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ACTUS de la GAUCHE RADICALE

Déclaration du Front de Gauche (PCF, PG, GU)
A l’occasion de la rencontre du 28 octobre 2009, entre le Parti de gauche, la gauche unitaire, le PCF, le NPA et d’autres formations de gauche, vous trouverez ci-dessous, une déclaration du Front de Gauche.
Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n’étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs.
Dans ce but, nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national.
Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d’aller ensemble aux régionales.
La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques. Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de constituer les bases de cet accord national :
La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe-Ecologie.
Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de
la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour
des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des
régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la
vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.
Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de
gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique
proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.
Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite.
Paris, le 28 octobre 2009.

Régionales : «L' offre» du PCF n'est pas acceptable...
NPA 27 octobre 2009
Dans la continuité de déclarations des ses dirigeants depuis des mois, "l'offre" que vient d'adresser le Conseil national du PCF pour les régionales au-delà des apparences, est bien socialo-compatible. Si la résolution votée indique que les listes «front de gauche élargies» ouvrent «un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie», elle contredit cela de plusieurs manières. D'abord en précisant que les listes seront autonomes «partout oùles conditions peuvent en être créées», des conditions que les communistes examineront «région par région». Ainsi, l'offre nationale, faite d'abord aux militants communistes, risque de déboucher sur une politique à géométrie variable. Pour savoir dans combien de régions le PCF contractera des accords unitaires de premier tour avec le PS, il faudra attendre la fin du vote des militants intervenant après la mi-novembre. Dans les coulisses du PCF, on annonce un minimum de quatre à cinq régions, certains allant jusqu'à pronostiquer 10 à 12, soit plus de la moitié.
Mais si l'ambiguïté de «l'élargissement» du front de gauche demeure, cela renvoie à une orientation de fond, condensée dans l'appréciation du bilan des 18 «majorités de gauche sortantes» auxquelles le bilan du PCF participe, certes qualifié de «contrasté», mais qui aurait «permis dans un grand nombre de régions de réelles avancées pour le quotidien de milliers de femmes et d'hommes». Rengaine somme toute assez classique qui consiste à peindre en rouge les politiques d'union de la gauche dans les régions ou au gouvernement et à n'entrevoir d'issue politique que dans la cogestion aux côtés des dirigeants socialistes. Une politique maintes fois expérimentée, avec le succès que l'on sait pour le «quotidien» de millions de travailleurs et de jeunes. Si la tentation de l'alliance PS/Modem est pointée du doigt, il n'est dit nulle part dans le texte que les dirigeants socialistes évoluent tellement vers la droite que leur programme est tout à fait compatible avec celui de Bayrou.
Logiquement, les objectifs fixés sont ainsi de «réunir les conditions de majorités régionales de gauche». Entendez, comme le dit Marie George Buffet en boucle sur les ondes à ceux qui n'auraient pas bien compris, avec le PS. En revendiquant que les listes unitaires adoptent «de façon claire» cette exigence, le PCF en fait un préalable à tout accord unitaire.
Le but de la manœuvre est de rompre les discussions avec le NPA en cherchant à lui faire porter le chapeau. Le PCF a participé en trainant des pieds à la première réunion unitaire proposée par le NPA et n'a donné aucune publicité à la déclaration commune qui en est sorti. Il n'a pas voulu signer le compte rendu de la dernière réunion pourtant acté par tous les autres participants. A l'entame de son CPN, un des ses principaux dirigeant, Pierre Laurent, a indiqué que la prochaine réunion unitaire serait la dernière...
Le NPA n'acceptera pas de rentrer dans le rang. Mais il ne veut acter la prise de position du PCF comme la fin du processus unitaire. Le NPA fait une autre proposition adressée à l'ensemble des composantes. Il reste à voir quelle sera la réaction des sept autres mouvements engagés. Pour le moment Jean-Luc Mélenchon «approuve la formule du texte communiste». Cela contredit ses déclarations précédentes et celles de son parti, les diverses déclarations unitaires, où l'on disait ne pas vouloir faire de la question de la participation aux exécutifs de région avec les socialistes un préalable et de l'indépendance vis à vis du PS une base de départ. Il serait tout de même paradoxal que ce parti, dont beaucoup de dirigeants et de militants sont issus du PS, se voie finalement ramené dans son giron un an après...
Unité de la gauche radicale ou unité avec le PS, il faut choisir.
Frédéric Borras

Déclaration du Parti de gauche : De toutes nos forces pour l'unité de l'autre gauche !
Le PCF a diffusé lundi un communiqué titré «le rassemblement ne fait pas bon ménage avec les coups de forces médiatiques». Il implique personnellement Jean-Luc Mélenchon et ainsi le Parti de Gauche qu'il préside. Il nous place dans l'obligation de répondre au risque d'une publicité de nos débats que nous n'avons pas souhaitée.
A quelques jours d'un CN qui sera décisif pour le Front de Gauche puisque le PCF y fera une offre nationale pour les régionales, nous regrettons et la forme et le fond de ce communiqué. Nous ne comprenons pas les raisons d'un tel décalage entre les propos réellement tenus par Jean-Luc Mélenchon et la version qui en est donnée par ce communiqué. Nous ne voulons pas participer à une polémique que nous jugeons vaine. Nous ne voulons pas fragiliser une alliance qui est le coeur de notre stratégie. Mais notre alliance ne peut se développer, et s'élargir, que dans des rapports égaux et francs. Nous publions donc cette déclaration pour corriger les informations erronées que contient le communiqué du PCF. Nous sommes certains quau final les responsables et militants communistes le comprendront : le respect que nous attendons de leur parti est la plus sure garantie que la réciproque soit toujours vraie. Pour notre part nous n'y avons jamais manqué.
DOUBLE CANDIDATURE AUTO-PROCLAMEE ?
Commençons par le plus commenté : « Quant à la deuxième déclaration de candidature du premier responsable du Parti de Gauche en une semaine, cette fois en Ile-de-France, elle apparaît peu acceptable du point de vue du respect mutuel due aux partenaires et à leurs militants. La démocratie et la concertation sont préférables à l'auto proclamation » déclare le communiqué. Quelle est cette première déclaration de candidature dont parle ce communiqué ? Jean-Luc Mélenchon n'a fait aucune autre déclaration à propos de sa candidature en dehors de ce qu'il a dit dans le cas de l'Ile-de-France. Les informations parues dans «L'Express» et «Midi libre» sur sa candidature en face de Georges Frèche sont de la seule responsabilité de ces médias et n'ont jamais été commentées par lui d'aucune façon. Pour ce qui concerne l'Ile-de-France, chacun peut vérifier ce qu'il en est en consultant le site de France 3. Après avoir montré que l'affaire de l'aménagement immobilier de « la Défense » était le véritable enjeu de la nomination de Jean Sarkozy à l'EPAD, il a montré que, de ce fait, la prochaine élection régionale en Ile-de-France incluait une confrontation avec le Président de la République lui-même. Interrogé sur sa candidature dans cette région par le journaliste, et non de sa propre initiative, il a répondu : « si c'était possible, j'en serais (...). C'est clair il y a plein d'autres candidats parfaitement capables au PCF, PG, NPA ... Cela m'intéresse, si on le veut. Mais je ne vais créer moi-même une bousculade ... ». Où est l'auto-proclamation ? Comment faudrait-il nommer alors les candidatures communistes annoncées aux européennes avant toute concertation au sein du Front de Gauche ? Et celles déjà annoncées en vue des prochaines élections dans plus d'une région ? Le président de notre parti est légitime, autant que d'autres en Ile-de-France, dont il a été élu local et national pendant de nombreuses années. Une offre de service n'est pas une auto proclamation. Dire le contraire n'est respectueux ni de la vérité, ni de la personne, ni du partenariat dans le Front de Gauche.
UN ACCORD PRATIQUEMENT SCELLE ?
Un point important du communiqué concerne la question cruciale des discussions dans le cadre du groupe de travail de l'autre gauche. Le communique déclare « Jean Luc Mélenchon salue un accord pratiquement scellé entre le NPA, le PCF et le Parti de gauche. La vérité oblige à dire qu'un désaccord sérieux persiste sur la volonté de construire des majorités de gauche excluant, certes, toute compromission avec le Modem, mais prenant toutes leurs responsabilités jusque dans les exécutifs, dans l'application des mesures qu'elles auront portées devant les électrices et les électeurs. » Précisons d'abord que les propos de Jean-Luc Mélenchon n'évoquent nullement « un accord pratiquement scellé ». Il répond ainsi au journaliste Samuel Etienne : «vous pensez que nous n'y arriverons pas (à l'accord de toute l'autre gauche) ? Peut-être aurez-vous raison et que je n'y arriverais pas, mais pour le moment ça avance bien». La vérité oblige à dire qu'il a raison. Si on s'en tient aux points concrets et si l'on se souvient des divergences affichées entre les forces du Front de Gauche et le NPA lors des européennes, nul ne peut nier les avancées en cours.
Quelles sont-elles ?
- Le principe d'une fusion démocratique avec le PS et Région-Ecologie est acté : il s'agit bien de nous regrouper au 2ème tour sur une liste unique de la gauche pour battre la droite.
- Les discussions en cours n'évacuent pas la question des gestions des régions. Le NPA a bien validé dans le compte rendu de la réunion du Groupe de travail du 16 octobre la phrase suivante : « Tout le monde est à ce stade grossièrement d'accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours ». Il n'y a donc pas de refus de principe, dans toutes circonstances, de gérer les régions.
- Le NPA n'évacue pas la question de la mise en Suvre du programme que nos listes pourraient défendre. Mais à ce stade il ne l'imagine pas possible dans des exécutifs dominés par le PS tel qu'il est. Le NPA écrit : « Nous nous engageons à le défendre (le programme) dans les conseils régionaux et à le mettre en Suvre partout où le rapport de forces le permettra. Mais nous ne sommes pas prêts à brader nos idéaux, à tourner le dos aux aspirations populaires, à nos responsabilités d'écologistes radicaux, dans un gouvernement de région dirigé par le PS tel qu'il est ». Cette formule contient une part de vérité partagée par nous. Qui, dans l'autre gauche, est certain de pouvoir appliquer de vraies mesures de gauche, « excluant toute compromission avec le Modem » pour reprendre les termes du PCF, dans un exécutif dirigé par le PS tel qu'il est ? Le PCF lui-même indique d'ailleurs dans le texte qu'il a proposé au groupe de travail que cette participation aux exécutifs se ferait sous conditions. Et on voit bien que si un rapport de force suffisant ne se dessine pas, « le PS tel qu'il est », n'exclura pas, pour ne reprendre qu'un seul point, les compromissions avec le Modem ! Chaque élection partielle le démontre.
Avec d'autres organisations membres du groupe de travail, le PG propose trois conditions à toute participation aux exécutifs : le contenu de l'accord, le rapport de force permettant de l'appliquer et le refus d'une alliance avec le Modem. Le NPA a jugé irréaliste lors de la réunion du 16 octobre, la possibilité de tels accords de gestion si nous ne sommes pas en tête de la gauche. On doit entendre ses arguments. Mais pour notre part nous voulons montrer que la situation au soir du premier tour sera nécessairement plus complexe, du fait des résultats que feront les listes «Région-Ecologie». C'est pourquoi nous proposons de ne pas nous enfermer dans un vis-à-vis avec le PS. Nous proposons de juger au cas par cas. Et de tenir compte aussi du déroulement de la campagne nationale et régionale.
Voilà les pistes que nous avancerons sur cette question lors des réunions du Groupe de Travail prévues le 28 octobre au siège du PCF puis le 2 novembre à celui du NPA. Mais il en est d'autres à explorer bien sûr.
La première c'est notre capacité à nous entendre sur un programme. Le NPA a expliqué, toujours lors de la dernière réunion du Groupe de travail commun, que « la question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point de départ ». Nous sommes d'accord. C'est pourquoi nous insistons depuis plusieurs réunions pour que l'on entre dans le travail d'élaboration des programmes qui, en réalité, définiront le profil de nos listes bien plus que des discours d'intention.
La seconde, préalable à tout, c'est un accord national pour des listes autonomes du PS et des Verts au premier tour. Nous travaillons pour que ce soit des listes d'union de toute l'autre gauche. Car sans cela comment espérer réunir une majorité sur un programme vraiment à gauche ? Sans ces listes la mobilisation des classes populaires tentées par l'abstention ne se réalisera pas. La confusion est ennemie de la mobilisation.
Dans ce contexte, nous disons à nos camarades communistes que nous attendons avec impatience, mais confiance malgré ces différends, leur offre nationale ce week-end. Nous savons qu'ils tiennent autant que nous à la stratégie du Front de Gauche. Comme nous ils veulent sans doute en faire un point d'appui pour une alliance plus large regroupant toute l'autre gauche et les prochaines dissidences socialistes. Nous avons bien avancé vers notre objectif. Et notre Front de gauche aussi a bien progressé. En décidant comme nous l'avions proposé la constitution d'un comité permanent du Front de Gauche et la mise au point de plateformes partagées nos partis ont ouvert un chemin mobilisateur et créatif. Nous souhaitons poursuivre dans cette voie de rapprochement progressif pour offrir à notre pays une alternative progressiste crédible autant qu'audacieuse.

