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Actus
Europe Ecologie
à l’âge critiques
récit
Les propos de Jean-Vincent Placé ont attisé les tensions entre les Verts et Cohn-Bendit ce week-end.
Le leader d'Europe-Ecologie (EE) Daniel Cohn-Bendit s'entretient avec Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, lors d'une convention nationale, le 5 juin à Paris (© AFP Francois Guillot)
«Vieille, dans les sociétés africaines c’est un compliment !» plaisantait - encore - samedi en marge de la convention d’Europe Ecologie (EE) à Paris, Jean-Vincent Placé. Le numéro 2 des Verts faisait allusion à sa saillie sur les deux écologistes pressenties pour la présidentielle : Eva Joly, 66 ans, «vieille éthique» et Cécile Duflot, 35 ans, «jeune dynamique», rapportée le matin dans Libération. «T’aurais dû dire : "veille peau éthique", ça aurait fait jeu de mots lacanien», s’amusait un dirigeant des Verts.
Le problème c’est qu’à la Cigale, où étaient réunis 500 dirigeants et militants Verts et non-Verts, ces propos comme ceux où Placé qualifiait de «bide total» l’adhésion de 6 000 personnes - en un mois - au processus de structuration de l’écologie politique, n’ont guère fait rire. Notamment les sexagénaires d’EE : «Ce n’est pas une question de politiquement correct, c’est humainement incorrect», s’étranglait l’eurodéputé Jean-Paul Besset. Pendant ce temps, l’ex-juge, créditée de 12% dans certains sondages, se taillait, avec José Bové, un franc succès à l’applaudimètre en narrant son expédition à Gaza «où Israël refuse de laisser passer les sacs de ciment».
L’après-midi, c’est Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot qui se sont pris le bec à la tribune, en l’absence de Placé parti à la finale dames de Roland-Garros. Assis aux côtés de la secrétaire nationale des Verts, livide et agacée, l’ex-leader de Mai 68 s’échauffe. Exige que la future force soit dotée d’une «charte éthique». «Moi, je ne veux pas d’une organisation où l’on peut dire des choses comme ça. Ça doit être clair, merde alors !» Duflot, qui avait dû prendre ses distances la veille avec son complice Placé, vole à son secours : «Toi, tu as aussi dit [de lui] "crétin", "réactionnaire", etc.»
«Dégueulasse». Un échange anecdotique ? Plutôt le signe des crispations inhérentes au double dépassement d’EE et des Verts qui en constituent la principale force. Lancé le 1er mai par l’ouverture des adhésions directes à EE, il doit aboutir en novembre aux assises du rassemblement. La polémique sur le choix entre Joly et Duflot recoupe deux questions : quel sera son périmètre et qui sera aux manettes ? Une question centrale pour certains Verts qui redoutent une dérive centriste et veulent garder les clés. «EE avance. Placé est affaibli, il a tenté un coup de poker dégueulasse et ça a raté», juge l’eurodéputé Yannick Jadot. «J’ai voulu donner un coup de pied dans la fourmilière. Car ça tanguait vers un unanimisme de façade», réplique Placé.
Si le non-dit a explosé samedi, c’est du fait des tensions accumulées sur plusieurs sujets. La veille, la direction des Verts avait bloqué la demande de doter EE d’une cellule de communication chargée de réagir à l’actualité. «Cécile a un double langage. Elle estime qu’on consacre trop d’énergie à l’organisation et pas au projet. Et quand on demande qu’EE ait une parole sur les retraites ou les plans de rigueur, ils bloquent», regrette Besset. «Placé et Cécile se sont échangé des regards et des SMS pendant la réunion. Ils se partagent les rôles», assure une participante.
Autre signe de tension : Cohn-Bendit a vivement pris à partie, samedi, un proche de Placé, auteur d’un mail interne dans lequel, selon l’eurodéputé, «il dit : "on peut leur laisser Eva Joly pour 2012, mais il faut bloquer Cohn-Bendit, Jadot et garder le parti".»
Sur la structuration du futur mouvement, des différences existent aussi. Pour Duflot, «nous devons être géniaux et modestes. Nous trouverons cette organisation imparfaite mais nécessaire». «Il y a le choix entre des "Verts +" ou "Europe Ecologie +"», a résumé Cohn-Bendit. Trois schémas se dessinent. Duflot défend un «parti réseau» : soit un parti articulé avec une «fondation» permettant de travailler avec les associations, les syndicats et les ONG. La plupart des europe-écologistes penchent pour un «mouvement unifié». Inspiré du Parti démocrate américain, il s’appuierait sur des comités régionaux et sa structure nationale évoluerait en fonction des échéances électorales.
«Fan-club». Enfin, Jean-Vincent Placé et une partie des Verts veulent une fédération où l’on pourrait adhérer directement ou via une de ses composantes : les Verts, les communistes unitaires de la Fase, le MEI d’Antoine Waechter, voire Cap 21 de Corinne Lepage. Cohn-Bendit et Besset ne conçoivent cette double appartenance que de façon «transitoire», un ou deux ans, le temps d’absorber tout le monde dans le rassemblement, politiquement et juridiquement. «Je ne me sens pas chez moi ici. C’est le fan-club de Dany», pestait un proche de Dominique Voynet. «La moindre critique et on est accusé d’être contre le rassemblement. Dany c’est pas De Gaulle», fulminait Placé de retour après le match. Face au tollé, il s’est fendu hier, d’une lettre d’explication à Eva Joly : «Peut-être trop vieille et au profil plus centriste», que Cécile Duflot, «peut-être trop jeune et plus à gauche».
Placé,
le Vert qui fait crisser
Portrait
Réputé abrupt, le numéro 2 du parti écologiste, Jean-Vincent Placé, a créé un tollé en parlant d’un «bide total» d’Europe Ecologie. Il détonne dans un milieu où il a autant d’amis que d’adversaires.
"Urgence écologique,
urgence démocratique"
Vers une sortie civilisée du productivisme ?
Crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise économique, crise de sens, crise de civilisation... La crise écologique, d’ampleur mondiale et aux conséquences "glocales" et transgénérationnelles, n’est plus une menace. C’est une réalité, une urgence. Face à cet impératif écologique, André Gorz nous mettait en garde contre la tentation du "fascisme vert" où "la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes" (Écologie et liberté) et où il expliquait que "la sortie du capitalisme aurait lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare" (ÉcoRev’ 28). Parce que nous croyons que l’écologie politique peut apporter une réponse civilisée à l’urgence écologique, il est indispensable de se pencher sur la théorie et la praxis démocratiques qui peuvent accompagner cette sortie du productivisme et la mise en place d’une gestion soutenable, respectant libertés individuelles et intérêt général aujourd’hui et demain, au Nord et au Sud.
De son côté, Cornelius Castoriadis, qui est ici notre classique, rappelait de même qu’il n’était pas impossible que, face à une catastrophe écologique mondiale, des régimes autoritaires imposent des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique. Ce pour quoi il prônait une indispensable "insertion de la composante écologique dans un projet politique démocratique radical" et, comme l’expliquent Antoine Chollet et Romain Felli – qui nous proposent une vision condensée de la pensée du philosophe de Socialisme ou barbarie – un nécessaire passage de l’autonomie à l’écologie et d’une l’émancipation vis-à-vis du système technico-productif.
Pour réaliser cette émancipation Bruno Latour réfléchit, dans un entretien réalisée par Isabelle Lamaud, à la place, et à la signification, de la nature et des non-humains en politique et à la redéfinition de fond en comble de "la fonction politique, du rôle même des parlements, de la notion de porte-parole pour retrouver des règles d’autorité, de procédure, de débats" pour décider de notre futur. Bruno Villalba et Luc Semal nous incitent à intégrer le plus tôt possible dans nos sociétés démocratiques les contraintes temporelles, exogènes, égalitaires et sociales de la crise écologique, "c’est-à-dire la prise en compte d’un compte à rebours (…) et l’acceptation d’une courte période pendant laquelle nous serons contraints à effectuer les choix salutaires."
Nous nous demanderons ensuite avec Hervé Kempf si la démocratie peut être la voie de sortie face au capitalisme, à une élite et une oligarchie prédatrices. De leur côté, et c’est l’objet de l’article de Myriam Cau, nos représentants ont-ils conscience de l’impératif écologique et le prennent-ils en compte dans leurs décisions et pratiques courantes ? La représentation est-elle pour autant morte ? Avec Aude Vidal, nous nous pencherons sur les propositions d’une "démocratie écologique" de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, qui souhaitent s’appuyer d’une part sur la légitimité politique des ONG écologistes et d’autre part sur la mise en place d’une "chambre haute" du long terme.
Au-delà de grandes réformes structurelles et au travers d’un regard critique sur les potentialités et faiblesses des mécanismes participatifs existants, Florent Marcellesi et Hans Harms nous indiquent qu’il est d’ores et déjà possible, et ceci "sans attendre aucune nouvelle société, ni nouvelle morale, ni un engagement pour toute la vie" de repenser la démocratie de façon concrète. C’est d’ailleurs une de ces pistes, le "jury citoyen", qu’Antoine Vergne étudie en se demandant quelles sont les conditions de réalisation du potentiel de la démocratie participative et délibérative face à l’urgence écologique. De même, en suivant ce besoin de concrétion, ce numéro d’ÉcoRev’ interroge la façon dont il est possible d’envisager une relocalisation démocratique de l’économie, à l’aide par exemple de monnaies locales (Patrick Viveret), une démocratisation de l’espace éducatif grâce à une "université coopérative" (Mikaël Chambru et Davy Cottet) ou une réappropriation démocratique et écologique des processus productifs dans le monde rural, comme le propose le Mouvement des sansterre au Brésil (Tiago Bueno Flores et Luiz Henrique Gomes de Moura).
Au coeur de cette révolution lente de nos systèmes démocratiques, quelle place reste-t-il alors aux partis politiques ? Pour apporter quelques éléments de réponse, nous avons demandé à André Gattolin de nous donner son point de vue sur la mise en oeuvre de la démocratie au sein de la nébuleuse Europe Écologie. Sa réflexion est suivie d’une défense optimiste et engagée des apports du numérique par Anita Rozenholc et Emmanuel Dessendier, alors que balbutie la société de l’intelligence telle que l’imaginait André Gorz.
Nous finirons ce parcours en faisant nôtre la maxime "penser global, agir global". D’un côté, alors que le besoin d’Europe se fait de plus en plus sentir pour mettre en place une meilleure "gouvernance" supranationale répondant aux défis écologiques transnationaux, Gérard Onesta tente de concevoir une "démocratie" à l’échelle mondiale. De son côté, au vu de l’échec des négociations sur le climat à Copenhague, Jérôme Gleizes réfléchit aux conditions d’un cycle post-Seattle.
Il s’agit d’être d’une extrême vigilance dans une période où pointent les risques totalitaires induits par une gestion capitaliste du monde dénuée de toute prise en compte de l’écosystème. La construction d’une société écologiste ne pourra advenir sans affirmer le besoin fondamental d’une réelle démocratie.
Les écologistes mettent en sourdine leurs divergences sur l'avenir du mouvement
La "pax ecologica" a été signée, vendredi 16 avril. Après plusieurs jours d'échanges aigres-doux entre Daniel Cohn-Bendit et les partisans de Cécile Duflot, les principaux responsables d'Europe Ecologie se sont mis d'accord pour stopper la polémique et réaffirmer leur volonté d'aller vers une seule organisation commune d'ici à la fin 2010. Il était temps, l'inquiétude était montée de tous côtés de voir les écologistes se déchirer.
Le 12 avril, Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, répondait à l'interpellation de Daniel Cohn-Bendit qui avait proposé, au lendemain des régionales, une structuration rapide d'Europe Ecologie susceptible de dépasser la forme partisane des Verts. Dans un courrier aux militants, elle exprimait son souhait de voir émerger un "mouvement polymorphe articulant à la fois un parti transformé et un réseau informel ouvert à tous", sans disparition des Verts. En réponse, Daniel Cohn-Bendit avait critiqué sa "vision passéiste", mettant le feu aux poudres.
Le député européen avait notamment reproché à la secrétaire natiole de vouloir simplement faire d'Europe Ecologie "une succursale des Verts". De leur côté, les amis de Cécile Duflot ne cachaient pas leur agacement devant cette réaction du leader européen, jugée "bonapartiste" et "dirigiste". "C'est une réaction de vieux mâle soixantenaire qui veut imposer ses vues", taclait Francine Bavay, conseillère régionale d'Ile-de-France.
Il fallait siffler les arrêts de jeu : Jean-Paul Besset, député européen, a proposé une "réunion de crise" aux ténors écologistes, jeudi. "Après le pugilat médiatique entre Cécile et Dany, il fallait tenter une psychologie collective", explique-t-il. "C'est un peu le syndrome du baby-blues après l'accouchement d'une nouvelle force électorale : les épidermes sont sensibles, alors on se rassemble", renchérit Noël Mamère, député de Gironde.
La réunion a duré trois heures pour afficher un bel ensemble. Auparavant, Cécile Duflot avait déjeuné avec "Dany", entouré des casques bleus Jean-Paul Besset, Philippe Mérieu et Laurence Vichnievsky pour "percer l'abcès et dissiper les malentendus".
Pas question d'étaler ses querelles et de gâcher "l'avenir radieux" ouvert par les élections européennes et régionales. Le calendrier prévu pour le débat sur l'avenir du rassemblement des écologistes - et déjà avalisé par tous - a donc été à nouveau annoncé : conférences régionales le 8 mai, réunion nationale de synthèse les 5 et 6 juin, journées d'été communes fin août et assises nationales du rassemblement fin 2010. Pour bien afficher l'harmonie retrouvée, les adhésions à Europe Ecologie sont lancées : une cotisation à 10 ou 20 euros sera demandée à tous ceux qui veulent participer ; les Verts, qui paient déjà leurs propres cotisations, en sont membres de droit. Tous devront signer une "charte" pour acter ce nouvel engagement. Enfin, finie la double commande entre les instances d'Europe Ecologie et celles des Verts : elles se réuniront en commun et leurs décisions seront désormais collectives.
La crise est passée, mais le débat n'est pas tranché sur la nature de la métamorphose. "Personne n'est obligé de se faire hara-kiri, on va vers un même mouvement", assure Yannick Jadot, député européen, proche de "Dany". "On va voter et chacun sera fixé", s'amuse Mme Duflot.
Cécile Duflot prône un rassemblement des écologistes ancré à gauche
Cécile Duflot a pris son temps avant de répondre à l'"Appel du 22 mars" de Daniel Cohn-Bendit. Dans un courrier qu'elle adresse, lundi 12 avril, à tous les militants Verts, comme à ceux d'Europe Ecologie, la secrétaire nationale des Verts donne sa vision de l'avenir des écologistes. Elle prend le contre-pied du député européen qui préconise la structuration rapide d'Europe Ecologie et le dépassement des Verts, mais ne le désavoue pas complètement.
Première différence : la façon d'entrer dans le débat. C'est par une "lettre personnelle" adressée aux militants qu'elle fait ses propositions, en précisant : "Je n'ai pas souhaité participer aux élans médiatiques d'un débat interne qui se contenterait d'être projeté sur la place publique." Elle prévient que la forme que prendra le mouvement ne peut procéder d'une "formule magique".
Si elle trouve "juste" l'idée de "coopérative politique", proposée par M. Cohn-Bendit, elle précise qu'il faut se "méfier des rénovations hâtives de la vie politique qui n'ont de modernes que le nom derrière lesquelles se reproduisent bien vite les formes anciennes de l'oligarchie et du bonapartisme". Et de citer le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ou le MoDem et les "déceptions" qu'ils ont engendrées.
"MOUVEMENT POLYMORPHE"
La jeune dirigeante marque aussi sa différence en réaffirmant que son écologie porte "l'héritage de la pensée du mouvement ouvrier" et des "combats" que la gauche a su porter sur le féminisme ou la diminution du temps de travail. En insistant sur ces valeurs comme "socle" de la force écologique nouvelle, elle reprend les thèmes chers aux Verts.
Mme Duflot précise ensuite les contours qu'elle souhaite voir prendre au futur mouvement. Au lieu de "figer" les choses en créant tout de suite des collectifs locaux d'Europe Ecologie, comme le voudrait M. Cohn-Bendit, elle se dit partisane d'un "mouvement polymorphe", articulant un "parti transformé" et un "réseau informel ouvert". Elle enjoint aux Verts de "muer" en se transformant en "espace politique nouveau", avec des instances "transformées" et un nouveau nom.
Mais sans abandonner leurs "acquis" que sont la parité, le non-cumul des mandats et l'absence de "culture du chef". Là encore, une pierre dans le jardin de "Dany", soupçonné de jouer un jeu trop personnel. Pour dépasser le parti, Mme Duflot propose que chaque comité local des Verts ou d'Europe Ecologie se transforme en "maison de l'écologie", lieu de "rassemblement" des écologistes dans toutes leurs composantes.
Ce sont les adhérents de cette nouvelle forme d'organisation qui seront amenés à désigner les candidats pour les prochaines échéances cantonales, présidentielle et législatives lors de primaires de l'écologie. La numéro un des Verts tente ainsi de couper l'herbe sous le pied des amis de Daniel Cohn-Bendit, qui cherchent à imposer une "candidature naturelle", comme celle d'Eva Joly.
Enfin, pour répondre aux attentes de tous ceux qui ont été attirés par Europe Ecologie sans vouloir adhérer à un parti, Mme Duflot propose de créer un "réseau-mouvement" avec ses comités locaux, ses cotisations et même son journal. La jeune leader termine son propos, en affirmant que ces propositions sont faites en toute "modestie". Et sans arrière-pensée, "alors que d'aucuns s'aventurent à [lui] donner de supposées ambitions pour 2012", ajoute-t-elle. Voire.
C'est désormais aux militants et sympathisants de dire leur préférence lors d'une rencontre nationale début juin, avant des assises prévues à la fin 2010.
Cécile Duflot rejette toute "dissolution" des Verts
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a estimé samedi 27 mars que l'avenir d'Europe Ecologie ne supposait "ni la dissolution" des Verts, "ni le repli"
sur soi, mais une "construction commune différente" avec pour objectif un projet "décidé en commun" pour 2012.
Lors de son discours devant quelque 200 délégués réunis au Conseil national interrégional (Cnir) des Verts, Cécile Duflot, en "garante et responsable de l'avenir en commun
d'Europe Ecologie et des Verts", a assuré qu'il fallait "mener deux chantiers ensemble" : la suite d'Europe Ecologie (EE) et "l'approfondissement du projet" pour "garantir le succès".
"Nous sommes ensemble, nous serons ensemble. Il ne pourra y avoir d'un côté le projet des Verts et le projet des écologistes de l'autre. Nous aurons le même!", a-t-elle lancé, en réponse à
"l'appel du 22 mars" de Daniel-Cohn-Bendit qui souhaite une "coopérative politique" dépassant les Verts.
Recherche d'un projet commun pour 2012
Pour les prochaines échéances électorales, Europe Ecologie "doit avoir des modes de désignation qui seront votés par tous et toutes", "sans quotas ni cooptation", a précisé Cécile Duflot.
La secrétaire nationale des verts a déclaré que "ce qui nous attend, ce n'est ni la dissolution, ni le repli de qui que ce soit, mais bien une construction commune qui sera encore différente".
Les eurodéputés Yannick Jadot, Sandrine Bélier ainsi que les Verts Noël Mamère et Yves Cochet, ont paru satisfaits par le discours prononcé par Cécile Duflot, après quelques
atermoiements en début de semaine.
