CARREFOUR ANTICAPITALISTE Gauche radicale écologiste

 

 

"PAS DE GUERRE ENTRE LES PEUPLES, PAS DE PAIX ENTRE LES CLASSES  !"

 

 

 

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"Il faut que les ouvriers sachent bien qu'il n'est de remède à leurs maux que la patience et la résignation."

 

Casimir Périer, premier ministre 1831...

 

 

 

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Merci à Eco89


Les suppressions d'emplois annoncées depuis septembre 2008 en France.

 

Carte réalisée par la rédaction de Mediapart (www.mediapart.fr)

 

Merci à Philippe Tastet

 

«Tous les mensonges sont bons pour fermer des lits»

 

REPORTAGE

 

Des centaines de salariés de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris se sont rassemblés ce vendredi devant le siège de leur employeur, à Paris, pour protester contre les suppressions d'emplois qui les menacent.

 

Libé 12/03/2010

 

Devant le siège de l'AP-HP, ce vendredi à Paris.

Devant le siège de l'AP-HP, ce vendredi à Paris. (© AFP photo AFP)

 

Ils sont plusieurs centaines ce vendredi midi devant le 3 avenue Victoria, siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, dans le IVe arrondissement parisien. Présents pour les premiers depuis 10 heures du matin. Tous sont salariés de l'AP-HP. A l'appel de l'intersyndicale CFDT, CFTC, FO, SUD, CGT, ils se sont rassemblés pour protester contre «les suppressions d'emplois et des restructurations» dans les hôpitaux franciliens, «conséquence de la loi Bachelot».

 

Depuis la veille, un groupe de leurs collègues occupe pacifiquement les locaux et a déployé des drapeaux syndicaux aux balcons.

 

Des personnalités politiques candidates aux élections régionales sont présentes sur le pavé, notamment Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), et la première adjointe au maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo.

 

Non loin, les salariés de l'AP-HP expliquent volontiers les motifs de leur colère. Dont Marcel, 34 ans, agent administratif (non syndiqué) à l'hôpital Trousseau. «Ce plan qu'ils appellent de réorganisation est purement économique. Leur but est juste de démanteler les services de soin, de casser le service public.» Marcel craint que la majeure partie de l'activité de Trousseau soit «rebasculée sur les hôpitaux Necker ou Debré». Le salarié ne comprend pas cette logique administrative. «On vient de nous faire une maternité haute technologie dernier cri. Elle aura trois ans en juin. Quel intérêt?»

 

Hélène, également agent administratif, avoue son inquiétude : «C'est sûr, ils ne vont pas reprendre tous les personnels.» Et la salariée d'anticiper: «Ils vont nous faire trois propositions de postes, et si on refuse, ce sera la porte.»

 

Quelle suite pensent-ils que leur mouvement du jour va prendre ? «Il y a des AG dans tous les hôpitaux de l'AP-HP. On attend maintenant des nouvelles de nos collègues qui occupent le siège.» Et de menacer: «On n'est pas encore en grève générale, mais ça peut le devenir.»

 

A quelques dizaines de mètres, devant la porte du siège de l'AP-HP gardée par une dizaine de gendarmes mobiles, quatre salariés sont assis dans des fauteuils roulants auxquels sont accrochés des pancartes: «Avec Leclercq (le directeur général, ndlr), le pays où l'AP-HP est précaire.» ou encore: «Economies sur des vies : - 300 millions d'euros, - 4.000 postes. 1,6 million d'euros de gâchis (H1N1)»

 

De l'autre côté de l'avenue, Catherine, 52 ans, scande elle aussi des slogans hostiles à la réorganisation. Cette secrétaire médicale salariée de l'AP-HP depuis seize ans travaille à l'hôpital Clémenceau de Champcueil, dans l'Essonne. Cet établissement de gérontologie risque de perdre 37 lits de rééducation et de «soins de suite». Soit «quatre emplois». Elle ne sait pas si elle va conserver le sien. «Ils disent qu'ils veulent redéployer cette activité à l'hôpital Rothschild (XIIe), parce que nous accueillons une majorité de patients parisiens. C'est archi faux. Ils sont prêts à tous les mensonges pour justifier leurs arbitrages. Nous recevons au maximum 3% de Parisiens.»

 

Quatre jeunes salariés du même hôpital Clémenceau de Champcueil écoutent à quelques mètres. Marie-Claire est ergothérapeute. Typhaine, Laëtitia et Guillaume sont psychologues. Les deux premières sont en CDI. Les deux derniers, en CDD, craignent de perdre leur emploi.

 

«Il y a de grandes chances que nous ne soyons pas renouvelés. Mais les arguments de l'administration sont fallacieux. Ils veulent juste fermer les hôpitaux de proximité. Déjà que nos patients ne reçoivent pas beaucoup de visites... Si en plus on les déménage à Paris, alors qu'ils viennent de l'Essonne, de Seine-et-Marne et du Loiret...» Et les quatre jeunes professionnels de s'interroger sur les motivations de fermeture de lits : «Nous avons un taux de remplissage de 95%. Et il faut douze jours pour obtenir un lit... Vraiment, on ne comprend pas... Tous les mensonges sont bons pour fermer des lits...»

 

Il est 13h30. Les manifestants lèvent le camp.

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Education nationale : entre 13% et 50%

de grévistes

 


Plusieurs syndicats de l'éducation avaient déjà manifesté le 30 janvier à Paris (AFP)

Plusieurs syndicats de l'éducation avaient déjà manifesté le 30 janvier à Paris (AFP)

Les chiffres de la participation à la grève des enseignants dans les collèges et lycées, à l'appel de l'intersyndicale SNES-FSU, FO, CGT, Sud-Education, FAEN et SNALC, diffèrent vendredi matin 12 mars selon les sources. Elle serait de 50% selon le syndicat Snes-FSU, Frédérique Rolet, et de 13% selon une "estimation provisoire" du ministère de l'Education nationale.

 

Un écart important


Ainsi, "à la mi-journée", selon le communiqué diffusé par le ministère à 10h45, le taux de participation serait de 8,03% dans les lycées professionnels, 11,7% dans les lycées d'enseignement général et 15,14% dans les collèges, soit une "moyenne pondérée" de 12,9% de grévistes parmi les enseignants du second degré.
"Autour de 50% des professeurs" sont grévistes, soit "un peu plus d'un sur deux dans les collèges" et "environ 40% dans les lycées", a assuré de son côté la cosecrétaire générale du syndicat Snes-FSU, Frédérique Rolet.
Le Snes-FSU reproche notamment au ministère de rapporter le nombre des grévistes constatés le matin à l'ensemble des personnels, qu'ils soient en exercice ou non le jour de la grève.
Selon le SNUipp-93, les écoles des villes proches de Paris connaissaient 40 à 60% de grévistes et le reste du département 20 à 30%.

 

Une soixantaine de manifestations


L'intersyndicale SNES-FSU, FO, CGT, Sud-Education, FAEN et SNALC des personnels des collèges et lycées appelle à une grève nationale vendredi contre les suppressions de postes -plus de 16.000 prévues en 2010 dans l'Education- et les réformes du gouvernement dans le second degré. Une soixantaine de manifestations sont prévues un peu partout en France, selon les syndicats. A Paris, un cortège partira à 14h30 du jardin du Luxembourg en direction du ministère de l'Education nationale. Cet appel à une journée de mobilisation avait été lancé mi-février lors des grèves qui touchaient plusieurs lycées de l'académie de Créteil suite à des violences dans deux établissements.

 

Etats généraux sur la violence à l'Ecole


Jeudi, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a installé le conseil scientifique chargé d'organiser les Etats généraux sur la violence à l'Ecole promis à la suite de ces mouvements, des Etats généraux qui se tiendront les 7 et 8 avril. Ce conseil est composé de 15 personnalités spécialisées sur les questions d'éducation, de comportement, ou encore de délinquance juvénile, dont certaines viennent des Etats-Unis, du Canada, d'Israël, de Grande-Bretagne, du Luxembourg et de Belgique. Il devra "apporter une expertise de haut niveau sur les phénomènes de violence et leurs causes, avec notamment une approche internationale", précise un communiqué du ministère. Il devra également "identifier les thématiques qui vont structurer la réflexion des Etats généraux" et "accompagner, dans une logique de suivi et d'évaluation, la mise en œuvre des préconisations qui émergeront".

"Remise en cause de l'éducation prioritaire"


Mais pour les syndicats, les difficultés des personnels et les tensions trouvent leurs causes dans la politique menée par le gouvernement. Le SNES, premier syndicat des enseignants des collèges et lycées, dénonce ainsi dans un communiqué les "suppressions massives de postes", les réformes "inacceptables du lycée, de la formation des enseignants et de la gouvernance des établissements" ou encore, selon lui, la "remise en cause de l'éducation prioritaire" et la "casse du service public d'orientation".

 

Pour "le retrait de réformes"


Dans les collèges et les lycées, "les conséquences de cette politique sont durement ressenties: accroissement de la charge de travail des personnels, dégradation de leurs conditions de travail, détérioration des conditions d'études pour les élèves", estime le SNES. Dans un communiqué, l'intersyndicale, qui a sollicité à deux reprises ces dernières semaines, mais sans succès, une audience auprès de Luc Chatel, demande au ministre "le retrait de réformes, dictées en grande partie par la recherche frénétique d'économies budgétaires, conduisant à la suppression massive d'emplois indispensables au service de l'Ecole de la République"

 

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SÉCURITÉ SOCIALE.

 

Les Caisses d’allocations familiales

«au bord de l'implosion»

 

Le Parisien 11/03/2010

 

Caisses obligées de fermer pour écluser les dossiers en attente, téléphones sonnant dans le vide, allocataires au bord de la de nerfs... Les Caisses d’allocations familiales (CAF) , submergées de demandes du fait de la , craquent de tous côtés.

 

Dans une lettre confidentielle , que nous nous sommes procurée, envoyée le 26 février à , ministre du Travail, le président du conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), Jean-Louis Deroussen, alerte sans détour le gouvernement sur le fait que, « depuis juillet 2009, la demande sociale explose ».

 

« En ce début d’année 2010, la situation des CAF semble s’aggraver dangereusement », à tel point « que l’ensemble de l’institution est proche de l’implosion », conclut-il. Pis, poursuit cette missive, même la mise en place de « dispositions à l’ampleur inédite », comme la « réduction de l’offre de service en accueil physique » ou la « multiplication des CDD » n’a «pas permis de rétablir durablement un équilibre qui demeure très fragile ». Ces derniers mois, plusieurs syndicats avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, pointant la charge de travail accrue des 36 000 agents. Dans le Val-de-Marne, des centres ont dû fermer dix jours, fin 2009, afin de digérer les retards. En Seine-Saint-Denis, les retards de versement ont parfois atteint plusieurs mois.


Les versements de RSA menacés

 

Aujourd’hui, la crise s’est propagée à tout le réseau. Et pour cause… selon une note d’information interne, que notre journal a pu consulter, le nombre de visites dans l’une des 123 CAF a bondi de 14,8 % en 2009, le nombre de pièces à traiter a progressé de 10,9 %, tandis que le nombre d’appels téléphoniques, lui, grimpait de 36,6 % !

 

« A ce rythme, les retards de versement, notamment pour le RSA, vont se multiplier », s’alarme un directeur. Dans sa lettre, Jean-Louis Deroussen, lui, réclame « instamment » que le gouvernement revoie « les moyens alloués à la branche famille », d’autant qu’en 2010 les CAF se verront confiées de « nouvelles charges » comme les impayés de loyers, le RSA jeunes ou la CMU complémentaire.  Contacté hier, l’entourage de Xavier Darcos attend d’avoir « des précisions supplémentaires sur ces surcharges avant de se décider » et rappelle que « les 1 200 créations de postes décidées lors de la création du RSA commencent à arriver sur le terrain ». Beaucoup ne seront là qu’en 2011 : chaque nouvelle recrue doit être formée pendant dix-huit mois avant d’être opérationnelle.

 

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Les annonces de Total ne calment pas les salariés des raffineries

 

La direction a décidé ce lundi l'arrêt de l'activité raffinage à Dunkerque, mais projette d'installer sur le site un centre d'assistance technique et une école de formation, ainsi que sa participation à la construction d'un terminal méthanier avec EDF.

 

Libé 08/03/2010

 

Ce lundi matin, devant le siège de Total à La Défense.

Ce lundi matin, devant le siège de Total à La Défense. (Reuters)

 

«Les annonces de Total, c'est zéro.» Thierry Dufresne résume le sentiment des centaines de salariés de Dunkerque et d'autres raffineries, venus manifester devant les tours de Total de La Défense (Hauts-de-Seine) alors que s'y déroule un comité central d'entreprise. «Tout ce qu'ils proposent, c'est une plateforme technique avec environ 200 emplois», ajoute ce syndicaliste CGT membre du comité central d'entreprise, qui se tenait dans la matinée.

 

Total a annoncé l'arrêt de l'activité raffinage à Dunkerque, un projet d'y installer un centre d'assistance technique et une école de formation, et une participation à la construction d'un terminal méthanier avec EDF.

Ce dernier projet vise à créer une cinquantaine d'emplois directs, alors que le site nordiste en compte 370, mais le groupe assure que l'emploi sera garanti pour tous ses salariés à travers les autres activités.

 

Pourtant, au pied des bureaux de Total à La Défense, l'amertume a envahi les salariés partis en cars de Dunkerque au petit matin, ainsi que leurs collègues venus d'autres sites.

 

«C'est très difficile depuis septembre (date d'arrêt provisoire de la raffinerie de Dunkerque, ndlr), témoigne David, 32 ans, en charge de la sécurité des installations. Tout ce qu'on veut, c'est bosser et on a encore des moyens de pression pour les faire plier», ajoute-t-il, alors que les salariés nordistes sont en grève depuis deux mois.

 

«L'école de formation, on nous a déjà dit ça le 1er février, mais on est pas des formateurs nous, on est des raffineurs, s'exclame Joël, chez Total depuis vingt-sept ans. Et le centre technique, cela veut dire passer 70% de notre temps en déplacement, loin de nos familles. On ne veut pas de ça.»

 

Son collègue Vincent se dit, lui, «très en colère». Quelques minutes plus tôt, les manifestants sont allés du siège de l'activité raffinage à une autre tour abritant le siège de l'ensemble du groupe, distant de quelques centaines de mètres.

 

Les salariés ont voulu entrer dans le hall et se sont fait refouler par les gaz lacrymogènes des gendarmes. Quelques vitres ont été brisées.

 

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DUNKERQUE

Total : des salariés bloquent des cuves de pétroles

 


Les salariés du site de Total manifestent dans les rues de Dunkerque le 4 mars.

Les salariés du site de Total manifestent dans les rues de Dunkerque le 4 mars. AFP

Des salariés de la raffinerie Total de Dunkerque, menacée de fermeture, ont bloqué vendredi 5 mars des cuves contenant 500.000 tonnes de pétrole brut, en démontant des mécanismes de pompage, à trois jours d'une réunion qui doit décider de leur avenir, a constaté un journaliste de l'AFP.
Plusieurs dizaines d'employés du site des Flandres, à l'arrêt depuis septembre, se sont rendus vendredi à l'aube sur la zone de stockage de pétrole brut. Ils ont démonté des composants électroniques indispensables au fonctionnement des pompes qui servent à extraire le contenu des cuves.
Les pompes servent habituellement à acheminer via un pipeline de 8km les hydrocarbures à la raffinerie. Les salariés affirment avoir appris que la direction de Total envisageait de faire en sorte que le pétrole puisse être chargé sur des navires à destination d'autres raffineries.

 

"On veut raffiner"


Des salariés cagoulés sont sortis de l'usine en portant les composants de la taille de petites valises, sous les applaudissements des grévistes, avant de les charger sur des remorques.
"On veut raffiner. On ne veut pas que ce (pétrole) brut s'en aille d'ici", a déclaré Philippe Wullens, délégué syndicale Sud (majoritaire sur le site), en évoquant un "trésor de guerre".
Selon lui, Total a réalisé une plus-value de 200 millions d'euros entre le moment de l'achat de ce pétrole à l'automne et aujourd'hui, en raison de l'augmentation des cours.
Une partie des composants électroniques sera remise aux services de l'Etat, une autre à la région et une troisième à la communauté urbaine de Dunkerque, sachant que tout le matériel est nécessaire pour faire redémarrer les pompes, a expliqué Marcel Croquefer, secrétaire du pôle chimie CGT.
"Ce pétrole ne doit pas quitter les cuves tant que les choses ne sont pas arrêtées", a-t-il dit.

 

Grève


Des propositions pour l'avenir de la raffinerie des Flandres doivent être annoncées lundi lors d'un comité central d'entreprise (CCE). La direction envisage une fermeture définitive du site qui emploie 380 salariés, plus 400 personnes chez les sous-traitants.
Les menaces de fermeture avaient entraîné fin février l'ensemble des raffineries françaises du groupe dans un mouvement de grève de plusieurs jours. Les syndicats y avaient mis fin après des garanties apportées par Total sur l'avenir de l'activité de raffinage en France.
Les salariés de Dunkerque, qui poursuivent seuls leur grève commencée le 12 janvier, devaient par ailleurs bloquer dans la matinée une partie du port de Dunkerque.

 

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Ce lundi, c'est

"journée sans immigrés"

 

 

Pas de papiers, mais tout de même des feuilles d'impôts. Une situation qualifiée de "racket" par les associations (AFP)

Pas de papiers, mais tout de même des feuilles d'impôts. Une situation qualifiée de "racket" par les associations (AFP)

Le collectif "24 heures sans nous" appelle à faire du lundi 1er mars une "journée sans immigrés" afin de démontrer leur place dans l'économie du pays d'accueil. Il s'agit d'une initiative nouvelle avec des ramifications dans plusieurs pays européens. Le collectif, qui se présente comme un "mouvement citoyen", convie "les immigrés, enfants d'immigrés et les citoyens conscients de l'apport de l'immigration en France" à cesser de "consommer et/ou travailler" ce jour-là, à arborer un ruban jaune en signe de solidarité et à participer à des rassemblements entre 12h et 14h. L'idée de ce boycott symbolique de l'économie est née d'un "ras-le-bol de la stigmatisation" des immigrés qui s'est cristallisé après la petite phrase de Brice Hortefeux à propos d'un jeune militant maghrébin à l'université d'été de l'UMP : "il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".

 

"Logique de stigmatisation"


Une des initiatrices de "la journée sans immigrés", Nadia Lamarkbi, explique que le collectif s'est inspiré du mouvement de protestation mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d'immigration. La date du 1er mars marque le cinquième anniversaire de l'entrée en vigueur du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA), qui instaurait une immigration "choisie" sur des critères économiques. Rapidement, le mouvement a pris forme à partir du site internet du collectif et de Facebook. Il sera suivi également en Espagne, en Grèce et en Italie, et selon les organisateurs, des collectifs semblables sont "en train de se former" en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse. Le collectif évoque une "logique de stigmatisation en marche dans plusieurs pays", de sorte qu'il envisage de "mettre en place une structure pour se faire entendre au niveau européen". A Paris, un rassemblement est prévu sur le parvis de l'hôtel de Ville, de même qu'à Reims, Amiens, Lyon.

 

"L'immigration, c'est une chance"


En Italie, des manifestations sont notamment prévues à Milan, Rome et Naples. Egalement, une rencontre à Rosarno (Calabre), qui fut en janvier le théâtre d'affrontements violents entre habitants et saisonniers africains. En Grèce, le collectif est né il y a seulement cinq semaines. Il n'appelle cependant pas à faire grève "parce que les grévistes perdraient automatiquement leur emploi". Il incite toutefois à ne "rien dépenser" ce jour-là.
La Cimade, France Terre d'Asile, Réseau Education sans Frontières, ou encore l'association des travailleurs portugais en France, ont apporté leur soutien au collectif "24 heures sans nous". A l'instar de quelques syndicats comme la CFDT et la FSU. Il dit ne pas avoir pris contact avec des mouvements trop politisés, tenant à son rôle de "mouvement citoyen", apolitique, militant pour la "reconnaissance de la dignité de chacun, avec ou sans -papiers". Il faut faire prendre conscience, insiste Nadia Lamarkbi, que "l'immigration n'est pas un problème en france, c'est une chance".

 

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Interview d'un gréviste de Total...

 

NPA

 

L'annonce de Total de la fermeture de la rafinerie des Flandres a lancé une forte mobilisation de l'ensemble des salariés du groupe. Nous faisons le point avec Benjamin Desjardin, salarié à la raffinerie de Normandie à Gonfreville l'Orcher.

 

NPA: Peux-tu expliquer les raisons de la grève actuelle ?

 

« Depuis mercredi 18 février, les salariés des raffineries, centre de dépôts et des établissements de production de Total en France sont en grève en solidarité avec les collègues de la raffinerie des Flandres (à Dunkerque) avec arrêt total de la production de carburant depuis jeudi soir dans les raffineries.


Toute cette mobilisation a pour origine l’arrêt depuis septembre 2009 de la raffinerie dunkerquoise, suite à une supposée diminution des consommations françaises alors qu’on y fait parvenir des produits de l’étranger déjà raffinés.
Ils se sont mis en grève illimitée suite aux rumeurs médiatiques patronales en janvier sur la fermeture de la raffinerie dunkerquoise afin d’avoir des réponses de la direction générale. Les autres raffineries se sont mises en grève par solidarité avec leurs collègues. Ils se sont donnés rendez vous à Paris au siège social le 1er février, le jour du CCE mais sans réponse claire de la direction et un calendrier lointain, malgré une forte mobilisation de milliers de salariés de Total de toute la France avec appui de ceux des entreprises dunkerquoises et d’Exxon. Suite à cela les salariés de dunkerque ont posé un ultimatum à la direction au 15 février pour redémarrer la raffinerie, sans quoi ils l’exécuteront eux même. Le mardi 16, ils ont donc investi le site malgré la présence de la police privée patronale en nombre qui a réussi à blesser quelques salariés, et les autres raffineries se sont mises en grève de 48 heures par solidarité.


De plus, le groupe Total a prévu également de fermer ou vendre des dépôts, ce qui a mené à une grève plus importante. »

 

NPA: Comment se déroule le mouvement ?

 

« Le mouvement de grève se passe dans un climat serein, malgré les pressions patronales et hiérarchiques habituelles sur les salariés gréviste. La grève est appuyée par l’intersyndicale CGT, FO, SUD et CFDT. Le syndicat des cadres CGC nous ayant abandonné, sans surprise. Les prises de paroles sont effectuées à chaque relève pour informer de la situation et consulter les salariés qu’ils soient en quart ou de journée. Les salariés sont toujours très nombreux à poursuivre le mouvement à chaque relève depuis le début de la grève. »

 

NPA: Comment vois-tu la suite du mouvement ?

 

« La balle est désormais dans le camp de la direction générale et leur silence ne fait que durcir le mouvement de grève totale.