Déclaration du Comité exécutif
du NPA :
pour un rassemblement de la Gauche radicale !
Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'adresse, quelques semaines après la rentrée et à quelques mois de l'échéance électorale des régionales, à toutes celles et tous ceux qui n'en peuvent plus de cette droite réactionnaire, mais qui ne veulent plus d'une gauche gestionnaire qui a renoncé à transformer la société. Ras le bol des attaques de la droite, mais assez d'une gauche plus préoccupée de rechercher l'alliance d'un homme de droite comme François Bayrou, des présidentielles de 2012 que d'opposer un front uni et cohérent au projet Sarkozyste.
Sans surprise le gouvernement utilise les marges de manœuvre que lui procurent les résultats des Européennes et l'absence d'opposition organisée, unie et déterminée face à sa politique. Du coup, la feuille de route des contre-réformes est observée dans toute sa rigueur touchant les acquis sociaux et les libertés publiques du plus grand nombre. Si bon nombre « d'affaires » qui se multiplient en cette rentrée ont leur fonction d'écran des problèmes réels, le népotisme, l'arbitraire et l'hyper autoritarisme du pouvoir de la droite, fonctionnent à plein, il est vrai permis par le fonctionnement des institutions de la Ve République.
L'enjeu est de taille, il s'agit de faire payer la crise du capitalisme, la crise écologique, à une majorité de la population qui n'en est pas responsable. Faire semblant que tout change (bonus, parachutes dorés, paradis fiscaux) alors que rien ne change. Le projet de privatisation de La Poste est là comme un symbole du maintien du dogme libéral. Le débat lancé sur la taxe carbone, le « nouveau grenelle » sur les retraites et la réforme territoriale, pour ne prendre que ces exemples, ont comme point commun d'illustrer la facture de la crise. C'est en nous faisant travaillant plus, sans gagner davantage que le MEDEF et Sarkozy, entendent régler l'addition et sauvegarder leurs privilèges. Ce qui implique de travailler le dimanche, de remettre en cause les 35 heures, d'allonger la durée de cotisations pour les retraites, d'organiser de nouvelles coupes sombres dans les dépenses publiques en reformatant l'Etat (abandon de ses missions sociales au profit de priorités répressives).
Alors même que chômage et licenciements, stagnation du pouvoir d'achat, frappent de plus en plus à la porte de la population, le pouvoir s'est fixé une nouvelle échéance clé dans la route d'une éventuelle réélection en 2012 : faire des régionales un test grandeur nature de rapports favorables au camp réactionnaire permettant une nouvelle phase d'offensives politiques et sociales. C'est bien pourquoi les résistances et mobilisations de cet automne et la préparation des régionales forment une même séquence politique où doivent se combiner une opposition frontale au MEDEF et à la droite, et la radicalité de réponses alternatives face à la crise, nécessitant l'unité et le rassemblement.
Car rien n'est fatal. La mobilisation qui a accompagné la consultation populaire pour défendre le service public postal, les luttes contre les licenciements qui commencent à se coordonner, l'impopularité manifeste de l'équipe gouvernementale et des principales mesures phares de celle-ci, montrent que le rapport de force peut s'inverser, que l'espoir peut changer de camp. Mais il est vrai, que l'absence de stratégie de mobilisation de la part des principales directions syndicales pèse lourd dans la situation.
Les opérations de mise en œuvre d'un centre gauche, comme la priorité mise dans l'organisation de primaires pour la prochaine présidentielle permettant à chacun d'assister au spectacle de la multitude d'ambitions au PS et du vide du projet proposé, illustrent une nouvelle fois la défaillance d'une gauche d'adaptation qui n'a plus la volonté et les outils pour s'opposer sur le fond à la logique capitaliste et aux projets de la droite. Il y a eu suffisamment d'exemples en Europe pour connaître le coût de telles expériences.
Mais le résultat des européennes, dont on sait pourtant que par l'absence de participation électorale des classes populaires et des plus jeunes il n'est qu'une photographie partielle des rapports de force réels, donne du poids à une coalition rose-verts-orange qui soi-disant pourrait battre Sarkozy. C'est pourtant, de notre avis, l'histoire d'une défaite annoncée car une telle coalition ne contesterait Sarkozy que sur la forme de l'exercice du pouvoir et pas sur le fond de son projet de société. Cette coalition ferait l'impasse par exemple sur la répartition des richesses et ne chercherait pas dans les combats d'aujourd'hui à défaire les projets gouvernementaux.
C'est la brutalité de la situation qui exige un rassemblement sur des bases claires.
Il s'agit de savoir, au-delà de mobilisations unitaires contre le pouvoir, si la gauche radicale est au rendez-vous. Au rendez-vous des luttes et des confrontations sociales. Au rendez-vous des réponses anticapitalistes, à la définition d'un programme de rupture face au défi de la crise générale du système. Au rendez-vous des régionales. Des forces sont disponibles pour relever ces défis. Qu'il s'agisse d'affronter dès maintenant un pouvoir impopulaire et lui infliger des reculs, des défaites sur le terrain social, celui des mobilisations et des résistances. Ou de remettre en cause l'hégémonie social-libérale ce qui implique de modifier en profondeur les rapports de force à gauche, de construire une gauche indépendante de la direction et des orientations du PS. Ces forces, nous les appelons la gauche radicale.
Combien sommes-nous de militants de partis, syndicalistes, militants associatifs, féministes et écologistes qui enragent de cette situation ? Il est temps de s'unir dans la durée et dans la clarté. De se rassembler dans les luttes et dans les élections... C'est l'occasion de montrer que nous sommes capables, déterminés à affronter ce double défi.
C'est pourquoi le NPA a initié depuis cet été un processus de discussion entre différents partis politiques pour présenter ensemble des listes unitaires de la gauche radicale dans les 21 régions métropolitaines. Des listes qui soient ouvertes aux militants du mouvement social, mais où les partis politiques nationaux joueraient pleinement le rôle de levier, de mise en place d'un cadre national visant à regrouper autour d'un projet politique de rupture. Cette démarche s'est adressée au PCF, au Parti de Gauche, à Lutte Ouvrière, au Forum Social des Quartiers Populaires, aux Alternatifs et à la Fédération, au MPEP et à Socialisme et république, au PCOF comme à la Gauche unitaire. Nous avons tenu plusieurs réunions et adopté une déclaration et une méthode de discussion pour nous mettre d'accord sur un rassemblement de la gauche radicale.
La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur.
Oui, il faut battre la droite ; oui, il ne faut pas confondre un électeur socialiste d'un électeur UMP. Mais, dans le même temps, il faut enregistrer qu'existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions. L'enjeu est bien plus élevé que la conquête négociée de quelques postes, il s'agit d'inverser les rapports de force à gauche, de redonner confiance au monde du travail, aux jeunes et de porter une perspective politique et sociale qui ose refuser tout licenciement, toute suppression de postes dans la fonction publique, qui se fasse le porte-parole de la convergence des luttes et des résistances dans le but de mettre un terme aux nuisances du capitalisme en soumettant les grandes banques et les grandes entreprises au contrôle des salariés et de la population.
Si les régionales permettaient d'avancer en ce sens, alors nous aurions fait un grand pas. À l'heure où nous écrivons, un premier rassemblement s'est opéré mais des obstacles subsistent en particulier parce que la direction du PCF se situe dans une perspective de reconduction d'une politique d'union de la gauche, de gestion des exécutifs avec le PS comme le revendique sa principale dirigeante. Pour autant il ne s'agit pas de renoncer mais de continuer à avancer en rassemblant les forces disponibles, c'est le sens de la politique unitaire menée par le NPA.
Le 22 octobre 2009

Bataille unitaire :
le PCF face à ses contradictions
Le vendredi 16 octobre s’est tenue au siège des Alternatifs la 3ème réunion unitaire de la gauche radicale.
Le PCF, représenté par une délégation réduite, avait produit, comme il s’y était engagé, une contribution censée constituer le support d’un débat stratégique incluant le 1er et le second tour des élections régionales.
Ce texte n’avait en réalité que fort peu de contenu politique, se contentant de poser en préalable la nécessité de s’inscrire dans une «ambition majoritaire» et donc de prendre l’engagement de tout faire pour constituer au second tour des «majorités solidement ancrées à gauche». Chacun comprend que pour un PCF qui a décidément deux cadres de négociation pour les prochaines échéances électorales, imposer de telle formules sans qu’elles soient assorties du moindre contenu programmatique revient à tenter de n’en rompre aucun, et d’exclure le NPA du cadre unitaire qu’il a lui-même initié. En effet, parler de vocation majoritaire sans aborder le programme laisse toutes les possibilités ouvertes, y compris un programme rendu socialo-compatible pour être bien sûr que l’accord se fasse, aux conditions du PS … Au total, le PCF a tenté de faire passer sur une base écrite l’objectif tactique qu’il se fixe de réunion en réunion: isoler le NPA en convainquant les autres forces présentes de s’inscrire dans un cadre politique inacceptable par le NPA.
Ces manœuvres se révèlent pourtant à courte vue dans la mesure où elles font l’impasse sur un élément auquel l’ensemble des organisations partie prenante, hormis le PCF, sont attachées: le préalable indispensable pour proposer ensemble une alternative crédible au social-libéralisme, c’est un accord national pour des listes autonomes et indépendantes du PS dans les 21 régions métropolitaines. Ce n’est évidemment pas un cadre dans lequel le PCF est en mesure de s’inscrire: si on ignore encore le nombre exact de régions dans lesquelles il sera dès le premier tour en alliance avec le PS et la manière dont il formulera, au terme de son Conseil national, son «offre politique nationale», nul doute qu’il adoptera dans les faits une stratégie à géométrie variable. Son choix à l’heure qu’il est n’est pas de rompre avec la stratégie adoptée en 2004, consistant à cogérer une majorité de régions avec le PS, et donc à assumer sa part du bilan du mandat qui s’achève en mars 2010.
De nombreuses organisations se sont vigoureusement prononcées pour que l’on puisse acter ensemble le principe d’un accord national comme préalable à la poursuite de la discussion, notamment le PG, les Alternatifs, la Fédération et bien sûr le NPA. Soucieux de respecter les rythmes de son partenaire du Front de gauche, le PG a souhaité qu’on attende pour cela le CN du PCF. C’est donc à la prochaine réunion, fixée le 28 octobre, que la question devrait être tranchée. Pourtant, les représentants du PCF ont d’ores et déjà indiqué que leur offre nationale, quelle qu’en soit la nature, ne les engagerait dans les faits qu’une fois validée dans les régions, soit à la fin du mois de novembre … Pas sûr qu’on puisse «respecter les rythmes» jusqu’à cette échéance bien tardive. Il est bon en tous les cas que se multiplient aussi les discussions au niveau régional. Elles sont évidemment de nature différente selon le cadre local, notamment si un accord PCF-PS est déjà bouclé ou en passe de l’être, comme en Bretagne ou en Basse Normandie …
Autre question abordée, celle des exécutifs régionaux. Le NPA a réaffirmé sa position notamment par le biais de sa propre contribution au débat: pas question de cogérer les régions avec le PS tel qu’il est, dans le cadre des rapports de force tels qu’ils sont. Mais il a également tenu la même ligne de conduite qu’aux précédentes réunions: on ne discute pas d’abord du 3ème tour mais du programme de rupture que nous voulons pouvoir proposer et mettre en oeuvre, et c’est du débat sur cette question que découle l’incompatibilité programmatique avec les socio-libéraux. Si les autres forces attachées à un cadre national indépendant au premier tour ne partagent pas notre position sur le sujet, nous souhaitons les convaincre que les conditions qu’elles-mêmes posent pour une participation aux exécutifs ne sont pas aujourd’hui réunies.
Ingrid Hayes

Communiqué des Alternatifs
du 16 octobre 2009
Maintenant, avancer vers l’unité de l’autre gauche
Jean-Jacques Boislaroussie et Rachel Lafontaine, portes-paroles des Alternatifs
Le 16 octobre, les formations de la gauche de transformation sociale et écologique ont abordé sur le fond la question de la stratégie de construction de leur rassemblement aux élections régionales. Rien n’est encore acquis, mais un débouché unitaire est possible. Une nouvelle réunion aura lieu le 28 octobre, les Alternatifs souhaitent qu’elle permette enfin l’affirmation d’un positionnement commun en faveur de listes untaires des gauches anticapitalistes, antilibérales et de l’écologie radicale, et que s’engage le travail sur un projet alternatif commun.
CONTRIBUTION DES ALTERNATIFS REUNION DU 16 OCTOBRE
Le processus de discussion engagé entre les forces de la gauche de transformation sociale et écologique doit conduire chacune de ces forces à exposer clairement sa stratégie : c’est la condition d’un travail en commun en confiance et dans la durée.
Pour les Alternatifs l’enjeu stratégique est de faire émerger une gauche alternative, féministe, autogestionnaire et écologique, à vocation majoritaire, ancrée dans les mobilisations et à même de porter et appliquer des objectifs permettant de dépasser le capitalisme productiviste.
Le combat contre ce système est à mener d’abord dans les mobilisations sociales et aussi dans les urnes.
La mobilisation populaire est la clef de ce combat, et ce, quelles que soient par ailleurs la place respective que peuvent donner nos diverses organisations aux luttes et aux élections dans leur stratégie. Etre en capacité de porter des réformes majeures d’abord dans les luttes, et si les conditions en sont remplies dans les institutions, est aussi un facteur de construction d’une gauche d’alternative. En effet, l’enjeu pour la population se situe sur ce terrain plus que sur celui du changement des rapports de forces entre formations de gauche, souvent renvoyées dos à dos dans une période de crise profonde de l’engagement et des perspectives politiques.
Le système capitaliste n’est plus supportable, sur les plans économique, démocratique, social, et écologique. On ne peut s’en tenir à des aménagements à la marge. Une alternative globale est vitale : là est la ligne de partage première avec les sociaux et écolos libéraux.
Aucune de nos organisations n’est seule en mesure de construire une force politique efficace à une échelle de masse. Ensemble, nos organisations doivent constamment contribuer à développer l’échange, sans hiérarchisation entre le social et le politique, avec les mouvements d’émancipation, féministes, altermondialistes, écologistes, sociaux, démocratiques…
Nous ne pouvons préjuger de la forme que prendra/prendront la force/les force(s) politique(s) au service de l’émancipation. Au stade actuel, c’est un front commun durable des forces et organisations de la gauche de transformation écologique et sociale qui est à l’ordre du jour. Le front commun peut donner espoir dans les luttes, et force à nos propositions. Sa durabilité est condition de crédibilité.
Nous devons assumer la rupture stratégique avec le sociaux et écolo-libéraux et leurs organisations, car nos projets sont contradictoires. Mais cette affirmation ne nous conduit pas à mettre un trait d’égalité entre la droite d’une part, le PS et les écolo-libéraux d’autre part, et ce, tant en termes de bases sociales que d’orientation. Nous pouvons assumer des compromis avec ces forces sur des plate formes communes, mais toujours à l’aune des rapports de forces et de contenus en mesure de changer vraiment la société, pas au nom d’un moindre mal souvent alibi de l’alignement.
Pour ce qui concerne les élections régionales, cette démarche conduit les Alternatifs au positionnement suivant :
Les Alternatifs réaffirment leur orientation en faveur d’un rassemblement durable, dans les mobilisations comme dans les urnes, d’une gauche de transformation sociale et écologique, pour une alternative au capitalisme et au productivisme. Cette construction politique nécessite tout autant l’unité des organisations politiques de gauche de transformation sociale et écologique que la mobilisation et la créativité populaire, non comme relais des partis politiques mais comme contribution décisive au processus de rassemblement.
Les régionales à venir peuvent être l’occasion de faire un pas en avant pour, ensemble, avec les citoyens-ne-s, les associatifs et les syndicalistes, porter les exigences des travailleurs et des classes populaires, et contribuer ainsi à encourager, renforcer l’unité contre la droite et le patronat pour changer le rapport de force.
Au premier tour, les Alternatifs défendent la perspective d’un accord national pour des listes communes de la gauche et de l’écologie antilibérales et anticapitalistes, sur la base d’une plate- forme et de propositions communes, listes indépendantes du PS.
Nous ne sous-estimons pas le travail qui a pu être mené par des élu-e-s du PCF, du PG et d ’autres courants dans les conseils régionaux, cependant, pour les Alternatifs des listes untaires larges de la gauche de transformation sociale et écoloqiue peuvent permettre de renforcer la présence de la gauche anticapitaliste et antilibérale dans les conseils régionaux, d’adosser le travail de ses futurs élu-e-s à une vrai dynamique politique et militante.
Pour le second tour, afin de battre la droite, les Alternatifs défendent une fusion démocratique assurant une répartition juste entre les différentes listes se réclamant de la gauche et de Régions Ecologie. Une telle démarche exclut des accords avec des listes intégrant le MODEM.
Les élu-e-s issu-e-s du rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique seront au service des mobilisations et porteurs de propositions alternatives. En cas de victoire face à la droite, si le rapport de force ne permet pas d’appliquer un projet commun, nous ne nous engagerons pas dans une solidarité de gestion. Les élus s’engageront à soutenir toute proposition allant dans le sens du projet et à combattre toute proposition contraire.
Pour les Alternatifs, l’existence de divergences sur le type d’accords après le deuxième tour (participation ou non à l’exécutif régional) parmi les composantes du rassemblement ne doit en aucun cas être un préalable au rassemblement lui-même ; le pluralisme de celui ci doit être assumé et il faut battre la droite.
C’est avec la volonté d’aboutir à un accord politique pour les élections régionales, première étape d’un front commun durable à vocation majoritaire, que les Alternatifs participent aux réunions de toutes les forces de la gauche antilibérale et anticapitaliste.
Les Alternatifs agiront pour que s’engage maintenant, à partir de ce cadre unitaire, un large débat :
- sur les contenus d’une politique en rupture avec la logique du système capitaliste et du productivisme pour les régions,
- pour une politique de solidarité et de coopération juste et équitable au niveau international
- pour des démarches et propositions communes au service des mobilisations populaires
- pour l’ouverture, à travers la mise en place de forums citoyens, de ce cadre unitaire aux citoyennes et aux citoyens, associatifs, syndicalistes, intéressé-e-s par les contenus et la démarche de ce rassemblement
- plus globalement pour des discussions sur tous les points à régler pour trouver un accord, y compris la démarche stratégique, permettant de construire l’unité de la gauche de gauche et de l’écologie radicale.
Afin de ne pas dissocier le dire et le faire, nous devons travailler à un programme pour les régions et aux mesures clés à porter dans les conseils régionaux, y compris dans le cadre de discussions avec le PS et les Verts. A défaut, nous reproduirions les vieilles démarches : programme radical pour les élections, compromis au rabais dans les institutions.
Notre responsabilité est grande : divisés nous laisserions le champ politique s’organiser à gauche autour d’un débat entre le PS et les Verts, avec l’appoint éventuel du MODEM. Construire notre unité, c’est refuser le choix sans espoir entre soumission au PS et marginalité, c’est aussi exprimer et traduire en positif à travers un projet alternatif l’écœurement généralisé et la désespérance et la colère sociale grandissantes qui peuvent -faute d’espoir et de perspectives- faire l’objet d’une récupération par l’extrême-droite.