Pour 2012, "nous devons travailler ensemble à la stratégie sur l'élaboration de notre projet", "ce projet partagé et décidé en commun portera de lui-même la naissance, par la transmutation des
Verts et la métamorphose d'Europe Ecologie, du mouvement de l'écologie politique dont nous avons besoin demain", a-t-elle lancé, très applaudie.
La chef de file des Verts a également assuré que le texte sur la poursuite du rassemblement qui sera soumis au vote du Cnir dimanche après-midi, "fera consensus et sera un
élément de la dynamique pour la suite et les mois qui viennent".
Les écologistes entre union
et confusion...
Au lendemain d'un scrutin régional qui a vu les 159 conseillers régionaux Verts élus en 2004 laisser place à 263 élus Europe-Ecologie, le mouvement écologiste s'interroge à haute voix sur le mode d'organisation qu'il doit adopter pour aborder la campagne présidentielle de 2012.
Le premier a avoir dégainé est le député européen Daniel Cohn-Bendit, qui souhaite un mouvement d'un genre nouveau, "ni parti-machine, ni parti-entreprise : une
coopérative politique". Pour amorcer le lancement de cette structure hybride, l'élu lance dans Libération un "appel du 22 mars"
, en référence à l'appel de 68. Sans surprise, la proposition de Daniel Cohn-Bendit est fraîchement reçue
par les dirigeants des Verts, Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, pour qui il ne faut "pas tout remettre à plat".
L'appel de Daniel Cohn-Bendit est encore tiède que sa colistière de la campagne européenne en 2008, Eva Joly, lance également un appel pour des "
états généraux de l'emploi et de
l'écologie"
: "Nous allons faire de la politique autrement en entamant un débat important sur l'évolution de notre
organisation et de nos pratiques démocratiques."
EUROPE-ÉCOLOGIE EST "CADUC"
Puis vient une autre tribune publiée sur
Médiapart
, signée par une vingtaine de représentants des Verts et d'Europe-Ecologie, qui appellent à "soutenir
l'appel" de Daniel Cohn-Bendit.
Et l'offensive de communication des élus écologistes ne s'essouffle pas. Pour ajouter à la confusion, une quarantaine d'élus Verts et Europe-Ecologie, dont Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly,
Dominique Voynet et José Bové, ont publié sur Médiapart
, mardi 23 mars, un autre texte qualifiant le mouvement Europe Ecologie de "caduc". Il invite
"à la métamorphose d'Europe Ecologie et des Verts en un mouvement politique unifié et pérenne qui porte le projet de transformation écologique et social".
Un nouvel appel au rassemblement écologiste...
Cécile Duflot, Dominique Voynet et Daniel Cohn-Bendit (Sipa)
Une quarantaine de personnalités écologistes, dont l'eurodéputé Europe Ecologie Jean-Paul Besset et les parlementaires Verts Dominique Voynet et Noël Mamère, ont lancé mardi 23 mars
un appel pour "métamorphoser" le rassemblement écologiste, au lendemain de celui de Daniel Cohn-Bendit.
Intitulé "Europe Ecologie à l'heure de l'affirmation", cet appel propose de "construire l'autonomie organisationnelle". "La métamorphose pour nous, c'est dépasser Europe Ecologie", a expliqué
Jean-Paul Besset, à l'initiative du texte, lors d'une conférence de presse à la Ferme Opéra à Paris (2e), au côté de Dominique Voynet, Noël Mamère, Eva
Joly, Yves Cochet ou Alain Lipietz.
"Une maison commune"
"L'heure est à l'unité", "l'égalité", "la clarification", "la transparence démocratique" et "l'ouverture", selon le texte signé par "44 personnalités, dont 28 Verts", a affirmé Jean-Marc Brûlé,
secrétaire national adjoint des Verts, tentant de minimiser les réserves de la patronne des Verts Cécile Duflot et de son adjoint Jean-Vincent Placé sur le futur de
l'organisation.
Cet appel, également signé par "Dany", Jean-Louis Roumégas (porte-parole Verts) et Yves Contassot (aile gauche du parti), n'est "pas un appel contre Cécile
Duflot" ni "pour canaliser 'Dany'", a lancé l'eurodéputé EE Yannick Jadot, "c'est un appel constructif" pour la suite.
"On doit donner naissance à un nouveau mouvement politique de l'écologie politique où se fondent les courants", "créer un nouveau creuset" pour une "maison commune", a martelé Jean-Paul Besset,
proche de Nicolas Hulot.
"Ça naît, ça meurt et ça évolue au fil du temps"
"Personne ici n'a le fétichisme des organisations", a renchéri Dominique Voynet pour qui "une organisation, ça naît, ca meurt et ça évolue au fil du temps". "La nouvelle organisation devra être
mieux armée pour nourrir le débat avec les autres partis de gauche", a souligné la sénatrice-maire de Montreuil.
Selon Pascal Durand, délégué national EE, le calendrier se fera "en quatre étapes", "sous réserve" des décisions du Comité d'animation et de pilotage (CAP) d'EE vendredi et du
Cnir (parlement) des Verts ce week-end : convention régionale en mai, convention inter-régionale début juin, Journées d'été en août avant des "grandes assises de l'écologie politique" à
l'automne.
Cohn-Bendit : "Inventons ensemble une coopérative politique"
Daniel Cohn-Bendit (Sipa)
Daniel Cohn-Bendit, le leader d'Europe Ecologie, propose aux écologistes d'inventer "ensemble une coopérative politique" pour 2012, soulignant que "Verts, socialistes, Cap 21, communistes" et d'autres peuvent être "partie prenante de cette dynamique collective". Dans une tribune publiée lundi 22 mars dans Libération et diffusée dimanche soir sur son site internet, l'ex-leader de Mai 68 lance un nouvel "appel du 22 mars", 42 ans après celui de Nanterre : "inventons ensemble une coopérative politique", "un corps nouveau, une forme politique largement inédite, décloisonnée", "ni parti machine, ni parti entreprise". Pour lui, "cette coopérative a évidemment pour objectif de décider collectivement aussi bien des échéances institutionnelles d'ici 2012 que des grandes questions de société". "L'écologie politique s'installe désormais comme un espace autonome dans le paysage politique français", c'est un "tournant historique", se félicite le co-président des Verts au Parlement européen, refusant qu'EE, après ses succès aux européennes (16,3%) et aux régionales (12,5%) entre "au cimetière, déjà bien encombré, des espérances déçues".
Loin de "la folle tempête des egos"
"Dany" indique ne "pas oublier l'apport important des Verts pendant 25 ans pour défendre et illustrer nos idées" mais "la forme partidaire classique est désormais
inadaptée aux exigences nouvelles de nos sociétés" et "entre en contradiction avec notre culture anti-autoritaire", pense-t-il.
"L'enjeu de la maturité" pour EE, "c'est sa métamorphose en véritable sujet politique écologiste autonome, transcendant les vieilles cultures politiques", martèle-t-il.
Ce sont les membres de cette coopérative qui devront en "définir les contours, la structure et la stratégie", selon Cohn-Bendit qui "appelle à la constitution de 'collectifs Europe Ecologie-22 mars'", notamment sur internet. "On peut être Vert, socialiste, Cap 21, communiste, que
sais-je encore, et partie prenante de cette dynamique collective", selon lui.
Souhaitant une "structure pérenne et souple à la fois" loin de "la folle tempête des egos en compétition", il "imagine une organisation pollinisatrice, qui butine les idées, les transporte et
féconde avec d'autres parties du corps social". Une réunion entre "écolos" doit se tenir lundi soir en sa présence, vers 20h au Comptoir général, quai de Jemmapes à Paris (10e).
"Une équipe de championnats amateurs"
"Europe Ecologie, c'est une famille écologiste recomposée (...) On a eu de beaux succès, on a remis en selle l'écologie politique mais le fonctionnement n'est pas à la hauteur : on est organisé
comme une équipe de championnats amateurs et on nous dit maintenant 'vous allez jouer en première division'! Ca ne peut pas marcher. Si on veut être à la hauteur des espoirs,
nous devons nous dépasser, ensemble, pour être à la hauteur des défis", a déclaré Daniel Cohn-Bendit sur RTL lundi matin. Evoquant les "plus de 18.000 personnes" qui avaient signé l'appel
d'Europe Ecologie pour les européennes, il a estimé qu'il y avait "des milliers de militants qui n'ont pas d'espace pour s'organiser. Nous voulons récupérer tous ces militants". "On dit que l'on
veut faire de la politique autrement, eh bien, appliquons nous cet 'autrement' à nous-mêmes!", a-t-il ajouté. "On a tous besoin de nous remettre en question. Ce que je veux c'est comment décider
des stratégies pour 2012 et après. Le plus important, a-t-il encore dit, c'est d'avoir un groupe à l'Assemblée nationale". A propos de son nouvel "appel du 22 mars", lancé après
celui de 1968, Cohn-Bendit a dit "j'espère qu'on va faire bouger l'histoire, autant qu'on l'a fait il y a quelques années !"
"Un peu tôt", estime Martine Aubry
"Je trouve que tout cela est un peu tôt : d'abord ce que propose Dany Cohn-Bendit, c'est-à-dire une ouverture vers la société, moi je la comprends mais cette question s'adresse d'abord
aux Verts", a déclaré Martine Aubry interrogée sur Europe 1. "Moi, je respecte nos partenaires, c'est à eux de prendre une décision", a-t-elle ajouté. Elle a fait valoir
que le PS avait "créé un réseau social il y a quelques mois qui s'appelle 'coopol', c'est-à-dire coopérative politique, ça veut dire ouvrir vers la société". Interrogée sur la perspective d'un
candidat écologiste à la présidentielle, Martine Aubry a jugé que "c'est beaucoup trop tôt pour le dire" car "nous ne savons pas dans quelles circonstances politiques nous serons à ce moment-là".
"Nous devons d'abord en discuter ensemble et puis la décision elle appartient aux Verts", a-t-elle jugé et "tout dépendra de l'environnement politique"
"L'essentiel c'est d'avoir un projet", a aussi déclaré la maire de Lille soulignant qu'"avant 2012, il y a d'abord 2010, 2011". Alors qu'on lui demandait si elle postulerait aux
primaires pour désigner le candidat de la gauche en 2012, elle a indiqué que "le moment n'est pas venu" pour elle se prendre sa décision.
Appel/Cohn-Bendit : Cap-21 "intéressé"...
Appel/Cohn-Bendit : Waechter "présent"...
c'est (encore) le Figaro qui le dit !!
Les dérives de l'
«écologisme»
--> MATIERE A REFLEXION
L’écologie, devenue un « fromage politique » pour des organisations politiciennes et des arrivistes, est entrain de perdre sa
pureté d’origine, en un mot sa crédibilité et son efficacité, et en passe de servir toutes les causes, même les moins nobles.
DE L’ECOLOGIE A L’ECOLOGISME….
Une idée dégénère lorsqu’elle est accaparée par une bureaucratie qui en fait une fin en soi,… pour sa promotion et sa survie. L’intérêt général, qui était censé la fonder, passe alors au deuxième
plan et ne devient que le prétexte à une politique tournée vers des intérêts privés, ceux des possesseurs du capital et de leurs relais dans la sphère du politique.
Tout le monde est, en effet, devenu « écologiste », même les pires pollueurs donnent des leçons d’écologie et s’en servent d’argument pour leurs publicités mensongères… Des noms ?
Au fur et à mesure de son développement, l’écologie perd de sa substance et s’égare dans des considérations et des pratiques qui, tout en faisant référence à elle, servent essentiellement des
intérêts qui lui sont parfaitement étrangers et surtout n’aide en rien à régler les véritables problèmes.
Certes, devant la dégradation de l’environnement un sentiment collectif de crainte et d’angoisse est de plus en plus palpable, mais devant la passivité citoyenne, largement entretenue par les
politiciens – « votez pour nous on s’occupe de tout » -, ces derniers en profitent pour, non seulement n’apporter aucune solution aux problèmes écologiques qui se posent, mais profiter
politiquement et financièrement de cette crainte. Accaparée par les pouvoirs en place, ceux qui sont les garants du système marchand, elle devient une caution, un alibi, pour donner l’impression
au bon peuple que l’ « on s’en occupe », que l’ « on fait le nécessaire », … mais que l’ « on ne peut pas avoir tout, tout de suite »… conclusion « on ne fait rien ou pas grand-chose ».
L’écologie n’est certes pas une exception… toutes les bonnes causes ont tourné au « vinaigre » : démocratie, socialisme, humanisme,….
C’est ainsi que l’écologie devient de l’écologisme.
UNE NOUVELLE « ARISTOCRATIE » POLITICIENNE
Des carrières, des promotions sociales, des ambitions démesurées, se
fondent aujourd’hui sur l’écologie… Des noms ?. Les nouveaux grands prêtres de l’écologie bâtissent une véritable Eglise avec sa Divinité, son dogme, ses fidèles et ses dissidents.
D’une combat honorable au début, dans les années 70, on est passé à la gestion d’un misérable, mais juteux, fond de commerce Les « nouveaux écologistes » professionnels constituent
aujourd’hui une caste parasite qui vit de la culpabilisation du bon peuple, tout en vivant comme vivent tous les élus avec des privilèges exorbitant au regard du reste de la population.
Mais les politiciens traditionnels ne sont pas en reste. Ils se sont jetés avec avidité et indécence sur ces problèmes, ne voulant pas se faire doubler par des nouveaux (par)venus et voyant là un
moyen commode de gruger le citoyen naïf et surtout de taxer partie ou totalité de la population, avec l’excuse de la « bonne conscience écologique ». Ils sont de plus assurés d’être soutenus par
les nouveaux venus décider à avoir leur part de « fromage »… et même plus si possible.
Toute contestation des mesures prises est immédiatement condamnée au non des intérêts supérieurs de la Planète et de l’ « avenir des générations futures »… Ben voyons, rien que ça !
L’intolérance, la culpabilisation, la manipulation, la dissimulation, le racket sont devenus des pratiques courantes des pouvoirs qui se drapent de l’ « écharpe verte ».
Des exemples ?
La taxe carbone - provisoirement stoppée - qui n’est rien d’autre qu’un nouvel impôt et qui, bien évidemment ne contribue en rien à l’amélioration de l’équilibre écologique, sinon a combler
le déficit budgétaire.
La taxe sur les puits, qui pénalise ceux qui ont un jardin et cultivent leurs fleurs et légumes… taxe qui va désormais permettre de dépasser le stade de la responsabilité et de justifier une
utilisation inconsidérée de l’eau…. « pourquoi se priver puisqu’on paye ! ».
Demain à n’en pas douter une taxe sur les cheminées, prenant prétexte l’émission de CO2. Et pourquoi pas non plus une taxe sur la respiration, l’eau de pluie récupérée ( tout se paye) et la non
récupérée (gaspillage), les fenêtres, l’accès aux forêts, … etc…
Il n’y a en fait aucune limite à ce racket car, bien évidemment, pendant que l’on taxe le bon peuple, les industriels ne se gênent pas pour saccager la planète avec l’accord implicite des
pouvoirs en place… voir COPENHAGUE.
Ainsi un nouveau type de soumission est imposé au bon peuple,… et bien évidemment pour son bien.
Quels crédits peuvent alors avoir les écologistes-politiciens qui profitent de ce racket en tant qu’élus.
Ils prennent en otage la vie pour sauver leur système.
UN AVATAR DU « LIBERAL-ECOLOGISME »
Traiter des problèmes d’environnement dans le cadre d’un système marchand libéral était la pire des options… Nous en vivons aujourd’hui les affres,… et les générations futures n’ont pas
fini d’en payer le prix.
Alors que les rapports de l’Homme dans la Nature sont affaire de conscience et de responsabilité, l’option libérale, celle qui gère tout aujourd’hui, le soumet aux « lois du marché »… autrement
dit à un mécanisme aveugle et qui met en action les pires réflexes de l’esprit humain : concurrence, cupidité, individualisme, intérêt à court terme. Par exemple, la mise entre les mains de
la « finance » des « droits de polluer » ne peut conduire qu’à un désastre.
Tous nous font croire que c’est en payant que l’on sauve la planète ( ?). « Faire payer » est leur seul mode d’action…
Le libéralisme place la conscience dans le porte monnaie.
Le traitement des problèmes d’environnement, aujourd’hui, démontre l’incompétence et la cupidité des pouvoirs en place, dont certains dits « démocratiques », c'est-à-dire fondés sur une
légitimité populaire.
Tout ceci en dit long sur l’impasse politique dans laquelle nous nous trouvons. Non seulement nous n’arrivons pas à résoudre des problèmes qui risquent à terme d’engager l’Humanité dans une
catastrophe, mais se répètent des processus politiques qui nous enfoncent encore plus dans la crise et dans l’impasse.
L’écologie, qui est au départ une prise de conscience des rapports de l’Homme à la Nature, est entrain de tourner en cuisine politicienne et est accaparée par des profiteurs.
Il est temps de se réveiller et de ne plus écouter les chants de sirènes des nouveaux sauveurs qui nous sollicitent pour obtenir une légitimité.
Il est temps de ne compter que sur nous mêmes pour créer des conditions sociales de vie compatibles avec les lois de la nature.
Peut-être que nous, nous ne souffrirons pas de notre inconsistance, mais nos descendants ont tout à craindre.
Patrick MIGNARD
In Solidaires, Ecologistes et Libertaires
Les écolos
contre les prolos ?
Par ,
5 janvier 2010, in Basta !
Tombé dans le piège de la taxe carbone version Sarkozy, le mouvement écologiste, pour ne pas s’aliéner une partie des classes populaires et moyennes en 2010, va devoir s’intéresser à trois dossiers chauds : la Sécurité sociale, les retraites et les conditions de travail.
La conférence internationale sur le climat a donc conclu cette première décennie du nouveau siècle. La présence à Copenhague des dirigeants des pays les plus puissants de la planète, dont les présidents états-uniens et russes ainsi que le Premier ministre chinois, illustre l’importance de l’enjeu. Et symbolise la prise de conscience, de plus en plus répandue ces dernières années, des questions environnementales. Longtemps confinées aux milieux militants écologistes, elles apparaissent désormais comme incontournables. Mais l’échec du sommet, par l’absence d’accord contraignant les Etats les plus pollueurs, vient paradoxalement relativiser cette prise de conscience. Si les chefs d’Etat eux-mêmes n’arrivent pas à placer l’intérêt planétaire avant celui des intérêts économiques et commerciaux, ne serait-ce pas le signe que la situation n’est pas si grave qu’on le prétend ? Tel est le message que les 192 pays présents à Copenhague ont implicitement adressé au monde, involontairement ou pas.
Triple peine écologique
Le retour du scepticisme vis-à-vis de l’écologie risque de trouver en France un terrain fertile. Premier piège : la taxe carbone. Cette mesure-phare du Grenelle de l’environnement a été retardée pour cause de trop nombreuses exonérations. C’est bien le signe que chacun n’a pas les mêmes devoirs face à la pollution qu’il émet. Son impact financier sur les particuliers sera d’abord faible (la tonne de CO2 est fixée à 17 euros mais augmentera ensuite). Le principe même de la taxe est source de grandes inégalités à venir. Ainsi, un couple très aisé sans enfant, qui surchauffe son vaste appartement à l’électricité et se déplace en 4X4, paiera moins de taxe carbone qu’un ménage d’ouvriers ou d’instituteurs avec deux enfants, dont les modestes pavillons sont chauffés au gaz ou au fioul, et qui sont obligés de recourir à leur véhicule diesel pour se rendre au boulot [1]. La raison en est simple : le gaz ou le fioul sont taxés, pas l’électricité. Plus la tonne de CO2 augmentera, plus cette inégalité s’accroîtra.