Le ton s’est d’ailleurs endurci depuis jeudi soir à cause du mutisme face aux exigences fixées par les salariés de Total. De plus, à l’heure où je vous parle, les salariés d’Exxon, également inquiets de leurs avenirs, nous rejoindraient dès lundi dans le mouvement.


Il faut savoir que la discrétion de leur part n’est pas innocente, en effet, le gouvernement, à l’approche des élections régionales, fait pression afin qu’une réunion ne s’y tienne qu’après ces scrutins. On pourra craindre une forte recrudescence des suppressions d’emplois en général en France suite aux élections, et ce serait valable pour le groupe Total si nous ne nous sommes pas mobilisés en ce moment.


Les conditions fixées par la majorité des syndicats et par les salariés sont les suivantes :

 

  • Départ immédiat des vigiles du site de Flandre
  • Engagement écrit de la direction du groupe pour retraits des plaintes, aucune pression sur les salariés de Flandre et d’où que soient les salariés grévistes.
  • Dispositions pour permettre le maintien du contrat de travail Total en cas de cession.
  • Tenue d’une table ronde nationale sur l’avenir du raffinage et l’indépendance énergétique du pays (gouvernement).
  • Tenue d’une table ronde sur dunkerque pour la pérennité du site des Flandres et du bassin Dunkerquois. (réalisation du grand arrêt d’entretien prévu initialement en mars, redémarrage...)
  • Respect des IRP et du code du travail, et engagement sur un plan d’investissement pour l’ensemble des sites, donnant une vision claire de la stratégie de l’entreprise.
  • Obtention, au-delà des expertises au niveau français, d’une expertise européenne sur l’avenir du raffinage. »

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DREUX (EURE-ET-LOIR), 19 FEVRIER 2010. Les salariés de l'usine Philips manifestent leur joie à l'énonce du jugement en référé du TGI de Chartres.

Philips Dreux :

le tribunal ordonne la reprise du travail

 

Le Parisien 20/02/2010

 

Le travail reprendra lundi à l'usine Philips de Dreux (Eure-et-Loir). Même si ce n'est que provisoire, c'est une grande victoire pour le 212 salariés du site et un camouflet pour le groupe néerlandais. Ce vendredi peu après 17 heures, le  tribunal de grande instance de Chartres a ordonné la reprise du travail dès lundi, sous peine d'une astreinte de 25 000 euros par jour, et la «suspension du projet de licenciements collectifs», dans l'attente d'une meilleure consultation des représentants du personnel.

 

Dans la soirée, la direction a indiqué dans un communiqué qu'elle «se conformera aux conclusions de l'ordonnance de référé». «La production reprendra ce lundi, dans l'attente d'une prochaine réunion avec les partenaires sociaux», a-t-elle précisé.

 

Les élus du CE manquaient d'informations «primordiales» 

 

Si la fermeture du site est évoquée depuis octobre, les employés avaient reçu samedi une simple lettre les informant de ne pas venir lundi matin au travail, sans leur notifier leur licenciement. Un autre courrier les informaient de propositions de reclassement en Hongrie à 450 euros par mois. Face à ces méthodes, les salariés avaient saisi la justice lundi sur «l'absence d'avis du comité d'établissement et du comité central d'entreprise», reprochant au géant néerlandais de l'électronique d'avoir arrêté la production avant d'avoir notifié aux salariés leur licenciement.

 

Dans son ordonnance, le tribunal a poté un manque d'informations «primordiales» pour l'examen du volet économique du plan social. Il estime par conséquent que les élus au comité d'entreprise n'étaient pas en mesure d'émettre un avis éclairé sur ce plan. Il a également condamné Philips à payer 1 000 euros chacun à la , à FO et au comité d'entreprise.

 

FO : «Cette décision va faire jurisprudence»

 

«C'est une énorme victoire pour les salariés de Philips et plus globalement pour les travailleurs», a déclaré, Manuel Georget, délégué CGT. «Les travailleurs ont été tellement victimes de défaites, que cette victoire renforce aujourd'hui notre combativité»,.a-t-il ajouté. Il s'agit d'«une victoire importante pour les salarié-e-s du site et pour les qui les soutiennent», renchérit le syndicat Solidaires.

 

Pour l'avocate de l'union départementale FO, Me Sandra Renda, «cette décision, qui va faire jurisprudence, montre qu'on ne ferme pas en France une usine comme ça (...) Lorsqu'une entreprise se comporte aussi mal avec ses salariés en ne pensant qu'à ses actionnaires, une réponse reste possible: la sanction de la loi».

 

Les syndicats avaient également demandé au tribunal de reconnaître le «lock-out du site» : la direction avait en effet fermé les portes de l'usine de Dreux lundi. Sous la pression du ministre de l'Industrie Christian Estrosi s'était dit jeudi «choqué» par l'envoi de ce courrier, Philips avait accepté de rouvrir les portes de l'usine vendredi matin, permettant aux salariés d'emporter leurs affaires personnelles, au cas où...

 

Philips affirme plus que jamais sa volonté de fermer le site

 

Dans la matinée, le président de Philips France Joël Karecki avait très fermement réaffirmé «qu'il n'y aura plus d'emplois Philips à Dreux prochainement» : «les lignes (NDLR: de l'usine d'Eure-et-Loir) ne fabriqueront plus de téléviseurs et il n'y a pas d'autres produits Philips de prévus parce qu'il n'y a pas d'autres produits Philips utilisant ce type de technologie», avait-t-il martelé devant la presse.

 

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Retraite à 60 ans: l'appel du NPA aux partis de gauche ne fait pas recette

 

Olivier Besancenot avait proposé à tous les leaders de gauche, de Martine Aubry (PS) à Arlette Laguiller (LO), «une réunion unitaire» sur les retraites. Si Jean-Luc Mélenchon (PG) n'y voit «pas d'objection», le PS a décliné l'invitation.

 

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA et tête de liste en Ile-de-France aux régionales, à

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA et tête de liste en Ile-de-France aux régionales, à Marseille le 26 janvier. (Jean-Paul Pelissier / Reuters)

 

C’est au mieux un «pourquoi pas?», au pire un «pour quoi faire?». Alors qu’Olivier Besancenot lançait, dimanche sur Europe 1, aux autres formations de gauche un «voyons-nous vite» pour faire front commun sur la retraite à 60 ans, la proposition du NPA n’a pas déchaîné l’enthousiasme. Les motifs de réserve ne manquent pas: souci de ne pas interférer avec l’agenda syndical, de ne pas se positioner uniquement «contre», divergences de fond. Le tout en pleine bataille des régionales, où la gauche part en ordre dispersé au premier tour.

 

Le courrier du parti anticapitaliste a été envoyé, lundi, aux partis, «d’Arlette Laguiller (LO) à Martine Aubry (PS)» et le rendez-vous fixé, jeudi soir au siège parisien du NPA. Le sommet social de lundi à l’Elysée, qui a réuni exécutif et partenaires sociaux, fournirait un argument de plus pour convoquer cette réunion de la gauche politique, selon le NPA. Qui y voit «la confirmation que de nouvelles attaques seraient portées contre le système des retraites».

 

«Le temps est à l’action syndicale»

 

De là à faire cause commune? Prématuré, a tranché hier le porte-parole du PS Benoît Hamon, qui refuse de griller la politesse aux partenaires sociaux. Pour l’heure, «le temps est à la mobilisation sociale et donc à l’action syndicale, temporise Hamon. En temps et en heure, quand se posera la question de l’unité des forces de gauche, nous y répondrons.»

 

Plutôt partant pour l’invitation «pleine de bon sens» de Besancenot, Jean-Luc Mélenchon met aussi en garde contre une action «entravant le mouvement des syndicats» et compte«venir en appui de leur lutte». «On ne veut pas se substituer à l’intersyndicale mais voir ce que les organisations politiques peuvent faire, répond Sandra Demarck du NPA. Ces points d’appui unitaires sont cruciaux pour le rapport de force et pour soutenir la mobilisation.»

 

Autre obstacle de taille à ce front unitaire que Besancenot dessine du PS à Lutte ouvrière: l’offre du NPA porte sur «la retraite à 60 ans» et «37,5 annuités de cotisations», relève Hamon, mais ce dernier point «n’est pas la position du parti socialiste».

 

«Il ne faut pas être juste dans le défensif»

 

Une divergence qui n’a pas échappé à la porte-parole de LO, Nathalie Arthaud. Elle tablait par avance sur le refus des socialistes d’être de ce front. Rappelant la petite phrase de la première secrétaire du PS - on «va très certainement aller vers 61 ou 62 ans», avait-elle lâché avant de rectifier le tir -, Arthaud ne voit «pas comment Martine Aubry pourrait représenter ce combat-là». «Cette idée de collectif, je ne la comprends pas bien», doute-t-elle.

 

Dès dimanche, l’appel de Besancenot avait laissé la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, sur sa faim. Une «réunion, pour quoi faire ? Il faut qu’on propose quelque chose, ne pas être juste dans le défensif», lançait-elle sur BFM-TV, tout en assurant n’avoir «pas de problème sur la question de ne pas reculer sur l’âge légal de départ à la retraite». Mais se borner à s’opposer est un peu court, objecte Duflot: le «problème n’est pas de discuter, il faut travailler sur des solutions».

 

«L’urgent n’est pas de taper sur le NPA»

 

«Disponible pour résister, agir et proposer», le PCF pose la même condition: «pas question de camper sur la seule position de résistance». La démarche, à l’inverse, ne gêne pas Eric Coquerel, chargé des relations extérieures au PG: «C’est possible de s’unir pour dire notre désaccord à la proposition gouvernementale. On a déjà dit non aux réformes de droite sans être sûrs avant d’être d’accord sur tout le contenu positif.» Et «on ne se réunit pas que sur les positions du NPA, plaide Demarcq. On peut parler d’autres alternatives.»

 

Reste qu’à un mois des régionales, les partis de gauche, dont les listes, pour la plupart, se concurrencent sur le terrain, ne sont pas enclins, parallèlement, à s’afficher ensemble. Ce que ne pouvait pas ignorer Besancenot, tête de liste en Ile-de-France. Sandra Demarcq récuse toute «posture» et pointe la nécessité de «faire un autre choix de société». Mais, façon de se poser en parangon de l’unité, renvoie au reste de la gauche la responsabilité de la division: «on veut nous mettre dans un carcan mais l’urgent n’est pas de taper sur le NPA.»

 

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Philips bloque les portes de son usine de Dreux



La direction a proposé aux salariés licenciés des postes en Hongrie, payés 450 euros par mois, "à condition de pratiquer la langue hongroise"...

 

(Reuters)

(Reuters)

Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi recevra cette semaine les syndicats puis la direction de Philips, après l'annonce de la fermeture de l'usine de Dreux (Eure-et-Loir), annonce un communiqué du ministère lundi 15 février.
Les dates des rencontres n'ont pas encore été fixées.
"Prenant acte de la décision de la direction dans un contexte où la fabrication de téléviseurs accuse des pertes mensuelles d'1 million d'euros, Christian Estrosi a demandé à Philips de prendre toutes ses responsabilités afin que chaque salarié soit traité dignement et de consentir un effort à la hauteur des enjeux sociaux et industriels pour la revitalisation du site", précise le communiqué.

 

Action judiciaire contre la direction


Réunis en assemblée générale, les salariés de l'entreprise Philips EGP de Dreux, ont voté lundi en faveur d'une action judiciaire contre la direction de Philips qui empêche les salariés de rentrer dans l'entreprise, a annoncé Manuel Georget, délégué CGT.
"Nous allons assigner l'entreprise en référé parce qu'elle empêche les salariés de se rendre sur leur poste de travail", a-t-il indiqué.
"Un huissier est actuellement sur place pour constater l'obstruction de l'entrée de l'usine par des vigiles", selon Manuel Georget, qui assure que "la totalité des salariés menacés de licenciements étaient présents lundi matin pour prendre leur travail normalement".
Les salariés ont pu se rendre dans le restaurant d'entreprise pour tenir l'assemblée générale, selon la même source.

 

Reclassement en Hongrie


Invoquant la situation financière, la direction de Philips EGP a annoncé samedi, dans une lettre aux salariés, la suppression de 212 emplois avec la fermeture définitive de son usine, dont le personnel avait tenté d'assurer la gestion sous forme de coopérative ouvrière en janvier.
Selon la CGT, un second courrier a été adressé aux salariés, leur proposant un reclassement en Hongrie.
"Philips propose aux salariés, des postes d'opérateurs à Szekesfehervar en Hongrie en CDI payés 450 euros par mois, sur douze mois, avec la condition de pratiquer la langue Hongroise. C'est vraiment se moquer du monde", s'est indigné Manuel Georget.
Une assemblée générale a été convoquée lundi à 8 heures par le syndicat, qui a appelé les salariés à se rendre "normalement" à l'usine. "On demande à l'ensemble des salariés de prendre leur travail normalement, à leur poste habituel dès 5h30 lundi", a déclaré Manuel Georget.
Alors que les syndicats ont pu pénétrer dans leurs locaux situés à proximité de l'entreprise, des vigiles interdisaient l'accès à l'usine "au moins jusqu'à demain matin", selon la CGT.

 

Un nouveau centre d'appels


Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a souligné dimanche les efforts de revitalisation de Philips EGP, après la fermeture définitive de l'usine, qui sera remplacée notamment par un centre d'appels, 300 nouveaux emplois étant déjà assurés, selon lui.
Les entreprises comptant au total plus de 1.000 salariés qui lancent des plans sociaux sont soumises à une obligation légale dite de revitalisation, qui consiste en une aide à la création d'autant d'emplois que ceux détruits dans une région.
La fermeture programmée du site de Dreux avait été annoncée pour la première fois le 8 octobre dernier. L'entreprise spécialisée dans la fabrication de téléviseurs à écran plasma avait déjà supprimé 350 emplois en 2005 et 279 en 2008.

 

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Raffinerie de Dunkerque

 

Total ne délocalise pas par hasard

 

Par Julien Brygo, 25 janvier 2010, in Basta !

 

Le groupe Total envisage de fermer la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, pour délocaliser son activité en Arabie Saoudite. Laissés sur le carreau, les salariés bloquent l’usine depuis le 12 janvier et attendent dans l’inquiétude d’être fixés sur leur sort. Les élus locaux, impuissants, jurent qu’ils ne laisseront pas faire. Et Total fait miroiter aux salariés des reconversions dans les énergies renouvelables, tout en délocalisant ses émissions de CO2 pour augmenter ses profits et pouvoir polluer plus tranquillement. Reportage.

 

C’est une petite brève parue dans Le Figaro qui a provoqué la colère des ouvriers. À Mardyck, dans le Nord, les 385 salariés de la raffinerie Total, les 450 entreprises de sous-traitance (soit plus de 600 travailleurs, dont beaucoup en intérim), ainsi que les ouvriers des usines situées autour de la raffinerie se sont pris un coup sur la tête. « Pour le moment rien n’est encore officiel, mais Total s’apprête à trancher pour sa raffinerie des Flandres, située à la périphérie de Dunkerque », écrit Le Figaro.

 

« Rien d’officiel » ? « Tout est prêt, l’usine est prête à être démontée. On nous a dit de finir nos dossiers et de cesser les projets », témoigne un ingénieur, loin de la raffinerie. Il confirme ainsi que des quatre hypothèses avancées par la direction (maintien du site, fermeture, mise en cocon ou transformation en dépôt), celle de l’arrêt définitif est plausible. « Ils veulent fermer la raffinerie des Flandres car elle n’est pas assez rentable. Il y a deux ou trois ans, les bénéfices étaient encore conséquents, mais avec la chute de la consommation d’essence, qui est bien réelle, le groupe perd de l’argent avec cette unité. » Produisant 7 millions de pétrole brut par an, celle-ci est la dernière construite en France, dans la foulée du premier choc pétrolier de 1973. La décision de Total sera prise le 1er février.

 

Le groupe Total, dont la raffinerie des Flandres était en « arrêt conjoncturel » depuis le 15 septembre dernier, a donc choisi le quotidien de Serge Dassault pour « tester » la réaction syndicale à une éventuelle fermeture de cette unité. Le lendemain de cet « indiscret », repris instantanément par l’AFP puis par les radios, les salariés de la raffinerie des Flandres entrent en grève. Ils sont suivis par les salariés de la quasi-totalité des six raffineries françaises de Total. Habituellement dociles, les salariés de Mardyck, syndiqués à moins de 20%, sont indignés par le « flou » dans lequel les patrons les laissent. 300 d’entre eux ont décidé le 13 janvier d’envahir des locaux de la direction. Ils n’auront droit qu’à de belles phrases : « la situation n’est pas simple et l’analyser prend du temps (…). Je me sens désemparé face à votre cri du cœur, mais non, je n’ai aucune réponse », leur a répondu Éric Guillotin, le directeur du site [1].

 

« Faire plus de fric, un point c’est tout. »

 

Les salariés savent que les réserves de pétrole diminuent, mais que l’« or noir » sera exploité pendant encore plusieurs décennies. Ils savent que l’avenir du raffinage en France est plus que jamais compromis. Ils savent aussi que le groupe Total a réalisé en 2008 des bénéfices records : 12,2 milliards d’euros. Le prétexte du « manque de marges » est assez difficile à digérer.

 

« En trente-cinq ans de travail ici, je n’ai jamais vu une direction aussi autiste », confie Didier Demuyter, l’ancien secrétaire de la CGT, aujourd’hui retraité. « Christophe de Margerie, directeur général de Total, est le financier de Desmaret : son objectif est de faire plus de fric, un point c’est tout. » Pour l’ancien syndicaliste, la décision de Total est directement liée aux futures taxes dont devront s’affranchir les groupes les plus polluants. « Total ne veut pas payer les taxes écologiques européennes qui lui tomberont bientôt dessus, comme la taxe carbone. L’entreprise préfère aller là où on extraie le pétrole brut et où les charges sont les moins élevées, pour conserver et augmenter ses marges. » Didier Demuyter déplore les effets indirects de cette fermeture pour le tissu économique local. « Ça aura un coût terrible pour la région. Total est extrêmement lié aux entreprises du coin et, mine de rien, l’entreprise finançait beaucoup de projets. Ça va faire mal au tissu économique mais aussi social [2]. » À Dunkerque, 20 000 emplois sont liés à cette industrie.

 

Lutte des classes et développement durable

 

« Il y a dix ans, on disait que Total faisait 7 à 8 milliards de bénéfices. Mais c’étaient des francs. Aujourd’hui le groupe fait 12 milliards de bénéfices, mais ce sont des euros ! Jusqu’où ira cette logique du profit à tout prix ? », s’indigne Marcel Croquefer, délégué CGT Chimie. Il a réussi à faire entrer quelques 60 salariés de Total et d’autres entreprises dans les locaux de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) pour exiger un moratoire sur l’avenir de la raffinerie. Face à eux, en ce 19 janvier, dans la salle de conférence aux couleurs blafardes, quatre pros de la politique locale. Tous au service de Michel Delebarre, maire de Dunkerque depuis 21 ans, président de la CUD, député (PS), sept fois ministre (entre 1984 et 1993)… Le « prince » de Dunkerque a son dada : les énergies renouvelables et le développement durable. Alors que Dunkerque détient le record de la plus grande densité de sites Seveso en France (15 !) et du nombre de cancers professionnels, mais aussi un nombre impressionnant de victimes de l’amiante [3]. En 1996, la ville signait la Charte d’Aalborg (Charte adoptée par les participants à la Conférence européenne sur les villes durables d’Aalborg, Danemark). En 1997, Dunkerque a accueilli la première centrale éolienne française de production d’électricité, à Mardyck. Un champ de 45 hectares, capable d’alimenter une ville de 15 000 habitants et géré par… le groupe Total.

 

Ce soir-là, à la CUD, tous les amis de Michel Delebarre ont juré « partager les analyses des syndicats de Total ». L’un promet de « manifester avec les syndicats le 1er février à La Défense  », un autre de « distribuer des tracts avec les syndicats ». Et de railler ces « patrons-terroristes », selon l’expression de Marcel Croquefer (CGT). Au micro de Delta FM, la radio locale, Claude Nicolet, assistant parlementaire du député Christian Hutin (groupe Socialiste, Radical, Citoyen), parle de son côté de raffermir les liens « des partis politiques de gauche avec le mouvement ouvrier » et se demande si la « lutte des classes n’est pas en train de refleurir à nouveau dans un merveilleux bouquet, mais qui ne profite qu’à quelques-uns ». On est à deux doigts de chanter l’Internationale. Les élus se savent impuissants face à un groupe comme Total, mais dans leurs mots et leurs regards, font semblant d’être du côté des ouvriers. Total fera ce qu’il a décidé de faire. Dunkerque est ainsi : colonisée par l’industrie qui fait la pluie et le beau temps, quoi qu’en disent les « élus du peuple ».

Réactions en chaîne

 

« On est tous des pères de famille, on a tous des crédits sur le dos et Total n’ose même pas nous avouer à quelle sauce on va être mangés, alors qu’ils le savent déjà », dénonce un salarié. En face de la raffinerie, sur un des quinze sites Seveso que compte le port, des palettes et des pneus brûlent. La fumée lèche les vitres des bureaux de la direction, qui redoute une séquestration. Les portraits des dirigeants de la société sont détournés sur des affiches du film Asterix & Obélix (« ça va être votre fête ! ») et le visage moustachu de Christophe de Margerie est incrusté dans le corps d’un nabab aux tétons percés de boucles d’or et au torse couvert de médailles clinquantes. « Non, pas d’argent pour les victimes de la raffinerie des Flandres », indique la légende. La petite phrase fait référence à l’attitude du groupe Total qui a fait appel de sa condamnation pour délit de pollution dans l’affaire de l’Erika [4]. Les cargaisons de brut, en 1999, avaient été chargées dans cette raffinerie, avant de se répandre sur les côtes bretonnes.

 

Pour beaucoup, le « choix » se fera entre chômage et mutation au sein du groupe, chez Total ou ses gros sous-traitants comme GDF Suez ou Vinci. Si la raffinerie devient un dépôt, ce seront quelques dizaines d’emplois tout au plus qui seront conservés. Dunkerque a déjà connu une longue période de chômage partiel avec ArcelorMittal, Ascométal, Valdunes, Tim... Et une vague impressionnante de suppressions d’emplois industriels en 2009 (Betafence, Aluminium Dunkerque - groupe Rio Tinto, Rexam, Isocab - groupe ThyssenKrupp...). La crise a fortement impacté cette ville industrielle : le chômage y a augmenté de 17 % entre mars 2008 et mars 2009. La fermeture de la raffinerie aura un impact réel sur les entreprises du tissu industriel dunkerquois, déjà fragilisé par une année de crise financière. Polimeri Europa (polyéthylène et plastiques), ArcelorMittal (acier), Lesieur (huiles)… Beaucoup d’usines avaient bâti des synergies avec la raffinerie. Il va désormais leur falloir trouver du « jus » ailleurs. Ce qui aura forcément un impact sur leurs comptes.