BELLACIAO - "Maintenant, avancer vers l'unité de l'autre gauche ...
18 oct 2009 ... "Maintenant, avancer vers l'unité de l'autre gauche"
dimanche 18 octobre 2009 (12h02). Communiqué des ALTERNATIFS du 16 octobre 2009 ...
bellaciao.org/fr/spip.php?article92689 - Publié il y a 1 heure

Interview de Jean-Luc Mélenchon dans La Marseillaise - 16 octobre 2009
Vous venez de déclarer que « les choses avancent bien » pour l'unité de la gauche radicale aux prochaines élections régionales. Quelles sont les raisons de cet optimisme?
Souvenez-vous. On nous avait prédit qu'il serait impossible de nous retrouver ensemble, que la fracture entre le Front de gauche et le NPA était trop profonde. Or des réunions de toutes les organisations de « l'autre gauche » se sont tenues. Une nouvelle rencontre est prévue pour ce vendredi 16 octobre. Depuis les élections européennes, des rencontres bilatérales entre nos organisations ont défriché le terrain. L'esprit de responsabilité l'a emporté sur l'esprit de chicane.
Certes, je ne cache pas la réalité des difficultés à surmonter. La campagne des Européennes a laissé des traces. En outre, le décalage du calendrier politique de chaque formation ne facilite pas la démarche. Le Parti de gauche s'est prononcé dès le 13 juin pour des listes autonomes de l'autre gauche. Le NPA a pris position à la rentrée. Le Conseil national du PCF rendra publique une offre politique nationale le 24 octobre prochain. Mais il faut respecter le processus de décision de chaque partenaire.
Selon vous, ces handicaps peuvent-ils être surmontés?
Je le crois. Lors de la première réunion, alors que les discussions ont été vigoureuses, nous avons été capables d'adopter une déclaration qui rend possible un cadre commun pour les élections régionales.
Nous ne sommes pas au bout du chemin. Des questions restent en débat. Nous avons offert que le PCF fasse une proposition de texte pour la réunion de ce vendredi. Cela pourrait faciliter sa démarche.
Sincèrement, j'estime que les choses ne se présentent pas trop mal.
Quelles sont vos propositions ?
Au premier tour, nous sommes partisans de listes autonomes de l'autre gauche dans toutes les régions. Au second tour, du rassemblement de toute la gauche autour de la liste arrivée en tête.
Je considère que les points de vue sont moins éloignés qu'on ne le croit. Le PCF n'est pas partisan de participer partout à l'exécutif, comme il l'a montré dans la région Nord Pas-de-Calais. Quant au NPA, peut-il soutenir l'idée de toujours refuser d'y participer ? Même si la liste de l'autre gauche est en tête ? On ne doit pas s'enfermer dans le « toujours » ou le « jamais ». Avec les Alternatifs, le Parti de gauche propose d'utiliser trois critères pour répondre à la question de la participation aux exécutifs. Quel système d'alliance du PS au second tour ? Quel contenu du projet ? Quels rapports de force ?
Nous pourrions les examiner dans chaque région après le premier tour.
Après une période d'hésitation, le Parti de gauche a décidé de participer à l'organisation des Ateliers de la gauche. Où en est le Front de gauche aujourd'hui ?
A l'origine, les Ateliers ont été mal engagés. Nous avons appris par le PCF quels en seraient les thèmes, les dates, les lieux. Dans ces conditions on ne pouvait parler de co-organisation. Le Front de gauche est une construction commune. Il n'y a pas un grand frère et les autres qui suivent.
De plus, une certaine ambiguïté subsistait sur l'objectif de ces Ateliers. Certains responsables du PCF expliquaient qu'il s'agissait de définir un projet commun avec ceux qui y participent. Le PS ? , les Verts ? Pour nous, il ne peut en être question. Nous voulions une clarification.
D'abord l'élaboration d'une plate-forme partagée entre nous, ensuite une discussion avec les autres. Le périmètre du Front de gauche ne doit pas se diluer. Il ne peut s'élargir au PS. Ce n'est pas son but.
Mais cet épisode ambigu n'est pas l'essentiel. Ensemble, nous avons décidé la création d'un comité de liaison permanent du Front de gauche. C'est un événement de grande portée qu'il faut davantage valoriser.
Vous faites la proposition d'un « paquet électoral » liant régionales, présidentielle et législatives. Dans quel but ?
Pour le Front de gauche, nous devons construire des perspectives ambitieuses, de long terme. Il serait contre-productif de repartir à zéro après chaque élection. Au contraire, il faut créer des dynamiques d'une élection à l'autre.
Notre proposition vise à constituer un pôle stable de rassemblement, mais aussi de « décongestionner » la question de la présidentielle en la liant aux législatives. La présidentielle doit être un point d'appui pour aborder ces dernières.
Nous devons nous inspirer de ce que fait et réussit Die Linke en Allemagne.
Presqu'un an après sa création, quel est le bilan de santé du Parti de gauche ?
C'est très difficile de construire un nouveau parti. Mais globalement, la dynamique est bonne. Notamment depuis le bon résultat des Européennes.
Dans les prochaines semaines, nous allons être rejoints par un groupe d'écologistes animé par la députée Martine Billard. En décembre, nous tiendrons une convention nationale qui adoptera notre manifeste, un plan d'urgence social et écologique. Rude programme.
manifeste_PG_regionales.pdf
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Régionales :
la bataille pour l’unité de la gauche radicale se poursuit
Le 7 octobre dernier, s’est tenue une nouvelle réunion pour déterminer la stratégie des partis à la gauche du PS, pour les élections régionales.
Le NPA est résolument engagé dans une bataille unitaire offensive pour le nécessaire rassemblement en soutien aux mobilisations de celles et ceux qui refusent de payer la crise, mais aussi pour les régionales de mars 2010. En effet, pour nous l’unité n’est pas une affaire tactique mais une question stratégique, liée aux coordonnées de la situation politique et sociale. C’est à cette nécessité que nous avons apporté une première réponse – certes insuffisante et partielle – en constituant ensemble le NPA.
C’est à cette nécessité que tente de répondre notre politique unitaire.
Nous avons pris l’initiative d’une première réunion de la gauche radicale, le 28 septembre dernier. À cette occasion, la délégation du NPA a défendu l’objectif d’une déclaration commune fixant un cadre de travail pour la suite des événements. Seuls le PCF et la Gauche unitaire – cette dernière s’étant visiblement attribué la fonction de bouclier du Colonel-Fabien – n’y étaient pas favorables. Mais la pression de l’ensemble des autres forces présentes a permis de l’emporter, au prix de l’adoption d’une formule autorisant une double lecture des conditions dans lesquelles nous pourrions mener une politique alternative dans les régions. Au début de la deuxième réunion, le 7 octobre, le PCF (et la Gauche unitaire…) campait sur une position très dure à notre endroit, portant le fer à la fois sur nos prétendues réticences à appeler à battre la droite et surtout sur la nécessité d’un accord préalable sur les majorités de gestion, y compris avec le Parti socialiste.
Le NPA a insisté sur la situation inédite dans laquelle se trouvait la gauche avec l’évolution accélérée du PS, rappelant que les socio-libéraux ne menaient pas dans le cadre des régions une politique différente de celles qu’ils mettent en œuvre au niveau national lorsqu’ils sont au pouvoir, et que l’incompatibilité programmatique entre ceux qui veulent gérer le système et ceux qui veulent rompre avec lui était donc valable aussi pour ces échéances.
Ainsi, s’il est bon, par exemple, que le cadre unitaire de lutte contre la privatisation de la poste inclue le PS, il en serait différemment s’il fallait s’accorder sur des propositions alternatives, au vu du bilan gouvernemental de la gauche dite plurielle sur le simple terrain de la destruction des services publics.
Cette recherche d’une unité, basée sur l’indépendance vis-à-vis du PS et de l’opération de recomposition au centre gauche, est partagée par bon nombre de mouvements participant à ces réunions. Une fois encore, la tonalité générale qui s’exprimait a donc contraint le PCF à revoir sa position de départ. Il a dû à la fois admettre qu’il lui faudrait rester dans le cadre unitaire au-delà du 7, accepter que débute la discussion sur le programme et proposer comme introduction de la réunion suivante un texte énonçant sa stratégie globale pour les 1er et 2e tours.
Ce texte apportera-t-il les clarifications nécessaires à la poursuite des discussions ? Peut-être sera-t-il possible que les forces disponibles pour cela affirment ensemble leur volonté d’un accord national de premier tour dans les 21 régions métropolitaines ?
Le PG, notamment, devra cette fois, nous semble-t-il, faire un choix. Comment comprendre son revirement récent, qui le conduit à accepter de participer aux ateliers communs avec le PS ? Nous ne voyons rien dans la définition qu’en donne le PCF qui puisse expliquer ce changement d’approche. Loin d’être des cadres de confrontation, comme les camarades du PG semblent le croire, il s’agit bien, d’après les initiateurs eux-mêmes, de servir de support à l’élaboration de propositions communes à l’ensemble des forces de gauche, incluant évidemment le PS. Faut-il y voir le prélude à un ralliement à des alliances à géométrie variable et à l’union systématique dans la gestion sous direction du PS, y compris en présence du Modem ? Ce serait un tel décalage avec l’orientation défendue jusqu’ici par le PG que nous ne pouvons le croire.
Le NPA n’ira pas à ces ateliers et propose que la discussion se poursuive dans le cadre associant unitairement la gauche radicale, cadre qui se met en place également dans un certain nombre de régions.
Ingrid Hayes

Alliance pour les régionales :
nouvelle réunion PCF-PG-NPA le
16 octobre
Le PCF, le Parti de gauche (PG), le NPA et d'autres formations de la gauche radicale ont décidé d'une nouvelle réunion le 16 octobre "centrée sur la stratégie globale" en vue d'une éventuelle alliance aux régionales de mars, a indiqué jeudi Eric Coquerel (Parti de Gauche).
Après une première réunion le 28 septembre - à l'initiative du NPA - et une autre mercredi soir - dans les locaux du PG -, "on se revoit le 16 octobre" pour une réunion "centrée sur la stratégie globale pour être une alternative crédible aux yeux des Français", a dit à l'AFP M. Coquerel, secrétaire national PG chargé des relations extérieures et unitaires.
La prochaine discussion se fera "à partir d'un texte proposé par le PCF", a-t-il précisé, avec l'objectif de "savoir comment on peut se mettre en condition de mettre en application le programme qu'on pourrait déterminer ensemble". M. Coquerel a proposé un "groupe de travail parallèle" pour "se mettre rapidement au travail" sur le fond.
"Ca n'avance pas dans les réunions, on tourne en rond", a affirmé à l'AFP Pierre Laurent, coordinateur national du PCF qui souhaite "conquérir des majorités de gauche pour gérer les régions".
"Notre texte" qui sera transmis aux autres formations mercredi ou jeudi prochain sera "plus précis et amènera chacune des organisations à se prononcer clairement", a-t-il ajouté, assurant n'avoir "rien entendu dans la bouche du NPA qui permette de dire que la situation va bouger de leur côté".
Le PCF doit par ailleurs proposer lors de son Conseil national du 24 octobre une "offre politique nationale" pour les régionales.
"Le point de blocage, c'est le PCF", note Pierre-François Grond, bras-droit d'Olivier Besancenot (NPA), qui milite pour une gauche qui "montre sa différence avec le PS" alors que "le PCF discute avec le Parti socialiste".
Mercredi soir, "les discussions ont tourné autour de l'idée +qu'est ce qu'on met en premier comme point de discussion?+ Le contenu ? La déclinaison d'un programme pour les régionales ? Les conditions pour battre la droite ? La gestion des régions ?", a affirmé M. Coquerel.
La réunion a notamment réuni les "numéros deux" du NPA, du PCF et du Parti de Gauche, ainsi que des représentants de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), de Gauche unitaire (GU), des Alternatifs, et du Parti communiste des ouvriers de France (PCOF). Le MPEP de Jacques Nikonoff (ex-président d'Attac) a également assisté aux débats.
"Tout le monde sent bien que, cette fois-ci, on ne peut pas se défiler" sur l'unité, a assuré M. Coquerel.
Lors de la première rencontre du 28 septembre, ces organisations avaient abouti à une "déclaration unitaire" relevant "des approches différentes" mais assurant que "les forces qui composent la gauche antilibérale et anticapitaliste ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie".

La gauche boostée par la consultation sur la Poste
Des représentants du PS, du PCF, des Verts, du NPA et du PG, dont les partis figurent dans le comité national contre la privatisation de la Poste et se sont mobilisés pour organiser la votation citoyenne, ont assisté à l'annonce des résultats lundi.
La mairie du IIe, the place to be, ce lundi matin, pour les partis de gauche. Au premier étage de la mairie transformé en QG parisien du comité national contre la privatisation de la Poste, peu avant le point presse sur les résultats de la consultation citoyenne, on se presse, on se salue, on se congratule. Pas tout à fait comme d’habitude.
Au premier rang, sont assis côte-à-côte Clémentine Autain, Razzy Hammadi et Benoît Hamon, porte-parole du PS. Puis font leur entrée, en ordre dispersé, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Pierre Laurent (PCF), Cécile Duflot (Verts), Olivier Besancenot (NPA). Leurs partis, ainsi que le PRG et le MRC, figurent parmi les 62 organisations qu’agrège le comité national. Ils ont pris part à la logistique. Sur le terrain, leurs militants ont tenu des bureaux de vote, tracté, comptabilisé.
Alors, à l’annonce d’une mobilisation à l’ampleur inattendue - plus de 2 millions de votants -, ils affichent une mine réjouie, rappelant que, face au gouvernement, les coups gagnants ne sont pas si fréquents.
Olivier Besancenot, double casquette de facteur et de porte-parole du NPA, reconnaît que,«cette fois, tout le monde a mouillé la chemise. On a déjà construit des cadres unitaires, mais qui n’ont pas toujours eu autant d’impact. Là, on l’a fait unis, soudés.»
Sans chercher à tirer la couverture à soi? «On vient en soutien, en appui», répond Cécile Duflot. Et le mouvement ne se limite pas, loin de là, aux formations politiques, brassant syndicats (CGT, CFTC, FO, Unef) et associations (Agir contre le chômage, Attac, Droit au Logement, Apeis).
«Le succès redonne la pêche»
L’unité de la gauche n’était, à l’évidence, pas l’objectif premier - plutôt une condition de la mobilisation. Mais, à cinq mois des régionales - alors que les partis envisagent de partir plus ou moins séparément au premier tour -, la gauche en tire un bénéfice collatéral.
«Un tel succès redonne la pêche, crée un souffle», se réjouit Jean-Luc Mélenchon. Le fondateur du parti de gauche va même jusqu’à accorder un bon point à ses ex-camarades socialistes. «Ils ont bien évolué sur cette question, ils progressent !», lance-t-il, au côté de Razzy Hamadi. Le secrétaire national du PS en charge du service public décrit un mouvement qui prend racine «à la base militante». Pas non plus de traitement de faveur pour un bureau de vote labellisé «fédération PS». «Ce sont les luttes qui mettent ensemble les partis, on ne décrète pas l’union. Sur le terrain, on a pris plaisir à nous mobiliser ensemble», confie-t-il.
Seule Lutte ouvrière avait boudé le rassemblement, sa porte-parole Nathalie Arthaud invoquant «une campagne qui vise à redorer le blason du PS, un peu à bon compte, et se refaire une virginité» sur les services publics.
Alors que le comité national appelle à «pousuivre la mobilisation», les partis de gauche se sentent donc d’attaque pour pousser le gouvernement dans ses retranchements. «On demande un débat public avec Christian Estrosi (ministre de l’Industrie, ndlr) ou Eric Woerth (Budget)», redit Hammadi. Et engager le bras de fer. «Soit le gouvernement retire son texte, soit il traite par le dédain la mobilisation des territoires et des citoyens. Dans ce cas, il va le payer très cher.»
Assurant que l’unité est un moyen, pas une fin, Cécile Duflot met en garde:«Il faut que ça marche, ça ne m’intéresse pas d’être unis dans la défaite ou de gagner seulement le fait d’être la meilleure opposante.»