Les ménages des classes populaires ou moyennes sont triplement sanctionnés. La taxe carbone ne prend pas en compte les inégalités de revenus. A cause de la spéculation immobilière, les moins riches sont souvent obligés de s’éloigner des centre villes et de leurs réseaux de transport en commun, restant dépendants d’un usage quotidien de leurs véhicules. Ils devront également supporter les augmentations à venir de l’essence, du fioul ou du gaz sans forcément avoir les moyens d’investir dans des équipements écologiques ou des maisons à énergie passive (matériaux de construction écologiques, meilleure isolation, chauffage au bois, panneaux photovoltaïques…), encore très onéreuses, même si, localement, des politiques volontaristes les rendent accessibles.
La taxe carbone risque bien, demain, d’être source de mécontentement social. Le mouvement écologiste, malgré ses critiques envers le dispositif mis en œuvre par le gouvernement Sarkozy, sera, qu’il le veuille ou non, associé à cette taxe et aux inégalités qu’elle accentuera. C’est bien là le piège tendu.
Ecologie contre social ?
Cette tension, réelle ou apparente, entre considérations écologiques et sociales n’est pas nouvelle : produits bio pour « bobos » contre « hard discount » pour chômeurs, ouvriers et employés ; diminution des industries polluantes aux dépens, pour les syndicats, de la sauvegarde de l’emploi ; agriculture biologique présentée comme élitiste contre agriculture productiviste très polluante mais peu chère ; développement économique et créations d’emplois contre préservation de la biodiversité…
Comment dépasser ce menaçant antagonisme entre aspirations écologiques et aspirations sociales ? Trois dossiers cruciaux s’ouvrent en 2010 : celui de la Sécurité sociale, des retraites et de la souffrance au (ou du) travail. Il serait opportun que le mouvement écologiste, dans son ensemble, se manifeste sur ces sujets sur lesquels, traditionnellement, il s’exprime encore trop peu. Ces trois dossiers concernent pourtant, au premier chef, les écologistes. La Sécurité sociale, c’est la préservation de la santé et du bien être de chacun. Un impôt spécifique aux activités et produits polluants et source de pathologies (pesticides et cancers par exemple) serait probablement le bienvenu pour élargir les ressources de l’assurance maladie en déficit. A quand un appel de la Fondation Nicolas Hulot ou de France nature environnement sur le sujet ?
La retraite pose la question des conditions de vie dans un modèle où l’on serait, un temps, productif pour devenir ensuite un coût. C’est aussi celle de la pénibilité physique au travail et de la manière de l’alléger ou de la supprimer pour les salariés à partir d’un certain âge. Alors que le gouvernement prépare un énième allongement de la durée de cotisations, les négociations sur la pénibilité s’éternisent, elles, depuis 5 ans ! Cela rejoint le problème du stress et de la souffrance au travail. Mis en exergue par la situation à France Télécom, elle concerne bien des salariés du privé, comme du public. Les conditions de travail, et de vie au travail, l’environnement des salariés au sein de l’entreprise, demeurent encore – et bizarrement - des sujets étrangers à bien des militants écologistes. Le bien être, la réalisation et l’épanouissement de chacun, passent aussi par une profonde transformation de ces conditions de travail. Signe des temps : parmi les administrations les plus touchées par les suicides, figure le ministère de l’Ecologie et de l’Equipement avec 150 à 250 tentatives de suicide par an et un taux de suicide de 25 pour 100.000 salariés. La lutte contre les dérèglements sociaux connaîtront-ils les mêmes mobilisations que celle contre le dérèglement climatique ? Quoiqu’il en soit, Basta !, malgré ses modestes moyens, s’emploiera à ce que luttes sociales et écologiques se métissent.
Ivan du Roy
Notes
[1] Selon une estimation que nous avons réalisée à partir du simulateur mis en place par la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV)
Pourquoi le changement climatique n’est pas une question environnementale.
Le COP 15 réunira prochainement « dirigeants » mondiaux, multinationales et grosses ONG pour dessiner l’après-Kyoto et tenter d’empêcher une crise climatique catastrophique. L’objectif de ce texte n’est pas de monter à bord du train fonçant des élites et de dépeindre une apocalypse imminente, encourageant les politiques basées sur la peur. Il est, en reliant les différents points que sont les différentes luttes, de faire apparaître l’image dans sa globalité. De montrer les enjeux réels des négociations sur le changement climatique, et de dénoncer ce dernier, non comme une question purement « environnementale », mais comme le symptôme qu’il est de la faillite d’un système qui nous détruit et ravage notre planète. Les « solutions » de ce système, dont on sait déjà qu’elles seront les seules abordées à Copenhague, sont basées sur le marché, afin de satisfaire les puissants lobbies des multinationales. Marché du carbone, agrocarburants, énergie nucléaire, mécanismes de « compensation »... Ces fausses solutions n’envisagent pas un instant de réduire les émissions de gaz à effet de serre directement à la source, dans nos pays industrialisés, et sont par conséquent très loin de permettre les réductions d’émissions réellement nécessaires. Elles se révèlent par ailleurs parfois extrêmement dangereuses dans leurs applications, en accroissant dramatiquement les inégalités Nord/Sud, les problèmes environnementaux et l’injustice sociale au sein des pays en voie de développement. Ces pays, ces paysan-ne-s, ont pourtant des solutions. La justice climatique, ces alternatives et solutions réelles qui viennent de la base, sont les enjeux de la lutte globale à laquelle appellent des réseaux comme CJA et CJN (« Climate Justice Network », Réseau pour la Justice Climatique, qui regroupe de nombreux groupes des pays du Sud).
Le capitalisme, ou à qui profite le crime climatique ?
La prise de conscience environnementale généralisée actuelle est utile à ceux qui développent activement la notion de « capitalisme vert ». Il permet de recréer l’adhésion citoyenne à des structures dépassées et discréditées par la crise systémique qui les secoue. Les multinationales repeignent leurs enseignes en vert, leurs campagnes publicitaires rivalisent de « greenwashing » |1|, et elles poursuivent les mêmes pratiques destructrices.
Avec l’effondrement des marchés financiers, la foi dans le futur du capitalisme a été sérieusement ébranlée. Malgré cela, le même principe qui a conduit à la crise, celui de marché immatériel de produits dérivés |2|, est à l’origine de la création du marché du carbone, qui invente un prix au CO₂ contenu dans l’air. C’est cela, la proposition principale de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) : un marché du carbone mondialisé, au sein duquel les entreprises vendent et achètent des crédits symbolisant leur droit à polluer. Ce type de marché immatériel, dont le prix du « bien » est inventé, conduit immanquablement à une spéculation et des pratiques frauduleuses gigantesques, puis à une bulle géante, et à son éclatement. Or cette fois, ce ne sont pas les profits des banques et des multinationales ou nos emplois qui sont en jeu, mais un changement climatique irréversible de grande ampleur qui pourrait laisser nos enfants hériter d’un terrain vague.
Le nouveau « CO₂LONIALISME »
Les multinationales qui en ont les moyens peuvent obtenir des crédits-carbone ; et des mécanismes à la complexité bien pratique peuvent leur en faire obtenir encore davantage, comme le « mécanisme de développement propre », MDP (en anglais Clean Development Mechanism ou CDM). Au sein de ces « mécanismes flexibles », les entreprises reçoivent des crédits en investissant dans les pays du Sud ou en Europe de l’Est, dans des projets qui émettent moins de dioxyde de carbone qu’un autre projet potentiel qui aurait pu être construit à la place. Ce système est infesté de fraudes, parce que l’ « autre projet potentiel » est décrit par l’entreprise elle-même, qui décide ensuite de la quantité de CO₂ « évitée ». Ces mécanismes flexibles ne réduisent pas les niveaux d’émissions actuels. Ils sont devenus un prétexte pour augmenter l’expansion industrielle au Sud, en investissant dans des projets de l’industrie chimique ou dans des centrales à charbon.
De plus, selon de nombreuses études, ces projets (qui comptent aussi des plantations d’agrocarburants en monocultures, des constructions de méga-barrages, de fermes éoliennes gigantesques, etc) provoquent de graves problèmes environnementaux, sociaux et économiques là où ils sont implantés. Ces mécanismes légitiment et accélèrent l’expropriation des terres et l’appropriation des ressources naturelles dans ces pays. L’accord REDD (« Reducing Emissions from Deforestation in Developing countries », réduire les émissions liées à la déforestation dans les pays en voie de développement), actuellement en cours de négociations, intensifie ce processus. Les terres forestières sont privatisées et délivrées aux multinationales, abolissant le pouvoir de décision des populations indigènes ou des communautés locales, ou les bannissant simplement de leurs terres, afin que l’entreprise puisse « préserver » la forêt et profiter des crédits-carbone gagnés. Ironie du sort, « sauver l’environnement » est en passe de devenir la dernière excuse à la mode des autorités oppressives, alliées du nouveau colonialisme vert.
Changer le système, pas le climat !
Au lieu de reconnaître le changement climatique comme l’avertissement ultime nous indiquant que nos systèmes actuels d’organisation, d’utilisation de l’énergie, de production et de consommation ne fonctionnent simplement pas à long terme, les gouvernements et les multinationales prennent en otage l’environnement pour nous embarquer dans une nouvelle vague d’accumulation réservée à une élite. Devant un danger de l’ampleur du changement climatique, la création de nouveaux marchés est la seule solution qu’ont produit près de deux décennies de négociations, sous la coupe des lobbies industriels. Le système capitaliste a peut-être fonctionné suffisamment pour fournir un certain niveau de confort matériel à une minorité d’habitant-e-s de la planète, mais il repose malheureusement sur la croyance fantaisiste que les ressources naturelles, y compris atmosphériques, sont inépuisables. Cette croyance s’effondre. Et comme pour tout ce qui perdure après la disparition des conditions matérielles qui l’ont vu évoluer, le règne de ce système tire à sa fin. Ce qui peut et doit le remplacer, ce sont des alternatives qui existent déjà, communes à maintes expériences locales ; et toutes celles qui restent à créer, pour des modes de vie différents, adaptés au temps présent et à la réalité de la planète.
La production alimentaire et le changement climatique
Agriculture industrielle, fermes-usines et effondrement des écosystèmes
Nous savons que nos méthodes modernes de production alimentaire – agriculture industrielle et production intensive de viande – sont largement dépendantes des carburants fossiles et génèrent des quantités énormes de gaz à effet de serre (GES). Nous savons aussi que notre capacité à produire de la nourriture sera sévèrement réduite par les conséquences du changement climatique. A travers le monde, de petit-e-s fermier-e-s et des réseaux comme Via Campesina luttent pour la souveraineté alimentaire et la production agricole soutenable à petite échelle. En Amérique du Sud, de nombreux-ses paysan-ne-s n’ont pas accès à la terre en raison de l’accaparement de celle-ci par des multinationales comme Monsanto, qui l’utilise pour des monocultures de céréales et de soja destinées à nourrir le bétail. Ces compagnies agro-industrielles et agro-chimiques sont invitées aux négociations intergouvernementales et poussent pour une intensification de l’agriculture industrielle, présentée comme leur « solution ». Ce type d’agriculture injecte dans les sols de vastes quantités d’engrais et de pesticides pétrochimiques toxiques, transporte la nourriture à travers les continents sur des distances absurdes en la réfrigérant. L’agriculture fermière traditionnelle repose sur la plantation de cultures variées, attirant un large éventail d’insectes dont certains sont les prédateurs naturels de ceux qui endommagent les récoltes. Les monocultures nécessitent au contraire une utilisation accrue de pesticides ; ceux-ci s’écoulent dans les nappes phréatiques et représentent une source majeure de pollution dans toutes les zones agricoles du monde. Ils appauvrissent les sols et provoquent une érosion en tuant des millions de micro-organismes qui maintiennent la fertilité et la structure de la terre. Cet appauvrissement et cette érosion nécessitent par la suite des engrais pétrochimiques en augmentation constante pour maintenir le niveau de production. En dépit de la quantité de bétail élevé, les exploitant-e-s de fermes industrielles utilisent des engrais artificiels au lieu du fumier animal. Cela entraîne des émissions d’oxyde d’azote, un gaz à effet de serre environ 275 fois plus puissant que le CO₂.
L’agriculture et la déforestation
L’agriculture industrielle et l’élevage animal intensif requièrent une déforestation importante, qui provoque des émissions de CO₂ massives alors que le carbone absorbé par les arbres est libéré en brûlant. L’assèchement des marais aux mêmes fins relâche de vastes quantités de méthane, un gaz à effet de serre qui a environ 62 fois l’effet du dioxyde de carbone. Alors que les sols sont appauvris, la pression augmente sur les forêts. La déforestation entraîne une diminution de l’eau qui s’évapore dans une zone, réduisant les précipitations. Des récoltes plus maigres en résultent, ce qui pousse les producteur-trice-s de soja et de bétail à utiliser ce qui reste de forêt tropicale humide plus rapidement, perpétuant le cercle vicieux.
Expropriations
Le système industriel, depuis quelques siècles et à travers le monde, a « enclot » les espaces fermiers, forçant les paysan-ne-s pratiquant l’agriculture de subsistance et les petit-e-s fermier-e-s hors de leurs terres afin qu’elles soient utilisées par les multinationale pour faire pousser des denrées rentables pour l’export comme le cacao, la canne à sucre ou le soja. Des millions de personnes perdent leur terre, leur indépendance et leur capacité à faire pousser leur propre nourriture : elles ne peuvent plus accéder à la nourriture que par le biais du marché. Augmenter le rendement agricole, utiliser la pétrochimie et les nouvelles technologies génétiques a un effet minime sur les taux de la faim dans le monde car cela ne prend pas en compte les questions de l’accès à la terre et du pouvoir d’achat, et cela masque les vraies solutions comme la redistribution des terres et l’accès abordable à l’agriculture.
Production de viande : 51% des émissions globales
Le pourcentage utilisé jusqu’à aujourd’hui, basé sur un rapport des Nations Unies de 2006, indiquait que la production de viande générait 18% des émissions globales de gaz à effet de serre, ce qui représente déjà davantage que tous les transports réunis. Récemment, dans un document publié par le Worldwatch Institute, un « think-tank » américain, deux conseillers environnementaux de la Banque mondiale déclarent que le pourcentage est en fait de 51%. Le rapport précédent mésestimait la contribution aux émissions dans trois domaines : la production de méthane durant la digestion, l’utilisation des terres et la respiration des bêtes.
En plus de toutes les horreurs bien documentées sur le monde de l’industrie de la viande, sa production intensive, ainsi que celle de produits laitiers, est donc responsable à elle seule de davantage d’émissions de GES que n’importe quelle autre activité.
Dans de nombreux pays du monde, la consommation de viande est considéré comme un luxe. L’augmentation de la prospérité dans les pays du Sud mène à l’adoption de modes de consommation de viande calqués sur ceux des pays occidentaux, ajoutant à la pression sur la terre pour produire la nourriture du bétail, ce qui signifie que de moins en moins de terre est disponible pour la production de nourriture humaine elle-même. Le ratio est approximativement le suivant : pour produire un kilo de boeuf, on utilise huit kilos de céréales. En théorie, on peut donc nourrir huit fois plus de personnes avec une alimentation de base végétarienne. De même pour l’eau : la production de viande en utilise en quantités bien supérieures à la production de cultures végétales.
L’agriculture industrielle : une nouvelle source de crédits-carbone
Depuis peu, l’intensification de l’agriculture industrielle est présentée dans les négociations intergouvernementales comme une « solution » au changement climatique, problème qu’elle contribue à faire empirer. Des propositions sont faites pour inclure l’agriculture dans les sources de crédits-carbone, à travers les mécanismes de compensation (CDM). Par exemple, les agrocarburants et les plantes génétiquement modifiées sont utilisées en les faisant passer pour des « solutions » au changement climatique.
Les dangers des agrocarburants
Les agrocarburants sont promus comme une alternative « écologique » aux carburants fossiles. Ils sont fabriqués à partir de plantes qui produisent du sucre ou de l’huile, comme la canne à sucre, le colza, l’huile de palme, le soja, ou le jatropha, et peuvent servir pour les voitures, les avions, et pour générer de l’électricité dans les centrales.
De vastes étendues de terres sont nécessaires pour faire pousser suffisamment d’agrocarburants pour remplacer une petite quantité de carburants fossiles. Ils sont devenus la raison principale de la déforestation des forêts tropicales humides. Ils génèrent davantage d’émissions de GES que les carburants fossiles car ils détruisent des écosystèmes entiers. Or, c’est la biodiversité qui garantit un climat stable. Les agrocarburants sont produits par l’agriculture industrielle à grande échelle ; celle-ci est l’une des plus importantes causes du changement climatique. L’étendre pour créer du carburant est une idée dangereuse.
Un porte-parole de l’ONU a déclaré que 60 millions de personnes pourraient devenir des « réfugié-e-s des agrocarburants » - forcé-e-s à quitter leurs terres pour faire place à des régions entièrement couvertes de monocultures d’agrocarburants. En Argentine, 200 000 familles ont d’ors et déjà été forcées à quitter leurs terres pour la culture du soja – bien davantage le seront avec le nouveau boom du soja produit comme carburant.
« Nous devons remplir nos réservoirs, alors vous aller devoir mourir de faim. »
Cette équation basique n’est pas loin de la réalité. L’expansion rapide des agrocarburants était l’une des causes principales de la crise alimentaire de 2007-2008, lorsque les prix de différents produits alimentaires ont augmenté de plus de 100%, générant des émeutes à travers le monde alors que les populations ne pouvaient plus acheter de riz ou de maïs. Utiliser des récoltes de produits alimentaires pour faire du carburant pour les voitures et utiliser les terres à ces fins, provoque une augmentation des prix de la nourriture et des terres, ce qui signifie que de plus en plus de personnes ne peuvent plus se nourrir.
Les OGM entrent dans la danse
Les organismes génétiquement modifiés sont déjà présentés par les multinationales comme la solution à l’insécurité alimentaire qui va résulter des effets du changement climatique. On nous dit que les récoltes OGM vont améliorer la productivité et que la technologie va créer des plantes résistantes à la sécheresse et autres problèmes agricoles liés au changement climatique.
Ce qu’on ne nous dit pas, c’est que la contamination des OGM dans le système alimentaire provoque une perte de la biodiversité et affaiblit les écosystèmes agricoles en les rendant vulnérables aux épidémies, en créant une résistance aux pesticides chez les insectes ; et que la perte de la variété des cultures réduit le potentiel d’un écosystème à s’adapter au changement climatique. L’expansion des cultures OGM justifie davantage de déforestation, contribuant au problème. La plupart des OGM produits aujourd’hui servent à nourrir l’industrie hautement émettrice de la production animale (empoisonnant d’ailleurs à couvert la chaîne alimentaire). Et, ce qui est bien pratique pour les entreprises de produits chimiques (comme Monsanto, qui possède déjà 95% de toutes les cultures OGM au monde, en même temps qu’ils produisent les pesticides et engrais nécessaires à ces cultures), les OGM nécessitent une utilisation d’engrais et de pesticides chimiques accrue, créant de graves problèmes de santé parmi les populations locales.