 

Solaire, éolien, hydrolien, biomasse... combien d’emplois au final ?

 

D’autres évoquent un avenir avec les énergies renouvelables. Le groupe Total, via la filiale Total Energie (possédée à 35% par Total et 45% par EDF), participe au capital de deux sociétés spécialisées dans le photovoltaïque : Photovoltech produit des cellules photovoltaïques à partir de silicium cristallin et Tenesol des systèmes photovoltaïques. Du coup, comme les dirigeants ont évoqué une « activité parallèle » pour les victimes de son plan social, les salariés sentent le vent du « durable » souffler dans leurs oreilles. « On a quand même une belle façade maritime ici, les énergies renouvelables, parlons-en ! Il y a l’éolien, mais il parait que c’est pas beau dans le paysage. Il y a l’hydrolien (éoliennes de mer qui fonctionnent avec les courants marins), mais les fonds marins sont déjà encombrés avec les câbles. En fait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. On ne sait pas ce qui va se passer mais on a l’impression qu’on ne va pas finir notre carrière dans le raffinage », souffle un agent instrumentiste qui a barré au feutre rouge le mot « Total » sur son manteau d’hiver.

 

Christophe, 37 ans, calaisien d’origine, travaille à l’inspection de la raffinerie depuis dix ans. Son métier consiste à superviser la distillation du pétrole brut dans les grandes cheminées de production. En haut, c’est le GPL, au milieu, le gazole et en bas, restent les résidus retraités qui sont revendus à des dizaines d’entreprises avoisinantes, comme Polimeri, Lesieur. « Le pétrole, il y en a encore, dit-il. On ne conteste pas le fait que les stocks diminuent et que l’or noir est de plus en plus rare. Mais que l’on ne vienne pas nous dire qu’il n’y en a plus et que c’est à cause de ça qu’on se retrouve sur le carreau. Dans ce cas-là, pourquoi est-ce que Total construit une méga-raffinerie à Jubail ? » Le groupe pétrolier a lancé en 2006 la construction de la « méga-raffinerie » du XXIe siècle, dans la ville de Jubail, en Arabie Saoudite. Un investissement de 9,6 milliards de dollars, en partenariat avec Saudi Arabian Oil Company (Saudi Aramco). Avec une capacité de 400 000 tonnes par jour, cette unité, qui doit entrer en fonctionnement fin 2011, permettra à Total de continuer à raffiner du pétrole, plus près des lieux d’extraction... Tout en tenant des discours « écologiques » en France.

 

Délocaliser la pollution et les émissions de CO²

 

Pour Total, qui reste un des plus gros pollueurs français de la planète, avec ArcelorMittal et EDF (tous trois sont présents dans le port de Dunkerque), l’opération pourrait bien ressembler à du green-washing. Ou du moins à un contournement des règlementations internationales : fermer des raffineries en France, où le groupe est soumis depuis le protocole de Kyoto à des « droits à polluer » concernant les émissions de CO², pour les délocaliser en Arabie Saoudite, pays qui n’est pour l’instant pas concerné par les quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Cela permet en tout cas au groupe de continuer à marteler un discours éco-responsable aussi inique que mensonger : « Tout en poursuivant la croissance de ses activités, Total a la volonté de contribuer à l’effort international de lutte contre le changement climatique. Le Groupe s’inscrit dans l’esprit du protocole de Kyoto sur le long terme et poursuivra les efforts réalisés pour atteindre ses objectifs volontaires de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre », peut-on lire dans un document mis en ligne par le groupe. « L’esprit  » du protocole de Kyoto (s’échanger des droits à polluer) convient donc assez bien à Total, qui polluera moins en France, mais davantage en Arabie Saoudite, en toute légalité.

 

« On n’a qu’une terre, non ? C’est pas comme un ordinateur qu’on peut débarrasser d’un virus ! », s’insurge Christophe. Accepter une mutation à Jubail ? « Pour rien au monde  », répond-il, la face rougie par les lancers de pneus dans le brasier. « Imaginez-vous : on est des centaines à avoir notre vie ici, nos femmes ont des emplois ici, on a des crédits sur le dos, pour la voiture, la maison... et on nous demande d’aller travailler sur un site complètement parqué, en vase clos, comme les vieilles cités industrielles, le tout sous barrage militaire ? Non merci ! » Pour lui comme pour ses collègues, une seule solution : forcer Total à revenir sur sa décision, en continuant de bloquer les entrées et les sorties de produits pétroliers.

 

Julien Brygo

 

Notes

 

[1] La Voix du Nord, 13.01.10

 

[2] Le sponsoring du Basket Club Maritime (BCM), l’aide à l’association Les papillons blancs, association philanthropique de Dunkerque… le pétrolier a toujours aimé se poser en faiseur de bien, à l’image des grandes entreprises paternalistes, Péchiney et consorts, qui ont émaillé l’histoire de la cité nordiste. Dernière opération de lavage d’image : la rénovation de la façade des Bains dunkerquois, un bâtiment centenaire à l’entrée de la ville.

 

[3] La ville compte au moins 700 victimes de l’amiante, rien que chez les dockers. La Communauté urbaine est aussi celle qui touche, en France, le plus d’argent issu de la taxe professionnelle. Malgré ce sombre tableau, Dunkerque accueillera en mai prochain la 6e Conférence européenne des villes durables.

 

[4] Le jugement sera rendu fin mars 2010

 

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Protection sociale

Les ouvriers, premières victimes de la réforme des retraites

 

Par Mathieu Javaux, in Basta !, 28 janvier 2010

 

Il serait logique de retarder l’âge de départ à la retraite puisque l’espérance de vie augmente. Tel est l’ argument choc des partisans d’une réforme des retraites allant dans le sens d’un allongement de la durée des cotisations. Cet argument ne tient pas debout. L’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure à celle d’un cadre. Et si un cadre de 60 ans a de bonnes chances d’être en pleine forme pour profiter à loisir de son temps libre, son voisin ouvrier du même âge a, lui, une forte probabilité d’être confronté à de graves problèmes de santé.

 

Photo : © Collectif Item

 

« Dans un pays où l’espérance de vie s’accroît d’un trimestre chaque année, nous n’avons d’autre solution que de travailler plus longtemps », assène Xavier Darcos, ministre du Travail, devant les sénateurs le 12 janvier 2010. Le chemin est tracé : l’augmentation de l’âge de départ à la retraite sera au cœur de la réforme des retraites qui s’annonce. La remise du rapport du Conseil d’orientation des retraites, fin janvier, n’est qu’une formalité dans l’agenda. Problème : les « seniors » sont inégaux face à l’usure des années passées à travailler.

 

Une étude intitulée « La double-peine des ouvriers : plus d’années d’incapacité au sein d’une vie plus courte », publiée par l’Institut national des études démographiques (INED) en 2003, détaille ces différences d’espérances de vie en fonction des catégories socio professionnelles. Elle établit ainsi que l’espérance de vie chez les hommes (à 35 ans) entre un cadre et un ouvrier varie de 6 ans (respectivement 82 ans et 76 ans). L’espérance de vie est un indicateur important, mais il ne s’agit pas de la même vie pour un retraité de 70 ans qui joue au tennis et un autre du même âge qui n’est plus en mesure de se déplacer.

 

Travailler après 59 ans : difficile pour un ouvrier

 

Un ouvrier de 35 ans peut aujourd’hui espérer une « vie sans incapacité sensorielle ou physique » jusqu’à 59 ans. Une « vie sans incapacité », c’est pouvoir se déplacer normalement, ne pas connaître de gênes ou de maux de dos chroniques, ne pas subir de formes de surdité… Cette espérance est de 69 ans chez les cadres, soit dix ans de plus. Les inégalités sociales d’espérance de vie se doublent donc d’inégalités d’espérance de vie « sans incapacité ». Un élément essentiel pour toute réforme des retraites. Si, à 59 ans en moyenne, un ouvrier souffre de problèmes de santé, dans quelle mesure pourra-t-il continuer à exercer son activité professionnelle ? A moins de pouvoir partir à la retraite en renonçant à sa pension à taux plein…

 

Les incapacités sont de trois types : l’incapacité de type I correspond aux problèmes sensoriels et physiques, l’incapacité de type II à des difficultés dans les activités générales, et l’incapacité de type III renvoie à des difficultés dans les activités de soins personnels. Le différentiel entre cadres et ouvrier est donc de 10 ans pour les incapacités de type I (59 ans contre 69 ans). Elle est de 8 ans pour les incapacités de type II et de 7 ans pour le type III. Chez les femmes, les écarts sont de quatre à huit ans entre les ouvrières et les cadres. En partant à la retraite à 60 ans, un cadre peut espérer vivre 15 ans sans difficultés dans les activités générales (type II), alors que l’ouvrier ne peut espérer que 7 années de retraite dans ces conditions.

 

 

Le chômage à la place de la retraite ?

 

La question de la prise en compte de la pénibilité faisait partie des négociations de la réforme des retraites de 2003. Patronat et syndicats ont commencé à en discuter en 2005. Trois ans plus tard, les négociations sont rompues par le Medef qui refuse toute cotisation supplémentaire. Une année d’espérance de vie est évidemment inchiffrable, alors la compenser... Le gouvernement, qui menaçait de reprendre la main sur les négociations, a finalement réintégré la pénibilité dans les discussions générales sur le système de retraites en 2010… Sept années de gagnées pour certains, sept de perdues pour les salariés exerçant des métiers pénibles. « 2010 sera un rendez-vous capital. Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation, la pénibilité. Toutes les options seront examinées (...) Mais quand viendra le temps de la décision, à la mi 2010, je prendrai mes responsabilités », a promis Nicolas Sarkozy lors de son discours au Congrès le 22 juin 2009. Le président du pouvoir d’achat, celui qui irait chercher la croissance avec ses dents, n’oublie que rarement ses promesses de régressions sociales.

 

Au-delà des discussions sur les durées de cotisations (aujourd’hui 164 trimestres soit 41 annuités pour les salariés nés après 1952) pour bénéficier du taux plein, la cible du gouvernement semble bien être la retraite à 60 ans. Cette vieille revendication du mouvement ouvrier depuis le début du 20ème siècle est devenue un acquis social signé en février 1983, un mois avant le tournant de la rigueur.

En 2007, la DARES évalue le taux d’emploi des 55-59 ans en France à 55,4 %. On connaît la propension des entreprises à pousser les plus de 55 ans vers la sortie. Si l’âge de la retraite était repoussé à 62 ans (au hasard), le déficit des retraites viendrait en fait aggraver celui de l’Unedic : les pensions retraites seraient en grande partie transformées en indemnités Assedic ou en RSA pour tous les salariés de 60 à 62 ans considérés comme trop âgés par leurs employeurs.

 

Que dit la gauche ?

 

Si la droite sait où elle va, la gauche semble dramatiquement hésitante. Plusieurs sons de cloche ont résonné au Parti socialiste. Benoit Hamon, dirigeant de l’aile gauche du PS, réaffirme son attachement à la retraite à 60 ans. Il tient cette position indépendamment des négociations sur la pénibilité. Martine Aubry semblait au contraire prête à céder sur les 60 ans pour obtenir la prise en compte de la pénibilité, comme elle l’a affirmé lors du Grand Jury du 17 janvier. En début de semaine, elle a tenté de faire machine arrière. Le 26 janvier, le bureau national du PS a réaffirmé à l’unanimité son attachement au « maintien de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est à dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons ». Quant à conquérir de nouveaux droits...

 

Le Front de gauche reste pour sa part ferme sur la retraite à 60 ans. Les Verts semblent se réveiller sur ce sujet : « Il est aujourd’hui indispensable de reconnaître l’impact des métiers pénibles et des expositions professionnelles à trois facteurs de risque connus pour affecter l’espérance de vie et l’espérance de vie sans incapacité : le travail en horaires alternants (travail posté, travail en 3X8, ou en 4X8), les travaux exposant à des produits cancérogènes (l’amiante par exemple), et les manutentions et le port de charges lourdes », précisent-ils dans un communiqué le 20 janvier. En plus de la pénibilité, ils dénoncent les « niches sociales » qui privent l’assurance vieillesse de financement : exonérations des stock-options, de l’épargne salariale, des heures supplémentaires ou des cotisations sur les bas salaires. Les forces de gauche ne sont donc pas franchement en ordre de marche pour défendre l’un des acquis sociaux les plus emblématiques de 1981 (avec la cinquième semaine de congés payés et le passage aux 39h hebdomadaires).

 

Répartition ou capitalisation

 

Au sein du PS, les divergences opposant le courant de Benoît Hamon au reste du parti offrent enfin un clivage de fond, au-delà des éternelles querelles de personnes. Le débat est clairement posé entre ceux qui défendent cet acquis et ceux qui pourraient y renoncer. La victoire récente de ceux qui défendent le principe de la retraite à 60 ans est sans doute plus liée à la proximité des élections régionales qu’à un revirement des Manuel Valls ou Vincent Peillon qui semblaient déjà prêts à renoncer à cet acquis. Michel Rocard avait dès le lendemain du Grand Jury salué le "courage" de la Première secrétaire.... Sauf que la position de Martine Aubry ouvrait une porte de sortie au gouvernement : sous couvert de prise en considération de la pénibilité, le verrou des 60 ans pouvait sauter. Si la pénibilité est prise en compte, les classes sociales les plus pauvres, qui ont les métiers les plus pénibles, pourront peut-être partir à la retraite plus tôt. Mais pourront-ils alors espérer des pensions correctes ?

 

Évidemment non. C’est l’inverse qui se produira. Avec l’augmentation des trimestres de cotisations nécessaires, obtenir une retraite à taux plein sera quasiment impossible pour de nombreux cotisants, obligés de partir en retraite du fait de leur incapacité à travailler. Vu la faiblesse des pensions du régime de base, les salariés bénéficiant des plus faibles revenus auront comme unique alternative de travailler le plus tard possible pour obtenir une pension presque correcte. Ceux qui en auront les moyens bénéficieront - si les marchés financiers le veulent bien – de compléments de retraite. Le système de retraite par répartition sera officiellement préservé, mais c’est celui par capitalisation qui sera de fait favorisé, alimentant toujours plus la spéculation financière.

 

 

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Bientôt plus de chômeurs en fin de droits que de

chômeurs indemnisés

 

 

Le Lot en Action

 

Le Monde. 18 janvier 2010 par Rémi Barroux et Patrick Roger

 

 

 

Le Parti socialiste n'hésite pas à parler d'"un scandale social". Le Parti communiste en appelle au gouvernement pour faire face à "une situation d'urgence". Plus d'un million de demandeurs d'emploi devraient arriver, en 2010, en fin de droits. Un nombre supérieur aux 800 000 personnes en période "ordinaire".


A peine quatre de ces chômeurs sur dix devraient bénéficier de la solidarité nationale, par le biais de l'allocation spécifique de solidarité - ASS, un minimum social pour ceux qui ne bénéficient plus d'indemnisation chômage - ou du revenu de solidarité active (RSA), ex-RMI. Les autres n'ont droit à aucune aide.

 

"Le gouvernement n'a absolument pas pris la mesure de la crise", s'est insurgé Bruno Le Roux, député (PS) de Seine-Saint-Denis, mardi 12 janvier, dénonçant "l'absence totale de politique de l'emploi" de François Fillon. Le président du groupe PS de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dénonce "le grand silence des voeux présidentiels sur l'emploi". Les syndicalistes invités à l'Elysée, vendredi 15, ont déploré que le chef de l'Etat tourne trop vite la page de la crise et ne prenne pas la mesure du climat social.

 

En 2009, le nombre de chômeurs en fin de droits a déjà enregistré une hausse de 35,2 %. Il va continuer à croître car les premières victimes de la crise, ceux qui ont perdu leur emploi fin 2008, verront leurs indemnisations arriver à leur terme à la fin de l'année. Selon les parlementaires spécialistes du dossier, c'est une véritable "bombe sociale à retardement" qui est amorcée. "Le gouvernement a jusqu'à présent ignoré cette question", insiste M. Ayrault, s'indignant que, "pendant qu'on parle de l'identité nationale, on oublie tout le reste".

 

Lors de la séance de questions, mardi à l'Assemblée nationale, Gaëtan Gorce a interpellé le gouvernement. "Il importe de ne pas vous défausser sur les partenaires sociaux d'une négociation qui n'aboutira pas avant la fin de cette année et de prendre des mesures concrètes pour étendre le bénéfice de l'allocation spécifique de solidarité, en y consacrant les moyens nécessaires. Il y a des bonus pour les traders, nous demandons un bonus pour les chômeurs !", a réclamé le député de la Nièvre. "C'est un sujet qui relève essentiellement de la négociation entre partenaires sociaux", lui a répondu le secrétaire d'Etat chargé du commerce, Hervé Novelli, tout en assurant que "le gouvernement prendra ses responsabilités".

 

Deux jours plus tard, au Sénat, Isabelle Pasquet (PCF, Bouches-du-Rhône) a demandé au gouvernement "d'agir pour ces personnes pour lesquelles il ne s'agit même plus de pouvoir d'achat mais de capacité de survivre". La sénatrice s'est attiré une réponse identique.

Le PS demande de "prolonger de six mois, dans cette situation exceptionnelle, la durée d'indemnisation". Le PCF, dans une lettre ouverte au président de la République, réclame que soit adoptée "une allocation de solidarité exceptionnelle qui prolongerait leurs droits pour une année".

 

Le gouvernement et les partenaires sociaux qui gèrent l'assurance-chômage se renvoient la balle. A l'Elysée, on rappelle que "dans "fin de droits", il y a "droits", et que c'est d'abord aux partenaires sociaux de modifier les règles de l'assurance-chômage". Une solution que ne goûte guère le Medef, dont le représentant, Geoffroy Roux de Bézieux, préside l'Unedic. "On a signé une convention entre partenaires sociaux qui règle les durées d'indemnisation en janvier 2009, explique-t-il. C'est difficile de changer les choses en cours." Pour le représentant du Medef, "c'est à l'Etat de prendre le relais après les 24 ou 36 mois d'indemnisation conventionnels".

 

Les syndicats veulent une solution rapide. "Soyons responsables, confie Stéphane Lardy de FO, et arrêtons de jouer au ping-pong entre partenaires sociaux et gouvernement sur le dos des chômeurs."

 

Prolonger d'un à trois mois l'indemnisation pour les partenaires sociaux, et, pour le gouvernement, ouvrir les conditions d'accès pour permettre à plus de personnes de bénéficier de l'ASS sont les deux principales pistes pour déminer le terrain.

 

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Retraites : l'extrême-gauche tire à boulets rouges sur Aubry

 


PCF, Parti de Gauche, NPA, Lutte ouvrière... Tous montent au créneau depuis que la patronne du PS s'est dite ouverte à un débat sur les retraites.

 

Martine Aubry (Sipa)

Martine Aubry (Sipa)

Le "PS capitule", accuse le PCF. Il "tire une balle dans le pied" de la gauche, tempête le Parti de Gauche. "On n'organisera pas la reconquête politique sur la défaite sociale", prévient le NPA. "Le PS et la droite sont sur la même longueur d'ondes", fustige Lutte ouvrière… A l'extrême gauche, on ne décolère pas depuis que Martine Aubry s'est déclarée, dimanche, ouverte à un débat sur l'âge légal de la retraite. A droite, en revanche, on est ravi. François Fillon s'est ainsi "réjoui", mercredi 20 janvier, de la position exprimée par la patronne du PS en la matière. Quant aux Verts, ils nagent entre deux eaux : s'ils défendent les 60 ans, ils estiment néanmoins que l'allongement de la durée du travail est "inéluctable". Ils ne considèrent toutefois "pas envisageable d'aborder le report de l'âge à la retraite" sans avoir d'abord abouti sur "la prise en compte de la pénibilité et la souffrance au travail".

Capitulation


"Le PS capitule. Je considère que l'on peut sauver notre système de répartition. Encore faut-il avoir le courage de dire que l'on va taper dans le dur et taper dans le dur c'est une nouvelle assiette de cotisation", a estimé mercredi le porte-parole des députés communistes et apparentés, Roland Muzeau dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "Nous proposons un autre (compromis) que celui qu'annonce Martine Aubry", a-t-il poursuivi, en énonçant plusieurs pistes : "bouleverser les règles de financement des retraites", taxer "les produits financiers" et "interdire les licenciements car nous avons". "Le Medef a fait capituler les négociations sur la pénibilité. Le gouvernement n'a pas légiféré. Ce n'est pas parce que l'on doit satisfaire la revendication sur les métiers pénibles que l'on doit saborder le droit de la retraite à 60 ans", a-t-il souligné.
Le PS "dit amen à Sarkozy", a jugé pour sa part le député PCF Maxime Gremetz, en rappelant que "François Mitterrand a ramené l'âge de la retraite de 65 ans à 60 ans. C'est un désaveu de toute la politique de 1981 mise en oeuvre par les dirigeants actuels du PS".
"C'est renoncer à gauche à une réforme juste et efficace" des retraites, a également déploré Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Il faut se ressaisir !", a-t-il lancé, dénonçant "une sortie irresponsable" et "totalement désespérante pour l'électorat de gauche". Pour le PCF, "ce n'est pas la meilleure façon d'amorcer le débat à gauche que d'accompagner la droite et le Medef" sur cette question.

Une balle dans le pied


Du côté de Jean-Luc Mélenchon, la colère n'est pas moins palpable. "Quelles que soient ses intentions, Martine Aubry a porté un mauvais coup au mouvement social et donc à toute la gauche. Elle nous a tiré une balle dans le pied", a écrit le chef de file du Parti de Gauche sur son blog.
"Il est désastreux, quand on est partisan comme elle de la négociation avec les syndicats comme méthode de régulation sociale, d'agir comme elle le fait. Car avant que la discussion commence, Martine Aubry donne à voir un 'front des politiques' qui isole toute résistance sociale face à (Nicolas) Sarkozy", a poursuivi l'ancien sénateur PS.
"Commencer une négociation en annonçant qu'on est d'accord avec l'objectif de la partie adverse est désastreux pour le rapport de force syndical", a-t-il fait valoir, faisant toutefois à la patronne du PS "le crédit de croire qu'elle ne le voulait pas". "Mais après tout est-elle aussi naïve que cela ?", s'est-il interrogé, avant de conclure : "c'est peut-être moi qui le suis à son sujet".

Sus au capital


Au NPA, "on défend à fond les 60 ans" et "le retour aux 37,5 annuités pour tous", contre 41 ans qui sera la durée de cotisation nécessaire à partir de 2012 pour une retraite à taux plein, lance Pierre-François Grond. Les propos de Martine Aubry sont un "très mauvais signe" et "on n'organisera pas la reconquête politique sur la défaite sociale", poursuit ce proche d'Olivier Besancenot, qui appelle à "la riposte sociale contre Sarkozy et le Medef".
Du côté de Lutte ouvrière, la charge n'est pas moins violente. Martine Aubry montre que "le PS et la droite sont sur la même longueur d'ondes", fustige Nathalie Arthaud, dénonçant un "tabou au PS" : "prendre l'argent sur les bénéfices du capital pour assurer des retraites correctes".