GAUCHE RADICALE, un accord a été trouvé
La gauche antilibérale et anticapitaliste a fait un pas de plus en direction d’un front commun aux régionales. La réunion convoquée hier soir à Paris a permis à 7 des 9 organisations présentes de s’entendre sur un texte commun qui « décide de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d’aller ensemble aux régionales ». Certes, il ne s’agit là, que d’« un premier pas », comme la déclaration le mentionne, mais les signataires reconnaissent que ce premier pas « est important car les enjeux de ces élections sont non seulement régionaux mais nationaux ».
Signé par la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), la Gauche unitaire, Les Alternatifs, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) et le Parti de gauche (PG), ce texte, qui a été rendu public vers 14h aujourd’hui, apporte un démenti aux articles qui dans Le Monde, Libération et encore Le Monde, laissaient entendre qu’un accord aux régionales étaient déjà impossible entre le NPA, qui était à l’initative de la réunion d’hier soir, et le PCF. Le Forum social des quartiers populaires et Lutte ouvrière qui participaient également à cette rencontre au sommet [1] et ont demandé à bénéficier d’un statut d’observateur.
Le texte qui appelle à « œuvrer à gagner la majorité des travailleurs et des citoyens aux perspectives ouvertes par une gauche de combat »
fait le point sur la situation politique,
économique et sociale,
apporte son soutien aux grandes mobilisations
programmées « contre le changement de statut de la poste, la manifestation pour le droit des femmes du 17 octobre, les marches pour l’emploi, contre la précarité et les licenciements ou les
initiatives en riposte au sommet "climat" de Copenhague »,
affirme les priorités partagées des
signataires.
Sans préjuger des suites des discussions, et notamment du fait que les adhérents de chacun des partis resteront maîtres d’apprécier le résultat qui en sera donné
[2], la marche vers la présentation de listes unitaires paraît bien engagée.
On voit mal comment les signataires pourrait se dédouanner de leurs reponsabilités après avoir décrit ainsi la menace mortelle qui plane sur la gauche : « Face à la détermination du
pouvoir Sarkozyste, nous assistons (...) à un nouveau glissement à droite de la gauche d’accompagnement avec la tentative de construction d’une coalition de centre-gauche PS/MODEM/Europe
Ecologie et le projet de primaires. C’est à dire d’une gauche qui va toujours plus vers la droite et risque de favoriser ainsi les futures victoires électorales de cette dernière comme le prouve
malheureusement la situation italienne. »
Et après avoir admis qu’elles avaient « le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie : un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme
traduisant dans les régions les exigences populaires issues des mobilisations, un programme régional véritablement alternatif au libéralisme et au productivisme ». La formulation de cette
phrase a fait l’objet de longues discussions. Ce compromis devrait permettre de ne pas faire de la question de la participation à des exécutifs un point de blocage. Il ouvre en tout état de cause la
possibilité de discussions.
Celles-ci se feront suivant un calendrier qui sera établi lors de la première réunion du groupe de travail sur les régionales se tiendra le mercredi 7 octobre.
NOTES
[1] Parmi les 39 participants, dont 13 femmes, figuraient Olivier Besancenot, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christian Picquet, Jean-Jacques Boislaroussie, Clémentine Autain.
[2] « Nous ne pouvons préjuger des décisions souveraines de chacun de nos partis », précisent les signataires.
Declaration_unitaire_29_septembre.pdf
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Die Linke,
...désormais incontournable
Née d’une fusion Est-Ouest en juin 2007, la formation de gauche qu’incarne Oskar Lafontaine fête ses succès électoraux en région. Mais les tensions internes restent grandes. Plongée dans un parti divisé.
COURRIER INTERNATIONALE
24.09.2009
Cette fois, c’est dans la région de Münster [Rhénanie-du-Nord-Wesphalie] qu’Ulla Jelpke part se battre contre le capital et l’oppression. Seize ans passés au Bundestag n’ont pas suffi à la faire
changer d’avis. Le capitalisme, dit-elle, n’est pas réformable. Il doit être vaincu. “Je suis de gauche, d’une gauche conséquente et sans faille”, ajoute-t-elle. Elle milite pour un parti
qui s’appelait autrefois SED [Parti communiste est-allemand, à l’époque de la RDA], puis SED-PDS [SED-Parti du socialisme démocratique, après la chute du Mur], puis PDS, puis Linkspartei-PDS [Parti
de gauche-PDS]. Aujourd’hui, il a pour nom Die Linke [La Gauche, depuis le 16 juin 2007, date de sa fusion avec l’Alternative électorale pour le travail et la justice sociale (WASG), regroupant
des militants de l’Ouest]. Il s’est dépouillé de ses anciens noms pour tirer un trait sur le passé, mais Jelpke est restée là où elle a toujours été : très à gauche. Elle appartient aux membres
fondateurs de sa formation, elle a contribué à édifier Die Linke à l’Ouest. Lors des prochaines législatives [du 27 septembre], elle se présente en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où elle est à peu
près sûre d’être réélue. A ses côtés se tiennent d’autres camarades des jours d’antan, d’anciens membres du Parti communiste ouest-allemand (DKP), des fans de Cuba, de l’Amérique latine, de Che
Guevara, mais aussi d’anciens Verts et d’ex-sociaux-démocrates, sécessionnistes tardifs qui jugeaient leur parti trop rangé. Etonnant regroupement d’individus qui depuis des décennies rêvent d’un
“changement de système” et qui sont aujourd’hui heureux d’avoir enfin trouvé un nouveau parti qu’ils peuvent transformer en vecteur de leurs rêves d’un monde meilleur. Sans ces vétérans de la
révolution, Die Linke n’existerait pas à l’Ouest, ce qui est justement le problème aux yeux des chefs du parti à Berlin. Car les forces de progrès à l’Ouest sont fort différentes des cadres de l’est
du pays qui ont jusque-là conféré son orientation et son image à la formation de gauche. Le cadre classique à l’Est est foncièrement conservateur, il a la culture politique d’un parti majoritaire
– qui fut durant quarante ans la force dominante dans son secteur – et il n’entend pas y renoncer. De son point de vue, le parti doit reprendre le pouvoir comme avant. Le militant de
l’Ouest, lui, porte le stigmate du minoritaire, ce qui le rend légèrement déjanté et peu apte au compromis. Deux cultures s’affrontent ainsi dans un combat qui semble avoir échappé à tout contrôle.
Tandis que Gregor Gysi [président du groupe parlementaire Die Linke au Bundestag] et Oskar Lafontaine vantent Die Linke comme la solution à tous les problèmes, tels deux camelots louant les avantages
d’un costume infroissable, les deux ailes se battent pour asseoir leur domination sur le parti. En fait, il faudrait plutôt parler de deux partis, voire de deux et demi. Il y a le “parti un”,
fortement ancré dans la société, pragmatique, qui a l’expérience du gouvernement, majoritairement représenté à l’Est. En face, le “parti deux”, dissident et clientéliste, que l’on rencontre
essentiellement à l’Ouest. A quoi il faut ajouter le parti de Lafontaine, dans la Sarre [où il a fait une remarquable percée aux élections régionales du 30 août, (voir
CI
n° 983, du 3 septembre 2009
)].
Les partis un et deux se sont entre-déchirés afin de déterminer lequel était l’incarnation de Die Linke. Ceux de l’Ouest considèrent que les Ossis [Allemands de l’Est] sont trop prudents, voire sont
des couards et des hypocrites, corrompus par leur participation au pouvoir dans les Länder de l’Est ou par leur désir d’y accéder [voir carte]. Ceux de l’Est, eux, voient dans les Wessis
[Allemands de l’Ouest] des idéologues butés, pour ne pas dire des ennemis de la Constitution, en tout cas dans les franges radicales.
Vu de l’extérieur, on a le sentiment que Die Linke vole de victoire en victoire et que le parti va à terme devenir incontournable. Mais plus on s’en approche, plus on a l’impression d’un biotope
bigarré et parsemé d’un nombre infini d’îles et îlots disparates. On y trouve tant de coalitions, de groupes de travail et de courants que, parfois, les membres perdent eux-mêmes la vue d’ensemble.
Quelle différence y a-t-il entre la gauche socialiste et la gauche anticapitaliste ? Ulla Jelpke, l’anticapitaliste, n’en sait rien elle-même. Peut-être n’y en a-t-il aucune.
Unifier le parti est difficile, mais l’entreprise pourrait réussir
A 58 ans, Ulla Jelpke ne baisse pas les bras. Quand, dans les années 1980, les Verts ont commencé à lui paraître trop consensuels, elle a quitté le parti. Et, si Die Linke devenait un jour comme
les écologistes, elle ferait de même. Après la réunification, elle est entrée au Bundestag avec l’étiquette PDS. Elle prône la dissolution de l’OTAN et la nationalisation des banques et des
“industries clés” – et la députée Jelpke a le sentiment de n’avoir jamais été si près du but.
A Hamm [ville moyenne de Westphalie, dirigée par la CDU], sur le quai de la gare, un homme s’approche d’elle pour lui vendre un journal pour les sans-abri. Elle l’a déjà, dit-elle, et elle se
détourne. Les gens comme lui, elle les surnomme les “Hartzies”. En Allemagne, on recense près de 5 millions de bénéficiaires de “Hartz-IV” [chômeurs allocataires de l’aide sociale]. Ils sont
faits pour s’entendre, le parti et les Hartzies. Les radicaux réclament la suppression totale de la mesure [réforme néolibérale du gouvernement Schröder, inspirée par Peter Hartz, ancien directeur du
personnel de Volkswagen].
Au niveau régional et fédéral, les extrémistes font grincer des dents les responsables. Pour ces derniers, Die Linke doit rester, aussi longtemps que possible, l’écran sur lequel le plus grand nombre
de gens puissent projeter toutes les formes de malaise possibles. L’objectif est flou, l’orientation aussi. A l’Est, le parti un, fort de sa base populaire, voudrait également toucher les couches
moyennes. A l’Ouest, le parti deux courtise les précaires, ce qui lui donne un avantage sur le SPD et les Verts. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il est crédité, pour les élections au Bundestag, de
6 % à 7 % des intentions de vote.
Afin d’éviter que ne se répande l’image d’un conglomérat de courants, de groupuscules et de militants atomisés, Gregor Gysi cherche depuis des mois à calmer le jeu et à unifier ses troupes. Une
entreprise délicate mais qui pourrait réussir. Lors du dernier congrès, qui s’est tenu en juin à Berlin, les délégués ont respecté un armistice. Gysi, avec son talent d’orateur, a tenu un discours
sur l’unité qui lui a valu une standing ovation.

Avec ou sans le NPA, le Front de gauche s'organise pour 2010
La guerre des faux-semblants continue entre le PCF et le NPA. Lundi 28 septembre, le parti d'Olivier Besancenot convie le PCF, le Parti de gauche, la Fédération, les Alternatifs, mais aussi Lutte ouvrière et... le Parti communiste des ouvriers de France (ex-maoïstes) à préparer les élections régionales. Pour le PCF, pas question de lui laisser le flambeau de l'unité : vendredi, les amis de Marie-George Buffet ont rendu public une déclaration commune avec le Parti de gauche et la Gauche unitaire, annonçant que leur alliance pour mars 2010 est d'ores et déjà scellée.
Le texte était dans les tuyaux depuis la Fête de L'Humanité mais Jean-Luc Mélenchon, soucieux de ne pas s'engager trop vite alors que Mme Buffet entretenait le flou sur sa stratégie en recevant Martine Aubry en majesté, avait refusé de le signer. Ses exigences ont, depuis, été satisfaites. La déclaration commune annonce ainsi la création d'un "comité de liaison permanent" du Front de gauche - alliance électorale issue des européennes - chargé d'élaborer au plus vite "une plate-forme partagée" et d'"enraciner le Front de gauche dans la durée".
"Rassemblement"
Pour Mme Buffet, il s'agit de montrer, alors que la direction du NPA continue à faire la fine bouche, que la priorité c'est le "rassemblement" avec ses partenaires des européennes. Pour enfoncer le clou, les signataires annoncent même la tenue de ce "comité de liaison" dès la semaine prochaine.
L'accord avec le NPA semble, lui, plus hypothétique. Affichant toujours une "volonté d'unité", sa direction multiplie les signes inverses. Dimanche, elle a durci ses conditions de ralliement - en excluant toute participation à un exécutif régional avec le PS et les Verts. Et lundi, elle envisageait, dans un projet de "communiqué commun" déjà rédigé, de demander qu'un éventuel accord électoral de listes autonomes au premier tour soit appliqué dans les vingt-deux régions de l'Hexagone. Une manière de poser une condition difficilement acceptable par le PCF qui, s'il dit vouloir dans une majorité de régions présenter le Front de gauche, a prévu dans quelques cas, comme en Bretagne, Pays de la Loire ou les Ardennes, de s'allier dès le premier tour avec le PS. "Ce n'est pas très bien parti", commente Pierre Laurent, numéro deux du PCF.
Ces négociations en trompe- l'oeil se déroulent alors qu'au sein du PCF une autre bataille, plus sourde, se mène sur la désignation des têtes de liste. Ainsi en Ile-de-France, la candidature de Patrick Braouezec rencontre de fortes réticences de Mme Buffet. Difficile d'envisager de laisser un opposant de longue date conduire la liste dans "sa" région.
Depuis quelques jours, le nom de Pierre Laurent est avancé comme celui qui "peut rassembler les communistes". Mais la partie est compliquée : M. Braouezec, député de Seine-Saint-Denis, dispose d'une notoriété certaine parmi les élus. "Beaucoup considèrent que sa candidature est légitime ", assure Daniel Brunel, vice-président du conseil régional. Mais "attention de ne pas nous faire le coup de la présidentielle où le PCF a décidé seul, sans tenir compte de ses partenaires". Décidément, l'unité est un combat.
Communiqué commun des Alternatifs et du Parti de Gauche
Des délégations du Parti de Gauche et des Alternatifs se sont rencontrées le mercredi 23 septembre. Le long échange entre les deux délégations a, pour l'essentiel, porté sur la construction d'un
front commun durable des gauches antilibérale et anticapitaliste et de l'écologie radicale.
Les Alternatifs et le Parti de Gauche agissent pour la construction de ce front large, dans les mobilisations écologiques, sociales, démocratiques, et dans les urnes, pour s'opposer dans un premier
temps à la Droite à Sarkozy et au MEDEF et mettre en place les conditions pour les battre. Pour atteindre cet objectif il faut mettre un terme à gauche à l'hégémonie du social
libéralisme. Les deux organisations sont particulièrement vigilantes face au risque de constitution d'un centre gauche autour du PS, du MODEM et d'alliance type Europe-Ecologie.
Dans la perspective des élections régionales de 2010, le Parti de Gauche et les Alternatifs sont favorables :
- au premier tour à des listes de large rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique, sur la base d'une plate forme politique commune pour une gestion des régions
alternative au libéralisme et au productivisme.
- à un accord national pour constituer ces listes, représentatives de la diversité politique et sociale du rassemblement et indépendantes du Parti Socialiste et des listes de type Europe
Ecologie.
Le Parti de Gauche place cette stratégie dans la continuité du Front de Gauche qu'il espère voir perdurer, et s'élargir, pour les régionales puis les présidentielles et les législatives. Il s'agit
pour lui d'un acquis et d'un outil pour tous ceux qui partagent cet objectif et, pour lui, les Alternatifs pourraient manifestement en faire partie. Le Parti de gauche aspire pour les Régionales à
des listes larges unissant l'ensemble du Front de gauche et des partis de l'autre gauche qui n'en sont pas.
Les Alternatifs sont favorables à un front commun durable de toute la gauche de transformation sociale et écologique et de l'écologie radicale.
Au second tour, le Parti de Gauche et les Alternatifs se prononcent en préalable pour la fusion démocratique des listes de la gauche de gauche avec celles du PS, des Verts-Régions Ecologie, et des
autres listes de gauche.
Cette fusion démocratique a pour objectif de battre la Droite et d'assurer la présence de la gauche de transformation sociale et écologique et de l'écologie radicale, dans les Conseils
régionaux.
Mais les Alternatifs et le Parti de Gauche se présentent à ces élections avec la volonté d'appliquer les mesures de ruptures que portera le programme de "l'autre gauche". En conséquence, la
participation à des exécutifs sera conditionnée aux rapports de forces et aux contenus d'une politique de rupture avec le libéralisme et le productivisme et à l'exclusion de toute alliance avec
le Modem.
Les conditions et la possibilité de sa mise en oeuvre aux prochaines régionales restent en débat au sein des Alternatifs.
C'est avec la volonté d'aboutir à un accord politique pour les élections régionales, première étape d'un front commun durable, que les Alternatifs et le Parti de Gauche participeront à la réunion de
toutes les forces de la gauche antilibérale et anticapitaliste du lundi 28 septembre.
Les deux organisations agiront pour que cette réunion permette d'engager, sans autre préalable, notamment sur la question des exécutifs, un débat et un travail unitaires :
- tout d'abord sur les contenus d'une politique en rupture avec la logique du système capitaliste et productiviste pour les régions,
- pour des démarches et propositions communes au service des mobilisations populaires
- plus globalement sur un calendrier qui permettra d'organiser les discussions sur tous les points à régler pour trouver un accord, y compris la démarche stratégique permettant de construire l'unité
de la gauche de gauche et de l' écologie radicale.