Les cultures OGM conviennent bien au désir des multinationales de breveter les semences pour qu’elles soient commercialisables de façon exclusive et hautement rentables. Dans les communautés rurales en premier lieu, qui sont les plus répandues au monde et les plus directement affectées par le changement climatique, la modification génétique de l’agriculture va les empêcher d’accéder aux semences (les semences OGM étant quatre fois plus chères que les semences traditionnelles, celles-ci rendues de plus en plus difficiles d’accès dans de nombreuses zones). Ce qui va entraîner davantage de pauvreté, de faim, et la destruction de ces communautés, créant davantage de réfugié-e-s environnementaux-ales.
Ultimement, les cultures OGM sont une étape de plus en direction du modèle d’une agriculture exclusivement industrielle, en monocultures intensives pour l’export mondialisé, basées sur l’utilisation intensive d’énergie et de carburants, et affaiblissent considérablement notre capacité à faire face à un effondrement majeur – en pratique, politiquement et physiquement.
Une autre agriculture est possible... et nécessaire !
Cette situation n’est pas inéluctable. Le réseau international des organisations paysannes, Via Campesina, démontre et souligne que l’agriculture soutenable à petite échelle réduit de fait les émissions de carbone et le changement climatique, et minimise l’impact environnemental de l’agriculture sur les plantes et les animaux, de même que sur l’air, l’eau et la terre. Les pratiques d’agriculture biologique et diversifiée augmentent les populations d’oiseaux et de mammifères sur les terres agricoles et assurent la diversité biologique nécessaire aux écosystèmes et à la stabilité des phénomènes climatiques. En terme de préservation et d’augmentation de la productivité des sols et de la biodiversité, l’agriculture soutenable à petite échelle est bien plus efficace que les pratiques industrielles. Elles garantissent de plus la souveraineté alimentaire au niveau local.
La possession centralisée du système de production alimentaire par quelques grosses multinationales détruit les communautés agricoles partout dans le monde, menant à la pauvreté de masse et à la faim. Les responsables de ces multinationale sont assi-e-s à la table des négociations, et utilisent le changement climatique comme un prétexte pour augmenter leur mainmise et étendre ce système insoutenable et hautement polluant. Le problème ne peut pas être résolu en régulant l’utilisation de tel ou tel composant chimique, ou en bannissant les produits finis qui comportent des OGM dans certains pays. Le problème est systémique, et il requiert une solution qui démonte et remplace le système dans son intégralité.
Le dernier mot (pour l’instant)
Le désastre social qu’est le changement climatique apparaît clairement. On ne peut plus le considérer comme un problème « environnemental » seulement, ou un sujet dont les scientifiques doivent débattre entre eux-elles. La vraie question maintenant est de savoir jusqu’à quel point le capitalisme va tourner le changement climatique à son avantage, ou bien si ce problème est celui qui va générer la rupture systémique complète dont le monde a tant besoin.
Nous avons vu l’Empereur sans ses habits – bien des fois déjà – mais par peur du changement climatique nous sommes prêt-e-s à lui laisser encore une fois le bénéfice du doute. Car si ce n’est pas lui qui s’en occupe, qui peut nous sauver ? Quand les gouvernements assis à la table des négociations sont si loin des peuples qu’ils sont censés représenter, quand les multinationales ont obtenu leur puissance et leur place à cette même table par les pratiques qui sont responsables du changement climatique, vont-ils faire amende honorable et changer de voie, au bénéfice de l’humanité et des écosystèmes desquels nous dépendons ? Ou bien vont-ils continuer à étendre le système de la propriété privée, de l’exploitation et de la technocratie, avec l’aide des frontières et des guerres nécessaires à leur maintien ? Certes, nous devons continuer à poser des questions et à exposer l’empereur dans sa nudité, mais le temps est venu de le pousser loin du trône pour de bon et de brûler cet objet répugnant – et ça fait combien, déjà, en crédits-carbone ?
La volonté d’en finir avec le règne du capitalisme qui a créé ce désastre nous mettra en conflit avec les intérêts des puissants, et leurs valets. La création et la défense des vraies solutions venant de la base ne se feront pas sans lutter. Comme le changement climatique, notre lutte ne doit pas connaître de frontières.
NOTES
|1| Jeu de mots anglais difficile à traduire, relatif au fait rendre les choses opaques en y appliquant une couche de vernis vert « écolo ».
|2| Produit financier dont la valeur dépend de celle d’une marchandise ou d’un autre actif financier.
RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE :
NE PAS CÉDER À L’ILLUSION TECHNOLOGIQUE
NPA jeudi 5 novembre 2009
La seule réponse du néolibéralisme à ceux qui s’inquiètent de sa capacité à détruire le monde c’est que le marché nous sauvera de la faillite et la technologie de la technique. Toujours plus
vite vers l’abîme. Cette fuite en avant montre, s’il en était besoin, un véritable autisme technocratique.
On assure, depuis quarante ans, que la science trouvera une solution aux problèmes des déchets nucléaires. Il en est de même avec le réchauffement.
Pour esquiver une réduction massive des émissions de carbone et la fin d’un mode de production ravageur, pour nier la nécessité d’un changement radical de civilisation, le technocapitalisme propose des solutions financières et technologiques qui seraient autant de problèmes nouveaux.
Le nucléaire est donné pour une énergie « propre », alors que les déchets radioactifs sont une grave source de contamination et que cette technologie menace l’humanité tout entière par la
prolifération d’armes et le risque d’accidents apocalyptiques. Par ailleurs, l’uranium n’est pas inépuisable.
Les agrocarburants, solution miracle ces dernières années, ont eu pour principal effet d’augmenter l’utilisation de pesticides, le recours au « génie génétique », la déforestation, et, en
remplissant les réservoirs des riches avec la nourriture des pauvres, la misère.
L’exploitation des sables bitumineux, actuellement en vogue, qui consiste à séparer certains sables des matières fossiles auxquels ils sont mêlés, met en œuvre des procédés complexes, qui
polluent d’immenses quantités d’eau, consomment plus d’énergie qu’ils n’en produisent, et détruisent les territoires de populations indigènes.
Les « puits de carbone » ne sont que le nom idéologique des plantations d’arbres. Compenser seulement les immenses surfaces défrichées à chaque minute impliquerait de reboiser immédiatement
toute la Terre, et pour un résultat douteux, car pendant sa croissance, un arbre rejette plus de carbone qu’il n’en absorbe.
La séquestration du carbone en sous-sol, qui ressemble furieusement à l’enfouissement des déchets nucléaires, aboutirait à creuser sous nos pieds un monde épouvantable. Et pour quel résultat,
puisque les capacités de stockage resteront nécessairement limitées alors que la fringale de pétrole, elle, semble insatiable ?
Augmenter l’efficacité énergétique de la production électrique et industrielle, valoriser les déchets, contribuerait certainement à une réduction de la consommation, mais bien insuffisante,
et à condition que la capacité du capitalisme d’exploiter ce potentiel ne soit pas limitée par la demande solvable.
Il convient d’ajouter à ces fausses solutions les trouvailles plus ou moins farfelues comme couvrir le ciel de miroirs pour renvoyer la chaleur vers l’univers, jeter de la limaille de fer
dans les océans pour piéger le carbone, et celles que les Géo Trouvetout nous proposeront demain pour faire croire que la solution aux problèmes du monde est d’abord une affaire technique.
Pour le capitalisme productiviste, sauver le climat équivaut à la quadrature du cercle. La confiance insensée en un avenir technologique radieux dépasse l’illusion et s’apparente à une croyance. Pour éviter le pire scenario climatique, il appartient décidément à d’autres forces de proposer des solutions rationnelles, écologiquement efficaces et socialement justes.
Armand Farrachi
Un des enjeux du sommet de Copenhague est de populariser des alternatives aussi bien aux mécanismes marchands qu’à cette fuite en avant technologique.
Vous êtes intéressé-e-s pour participer au sommet alternatif et à la manifestation internationale à Copenhague le 12 décembre ?
Contactez-nous à copenhague@npa2009.org
Appel pour un Parti de Gauche écologiste
par Paul Ariès, objecteur de croissance, Directeur du Sarkophage et Martine Billard, écologiste, Députée de Paris
"Les résultats des élections européennes témoignent de la montée en puissance d'une abstention des jeunes et des milieux populaires qui reflète à la fois le refus de l'Europe libérale, la crise de la représentation et la défiance politique qui touche l'ensemble des partis.
Dans le même temps, chacun peut constater la demande d'écologie exprimée dans le vote pour Europe Ecologie et le refus des régressions sociales et du libéralisme incarné par les scores du Front de Gauche et du NPA. Dans ces deux domaines, l'urgence nous impose des décisions courageuses. Or le système capitaliste productiviste a sombré dans la démesure en consommant l'équivalent de plusieurs planètes! Les pays les plus pauvres, qui en sont pourtant les moins responsables, sont les premières victimes des catastrophes. Les pays les plus riches doivent donc montrer l'exemple. Faisons comprendre qu'il n'est pas possible d'avoir courir derrière une croissance infinie dans un monde fini. La décroissance de l'empreinte écologique est une absolue nécessité: il revient au politique d'en dessiner les contours.
En France, il y a urgence à faire front au sarkoproductivisme. Pour cela les réponses aux crises écologique, sociale et démocratique nécessitent de s'attaquer au mal à la racine en proposant une rupture franche avec les modes de production et de consommation dominants et de rejeter sans ambiguïté les assauts des démarches marketing d' « écolo-blanchiment » qui, au-delà de l'effet de mode, participent à l'aggravation de la crise écologique. Le « capitalisme vert » ou la croissance verte, derniers avatars de l'économie de marché, n'offrent pas de solutions à la hauteur des enjeux du XXIème siècle.
Il n'y aura donc pas d'alternative crédible tant qu'une nouvelle construction politique ne prendra pas en compte les exigences d'une transformation à la fois sociale et écologiste. Nous sommes convaincus que le Parti de Gauche peut être l'un des vecteurs de cette convergence. Il doit pour cela tirer les leçons de la nouvelle situation et des limites actuelles de la gauche.
Pour nous, qui avons le souci de la préservation de la planète chevillé au corps tout autant que le désir d'égalité sociale et la lutte contre la société du mépris, le Parti de Gauche doit accomplir un geste symbolique à la hauteur des enjeux historiques en montrant qu'il est la force qui rompt avec l'aveuglement du passé. Cela suppose qu'il revendique explicitement l'identité écologiste, seule façon d'ancrer clairement sa volonté de se positionner tout autant dans les riches traditions de gauche que dans celles de l'écologie politique.
L'écologie ne va pas de soi, elle n'est pas une demi mesure et doit compter à part entière dans l'identité - et donc dans le nom-même - de cette force politique nouvelle. Le Parti de Gauche doit franchir ce pas pour construire une dynamique collective de convergences qui dépasse de simples ralliements individuels. Il a décidé de tenir en fin d'année un congrès refondateur et propose pour cela un comité de co-organisation.
Nous prenons nos responsabilités en rassemblant des écologistes antilibéraux et des militants de gauche antiproductivistes pour participer à cette refondation vers un parti de gauche écologiste."
Pour se joindre à cette démarche envoyer un mail à
DCB et... Sarnez (MoDem)
Rapprochement entre Europe-Ecologie et les écolos de droite...
Régionales :
l'Alliance écologiste reste ouverte à Europe-Ecologie
et au MoDem
PARIS - L'Alliance écologiste indépendante (AEI) qui souhaite présenter des listes aux régionales, a indiqué vendredi qu'elle restait ouverte à des alliances avec Europe-Ecologie et le MoDem, selon Jean-Marc Governatori, un des ses fondateurs.
Créée à la mi-mars pour la campagne des européennes, l'AEI qui rassemble le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter, Génération Ecologie et France en Action et revendique "plus de mille adhérents", avait recueilli en juin dernier près de 4% des suffrages.
"Il y a des négociations dans toutes les régions avec le MoDem et Europe-Ecologie", a expliqué, lors d'une conférence de presse M. Governatori, président de France en Action et tête de liste AEI en Ile-de-France.
Ce dernier, qui doit rencontrer François Bayrou en novembre, juge également "pas inimaginable un accord national avec le MoDem".
Mais en Alsace par exemple, où Antoine Waechter "souhaite être tête de liste dans un des départements", les négociations sont "plus avancées avec Europe-Ecologie", a expliqué M. Governatori.
Une présentation des "22 têtes de liste" de l'AEI doit avoir lieu le 24 novembre mais la décision finale sur les alliances se sera prise qu'en "janvier 2010", a-t-il encore précisé.
Gabriel Cohn-Bendit (les Amis d'Europe-Ecologie) a indiqué à l'AFP "tout faire pour que Génération Ecologie et le MEI soient sur les listes" d'Europe-Ecologie et "aient des élus", notamment en Provence-Alpes-Côte-d'Azur où le frère aîné de "Dany" souhaite que Patrice Miran (MEI) rejoigne la liste de la juge Laurence Vichnievsky.
Renvoyant dos à dos le PS et l'UMP "pro-chimique, pro-chasse, obsédés par la croissance économique", M. Governatori juge que c'est "une grosse erreur de positionner l'écologie politique sur une ligne de gauche", comme le font les Verts.
Quant à Francis Lalanne qui avait mené la liste AEI dans le Sud-Est aux européennes, c'est un "électron libre", "on verra ce qu'il fera", a déclaré M. Governatori.
LIRE AUSSI...
Les retrouvailles Waechter - Cohn-Bendit...
01/11/2009
Antoine Waechter sera candidat aux régionales sous l'étiquette Europe-Ecologie.
Lors des élections régionales de mars 2010, Antoine Waechter sera en deuxième position sur la liste d'Europe Ecologie dans le Haut-Rhin. Un rapprochement très symbolique: aux européennes de juin dernier, l'ancien leader historique des Verts avait affronté les listes parrainées par Daniel Cohn-Bendit.
Communiqué de presse des Verts
3 octobre 2009
La police mobilisée depuis plusieurs jours à Colmar, les policiers en faction toute la journée autour de la place de la Gare, les contrôles tout autour de
Colmar - touchant même les cyclistes - jusqu’aux filtrages aux frontières suisses et allemandes , les rondes incessantes des hélicoptères, sans oublier tous les commerces « obligés » de
fermer un samedi.
Tout ça pour quoi ?
Pour surveiller, intimider des femmes et des hommes souvent accompagnés d’enfants venus exprimer leur désaccord avec le développement du nucléaire, leur désaccord avec le fait que l’on va reconduire pour dix ans de plus la plus vieille centrale nucléaire de France ?
Dans la période de crise environnementale, financière et sociale que nous vivons, ce choix politique est irresponsable.
Alors que la crise climatique s’accentue - inondations en Sicile, désastre en Indonésie pour ne parler que des dernières catastrophes environnementales - que la crise sociale s’accélère - fermetures d’entreprises quotidiennes, augmentation vertigineuse du chômage, locataires de plus en plus nombreux chaque jour qui ne peuvent plus payer leur loyer ... - l’Etat avec la complicité de certains élus locaux, gaspille notre argent pour empêcher des citoyens pacifistes et responsables de s’exprimer.
Tout ça pour quoi ?
Pour continuer à financer la plus vieille centrale nucléaire de France qui n’est plus rentable mais coûte très cher aux citoyens et qui en plus connaissant
incident sur incident est dangereuse.
Au lieu de dépenser les deniers publics pour surveiller des manifestants débonnaires, rafistoler une vieille centrale et repartir dans un programme nucléaire coûteux, dangereux et stérile, il serait plus responsable d’investir dans les économies d’énergie, le développement des énergies propres - domaines créateur de centaines de milliers d’emplois - mais aussi dans les services aux personnes pour soutenir les plus démunis de plus en plus nombreux - sans emploi, sans logement... - dans cette période difficile.
Voilà ce que voulait exprimer les milliers de personnes qui sont venues de partout aujourd’hui à Colmar.
L’Etat et son complice Gilbert Meyer, maire de Colmar ont dépensé beaucoup d’argent et beaucoup d’énergie négative mais ils ont échoué. La démocratie a gagné, nous étions là. Et nous serons encore là jusqu’à l’obtention de la fermeture de Fessenheim.
José Bové:
"L’important,
c’est d’agir"
Elu député européen le 7 juin dernier avec Europe-Ecologie, José Bové tente aujourd’hui l’expérience d’être à la fois dehors et dedans les institutions. Place de l’écologie politique dans l’échiquier politique, lutte contre le capitalisme, nouvelle politique européenne, union de la gauche de gauche : autant de questions qu’il cherche à résoudre.
José Bové est membre de la Confédération paysanne et de Via campesina. Figure du mouvement social, il a été candidat à l'élection présidentielle de 2007 et a été élu député européen le 7 juin dernier.
Vous avez été élu député européen en juin dernier, sur la liste Europe Ecologie. Trois mois plus tard, quel est votre sentiment sur cette période et le fait d’être passé du rôle de leader du mouvement social à celui de député européen ?
José Bové. Je vis cela plutôt bien. Mon premier sentiment est que je suis content. Parce que quand une telle dynamique se met en place et qu’en plus, elle obtient un tel succès à l’arrivée, cela veut dire que c’est possible. Il y a eu une vraie adhésion populaire. Mais en même temps, serons-nous capables d’assumer ce qu’on a fait, de construire et de ne pas décevoir ? Y compris par rapport à nos engagements en ce qui concerne le Parlement européen. Nous avons mené la campagne sur un projet. Maintenant nous sommes au pied du mur. Europe Ecologie, ce n’est pas simplement un bon coup politique. Quand, comme moi, on s’est beaucoup investi sur des dossiers concrets, quand on mène des batailles comme celle que nous avons menée contre l’OMC, ce qui compte, c’est d’arriver à des résultats visibles, à être efficace. Au Parlement européen, allons-nous être capables d’y arriver ? C’est un vrai défi à relever.
Justement, avec vos pratiques issues du syndicalisme et du militantisme, comment envisagez-vous de travailler en tant que député européen ?
J.B. Le premier jour de notre entrée en fonction officielle, le 14 juillet à Strasbourg, il y avait 1 500 paysans producteurs de lait avec leurs tracteurs et leurs vaches devant le Parlement. Nous avons donc commencé dans la rue. Puis, j’ai imposé à la commission agriculture, dont je suis vice-président, qu’à sa première réunion, les producteurs paysans européens soient invités à présenter leurs revendications et qu’il y ait un débat avec les députés. Jusque-là, cela ne s’était jamais fait. Tout cela me paraît complètement cohérent comme fonctionnement. Je ne suis pas là pour me substituer aux copains syndicalistes mais il faut faire jouer notre complémentarité. Etre parlementaire, ce n’est pas être un béni oui-oui, un notable.
Est-ce que cela veut dire qu’avec les autres députés d’Europe-Ecologie issus du mouvement associatif, vous avez mené une réflexion en termes de stratégie d’action, face à cette énorme machine qu’est l’Union européenne ?