 

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Interruption de la grève de la faim à EDF et GDF-Suez

 


Communiqué SUD Energie

 

Paris, le 1er janvier 2010

Au 18ème jour de grève de la faim, Yann COCHIN a dû être hospitalisé en urgence, son état de santé s’étant brutalement dégradé. Devant les risques encourus, la Fédération SUD Energie a demandé aux deux grévistes de la faim de se réalimenter.

Jusqu’à présent, malgré l’évidence du caractère injuste du licenciement, malgré la position des salariés et de l’ensemble syndicats des agences concernées, du mouvement politique (PS, Verts, Parti de Gauche, NPA, Gauche Unitaire, Alternatifs), syndical et associatif, la direction de GrDF comme celle de GDF-Suez refuse toujours de rouvrir le dossier et d’entamer de véritables négociations.

Après avoir « hérité » d’une entreprise publique, ces directions pensent n’avoir de comptes à rendre ni aux salariés, ni aux représentants des citoyens. Comme après les grèves du printemps dernier, elles n’entendent rien.

Elles se cantonnent à proposer des mesures d’accompagnement dérisoires et renvoient vers les recours internes et externes. Or le recours interne consiste en un réexamen du dossier par une commission dont la décision appartient au final aux dirigeants qui ont procédé au licenciement.

Quant aux recours externes (les Prud’hommes), ils retournent la charge de la preuve sur le salarié et engagent une procédure longue (souvent plusieurs années), qui ne résout pas la situation immédiate de Nordine.

Néanmoins, nous engagerons l’ensemble des démarches et recours juridiques pour démontrer l’injustice qui est faite à Nordine, et mettre en évidence les différents délits dont s’est rendue coupable la direction de GrDF (délit d’entrave à l’exercice syndical, harcèlement envers Nordine, mise en danger de sa vie …).

Par ailleurs, la grève de la faim de Yann Cochin et René-Michel Millambourg autour du cas emblématique de Nordine et de la vague de sanctions ayant fait suite au mouvement social du printemps dernier à EDF et GDF-Suez, a permis de mettre en lumière les pratiques managériales en vigueur dans ces entreprises, pratiques bien différentes de l’image sociale qu’elles se donnent, et bien proches de celles d’une entreprise « jumelle » - France-Télécom.

Le large soutien politique, syndical et associatif suscité par ce mouvement, la participation de militants d’autres entreprises subissant les mêmes attaques, montrent que l’atteinte aux libertés syndicales et au droit de grève devient une question majeure, à traiter d’urgence.

La grève de la faim se termine, mais l’action va se poursuivre sous d’autres formes, à partir de cette solidarité politiques et citoyenne qui a accompagné la lutte des dernières semaines et qui continue à croître : mobilisations, campagnes d’information, interpellation des directions de GDF-Suez par les élus…

 

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Huitième jour de grève de la faim à GRDF rue Pétrelle


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Les trois responsables du syndicat SUD-Energie ont décidé de poursuivre leur grève de la faim, lundi 21 décembre, dans les locaux GRDF de la rue Pétrelle (Paris 9e). Deux d’entre-eux ne se sont pas alimentés depuis huit jours. La direction refuse toujours de réintégrer Nordine Mahroug.

 

Le bras de fer continue, rue Pétrelle (Paris 9e). Une réunion entre le syndicat SUD-Energie et la direction de l’établissement GRDF a abouti à un échec, lundi 21 décembre. SUD réclame la réintégration de Nordine Mahroug, renvoyé le 15 décembre, mais la direction se limite toujours à des mesures d’accompagnement du licenciement. Avec douze ans d’ancienneté, ce père de deux enfants ne devra donc quitter son logement – dont la location dépend de son statut de salarié de l’entreprise – que le 15 mars. Ce qui correspond de toute façon à la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives… D’ici là, il devra payer son loyer au prix fort. Son licenciement, pour «faute professionnelle», fait suite, selon les syndicats, à son implication dans le mouvement de grève du printemps dernier. Les procédures disciplinaires, allant de la rétrogradation au licenciement, pleuvent et touchent actuellement près de 240 agents.

 

Les trois grévistes de la faim, responsables du syndicat SUD-Energie, réclamant la réintégration de Nordine mais également la fin des sanctions, poursuivent donc leur mouvement. René-Michel Millambourg, contraint de rester à l’extérieur du bâtiment, et Yann Cochin en sont à leur huitième jour ; Pascal Chemin à son cinquième. Nordine Mahroug, qui a dû se réalimenter la semaine dernière pour des raisons médicales, reste à leurs côtés, dans le local syndical de l’établissement, transformé en camp retranché depuis que la direction en a interdit l’accès «à toute personne extérieure à l’entreprise». A tel point que les responsables de SUD-Energie chargés de négocier avec la direction, Anne Debregeas et René-Michel Millambourg lui-même, n’ont pu y accéder ce lundi matin (voir la vidéo). Et de faire un constat d’huissier dans la foulée pour «délit d’entrave».

 

Car, faute de déblocage, la voie judiciaire pourrait s’imposer. La direction a dégainé la première, en rédigeant une mise en demeure dès le vendredi 18 décembre, sommant de mettre fin à cette occupation «non autorisée, abusive et en conséquence illicite du local syndical», sous peine d’action en justice pour obtenir l’évacuation. «La grève de la faim est externe à l’entreprise», assure-t-on du côté de GRDF, tout en assurant rester dans une «phase de dialogue». Mais signe que la pression s’accentue, un vigile empêche désormais les grévistes d’accéder aux douches. SUD appelle à un rassemblement devant les locaux de GRDF jeudi 24 décembre à 11h30. Joyeux Noël.

 

Mathieu Schmitt, le 22 décembre

L’UL-CGT de Chinon solidaire des syndicalistes iraniens de l’usine de raffinage de sucre de Haft Tapeh

 

HNS-Info mardi 22 décembre 2009


Motion adoptée par l’Union Locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire, France) en solidarité contre la répression des militants ouvriers en Iran.

 

Pour la défense des syndicalistes ouvriers persécutés en Iran par la république islamique

 

L’assemblée des militants syndicaux de l’Union locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire – France), réunie le 10 novembre 2009, ayant pris connaissance des faits suivants :

 

1) La condamnation, le 12 octobre 2009, par un tribunal de la république islamique d’Iran de six dirigeants du syndicat indépendant de l’immense plantation/usine de raffinage de sucre de Haft Tapeh dans le sud de l’Iran, à des peines de prison. L’accusation fait état de « mise en danger de la sécurité nationale » alors que le seul crime de ces militants a été de mener une grève pour réclamer des arriérés de salaires conséquents et protester contre la détérioration de leurs conditions de travail.

« Le régime est clairement déterminé à écraser le syndicat en mettant tout son exécutif derrière les barreaux », écrit l’UITA, la fédération syndicale internationale des travailleurs de l’alimentation ;

 

2) La situation alarmante dans laquelle se trouve le dirigeant syndical iranien très populaire Mansour Ossanlou, du syndicat indépendant (8 000 membres) des 17 000 travailleurs de Vahed, l’entreprise de transports par bus de Téhéran, militant condamné en 2007 à cinq ans de prison, et dont la santé a décliné dangereusement dans la dernière période. Mansour Ossanlou est privé des soins médicaux appropriés et continue à subir de mauvais traitements de la part des autorités carcérales ;

 

3) Le maintien en prison de dizaines de militants syndicaux iraniens et de travailleurs pour avoir participé, tant aux manifestations du 1er mai 2009 très durement réprimées par le régime, qu’aux démonstrations de rue qui n’ont pas cessé depuis le 12 juin, tout au long de l’été et de l’automne 2009, contre le régime fasciste qui gouverne ce pays depuis bientôt 30 ans.

 

4) Plus généralement, de la répression très dure exercée par le gouvernement islamique contre toute lutte syndicale menée par une organisation indépendante, contre les militants syndicaux et les travailleurs en Iran et qui s’accompagnent de jugements iniques, de peines d’emprisonnement, de tortures, flagellations et maltraitances de toutes sortes, y compris contre les femmes syndicalistes et travailleuses en général.

Informée de cette situation inadmissible condamnée par toutes les instances syndicales mondiales, l’union locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire, France) :

 

-  s’élève contre ces pratiques indignes des peuples vivant sur le sol de l’Iran et qui révulsent l’humanité tout entière et particulièrement la classe ouvrière de tous les pays ;

 

-  dénonce la répression systématique qui frappe l’ensemble du mouvement ouvrier en Iran, les travailleurs et même les femmes et les enfants engagés dans la lutte, comme lors des manifestations du 1er mai 2009 à Téhéran ;

 

-  salue le courage et la détermination des militants syndicaux iraniens qui, au péril de leur vie, luttent pour un syndicalisme indépendant du régime obscurantiste et réactionnaire iranien actuel qui n’admet que l’existence de pseudo « syndicats islamiques » étroitement contrôlés par les autorités ;

 

-  proteste contre les simulacres de « jugements » de nombreux syndicalistes qui ne font qu’exercer un droit démocratique reconnu par toutes les nations civilisées ;

 

-  exige la libération immédiate de tous les militants syndicalistes, des travailleurs, des femmes et des enfants emprisonnés, torturés et maltraités par un régime qui viole les droits humains fondamentaux depuis trente ans ;

 

-  soutient la lutte des travailleurs iraniens pour arracher les libertés démocratiques fondamentales dont le droit à l’organisation de syndicats ouvriers indépendants ;

 

-  émet le vœu que tous les travailleurs de France et les organisations ouvrières engagent une large campagne permanente jusqu’à ce que soient sauvés nos camarades iraniens menacés du pire ;

 

-  appelle le 49e congrès de notre Confédération Générale du Travail qui doit se tenir à Nantes début décembre, à lancer une campagne en France et à l’échelle internationale pour la défense des syndicalistes et des travailleurs persécutés par la république islamique.

 

Après une large discussion sur ces questions, l’Union locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire) a adopté cette résolution.

 

Fait à Chinon, le 10 novembre 2009

 

 

 

BELLACIAO - L'UL-CGT de Chinon solidaire des syndicalistes ...

L'UL-CGT de Chinon solidaire des syndicalistes iraniens de l'usine de raffinage de sucre de Haft Tapeh mercredi 23 décembre 2009 (07h05). L'UL-CGT de Chinon ...

bellaciao.org/fr/spip.php?article96020 - Il y a 10 heures

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Mal-logement : pression pour que l'Etat réquisitionne les habitations vides


LEMONDE.FR avec AFP | 22.12.09 |

 

Des responsables et militants des collectifs de défense de personnes mal logées ont réclamé, mardi 22 décembre, la réquisition de logements vacants en tentant, en vain, de déposer à l'Elysée une liste de vingt immeubles parisiens vides. Cette liste, dressée par Jeudi Noir, Droit au logement (DAL), le Collectif pour l'avenir des foyers et le Comité des sans-logis, recense vingt immeubles "totalement ou partiellement vacants depuis un à 10 ans", propriétés de bailleurs privés ou publics, dans une quinzaine d'arrondissements. Selon ces collectifs, leur réquisition pourrait permettre de loger plusieurs centaines de personnes, sur des milliers de mètres carrés.

 

La réquisition est "un travail qui devrait être fait par le préfet, mais il ne bouge pas, donc aujourd'hui on monte un cran plus haut", a expliqué Lionel Primault, de Jeudi noir. Accompagnés de l'actrice Josiane Balasko, du leader du NPA, Olivier Besancenot, d'Augustin Legrand (Les Enfants de Don Quichotte), candidat aux régionales en Ile-de-France pour Europe-Ecologie, et de Mgr Gaillot, une vingtaine de responsables et militants se sont rassemblés mardi matin rue de Miromesnil, tout près de l'Elysée, pour aller y déposer la liste, mais ils ont été stoppés à trois cents mètres du palais présidentiel par des CRS qui les ont invités à l'envoyer par courrier.

 

NON-RESPECT DU DALO

 

Le porte-parole du DAL, Jean-Baptiste Eyraud, a protesté contre "cette méthode", et estimé qu'appliquer la loi de réquisition de 1945 permettrait de "loger des milliers de personnes en France". "La crise du logement nécessite de prendre des mesures exceptionnelles ; la loi de réquisition en est une. Elle pourrait régler un certain nombre de problèmes. Pas tous, mais un certain nombre", a-t-il estimé.

 

"En refusant de les recevoir", ont ajouté les Verts dans un communiqué, "l'Elysée a démontré son indifférence au sort des sans-abri et des mal-logés. L'Etat refuse d'appliquer la loi de réquisition, et ignore celle du DALO", le droit au logement opposable, qui oblige l'Etat à donner suite à des demandes de logement social jugées prioritaires. Rien qu'à Paris, selon Europe Ecologie, "on compte près de 122 000 logement inoccupés". Parmi les mesures proposées par les écologistes figurent le doublement du budget logement au conseil régional, en le faisant passer de 4 à 8 %, et l'arrêt de la spéculation foncière qui "alimente le mal-logement".

 

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CGT : contestations

 

NPA 09/12/2009

 

Le 49e congrès CGT s’est ouvert dans un climat d’interrogations profondes. Ce mardi soir, seul le bilan d’activités a été débattu: le nombre des voix Contre est passé, depuis le 48e congrès, de 16,8% à 22,7%. Mais ces chiffres ne reflètent qu’imparfaitement le malaise.

 

Bernard Thibault s’est efforcé de répondre aux interpellations. Il a voulu faire de la grève des 6000 sans papiers le symbole d’une CGT de lutte, et d’un premier «engagement» du congrès. Il a continué en revendiquant une organisation où les «opinions contradictoires ont droit de cité». Mais la suite manquait totalement de perspectives.

 

Plus de la moitié des interventions avaient une tonalité critique, soulignant un «décalage entre dirigeants et attentes sur le terrain». La Haute-Loire a défendu la nécessité de revendications salariales générales (200 euros, comme en Guadeloupe). Jean-Pierre Delannoy, qui présente sa candidature en alternative à celle de Thibault, appelle la CGT à «sortir de la démarche institutionnelle» et à redevenir un outil de lutte, même si « la grève générale ne se décrète pas», elle se construit. Il est très applaudi lorsqu’il propose des objectifs d’action «clairs et précis: 300 euros, arrêt de tous les licenciements, retour aux 37,5 annuités, renationalisation des services publics».

 

Bien d’autres prises de parole reflètent des préoccupations convergentes, comme cette déléguée STX (Saint-Nazaire), s’inquiétant que la CGT «n'utilise pas le rapport des forces». Elle est d’accord pour l’unité, mais «à condition de rendre publiques les propositions» CGT. Gérard (chimie), s’étonne que tout n’ait pas été fait pour la «jonction des luttes», ou que la CGT fasse la «fine bouche» lorsque les luttes contre les licenciements débouchent sur les primes.

 

D’autres expriment l’exigence d’une «continuité du salaire et du contrat de travail», une façon «d'interdire les licenciements». Jo (organismes sociaux), s’interroge sur la stratégie car «nous n*favons pas su nous donner une perspective globale» Il demande une «résolution d'actualité» pour la défense des retraites. Et conclut: «Osons camarades!».

 

Le délégué des Molex soulève l’enthousiasme en évoquant leur lutte mais surtout en réclamant que la CGT toute entière s’engage dans la lutte contre les licenciements et pour la solidarité inconditionnelle avec ceux qui subissent la répression.

 

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POSTE ET EDUCATION : le 24, une étape importante ! 


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L’enjeu du 24 novembre où sont prévues deux grèves parallèles, à la Poste et dans l’Education, sera d’encourager, au-delà du refus de la casse des services publics, un mécontentement largement partagé et de faire entendre le besoin d’un mouvement d’ensemble.

 

A la Poste, les salariés sont appelés par cinq fédérations CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC à faire grève le 24 novembre et à manifester le 28 novembre, avec les usagers mobilisés dans les collectifs contre la privatisation. Dans l’Education, la FSU a programmé ce même 24 novembre une grève nationale avec manifestations au moment où aura été voté le budget 2010 qui prévoit la suppression de 16000 postes dans le secteur.

 

Ce sera la première fois, depuis la rentrée, que pourra s’exprimer à une échelle un tant soit peu large, le mécontentement du monde du travail. Car au-delà de la privatisation en cours de La Poste ou de celle à venir de l’Education nationale, c’est bien l’ensemble de la politique du patronat et du gouvernement qui est à combattre.

 

Une politique dont le seul objectif est de permettre àune minoritéde gros actionnaires qui ont fait main basse sur l’économie d’augmenter leurs bénéfices, d’attribuer des centaines de millions d’euros aux PDG et aux traders, de rançonner les finances publiques avec l’aide du gouvernement.

Pour le patronat et les plus riches, les mille et une manières d’abaisser leurs impôts, d’exonérer les cotisations sociales, de toucher les subventions publiques.

 

Pour ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail, les licenciements, la précarité, les contrôles humiliants de leurs revenus pour prétendre aux maigres ressources du RSA, la hausse des impôts locaux et du forfait hospitalier, la baisse ou la suppression des remboursements des médicaments, les menaces contre les retraites et les attaques à venir au nom de la lutte contre les déficits.

 

Salariés en lutte contre les licenciements et les fermetures d’usines, travailleurs sans papier en grève pour leur régularisation, grève des postiers, participation massive au referendum contre la privatisation de la poste, tout montre que ce n’est pas l’envie de se mobiliser qui manque quand l’occasion en est donnée mais bien une perspective de lutte sérieuse et de mouvement d’ensemble.

 

Au début de l’année, le 29 janvier et le 19 mars, des millions de travailleurs avaient fait grève et manifesté, avec l’espoir que s’ouvre une telle perspective. Mais les directions des grandes confédérations syndicales, parce qu’elles se sont depuis longtemps laissé piéger par la politique de «dialogue social» du gouvernement, ont étouffé toute possibilité de donner une suite à ces journées. Prisonnières de leurs engagements, de la concertation autour de la «politique industrielle» de Sarkozy comme de toutes les réformes libérales en cours dont celle de l’Education, elles n’ont rien organisé depuis la rentrée qui puisse permettre l’expression du rejet de la politique du gouvernement.

 

Il est pourtant massif si on en juge tant par la cote de popularité de Sarkozy que par les dissensions qui, dans sa propre majorité, expriment la crainte des parlementaires de subir le discrédit du gouvernement.

 

Alors, àla poste et dans les établissements scolaires et universitaires, qu’on soit enseignant, lycéen ou étudiant, saisissons-nous de cette journée d’action pour exprimer avec le plus de force possible la colère du monde du travail contre ce gouvernement dont toute l’action vise à satisfaire l’avidité d’une minorité richissime au prix non seulement de la destruction des services publics mais de la régression de toute la société.

 

Galia Trépère

 

"Comment les Chinois exploitent les ouvriers algériens"

 

Salaire de misère, licenciement abusif, insultes…

Les ouvriers algériens des chantiers chinois de l’autoroute Est-Ouest dénoncent la façon dont ils sont exploités. Entre semi-connivence des autorités et impuissance des syndicats, les nouvelles victimes du système chinois racontent.


« Les Français ont piétiné vos droits pendant 130 ans, ce n’est pas aux Chinois de vous les accorder aujourd’hui ! » Dans l’enceinte du chantier chinois CITIC CRCC, de l’autoroute Est-Ouest, sur le tronçon reliant Adjiba à El Bibane (Bouira), la direction ne prend pas de gants pour parler à ses ouvriers. Tous Algériens. C’est en ces termes que s’est tout en cas adressé un responsable chinois à un membre du syndicat venu réclamer que les droits des travailleurs soient respectés. Depuis deux ans, date du lancement du chantier, les huit cents ouvriers algériens embauchés par cette entreprise ne cessent de crier au scandale. Les raisons sont multiples et les accusations sont graves. Mépris, exploitation, insultes en tout genre, conditions de travail quasi insupportables, salaire de misère, licenciement abusif… caractérisent leur quotidien. Après des appels de détresse aux autorités locales, qu’ils accusent, par ailleurs, de complicité avec les Chinois, les travailleurs ont décidé de saisir le président de la République, dans une lettre ouverte envoyée il y plus d’un mois. Pour l’instant, ils n’ont aucune réponse. Pour le porte-parole de ce syndicat, Djamel Kaci, « le mutisme des Chinois et les pénibles conditions de travail nous ont amenés à protester, cet été, en fermant la route qui mène au chantier et en brûlant des pneus. Nous avons ainsi paralysé le chantier pendant huit jours ». Cette action leur a valu des poursuites judiciaires, toujours en cours, et « un harcèlement de la part des Chinois qui nous ont accusés d’être les instigateurs des émeutes et ont amadoué quelques uns des militants ». La lutte de ce syndicat, considérée au départ comme illégale par les Chinois et par les autorités locales, a conduit les ouvriers à créer une section syndicale au sein de l’UGTA de Bouira. « Car la création d’un syndicat autonome nécessite du temps. La délivrance de l’agrément peut prendre des années ! », confie, sourire au coin des lèvres, Djamel Kaci. Rencontrés dans un café à Ahnif, à 80 km à l’est de Bouira, les ouvriers sont venus jusqu’à nous, pour témoigner du mauvais traitement des Chinois à leur égard. Azziz, 32 ans, agent de garde, est aujourd’hui contraint de marcher avec des béquilles. « Un soir, je faisais une tournée d’inspection comme d’habitude, à l’aide d’une lampe électrique. Soudain, je suis tombé dans un ravin. J’y ai passé toute la nuit, seul. J’avais tellement mal que je ne pouvais pas me lever. J’ai attendu le matin que des collègues me transportent à l’hôpital. » Et de poursuivre : « Les Chinois étaient là, au bord du ravin, en train de rigoler, sans me prêter assistance. »

 

Heures sup’

 

Les témoignages sur les déboires des ouvriers se succèdent, certains plus tragiques que d’autres. Rabah, 25 ans, ouvrier dans ce chantier depuis les débuts, est en arrêt maladie depuis cinq mois. « Je travaillais comme d’habitude quand tout d’un coup, une machine de plus de 5 tonnes m’est tombée sur le pied, raconte-t-il. J’ai été embarqué par les Chinois une heure après, à l’arrière d’une camionnette de service, comme du bétail. J’ai ensuite été livré à moi-même, contraint d’appeler ma famille pour me venir en aide. » L’histoire de Rachid, père de famille, est plus grave encore. Aujourd’hui presque paralysé, cloué au lit, il raconte : « Un jour en plein travail, un engin a pulvérisé mes jambes. Mes os se sont alors émiettés comme de la poudre. » Un de ses collègues, les larmes aux yeux, témoigne : « Les quelques Chinois qui ont assisté à la scène riaient à s’étouffer et le traitaient de tous les noms. » Rachid vit aujourd’hui grâce à l’aide de ses ex-collègues, qui chaque mois, organisent une collecte d’argent pour lui. Face à ces accusations de non assistance à personne en danger, nous avons tenté d’approcher les responsables du chantier CITIC CRCC. Dans un français approximatif, l’employé chargé de filtrer les demandes, nous renvoie vers l’Agence nationale des autoroutes. Un responsable de l’ANA a bien souhaité nous recevoir, tout en nous expliquant qu’il n’était pas habilité à s’exprimer sur le sujet. Logique, d’autant que l’agence n’est pas responsable des ouvriers. Interrogé sur les agissements des Chinois, il n’a pas souhaité s’exprimer, arguant ne pas être au courant.Sur leurs conditions de travail, les ouvriers algériens sont pourtant intarissables. « Lamentables », clament-ils tous d’une seule voix. « Sans casque de protection, ni chaussures spéciales, notre seule tenue de travail est une combinaison bleue, explique l’un d’entre eux. Vous imaginez le risque que nous prenons en travaillant dans ce chantier ? Et les Chinois ne veulent rien entendre ! De plus, nous n’avons même pas de prime de risque ! » « Nous sommes payés 12 000 DA par mois, conteste de son coté Akli, alors que les Chinois sont payé cinq ou six fois plus que nous à ne rien faire ! » Pire : selon les formulaires de pointage écrits en chinois que nous nous sommes procurés, les heures de travail quotidiennes sont chaque jour… prolongées de huit heures ! « Un jour j’ai essayé de protester contre cette nouvelle forme d’esclavagisme, confie Kamel. En guise de réponse, les Chinois m’ont tabassé. Quelques jours après, j’ai été renvoyé ». D’après les ouvriers du chantier CITIC CRCC, les Algériens seraient exposés aux même conditions de travail sur les autres chantiers confiés aux Chinois dans la région, à l’instar de Hamma El Bibane et El Yachir. Tous savent à quoi s’en tenir sur l’aide que les autorités locales seraient censées leur apporter. « Nos ouvriers font désormais face à deux administrations : algérienne d’un coté et chinoise de l’autre, commente un ouvrier. Le projet de l’autoroute Est-Ouest est la consécration de l’amitié sino-algérienne… comme l’atteste ce panneau publicitaire érigé à l’entrée de la nouvelle autoroute de Rouiba… »



Par Zouheir Aït Mouhoub in El Watan

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Répression à l’inspection du travail

 

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Dans la lignée de sa politique de casse du droit du travail, le ministère s’en prend aux agents de l’inspection qui refusent de se muer en relais du gouvernement des patrons.