COMMUNIQUE COMMUN NPA ALTERNATIFS
Les Alternatifs 20 septembre 2009
Plans de licenciements, dégradation constante des conditions de travail, retour aux super bonus : le capitalisme financiarisé garde le cap.
La première réponse, c’est la mobilisation sociale. Unité, auto-organisation, convergence , sont les conditions de son succès.
Après la manifestation des entreprises en lutte le 17, il faut développer l’action pour ne laisser aucun secteur isolé. Les Alternatifs et le NPA seront parties prenantes des initiatives dans ce sens, notamment des marches contre le chômage et les précarités de la fin de l’année. Ils participeront aussi aux mobilisations contre la privatisation de la Poste, la destruction du système de Santé public, les attaques contre la Sécurité sociale, ainsi qu’aux journées des 7 et 22 octobre afin qu’elles soient des étapes vers la généralisation des luttes.
Le NPA et les Alternatifs soutiennent la manifestation nationale pour les droits des femmes du 17 octobre, et se retrouveront ensemble dans les combats écologiques, notamment au rassemblement antinucléaire de Colmar les 3 et 4 octobre, et, à Copenhague en décembre, pour la mobilisation écologiste et altermondialiste contre le réchauffement climatique.
Pour le soutien à toutes ces mobilisations, NPA et Alternatifs défendent la mise en place de cadres unitaires larges rassemblant toutes les forces se réclamant de la défense des intérêts du monde du travail, de la gauche et de l’écologie de gauche.
Mais les divergences avec l’orientation social-libérale du PS interdisent à nos deux organisations de participer à des ateliers programmatiques communs visant à des alliances stratégiques et électorales avec ce parti au moment même où ce dernier recherche l’alliance avec le MODEM.
Le NPA et les Alternatifs se prononcent pour un rassemblement durable, dans les mobilisations comme dans les urnes, d’une gauche de transformation sociale et écologique, regroupant antilibéraux et anticapitalistes pour une alternative au capitalisme et au productivisme.
Cette démarche vaut pour les élections régionales à venir. Elles peuvent être l’occasion de faire un pas en avant pour, ensemble, porter les exigences des travailleurs et des classes populaires, dire « non, nous ne payerons pas les frais de leur crise » et contribuer ainsi à encourager, renforcer l’unité contre la droite et le patronat pour changer le rapport de force.
Au premier tour, Alternatifs et NPA défendent la perspective d’un accord national pour des listes communes de la gauche et de l’écologie radicales, sur la base d’une plate- forme et de propositions communes, listes indépendantes du PS.
Au second tour ces listes défendent une fusion démocratique avec les autres listes se réclamant de la gauche et celles des Verts, afin de battre la Droite et de faire entrer dans les conseils régionaux des élu-e-s au service des mobilisations et porteurs de propositions alternatives. Une telle démarche exclut des accords avec des listes intégrant le MODEM.
Pour les Alternatifs, la question de la participation à des exécutifs, en débat en leur sein et à débattre entre toutes les composantes des listes unitaires de la gauche de gauche et de l’écologie radicale présentées au premier tour, est en tout état de cause conditionnée aux rapports de forces et aux contenus programmatiques.
Pour le NPA, le bilan du Parti socialiste dans les régions qu’il gérait, la nécessaire indépendance vis-à-vis de ce dernier afin de préserver sa liberté de parole, de vote et d’action pour que nos élu-e-s soient les porte-parole fidèles de la population, impliquent le refus de cette participation.
Le NPA et les Alternatifs seront partie prenante de la mise en place d’un cadre d’élaboration commun à toute la gauche de transformation sociale et écologique, dont la première réunion aura lieu le lundi 28 septembre et se réjouissent de l’écho de cette initiative.
Ils agiront pour que ce cadre préfigure un rassemblement durable, dans les luttes comme dans les urnes.

Le NPA dicte ses conditions
Fini le temps, pas si lointain, où le NPA dissociait ce qu’il nomme la « séquence sociale » et la « séquence politique ». Dès ce week-end, son conseil politique national a tenu à préciser son positionnement sur les régionales de 2010.
Le NPA se déclare prêt à un accord national sur une plate-forme avec les « forces antilibérales et anticapitalistes » dès le premier tour des élections, à condition que les listes se forment non seulement « dans l’indépendance vis-à-vis du PS et des Verts », mais qu’elles refusent « de participer à tout exécutif de région avec eux ». Une exigence que Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire (issue du NPA), qualifie de « faux prétexte » consistant à « se dérober à l’unité, selon la procédure qui l’a déjà amené au cavalier seul des européennes ».
Le parti d’Olivier Besancenot ne souhaite pas trancher dès à présent son positionnement sur le deuxième tour, estimant que « c’est une question tactique qui dépend des rapports de forces, notamment des résultats du premier tour », note la motion présentée aux membres de l’instance dirigeante. Toutefois, il entend mener « une bataille en direction du PS et des Verts pour qu’un accord puisse être conclu entre les deux tours ». Une alliance qui, répète-t-on, ne serait pas constituée sur « la base d’un accord programmatique de gestion des régions avec ces partis ».
Cette démarche ne semble pas négociable auprès du Front de gauche. Si elle échoue, le NPA se tournerait vers les « militants associatifs, syndicaux, politiques qui se reconnaissent dans l’orientation que nous défendons ». D’ores et déjà, une feuille de route est dispensée dans l’éventualité d’une campagne électorale sous les seules couleurs du NPA.
Mina Kaci

Fête de l'Huma : débats et clarifications
Les débats politiques à la fête de l’Humanité entre les différentes organisations de gauche ont éclairé rapprochements divergences sur les questions essentielles : l’unité dans la riposte à Sarkozy et la préparation des élections régionales.
Si on s'en tient aux appréciations de nos médias, le bilan de la fête de l'Humanité se résumerait à l'accueil hostile des participants aux ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, et du Budget, Eric Woerth. Il n'y a que nos ministres et nos médias aux ordres pour s'en étonner.
Bien sûr le bilan politique n'est pas là, mais au coeur des discussions concernant la nécessaire riposte à la politique de Sarkozy, la question d'un projet politique répondant aux besoins sociaux face à la crise ou les prochaines échéances électorales.
Ces sujets ont traversé les débats, tant celui de l'agora, samedi après-midi, que celui organisé par le Parti de gauche à son stand. Le premier, regroupait la plupart des organisations de la gauche politique, des dirigeants syndicaux et Attac. Le deuxième se déroulait entre les partis de la gauche radicale et antilibérale. Parmi les nombreux participants, l'aspiration à l'unité était réelle et bien légitime. Comment comprendre en effet que face aux mauvais coups de la droite, un front unitaire de la gauche politique et sociale ne puisse se constituer ? L'initiative sur la Poste a été mise en avant par les syndicalistes présents et par des dirigeants politiques du PS par exemple. Mais force est de constater que la proposition du NPA de se retrouver aujourd'hui au sein de cadres unitaires pour s'opposer aux mesures du pouvoir et pour soutenir efficacement les luttes n'a pas suscité un franc enthousiasme parmi les dirigeants présents. Des déclarations d'intention, mais pas de réponses concrètes.
Mais le bilan politique de cette fête de l'Huma est surtout sans surprise. Un Front de gauche lézardé avec, d'un côté, un PCF proposant des ateliers à toute la gauche incluant le PS et, de l’autre, un PG favorable à des discussions avec les partis à gauche du PS. Le PCF persiste dans son exigence de « contenu » politique pour faire oublier celle du NPA qui est d’avoir des listes indépendantes du PS aux prochaines régionales sur l'ensemble du territoire. Le PG favorable aussi à un accord national avec le même type de listes, tout comme pour les Alternatifs et la Fédération, élude pour l'instant la question de la gestion des régions.
Sur cette question du front électoral l'aspiration à l'unité est également forte. Mais il ne suffit pas de « surfer » dessus pour occulter les vrais problèmes : la stratégie électorale du PCF apparaît à l'heure actuelle à géométrie variable (Marie-George Buffet parle de fronts de gauche, au pluriel). L'accueil très chaleureux de Martine Aubry, annonçant la participation aux ateliers du PCF, est symptomatique d'un certain « penchant » pour les élections à venir.
Les Verts ont confirmé leur volonté d'y aller seuls, gonflés par les derniers résultats d'Europe écologie. Du côté de LO, rien de nouveau, on poursuit la route en solitaire.
Le NPA quant à lui a réaffirmé sa volonté politique de travailler à un front uni dans les luttes et pour les régionales, la nécessité de constituer des listes indépendantes du PS, portant un projet de rupture avec le système pour les régions, en refusant de gérer ces dernières avec les tenants du social-libéralisme. A sa proposition de se retrouver rapidement, d'ores et déjà les Alternatifs, la Fédération, le PG et le PCF ont répondu positivement.
NPA 19/09/2009

Unité, radicalité, indépendance
Les grandes manœuvres ont commencé. François Bayrou vient de faire un pas, prudent mais décisif, en direction du PS. Loin de rejeter l'offre esquissée dès la fin de l'été par Vincent Peillon, Daniel Cohn-Bendit et Marielle de Sarnez, de La Rochelle à la fête de l'Huma, Martine Aubry lui fait écho.
Les accords électoraux entre le PS et le Modem se multiplient depuis quelques mois, voire années. Nombre de villes et de régions sont cogérées par leurs responsables locaux. C'est aussi un calcul purement électoral, car le PS et le Modem pensent que sans s'allier, ils auront le plus grand mal à battre Sarkozy, aux régionales puis en 2012.
C'est enfin la conclusion logique d'une convergence programmatique de plus en plus évidente. La dérive sans fin vers la droite des dirigeants socialistes les amène à naviguer dans les même eaux que le centre-droit. Le programme du Modem est désormais « socialo-compatible ».
Le fait que la lutte des places vers l'Elysée complique le jeu n'y change rien. Les régionales constitueront sans doute un laboratoire de l'alliance au centre.
Ce glissement à droite sonne l'heure des choix pour la gauche radicale. Le ras-le-bol de Sarkozy peut offrir nombre de supporters au pragmatisme électoral rose-vert-orange. Accepter de rester dans le giron du PS revient, à coup sûr, à se laisser entraîner dans le piège. C'est un aller sans retour vers la soumission aux classes dominantes, d'autant plus impardonnable que l'on a vu ce que cette politique a donné en Italie. Une alliance de centre-gauche, incluant le Parti de la refondation communiste (PRC), a battu Berlusconi, puis mené une politique de droite, antisociale et militariste, qui a préparé la voie à Berlusconi II. Résultat, il n'y a aujourd'hui plus un seul député de gauche au Parlement italien et le PRC ne s'en est pas relevé.
Dans la continuité de ses propositions unitaires, adoptées à une très large majorité lors de son congrès fondateur, le NPA poursuit sa recherche d'accords sur des bases solides. Les difficultés actuelles dans lesquelles se débat le Front de gauche sont significatives. En refusant de clarifier sur le rapport au PS, le Front de gauche a, certes, pu tenir aux européennes, élection sans second tour et qui laisse aux élus au Parlement européen leur liberté de vote. Mais c'est pour mieux se fissurer dès le lendemain de celles-ci. Jean-Luc Mélenchon martèle qu'il ne veut pas de « comité permanent avec le PS », qu'il ne croit pas « que ce soit le moment d'une plate-forme partagée » avec celui-ci, estimant que « l'autonomie au premier tour vis-à-vis du PS est fondamentale » et que si « le Front doit s'élargir », c'est en direction du NPA. Marie-George Buffet, pour le PCF, défend une autre politique, qui vise à ouvrir le Front de gauche, y compris au PS. Les dirigeants communistes font passer la frontière de leur politique unitaire entre la gauche et le Modem. Ils refusent de voir que le seul projet politique commun possible avec le PS, c'est le sien, un projet vu et revu dans les différentes moutures de gouvernement d'union de la gauche, des grandes villes au régions, des départements au gouvernement. Il n'y a pas de programme commun entre ceux qui veulent gérer le système et ceux qui veulent la rupture.
Il n'est pas question pour le NPA de se lancer dans les ateliers communs avec le PS, proposés par Buffet et acceptés par Aubry. Il y une autre voie, dont le maître mot est l'indépendance vis-à-vis du PS, dans les élections comme dans les institutions. En application du mandat exploratoire pour un éventuel accord unitaire, voté par le congrès de fondation et précisé par le CPN de juin, l'exécutif du NPA vient d'inviter le PCF, le PG, LO, les Alternatifs et la Fédération à une rencontre nationale. Au menu, d'abord, les luttes : travail du dimanche, retraites, forfait hospitalier, licenciements... Les sujets ne manquent pas pour chercher à infliger une défaite sociale à la droite et aux patrons. Que pouvons-nous faire ensemble pour la favoriser ? C'est d'abord cela qui nous motive. Nous parlerons aussi des régionales. Il faut un accord national et des listes d'alliance de la gauche radicale dans toutes les régions, sur la base d'un programme d'urgence répondant aux aspirations sociales et aux exigences écologiques. Que la discussion commence !