J.B. Oui. Pour se répartir les fonctions, nous nous sommes interrogés sur ce qu’on avait envie de faire et sur nos légitimités. C’est très important car nous avons aussi été élus en raison de nos pratiques. Ce qui veut dire que les délégations que nous obtenons ou les commissions dans lesquelles nous siégeons doivent être cohérentes avec nos pratiques. C’est pour cela que je suis dans les commissions agriculture et commerce international. Ensuite, nous avons effectivement des objectifs fixés en termes de calendrier. La priorité des mois à venir, c’est le sommet de Copenhague sur le climat, pour que Copenhague devienne le Seattle du climat. En tant que parlementaires européens, nous devons être capables de faire bouger les lignes. Mais je ne sais pas si on y arrivera. Il faut déjà trouver des majorités au sein des commissions, ensuite faire en sorte que le Parlement vote nos propositions. Ce qui se joue, c’est à la fois la question de la visibilité de nos positions et aussi la capacité du Parlement à les suivre. Et même si on n’a pas toujours les majorités nécessaires, l’important, c’est d’agir. Ce n’est pas parce qu’on est député qu’on n’est plus citoyen. Il faut jouer de cette dualité. Des gens comme moi, Yannick Jadot ou Sandrine Bélier (1), nous ne sommes pas des institutionnels au départ. Ce qui implique dans notre réflexion un rapport différent au pouvoir et à l’Etat. En France, ce n’est pas un débat neutre. La gauche s’est construite sur le culte de l’Etat. Et elle a toujours nié l’autre partie de la gauche, cette gauche antiautoritaire, qui ne met pas l’Etat au centre. Faire de la politique en remettant en cause la centralité de l’Etat, ce n’était pas évident. Sauf qu’avec la mondialisation, avec l’autonomisation des multinationales et de la sphère économique, on se rend compte que l’Etat n’est plus le lieu où se font les régulations.
Disons que l’Etat n’a plus le même rôle, il n’arbitre plus de la même façon, mais il joue toujours un rôle clé.
J.B. Oui, mais il suffit de voir ce qui se passe avec les conflits actuels contre la fermeture des usines. L’Etat ne fait rien. Comme la gauche au pouvoir n’avait rien fait non plus. Globalement, pas un Etat ne dira aux entreprises qu’elles n’ont pas à licencier ou qu’elles ne doivent pas délocaliser. L’Etat peut être à la fois un élément d’expansion du capitalisme et un outil d’opposition pour que les bénéfices du capital servent des questions sociales. Aujourd’hui, on n’a pas d’outils équivalents au niveau international. Et contrairement à ce que racontent des gens comme Pascal Lamy (2), ce n’est pas l’OMC qui joue ce rôle de régulation du grand capital. C’est d’ailleurs toute la bagarre que nous avons eue avec le PS sur la mondialisation.
Votre présence au sein d’Europe-Ecologie a été dénoncée par une partie de la gauche antilibérale et vous a valu des accusations de « traîtrise ». Comment percevez-vous ces critiques venues d’une gauche que vous avez incarnée ?
J.B. Et dont je fais partie. Je crois qu’il faut resituer tout ce débat dans une période allant de 1998 à aujourd’hui. Ces attaques, je les ai trouvées un peu blessantes et vraiment pas saines. Nous, je veux dire la Confédération paysanne, avons été, en 1997-1998, les premiers à monter au créneau sur la question de la mondialisation et de l’OMC, après avoir dénoncé l’AMI, le GATT (3). En tant qu’organisation syndicale, on a mené cette bataille et on a contribué à la rendre populaire. Grâce à ce travail, le mouvement altermondialiste a pu sortir d’un cénacle d’intellectuels qui avaient une légitimité, mais étaient incapables de faire comprendre aux gens ce que cela signifait dans leur vie quotidienne. Il y a eu Seattle, le Mac-Do, Gênes… Il y a eu le rassemblement de l’été 2003 contre l’OMC sur le plateau du Larzac où quand même 300 000 personnes étaient présentes. C’est d’ailleurs à la clôture de ces trois jours que nous avions clairement dit que nous ne voulions pas organiser le mouvement alter derrière une seule bannière ou une seule charte. Ensuite, il y a eu la bataille du TCE. Toutes ces batailles, où il s’agissait très clairement de dénoncer un modèle économique, on y a cru. Il y a eu ensuite les collectifs antilibéraux, avec les organisations politiques qui ont tout fait pour sauvegarder leurs boutiques. Et enfin, l’élection présidentielle, où j’ai assumé de représenter une partie des collectifs. Cette campagne a eu au moins l’avantage de défendre l’idée qu’un citoyen de base, sans organisation, pouvait porter un message dans l’élection présidentielle. C’était une gageure totale. Après, la logique des appareils a encore repris le dessus. Le seul endroit qui me permette de faire le lien entre tous ces combats que nous avons menés, de manière cohérente, c’est Europe Ecologie. Je n’ai pas du tout l’impression que ce que je fais aujourd’hui est en opposition avec ce qu’on a fait auparavant. Bien au contraire. C’est un lieu de débat, donc nous n’allons pas discuter uniquement avec des gens avec qui nous sommes d’accord. L’idée, c’est de construire. Dans le respect. Et à Europe Ecologie, nous ne sommes pas dans une ambiance où le plus proche de toi est ton pire ennemi. C’est terrifiant, cette logique-là.
Comprenez-vous néanmoins que certains puissent y voir le signe que vous avez « abandonné » le combat contre le TCE ? Le leader d’Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, a ardemment défendu le Traité, comme toute une partie des Verts, même si le parti était divisé sur la question…
J.B. Ce débat, nous l’avons eu avec Daniel Cohn-Bendit. Lui défendait les quelques avancées institutionnelles qui renforçaient le Parlement et pouvaient permettre de nous donner plus de poids. Pour lui, même s’il s’agissait d’avancer d’un millimètre, c’était bon à prendre. Ce fut la position de ceux qui ont défendu sincèrement le « oui » chez les Verts. Dans le camp du « non », nous étions dans un combat contre le modèle libéral. Cette bataille a été bien menée et nous avons remporté une belle victoire commune. Elle a permis de montrer qu’il faut une vraie alternative, pour une Europe sociale et écologique. Ensuite, en ce qui concerne le Traité de Lisbonne, j’ai toujours dénoncé très clairement ce texte qui est un copié-collé mal foutu et complexe du TCE. Il faut prendre ses responsabilités. A partir du moment où le combat institutionnel en France est terminé, on fait quoi ? On ressasse ? Ce qui m’importe, c’est comment construire autre chose et s’opposer. Globalement, les gens qui ont voté Europe Ecologie ne sont pas des libéraux. Ils remettent en cause le modèle économique et social mais en même temps, ils estiment que cela passe par une transformation radicale des modes de production et de consommation. Et nous sommes les seuls à dire que nous avons à la fois une responsabilité collective et une responsabilité individuelle dans nos modes de vie.
Quelles doivent être alors les prochaines étapes institutionnelles au sein de l’UE, notamment si le Traité de Lisbonne entre en vigueur ?
J.B. Ce que j’ai écrit avec Dany (4), c’est qu’il faut une Constitution européenne, fondée sur d’autres principes. Comment construire une Europe fédérale, donner du pouvoir au citoyen, renforcer et recréer une vraie démocratie ? Il faut dès à présent construire l’après-Lisbonne. Aujourd’hui, ceux qui gueulent contre Lisbonne, se contentent du Traité de Nice. Mais nous étions plusieurs milliers à Nice à dénoncer ce traité-là. La bataille continue. Ce n’est pas parce qu’à un moment, on a pu bénéficier d’une fenêtre pour porter un débat – je pense au référendum – que l’histoire s’est arrêtée. Il faut créer en permanence du neuf. Dans Europe Ecologie, on trouve des positions différentes, qui cherchent à construire une alternative, ce qui explique pourquoi des gens qui ont voté « oui » ou « non » au TCE se retrouvent aujourd’hui ensemble.
Mais l’écologie politique peut-elle contrer le modèle économique qui nous est imposé ? Ne risque-t-elle pas de n’être qu’une mesure d’accompagnement du capitalisme ?
J.B. C’est marrant, mais j’ai l’impression que ce débat est déjà un peu réglé. Car le combat antiproductiviste est lié à une remise en cause du capitalisme d’Etat et du capitalisme privé. Tous les modèles, qu’ils soient libéral, néolibéral ou marxiste, ont été construits dans un monde d’expansion infinie. Alors que le modèle économique que nous devons repenser s’inscrit dans un monde fini et limité. On joue complètement sur un autre registre. L’écologie est le nouveau paradigme qui permet de construire cette réflexion. Ce qui veut dire, et je sais que cela va faire hurler à gauche, que le rapport central entre travail et capital n’est plus l’alpha et l’oméga de la planète. Ça ne signifie pas que le combat contre l’exploitation ne doit pas être mené. On doit se battre pour la justice sociale, l’équité, l’égalité. Dans un monde fini, il faut une répartition des richesses, sinon, c’est la guerre de la pénurie. Or, l’écologie en est une partie intégrante. C’est pour cela qu’il faut repenser les rapports sociaux et contrer l’aliénation par la consommation, qui est devenue l’opium du peuple, avec les outils marxistes, comme l’ont fait Cornelius Castoriadis, André Gorz ou encore Jacques Ellul.
Comment envisagez-vous la suite d’Europe-Ecologie ? Est-il possible de l’élargir sans y perdre en cohésion ?
J.B. Ce rassemblement a la capacité de s’élargir. Nous ne construisons pas un parti. Il faut être très clair là-dessus. Il y a un parti, les Verts, et il y a des gens venus d’horizons divers, avec des pratiques différentes. Cela ne sera pas facile de faire vivre ensemble cette diversité. Mais cela se construit en marchant. Il faut continuer à fonctionner sur une logique affinitaire : il me paraît vraiment très important de sortir d’une logique de rapport de forces, de places sur les listes électorales, de courants. Mais il y aura certainement à un moment une institutionnalisation d’Europe-Ecologie et donc des rapports de pouvoir. Il va falloir y être très vigilants.
Mais ce rassemblement peut-il être vecteur d’un pôle de radicalité ?
J.B. Le terme de radicalité ne me va pas, car je le trouve trop souvent galvaudé. On se demande qui est vraiment radical. Il ne suffit pas de le crier tous les matins pour l’être. Et ce n’est pas parce qu’on fait appel aux luttes et qu’on occupe des usines qu’on est radical. Surtout, tout le monde ne s’y reconnaît pas. Il faut trouver de nouvelles idées, de nouvelles façons d’agir. Chez les faucheurs, le terme de radicalité n’inspire pas grand chose. Ça ne fait pas partie de leur vocabulaire. Ils sont citoyens, ils agissent, les institutions les bloquent, ils désobéissent à la loi. Je ne crois pas non plus qu’Act Up se reconnaisse dans ce terme de radicalité. Si on commence à se donner une étiquette, par exemple « être de l’écologie politique radicale », ça veut dire quoi ? Tu fais quoi ? Tu es radical parce que tu es contre le capitalisme ? Ce n’est pas suffisant, cela ne veut rien dire. Car là, on est encore dans de vieux concepts politiques.
Propos recueillis par Emmanuelle Cosse
1. Élus députés européens sur les listes Europe-Ecologie, ils viennent respectivement de Greenpeace et France Nature Environnement.
2. Directeur de l’OMC.
3. Respectivement, Accord multilatéral sur l’investissement et Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce.
Paru dans Regards, n°64, septembre 2009
Régionales :
les militants Verts votent pour des listes autonomes
Les militants se sont massivement prononcés pour des listes autonomes au premier tour des élections régionales de mars 2010, plutôt que pour des listes d'union avec le PS.

Jean-Marc Brûlé, directeur de campagne des Verts pour les régionales (AFP)
Les militants Verts ont très largement validé la stratégie de l'autonomie. Ils ont voté oui, dimanche 20 septembre, à des listes
écologistes autonomes au premier tour des élections régionales de mars 2010. Le oui a été massif dans toutes les
régions où les militants étaient appelés à se prononcer: Picardie et Haute-Normandie (100% des militants pour), Basse-Normandie et Alsace (99%), Pays de la Loire (85%) et Franche Comté (82%).
les militants ont préféré des listes autonomes, sur le modèle d'Europe Ecologie, plutôt que des listes d'union avec le PS au premier tour, a déclaré Jean-Marc Brûlé, secrétaire
national adjoint en charge des élections et directeur de campagne pour les régionales.
Jean-Marc Brûlé n'a pu préciser combien de militants Verts s'étaient exprimés lors de ces assemblées régionales, évoquant le chiffre de 500 pour certaines.
"Au deuxième tour on scelle une alliance"
Dans les autres régions, les consultations des militants auront lieu dans le courant de l'automne. Le Poitou-Charentes se prononcer le 17 octobre. Les militants Verts "ne sont pas demandeurs d'une
négociation avec Royal" pour le premier tour, selon Jean-Marc Brûlé.
En Ile-de-France, les militants voteront le 15 novembre. "Je ne connais personne qui soit pour l'Union avec le PS dès le premier tour", assure Jean-Marc Brûlé, qui est élu en Seine-et-Marne.
Les Verts devraient en revanche choisir l'union avec le PS au second tour. "Au premier tour on expose notre projet au deuxième on scelle une alliance", a expliqué Jean-Marc Brûlé.
Actuellement, les Verts ont des vice-présidences dans la plupart des 20 régions que dirige le PS.
NÎMES — Forts de leur succès aux européennes, les responsables et militants Vert et d'Europe-Ecologie sont pleins d'espoir pour les régionales face à un PS en crise mais les perspectives d'alliance proposées par Daniel Cohn-Bendit avec le MoDem pour battre la droite crispent les esprits.
Jeudi soir, lors d'une table ronde des Journées d'été des Verts, "Dany" a déclaré qu'il fallait "changer la gauche et défier la droite" et que dans cet objectif, "s'il faut y ajouter le MoDem, on ajoutera le MoDem". Quelques huées ont alors fusé dans l'amphithéâtre de l'université de Nîmes, avant des applaudissements nourris.
La direction des Verts ne s'est pas encore prononcée clairement sur le sujet et renvoie à la question du "projet". Interrogé vendredi par l'AFP, François Bayrou, lui, a estimé qu'"il n'y a rien d'autre que de très logique" pour le MoDem à se retrouver au centre du jeu d'alliances à gauche.
Pour Dominique Voynet, il n'est "pas tabou de discuter avec le MoDem". Mais l'ex-candidate à la présidentielle juge que "la question n'est pas tant de conclure des accords d'appareils que d'envoyer de bons signaux d'ouverture".
Mais "nos électeurs ne comprendraient pas", prévient Francine Bavay (aile gauche des Verts). "Pas question!", lance Annick Delhaye, vice-présidente Verts "profondément de gauche" de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur cogérée par le PS, les Verts et le PCF. Jugeant que le MoDem "ne sait pas où il se situe", elle estime que "trois quarts des Verts sont opposés à cette alliance".
"Dany va trop vite en besogne", assure l'élue, regrettant que beaucoup à Europe-Ecologie "s'alignent sur le fameux +ni droite ni gauche+ d'Antoine Waechter" d'il y a vingt ans.
"Le MoDem, je ne vois pas à quoi ça sert. On s'est rarement rencontré dans les combats qu'on mène", explique Claude Reznik, élu à Montreuil où Mme Voynet est maire. Pour lui, un "accord à gauche avec Jean-Luc Mélenchon" (Parti de gauche) serait "plus favorable qu'un accord à droite avec le MoDem".
Pierre Ottin Pecchio, militant Europe-Ecologie du Mouvement région Savoie (MRS), critique un "sectarisme interne" aux Verts et se prononce "pour l'ouverture" au MoDem. Aurélien, jeune militant parisien (Europe-Ecologie), estime aussi qu'il "faut être réaliste" pour battre la droite aux régionales et Nicolas Sarkozy en 2012.
Et même si "le MoDem n'est pas de gauche", renchérit Pierre Mathon (Verts), "on ne doit pas avoir l'illusion de croire qu'à nous tout seuls on peut battre Sarkozy".
Depuis leur succès aux européennes (16,28% juste derrière le PS), beaucoup d'"écolos" ont en effet le sentiment que leur rassemblement peut devenir un "pilier central" de la politique française.
"L'autonomie au premier tour vis-à-vis du PS est indispensable aux régionales", fait valoir Matthieu, militant breton, car "le PS, qui reste évidemment un allié naturel, n'a rien compris à l'écologie politique".
"Notre grande crainte, c'est pas nous, c'est les socialistes", dit un autre militant pour qui un PS toujours en crise après son Université d'été à La Rochelle (28-30 août) laisserait "la porte ouverte à un très bon score d'Europe-Ecologie aux régionales".
Pour Pierre Ottin Pecchio, La Rochelle sera "le cimetière des éléphants et des éléphanteaux", "ce qui conduira à un vote massif Europe-Ecologie aux régionales".
"Si le PS se suicide lui-même, je n'irai pas lui faire de bouche-à-bouche pour qu'il survive", admet un militant de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) qui trouve malgré tout "dommage" l'état actuel des socialistes.
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Corinne Lepage, présidente de CAP 21 et vice-présidente du MoDem, a souhaité dimanche qu'une alliance entre Europe Ecologie et le Mouvement démocrate "puisse être explorée" pour les élections régionales de mars 2010. Dans un communiqué, Corinne Lepage a expliqué qu'elle souhaitait que cette alliance avec Europe Ecologie soit "explorée" au "même titre que d'autres alliances éventuelles".
Après l'échec des listes MoDem aux européennes (8,45%) où elles ont été distancées par celles d'Europe Ecologie menées par Daniel Cohn-Bendit (16,3 %), Corinne Lepage a "réaffirmé son attachement au MoDem" dont Cap 21 est un parti fondateur, ainsi que "sa volonté de prendre toute sa part dans la rénovation souhaitée par une grande partie des militants du MoDem".
"CAP 21 souhaite que soit engagé le plus rapidement possible un véritable effort programmatique fondé sur un développement solidaire et soutenable, démocratique et humaniste", a-t-elle ajouté.
Dans la perspective des régionales, elle a souligné que "CAP 21 lan(çait) un appel à candidature de ses militants et souhait(ait) que le MoDem respecte le calendrier prévu à son règlement intérieur pour la définition de la stratégie et le choix des candidats".
Université
d'été des Verts
mercredi 19 août 2009
Question de : bibi
bonjour, je ne vous connais pas, parlez-moi de vous. ! (bien sûr, je vous connais. Mais je n'ai pas compris comment vous avez fait pour être réélue secrétaire nationale des Verts dans ce parti où les chefs changent tout le temps) Est-ce que votre déficit de notoriété est un atout ?
Réponse : Bonjour à toutes et tous.
Je ne fais pas de la politique pour "être connue". J'essaie de remplir mon mandat avec sincérité et enthousiasme. Je suis loin d'être la seule à être dans ce cas. Tant mieux si ça marche !
Question de : internaute
Ne croyez-vous pas que les voix qui allaient au PS vous ont été données cette fois-ci, les sympathisants n'ont-ils pas voulu donner une leçon au PS. Que comptez-vous faire pour les Régionales ?
Réponse : personne n'est "propriétaire" de ses voix. Nous avons fait campagne sur le fond de notre projet européen. Nous ferons de meme pour les régionales en expliquant en quoi l'écologie politique est la réponse aux crises que nous connaissons.
Question de : internaute
Bonjour Madame Duflot,
Comme vous le savez, Ségolène Royal a un très bon bilan en Poitou-Charentes d'un point de vue écologique, donc ne pensez-vous pas que les Verts doivent s'allier à elle dès le 1er tour sachant qu'en
face l'UMP vient de s'allier à De Villiers et Nihous pour la "battre" d'après les propres mots de Monsieur De Villiers.
Merci.
Réponse : De Villiers ne se situe pas dans la même région que Ségolène Royal. Que certains socialistes aient une prise de conscience écologique plus importante que d'autre, c'est inconstestable. Pour autant les projets socialistes et écologistes restent différents.
Question de : internaute
Bonjour, Cécile Duflot!
Dans la rubrique "perdre son âme": l'alliance avec Daniel Cohn-Bendit, libéral avéré, pro-nucléaire et partisan de la privatisation d'EDF n'a-t-elle rien de dérangeant pour vous?