Les contrôleurs et inspecteurs du travail, chargés de contrôler l’application du droit du travail dans les entreprises, font l’objet d’une répression sans précédent par leur hiérarchie, qui s’attaque à leur rémunération. À Paris notamment, la moitié d’entre eux ont reçu fin octobre une lettre les informant de la baisse de leurs primes. En juin, une partie du remboursement des frais de déplacement leur avait déjà été supprimée. Par leur ampleur, ces sanctions pécuniaires n’ont pas d’autre finalité que de briser l’actuel mouvement de contestation des orientations politiques du contrôle du droit du travail.


À travers une « politique travail » définie par le gouvernement, l’inspection du travail tend en effet à être instrumentalisée. Son activité est orientée d’une part vers des domaines sur lesquels le patronat peut, du fait des insuffisances de la réglementation (amiante, produits chimiques, souffrance au travail), reporter sa responsabilité pénale sur l’État, lequel la renvoie sur ses agents, et d’autre part vers des objectifs répondant davantage à des impératifs de conseil aux entreprises et de régulation de la concurrence que de protection des droits des travailleurs. Dans le prolongement de cette politique, la réforme de l’État (RGPP) intègre l’inspection du travail dans une « direction régionale de l’entreprise » conçue comme guichet unique au service des employeurs.


Au sein de l’inspection du travail, cette politique est déclinée par la fixation bureaucratique d’objectifs individuels chiffrés par domaine de contrôle prioritaire, associée à un outil statistique de compte rendu d’activité qui n’est en réalité qu’un outil de flicage. Elle oblige les agents de contrôle à orienter leur activité sans lien avec la demande sociale qu’ils reçoivent, et incite à leur mise en concurrence au travers de l’évaluation individuelle des résultats. Ces changements sont fortement contestés et entraînent diverses actions de désobéissance (boycott de réunions de service, d’entretiens d’évaluation, de remontées statistiques) qui souffrent cependant de l’absence de structuration et du manque de perspective donnée par les syndicats.


Or, le succès de la politique travail suppose la mise au pas des agents de contrôle et la destruction de toute forme de contestation. Elle peut compter sur une hiérarchie, pourtant issue de l’inspection du travail même, particulièrement zélée qui, lorsqu’elle ne parvient pas à soumettre les agents, met en œuvre des pratiques dignes du patronat le plus vil (menaces constantes, dénigrement des syndicats, sanctions aveugles et systématiques). Ce climat accroît le malaise d’une profession aux moyens déjà dérisoires.


Cette politique vise à couper le lien entre l’inspection du travail et les travailleurs et à la détourner de leurs préoccupations. Elle doit être combattue sans réserve, autant par les agents de contrôle que par les travailleurs, car elle s’intègre aux attaques contre un droit du travail de moins en moins protecteur, permises par la dégradation du rapport de forces, et s’appuie sur la quasi-impunité de la délinquance patronale.


Mais cela ne suffira pas. Parce que c’est par le droit du travail que s’organisent juridiquement les rapports d’exploitation, seuls le renversement du rapport de forces à l’échelle de la société et la remise en cause de la propriété privée des moyens de production permettront l’émergence de règles réellement protectrices et le contrôle de leur effectivité.


Le comité inspection du travail - emploi Île-de-France

 

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Philips Dreux :

aux côtés des salariés

 

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Des militants de nombreuses entreprises en lutte se sont retrouvés à Champhol pour une journée de solidarité à l’appel de la CGT du site.

Samedi 14 novembre, des travailleurs de Continental, de Molex, de Ford, de Freescale, de Renault, de Radio France, des travailleurs sans papiers, de Solidaires en inconditionnels de la solidarité ouvrière se sont retrouvés à Champhol (Eure-et-Loir) pour répondre à l’appel du syndicat CGT Philips EGP Dreux, afin de soutenir les Philips dans leur difficile combat pour le maintien de leurs emplois.


Malheureusement, on n’en dira pas autant des responsables des structures syndicales de la CGT : unions locale et départementale, union des syndicats des travailleurs de la métallurgie et fédération de la métallurgie brillaient tous par leur absence.


Car, à quelques kilomètres de la cathédrale de Chartres la rentabilisation motivée par la chasse aux profits n’a pas attendu la « crise » pour détruire des milliers d’emplois. Rien que pour Philips, on est passé de 4 000 emplois sur les trois sites de la région au début des années 2000 à moins de 300 aujourd’hui à EGP Philips Dreux, avec la perspective d’une fermeture complète dans les mois qui viennent.


Et ce n’est pas faute d’une défense acharnée pour le maintien de ces sites par les salariés. Depuis des années, grèves, mobilisations régionales, batailles juridiques... tout a été tenté pour bloquer la machine destructrice d’emplois. Malgré la défaillance des autres syndicats de l’entreprise, la CGT s’est battue sans relâche pour la mobilisation massive des salariés de Philips. Car comme partout, derrière ces emplois directs supprimés, ce sont des milliers d’autres qui ont été liquidés avec l’installation dans le chômage et la misère de milliers de familles.


Et pendant ce temps-là, le groupe Philips annonce un bénéfice record au 3e trimestre 2009 de 176 millions d’euros soit trois fois celui du 3e trimestre 2008. Quant au bénéfice d’exploitation, ce dernier a été multiplié par six et s’élève à 344 millions d’euros. Avec onze semaines de grève en 2008, salariés et militants se retrouvent dos au mur. Après avoir dans un premier temps gagné le paiement des jours de grève, un jugement en appel a annulé cette décision et condamne les salariés à payer les frais des deux procédures  !


Conscients de l’impossibilité de gagner en restant isolés, les militants de la CGT Philips avaient parcouru l’hexagone pour soutenir et encourager tous leurs camardes en lutte ces derniers mois. C’est ainsi qu’ils ont croisé Manu et ses camarades à Clairoix avec les Conti, les Ford à Bordeaux, les New Fabris à Châtellerault, etc., qui leur ont rendu la politesse samedi dernier.


Ce fut une belle journée de solidarité ouvrière où les soutiens furent accueillis chaleureusement par plusieurs dizaines de salariés d’EGP avec saucisses, merguez, sandwiches et boissons, musiques et débats. En fin de matinée, les militants présents ont remis en débat l’urgence d’une centralisation des luttes tout en respectant les rythmes nécessaires à une construction transparente et démocratique, conditions indispensables pour des actions efficaces.


L’après-midi, après des messages de soutien émouvants des militants des entreprises présents, un débat était organisé avec la participation de toutes les forces de gauche locales. Comment empêcher tous les licenciements, quelle politique industrielle, quelles propositions de reconversion, comment centraliser les luttes dispersées qui restent isolées ? Autant de questions débattues une nouvelle fois avec le sentiment qu’il est grand temps d’arrêter le massacre. Alors tous se sont engagés à rester en contact, à s’épauler dans les jours, les semaines, les mois qui viennent. Pour apporter notre détermination, notre volonté politique pour la construction du « tous ensemble » seul capable de faire reculer patrons et gouvernement.


L’après-midi s’est terminée en musique pour nous rappeler que la lutte, cela peut être aussi des moments de solidarité et de festivité.

 

 

>>  Le SITE AMI de la CGT PHILIPS EGP DREUX

 

Interview de

Sébastien Osman,

32 ans,

postier à Martigues.


 

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Il aura fallu 24 jours de grève de la faim pour Sébastien et 26 jours de grève des quelques 30 facteurs martégaux pour que les agents du service public soient enfin écoutés et entendus par la direction de La Poste.

 

Quels sont les problèmes que vous rencontrez dans votre bureau de Poste de Martigues ?

 

Depuis plusieurs mois, une nouvelle organisation a été mise en place afin d’accroître la productivité et la rentabilité du service postal. Et ceci se fait sans considération aucune ni pour les usagers, ni pour les travailleurs. Les cadences de tri sont en augmentationconstante, les heures supplémentaires demeurent impayées et la diminution du nombre de tournées, qui correspond à une perte de neuf à dix emplois, surcharge de nouveau les facteurs déjà débordés. À cela s'ajoute un management local très brutal(intimidations, pression morale, mise à pied, retrait de service, licenciement sec…) envers nous qui tentons de nous mobiliser contre la privatisation progressive de ce service public.

 

Me concernant, j’ai été mandaté il y a plusieurs mois par le syndicat Sud-PTT 13 pour la négociation d'un éventuel accord avec notre direction. Refusant de signer leurs propositions scandaleuses, j'ai convaincu l’ensemble du personnel de refuser de se soumettre. Le climat devenant de plus en plus tendu, et afin de m’écarter de mon lieu de travail, j’ai fait l’objet d’un retrait de service de quatre mois. Quant à Fabien, il a été licencié pour un jour de congé requalifié par le directeur en absence irrégulière! Il ne fait pas de doute que la direction s’est montrée particulièrement répressive et s’est servie de Fabien et moi pour «montrer l’exemple» et dissuader tout le monde d’entamer un mouvement de grève.

 

Quels ont été vos réponses face à cette situation ?

 

Le lundi 12 octobre ,la quasi-totalité des facteurs de Martigues, sur un préavis Sud, se mettent en grève pour la reconnaissance par la Poste du travail supplémentaire (non payé jusqu’alors) engendré par la restructuration actuelle, ainsi que pour la réintégration et la réhabilitation de Fabien et moi. Il y a quelques mois, à Marseille, des postiers ont lutté pendant 58 jours ! La direction est restée inflexible et les postiers n’ont pas obtenu gain de cause. Je me suis dis que seul un geste plus radical les forcerait a négocier. Deux jours après le début du mouvement de grève, j’ai décidé d’entamer une grève de la faim et de dormir sur le parking, d’abord dans ma voiture, puis dans un camion de location. Je ne voulais pas seulement qu’ils sachent que j’avais arrêté de m’alimenter, je voulais qu’ils me voient dépérir sous leurs yeux !

 

Comment s’est soldé le conflit ?

 

Après 25 jours de grève de presque toute l’équipe et 24 jours de grève de la faim pour moi, les négociations ont enfin abouties. Au final, nous sommes plutôt satisfaits de l’issu du conflit. Nous avons obtenu: le principe de reconnaissance et le paiement d’une partie de nos dépassement horaires, le gel de l’organisation « Facteur d’avenir » jusqu’au 3 janvier 2010, la création d’un groupe de travail qui pourra permettre de réajuster le temps de travail théorique au temps de travail effectif. PFabien, postier licencié, le financement d’une formation professionnelle. Pour moi, l’engagement de La Poste que mon conseil de discipline soit juste et que soit pris en compte les « fautes » de management du directeur du centre courrier de Martigues.

 

Quelles leçons avez-vous tirées de votre lutte ?


Durant ce conflit, notre plus grande victoire a sans aucun doute été le lien fort qui s’est créé entre tous les facteurs. On a pris le temps de sortir la tête de nos casiers, pris le temps de se parler, de se connaître; bref, de nouer de véritables relations humaines que les cadences infernales ne nous permettent pas de faire! Durant toute ma grève de la faim, mes collègues se sont relayés sur le parking de La Poste. Ils faisaient les trois huit pour ne pas me laisser seul dans mon camion. Ceci a créé une véritable cohésion entre nous. Nous (et la direction!) savons qu’à l’avenir nous serons tous soudés. Enfin, des soutiens nous sont parvenus de toutes parts: usagers, collègues, partis politiques, associations… Autant de personnes qui venaient apporter de la nourriture, un soutien financier ou encore nous soutenir moralement. Nous avons tous été très surpris par cette solidarité de la part d’«inconnus». Cela a énormément compté pour nous, nous a convaincus que notre lutte était justifiée et nous a encouragés à continuer notre combat.

 

Propos recueillis par Géraldine GRIMAUD

Leurs profits, c’est avec notre peau qu’ils veulent les augmenter

 

par Arlette Laguiller

In REZO CITOYEN

 

lundi 16 novembre 2009


Le nouveau PDG de Peugeot-Citroën vient d’annoncer son plan pour redresser les profits de ses entreprises et, par conséquent, les dividendes des actionnaires. Le projet est simple : réduire l’effectif de 6 000 personnes sur 82 000 et, en même temps, augmenter la productivité de 20 %.

Le PDG ne parle pas de licenciements mais seulement de non remplacement de ceux qui partent. De toute façon, c’est un mensonge. Les patrons ne comptabilisent pas dans les licenciements la mise à la porte des intérimaires.

 

Six mille emplois en moins, cela fait de toute façon autant de chômeurs en plus. Et cela signifie aussi des cadences plus élevées sur les chaînes de montage, une usure toujours plus grande pour les travailleurs, la flexibilité, des samedis travaillés et des heures supplémentaires à certains moments et le chômage technique à d’autres. Le plan annoncé par Peugeot-Citroën est fait en revanche pour aguicher les actionnaires : une amélioration de 3,3 milliards pour les bénéfices !

 

Augmenter le profit de l’entreprise en se débarrassant d’une partie du personnel et en faisant faire plus de travail par ceux qui restent n’est pas une spécialité de la seule maison Peugeot-Citroën. Renault en fait autant. General Motors qui avait annoncé à un moment la vente de ses usines d’Allemagne qui produisent sous la marque Opel revient en arrière et annonce une restructuration brutale qui se traduit par des licenciements massifs.

 

La reprise est en marche, claironnent ministres et commentateurs à la vue des profits en hausse, déjà encaissés dans les banques et annoncés dans l’automobile, et à la vue de la fièvre boursière que cela alimente.

 

Mais en même temps que les profits sont en hausse dans les plus grandes entreprises, il y a de plus en plus de chômeurs et les travailleurs mis à la porte ont de moins en moins de chances de retrouver un emploi.

 

Le temps passé au chômage s’allonge et quelques missions d’intérim n’arrêtent pas la chute inexorable vers la pauvreté. Et, à l’autre bout de la chaîne, il y a cette information, qui est passée presque inaperçue, que les vols dans les supermarchés ont augmenté et, surtout, qu’ils se portent de plus en plus sur la nourriture, sur des couches pour bébé, sur des articles indispensables et qu’ils sont le fait de femmes et d’hommes pour qui cela est devenu une question de survie.

 

Alors, oser parler de reprise dans ces conditions est d’un cynisme qui frise la sincérité. C’est une façon de reconnaître que la société est divisée en deux. Il y a, d’un côté, ceux à qui même la crise profite, qui en sortent plus riches encore qu’ils n’y sont entrés. Et, de l’autre côté, se multiplie le nombre de ceux qui sont écrasés par la crise.

 

Les travailleurs n’ont certainement aucune raison de se réjouir de cette prétendue amélioration du secteur automobile, pas plus qu’ils n’ont à se réjouir du profit déjà retrouvé des banques. Tout cela se fait au détriment de leur emploi, de leur salaire, de leur vie.

 

Tous ceux qui essaient de faire passer l’intérêt de la minorité capitaliste pour l’intérêt de toute la société sont de fieffés menteurs. Les intérêts des profiteurs de la crise, qui en sont aussi les responsables, sont diamétralement opposés à ceux de leurs victimes. Les profits ne peuvent être maintenus en cette période de crise qu’en aggravant l’exploitation. Les exploités, eux, n’ont une chance de défendre leur simple droit de vivre qu’en obligeant la classe capitaliste à prendre sur ses profits de quoi financer les mesures susceptibles de limiter les dégâts de la crise.

 

L’économie va mieux, nous disent-ils. Alors, il faut que les profits retrouvés servent à financer l’arrêt des licenciements, le maintien de tous les emplois, et de nouvelles embauches, par la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Le patronat ne le fera pas de son plein gré. Et ce n’est pas le gouvernement qui le lui imposera, lui qui est entièrement à son service et qui supprime, lui aussi, des emplois dans le secteur public.

 

Mais, à force de pousser à bout les travailleurs, la seule classe productive de la société, patrons et gouvernement finiront par provoquer l’explosion sociale qui imposera aux riches profiteurs les revendications vitales du monde du travail !

 

Un bureau de poste résiste encore et toujours à l’invasion des logiques financières !

 

In Basta !, par Julien Brygo 10 novembre 2009

 

Dans un village d’un millier d’habitants, Leyr, au fin fond de la Lorraine, une dizaine d’habitants ont créé un collectif « Touche pas à ma poste », contre la libéralisation de La Poste et la fermeture programmée de leur agence locale, synonymes de disparition du lien social. Leur mobilisation n’est pas vaine : la direction départementale a reculé, pour la quatrième fois, devant la détermination de ces citoyens. Les discours prônant l’impuissance et le fatalisme au nom du réalisme économique et de la modernité n’ont pas convaincu les usagers des services publics de la vallée de la Seille. Reportage.

 

 

Christian nous interrompt : « Ce n’est pas un blocage, mais son contraire : La population force le service public à remplir sa mission. » Ce 13 octobre, sur l’asphalte bruni de Leyr (Meurthe et Moselle), un village agricole où l’on cueille les dernières mirabelles de la saison, déboule une camionnette qui klaxonne à tout va et alerte la population. Devant le bureau de poste, un bâtiment en béton sans grande finesse architecturale, une dizaine d’habitants, dont Christian Zanne, professeur de mécanique à la retraite et porte-parole du collectif « Touche pas à ma poste » créé en janvier dernier, campent et sortent casse-croûtes, pancartes et slogans. Le pâté et les baguettes viennent de la boulangerie-épicerie de Marthe, à deux pas du bureau de poste. Les tracts ont été en partie imprimés dans une entreprise familiale de portes et fenêtres, Horizon 2000, au bout de la rue principale de ce village agricole où la résistance s’organise.

 

Casse-croûte et « séquestrations »

Enseignants, facteurs, salariés de France Télécom, syndicalistes des ex-PTT, dirigeants et salariés de PME locales, élus et simples citoyens : ils ont engagé une lutte pour le maintien de leur bureau de poste, dernier service public de ce hameau de près de 1.000 habitants déjà purgé de ses cafés, de son boucher ou de sa cabine téléphonique. Leurs armes : des tracts, des casse-croûtes, des réunions publiques, des sit-in et la « séquestration » de la guichetière. Derrière le mur sur lequel est apposé le nouveau logo jaune de La Poste (facturé 70.000 euros), la guichetière de Leyr, voix avenante et tranquille, s’excuse de «  ne pouvoir avoir le droit de s’exprimer » et explique qu’il faut s’en remettre «  à la cellule communication ». Elle est « retenue » par une dizaine d’habitants, qui la forcent à rester travailler l’après-midi. Elle est « séquestrée », rit-elle, sans masquer sa complicité avec les membres du collectif. Elle pourrait être la cinquième victime de cette restructuration d’une agence postale en campagne, un processus banal, comme il se pratique actuellement dans toute la France.

Après avoir réduit les horaires du bureau de poste, en octobre dernier, la direction départementale s’apprêterait à fermer définitivement cette agence, qui arrose une dizaine de villages de la vallée de la Seille, concernant 1.400 foyers, soit plusieurs milliers de personnes et des entreprises locales. Le village avait déjà vu partir ses quatre facteurs, en avril dernier. Mutés au centre de Champigneulles, une « usine », comme l’appellent ses nouveaux « ouvriers », située à vingt kilomètres. C’est à l’annonce de l’exil des facteurs de Leyr que le collectif s’est constitué, un soir de janvier. «  Mobiliser, un lundi soir, à 18 heures, en hiver, plus de 250 personnes pour une réunion publique, c’était pas gagné d’avance », note Dominique Prevalet, ancien maire de Leyr et un des initiateurs du collectif.

 

Action directe

Sa femme, Marie-Pierre Prevalet est l’une des quatre factrices forcées à pointer à Champigneulles. Dans le salon de sa maison, à deux pas du bureau de poste, elle explique les conséquences de cette mutation forcée : « Moi qui n’avais jamais pris ma voiture pour aller au boulot, je me retrouve à faire quarante kilomètres par jour. La fatigue, le stress, les conséquences écologiques [1]... ça compte. Mais c’est surtout le lien social qui est vraiment en danger. Vous savez, après vingt ans de tournée, on connaît les usagers. Les personnes âgées mettaient, par exemple, une petite pince à linge sur leur boîte aux lettres pour signifier qu’il y avait une commande d’argent à la banque postale et on ramenait l’argent le lendemain. Tout cela n’est plus possible, car ils changent les équipes, divisent les petits villages en deux facteurs, afin qu’il n’y ait plus d’habitude de tournée. C’est un raisonnement purement informatique. En 23 ans de tournée, j’ai alerté treize fois sur des anomalies, des volets fermés, des signaux inquiétants. Quand on exerce ce métier en zone rurale, on connaît les gens, leurs habitudes. On sait quand quelque chose ne va pas. Nous jouons un rôle social. Aujourd’hui, on nous fait devenir des petits agents commerciaux, qui ne connaissent pas ceux à qui ils livrent le courrier », raille-t-elle, avant de nous offrir un petit « digestif » de mirabelle, la spécialité du coin.