Régionales, présidentielles, législatives : faire front avec l'autre Gauche
Compte rendu du Débat du 12 septembre sur le stand du PG à la fête de l'Humanité
Samedi après-midi, sur le stand bondé du PG, des représentants de l'autre gauche ont débattu de la proposition dite du «Paquet»: se présenter unis aux trois élections régionales, législatives et présidentielles.
Selon Eric Coquerel, chargé d'introduire le débat, les primaires et l'alliance avec le Modem risquent de conduire à la disparition de la gauche. C'est pourquoi le PG a proposé ce Paquet. Le but de ce débat n'est pas de mettre les organisations au pied du mur en les sommant de répondre, mais de dégager les éléments de la discussion.
Jean-Jacques Boislaroussie, pour la Fédération et Les Alternatifs, fait valoir que «séparées, les forces de gauche ne sont pas en capacité de briser le duel entre le Parti socialiste et la droite». Il faut construire un cadre unitaire au sommet et à la base, puis dégager un corps de proposition commun. Pour les élections régionales, Jean-Jacques Boislaroussie prône une union indépendante du PS au 1er tour - la divergence stratégique étant profonde entre les socialistes et l'autre gauche - et des fusions démocratiques au second tour - afin de ne laisser aucune chance à la droite. Les Alternatifs ne font pas de la participation aux exécutifs une question identitaire, et débattent encore de cette question.
Christian Picquet, porte parole de la gauche unitaire, déplore que les exigences majoritaires des mobilisations populaires ne trouvent pas de débouché politique, même si la dynamique politique de la campagne des européennes a conduit au succès électoral du 7 juin. Il invite donc, au sein d'un Front de Gauche élargi, à travailler au contenu d'une plate forme de rupture avec le capitalisme. Les orientations de la gauche de gauche pouvant être majoritaires au sein de la gauche au premier tour, il faut porter la confrontation entre les deux gauches devant le peuple. Au deuxième tour, Christian Picquet appelle à fusionner l'ensemble des listes de gauche, sur la base du rapport de force du premier tour et en indépendance totale du Modem. Et de conclure: «Fou serait celui qui prendrait la responsabilité de briser l'espoir qui commence à se lever dans le pays. Le Front de Gauche peut se pérenniser et s'élargir».
Pour Pierre François Grond, membre de l'exécutif du NPA, la crise du capitalisme s'accompagne d'une crise du mouvement ouvrier. Le centre gauche fait une politique de droite. Au 1er tour, il faut donc être indépendant de l'orientation de la direction du Parti socialiste, et, au second tour, prendre la responsabilité de battre la droite. Mais, les deux gauches étant «programmatiquement irréconciliables», Pierre François Grond résume ainsi la position du NPA: «Une fusion démocratique, oui! Une fusion programmatique, non!». Il conclut: «Si on arrive à se réunir vite et à être utiles dans les mobilisations, on peut aller ensemble plus loin que 2012 encore!»
Pierre Laurent, Président de la coordination nationale du PCF, se demande comment aller vers des victoires autrement plus importantes que la promesse que le Front de Gauche a réussi à créer lors des élections européennes. Le spectacle d'une gauche impossible de se fédérer est organisépar Sarko; cela oblige la gauche à travailler en toute circonstance à la construction de majorité d'idées, d'actions et de projet. Pierre Laurent nous assure que le «choix de construire le Front de Gauche n'est pas un choix de circonstances pour le parti communiste, mais un choix durable. Le PCF est déterminé à poursuivre dans ce chemin là sans aucune ambigüité», avec la volonté d'élargir le Front de Gauche. Mais il faut se donner une ambition plus grande que les fusions techniques; il faut devenir majoritaire au sein de la gauche : «Nous ne sommes pas là pour compter les points entre la droite et une gauche sociale-libérale; nous voulons créer des majorités pour mener des politiques alternatives. Je crois que nous pouvons y arriver!»
Jean-Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche, nous exhorte à être «à la hauteur du mouvement révolutionnaire français». La question des exécutifs des régions est certes importante, mais il en est d'autres... Le score de Die Linke aux prochaines législatives allemandes, l'issue du nouveau référendum sur la Constitution européenne en Irlande, le coup d'État au Honduras, la confrontation électorale entre les deux gauches au Chili au mois de décembre prochain... Nous sommes là pour «changer l'histoire, c'est à cette hauteur qu'il faut mettre notre ambition!».
L'objectif du Front de gauche est de conquérir la majorité à gauche, de mener la gauche, d'être devant.
- Du point de vue de la construction d'un nouveau leadership à gauche, il faut donc que nous soyons autonomes au 1er tour. Pas un Français ne croit qu'on manque d'idées à propos de la politique que nous voulons appliquer. Le parti de gauche a proposé: le partage des richesses, la refondation républicaine de la France, la sortie du Traité de Lisbonne. Le Front de Gauche doit certes être élargi, mais il n'est pas élargissable au PS. Les listes autonomes au premier tour sont une manière de mobiliser le plus largement possible la gauche, pour affronter ensuite la droite.
- Au second tour d'une élection, «nous aiderons les socialistes là où ils en auront besoin, et VICE VERSA!!» Jean-Luc admet que la question des exécutifs reste à régler; il est «du point de vue qu'il veut que les points de vue avancent!»
Jean-Luc Mélenchon explicite les avantages du «Paquet». Mettre l'ensemble des élections dans la bataille permet à chacun de comprendre que, quand il met son bulletin dans l'urne, c'est pour trois élections. C'est un moyen de contourner cette «maudite présidentielle». Chacun, dans le respect des règles internes de son parti, pourrait consulter ses adhérents sur le Paquet - puisque cette proposition n'a pas été soumise lors du dernier congrès des différentes organisations.
Pour conclure, Jean-Luc Mélenchon nous invite à faire preuve de volontarisme: «Ayons de l'ambition! Tout ça, ça marche, à la condition qu'on veuille que ça marche! Il faut qu'on en sorte par le haut, et on en sortira par le haut, en se fixant de grands objectifs.»
Alliances à gauche:
la fête de l'Huma réveille le débat
La première secrétaire du PS Martine Aubry a accepté la proposition de la numéro un du PCF Marie-George Buffet de lancer un "débat d'idées" sur "le projet". Provoquant des crispations à la gauche de la gauche.

Martine Aubry, Claude Bartolone et Jean-Luc Mélenchon à leur arrivée le 13 septembre 2009 à la Fête de l'Humanité à La Courneuve (AFP Miguel Medina)
La 74e Fête de L'Humanité a été l'occasion pour Marie-George Buffet (PCF) de lancer un appel à toute la gauche pour un "débat d'idées" sur "le projet", une proposition acceptée par Martine Aubry (PS) qui a provoqué des crispations à la gauche de la gauche.
Samedi, devant Claude Bartolone (PS), Cécile Duflot (Verts), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud (LO), la numéro un communiste a proposé à tous les partis de gauche de devenir "partie prenante d'un immense débat d'idées pour l'émergence" d'un "projet", via la tenue d'ateliers ouverts à tous.
Dimanche, la patronne du PS, Martine Aubry, a répondu présent. "La priorité, c'est le rassemblement de la gauche (...), tous les socialistes sont d'accord là-dessus", a-t-elle déclaré sur le stand du PCF, après un passage dans les allées de la Fête de La Courneuve où des militants lui lançaient "à gauche, vraiment à gauche!", "pas d'union avec le MoDem!".
"Si François Bayrou dit qu'il n'est plus de droite, je n'ai pas encore pu vérifier qu'il était à gauche", a-t-elle répondu.
"Se tourner vers le MoDem", c'est "aller droit à la défaite", a renchéri Mme Buffet, alors que l'ex-numéro un du PCF Robert Hue s'est affiché fin août avec Vincent Peillon (PS), Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie) et Marielle de Sarnez (MoDem).
"Marie-George a appelé à un grand rassemblement de la gauche. Nous y sommes prêts", a poursuivi Mme Aubry, parlant de "calendrier d'actions communes", notamment sur la défense de La Poste, l'emploi ou la préparation du sommet sur le climat de Copenhague.
Le PS participera également aux ateliers thématiques sur le "projet", proposés par le PCF qui souhaite les co-organiser avec ses partenaires du Front de gauche (Parti de Gauche, Gauche unitaire) en octobre. Le PCF, qui a "vocation à créer des majorités de gauche" dans les exécutifs régionaux, souhaite trouver des "plateformes partagées", a précisé Mme Buffet.
Un point qui chiffonne le reste de la gauche radicale. "On ne veut pas de plateformes partagées avec le PS", a prévenu l'allié des européennes, Jean-Luc Mélenchon (PG), tout en disant sa "confiance" au PCF.
Olivier Besancenot (NPA), absent remarqué à la réception de Mme Buffet samedi, a répondu par la mise en place de "groupes de travail" réservés à la gauche radicale. "Pourquoi aller dans des ateliers avec le PS pour constater nos désaccords?", fait valoir son bras-droit, Pierre-François Grond.
A six mois des régionales, Mme Buffet, dont le parti compte 185 conseillers régionaux, promet qu'une "offre politique nationale" sera proposée le 24 octobre par le PCF. Mais beaucoup pensent que des "accords à la carte avec le PS" se feront au premier tour.
Pour le Parti de Gauche, qui réclame, comme le NPA, l'autonomie au premier tour avant des "fusions techniques" avec le PS au second, un tel scénario ne serait toutefois "pas un motif de fâcherie" avec le PCF, assure-t-on.
Cette année, la Fête de L'Humanité, avec en vedette le très engagé Manu Chao, a battu un "record" d'affluence, avec 600.000 personnes (+20% par rapport à 2008), selon le directeur du journal communiste, Patrick Le Hyaric.
Pour l'eurodéputé PCF, élu en juin en Ile-de-France sur les listes Front de gauche, "dans un monde où domine l'argent-roi, les gens ont envie de se retrouver, d'échanger dans la solidarité et la fraternité, et se trouver ensemble dans le débat".

Vers l’unité de l’autre gauche. Déclarations du PG et du NPA
09/09/2009
Je vous invite à lire les déclarations que viennent de rendre public le Parti de Gauche, d’une part, et le NPA, d’autre part - elles sont disponible respectivement sur leur site.
Le PG rappelle son horizon stratégique : changer les rapports de force à gauche, construire des majorités qui permettent de rompre avec la logique capitaliste et productiviste. Pour cela, une méthode : le rassemblement de l’autre gauche. Le PG plaide pour un élargissement du Front de Gauche mais certainement pas en direction du PS… Cette précision s’adresse au PCF qui, lors de sa dernière réunion nationale, a laissé plané le doute sur les alliances ou non de premier tour aux régionales avec le PS et a surtout proposé d’ouvrir les ateliers de travail du Front de Gauche au PS. Comme rien n’est encore réellement tranché chez les communistes, le PG entend ainsi rappeler à ses partenaires sa conception du Front de Gauche. Il propose également un”paquet” jusqu’en 2012, c’est-à-dire de rendre durable l’unité de toutes les forces à la gauche du PS. L’analyse politique et les options stratégiques contenues dans cette déclaration me semblent aller vraiment dans le bon sens.
Le NPA propose aux différents partenaires de la gauche radicale (PCF, PG, Fédération, Alternatifs, LO) de se mettre concrètement au travail sans attendre dans le cadre d’ateliers. Face à la recomposition au centre d’une grande partie de la gauche qui accepte la main tendue de Bayrou, le NPA dit l’urgence à ce que toute l’autre gauche se rassemble. A la bonne heure… Le préalable à nos discussions devrait d’ailleurs être l’obligation à s’entendre ; c’est l’impérieuse responsabilité que nous avons dans cette période de trouble politique, de recomposition, de crises.
C’est lent, trop lent à mon goût, mais ça bouge. Vu de plus loin, nos histoires doivent sembler un peu ridicule, vaines, loin des préoccupations centrales immédiates de la majeure partie des gens, nous devons donner l’impression de ne pas sortir de nos postures tactiques. Et pourtant, cette phase est presqu’incontournable. tant que nous n’aurons pas résolu les conditions d’une alliance large et durable de l’autre gauche, nous n’arriverons pas à être efficace, à porter un espoir et des solutions au plus grand nombre. Il faut donc en passer par-là… Pour y être quotidiennement mêler, j’avoue que cela est parfois très pénible - j’ai ma boîte de Doliprane dans mon sac. Mais je sais que les recompositions prennent nécessairement du temps et que nous ne pouvons contourner cette étape.
Je vous invite à lire ces textes… et à venir à la Fête de l’Humanité ce week-end ! La Fédération pour une alternative sociale et écologique aura son stand, avenue Louise Michel.

Déclaration du Comité exécutif du NPA :
"L'heure des choix pour la gauche radicale face au projet de coalition de centre-gauche."
Les grandes manœuvres s’accélèrent vers un rassemblement de centre-gauche, qui marque le déplacement à droite d'une partie de la classe politique.
François Bayrou vient de répondre positivement à la dynamique lancée par Vincent Peillon et Daniel Cohn-Bendit à Marseille à la fin août. Comme le déclarait à cette réunion Marielle De Sarnez (avec l’accord évident du président du Modem et sous les acclamations de l’assistance), « ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise». L'« offre publique de dialogue portant sur le fond », faite par Bayrou, constitue le pas politique prudent mais décisif vers ce que Martine Aubry demandait à La Rochelle.
C'est exactement le même scénario qui a conduit à la catastrophe en Italie. Alliée au centriste Prodi, la gauche a d'abord battu Berlusconi puis déçu les attentes populaires, ouvrant la voie à Berlusconi II. Aujourd'hui, il ne reste plus un seul député de gauche au parlement italien.
Attendre 2012 pour battre Sarkozy, puis mener une politique de droite qui prépare son retour n'est pas la bonne voie. Les élections régionales seront le laboratoire de cette stratégie qui s'exprime déjà dans le renoncement à soutenir vigoureusement les luttes et à répondre aux aspirations des victimes de la crise.
Pour les forces qui se déclarent favorables à une rupture avec le capitalisme, c’est une nouvelle épreuve de vérité qui s’approche. Un doigt dans cette alliance sous prétexte de pragmatisme, et c’est tout le corps qui y passera.
Le PCF a condamné cette stratégie, mais ouvre pourtant des discussions programmatiques avec le PS.
Il faut se prononcer clairement pour un rejet national, explicite, dans les 22 régions, de toute alliance de premier ou de second tour comprenant le Modem.
Pour la gauche radicale, c’est l’heure des choix, et l’attitude vis à vis de la stratégie de centre-gauche en sera un des révélateurs.
C’est aussi l’heure de la clarté. Il ne suffit pas de battre Sarkozy, il faut battre aussi sa politique dans la rue et dans les urnes.
C'est pourquoi, dans cet objectif, le NPA propose sans attendre au PCF, au PG, à LO, à la Fédération, aux Alternatifs de se rassembler.
Nous leur adressons aujourd'hui une invitation à une rencontre nationale unitaire de nos 5 mouvements pour la mise en place immédiate de groupes de travail communs permettant à la fois de collaborer dans le soutien immédiat aux luttes et de préparer ensemble les régionales.
Régionales :
Mélenchon fait pression sur le PCF
Le fondateur du Parti de gauche réaffirme sa volonté de présenter des listes du Front de gauche, autonomes du PS, au premier tour, et refuse de participer à un «comité permanent» avec les socialistes.
LAURE EQUY

Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche et Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, lors du congrès du PG, le 31 janvier à Limeil-Brévannes. (AFP/ BORIS HORVAT)
A quelques jours de la Fête de l’Humanité, ce week-end à la Courneuve, où le PCF fait traditionnellement sa rentrée, le billet posté par Jean-Luc Mélenchon - doublé d’un communiqué de son Parti de gauche
- a bien vocation à mettre les points sur les i avec son partenaire du Front de gauche. Un titre qui ne trompe
pas: «Hum! ça cahote»
...
L’eurodéputé y appelle la direction du PCF à lever une «ambiguité». Alors que le parti de Marie-George Buffet est favorable à l’installation d’un «comité permanent» du Front de gauche et à «la mise au point d’une plateforme partagée», les communistes entendent aussi tenir des «ateliers avec la participation du PS», résume Mélenchon. A ces tables rondes thématiques (banques, services publics, nouveaux modes de développement, sommet de Copenhague, démocratie des institutions, éducation), prévues dès la fin septembre, le PCF a, en effet, convié «toutes les forces de gauche», PS compris. Lequel «a répondu favorablement à notre invitation», s’est réjoui Buffet, qui a rencontré mercredi dernier Martine Aubry et la croisera de nouveau dimanche prochain, à la Fête de l’Huma.
«Assumer la compétition entre deux lignes»
Des relations PCF-PS cordiales qui font tiquer Mélenchon. «Il y a problème.» Le PG écartant l’idée de participer à une «plateforme» ou à un «comité permanent» avec les socialistes. Un refus que Mélenchon justifie par l'attitude de ces derniers à l’égard du Modem et le pas de deux de François Bayrou, le week-end dernier. «Le PS roule vers le Modem comme la rivière vers la mer», soupçonne-t-il. D’où cet avertissement: au cas où le PCF songerait à proposer à ses ex-camarades de la rue de Solférino de rejoindre le rassemblement: «Pour nous, le PS n’a pas sa place dans le Front de Gauche.»
En demandant des précisions à son allié des européennes, Mélenchon assure ne pas vouloir «mettre au pied du mur» mais entend «pouvoir s’organiser en connaissance de cause». En vue: les élections régionales. Sur son blog, le fondateur du PG, appelant à «assumer la compétition entre deux lignes à gauche», réaffirme sa statégie pour le scrutin de mars 2010: listes de «l’autre gauche» totalement hérmétiques au PS, au premier tour, puis au second, «on se rassemble pour battre la droite», via «des fusions démocratiques».
«Paquet de trois élections sur trois ans»
Une «ambiguité» persistante risquerait, par ailleurs, de faire fuir le NPA, qui soupçonne justement le PCF d’être tenté de revenir dans le giron socialiste pour sauver ses élus régionaux.
Le contact avait fragilement repris
, fin juin, entre le PG et le NPA, mais les discussions avaient été plus houleuses entre Besancenot et le PCF
.
Mélenchon, lui, veut y croire: «Nous sommes certains qu’il existe de nombreux partenaires pour cette ligne. Le NPA, La fédération, combien de groupes localement se disent disponibles. Nous pensons que les communistes le prendront en compte.» Et de se radoucir: «Nous voudrions mener cette nouvelle bataille la main dans la main» avec le PCF.
Si lui reste optimiste sur l’avenir du Front de gauche, le leader du PG, qui avait proposé un «paquet de 3 élections sur 3 ans», ne veut pas d’embrouilles: puisque la direction du PCF n’a pas dit banco, il lui propose donc de soumettre son offre ficelant régionales, présidentielle et législatives, à leurs militants respectifs.