Réponse : Daniel Cohn-Bendit a été très caricaturé en France. Dire qu'il est pro-nucléaire relève du pur mensonge. Il suffit d'écouter ces interventions. Sur les autres sujets, comme les services publics, je vous invite à ne pas en rester à la caricature et de regarder notamment son intervention au meeting du Zénith à Paris.
Question de : internaute
Du temps de la Gauche plurielle, les Verts ne se sont pas imposés. Ni Voynet, ni Cochet n'ont rien apporté, moins que Lepage. A Paris, au conseil régional d'IdF, les Verts ne pèsent pas, ils s'agitent sans exister vraiment. vous ne croyez pas que les Verts devraient faire preuve de plus de courage, rompre leurs alliances s'il le faut pour ne pas être de simples comparses du PS ?
Réponse : Votre question n'en est pas une. Cette prise de position ne tient pas face à la réalité. Loi chasse, Kyoto, sûreté nucléaire... Il ne faut pas oublier qu'il n'y avait qu'une seule ministre Verte sur 27 membres du gouvernement.
Question de : internaute
Serez-vous candidate aux Régionales en Aquitaine, sachant que vous avez des attaches dans les Landes. Cette région pourrait être un bon laboratoire pour les Verts : gestion de la crise forestière, forte pression sur le littoral, problèmes d'infrastructures, relations métropoles, grandes villes et ruralité, sans parler des accords avec le PS
Réponse : Vous avez touché juste, c'est une région à laquelle je suis très attachée. Les problématiques que vous soulevez sont effectivement fondamentales, je note notamment la sylviculture qui sera une des clés pour lutter contre le réchauffement. C'est pour cela qu'il faudra massivement voter pour des écologistes en Aquitaine. Toutefois, même si j'ai de fortes attaches avec les Landes, je vis à Villeneuve Saint Georges ;-)
Question de : internaute
Bonjour. Votre victoire est, à mes yeux, moins la vôtre que celle d'un rassemblement bien vu (Europe Ecologie) mais, surtout, ce sont les divisions du PS qui vous ont portés si loin, avec le report des voix. Moralité, en tant que Verts, vous êtes passés inaperçus. Difficile, donc, pour vous, de miser sur cette élection bien particulière pour bâtir la suite. Qu'en pensez-vous ?
Réponse : Bien sûr, le rassemblement est quelque chose qui dépasse les Verts, même si les Verts y ont joué un rôle fondamental. Par ailleurs ce qui structure ce rassemblement c'est un projet commun très solide. En renforçant le projet, on pourra poursuivre l'élargissement du rassemblement.
Question de : internaute
Le nucléaire n'a causé qu'un accident sérieux en bientôt 50 ans d'exploitation, avec un nombre de morts tout à fait comparable à d'autres procédés
industriels.
C'est une énergie relativement propre et éprouvée, qui permet notamment de produire quand le soleil fait défaut. Alors pourquoi garder une position dogmatique vis-à-vis de cette source
d'énergie?
Réponse : Vous oubliez la question cruciale des déchets nucléaire, problème qui n'a toujours pas de solution et qui va en aggravant, et de la prolifération. Je vous renvoie l'accusation de dogmatisme : le septième des réacteurs nucléaires dans le Monde est en France. Par ailleurs, avec 2% de l'énergie mondiale consommée, cette énergie ne pourra pas être la solution à la crise climatique et la fin du pétrole.
Question de : internaute
Le libéralisme tue notre planète, Pensez-vous vraiment que l'écologie soit compatible avec l'économie de marché? Les Verts ne gagneraient-ils pas à s'allier avec
l'ensemble de la gauche antilibérale ( PG, PCF, NPA, alterékolos...)? Merci de votre réponse
François Le Havre
Réponse : L'écologie est incompatible avec une économie à courte vue, qui détruit les ressources et accroit les inégalités. Le débat du XXI sera celui du productivisme. Nous regrettons que certaines organisations que vous cités soient incapables de changer de mode de pensée, et ne voit l'écologie que comme un petit truc en plus.
Question de : Antoine
Pouvez-vous dire que Les Verts ne participeront à un gouvernement que si ce gouvernement supprime définitivement les bonus des traders?
Réponse : Les Verts ne participeront à un gouvernement que s'ils sont en accord avec le projet gouvernemental. Les bonus indécents ne sont pas que scandaleux. Nous ne pourrons pas de sortir des crises environnementales si nous n'assurons pas un meilleur partage des ressources à l'échelle de la planète. 20 % des humains accaparent 80% des ressources. C'est intenable à long terme.
Question de : internaute
L'Ecologie étant un problème majeur ni de Gauche (surtout pas de gauche) ni de droite, comment les écologistes vont-ils aborder les prochaines élections et en premier lieu
les Régionales?
merci Romeo
Réponse : Ce n'est pas parce que l'on parle vaguement d'environnement et que l'on imprime ces documents sur du papier recyclé que l'on devient écologiste. En continuant dans un mode de développement à courte vue, en accroissant les inégalités avec des paquets fiscaux, on aggrave les problèmes de la planète. Le débat est celui du mode de développement. Si cette question vous intéresse je vous renvoie au programme d'Europe écologie (disponible sur le site Internet).
Question de : Dominique
Daniel Bouton, l'ancien pdg de la Société générale, touche une retraite annuelle de 700 000 € alors qu'il a rendu sa société déficitaire de plusieurs milliards (et
n'oublions pas l'affaire Kerviel de la Société générale...).
Face à cette retraite d'un montant obscène que proposez-vous de concret?
Réponse : Lors des dernières européennes nous étions en faveur d'un revenu maximal acceptable. Nous restons sur cette position.
Question de : Diane
Êtes-vous favorable à la suppression de tous les panneaux publicitaires? Êtes-vous favorable à la pollution visuelle? Êtes-vous favorable au massacre des forêts?
Réponse : Nous ne sommes pas favorables au massacre des forêts ;-) La publicité est un des instruments privilégiés de la société de consommation pour nous faire consommer des produits qui ne sont pas indispensables. Réduire sa place est bien sur une priorité. Il est important de la réglementer fortement, notamment les messages alimentaires ou ceux en direction des enfants.
Question de : Elise
La suppression des voitures dans Paris, c'est pour quand?
Réponse : Il est indispensable de prévoir un meilleur partage entre véhicules dans les villes. Le bilan parisien est à ce titre positif, notamment pour la qualité de l'air et la qualité de vie des habitants. Cela ne peut se faire qu'en privilégiant les modes de transports doux et/ou collectifs.
Question de : internaute
Nathalie : Bonjour, pour la première fois j'ai voté Verts (aux Européennes), dégoutée par les luttes au sein du P.S et séduite par l'engagement d'Eva Joly. Quelle est sa place chez les Verts ? J'ai toujours eu du mal à identifier qui fait quoi chez vous.
Réponse : L'expérience d'Eva Joly dans sa lutte contre les paradis fiscaux nous a été extrêmement précieuse. Son combat peut maintenant se prolonger au Parlement européen où elle est Présidente de la commission développement. Eva a bien sur toute sa place dans Europe écologie. Elle sera à nos côtés demain aux Journées d'été de Nîmes et reste un membre clé du rassemblement et participera à la campagne des élections régionales.
Question de : Joanna
En lisant un hebdo satirique j'ai appris qu'une filiale de la Caisse des dépôts verserait 3 millions d’euros au bas mot à Jean-Marie Messier en tant que conseiller dans la vente de 26 000 logements. Voilà un prédateur nuisible transformé en spécialiste du logement social. Pourquoi les Verts sont-ils silencieux sur ce scandale?
Réponse : Je viens de répondre à cette question :)
Question de : Marina
Par amour de l'idéologie capitaliste la droite a privatisé les autoroutes. Les Verts veulent-ils le retour des autoroutes dans le secteur public?
Réponse : La privatisation des autoroutes a été une politique à courte vue du gouvernement Raffarin. La relance des projets autoroutiers est une politique à courte vue du gouvernement Fillon. Il faut surtout que le coût du transport routier soit à son réel prix, ce qui permettra une relocalisation de l'économie.
Question de : papyro38
Pensez-vous qu'une union de tous les partis de l'opposition soit possible ?
Réponse : Il doit y avoir des mobilisations très larges contre certaines projets du gouvernement. Mais on ne fait pas l'union pour faire l'union. Les électeurs ne sont pas dupes. On fait une union autour d'un projet politique. Il faut créer les conditions du débat entre forces de l'opposition.
Question de : internaute
Concrètement une université d'été, ça sert à quoi ? A dilapider l'argent du contribuable en offrant de bonnes bouffes à des hordes de journalistes cire-pompes ?
Réponse : Nos universités d'été ne sont pas payées par les contribuables. Elle sont entièrement auto-financées par les 1500 militants des Verts et d'Europe écologie qui participeront à une centaine de forums, plénières et ateliers sur des sujets extrêmement larges dans la convivialité. Je vous invite à regarder le programme de ces journées sur le site jde.lesverts.fr et à y participer. Vous verrez qu'elles sont éloignées de votre vision réductrice et fausse.
Question de : internaute
Bientôt la rentrée. Les résultats au bac ont à nouveau atteint des sommets en 2009. Enseignant-chercheur dans une grande université parisienne, je constate pourtant à chaque fois que j'officie en première année l'état lamentable du néo-bachelier moyen : connaissances quasi-inexistantes, capacité de travail "limitée", incapacité pour beaucoup à ne serait-ce que rendre une copie propre... Compte-tenu de l'enjeu et du budget colossal affecté à l'enseignement secondaire dans ce pays, je n'hésite pas à qualifier de criminelle la posture de déni démagogique ("le bac est une valeur sure") de la plupart des formations politiques. Quel est la position des Verts sur cette question ?
Réponse : Il est temps de réformer en profondeur l'éducation nationale. A en croire les études internationales, notre système est assez inégalitaire, avec un taux très important d'élèves dans l'école privé. Je ne suis pas certaine que le bac sous sa forme actuelle, très lourde et privilégiant le contrôle final comme moyen d'évaluer les compétences soit le plus judicieux. Il est temps de faire plus confiance aux personnels -très compétents- de l'éducation nationale et d'arrêter de vouloir de mettre en place des programmes bâclés, de modifier des rythmes de travail à toute vitesse, d'imposer des pédagogies éculées, de supprimer la transmission de la pédagogie et de réduire chaque année 10.000 postes comme le fait le gouvernement actuel. Il faut réformer l'éducation nationale, pas la supprimer.
Question de : internaute
Bonjour, si le PS vous propose une alliance, vous y allez ?
Réponse : Nous sommes déjà en alliance avec le PS dans certaines collectivités locales. Mais ces alliances ne sont pas automatiques. Elles font autour d'un projet. Et bien sur je souhaite que des élus écologistes puissent mettre en place des politiques publiques. Mais il est souhaitable que les électeurs le décide eux mêmes. Par ailleurs l'écologie politique est incompatible avec un projet libéral et autoritaire, qui est celui de la droite actuelle.
Question de : internaute
Bonjour Cécile Duflot, que pensez-vous de la situation du PS ? A l'agonie avant une mort certaine ou juste en phase de transition douloureuse ? Est-ce que vous estimez que son état vous sert ?
Réponse : Je ne permettrai de donner des leçons au Parti socialiste. Les Verts ont eux même connus des périodes compliquées dans le passé. Cette situation ne sert pas les Verts : elle dessert l'ensemble de l'opposition. Elle ne s'en sortira qu'en privilégiant le débat sur le projet aux querelles personnelles.
Question de : internaute
Quel bilan tirez-vous du grenelle de l'environnement ? Beaucoup de bruit pour des mesurettes ?
Réponse : La Loi Grenelle I a mis près de deux ans pour être adoptée. La Loi Grenelle II n'est toujours pas passée au Parlement. Depuis l'automne 2007, un deuxième EPR a été lancée, des projets autoroutiers sont sortis des cartons, la loi OGM n'a rien réglée, la contribution climat énergie reste assez flou (et on peut se demander si elle servira l'écologie ou si malheureusement elle servira plutôt à remplir des caisses vidées par le paquet fiscal) ... des associatifs comme Sandrine Bélier de FNE ou Yannick Jadot de Greenpeace avaient fait le bilan du Grenelle et de ses insuffisances et ont rejoint Europe écologie pour que les politiques soient mises en place par des écologistes.
Question de : internaute
Quelle est la différence entre Europe écologie et les verts ?
Réponse : Les Verts sont un parti politique. Europe écologie est un réseau qui inclut personnalités et groupes politiques. Europe écologie n'a pas vocation à devenir un parti politique. Les européennes nous ont montré qu'il y avait une demande pour un autre type d'engagement différent de l'engagement partidaire.
Question de : Nathan
Les commissaires européens ne sont pas désignés démocratiquement. Est-ce normal?
Réponse : Lors des dernières européennes nous avons milité pour une modification des institutions en profondeur. Le Parlement n'a pas assez de poids dans les institutions européennes. Il s'agit de le renforcer pour améliorer la démocratie européenne. Il faut "desétatiser" l'Europe.
Question de : Harmonie
Jean Daniel parle de la nécessaire politisation de l'écologie et de la nécessaire écologisation de la politique. Votre avis?
Réponse : C'est ce que les Verts défendent depuis leur création. Depuis le départ, notre projet est celui de l'écologie politique, projet qui considère qu'économie, social, environnement et démocratique sont liés et que la planète étant finie, la croissance économique et la prédation des ressources ne peut être infinie.
Question de : Alain
Quel a été le taux de participation aux dernières européennes? Quel était le taux de participation aux 1ères européennes de 1979? Quelle analyse faites-vous de l'écart entre les deux taux?
Réponse : L'absentéisme est un problème qui concerne l'ensemble des politiques. Nous avons souhaité lutter contre le marketing politique et la dépolitisation des politiques qui ont vidé les isoloirs, en défendant, pendant toute la campagne, un projet écologiste, audacieux, fort et européen. Mais le combat contre l'absentéisme sera long.
Question de : internaute
Bonjour Cecile Duflot,
Pensez-vous que le rassemblement des écologistes puisse s'élargir davantage et notamment à des personnalité de gauche proche des idees des Verts? Si oui, à qui pensez-vous ?
Réponse : Nous sommes dans une logique de débats et de projet. Nous souhaitons élargir le projet et poursuivre le rassemblement. Si des personnalités sont en
accord avec ce projet ou souhaitent débattre avec nous, toutes les énergies sont bien sûr les bienvenues.
Nous ne sommes pas dans une logique de racolage où nous souhaiterions débaucher des personnalités des autres organisations politiques.
Question de : internaute
Madame Duflot
Ne pensez-vous pas qu'une politique écologique de taxes ne va pas à l'encontre de l'écologie comportementaliste ? La culpabilisation par le recours au porte-monnaie des consommateurs est-elle
vraiment juste ? Ou ne vaudrait-il pas mieux substituer au système de consommation jetable un système de consommation durable .
Réponse : Il faut repenser globalement la fiscalité, qui reste un outil privilégié pour modifier les comportements qui sont à long terme nuisible. La fiscalité
écologique peut au contraire nous aider pour privilégier les produits durables, qui restent plus chers que les produits jetables.
Par exemple, la contribution climat énergie peut être intéressante à deux conditions :
- il faut qu'elle prévoit un renversement pour éviter qu'elle pèse sur les plus pauvres, qui payent déjà plus, étant éloignés des centre-villes et disposant de logement moins bien isolés.
- il faut qu'elle prenne en compte l'énergie, pour privilégier la sobriété à la substitution entre pétrole et électricité. Nous ne sauverons pas la planète si nous ne consommons pas moins.
Merci pour ce tchat, bon après midi à toutes et tous.
Les Verts prêts à défier le PS
Alors que la perspective des régionales de 2010 attise les tensions à gauche, notamment entre socialistes et écologistes, les Verts, forts du succès de Daniel Cohn-Bendit et d'Europe-Ecologie, ouvrent ce jeudi leurs journées d'été à Nîmes.

Le député européen Daniel Cohn-Bendit et la secrétaire nationales des Verts, Cécile Duflot au lancement du rassemblement Europe Ecologie, en octobre 2008. (Reuters)
La galaxie écologiste, trou noir pour le PS. Et si, après Europe-Ecologie, Régions-Ecologie continuait de tailler des croupières aux socialistes en mars 2010 ? Alors qu’ils ouvrent leurs journées d’été ce matin à Nîmes, l’ambiance est chaleureuse chez les Verts. Pas seulement à cause de la canicule, mais en raison du carton réalisé par le rassemblement allant de José Bové aux amis de Nicolas Hulot aux européennes (16,28 %), qui leur a permis de devancer le PS dans la plupart des grandes villes… et dans huit régions métropolitaines.
«Autonomie». Cela n’a pas échappé à Cécile Duflot, patronne de Verts, qui appelle à «continuer en mieux» la dynamique de rassemblement, dont les Verts sont la principale force constituée. Pour Daniel Cohn-Bendit, l’enjeu est de faire de l’écologie sociale - constituée en «réseau» et non pas «en parti» - le levier du changement de la gauche (lire page suivante). «On n’est pas dans la cavalerie électorale, mais dans la construction d’un projet à long terme, assure Duflot. Avec le PS, c’est la stratégie de l’honnêteté. On va discuter avec eux sur le fond et on verra s’ils bougent. Pour l’instant, je ne le vois pas.»
Résultat, pour le premier tour des régionales, la ligne officielle veut que les écologistes présentent des listes autonomes. Cette stratégie devrait faire l’objet d’un quasi-consensus en interne lors des AG régionales des Verts, et chez les écolos associatifs lors de la convention d’Europe-Ecologie à l’automne. Pour l’heure, le climat de gagne rassure la plupart des 170 élus régionaux sortants. «Même les voynétistes, qui pensaient qu’il était plus réaliste de s’allier tout de suite avec le PS, se rallient à l’autonomie», s’amuse un dirigeant. Dans une tribune au site Mediapart, la maire de Montreuil, Dominique Voynet, estime d’ailleurs que les socialistes ne peuvent «plus résumer l’union de la gauche à l’alignement de tous sur le projet d’un seul». Cette stratégie «projet contre projet» n’est évidemment pas sans arrière-pensées électorales.
Les régionales, à deux tours, sont certes des «élections traditionnellement plus difficiles», rappelle Jean-Vincent Placé, le numéro 2 des Verts. N’empêche, «là où il y a une minuscule chance d’arriver premiers, il faut la jouer», explique Jean-Marc Brûlé, chargé des élections. C’est le cas en Ile-de-France et en Rhône-Alpes, où Europe Ecologie a devancé le PS aux européennes. «En Midi-Pyrénées, reprend Brûlé, la dynamique est clairement de notre côté. En Picardie, c’est très difficile sur le papier, mais le PS a pris un tel avertissement qu’il est déstabilisé. Enfin, en Languedoc, c’est compliqué, à moins qu’on récupère les âmes perdues entre les listes Frêche et celles du PS officiel.»
Reste la question épineuse du casting, puisque les têtes d’affiche d’Europe-Ecologie sont parties à Strasbourg. En Ile-de-France, un ticket Cécile Duflot-Jean-Vincent Placé est dans les cartons, dans l’attente d’une personnalité non verte. Et puis il y a des risques : «On peut arriver au coude à coude avec le PS, voire le dépasser, mais si au final c’est la droite qui gagne, on aura moins d’élus», rappelle un responsable Vert.