« On connaît le schéma, explique Noël Barroyer, militant SUD-PTT à France Télécom et membre actif du collectif. « Ils diminuent les horaires d’ouverture, puis ils ferment le bureau de poste pour le transformer en agence postale communale, puis c’est un commerce qui mutualise la présence postale sans pouvoir assurer le service bancaire, par exemple. Quand le commerce ferme, l’affaire est jouée », explique ce fils et petit-fils de facteur, dans le salon de la ferme familiale qu’il a retapée en demeure agréable, avec ses mangeoires et ses bacs à grain - et en QG du collectif. «  La direction de la Poste est pressée d’en finir avec Leyr, comme elle l’a fait pour plus de 200 communes lorraines en 2008 », peut-on lire sur le tract jaune, imprimé en partie par le syndicat Sud. Pour cet homme qui a participé à la création de Sud en Meurthe-et-Moselle, ce mouvement spontané a «  vraiment apporté un bol d’air : à l’heure du marasme de l’action politique et syndicale, cette réappropriation de l’échange et de l’action directe, ça fait chaud au cœur. On a bien conscience qu’on n’a pas gagné la guerre mais seulement une bataille. »

 

La logique des chiffres contre les hommes

Le 15 octobre, après dix jours de mobilisation, la direction départementale de La Poste changeait son fusil d’épaule et acceptait de négocier, à la demande du maire de Leyr. « Pas avec le collectif, bien sûr, auquel ils n’accordent aucune légitimité, mais avec les élus des communes concernées. Dommage pour eux, ils vont retomber sur un bon nombre de membres du collectif  », ricane Christian Zanne. L’annonce des négociations est arrivée le lendemain d’un article de l’AFP, relayé par site Internet du journal Le Monde. Sous le ciel lourd et humide de Lorraine, en face de l’immeuble en béton qui abrite le bureau de poste, nous entrons dans un des derniers commerces de ce village peu pittoresque.

Marthe, petits yeux avenants et enthousiasme débordant, nous reçoit avec complicité pour raconter comment elle participe au collectif. «  Je leur ai donné des pâtés lorrains et des baguettes », souffle-t-elle. C’est «  discrètement » et «  gracieusement » qu’elle a offert ces quelques mets aux membres du collectif, pour leurs dix jours de casse-croûte quotidien face au bureau. «  Ici, on n’aime pas le bling-bling », dit-elle. « Heureusement qu’il y a des gens qui se battent encore ! Quand on aide un mouvement comme ça, on le fait discrètement, sans vouloir tirer la couverture à soi. Dans ce village, il n’y a déjà plus de café, plus de boucher, plus de messes, alors si le bureau de poste venait à fermer, ce serait un village fantôme. Cette logique des chiffres contre les hommes, c’est une catastrophe, ça nous mène droit dans le mur. » En face de la boulangerie-épicerie, un vent glacial fait cligner des yeux Chantal, une Martiniquaise, qui confie tout de go : « Si le bureau de poste ferme, ça va devenir un désert ici. Comment vont faire les gens qui n’ont pas de voiture quand on leur dira que le bureau de poste le plus proche est à quinze kilomètres ? »

 

Les cols blancs montent au créneau

Contactée par Basta !, la direction départementale tient le discours attendu, un discours de comptable : « Nous avons réduit les horaires hebdomadaires de 25 à moins de 20 heures, car nous avions constaté une baisse de la fréquentation de ce bureau de poste depuis ces deux ou trois dernières années  », explique Cédric Kamut, porte-parole plus ou moins officiel de La Poste Lorraine-Sud. « On fait beaucoup de pédagogie, explique-t-il. En février, on a par exemple envoyé un courrier individuel à chaque habitant des villages concernés, pour leur expliquer que les réductions d’horaires n’ont rien à voir avec le changement de statut, qui n’a lui-même rien à voir avec une quelconque privatisation ! » On y croit très fort.

Le 15 octobre, Christian Estrosi, ministre en charge de l’industrie, demande aux cadres de La Poste, à Paris, de se montrer plus convaincants pour « défendre l’ouverture du capital ». « Les Français ne comprendraient pas qu’on accorde 2,7 milliards d’euros pour financer l’avenir de La Poste, sans qu’en contrepartie La Poste leur rende des comptes », déclare-t-il à l’AFP, le 19 octobre. Deux semaines plus tard, le ministre reprend la même argumentation : « Quel est le pays au monde où (on) voudrait privatiser et en même temps mettre 2,7 milliards d’argent public pour la moderniser ? » (Europe 1, 1/10). Réponse : la France et ses partenariats public privé par exemple, ou les mirifiques cadeaux financiers accordés aux banques.

Les cols blancs sont donc priés de monter au créneau, en respectant les bons mots de leur ministre. Son leitmotiv : modernisation. «  Le bureau de poste de Leyr ne sera pas fermé », martèle donc le cadre lorrain, quand bien même ses horaires d’ouverture ont été réduits. Il avance même le chiffre de « 35.000 euros dépensés en 2008 pour rénover ce bureau de poste ». Avatar permettant d’assurer que «  fermer un bureau de poste après l’avoir rénové serait ridicule » et que « La Poste continue d’assurer sa mission de service public d’aménagement du territoire. Cette réorganisation locale est faite pour moderniser la poste, en vue de l’ouverture totale à la concurrence en 2011. » Pour les postiers de Leyr, « seuls le hall d’accueil, le logo et le bureau du directeur financier ont été rénovés. Le reste - la salle des facteurs, notamment - étant digne de la prison d’Alcatraz : peinture qui se décolle, vétusté flagrante... »

 

 

Economistes néo-libéraux vs citoyens : le dialogue impossible

Défendre les bureaux de poste ruraux est, pour certains, « archaïque ». L’ancien éditorialiste du Monde Éric Le Boucher, aujourd’hui aux rênes des Échos, s’en prend, par exemple, aux « défenseurs de la Poste de papa », le 4 octobre. Pour celui qui fit partie de la commission Attali pour la croissance, défendre les bureaux de poste en campagne marque au mieux l’archaïsme des Français, au pire leur « irréalisme » et leur caractère « nostalgique ». « La Poste n’est plus du tout La Poste telle que vous la rêvez », lance le journaliste économique. « C’est déjà une entreprise plongée dans un domaine hyper-concurrentiel de la communication. Et, si, en 2003, la Cour des Comptes s’alarmait du retard pris face à la poste allemande ou néerlandaise, des progrès ont été faits. La Poste française est devenu le 2e opérateur européen, elle a investit en Grande-Bretagne, au Portugal, en Afrique, en Slovénie, en Croatie, en Russie (...) Rêver de revenir à La Poste de papa est un peu tard. La Poste doit bouger encore, regarder devant et pas derrière, des irréalités et des nostalgies. » En clair : adaptez-vous, si vous ne savez pas pourquoi, nous, défenseurs de la rentabilité financière à outrance, le savons.

« Les économistes bien propres sur eux, ça me fout en rage ! Il y a des choses qu’il ne faut pas laisser passer : l’électricité, la poste, l’eau, l’éducation : c’est non négociable. Ou alors viendra le jour où ceux qui ne pourront plus payer seront directement jetés à la fosse ! », s’énerve Jean-Luc, membre du collectif de Leyr, ancien employé de France Télécom tombé en dépression puis placé en retraite anticipée. Un autre salarié de France Télécom, Noël Barroyer, barbe rêche et joues roses, prend le relais : « Les facteurs, en campagne, sont parfois la seule personne que des habitants âgés croisent dans leur journée. Ils peuvent alerter, prendre des nouvelles de leur santé, entretenir des relations. Cela s’appelle le « lien social ». Si on applique les raisonnements économiques de rentabilité à tout prix, alors on peut faire un trait sur tout ce qui n’est pas rentable ni quantifiable. Je me souviens du bureau de poste de Praye-sous-Vaudemont, pas très loin d’ici : si le receveur partait, conformément à ce que prévoyait la direction départemental, cette fermeture aurait entraîné la fermeture de l’école et du club de foot, où il était très engagé ! Il faut se rendre compte de tous les effets indirects de ces restructurations ! » Ces éléments n’entrent pas dans les jolis tableaux de bord et les belles courbes de croissance qui servent de bible abstraite aux financiers. Très loin de la Lorraine, les élus japonais viennent de rejeter le projet de privatisation de leur poste pendant que le Canada n’envisage même pas de le faire. Des archaïques sans doute.

 

Julien Brygo

 

Notes

 

[1] Selon Christian Zanne, les conséquences écologiques des mutations de facteurs de Leyr à Champigneulles s’élèvent à 6,5 millions de tonnes de CO2. Un calcul assez exact (qui se base sur la moyenne basse de 130 gramme de CO2 rejeté par kilomètre parcouru et prend en compte les 52 semaines travaillées six jours sur sept). Il permet de rendre compte également des impacts écologiques des réorganisations internes à La Poste.

 

Non aux licenciements et sanctions à ErDF- GrDF !

 

240 salariés sanctionnés, 11 licenciements annoncés, des mises à pied, des rétrogradations avec pertes de salaires importantes, des blâmes, des menaces permanentes… voici la politique revancharde que le patronat d’EDF SA et de GDF/SUEZ mettent en œuvre en guise de réponse au mouvement social historique de ce printemps.

 

Au printemps, durant trois mois, des dizaines de milliers d’agents d’EDF SA et de GDF/SUEZ se sont battus sous différentes formes pour exiger un meilleur partage des richesses créées par leurs entreprises, pour la fin de la politique d’externalisation de nombre de leurs métiers et un plan d’embauche permettant de faire face aux missions de service public de leurs entreprises. Les salariés en action n’ont pas manquéde faire le lien avec la libéralisation du secteur de l’énergie ou encore avec les pratiques managériales qui ne produisent que de la souffrance.

 

C’est tout cela que ce patronat ne peut supporter. Et leurs méthodes sont iniques, les conseils de discipline sont bâclés car les dossiers sont vides. D’ailleurs, devant le tribunal des Prud’hommes de Toulouse, par la voix de leur avocat, les directions ont affirmé que la convention européenne des Droits de l’homme et des libertés fondamentales n’avait aucune valeur dans les entreprises. On ne peut mieux dire.

 

L’objectif de cette répression est d’effrayer le personnel, le contraindre à accepter les effets de la libéralisation sans rechigner. C’est un niveau de répression jamais connu dans l’histoire de ces entreprises. Le mouvement syndical est bien sûr visé, c’est le cas de la CGT dont de nombreux militants sont attaqués, ça l’est également de SUD Énergie. Un des motifs récurrents contre les militants visés est de n’avoir pas «usé de leur devoir de modération», le message du patronat est clair : «faites-nous un syndicalisme convenable d’accompagnement, ou sinon nous frappons».

 

À Toulouse, à Paris, en Normandie, les réactions sont fortes : mouvements de grève, manifestations. À l’évidence, après un moment de consternation, le personnel avec ses organisations syndicales redresse la tête et fait preuve d’une magnifique solidarité. À Paris, pour soutenir le responsable du syndicat CGT, plusieurs centaines de salariés se sont regroupés dans l’unité. Comme à Toulouse de nombreuses personnalités politiques, dont Alain Krivine, sont venus apporter au nom de leur parti leur soutien militant.

 

En attaquant les salariés et le mouvement syndical à EDF- GDG/SUEZ c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est attaqué, et au-delà ce sont toutes celles et ceux qui veulent faire vivre les libertés démocratiques qui sont provoqués.

 

Un appel des organisations politiques de la gauche de la gauche exige le retrait des sanctions contre les salariés d’EDF-GDF/SUEZ. Elles appellent également leurs militantes et militants à participer à toutes les formes de soutien proposées par leurs organisations syndicales. C’est urgent!


La Branche Énergie du NPA

 

Les intérimaires sans-papiers sont massivement entrés en lutte

 

de Union Syndicale de I’Intérim-CGT

 

Depuis le 12 octobre, des centaines de salariés intérimaires sans-papiers sont entrés en grève pour leur régularisation.

Des agences d’intérim situées rue de Rome (une SYNERGIE, deux CRIT), rue St-Lazare (deux ADIA) et rue de Turin (une KELLY SERVICES) sont occupées dans le 8ème arrondissement de PARIS.

Les salariés grévistes, intérimaires détachés dans tous les secteurs d’activité, employés souvent dans la sous-traitance des grands groupes industriels, sont à ce jour plus de 700 recensés.

Ces salariés représentent l’ensemble des travailleurs du secteur de l’intérim.

Depuis l’entrée des salariés intérimaires dans la lutte en juin 2008, le PRISME (syndicat patronal de l’intérim) et l’Etat on cherché à blanchir les Entreprises de Travail Temporaire (ETT) en qualifiant ces grévistes de cas isolés.

Le mouvement en cours ouvre une brèche dans la stratégie patronale. Des milliers d’intérimaires sans-papiers sortent de l’ombre et font la démonstration que l’utilisation de ces travailleurs est une pratique généralisée dans le Travail Temporaire, encouragée par le MEDEF et couverte par le gouvernement.

Les premières luttes de septembre 2008 avec les occupations de PERFECT, MAN BTP, ADECCO, MANPOWER et RANDSTAD ont obligé le Ministère et le PRISME à prendre des engagements pour faire entrer les intérimaires dans le processus de régularisation.

Mais, rapidement, les Préfectures, au lieu d’appliquer les consignes, ont décidé de bloquer les demandes de régularisations avec l’aval du gouvernement.

L’Union Syndicale de I’Intérim-CGT dénonce dans cette attitude une volonté de pourrissement de la part des pouvoirs publics. Le gouvernement doit prendre toutes les dispositions mettant fin aux discriminations.

Par ce mouvement, la précarité de TOUS les intérimaires avec ou sans papiers est mis en évidence. Cette lutte exemplaire est un ballon d’oxygène pour TOUS les travailleurs de ce pays permettant ainsi de mettre un coup d’arrêt à une organisation du travail digne d’une république bananière.

Si le Ministère persiste dans son attitude, plusieurs milliers de travailleurs se feront connaître par la grève. Il engage toute sa responsabilité dans l’explosion du conflit qui jour après jours s’intensifie.

 

REGULARISATION DE TOUS LES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS

 

Sources  : CGT-PHILIPS EGP-DREUX

 

France Télécom

Enfin une commission d’enquête parlementaire ?

 

Par Agnès Rousseaux (14 octobre 2009)

 

Des députés communistes et du parti de gauche [1] demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conséquences pour la santé des salariés "des restructurations permanentes, des nouvelles formes d’organisation du travail et des méthodes de gestion du personnel à France Télécom comme dans l’ensemble des secteurs de l’économie nationale."

 

Rappelant l’état des négociations actuelles entre les syndicats et la direction, ils estiment que la création d’une telle commission serait "un signal fort ", invitant France Télécom à rompre "avec les mesures d’affichage, de replâtrage, de pseudo-prévention comme les cellules d’écoute."

 

La proposition de résolution déposée cite l’exemple de l’entrave à l’action des médecins du travail par la direction de France Télécom, qui justifie entre autres que les parlementaires puissent « faire la lumière sur de tels faits aux conséquences dramatiques (...) et désigner les responsables de ces entraves au bon fonctionnement  » : « comment justifier un tel déni, cet attentisme, cette abstention fautive dans la prise en compte de cette réalité, l’absence d’actions de prévention primaire pour prévenir la souffrance psychique ? »

 

Le cas de France Télécom doit venir interroger le législateur, en particulier au moment où sont prises de nouvelles décisions stratégiques. D’autant que les discussions entre syndicats et direction semblent bloquées. La CFE-CGC-Unsa de France Télécom a annoncé aujourd’hui son retrait des négociations sur le stress dans l’entreprise. Selon le syndicat, il est indispensable de questionner le « véritable projet industriel collectif », afin que les salariés «  ne se sentent plus inutiles socialement ». Une condition nécessaire pour mettre fin au malaise social, selon la CFE-CGC-Unsa. Le syndicat Sud attend le 20 octobre pour prendre une décision, selon les avancées, même s’il considère aujourd’hui que "les négociations ne marchent pas", selon les propos de Patrick Ackermann.

 

Au-delà du stress au travail et du projet global de France Télécom, les parlementaires entendent par ce biais se saisir de la question générale des conditions de travail en France : « Le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés quotidiennement à des cocktails cancérigènes, de millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement. »

 

L’UMP va-t-il rejoindre ces parlementaires dans leur démarche ? Le parti présidentiel a lancé un groupe de travail interne sur la souffrance au travail, co-présidé par Pierre Méhaignerie et Jean-François Copé. Ce groupe a prévu de rendre un rapport fin 2009, et envisage la possibilité de « suites législatives »... De là à appuyer la demande de création d’une commission parlementaire...

 

Notes

 

[1] Monsieur Roland MUZEAU, Madame Marie-Hélène AMIABLE, Monsieur François ASENSI, Madame Martine BILLARD, Messieurs Alain BOCQUET, Patrick BRAOUEZEC, Jean-Pierre BRARD, Madame Marie-George BUFFET, Messieurs Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Jacques DESALLANGRE, Marc DOLEZ, Madame Jacqueline FRAYSSE, Messieurs André GERIN, Pierre GOSNAT, Maxime GREMETZ, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Daniel PAUL, Jean-Claude SANDRIER, Michel VAXES

 

 

Sources : BASTA !

 



Chez France Télécom:




«le pire, c'est le flicage, l'infantilisation»

 

VERBATIMS

 

Ils sont écœurés, fatigués, écorchés... 250 salariés de l'opérateur manifestaient devant le siège de l'entreprise à Paris. Cinq d'entre eux témoignent du malaise ambiant.

 

LIBE 06/10/2009

 

Recueilli par PHILIPPE BROCHEN

Ce mardi, à Paris, devant le siège social de France Télécom.

Ce mardi, à Paris, devant le siège social de France Télécom. (AFP)

 

Quelque 250 salariés de France Télécom en grève se sont réunis devant le siège social de leur entreprise, ce mardi à Paris, pour protester contre leurs conditions le travail, notamment eu égard au stress. 24 salariés de l'opérateur se sont donnés la mort ces derniers mois. Liberation.fr a rencontré cinq de ces employés de France Télécom qui ont accepté de témoigner de leurs difficultés au quotidien sur leur lieu de travail. Et des évolutions de leur entreprise telles qu'ils les ont vécues ces dernières années.

 

Patrick, 50 ans, fonctionnaire, chez France Télécom depuis trente ans

«Je suis entré à l'époque des PTT. Actuellement, tout ce qu'on nous demande, c'est de produire, de faire du fric. Seule la rentabilité les intéresse... Le gel de la mobilité promise par la direction? Elle va durer trois mois, et tout va recommencer comme avant. Je n'ai aucune confiance en Stéphane Richard (nouveau numéro 2 de France Télécom, ndlr), vu son parcours. Ce qu'ils veulent, c'est qu'un maximum d'entre nous quitte l'entreprise. J'ai des collègues de 55 ans à qui on a proposé de démissionner pour créer leur entreprise... Il faut arrêter de se moquer des gens...»

 

Mélanie, 33 ans, contractuelle en CDI, chez France Télécom depuis douze ans

«Moi, je ne suis pas fonctionnaire, donc ça veut dire que je suis rémunérée sur une grille salariale différente. La promotion à la tête du client, je connais... Le pire, c'est l'infantilisation des gens. Mon chef d'équipe se déguise de temps en temps; parfois, on doit tous porter un tee-shirt de la même couleur pour affirmer notre cohésion! Sur chaque plateau commercial, une personne est chargée de nous fliquer en permanence. Sur son poste, il peut savoir si on est en ligne avec un client, occupé à faire la gestion des dossiers sur notre ordi ou bien en pause.»

 

Christine, 50 ans, fonctionnaire, chez France Télécom depuis trente ans

«La moyenne d'âge des salariés de la boîte est de 47 ans. Du coup, il y a un problème de culture entre nous qui sommes entrés à France Télécom pour faire du service public et ce qu'on nous demande maintenant: faire du commercial pur. Avec un mépris à la fois pour le client mais aussi pour le salarié. Résultat, les zones rurales sont désertées et on commence déjà à quitter les petites villes. Un des principaux problèmes est la surcharge de travail. Nous avons vu se développer des méthodes de management qui n'existaient pas chez nous. Les commerciaux sont écoutés plusieurs fois par jour et minutés. J'ai des collègues qui ne prennent plus de pause déjeuner pour pouvoir atteindre les objectifs que leur manager leur a fixés.»

 

Marcello, 35 ans, contractuel en CDI, chez France Télécom depuis quatorze ans

«Chaque semaine, la direction nous envoie un mail avec des offres d'emploi dans la fonction publique auxquelles on peut postuler. Le message est on ne peut plus clair. Elle propose aussi des ateliers pour apprendre à faire un CV.»

 

Elisabeth, 50 ans, fonctionnaire, chez France Télécom depuis vingt-sept ans

«Un des chefs de la cellule 3P (performance, productivité, plannification, ndlr) est déjà venu me chercher aux toilettes. Avec nous, ils jouent vraiment le rôle de parents. Ils ont déjà demandé à des collègues de faire du temps en plus pour rattraper leur temps de pause. Parfois, on reçoit des appels mystère de supérieurs qui se font passer pour des clients. Ils veulent voir si on est polis et si on vend comme il faut. J'ai un collègue qui travaille avec une boîte de Xanax (tranquilisant, ndlr) sur son bureau pour tenir le coup.

«Le problème, c'est qu'on n'a pas tous un parcours dans le commercial. Avant d'atterrir ici il y a dix ans, je travaillais dans le technique. On ne m'a pas laissé le choix. Dernièrement, un collègue qui était harcelé sans cesse par son manager a pété un plomb. Après une remarque vexatoire, il a voulu sortir prendre l'air, mais son chef s'est mis en travers de son chemin. Il l'a poussé. Résultat, le chef s'est plaint à la direction d'avoir été frappé, alors que tout le monde sur le plateau a bien vu que ce n'était pas vrai. Une enquête interne est en cours.»

 

La Poste :

plus de deux millions de participants à la "votation citoyenne"



Quelque 2,2 millions de personnes ont participé à la consultation contre la privatisation de La Poste, a annoncé lundi le comité à l'origine de cette "votation citoyenne". Plus de 90% des votants disent "non" au changement de statut. Le gouvernement dénonce un "vote faussé". Il adresse une fin de non-recevoir aux demandes de référendum et de retrait de la réforme.

 

Ce scrutin symbolique, organisé par le comité national contre la privatisation de La Poste qui regroupe 62 syndicats, associations et partis de gauche, avait démarré dans tout le pays le 27 septembre et s'est achevé samedi.

Les citoyens étaient invités à répondre par "oui" ou par "non" à la question suivante: "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Etes-vous d'accord avec ce projet ?".

