière doit être européenne. Et la Cour européenne penche, en juin
dernier, du côté de Mesquer : les boulettes d'hydrocarbures sont bel et bien des déchets et les déchets sont, à l'origine, la cargaison de l'affréteur, Total.
Total, donc, paiera. Mesquer veut demander trois millions d'euros. La Cour de cassation n'avait plus qu'à avaliser ce qui fait jurisprudence et elle l'a fait mercredi : désormais,
les bateaux poubelles ne pourront plus se cacher derrière des pavillons trop complaisants ou des armateurs peu scrupuleux. Avis aux compagnies pétrolières !
Conclusion, la procédure au civil d'une petite commune imperturbable a permis de faire avancer la législation. Et l'on se souviendra de Mesquer et de ses irréductibles qui ne
craignaient qu'une chose : que la marée noire qui avait souillé leurs plages reste impunie.
Nouvel incident à la centrale du Tricastin : Toujours pas de problème nucléaire ? (ven, 06 nov 2009) Un nouvel incident à la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) vient d'être signalé. Il est intervenu lors du déchargement d'une partie des barres
d'uranium, a annoncé EDF vendredi dans un communiqué. C'est le 4è évènement de ce type en France en très peu de temps. FNE attire l'attention des citoyens sur la nécessité de demander un audit de
sécurité sur le parc nucléaire français. >> plus d'infos
Climat : comment arriver à Copenhague en reculant chaque jour ? (ven, 06 nov 2009) A l'occasion de la conférence de Barcelone, les déclarations se succèdent pour préparer l'opinion publique à une absence d'accord à Copenhague. Réaction
de FNE. >> plus d'infos
Nucléaire : "pas de problème Areva"? (jeu, 05 nov 2009) Dans un entretien au Monde daté de vendredi, François Fillon déclare qu'il n'y a "pas de problème Areva". Pour France Nature Environnement, non seulement
il y a un problème Areva mais il y a aussi un problème politique. >> plus d'infos
France : 1.647 usines sans papiers ! (jeu, 05 nov 2009) La commission européenne vient de saisir la Cour de justice des communautés européennes contre 6 Etats-membres au sujet de 1500 usines fonctionnant sans
autorisation. La France, également concernée, fait l'objet d'un « simple avertissement », malgré des infractions constatées sur...1647 établissements. Cela concerne des usines et élevages qui
fonctionneraient sans une autorisation mise à jour en adéquation avec la directive qui les encadre. >> plus d'infos
Eric DROOKER, peintre américain militant qui met en ligne ses illustrations personnelles (indiquer le site en
cas d’utilisation).
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Le double jeu du nucléaire Comment l'énergie nucléaire favorise la prolifération de l'arme atomique. (Edité en octobre 2009 par le Réseau Sortir du nucléaire) double-jeu du nucléaire.pdf Document Adobe Acrobat [1.6 MB]
Peut-on recycler les déchets nucléaires ? Le Réseau "Sortir du nucléaire" publie en janvier 2009 un journal d'information grand public pour dénoncer le mythe du cycle nucléaire, les risques du plutonium et l'imposture du retraitement. Plutonium12Pweb.pdf Document Adobe Acrobat [1.4 MB]
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