Querelles d’egos.Même pas peur, réplique-t-on rue Solférino. «On ne peut pas décalquer les régionales sur les européennes. Ni penser qu’elles les amplifieront», assure Christophe Borgel, chargé des élections. A preuve, «depuis le 7 juin, il y a eu une kyrielle d’élections partielles où les candidats d’Europe-Ecologie n’ont pas retrouvé leurs voix». Pour les socialistes, l’objectif reste «la maison commune» de la gauche. «Est-il hégémonique de constater qu’ayant gouverné ensemble, on a un bon bilan ? Il faut que chacun pousse ses idées au premier tour, mais n’obère le rassemblement au second pour battre la droite.»
Pour l’heure, la stratégie de la direction des Verts est de conforter Martine Aubry. Cécile Dulfot ira donc déjeuner avec la première secrétaire à La Rochelle. «L’objectif est d’expliquer qu’on est des gens de gauche. 80 % de nos électeurs du 7 juin étaient des socialistes, un cinquième des centristes. Les socialistes qui ont voté Europe-Ecologie seraient prêts à revoter pour nous si on ne tue pas la maison mère», explique un responsable Vert. «C’est moins les Verts qui nous siphonnent que nous qui avons une capacité à nous autosiphonner, avec nos querelles d’egos», conclut Borgel. A la grande satisfaction des écologistes…
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Christiane Taubira ne se laisse pas séduire par les Verts
Cela aurait été une belle prise mais elle a dit non. Christiane Taubira ne conduira pas la liste d'Europe Ecologie en Ile-de-France. Ni dans une autre région.
L'ancienne candidate à la présidentielle de 2002, issue du Parti radical de gauche (PRG), a bien rencontré début juillet Gabriel Cohn-Bendit, qui lui a proposé de conduire la liste écologiste. Le frère du député européen est à la manoeuvre pour tenter de débaucher des personnalités "d'ouverture" et continuer d'afficher que les listes Europe Ecologie ne se résument pas au parti Vert.
Les 16,3 % obtenus en juin ont donné des ailes aux Verts et à leurs amis : ils sont persuadés de pouvoir arriver en tête de la gauche dans certaines régions et de revendiquer des présidences. Ils veulent montrer qu'ils sont désormais capables d'attirer de nouvelles figures. Déjà, début juillet, ils avaient enregistré le ralliement de Bruno Rebelle, ex-directeur de Greenpeace France et ancien conseiller de Ségolène Royal. La venue de Mme Taubira en Ile-de-France aurait été une pierre de plus dans le jardin du PS.
Mais la députée de Guyane n'a pas envie de concourir pour des élections locales. "La gauche s'est trop installée dans une gestion locale. Ce n'est pas l'enjeu d'une alternative dont la France a besoin", explique-t-elle. "Si jamais je vais aux régionales, ce sera chez moi en Guyane, où j'ai mon parti (Walwari). Je n'ai pas besoin d'étiquette nationale."
"LE PRG N'EXISTE PAS"
Elle ne se voit pas non plus tirer une liste des Verts. La vice-présidente du PRG en veut beaucoup à son parti - "il n'existe pas" - et peste contre la gauche, mais elle n'est pas prête à rejoindre les Verts. "J'ai soutenu les listes écologistes aux européennes car ils étaient les seuls à être clairs et à avoir une ligne constante sur l'Europe", explique-t-elle. Elle se rendra, jeudi 20 août, aux journées d'été à Nîmes, où elle participera à une table ronde avec Daniel Cohn-Bendit et José Bové. "Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on se parle", lâche Mme Taubira, qui avait soutenu Dominique Voynet à la présidentielle de 2007. Mais tous ces signes de sympathie en direction des amis de "Dany" n'auraient pas plus de conséquences que cela.
Sa démarche est plus large, assure la députée. La preuve ? Elle ira aussi à la rencontre organisée par Vincent Peillon et son courant Espoir à gauche à Marseille, samedi 22 août. "La dynamique d'un renouveau à gauche va au-delà des Verts. J'accepte toutes les initiatives qui permettent de penser l'alternative à gauche, et où l'on peut réfléchir aux réponses qu'on lance aux grands défis actuels", argumente la députée guyanaise.
Quant à son rôle pour les régionales, elle veut bien présider un comité de campagne de la gauche réunie au second tour, comme elle l'avait fait en 2004 - "à condition que les Verts et le PS ne se castagnent pas au premier tour" - mais ce sera tout, assure-t-elle.
Chez les Verts, on fait mine de ne pas s'en froisser. La secrétaire nationale, Cécile Duflot, a répété, mercredi 19 août, sur France Info que les Verts veulent "approfondir la démarche du rassemblement des écologistes", et en faire une "aventure durable et pas électorale". Mais promis, "on n'est pas dans le débauchage", assure Jean-Vincent Placé, bras droit de Cécile Duflot. Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France ne semble pas affecté par le refus de Christiane Taubira. Voilà déjà des semaines qu'il a fait acte de candidature pour l'Ile-de-France.
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PS-Verts : vraies divergences ou fausses ruptures ?
Réponses de Daniel Cohn-Bendit et de Vincent Peillon
A gauche, la rentrée politique est dominée par les conséquences de la secousse née des élections européennes de juin. Jusqu'alors, le Parti socialiste donnait le ton et dominait les débats. Talonné par les listes Europe Ecologie (16,2 %) menées par Daniel Cohn-Bendit, le PS qui n'a totalisé que 16,4 % des voix doit non seulement reconsidérer son discours sur la crise - en particulier sa capacité à répondre à la crise écologique - mais aussi prendre acte qu'un rééquilibrage est intervenu. A l'approche des régionales de mars 2010, qui verront les Verts chercher à faire cavalier seul au premier tour, et des présidentielles de 2012, l'avenir de l'opposition sera tributaire de la capacité des écologistes et des socialistes à faire converger leurs propositions. Parmi les débats les plus saillants, figurent la définition d'une réforme de la fiscalité capable à la fois de protéger l'environnement et de réduire les inégalités mais aussi la mise en oeuvre de nouveaux instruments de régulation de l'économie.
Daniel Cohn-Bendit, dont la personnalité a largement contribué au succès des listes Europe Ecologie, constitue la figure de proue des écologistes qu'il a su fédérer en allant au-delà des seuls Verts. Favorable à un élargissement du système d'alliances du PS, Vincent Peillon a pris la tête du principal courant du Parti socialiste. Leurs réponses à la crise sont souvent convergentes.
Les écologistes vont présenter leurs propres listes au premier tour des élections régionales de mars 2010. Y aura-t-il un code de bonne conduite au sein de la gauche pour préparer le second tour ?
Daniel Cohn-Bendit. Je ne sais pas si on en aura besoin. Les écologistes vont mettre en pratique un mot d'ordre : présenter des listes autonomes pour changer la gauche et défier politiquement la droite au pouvoir. Nous ferons campagne pour notre propre projet, pour montrer la spécificité de l'écologie politique, pas contre le PS. Ensuite, ce seront les citoyens qui décideront du rapport de forces dans les majorités en fonction des résultats du premier tour. On n'aura pas besoin de faire un code de bonne conduite si on comprend que ce que cherchent les citoyens, c'est une confrontation de projets. Pour les alliances au second tour, ce seront tous ceux qui veulent défier la droite au pouvoir : c'est-à-dire la gauche traditionnelle autant que des forces présentes par exemple au MoDem, qui ne se disent pas de gauche mais qui pour moi font partie d'un potentiel majoritaire anti-droite.
Vincent Peillon. Si l'on veut éviter des mésaventures, il faut se rassembler. Il ne faudrait pas que le succès des listes Europe écologie conduites par Daniel Cohn-Bendit pousse nos amis Verts à penser qu'il y a là une manne pour l'éternité. Puisqu'on dirige ensemble des villes, des départements et des régions, ce rassemblement est non seulement souhaitable mais doit être possible. De toute façon, pour gouverner, nous devrons construire des rassemblements larges et des majorités fortes allant jusqu'au MoDem. La France, si elle veut être moderne, pratiquer une culture du dialogue, du respect, du compromis, et accomplir les réformes structurelles dont elle a besoin, va devoir moderniser son système politique et sortir de la brutalité du scrutin majoritaire.
Une minorité ne peut pas gouverner pour une majorité de façon efficace et durable. Or c'est à cela que conduit notre système et c'est pour cela que la France prend trop de retard : on arrive à conjuguer arrogance et impuissance. Je souhaite qu'en 2012 le choix d'un scrutin proportionnel pour construire les majorités parlementaires soit au coeur du projet et du contrat que nous proposerons aux français.
Pourquoi le PS a-t-il eu tant de mal à prendre la mesure de la crise écologique ?
Vincent Peillon. Ce n'est pas spécifique au Parti socialiste. Les esprits n'ont évolué que récemment sur ces sujets. En Europe, ce sont les sociaux-démocrates, pas les libéraux ni les conservateurs, qui ont été les premiers à reprendre les thèses du développement soutenable, en particulier dans les pays nordiques. En France, lorsque les socialistes reviennent au pouvoir en 1997, c'est sur la thématique de la priorité à la lutte contre le chômage. La gauche "plurielle" conduit alors à sous-traiter aux Verts la question écologique. C'est aussi lié à la culture productiviste du socialisme français, très imprégné de marxisme, et au fait, plus conjoncturel, que les grands dirigeants socialistes, Jospin, Mauroy, Rocard, sont de la génération des trente glorieuses.
Aujourd'hui, cette question est pour nous réglée. L'enjeu est de donner un contenu précis à l'idée de nouveau modèle de développement, de le traduire en programme cohérent de réformes pour une action gouvernementale.
Daniel Cohn-Bendit. La crise écologique nous oblige à repenser toute la politique sociale traditionnelle. Cela place forcément le PS, comme tous les partis sociaux démocrates, devant leurs contradictions. Prenons un exemple : Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, vous dira "mais bien sûr qu'il faut une politique écologique conséquente". Mais dans le même temps, dés que l'on discute de la construction d'un nouvel aéroport dans sa région, il est pour ce grand projet écologiquement discutable. Le PS est aussi contradictoire que les citoyens : ils sont pour une politique écologique conséquente s'ils ne doivent pas en supporter les conséquences.
Mais ce n'est pas possible ! C'est pourquoi nous avons besoin d'une force écologiste autonome qui permette ce débat qui traverse tous les citoyens.
Vous acceptez l'un et l'autre le principe d'une taxe carbone. Comment rendre ce prélèvement juste ?
Daniel Cohn-Bendit. La contribution climat énergie est une nécessité reconnue par tous les grands spécialistes sur le climat pour amener nos sociétés à consommer moins d'énergie. C'est vital si on veut s'attaquer aux dérèglements climatiques. Il faut donc annoncer dés le départ que cette taxe augmentera de 5 % chaque année : cela nous obligera tous à faire des économies d'énergie.
Mais il y a un vrai problème social. La proposition de la commission Rocard qui est de redistribuer les bénéfices de cette contribution - les familles reçoivent un chèque et le système leur donne la possibilité de gagner de l'argent s'ils font plus d'économies d'énergie - me paraît aller dans la bonne direction. Mais cela veut dire qu'il faut arrêter de discuter de la contribution climat-énergie en y intégrant la taxe professionnelle ou je ne sais quoi ! Cette taxe n'est pas un moyen de renflouer le budget de l'Etat mais une mesure qui nous permettra à moyen terme de faire d'énormes économies d'énergie.
Vincent Peillon. S'il s'agit de taxer un peu plus les ménages, avec une augmentation qui serait d'après les calculs des économistes d'environ 7 centimes au litre à la pompe, pour exonérer en plus les entreprises, la ficelle est grosse. C'est inefficace écologiquement, injuste socialement, stupide économiquement. C'est pourtant ce qu'on semble nous proposer ! Soyons concret : la personne habitant en grande banlieue et ne disposant pas d'autres moyens pour se rendre à son travail que sa voiture ne changera pas son comportement parce qu'elle ne le pourra pas. Elle sera donc juste plus lourdement taxée. Si en plus le produit de cette taxe supplémentaire est versée aux entreprises de telle sorte que même l'entreprise la plus polluante soit exonérée, alors là bravo !
Pour éviter cette catastrophe fiscale supplémentaire, il faut au minimum deux choses. D'abord une véritable politique écologique globale, ce qui suppose des investissements lourds afin de construire des alternatives (transports en commun, véhicule électrique) et d'opérer une réelle mutation des comportements.
Ensuite, une redistribution intégrale aux ménages des produits de cette taxe, pour encourager ces nouveaux comportements. La fiscalité écologique ne doit pas être une perversité ou une incongruité de plus de notre système fiscal. C'est dans le cadre d'une réforme d'ensemble de notre système fiscal qu'il faudra en définir les modalités et les niveaux Cette réforme doit être une des principales propositions de la gauche et des progressistes pour 2012, un des chantiers majeurs de discussion. L'impôt en France n'est ni progressif ni redistributif ni transparent. Contrairement à l'idée reçue, entre les prélèvements sociaux, les impôts indirects et la fiscalité locale, les salariés modestes et moyens sont presque aussi taxés que les plus aisés, et parfois même davantage selon les opportunités pratiquées à travers les niches fiscales par ces derniers. Dés lors, je crois qu'il faut créer un grand impôt progressif, lisible, simple, à partir d'un socle qui serait la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu et qui inclurait les impôts locaux. Un impôt juste, efficace et lisible c'est aussi une conception de la citoyenneté et une certaine idée de la République. C'est avec de telles réformes qu'on pourra construire l'union et retrouver la confiance des français.
Les Verts et le PS sont-ils capables de se mettre d'accord sur cette réforme fiscale ?
Daniel Cohn-Bendit. C'est une nécessité. Mais la grande réforme fiscale dont nous avons besoin ne se résume pas à une simplification de l'impôt sur le revenu. Elle doit intégrer la fiscalité écologique et répondre ainsi à la fois aux inégalités et à la dégradation climatique en imposant l'empreinte écologique et en défiscalisant le travail. C'est un changement de paradigme : nos impôts ne doivent plus être calculés sur la seule base du travail. La même logique doit prévaloir dans la manière dont nous repensons le financement de la protection sociale : il faut trouver des moyens de financement qui déchargent le travail, imposer la circulation de l'argent et de tous les revenus qui ne sont pas liés au travail. Nous devons réduire les inégalités en laissant plus d'argent aux salariés et en finançant autrement l'Etat social.
La question de la réforme fiscale soulève de manière générale un problème fondamental de nos sociétés modernes : comment marier autonomie et liberté des citoyens avec un sens des responsabilités nécessaire pour répondre aux défis économiques et écologiques auxquels nous sommes confrontés. Une réforme fiscale symbolise ou ne symbolise pas cette responsabilité collective.
Vincent Peillon. Je crois qu'il nous faut relancer l'idée d'une taxe sur les transactions financières. Je suis étonné que la crise financière n'ait pas remis l'idée de la taxe Tobin ou d'un équivalent dans le débat public. On pourrait prendre ensemble une initiative en ce sens au Parlement européen. Par ailleurs, il faut prendre la juste mesure du fait que malgré cette crise très peu de choses ont changé, et qu'elles ne changeront qu'avec une volonté forte, instruite, constante. Lorsque j'ai présidé la mission anti-blanchiment du Parlement français, nous avons terminé par la conférence de Paris avec l'ensemble des Parlements nationaux européens et le Parlement européen où nous avons adopté 50 mesures. Presque toutes restent d'actualité : elles portent sur la supervision bancaire, la coopération judiciaire, beaucoup de sujets techniques mais qui détiennent les clés d'un véritable changement.
Il faut rompre avec la culture de l'autorégulation pour construire un pouvoir de contrôle et de sanction. C'est l'affaire du XXIe siècle : puisque le marché est mondial - et on le ne fera pas rentrer dans les cadres nationaux -, il nous faut construire des régulations démocratiques, sociales, économiques, environnementales dans le cadre multilatéral, et donc, on peut l'appeler comme on veut, une puissance publique mondiale. C'est dans cette perspective aussi que l'Europe a du sens.
Quelques pistes pour une agriculture anticapitaliste....
NPA samedi 1 août 2009
La transformation écosocialiste de l'agriculture ne pourra avoir lieu sans une profonde remise en cause des règles de production.
Une démarche anticapitaliste ne peut soutenir les cumulards de foncier (terre), de quota (quantité de production attribuée sous forme de droit à produire), de bâtiments agricoles et de gros tracteurs, bref, ceux que l'on appelle les "Agrimanager", qui sont aussi éloignés de la terre que les actionnaires de Continental le sont des pneus...
Cette agriculture anticapitaliste, nous la défendons quand nous revendiquons un maintien du système des quotas avec un plafonnement des droits à produire par actif (c'est-à-dire par travailleur), l'arrêt des exportations européennes (qui ravagent les agricultures du Sud) et la restauration de barrières douanières et de taxes à l'entrée de l'Europe pour empêcher l'arrivée de produits soumis aux dumpings social et environnemental. L'urgente nécessité que nous voulons imposer par les luttes, c'est la réorientation de la politique agricole vers une logique de souveraineté alimentaire basée sur des fermes à « taille humaine », respectueuses de la dignité des travailleurs et des conditions environnementales dans lesquelles est réalisée la production.
L'ensemble de nos arguments vise à mettre en lumière le fait que sans une profonde remise en cause des règles collectives qui nous sont dictées pour organiser la production, la transformation « écosocialiste » de l'agriculture, à laquelle nous aspirons, n'aura pas lieu.
L'immense majorité des producteurs qui livrent leur lait en filière industrielle se retrouvent aujourd'hui dans des structures profondément capitalistes et productivistes. Cette situation dramatique pour l'emploi et pour le respect de l'environnement ne relève pas uniquement du simple choix individuel des paysans, mais résulte en grande partie de la pression de l'environnement social, politique et économique. Lorsque le prix du lait est en baisse du fait des politiques libérales et de la concurrence exacerbée, certains producteurs ont le réflexe de jouer la carte de l'augmentation de la productivité de leur travail par la "capitalisation" d'outils de plus en plus gros, croyant ainsi sauver leur peau. C'est aussi pour standardiser le travail dans ces grosses structures et augmenter les cadences qu'ils troquent la logique familiale, l'herbe et les vaches qui pâturent contre le maïs fourrager, les engrais et produits phytosanitaires, le soja OGM d'Argentine ou du Brésil, la mécanisation à outrance et les énormes bâtiments qui vont de pair avec ce modèle « zéro pâturage ». Tous les enjeux sociaux et environnementaux de l'agriculture du XXIe siècle résident à l'inverse de cette logique, dans la substitution du travail en intelligence avec la nature et de la matière grise au capital, à l'énergie fossile et à la chimie. Mais la juste rémunération d'un travail respectueux de la dignité humaine et des ressources naturelles a un prix en dessous duquel il ne faut pas descendre.
Certains agriculteurs ont réussi à se mettre en marge de ce schéma destructeur, au moyen de logiques autonomes et économes et de petite structures, mais ils sont malheureusement peu nombreux aujourd'hui, et bénéficient souvent de conditions structurelles particulières (climat et regroupement des terres favorables au pâturage, et/ou bon potentiel agronomique et/ou peu d'endettement au départ...). De plus, le choix d'une agriculture sans engrais, sans achats d'aliments pour le bétail, sans bâtiments et sans machines surdimensionnées ne préserve pas de la course aux hectares et à la production, comme peuvent en témoigner les énormes structures à base d'herbe de Nouvelle-Zélande ou d'Argentine.