 

Le vote se faisait en direct, devant l'urne, avec signature de listes d'émargement, sur les marchés, dans les universités, devant les bureaux de Poste, les gares, ou encore devant les mairies. Plus de 10.000 "points de vote", y compris dans les petites communes, ont été comptabilisés par le comité.

 

"Plus de 90% des électeurs disent non au changement de statut de La Poste et à l'ouverture de son capital, et donc à sa privatisation", a déclaré le comité lundi lors d'une conférence de presse.

 

Le comité demande au gouvernement de "renoncer définitivement" à la loi sur la modification du statut et l'ouverture du capital de La Poste et demande également à être reçu par le président Nicolas Sarkozy.

 

"C'est un vote faussé, c'est une question fausse, la question est un mensonge: le gouvernement souhaite que la Poste reste publique à 100%, continue à exercer ses missions de service public pour l'aménagement du territoire", a répondu dès lundi matin le ministre du Budget Eric Woerth sur Europe-1.

"Je ne vois pas pourquoi il y aurait un référendum d'initiative populaire sur la Poste. Dans le droit constitutionnel aujourd'hui, ce n'est pas possible, ce sera possible lorsque la loi organique sera prise", a-t-il ajouté.

 

"Il faut mener jusqu'au bout le projet de la Poste, il faut surtout l'expliquer et éviter les caricatures comme c'est souvent le cas", a poursuivi Eric Woerth, martelant qu'"il n'y a pas de privatisation de la Poste". "Elle reste publique, on l'a dit, répété, redit, 100% du capital reste public".

 

Quant à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, il a qualifié cette initiative de "fausse démocratie", soulignant selon lui que "deux millions" de personnes ne constituent pas "une majorité de Français".

 

"Cette démocratie participative, en fait, on bourre les urnes avec une information mensongère" parce qu'"il n'est pas question de privatiser la Poste: nous nous engageons à ce qu'il n'y ait pas de privatisation et ce sera dans le texte", a-t-il assuré lundi sur LCI.

 

"Je dis attention à cette démocratie participative: qui est représentatif ? Le peuple français et pas une partie du peuple français", a prévenu le sénateur UMP de la Vienne. "Je me méfie de ces comités: même s'il y a deux millions de personnes, ce n'est pas le peuple".

 

Mais pour le fondateur du Parti de gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon, membre du comité, "il y a un procès un peu grotesque que nous fait l'UMP en nous disant 'ce n'est pas vraiment un vote'. On est au courant, c'est pour cela qu'on l'appelle une votation".

 

"On a fait une démonstration (...) La société s'envoie à elle-même un signal", a estimé le sénateur de l'Essonne lundi sur RTL. "Nous, nous nous entraînons en nous mobilisant, en montrant que l'on ne cède pas et nous préparons la suite".

 

Le Robin des bois Dominique Liot jugé par les shérifs d'EDF

 


Il manie plutôt le câble électrique et n'a pas de plume au chapeau. Ni de chapeau, d 'ailleurs. Ce syndicaliste CGT est pourtant un «Robin des bois». Du nom que se sont donné les agents EDF qui rétablissent le courant au plus démunis privés d’électricité faute d'avoir pur régler leur facture.

 

Le 18 avril dernier, en plein conflit contre un projet d’externalisation des services de maintenance, Dominique Liot, 54 ans, revendique haut et fort ce type d’actions devant les caméras de télévision. C’est la raison pour laquelle, ce vendredi 2 octobre, il est convoqué devant les shérifs de Nottingham de la commission de discipline. Dans le pire des cas, la procédure peut aboutir à son licenciement.

 

09h30, bâtiment du service clientèle d’EDF-GDF, boulevard de la Marquette à Toulouse. «C’est l’heure. Nous  vous attendons  à l’intérieur», annonce l’un des membres de la commission qui va statuer sur son sort. Dominique Liot lance un signe de la main à son comité de soutien rassemblé avant d'entrer. Il a tout de même le sourire tendu.

 

Parmi les soutiens du syndicaliste, la secrétaire CGT de l’entreprise, Dominique Gissot. «La direction veut nous faire payer le conflit du printemps 2009 qu’elle a perdu», dit-elle. En effet, le 26 mars dernier, après un mois de grève marqué par l’occupation de la direction régionale d’EDF-GDF, les salariés ont imposé l'arrêt de la privatisation des activités de maintenance et imposé aussi 66 embauches.

 

Á ce jour Dominique Liot est le huitième syndicaliste toulousain convoqué devant l’instance disciplinaire. Dix autres doivent suivre. Six licenciements ont été réclamés. Une cinquantaine d’agents ont par ailleurs déjà reçu un avertissement ou un blâme.

 

«En haut, les patrons l’ont en travers de la gorge, commente Magyd le technicien. Par esprit de vengeance, ils sanctionnent les leaders de ce mouvement pour décourager ceux qui voudraient suivre leur exemple.»

«C’est du management par la terreur,
reprend Dominique Gissot. Le seul résultat, c’est que les gens sont poussés à bout comme chez France Telecom. Chez nous aussi, on se suicide. Il y en déjà eu quatre pour l’ensemble de l’entreprise dans les 15 derniers jours.»

 

13H.00: Le Robin des bois sort de chez ses juges. La direction prendra sa décision dans les prochains jours.

 

LIBE TOULOUSE 02/10/2009

 

Nouveau suicide à France Télécom :

«Il n'en pouvait plus»

 

Un employé d'un centre d'appel s'est jeté depuis un pont sur l'autoroute A 41 lundi en Haute-Savoie. En dix-huit mois, c'est le 24e suicide chez France Télécom, malgré les tentatives du groupe pour calmer les tensions.

 

Un employé de s'est , lundi matin, en Haute-. Il se serait jeté d'un viaduc de l'autoroute A41 au niveau d'Alby-sur-Chéran vers 9h30. Dans une lettre retrouvée dans son véhicule, il met en cause France Télécom et dénonce «le climat» au sein de l'entreprise, un climat qui «a rendu propice le passage à l'acte.

 

Marié et père de deux enfants, Jean-Paul R., 51 ans, était employé d'un centre d'appels à Annecy, où il venait d'être muté dans un nouveau service. Selon Danièle Rochet, déléguée SUD-Solidaires de ce service, il ne s'y sentait «pas bien», «était livré à lui-même» et ne reconnaissait pas son «métier», 

«Jean-Paul est arrivé chez nous il y a deux ou trois mois. Son service avait fermé et on lui a proposé le 1016 ou... le 1016», numéro destiné aux clients professionnels de France Télécom, ne lui laissant d'autre choix que cette centrale d'appel implantée à Annecy-le-Vieux, a ajouté Danièle Rochet. Avant de préciser que les délégués du personnel avaient «été voir la direction il y a une dizaine de jours pour leur expliquer : ça ne va pas, il ne se sent pas bien. On en a encore reparlé en réunion vendredi. La direction a dit On va le surveiller». «Il disait tous les soirs: Je n'en peux plus, ce n'est pas pour moi. Il m'a dit que c'était difficile, que ce n'était pas son métier», a insisté la syndicaliste, soulignant que Jean-Paul R., «avait demandé un rendez-vous au médecin du travail».

 

Le PDG du groupe, Didier Lombard devait se rendre sur place ce lundi soir. Il y a dix jours, il avait proposé un nouveau contrat social à ses employés pour tenter de mettre un terme à cette dramatique spirale. Il avait par la suite eu un entretien avec 500 managers pour leur demander d'évoquer ces drames avec leurs équipes et de suspendre temporairement les mutations ou les changements d'affectation.

 

La mort de cet homme alourdit un bilan déjà trop fourni: ces dix huit derniers mois, 23 autres employés du groupe se sont donnés la mort, certains sur leur lieu de travail. Le 11 septembre dernier, une femme s'est jetée par la fenêtre de son bureau après avoir appris qu'elle passait sous la hiérarchie d'un nouveau chef. Trois jours plus tard, le 14 septembre, une autre salariée, âgée de 53 ans, a tenté un geste dramatique en avalant une surdose de barbituriques.


LE PARISIEN LIBERE 28/09/2009

 

Déclaration du LKP : Nou pa lavèt a yo !


Publié le 28 septembre 2009

 

L’Etat français, le Président du Conseil Général et, le Président du Conseil Régional, de façon concertée ont décidé de ne pas respecter les engagements pris dans le protocole de suspension de conflit du 4 mars 2009 :

  • L’accord BINO, instituant une augmentation de salaire de 200 € net pour près de 60 000 salariés du secteur privé, a été détourné par l’Etat de son objectif principal, d’abord en l’appelant RSTA comme s’il s’agissait d ‘une allocation donnée par bonté d’âme aux « pauvres travailleurs » par l’ « Etat généreux », ensuite en limitant le nombre de bénéficiaires et enfin en l’amputant de l’article 5 qui garantissait aux salariés son maintien par l’entreprise à la fin des aides de l’Etat et des Collectivités. Sa sé koukyanm.

Koukyanm, quand les patrons guadeloupéens de l’UCEG, l’UMPEG, l’OPGSS et de l’UNAPL ont signé l’accord BINO, ils ont misé sur le soutien de l’Etat pour que cet accord soit appliqué dans toutes les entreprises, afin qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale basée sur le différentiel de salaire payé à certains salariés. Ils ont également misé sur la baisse des coûts des marchandises, des transports, des carburants pour payer cet accord BINO. YO KOUYONNÉ YO.

 

Koukyanm, quand l’Etat refuse de payer sa participation de 100 € à tous les salariés qui perçoivent des primes et indemnités, gagnées et négociées par ailleurs, grâce à leur lutte. Ce tour de passe-passe permet à l’Etat de limiter à seulement 30 000 le nombre de salariés à payer, alors que les patrons et les collectivités en ont payé 60 000.

 

NOU PA LAVÈT A YO

 

An-nou gadé pli lwen :

  • Baisse des prix : l’autorité de la consommation vient de publier un rapport qui confirme que les importateurs distributeurs (principalement la classe Béké) volent depuis toujours les Guadeloupéens en pratiquant des prix exorbitants. Ils s’offrent une inacceptable rente grâce à leur position de monopole et se garantissent des marges qui représentent 2 à 3 fois celles pratiquées en France. Tout ceci, avec la complicité de l’Etat et des collectivités territoriales qui se sucrent en passant, à travers l’octroi de mer et autres taxes.

DÉPI NANNI NANNAN YO KA KOUYONNÉ NOU !

  • Plan d’urgence pour l’Emploi et la Formation : OU VWÈ’Y, OU PA VWÈ’Y !!! L’Etat s’est engagé à financer un plan d’urgence pour la formation professionnelle et l’insertion en faveur de 8.000 jeunes en difficulté. Six mois plus tard, RIEN N’A ETE FAIT !!! Dans le même temps, le chômage des jeunes augmente (60 % des demandeurs d’emplois sont des jeunes), la violence et la délinquance se banalisent sur l’ensemble du territoire avec comme seule réponse des autorités, la répression et le mépris des jeunes !
  • Essence : l’Etat vient de subventionner à hauteur de 44 millions € les compagnies pétrolières et principalement TOTAL, entreprise qui a déclaré près de 14 milliards d’Euros de bénéfice pour l’année 2008. Il veut en plus augmenter le prix des carburants à la pompe pour soi-disant combler les pertes de la SARA. C’est un scandale, c’est une provocation, notamment pour les petites entreprises de Guadeloupe et tou lé maléré qui sont aujourd’hui pèkli anba dèt.

Tous les rapports rédigés par les propres services de l’Etat et la Mission Parlementaire considèrent que le mode de fixation et la structure des prix sont générateurs de PWOFITASYON au détriment du consommateur Gwadloupéyen. Les articles 29, 30, 31 et 32 du protocole d’accord signé avec le LKP, le 04 mars dernier, prévoient une remise à plat de ce mode de fixation du prix de l’essence AVANT TOUTE AUGMENTATION et la répercussion de la suppression de certaines taxes indûment perçues par la SARA pour une baisse des prix du carburant. Enfin, l’article 90 du même protocole prévoit de reverser dans un fonds pour la Formation et l’Emploi des Jeunes, les sommes injustement perçues par la SARA.

 

FO YO WOUMÈT NOU TOUT LAJAN, LASARA TÉ JA VOLÉ GWADLOUPÉYEN , TONNÈ !!!

 

  • Comité de suivi du protocole du 04 mars 2009 : KI PRÉFÉ, KI JILO, KI LUREL SABOTÉ KOMITÉ SUIVI-LA É TCHOUYÉ NÉGOSIYASYON ANLÈ RESTAN A SÉ 126 PWEN A PLATFÒWM-LA !!! Il s’agit d’un véritable complot contre le peuple Gwadloupéyen et une volonté délibérée de remettre en cause la légitimité du LKP !
  • Education : Le recteur de l’académie va jusqu’à renier les engagements de l’Etat dans le domaine de l’éducation au motif que l’Education Nationale ne serait pas sous l’autorité du Préfet !

LKP KA DÉKLARÉ : NOU PÉKÉ JANMEN BÉSÉ TÈT DOUVAN YO !

TRAVAYÈ E PÈP GWADLOUP, AN NOU WOUPWAN DOUBOUT AN NOU !

NOU PÉKÉ ASEPTÉ PON OGMANTASYON A ÉSANS !

AN MENM BALAN-LA, NOU KA MANDÉ :

  • Le respect et l’application de l’Accord BINO, conformément aux dispositions de l’accord interprofessionnel du 26 février 2009 ;
  • la mise en place du Plan d’urgence pour l’Emploi, l’Insertion et la Formation Professionnelle des jeunes ;
  • la revalorisation des minimas sociaux et de l’Allocation pour les personnes handicapées ;
  • le respect des accords signés sur la baisse des prix ;
  • la titularisation des personnes en contrats aidés ;
  • La condamnation de l’Etat Français et des Békés pour l’empoisonnement à la CHLORDECONE et l’indemnisation de toutes les victimes ;
  • l’indemnisation des agriculteurs ;
  • l’arrêt immédiat de toute répression anti-syndicale dans les entreprises et administrations et l’arrêt de toute poursuite judiciaire contre les militants et les jeunes pour cause de participation à la mobilisation.
  • Le règlement de tous les conflits en cours (ASFO, Texaco La boucan, Agents de sécurité au Pays de la Canne, Agents de sécurité de l’hippodrome).
  • La reprise des négociations sur les revendications du LKP.

TRAVAYÈ é PÈP GWADLOUP,

ANNOU KONTINYÉ BARÉ VAN A PWOFITASYON !

LA GWADLOUP SÉ TAN NOU ! LA GWADLOUP SÉ PA TA YO !

 

TOUS aux Meetings

Mardi 15 sèktanm : Lapwent - Mityalité
Vendredi 25 sèktanm : Pò Lwi –Plas a mawché
Vendredi 18 sèktanm : Bastè – douvan la Pos
Mardi 22 sèktanm : Moul – douvan lanméri
Jeudi 24 sèktanm  : Manten – douvan lanméri
Mardi 29 sèktanm : Pwent Nwa - Plas a mawché
Jeudi 1er oktòb : Mònalo – douvan lanméri
Vendredi 2 oktòb : Kapestè - douvan lanméri

Tout moun, Jenn kon vyé, avÒté kon matrité, Annou pran lari-la :
SANMDI 3 OKTÒB
Sanblé a 9H00 douvan Mityalité Lapwent

 

LKP, Lapwent 09.09.09

 

Gauche, droite, gauche, droite...

La longue marche vers la privatisation de La Poste

 

 

LO 25/09/2009

 

Le Parlement est sur le point d'entériner le changement de statut de La Poste. À droite, on explique que « l'ouverture du capital est indispensable, du fait même de la fin des monopoles postaux. La Poste ne peut pas être en Europe la seule entreprise publique du marché intérieur. » C'est ce qu'a déclaré le sénateur UMP Pierre Hérisson, qui préside l'Observatoire national de la présence postale. Et, comme bien d'autres avant lui, il assure que « les missions de service public sont garanties par l'État ».

De son côté, Christian Martin, en charge, pour le Parti Socialiste, des services publics et de la fonction publique, dénonce le fait qu'une « privatisation de La Poste entraînerait à l'évidence la suppression de milliers d'emplois, un recul du service rendu à nos concitoyens, notamment pour les envois, les services peu rentables et une augmentation des tarifs ». Tout cela n'est que trop vrai. Mais le changement de statut mis au vote ces jours-ci est le fruit d'une longue remise en cause du monopole de La Poste, amorcée il y a plus de vingt ans. Remise en cause que les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont mise en œuvre avec un bel ensemble, achevant parfois ce que le parti opposé avait commencé.

Ainsi, sous Giscard comme sous Mitterrand, de 1974 à 1987, une série de commissions et d'expertises préconisèrent les mêmes orientations : la séparation des services postaux de ceux du téléphone, la remise en question du statut des personnels et le recours au privé. Le ministre des PTT, le socialiste Mexandeau, commandita un rapport, en 1984, qui aboutit aux mêmes conclusions.

En 1986, sous la présidence de Mitterrand, Chirac devint Premier ministre. Gérard Longuet succédant à Mexandeau, il mit en route un projet de séparation entre la poste et les télécommunications... finalement réalisée entre 1988 et 1990 par son successeur Paul Quilès du Parti Socialiste.

Quilès annonça ses objectifs : sortir les deux branches, poste et téléphone, du système public pour les rendre « plus compétitives », afin qu'elles assurent un « service à caractère industriel et commercial ». Il entendait ainsi se situer dans la « perspective européenne » de dérégulation et de mise en concurrence des « opérateurs publics ». Il reçut l'appui de la CFDT et un proche de Rocard, Prévot, ancien du PSU et membre de la CFDT, allait rédiger le rapport à partir duquel le ministre allait bâtir sa loi qui allait faire de la poste un « établissement public industriel et commercial ». Elle fut votée par le Parlement « grâce à l'abstention de la droite et du centre », comme titra Le Monde. Seuls les députés du PCF et une poignée de députés de droite ou du centre devaient voter contre.

Le 20 décembre 1990, le Parti Socialiste dirigeant toujours le gouvernement, une loi identique concernant les télécommunications devait livrer tous les services à la concurrence et à la privatisation, pratiquement sans contrôle. Le 1er janvier 1991, La Poste et France Télécom étaient devenus deux « exploitants autonomes de droit public ».

Le 15 décembre 1997, le Parlement européen votait sa première directive sur la poste. Elle ouvrait notamment le marché postal de l'Union européenne à la concurrence pour le courrier de plus de 350 grammes. Le gouvernement de Gauche plurielle (PS, PCF, Verts, MDC, PRG) ne trouva aucun inconvénient à transposer cette directive dans les lois nationales. C'était pourtant le début de l'ouverture du marché du courrier aux opérateurs privés.

Le 10 juin 2002, au moment où la droite revenait aux affaires et où Raffarin allait succéder à Jospin, le Parlement européen adoptait sa seconde directive sur la poste, qui agrandissait l'ouverture entamée cinq ans plus tôt. Désormais, à partir du 1er janvier 2003, le courrier de plus de 100 grammes était concerné par l'ouverture à la concurrence. Le poids devait même tomber à 50 grammes à partir de 2006. La directive annonçait même 2009 comme date de l'ouverture totale.

En mai 2005, c'était au tour du gouvernement Raffarin, quelques jours avant que celui-ci ne cède sa place de Premier ministre à Villepin, de transposer cette dernière directive européenne, tout en réaffirmant bien sûr le principe du « service postal universel ». Les paroles n'engagent à rien, mais si elles peuvent faire plaisir ou endormir...

Le 20 février 2008, l'Union européenne a adopté une troisième directive qui parachève les précédentes, ouvrant à la concurrence les envois d'un poids inférieur à 50 grammes. Cela signifie l'ouverture à la concurrence de l'essentiel du service public postal utilisé par la majorité de la population. Les opérateurs privés vont donc chercher à s'emparer des marchés les plus convoités, car les plus concentrés, ce qui n'empêchera pas les secteurs moins peuplés d'être délaissés.

Cela aura pour conséquence d'amplifier encore le remplacement d'emplois stables par des emplois plus précaires. Les ministres successifs n'ont pas été avares de belles paroles sur le maintien du statut ou de l'emploi. Mais la réalité est différente. Une comparaison entre 2002 et 2008 est éloquente : sur le total des postiers, près de 20 000 emplois ont disparu ainsi que 56 000 statuts de fonctionnaire. En revanche, il y a 36 000 employés de plus en situation précaire.

Dans le même temps, des milliers de bureaux de poste ont déjà disparu. Moins de 20 % dans les régions où la population est très dense, comme l'Ile-de-France, le Nord ou la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais les fermetures ont atteint plus de 50 % dans les régions les moins peuplées. Ce qui signifie pour la population des difficultés plus grandes pour accéder à ce qui reste du « service postal », de moins en moins universel, quoi qu'en disent les ministres et ceux qui espèrent leur succéder.

Jacques FONTENOY

La Poste :

Besancenot et 50 postiers ont investi la Bourse

 

LIBE  22/09/2009

 

Le porte-parole du NPA et une cinquantaine de postiers ont tenu symboliquement ce mardi une assemblée générale dans le Palais Brongniart, au matin d'une journée nationale de mobilisation contre le projet de réforme du statut de La Poste.


 

Olivier Besancenot (2e en partant de la gauche) et ses collègues de la Poste, ce mardi matin, au

Olivier Besancenot (2e en partant de la gauche) et ses collègues de la Poste, ce mardi matin, au Palais Brongniart. (AFP)

 

«La Poste va entrer en bourse, les postiers entrent dans la Bourse.» Olivier Besancenot, postier et porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, et une cinquantaine de ses collègues, venus majoritairement comme lui des Hauts-de-Seine, ont occupé ce mardi matin le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse. Motif de leur ire: le changement de statut de la Poste.

 

Selon le syndicaliste, «cela a été un peu houleux au départ. Cela a été du pousse-pousse avec les vigiles». Mais finalement les grévistes ont pu s'installer dans un vaste salon à moulures pour tenir leur assemblée générale.

Porteurs d'autocollants jaunes du syndicat Sud, avec la photo de Nicolas Sarkozy et du président de La Poste Jean-Paul Bailly, et le slogan «votre privatisation on en veut pas, par la grève avec les usagers combattons la privatisation!», les postiers, installés en cercle, ont écouté les prises de parole dans une ambiance détendue.

 

«C'est la Bourse qui vous invite», a lancé Olivier Besancenot, avant de rappeler qu'au-delà de cette initiative «un peu à l'arrache», «le plus important c'est la manifestation» parisienne programmée dans l'après-midi par l'intersyndicale à l'origine de la mobilisation.

 

Les prises de parole ont tourné autour de l'idée d'une grève générale reconductible de tous les services de la Poste, au moment fin octobre-début novembre de l'étude du projet de loi devant le Parlement.