Les hésitations du PG
La réunion de Marseille, qui a réuni des têtes d’affiche socialistes, verts et Modem comme la décision d’aller vers des « primaires ouvertes », accélère encore l’urgence d’un positionnement unitaire, clair et efficace des partis qui se réclament de l’anticapitalisme.
La position du NPA n’a pas varié depuis le mois de juin, en faveur d’une unité durable de ces forces, ancrée dans les luttes et contribuant à affaiblir Sarkozy et le Medef, clairement indépendante du PS. Celle du PC apparaît hésitante et, il faut bien le dire, préoccupante quand on lit, sous la plume d’Olivier Dartigolles, que le parti est ouvert « aussi bien au NPA qu’au PS ».
Jean-Luc Mélenchon paraît lui aussi hésiter désormais, en partie sur les positions actées en juin par le PG. Il s’en est pris, sans raison, à une supposée fermeture du NPA et, surtout, semble peu enclin à reprendre certains éléments qui, en juin, paraissaient acquis, mais qui, bien entendu, posaient et poseront problème au PCF.
Dans un entretien à l’Humanité, il se déclare en faveur d’une unité durable, laquelle, au-delà des Régionales, irait jusqu’à la Présidentielle et les Législatives de 2012. Sur le principe de la durabilité, il rejoint ainsi une préoccupation constante émise par le NPA dès janvier dernier, et on ne peut que s’en féliciter. En revanche, les bases sur lesquelles se bâtirait ce front sont pour l’instant singulièrement abstraites : répartition des richesses, programmation sociale et écologique, refondation républicaine, une seule étant nette, la sortie du traité de Lisbonne. Peut-être que les groupes de travail décidés en commun permettront de clarifier les contenus effectifs, mais on voit mal comment on pourrait ne pas discuter de la constitution d’un service public bancaire unique, du niveau des revenus (avec un SMIC à 1500 net), de l’interdiction des licenciements, de celle du nucléaire, de la régularisation de tous les sans papiers…
Surtout, un tel front aurait peu de vertus s’il n’était qu’un simple regroupement électoral. Si l’unité n’est pas ancrée dans les luttes, elle sera difficile à construire. Dans ce cadre, devrait être affirmée la volonté de contribuer à bâtir, avec tout le mouvement social, une mobilisation d’ensemble, comme le LKP en a donné l'exemple.
Au niveau purement électoral, des questions se posent, au regard des dernières déclarations du fondateur du PG. Rejette t-il toujours fermement des listes à géométrie variable ? Ou envisage-t-il des choix différenciés, en particulier selon ceux du PC ? Fait-il toujours de la présence du Modem, au premier ou au second tour, un motif de rupture ? Le PG ira-t-il dans les exécutifs sous direction socialiste (pour le coup, cette dernière question n’est pas nouvelle, mais il faudra bien la trancher) ?
Mélenchon affirme que l’évolution du PS rend plus nécessaire encore le regroupement de « l’autre gauche ». C’est ce que nous disons avec nos termes, quand nous nous battons pour une unité durable, dans les luttes et les urnes. Mais à quoi servirait celle-ci si, en définitive, elle finissait dans les bras d’un PS, qui plus est converti au centre-gauche ? L’indépendance vis-à-vis de ce parti n’est pas une tocade du NPA : c’est la condition même de la possibilité que le peuple de gauche et les travailleurs disposent d’une alternative fiable, crédible, durable.
Assia Béagrid

Régionales :
le PCF veut s'affirmer, mais sans rompre avec les socialistes
C'est un difficile équilibre que tente Marie-George Buffet en cette rentrée politique. Afficher une ligne volontariste d'alliance pour des listes autonomes aux régionales sans couper les ponts avec le PS. Lors de l'université du PCF qui s'est tenue à Vieux-Boucau (Landes), les 28, 29 et 30 août, la secrétaire nationale a redit son opposition à la proposition de participer à des primaires à gauche pour l'élection présidentielle. "On est en train de faire des additions de voix mais une élection se joue à la mobilisation des électorats. Cette tentation du plus petit dénominateur commun face à la droite, comme celle de l'alliance avec le MoDem, mène à la défaite de la gauche", a-t-elle expliqué.
Le PCF veut rééditer aux élections régionales de mars l'alliance avec le Parti de gauche et la Gauche unitaire (militants sortis du NPA). Mais Mme Buffet entend "élargir" ce front aux acteurs du mouvement social, et à la gauche déçue par le PS. Elle ne veut donc pas "figer" les listes immédiatement. Il faut "répondre aux besoins des gens", explique-t-elle en lançant un "appel " à tous "ceux qui veulent un vrai changement". Quant au NPA, si elle est prête à lui tendre la main, il n'est pas question de le suivre sur son refus de toute alliance avec le PS au second tour. "Nous sommes pour des majorités de gauche et nous participerons aux exécutifs pour pousser les projets utiles à la population", a prévenu Mme Buffet. " La gauche a des bilans comme les transports gratuits en Ile-de-France. On va tout faire pour gagner de nouveaux droits", renchérit Patrice Bessac, conseiller régional d'Ile-de-France.
Le PCF organisera en septembre et en octobre des ateliers sur des propositions pour les politiques régionales. La Fête de L'Humanité, prévue les 11, 12 et 13 septembre, sera une nouvelle occasion de renouveler son offre. Toutes les figures de la gauche, Martine Aubry compris, y sont invitées. "Nous voulons faire une bataille publique sur le contenu des politiques régionales", assure Pierre Laurent, numéro deux du PCF.
Les quelque 500 militants présents dans les ateliers à Vieux-Boucau étaient sur la même longueur d'onde. Eduqués depuis le référendum de 2005 à combattre la gauche "social-libérale", ils ne sont pas prêts à des alliances de premier tour avec le PS pour les élections de 2010. Une très large majorité d'entre eux a envie de se lancer dans la campagne avec les amis de Jean-Luc Mélenchon. La secrétaire nationale doit maintenant convaincre ses élus régionaux. En 2004, 185 conseillers PCF avaient été élus en grande majorité sur des listes avec le PS. Cette fois-ci, la direction va pousser ses fédérations à un choix de listes autonomes dans un maximum de régions. La décision sera prise en novembre. Une échéance qui paraît trop loin à Patrick Braouezec, député rénovateur de Seine-Saint-Denis : "Si on veut construire un rassemblement avec d'autres forces, il faut le dire dès la Fête de L'Huma. Sinon, ce seront les Verts qui vont capter l'envie d'une autre gauche", prévient-il.

Le Parti de gauche plaide pour « la pérennisation » du Front de gauche
Clermont-Ferrand, envoyé spécial.
Ne leur dites pas qu’ils sont en « université d’été ». Ils se veulent en « séminaire de travail », rebaptisé « remue-méninges », pour approfondir leurs propositions en vue du congrès programmatique de leur parti début décembre. Il faut dire que le Parti de gauche (PG), né en début d’année après le départ de Jean-Luc Mélenchon du Parti socialiste à l’automne 2008, a besoin de se construire un projet politique. Les 300 militants réunis ce week-end à Clermont-Ferrand ont donc planché, dans divers ateliers (« Sixième République », « Services publics », « Droits des salariés », « Bataille culturelle », « Planification écologique » avec la députée démissionnaire des Verts et, visiblement, future adhérente du PG, Martine Billard), pour donner corps à ce que le PG appelle « son projet de nouvelle émancipation et de progrès humain », développé, entre autres, par l’économiste Jacques Généreux. Pour Jean-Luc Mélenchon, ce travail est indispensable pour des adhérents du PG qui, venus d’horizons divers - anciens socialistes pour beaucoup, mais aussi ex-communistes, écologistes, militants associatifs -, ont besoin de trouver une « cohérence intellectuelle ».
L’actualité politique n’était pas pour autant absente de ces journées de réflexion. Ainsi des futures élections régionales de 2010. Ces échéances ont fait l’objet d’une séance de travail pour définir « un programme de rupture pour les régions ». En marge des ateliers, la question des alliances a alimenté les débats. Si Jean-Luc Mélenchon affirme vouloir « des listes autonomes du Front de gauche incluant, en plus du PCF, le NPA, y compris Lutte ouvrière », listes qui se désisteraient au second tour en faveur des listes de gauche arrivées en tête, il admet que des obstacles demeurent, comme la dérive du PS vers le Modem ou le - refus du NPA de toute participation à des exécutifs avec le PS. Aussi le leader du PG veut-il avancer « par étapes ». « Fou celui qui refuserait l’union de l’autre gauche », tranche-t-il, en soulignant la nécessité d’un rapport des forces pour une autre - politique à gauche. Suite aux résultats des élections européennes, jugés « prometteurs » pour le Front de gauche, les militants du PG souhaitent « sa pérennisation et son élargissement ». C’est pourquoi, face aux primaires socialistes, qualifiées de « machine à perdre », Jean-Luc Mélenchon propose « un paquet », projetant le Front de gauche aux régionales, aux législatives, à la présidentielle, avec la mise en place d’une structure permanente de coordination. L’eurodéputé a également confirmé son intention de rejoindre avec sa formation le Parti de gauche européen (PGE), dont est également membre le PCF.
Diverses personnalités étaient présentes ce week-end à Clermont-Ferrand. Parmi ces invités, l’ex-NPA Christian Piquet, animateur de la Gauche unitaire, et André Chassaigne, président de l’Association des élus communistes et républicains (ANECR), qui vient de proposer l’ouverture de son association aux élus du Parti de gauche.
Mélenchon en plein doute sur le NPA

Jean-Luc Mélenchon est Clermontois tout le week-end pour animer l'université d'été du Parti de gauche... Les primaires socialistes ne lui disent rien qui vaillent et le projet d'alliance avec Olivier Besancenot ne va pas forcément de soi.
Cela, c’est sur la méthode mais sur le fond?
Je suppose que vous avez un oeil sur La Rochelle où Martine Aubry semble avoir repris la main ?
Vous faites fort d’amener le NPA à une alliance avec vous. Mais comment ?
Et Lutte Ouvrière ?
PCF et Parti de gauche tiennent leur université d'été
Les communistes se retrouvent vendredi dans les Landes, tandis que le parti de Jean-Luc Mélenchon a rendez-vous à Clermont-Ferrand.
Les deux principales composantes du Front de gauche, le PCF et le Parti de gauche, organisent, chacun de son côté, leur université d'été.
Les communistes se retrouvent vendredi 28 août dans les Landes, à Vieux-Boucau. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a choisi la capitale de l'Auvergne, Clermont-Ferrand.
Ces rencontrent surviennent alors que se repose la question des alliances à la gauche de la gauche, avec ou sans NPA, pour les régionales.
L'université d'été du Parti communiste se veut '"studieuse", avec de nombreux ateliers notamment sur le système financier ou l'emploi. Elle se tient à quelques jours du grand rendez-vous de rentrée à
la Fête de L'Humanité à La Courneuve (11-13 septembre).
Mêmes mots côté PG où les "Remue-méninges", organisées à Clermont-Ferrand aux mêmes dates, seront "très
studieuses", selon Jean-Luc Mélenchon, fondateur (ex-PS) du PG en novembre dernier.
En pleine "phase de préparation de notre programme" pour le congrès fondateur du parti en décembre, c'est un "rendez-vous intermédiaire dont l'axe est plutôt la synthèse entre écologie et
socialisme", dit Jean-Luc Mélenchon, en saluant l'arrivée au PG de Martine Billard (ex-Verts).
La question des alliances aux régionales
Au PCF, "on veut également se décomplexer sur la question écologique", assure Patrice Bessac (PCF).
La question des alliances sera aussi au centre des discussions. Après l'échec de la candidature unitaire à la présidentielle 2007, le "raté" des européennes, les partis de la gauche radicale
s'associeront-ils aux régionales de mars?
Avec 6% des voix et quatre élus aux européennes, le Front de gauche PCF-PG a devancé le NPA d'Olivier Besancenot (4,9% des voix) qui avait refusé de les rejoindre.
Cette fois-ci, l'unité, "je pense que je vais y arriver", glisse Jean-Luc Mélenchon. "Si le NPA y va tout seul en face d'un Front de gauche reconduit et élargi, il sera à nouveau sanctionné", se
persuade l'eurodéputé pour qui le Front "est un acquis".
Fustigeant une alliance PS-Verts-MoDem, l'ancien sénateur souhaite "plus que jamais un pôle de gauche qui rassemble absolument toute 'l'autre gauche'". Olivier Besancenot prône, lui, un "front
anticapitaliste", avec la condition expresse d'indépendance du PS.
Les deux hommes s'étaient prononcés fin juin sur le principe de "listes indépendantes" au premier tour des régionales, avec des "fusions techniques" au second tour avec le PS.
"Un discours de dupe"
Au PCF, régulièrement critiqué par le NPA pour sa présence dans les exécutifs des régions au côté des socialistes, Olivier Dartigolles, porte-parole, assure que "bien sûr il faut le
rassemblement".
"Un: les contenus, deux: les fronts les plus larges", résume-t-il, assurant "ne pas regarder plus du côté du NPA que du PS" mais vouloir "déployer la stratégie du Front de gauche".
Une "offre nationale" sera proposée le 4 septembre lors du Conseil national du PCF dans le but de "construire des majorités politiques", dit-il.
En prônant l'unité à son université d'été à Port-Leucate (Aude) dimanche dernier, le NPA propose "un discours de dupe", selon un responsable communiste. "Ils ne veulent pas d'alliance et font un tour
de piste pour pouvoir dire 'regardez on a voulu l'union'", explique-t-il.
Quant au débat sur les primaires qui agite la gauche, "nous serions pris en otages des querelles de famille du PS", juge Jean-Luc Mélenchon. C'est une "impasse", affirme Marie-George Buffet.
La numéro un communiste a par ailleurs réfuté toute idée d'alliance avec le MoDem pour 2012 alors que l'ancien leader du PCF, Robert Hue, en marge du parti, s'y est montré favorable. "A cette
alliance 'du PCF au MoDem', vous pouvez barrer 'PCF'", a-t-elle lancé.