Le prix de l'alternative
Même si le prix du lait ne résout pas tout, il peut fortement aider à la préservation et à la constitution des petites structures agricoles autonomes. Les producteurs des zones AOC comme le Comté ou le Beaufort, qui ont su construire des outils collectifs pour garder la majeure partie du contrôle de la planification et de la transformation de leurs productions, perçoivent actuellement un prix du lait deux fois supérieur à leurs collègues des filières industrielles, ce qui leur permet d'assumer les surcoûts à court terme d'une agriculture moins productive, à taille plus humaine et particulièrement attentive au respect de l'environnement dans des zones difficiles.
Ce type de modèle devrait pouvoir s'exporter à d'autres zones et être encouragé et encadré par des politiques nationales et européennes ambitieuses pour aller encore plus loin dans la valorisation du travail, du droit à un revenu décent et au respect de l'environnement. Ces pistes d'alternatives prouvent que ce que défend le NPA peut se développer, mais pour cela, il faut pouvoir être présent et accompagner les luttes actuelles, non pas comme des considérations corporatistes mais comme le début de mesures transitoires. Dans un rapport de forces plus favorable que celui qui existe aujourd'hui, il est évident que des revendications plus profondes décidées dans un processus démocratique large seront légitimement mises en place.
Commission pêche et agriculture du NPA
Taxe carbone :
socialement injuste et écologiquement inefficace !
NPA 29 juillet 2009
Les travailleurs et les plus pauvres sont une fois de plus victimes de la stratégie gouvernementale. Il s'agit cette fois de lutte contre le changement climatique.
Michel Rocard, à qui Nicolas Sarkozy a confié la mise sur pied de la Contribution climat énergie, ou taxe carbone, a remis son rapport vendredi 24 juillet. Sous couvert de politique écologique, ce sont les intérêts des travailleurs et des plus démunis qui seront encore une fois attaqués. Alors que les dépenses énergétiques représentent déjà 2 300 euros en moyenne pour un foyer français, soit plus d'un mois de revenus pour de très nombreux ménages, c'est en alourdissant encore cette facture que le gouvernement envisage de lutter contre le changement climatique. En effet, la proposition formulée par Rocard est d'alourdir les factures énergétiques en les taxant à hauteur de 32 euros par tonne de CO2 émise. Cela représentera environ sept centimes d'euros par litre d'essence et une augmentation d'environ 15% des factures de gaz. Et ce n'est qu'un début… la taxe devant tripler d'ici 2020 et être multipliée par dix d'ici 2030 !
Alors que l'accès à l'énergie devrait être un droit reconnu à tous les ménages, à commencer par les plus modestes, cette nouvelle taxe nous en éloigne encore un peu plus.
La taxe carbone, qui rapportera, dans un premier temps, 8 milliards d'euros par an à l'Etat, doit être compensée par la diminution équivalente d'un autre impôt afin de remplir la promesse de Sarkozy de non augmentation globale des prélèvements fiscaux. Sur ce point, rien ne semble encore décidé, mais la tentation est forte d'utiliser ce pactole pour compenser la disparition de la taxe professionnelle ou pour offrir aux patrons un allégement de « charges sociales ». Dans ce cas, les travailleurs seraient doublement perdants : sous prétexte de lutte contre le changement climatique, le gouvernement leur ferait payer un nouveau cadeau au patronat. Pour de très nombreux foyers, rendre plus coûteux l'accès à l'énergie ne changera rien à leur consommation qui permet tout juste de répondre à leurs besoins élémentaires (se chauffer, se déplacer, s'éclairer, cuisiner…), mais elle les appauvrira encore un peu plus.
Une grande part de la consommation énergétique est induite par l'organisation capitaliste de la société. En effet, l'usage de la voiture individuelle, l'allongement des distances quotidiennes parcourues par les travailleurs, la multiplication des transports de marchandises sont des conséquences de l'organisation de la production, dictée par la recherche permanente du profit maximum. Or, cette taxe ne s'attaque en rien à cette logique mortifère. Pour preuve, les gros industriels, pourtant fortement contributeurs à l'aggravation de l'effet de serre, en seront exemptés.
Damien Joliton
Pour une lutte déterminée contre le changement climatique
Inefficace écologiquement et injuste socialement, le projet de taxe carbone doit être abandonné. Il est indispensable de baisser de 80 à 95% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, mais ce n'est pas en s'attaquant aux travailleurs et aux populations les plus en difficulté que cet objectif pourra être atteint. Cela demandera des changements sociaux et structurels profonds. Pour faire face aux défis climatiques qui nous attendent, il est urgent de prendre des mesures permettant vraiment aux travailleurs de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre :
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transports en commun gratuits et de qualité,
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plan de réhabilitation des logements mis en œuvre par un nouveau service public du logement et financé grâce aux surprofits des compagnies pétrolières et gazières,
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politique ambitieuse en matière de logement et d'urbanisme, mettant à disposition des travailleurs des habitations à proximité de leur lieu de travail,
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programme public de développement de l'énergie solaire financé par la réorientation des crédits actuellement alloués au nucléaire,
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remise en cause de la flexibilité du travail qui contraint les travailleurs à l'utilisation de leur voiture…
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Une occasion manquée pour la taxe carbone !

Annoncée à grand renfort médiatique lors du Grenelle de l'environnement, la taxe carbone proposée par la « commission Rocard » présente malheureusement de nombreuses insuffisances. Non seulement elle manquerait sa cible - permettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre - mais en plus elle pénaliserait une fois encore les ménages au profit des entreprises.
En premier lieu, cette proposition de taxe ne concerne pas les entreprises les plus fortement émettrices, sous prétexte qu'elles sont déjà soumises à des quotas de CO2. Or ces entreprises bénéficient surtout pour l'instant de quotas gratuits, et peuvent en outre acquérir des « droits à polluer » supplémentaires sur le marché des émissions de gaz à effet de serre, à des prix inférieurs à ceux annoncés pour les particuliers et les PME ! Gros pollueurs, petits payeurs ?
Ensuite, cette taxe carbone exclut l'électricité d'origine nucléaire et risque donc d'entraîner un report vers le chauffage électrique dont le rendement énergétique est très faible et qui grève chaque hiver le budget chauffage des Français. Sans compter que ce périmètre réduit encore la probabilité que la France envisage enfin la nécessaire sortie, à terme, du nucléaire.
En apparence, la logique de cette taxe est limpide, elle s'appuie sur l'hypothèse hélas bien connue d'un marché libéral vertueux : « hausse du coût = baisse de la consommation ». Que n'y a-t-on pensé avant ! Sauf que cette hypothèse néglige un fait essentiel : aujourd'hui, la plupart des consommations énergétiques des particuliers sont contraintes. En milieu rural et péri-urbain notamment, l'insuffisance du réseau des transports en commun ne permet guère de se passer de voiture. Surtout quand le gouvernement relance, comme avec la loi de modernisation de l'économie, l'ouverture des supermarchés en périphérie et le travail du dimanche !
Quant à la facture énergétique liée au logement, les locataires risquent de se retrouver à en supporter les frais, tandis que les petits propriétaires n'auront pas tous les moyens d'investir suffisamment pour que la réhabilitation de leur logement ait un effet sur leur facturation. Or, le mécanisme de redistribution vers les particuliers, volet pourtant essentiel de ce projet de taxe carbone, reste dans un flou complet.
Enfin, sous prétexte de ne pas augmenter les charges des entreprises, la droite exige que la « taxe Rocard » s'accompagne de nouvelles exonérations de cotisations sociales ; on en entend même certains proposer qu'elle compense la suppression de la taxe professionnelle... Mais si les cotisations sociales permettent de financer la sécurité sociale, la taxe carbone, elle, ne le permettra pas !
Voilà la vision qu'a la droite de l'écologie : faire payer la facture aux plus pauvres, tout en augmentant encore les profits des entreprises. On ne peut que déplorer qu'un ancien Premier Ministre « socialiste » se prête au jeu et qu'un dirigeant « écologiste » qualifie cette taxe de révolutionnaire !
Parce que l'accès à l'énergie est un droit fondamental, et qu'une politique conséquente de lutte contre le dérèglement climatique ne peut pas se résumer à une « taxe miracle », le Parti de Gauche se
prononce pour une politique énergétique plus globale, ambitieuse, en rupture avec le système capitaliste et la logique productiviste :
1/ une planification écologique permettant, par une réorientation profonde de nos modes de production et de consommation, à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de préparer la sortie progressive du nucléaire et d'anticiper la raréfaction des ressources naturelles en articulant les conditions sociales et environnementales nécessaires à la mutation écologique ;
2/ l'ouverture d'un large débat public sur les politiques énergétiques en France et en Europe, qui permette de sortir des débats techniques réservés aux experts, et favorisent l'implication populaire sur des choix d'avenir qui engagent la société toute entière ;
3/ l'organisation de tables rondes réunissant organisations écologistes et partenaires sociaux, syndicats et représentants du personnel sur la planification de la reconversion des industries les plus polluantes ;
4/ un plan d'investissement massif dans les énergies renouvelables, la recherche en matière d'efficacité énergétique et la promotion de la sobriété en matière de consommation ;
5/ la mise en place d'un service public de l'énergie, avec le retour d'EDF et GDF à 100% public, permettant à la fois de réduire la fracture énergétique et de planifier, sur le long terme et de manière volontariste, la nécessaire transition énergétique ;
6/ la mise en place d'un vaste plan de rénovation et d'isolation des logements ainsi qu'un plan de développement des transports les moins polluants à l'échelle du territoire (transports en commun de passagers, frêt ferroviaire et navigation fluviale) ;
7/ la réorientation des aides de la Politique Agricole Commune vers une agriculture paysanne relocalisée, pourvoyeuse d'emplois et plus sobre en matière énergétique ;
8/ la mise en place d'une fiscalité écologique aux frontières de l'Union Européenne permettant, dans le cadre d'accords de coopération avec les pays du Sud, de réduire les importations des marchandises les plus lointaines et les plus polluantes.
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La « taxe carbone »
ou comment faire payer les pauvres
LO 31 juillet 2009
La commission Rocard sur la « taxe carbone » a rendu ses propositions. Sarkozy avait annoncé cette taxe au même moment où il avait annoncé la suppression de la taxe professionnelle, cadeau de plus de 6 milliards d’euros aux entreprises.
Apparemment, concernant cette « taxe carbone », les propositions se résumeraient essentiellement à une augmentation du prix des carburants : de 7 à 8 centimes du litre, voire plus pour le diesel. Ainsi qu’autour de 60 € de plus pour le chauffage dans le cas d’une logement collectif au gaz et 170 € de plus pour la facture de fioul d’un pavillon.
Derrière le vocabulaire écologiste, très à la mode ces derniers temps, se cache en fait un moyen de plus pour l’Etat de faire payer à la population ses largesses envers le patronat.
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TAXE CARBONE : Inefficace pour l’écologie, injuste pour les citoyen-nes
PCF 31 juillet 2009
L’avenir de la planète est une chose trop sérieuse pour le laisser dans les mains du gouvernement Sarkozy. On aurait pu penser que, pour lutter contre l’effet de serre et le réchauffement climatique, une mobilisation de moyens humains et financiers, dévoués à la recherche par exemple, serait décrétée. Pas du tout ! Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, a rendu le rapport demandé par François Fillon et propose un nouvel impôt, « la taxe carbone », visant, selon ses mots « à dissuader les consommations énergétiques excessives ». En langage clair : 300 euros annuels supplémentaires pour le seul chauffage par ménage, 7 à 8 centimes d’augmentation de l’essence au litre, 15% d’augmentation prévisible du prix du gaz...
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Les listes Cohn-Bendit ont-elles été poussées par l’UMP contre les listes du centre et de gauche ?
L’affaire « Home », le film de Yann Arthus-Bertrand interroge. Le 23 juin, le quotidien Le Monde révélait qu'un des ministres d’Etat du gouvernement, Jean-Louis Borloo, avait envoyé une
lettre aux préfets de région, à la veille du début de la campagne officielle pour les élections européennes, leur prescrivant de diffuser le film produit par l'ami du Président de la république
François Pinault (ici
). « Nous rentrions dans une période de réserve. Il n’était pas question pour moi d'organiser une séance
publique. » « De ma carrière, je n’avais jamais reçu une telle demande à la veille d’une échéance électorale », déclarent des préfets au Monde. A la télévision publique, sur France 2,
le film était diffusé deux jours avant les élections européennes. Dans le même temps, le président du groupe PPR, François Pinault, pouvait faire pression sur les médias pour lancer une
extraordinaire campagne de promotion du film qu’il venait de financer. Les premières images du film représentent les dizaines de marques de luxe et de grandes franchises du groupe PPR qui
s’assemblent pour former le mot « Home ». L'avertissement du groupe PPR à l'attention des journalistes est clair : on ne critique pas sous peine de perdre autant d’annonceurs. Le système reproduit,
en plus puissant encore, le « Pacte Écologique » de l'animateur de TF1 Nicolas Hulot. L'omerta que recouvre cette gigantesque opération de propagande fonctionne à plein : sous couvert de protection
de l'’environnement, l'idéologie que diffuse ce film en filigrane est destinée à légitimer le capitalisme sous couvert d'application des lois naturelles. Cette perspective est bien décrite dans une
récente émission de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis » (ici
). Née de la volonté de citoyens de contester le modèle productiviste fondé sur la croissance, l’écologie est
devenue pour les multinationales un moyen publicitaire de se refaire une virginité.
Parallèlement, les initiateurs des listes « Europe-écologie » se sont clairement affichés comme les prolongateurs du mouvement associatif environnementaliste qui avait contribué au Grenelle de
l’environnement de Nicolas Sarkozy. Loin de remettre en cause le modèle productiviste lié aux multinationales, l'’écologie défendue dans cette perspective est celle du « développement durable » et de
la « croissance verte » destinée à « convertir au vert » le capitalisme (ici
). Leader de cette liste, présenté comme « l'enfant chéri des médias » par la revue Médias,
Daniel Cohn-Bendit a été un acteur de la construction de l’Europe du libre-marché (ici
). En accord, voire en avance, sur les thèses néolibérales, le député européen vert s’était prononcé pour le
travail le dimanche, pour la privatisation des services publics, pour le SMIC jeune... Le leader altermondialiste José Bové, quant à lui, avait donné des gages de bonne volonté en intervenant sur
France Inter pour féliciter une ex secrétaire d’Etat à l’écologie du gouvernement Sarkozy (ici
). Dans ce contexte, on peut facilement comprendre tout l’intérêt que le gouvernement ait pu avoir à pousser
la liste Europe-écologie contre le Parti socialiste, la gauche radicale et le centre. Le soir des élections, Jean-Louis Borloo ne cachait d'ailleurs pas sa satisfaction sur les plateaux de télévision
et déclarait sa connivence avec les listes Cohn-Bendit.
Yann Arthus-Bertrand a affiché son soutien à la liste Europe-écologie à la veille des élections (ici
). Un soutien dont s'est félicité les listes de Daniel Cohn-Bendit. Les mêmes questions se posent que lors du
Grenelle du l’environnement : Les Verts ont-ils été poussés par le gouvernement Sarkozy dans l'objectif de combattre les thèses remettant en cause le capitalisme ? Dans ce cas, comment des
associations environnementalistes, des intellectuels, des médias qui se revendiquent critiques, ont-ils pu soutenir les listes Europe-Ecologie ? Comment ont-ils pu, une nouvelle fois, se laisser
instrumentaliser par le gouvernement Sarkozy ?
Bruno Clémentin et Vincent Cheynet, le 26 juin 2009
« Ce qu'il y a de fascinant chez [Nicolas Sarkozy], c'est son énergie, sa capacité d'avancer. Mon fils me dit souvent : “Arrête d'attaquer Sarko, il
est comme toi !” » Daniel Cohn-Bendit, Le Monde, 18-4-2009. « Dis à ton fils qu’il a raison. On se ressemble beaucoup. » Nicolas Sarkozy, Libération, 19-6-2009
« Sarkozy fait Dany-ami »
EDF :
PICSOU du SOCIAL,
PINOCCHIO de l'EVIRONNEMENT
Par une décision en date du 9 juillet (EDF/voltalis), la commission de régulation de l’électricité (CRE) veut imposer une taxation des économies d’électricité réalisées par les consommateurs.
Cette décision constitue une_prime au gaspillage énergétique et se révèle incohérente avec les engagements du Grenelle de l’environnement visant à diminuer la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre.
Ainsi, les Verts estiment que la CRE a dérogé complètement à sa mission en se faisant le porte voix des intérêts des fournisseurs d‘électricité, en premier lieu ceux d’EDF, et ce au détriment des consommateurs et de l’environnement.
EDF entend ainsi profiter d’une rente de situation qu’elle veut voir accroître au travers de sa demande d’augmentation de 20% du prix de l’électricité pour les trois prochaines années.
Ce racket organisé de consommateurs captifs entend justifier une politique jusqu’auboutiste d’expansion du parc nucléaire, tant en France qu’à l’étranger, incompatible avec une véritable sécurité énergétique.
En déposant plainte, EDF a montré une fois encore que ses discours sur la maîtrise de l’énergie n’étaient que de vains mots oubliant ainsi que l’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas.
Martine BILLARD
(aile gauche des Verts) :
"Pourquoi je démissionne des Verts"
J’ai décidé de démissionner aujourd’hui d’une organisation dont le projet n’a plus que de lointains rapports avec celui auquel j’avais adhéré il y a 16 ans. A cela, il y a 3 raisons majeures :
1/ l’incompréhension des réalités du monde du travail
Du fait de leur composition sociale (très peu de salariés du secteur privé en dehors des secteurs de la communication et de l’informatique) et de leur vision restreinte de l'écologie, les Verts se préoccupent peu des questions sociales et encore moins du travail, en dehors de déclarations généralistes. A l'exception du champ environnemental, ce sont toujours les mêmes militants, ceux qu’on appelle la « gauche des Verts », qui sont présents depuis des années sans réel soutien du parti Verts et souvent même en opposition avec d'autres militants pour qui il est incongru de perdre son temps avec le social lorsqu'on est écologiste. Les Verts apposent leur signature sur beaucoup d’appels à mobilisations ou de déclarations de soutien mais, concrètement, sont très peu impliqués dans les collectifs et réseaux associatifs non-environnementaux et encore moins syndicaux.
2/ un parti de plus en plus institutionnel
J’ai rejoint les Verts en 1993 pour l’écologie, le féminisme et la politique autrement. C’était un parti bouillonnant, parfois imprévisible mais toujours vivant. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où tout débat véritable est étouffé au profit d’un seul objectif, obtenir le plus d’élus possibles. Certains appellent cela du pragmatisme, malheureusement cela tourne souvent à l’opportunisme.
La politique autrement a aussi été rejetée au rang des vieilleries à jeter au rebut : le cumul des mandats s’étend et se revendique (la moitié des parlementaires nationaux, bon nombre de conseillers régionaux). La course aux postes est constante et manifestement déjà relancée par le récent succès d’Europe Ecologie. La démocratie interne s'est réduite à une peau de chagrin et le fonctionnement clanique imprègne beaucoup de décisions : la transparence est en net recul et nombre de demandes d’éclaircissements y compris au sein des instances de délibération des Verts (Conseil national interrégional) restent lettre morte.
3/ l’effacement du clivage droite/gauche
J’ai toujours été une femme de gauche et je le reste. Je sais que certains considèrent cela comme dépa
CARREFOUR ANTICAPITALISTE
Gauche radicale écologiste












17.04.10
12.04.10






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Commentaires: 1
Finance Dissertation (lundi, 07 février 2011 10:39)
An entity whose income on loan expenses or invest the excess income. On the other hand, a company whose income is less than its expenditures by borrowing or capital to selling shares to increase its spending reductions or revenue increases.