 

«Chacun d'entre vous doit faire monter la sauce. Il faut que la question de la grève reconductible se pose (à ce moment-là) mais pas comme un baroud d'honneur», a souligné Gaël Quirante, responsable Sud à la Poste des Hauts-de-Seine.

 

Les postiers ont quitté le Palais Brongniart sans incident peu après midi en cortège bruyant, en se donnant rendez-vous pour la manifestation parisienne qui démarre à 14 heures du siège de la Poste, au 44, boulevard Vaugirard (XVe).

 

Automobile : Besancenot se félicite de la "convergence des luttes"

 


Le leader du NPA était dans la manifestation des salariés de l'automobile, à Paris. Interrogé par Nouvelobs.com, il a salué "une convergence des luttes de tous les salariés qui résistent aux licenciements".

 

 

Olivier Besancenot (Sipa)

Olivier Besancenot (Sipa)

Olivier Besancenot, qui défilaient jeudi 17 septembre à Paris, entre la place de l'Opéra et la Bourse avec plusieurs centaines de salariés de l'automobile, s'est félicité de la "convergence des luttes de tous les salariés" et a dénoncé l'action de la majorité : "la seule force du gouvernement, c'est de diviser pour mieux régner, et aujourd'hui il y a un premier coup qui a été donné contre ça", a-t-il déclaré à Nouvelobs.com.


"C'est venu, pas par le haut, mais par la base"

 


"Ça fait longtemps qu'on attend une convergence des luttes de tous les salariés qui résistent aux licenciements. Ça faisait des mois et des mois, cette fois-ci c'est devenu une réalité. Et c'est venu, pas par le haut, mais par la base, parce qu'il y avait beaucoup d'obstacles", a-t-il expliqué à Nouvelobs.com, aux côtés d'Arlette Laguiller, au milieu des manifestants. Les délégations syndicales ont dénoncé "la logique finanière" des groupes et les licenciements.

"Une délégation de toutes entreprises"

"On sait à quel point ce n'est pas évident de sortir le nez du guidon quand on est pris dans un conflit local", a déclaré le chef du Nouveau parti anticapitaliste. Cette manifestation rassemblait des délégations de plusieurs entreprises du secteur automobile frappées par des plans sociaux ces derniers mois, telles que Continental Clairoix (Oise), Freescale (Toulouse), Renault, Ford, Michelin (Montceau-les-Mines), Goodyear (Amiens). Les salariés du fabricant de pneumatiques Continental, dont le site de Clairoix (1.120 emplois) est désormais fermé et le plan social finalisé, clamaient "Continental solidarité" en début de manifestation. "Là il y a des salariés qui on pris ce temps là pour aller au contact d'autres salariés. Il y a une délégation de toutes les entreprises qui ont fait parler d'elles ces derniers mois", a constaté Olivier Besancenot.


"On fera tout pour être plus nombreux"

 

"Evidemment on n'est pas encore assez nombreux pour stopper tous les licenciements", a regretté Olivier Besancenot, mais "on fera tout pour être plus nombreux". Faisant référence aux discussions franco-allemandes des syndicalistes de Continental, Olivier Besancenot a confié : "il faut se battre à la bonne échelle et c'est celle des multinationales auxquelles on est confronté." Une banderole affichait aussi "Arrêt des poursuites pour sept camarades": six salariés de Continental ont été condamnés à trois à cinq mois de prison avec sursis pour des dégradations commises à la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril par quelque 200 salariés de l'usine de Clairoix. Ils ont fait appel.

 

"La classe ouvrière en a marre d'en prendre plein la gueule"

 

Des délégations de Thalès et de la cokerie de Carling (Moselle) dont la fermeture, faute de repreneur, a été annoncée mercredi étaient également présents dans le cortège parisien. "Il s'agit de dénoncer les stratégies financières des multinationales et leur volonté unique d'augmenter les marges et les profits avec pour seule variable d'ajustement l'emploi et les droits sociaux", avait expliqué mercredi Carlos Moreira de la Fédération CGT Métallurgie. "Nous voulons exprimer le fait que d'autres choix sont possibles en matière de politique industrielle", avait-il ajouté. Les fédérations CGT de la métallurgie et du caoutchouc/plasturgie avaient appelé à ce rassemblement, au départ initié par les salariés de Goodyear à Amiens et d'autres sections CGT locales. Pour Xavier Mathieu, l'emblématique leader de la lutte des salariés de Continental Clairoix, "il est enfin temps de faire bouger les choses, on aimerait que nos confédérations fassent quelque chose, la classe ouvrière en a marre d'en prendre plein la gueule".

 

"Une première étape"

 

Ce n'est "qu'une première étape et on se réunira de suite pour engager rapidement une multitude d'actions les plus convergentes possibles", a déclaré lors d'un point-presse Jean-Pierre Delanoy, responsable CGT à la fédération Métallurgie du Nord-Pas-de-Calais, en ajoutant: "on ne peut pas attendre, la stratégie des confédérations n'est pas la bonne aujourd'hui".


Criminalisation de l'action syndicale

 

Les salariés du secteur ont protesté contre les 800 licenciements qui ont frappé la branche automobile depuis janvier 2009, mais également contre la criminalisation de l'action syndicale. Les salariés de Continental veulent ainsi dénoncer la récente condamnation de six d'entre eux pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne. Les six salariés, condamnés à des peines de prison avec sursis, ont fait appel mardi.

 

PLAN SOCIAL

Molex racheté : "On ne peut pas parler de reprise"



C'est ce qu'estime le secrétaire du CE de l'usine. Le protocole de reprise par le fonds d'investissement HIG ne prévoit en effet de garder que 15 à 20 personnes sur l'effectif actuel de 283 employés.

 

Les salaries de l'usine Molex, specialisée dans la connectique automobile attendent depuis plus d'un mois la réouverture du site (Sipa)

Les salaries de l'usine Molex, specialisée dans la connectique automobile attendent depuis plus d'un mois la réouverture du site (Sipa)

"On ne peut pas parler de reprise", a affirmé mardi le secrétaire du CE de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), Denis Parise (CGT), lors d'une interruption d'une séance de travail à la préfecture de la Haute-Garonne sur l'avenir de l'entreprise.

Pas de garantie


"On ne peut pas parler de reprise lorsque seulement 20 salariés sont maintenus", a estimé devant la presse l'élu CGT à propos de la signature d'un protocole, annoncée par le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, pour une reprise de Molex par le fonds d'investissement américain HIG.
Christian Estrosi avait indiqué plus tôt sur France 2 que la reprise "représente dans un premier temps entre 60 et 70 personnes". Mais "je veux une remontée en puissance de 200 à 300 salariés dans les trois ans qui viennent", avait-il ajouté.
"Quand on demande une garantie par écrit (de l'Etat, ndlr) et que les constructeurs (ndlr: PSA et Renault) s'engagent réellement avec nous, on n'en reçoit aucune", a souligné Denis Parise. Et "s'il n'y a pas d'écrit, on ne peut pas le croire", a-t-il dit.


"Une mascarade inadmissible"


Dans la matinée, après une assemblée générale devant l'usine de Villemur-sur-Tarn, les représentants du personnel s'étaient rendus à la préfecture de la Haute-Garonne pour examiner un nouveau rapport sur la viabilité de l'entreprise préparé par le cabinet Syndex.
Une nouvelle assemblée générale devait avoir lieu en début d'après-midi, suivie, normalement, par une seconde réunion à la préfecture, sur le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). "Tout est lié à la consultation du CE cet après-midi", a déclaré Denis Parise, notant que ce sera à l'AG d'en décider. Et "s'il n'y a pas de consultation cet après-midi, rien ne se fera", a-t-il lancé.
De leur côté, la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie CGT et l'Union Départementale CGT de la Haute-Garonne ont déploré dans un communiqué qu'"à quelques jours du G20, le président de la République et le gouvernement (...) confient le 'dossier Molex' à des financiers, voire même à des spéculateurs".
"De plus, le repreneur investit sans risque car le projet de reprise est financé par les fonds publics et une partie des indemnités de licenciement des salariés de Molex", soulignent-ils, affirmant qu'"une telle mascarade est inadmissible".

Les salariés déçus


Plus tôt dans la matinée, l'annonce de la reprise éventuelle de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) par le fonds d'investissement américain HIG avait été reçue sans joie par les salariés réunis en assemblée générale.
Le protocole, a rappelé devant une centaine de salariés le secrétaire du CE, Denis Parise (CGT), prévoit entre autres le maintien "sur le site, ou un autre lieu situé dans le bassin d'emploi" de 15 à 20 personnes sur l'effectif actuel de 283 employés. Avec "30 à 40 emplois supplémentaires" à terme, a-t-il ajouté.
"J'ai fini de rêver", a dit un employé, Jean-François Porté, à l'annonce de la signature du protocole, qui devait faire l'objet de discussions en fin de matinée à la préfecture de Haute-Garonne à Toulouse. "Ce n'est pas avec 15 personnes que l'on peut faire tourner l'usine, autant faire venir tout de suite 15 déménageurs", a-t-il dit.
"On va droit contre le mur, ça fait un moment que je n'y crois plus", a affirmé un autre employé, Alain Papaix.

 

 

Charles Hoareau partiellement relaxé !

 

 

RM : Alors Charles quel est le verdict et ton sentiment sur celui-ci ?

 

CH : Je suis relaxé de deux des 3 chefs d’inculpation pour lesquels je comparaissais à savoir les injures et les menaces, menaces que le procureur avait souhaité voir requalifiées en menaces de mort. Si la juge avait suivi le procureur sur ce point j’étais passible d’une peine de prison. Concernant plus particulièrement ces dernières la juge a invoqué, et c’est une bonne chose le contexte social de l’affaire, qui aurait pu expliquer si tel avait été le cas, des propos de colère. Je rappelle que les salariés passaient en justice pour la 19ème fois (sans compter les reports !) pour obtenir le paiement de leur salaire bloqué depuis deux ans maintenant…et qu’ils n’ont toujours pas eu malgré 7 condamnations… [1]. J’ai par contre été condamné pour « violence légère ayant entraîné un arrêt de travail de moins de 8 jours », le fameux choc psychologique, à 500€ d’amende.
Malgré l’absence de témoin crédible, [2], je suis condamné de manière totalement incompréhensible. Au-delà de la version invraisemblable donnée par le plaignant [3], le caractère peu sérieux de ses certificats médicaux [4] et du fait qu’un policier a même déclaré à la presse : « la confrontation a montré qu’aucun coup n’a été porté ».
Je suis donc traversé par des sentiments contradictoires. La satisfaction que la justice m’ait reconnu innocent pour une grande part, mais que quand même elle me reconnaît coupable de faits sans avoir de preuve pour le faire.

 

RM : comment expliques tu alors ce jugement ?

 

CH : Dans cette affaire nos adversaires ont voulu nous monter un chantier pour nous détourner du fond du procès. La mobilisation lors de ma garde à vue, les plus de 5000 signatures déposées sur Internet, l’écho médiatique sur des sites comme Bella Ciao ou des journaux comme l’Huma, les 1000 personnes présentes le jour de l’audience, ont empêché une comparution immédiate ou une condamnation plus importante. C’est cette mobilisation qui explique le décalage entre ce que laissaient présager les différentes étapes de la procédure et le résultat final. La justice aurait été que je sois totalement relaxé, mais politiquement cela ne leur était pas possible. Ils ont donc rendu une décision pour ne pas nous donner la victoire totale.

 

RM : au chapitre de la mobilisation il y a eu aussi le comité de soutien national et l’engagement de diverses organisations au premier rang desquelles la CGT…

 

CH : Oui et j’ai eu l’occasion de le dire à la sortie de ma garde à vue, cela ne s’est pas démenti par la suite. On ne met pas 1000 personnes dans la rue (surtout un 29 juin) sans un engagement fort des organisations du département et de ce point de vue la CGT des Bouches du Rhône a donné le maximum dès le premier jour. De même je trouve à la fois normal, que sur cette question des libertés qui dépasse ma personne, et encourageant pour les luttes, que les premiers responsables d’organisations politiques dont je ne suis pas membre, mais aussi que des personnalités de la culture aient tenu à faire partie du comité de soutien national. Cela a incontestablement pesé. Cela rend encore plus incompréhensible la décision prise par le bureau confédéral de la CGT qu’aucun de ses membres ne fasse partie de ce comité de soutien. Quand j’ai été informé de cela j’ai demandé à Aline Pailler qui s’occupait de la récolte nationale des signatures de stopper sa quête et de ne pas solliciter la FSU. Il y avait déjà celle de la secrétaire générale de SUD, ce n’était pas la peine de charger la barque ! J’ai par contre apprécié comme il se doit l’engagement de dirigeants nationaux de la CGT qui spontanément, au vu de l’enjeu, se sont fait connaître.

 

RM : et maintenant ?

 

CH : Eh bien on continue ! La lutte des ADOMA se poursuit plus que jamais. La vérité et la justice finiront bien par ouvrir en grand le chemin qu’elles se sont déjà frayé. Dans cette lutte ils savent pouvoir compter sur la CGT des Bouches du Rhône et les militants de leur fédération encore nombreuses et nombreux aujourd’hui devant le tribunal à l’énoncé du verdict. En juillet j’ai enfin été entendu par la brigade financière suite au courrier que nous lui avions adressé dans l’été 2008. Apparemment l’inspecteur qui m’a entendu pendant 4h a été fort intéressé par les pièces que je lui ai fournies et nous avons prévu de nous revoir à la rentrée. De même d’autres éléments qui mettent en cause le système qui a prévalu et dont les salariés font les frais nous sont parvenus et seront rendus publics (Et dont Rouge Midi rendra compte NDR). Sans parler de toutes les manifestations prévues dont une montée à Paris au siège d’ADOMA. Nous ne resterons pas l’arme au pied en attendant le procès en appel du 17 décembre. On ne lâchera pas l’emploi !

 

 

 

[1] Mes propos exacts à l’époque et que j’avais oublié dans le détail (ils m’ont été rapportés après coup par des témoins de la scène qui n’ont rien à voir avec le conflit mais qui étaient présents ce jour là pour des raisons professionnelles) étaient, à l’encontre d’un des directeurs : « C’est un scandale ce que tu fais ! Soi disant tu travailles dans le social et tu ne paies pas les salaires ! De toute façon on ne lâchera pas ! »

 

[2] le seul témoin, employée du plaignant, ne s’est pas présentée à la confrontation au contraire des 6 témoins (dont l’avocat des salariés) qui m’innocentaient.

 

[3] "Dans ma tête je me disais : « Mais comment c’est possible ? Hoareau tenait d’une main Le Mons par le cou et de l’autre il n’a pas pu l’atteindre avec son poing ? Il n’a pas l’air d’avoir un bras plus court que l’autre ! ». Franchement cette accusation aurait mérité une reconstitution !! D’autant que Le Mons a déclaré ne pas avoir esquivé le coup mais que celui-ci l’avait effleuré…" Art ADOMA je t’aurai, je t’aurai

 

[4] " Il y eut celui sur les certificats médicaux de Le Mons : le 7 il va voir son docteur, le 8 il va voir le médecin de l’UML qui ne voit aucune trace de coup…et le soir il retourne chez son docteur qui écrit que la veille il a bien vu des traces sur le cou !" art déjà cité

 

Six "Conti" condamnés pour le saccage de la sous-préfecture

 


Jugés par le tribunal correctionnel de Compiègne, ils écopent de peines de trois à cinq mois de prison avec sursis pour le saccage d'une sous-préfecture en avril dernier. Le syndicat Sud réclamait leur "relaxe pure et simple".

 


Le tribunal correctionnel de Compiègne (Oise) a prononcé mardi 1er septembre des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix, dont son délégué CGT Xavier Mathieu
Ils étaient poursuivis pour "destructions en réunion de biens au préjudice de l'Etat", après le saccage de la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril dernier. Quelque 200 "Conti" avaient envahi les locaux dans le cadre d'une lutte emblématique pour la sauvegarde de leur usine, dont la fermeture avait été annoncée en mars.
Les condamnations sont très légèrement inférieures aux réquisitions du parquet qui avait demandé de trois à six mois de prison contre les "Conti".
Un septième prévenu a été relaxé par le tribunal, qui n'a prononcé aucune amende.
Lors du procès, le 17 juillet, Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental, avait reconnu un "dérapage" qui n'avait "pas été prémédité".


"Faire taire les Conti"


Lundi, l'Union syndicale Solidaires (Sud) a lancé un appel pour "la relaxe pure et simple" des sept ouvriers de Continental.
"Ces poursuites judiciaires s'inscrivent dans toutes les tentatives de faire taire les Conti, par la répression, face à leur lutte déterminée contre les licenciements. C'est la relaxe pure et simple que le tribunal de grande instance doit prononcer", a déclaré Solidaires (syndicats Sud et autres). Suite au rejet par la justice de leur demande d'annulation de la procédure de fermeture de l'usine de Clairoix, 250 à 300 salariés avaient saccagé la préfecture de Compiègne le 21 avril.


Le PS et FO solidaires


Le porte-parole du PS Benoît Hamon a affirmé mardi la "pleine et entière solidarité du Parti socialiste" à l'égard des salariés de Continental "condamnés injustement". Il a trouvé "insensé" que "les voleurs en col blanc se voient quasi amnistiés et ne soient pas traduits devant la justice par le gouvernement alors que les cols bleus quand il défendent leurs conditions d'existence se voient non seulement traduits en justice mais condamnés extrêmement sévèrement".
Le syndicat Force ouvrière a lui aussi mis en garde contre des dérives judiciaires. "On rentre dans un système de judiciarisation qui est préjudiciable", a affirmé le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly sur BFM. "Pour les Conti, il y a encore le civil, est-ce qu'on va les condamner à rembourser? Il faut être sérieux, la violence n'est pas toujours là ou on croit", a-t-il rajouté.

 

La CGT solidaire malgré la polémique sur Xavier Mathieu


La CGT a elle-aussi dénoncé "un jugement profondément injuste". "Alors que les salariés ont un impérieux besoin de sécurité dans leur emploi et dans leurs droits, d'un côté on criminalise ceux qui luttent face aux décisions unilatérales des actionnaires, de l'autre on fait preuve d'indulgence voire de connivence avec les dirigeants qui imposent leurs décisions stratégiques sacrifiant les entreprises et l'emploi", affirme le communiqué, signé par la confédération, l'Union départementale de l'Oise et la fédération de la chimie.
Le 20 août, la CGT de l'Oise et la fédération CGT de la chimie avaient condamné dans un communiqué "avec force les propos calomnieux" tenus par le "Conti" Xavier Mathieu envers Bernard Thibault. Le délégué CGT avait qualifié le numéro un de l'organisation de "racaille", "juste bon qu'à frayer avec le gouvernement".

 

Rentrée sociale: Bernard Thibault et François Chérèque affichent leur unité...

 

LE MONDE | 28.08.09 |

 

La pré-rentrée sociale s'est faite, jeudi 27 août, sous le signe de l'entente cordiale des secrétaires généraux des deux principaux syndicats français, la CFDT et la CGT. Alors que la crise continue de produire ses effets, avec l'augmentation du chômage, la multiplication des plans sociaux, François Chérèque et Bernard Thibault, tous les deux à l'avant-veille de leurs congrès respectifs – la CGT tiendra le sien en décembre et la CFDT en juin 2010 –, ont voulu afficher leur complicité en débattant de "l'avenir du syndicalisme".

 

Le numéro un de la CGT a répondu à l'invitation de son homologue à l'occasion de l'université d'été de la CFDT – une première qualifiée de "signe politique" –, qui s'est tenue à Boissy-la -Rivière (Essonne), du 25 au 28 août.

Ambiance décontractée, joutes humoristiques, sur l'essentiel, les deux hommes ont affiché leurs convergences. Ils ont aussi manifesté leurs inquiétudes sur la situation sociale, François Chérèque insistant sur le sort des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

 

Pour autant, hormis des mobilisations possibles dans certains secteurs comme l'éducation nationale – une réunion entre les syndicats d'enseignants se tenait vendredi – ou à La Poste, rien n'est encore annoncé comme échéance nationale de manifestation.

 

Après six journées d'action depuis le début de l'année, dont les dernières ont connu une mobilisation faible, les huit syndicats qui avaient fait causse commune (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, UNSA, FSU) cherchent le moyen de rebondir, alors que le front syndical donnait avant l'été des signes de faiblesse.

 

"TRAVAIL DÉCENT"

 

Dans l'attente de la réunion de l'intersyndicale dont la date n'est pas encore arrêtée, les responsables de la CGT et de la CFDT ont rappelé leur volonté de se mobiliser le 8octobre, à l'appel de la Confédération syndicale internationale (CSI) pour défendre le "travail décent".

 

Ils ont aussi souhaité le maintien du cadre unitaire qui a permis l'organisation des journées d'action avant l'été. Mais quel est l'avenir de l'intersyndicale, dont les dernières initiatives, en mai et juin, avaient montré leurs limites ? Les postures restent différentes : la CGT insiste sur la nécessité d'une "mobilisation intersyndicale pour obtenir de nouvelles inflexions dans la politique gouvernementale", quand la CFDT met plutôt l'accent sur le fait de "capitaliser et de mettre en œuvre ce qu'on a gagné", précise M. Chérèque.

 

FO, de plus en plus tentée d'affirmer sa singularité, reste attachée à l'organisation d'une journée de "grève interprofessionnelle de 24 heures". Jeudi, M.Chérèque a exprimé son opposition à une telle grève. "Entre l'enseignant qui fait sa rentrée dans une classe surchargée, l'infirmière qui va devoir gérer une épidémie de grippe A et des salariés qui se retrouvent en chômage partiel, qu'est-ce qui est unificateur ?", s'est-il interrogé.

 

Reconnaissant que "les manifestations avaient montré leurs limites", M. Chérèque a déclaré que la priorité de la CFDT, était de "mettre des forces sur le terrain pour aider les équipes locales en difficulté".

 

M. Thibault, quant à lui, a rappelé que "les attentes des salariés étaient fortes à l'égard des syndicats" et s'est inquiété de ceux qui pourraient vouloir la fin du cadre unitaire, visant sans le nommer le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

 

Sans perspective claire de mobilisation nationale, les syndicats sont confrontés au même défi que le gouvernement : le risque d'embrasement d'un conflit local. A cet égard M. Thibault cherche à calmer le jeu. Pris à parti cet été par Xavier Mathieu, délégué CGT à Continental qui l'avait traité de "racaille" et lui avait reproché son absence lors du conflit, le numéro un de la CGT a déclaré qu'il "ne répondrait pas aux insultes". Mais comme son homologue de la CFDT, il a dit comprendre la colère des salariés.

 

M. Thibault pourrait de nouveau se rendre, dans les prochains jours, à Molex, une usine située en Haute-Garonne, menacée de fermeture et en conflits depuis de longs mois.

 

 

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Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental Clairoix:

"La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde"

 

LEMONDE.FR | 26.08.09 |

 

Délégué CGT de l'usine Continental Clairoix promise à la fermeture,