Besancenot :
«Mélenchon fait quand même beaucoup dans la com !»
26/08/2009
Alors que la première université d’été du NPA s’achève aujourd’hui, Olivier Besancenot répond à nos questions et tente de lever les ambiguïtés qui entourent la stratégie de la toute jeune formation anticapitaliste. Au passage, il tacle le patron du Parti de gauche. L'union est un combat, dit-on...
Olivier Besancenot : Ce qui est désespérant, ce sont les unités de circonstance qui explosent une fois tombés les résultats électoraux, c’est de voir alors certains retourner à la soupe. Nous, on est constant. C’est d’autant plus important d’être constant, que l’on voit très bien ce qui se dessine à terme : une coalition de centre-gauche PS-MoDem-Europe-écologie. On sait ce que ça a donné en Italie : Berlusconi et plus d’opposition.
Mais cette « constance » peut aussi donner l’image d’une direction du NPA intransigeante ?
Intransigeante ? Non, exigeante. On veut vraiment tenter de trouver un accord. Mais il ne faut pas que ça tourne au marchandage : il faut que l’unité se fasse sur un contenu clairement anticapitaliste. On ne demande pas à Jean-Luc Mélenchon de devenir révolutionnaire. Mais les accords de circonstance, c’est la stratégie qui a été utilisée à gauche pendant vingt ans et ça n’a rien donné.
«Avec la CGT, il faut qu’on relance le débat, quitte à “clasher” !»
C’est surtout que ça l’arrangeait de voir les choses comme ça. C’est du Mélenchon : il fait quand même beaucoup dans la com ! C’est comme lors de notre première rencontre pour les régionales. Il a convoqué la presse pour dire « Ça y est, c’est fait », alors que ce n’était qu’une première discussion. On n’est pas pour offrir aux médias de belles photos de famille avec toutes les têtes d’affiche dessus. Au NPA, on a l’habitude de dire qu’on est plus pratiquant que croyant.
Après, pour ce qui est de notre refus de participer aux européennes avec le Front de gauche, c’est peut-être aussi qu’avant même que l’on se prononce, tout était plié : le matériel de campagne avait déjà été commandé ! Et pendant la campagne, on n’a pas taclé le Front de gauche. Eux, ils ne se sont pas retenus…
Est-ce que dans la période que nous traversons, ce ne serait pas également une question de responsabilité que de ne pas entretenir une guerre ouverte comme celle qui vous oppose aux syndicats et, en particulier, à la CGT ?
Ce n’est pas nous qui rentrons en guerre contre la CGT. C’est eux qui ne viennent pas à notre université quand on les invite. On ne va pas nous faire ce procès-là en plus, histoire d’établir un cordon sanitaire autour du NPA et de le rendre infréquentable. Avec la CGT, il faut qu’on se voit, qu’on relance le débat, quitte à « clasher ». Mais il faut qu’on se parle.
«Quand on parle de grève générale, on n’a pas en tête le Grand soir...»
Il y a tout de même un différend qui vous oppose sur la manière d’aborder le mouvement social. Vous êtes partisan de la grève générale. Ce à quoi les syndicats répondent que la grève
générale ne se décrète pas ?
Ce qui n’est pas faux. Mais ça ne doit pas être un alibi quand même. Entre dire « Ça ne se décrète pas » et faire des manifestations simplement tous les deux mois, il y a de la
marge. Nous, quand on parle de grève générale, on n’a pas en tête le Grand soir. On cherche juste l’efficacité. On cherche à faire converger les luttes. On cherche à aider les luttes locales,
qu’elles ne soient plus isolées. Ce qui est malsain dans cette histoire, c’est qu’on sent qu’une page du mouvement ouvrier est en train de se tourner…
Du côté de la direction du NPA, on se refuse à dire qu’il y a eu une certaine désaffection dans les rangs des militants. Mais les militants, eux-mêmes, expliquent qu’il y a un important turn-over ?
La désaffection, c’est une rumeur, d’ailleurs relayée par Marianne… Je ne vais
pas essayer de convaincre avec de la salive. On se permet juste de dire que non, on n’est pas mort. Pour ce qui est du turn-over, c’est un phénomène que nous connaissons mais qui n’est pas énorme.
Après, on peut reconnaître qu’on a des petits problèmes de fonctionnement. C’est que c’est super compliqué de faire cohabiter des personnes issues de traditions politiques différentes : il y a
des communistes, des socialistes, des éco-socialistes, des libertaires, etc. Ce n’est pas aussi compliqué que ce que j’imaginais avant de lancer le NPA mais on a parfois des débats de
fou !
Mais le plus gros problème se pose au niveau générationnel : on n’appréhende pas le mouvement ouvrier de la même manière quand on est un cégétiste de 55 balais ou un jeune de quartier. Des fois,
ça fait des étincelles, et il y a des clashs.
Mais on le revendique : on apprend en marchant. Maintenant, il nous faut passer à ce que j’appelle « l’acte II du NPA » : il faut nous consolider tout en continuant à nous ouvrir,
être présent dans les luttes et, surtout, montrer que nous avons un projet politique global.

Entretien avec
Jean-Luc Mélenchon
Que pensez-vous du ralliement de Martine Aubry, la secrétaire nationale du PS, au principe des primaires ?
Jean-Luc Mélenchon. Il y a des débats plus urgents face à la crise. Reste que le PS se doit de préciser s’il entend organiser les primaires entre ses membres – ce qui ne regardera que lui –, ou instaurer ce système électoral entre toute la gauche ? Cette option-là me semble très dangereuse. Outre la complexité à le mettre en œuvre, le mécanisme des primaires constitue une machine à diviser. Car, habituellement, en présentant des candidats de gauche séparés, le premier tour de la présidentielle sert aux uns et aux autres à formuler des propositions face à la droite. Là, les primaires instaureront une confrontation des candidats de gauche les uns contre les autres. Quel cadeau pour la droite ! De plus, avant le vote pour ces primaires, serait encouragée une surenchère permanente des ego, du type de celle que nous constatons actuellement au Parti socialiste. Enfin, ce système est une machine à niveler vers le plus petit commun dénominateur. Cela déplace le centre de gravité de la gauche complètement vers le centre gauche, voire vers le centre droit, comme ce fut le cas en Italie, avec le résultat désastreux que l’on sait.
Vous rappelez dans Le Monde (1) que votre parti souhaite que « l’autre gauche » présente des listes autonomes au premier tour des élections régionales. Pouvez-vous développer cette position ?
Jean-Luc Mélenchon. Précisons ceci : nous ne partons pas de rien. Le Front de gauche est un acquis par rapport à la prochaine échéance. C’est un bien précieux que nous devons enraciner et élargir. Se pose donc à présent la question de l’intégration du NPA à cette coalition. Et, plus largement, son élargissement aux personnalités du monde syndical, intellectuel ou associatif. C’est cette proposition que je formule pour les régionales. Pour moi, présenter des listes autonomes au premier tour est un bon moyen pour faire valoir les propositions de l’autre gauche et ne pas se laisser embarquer dans les aventures des socialistes avec le centre. Notre objectif doit être d’impulser une dynamique populaire, pas de cautionner des combines politiciennes. Donc, compte tenu de l’évolution du paysage politique, il est temps d’aller plus avant.
Qu’entendez-vous par là ?
Jean-Luc Mélenchon. L’initiative du PS en faveur de l’organisation de primaires est une machine à marginaliser le Front de gauche et, plus généralement, l’offre politique de l’autre gauche. Nous sommes donc devant une situation nouvelle. Je propose aux composantes du Front de gauche d’être à la hauteur du défi. C’est le moment d’affirmer un Front durable pour être attractifs. Soyons proposants. Faisons entre nous un seul paquet de la question des scrutins régional, présidentiel et législatif. Ainsi, nous formulerons vraiment une proposition alternative à l’autre paquet que constitue l’alliance à la carte aux élections régionales, les primaires et l’alliance au centre.
Votre proposition de « prendre dans un seul paquet les élections régionales, présidentielle et législatives » sera-t-elle mise en discussion ce week-end, lors de votre « remue-méninges », à Clermont-Ferrand, où sont invités des dirigeants du PCF, du NPA et de la Gauche unitaire ?
Jean-Luc Mélenchon. Nous préciserons évidemment les contours de cette proposition. J’estime que, en face du dispositif qui est en train de s’organiser autour du Parti socialiste et du MoDem, notre responsabilité au Front de gauche est considérable. C’est notre devoir de faire une proposition constructive. Les partis du Front de gauche et ceux qui accepteraient de s’y associer pourraient ainsi s’entendre sur une plate-forme commune englobant les trois étapes électorales. Très concrètement, je propose qu’ensemble nous annoncions que nous sommes d’accord pour présenter des candidats communs pour les listes régionales, avec les têtes de listes, et des candidats communs à la présidentielle et aux législatives. Cette proposition commune pourrait être soumise au vote de nos adhérents respectifs.
En reprenant dans Le Monde la formule de « fusions techniques » au second tour des régionales, n’est-ce pas une manière de vous rallier au NPA, qui conditionne l’union au refus des responsabilités dans la gestion des régions de gauche ?
Jean-Luc Mélenchon. Précisons : ce qui d’emblée est un principe incontournable, c’est que les listes de gauche doivent se désister au second tour pour celles qui arrivent en tête. Le parti qui tournerait le dos à cette obligation d’alliance devrait être fermement combattu à gauche. Ceci dit, dans le camp de l’autre gauche, nous sommes confrontés à la position du NPA, qui ne veut en aucun cas participer aux exécutifs, et à celle du PCF, qui estime que cette question se juge programme à la main. Il faut donc chercher à rapprocher ces deux points de vue. C’est ce que je voudrais faire. Cela implique que le NPA ne pose pas de préalable à la discussion. Il faut limiter les divergences et amplifier les convergences. Pas le contraire ! Nous devons donc discuter sérieusement des positions de chacun, ne pas les contourner ou les régler par médias interposés. Aucun défi n’est insurmontable si le but est bien d’être le plus efficace possible face à la droite.
Entretien réalisé par Mina Kaci
(1) Le Monde du 27 août 2009.

La gauche de la gauche aussi à l’affût
PCF, NPA et PG n’ont pas encore trouvé de ligne commune face au PS.

Jean-Luc Mélenchon, eurodéputé et fondateur du Parti de gauche allié au PCF aux européennes, à Toulouse le 3 juin (© AFP Eric Cabanis)
Attention au grignotage à gauche. A sept mois des régionales, le PCF, le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et le Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot (NPA) n’ont pas renoncé à former des listes d’union dès le premier tour. Mais après un round de rencontres bilatérales en début d’été et avant une reprise des «discussions» à la rentrée, le ménage à trois de «l’autre gauche» est encore loin d’être entériné.
En 2004, les communistes avaient contracté des alliances à géométrie variable avec les socialistes : dans 15 régions sur 22, le PCF avait fait l’union dès le premier tour avec le PS.
«Fusions».Les 6 % obtenus aux européennes de juin, en tandem avec le PG sous la bannière du Front de gauche, ont changé la donne. La direction du PCF a pris goût à l’autonomie vis-à-vis du PS et souhaite «élargir le Front de gauche, explique l’un des porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles,constituer des fronts larges et marquer le plus de points possibles». Les communistes et les camarades de Mélenchon ont vite fait le calcul : avec les voix du NPA (4,9 % en juin), le Front de gauche vise la barre des 10 % dans certaines régions pour pouvoir se maintenir au second tour. «Repartir séparés, ce serait rater une occasion pour la gauche», confirme Eric Coquerel, du PG. Mais l’affaire est loin d’être bouclée. Le NPA est, certes, d’accord pour le «rassemblement au premier tour sur un programme antidroite» et sur celui de «fusions techniques» avec les listes PS (hors Modem) «pour battre la droite». Problème : Besancenot et les siens posent comme condition la non-participation dans les majorités socialistes pour tout le monde, y compris les communistes. «Ce serait se moquer des électeurs que de concocter entre les deux tours un programme de gestion des régions avec les socialistes», argue Pierre-François Grond (NPA). «Il serait stupide de dire : "Plus jamais rien avec le PS"», répond l’autre porte-parole du PCF, Patrice Bessac, qui précise : «Ça dépend aussi avec qui et pour quoi faire.» On serait alors plus proche d’un remake des européennes que d’une alliance réussie…
Stratégies. Mais au sein du PCF, pas sûr que tous les militants (qui décideront région par région, à l’automne) suivent le souhait de la direction. Plus de 180 conseillers régionaux, une quarantaine de vice-présidents… «Certains sortants peuvent vouloir partir dès le premier tour avec le PS», convient Marie-Pierre Vieu, vice-présidente en Midi-Pyrénées. «Tout dépend aussi des choix que va faire le PS», souligne François Delapierre, au PG. Une alliance des socialistes avec le Modem pourrait alors rapprocher les stratégies du PCF, du PG et du NPA.

Rencontres unitaires :
Bilan d’étape
mardi 14 juillet 2009
Le NPA vient de rencontrer les forces de la gauche radicale et anticapitaliste. Premier tour d’horizon.
C’est la crise économique, les licenciements massifs, un taux de chômage sans précédent et qui va s'aggraver, la politique brutale de la droite néfaste à l'ensemble du monde du travail, pour sauvegarder les profits et les privilèges d'une minorité dans un système capitaliste en crise, qui conduisent notre politique unitaire.
Elle vise à l’unité la plus large et sans exclusive dans les mobilisations; elle veut regrouper sur le plan politique les forces anticapitalistes, les forces combatives, qui seront déterminantes pour les luttes. Dans cette perspective de mouvement d’ensemble, il s’agit de construire les leviers unitaires de mobilisation qui ont tant manqué, le semestre passé, face aux directions confédérales. Le rôle du NPA est d’impulser, d’aider à forger ces cadres unitaires. A nous seuls, nous ne pouvons construire l’opposition sociale et politique dont la carence est l'une des clés de la situation actuelle.
Nous avons donc proposé aux forces politiques que nous avons vues de prendre ensemble nos responsabilités. Les Alternatifs, le Parti de gauche, la Fédération et, en partie, le PCF ont répondu positivement. A nous tous de mettre en œuvre les outils de la riposte sociale. En ce qui concerne les régionales, nous avons proposé, comme lors des européennes, un accord durable sur un programme écologiste, anticapitaliste, social et démocratique de rupture. Ce qui implique un rassemblement indépendant politiquement du PS et la volonté de battre la droite au pouvoir sans passer des accords de gestion avec des formations dont nous ne partageons pas le programme.
Ces rencontres diverses et les déclarations communes qui émanent permettent d’acter les points de convergences et les désaccords avec les forces politiques concernées. On voit bien que c’est la relation au PS qui pose problème. C’est particulièrement clair avec le PCF, qui n’a pas renoncé à des majorités de gestion avec les socialistes. Cela le conduit à accepter, dans les conseils régionaux, des politiques contraires à ce que défendent ses militants, comme subventionner des entreprises privées…qui licencient !
Contrairement à ce que racontent certains médias décidément « bien intentionnés » à notre égard, rien n’est fait. Rien n’est acté, avec personne. Les différentes déclarations qui font le point sur ces réunions sont accessibles sur notre site Internet. A notre université d’été, aura lieu un débat sur la question: toutes ces forces politiques sont invitées. Les militantes et les militants, nos lecteurs et nos sympathisants, ont toutes les cartes en main pour débattre. Après d'indispensables discussions sur l’ensemble des problèmes posés, nous trancherons. Il n’y a aucune urgence. Le conseil politique national du NPA fera le point en septembre et nous rendrons compte, dans les colonnes de Tout est à nous !, de l’état d’avancement des discussions.
Déclaration de la liste Aix à Gauche (PCF, NPA, PG ...)
lundi 13 juillet 2009
Elections municipales 2ème tour du 19 juillet 2009.
Nous remercions les électrices et les électeurs qui ont voté pour notre liste.
Seule véritable liste d’union des forces de gauche, syndicalistes, associatives et citoyennes, elle est le socle sur lequel les luttes contre la droite et la politique de Sarkozy et pour le rassemblement s’appuieront.
Cette élection, en plein week-end du 14 juillet est un déni de démocratie qui a conduit à près de 56% d’abstention. Il est clair que la gauche sort affaiblie de ce scrutin. L’alliance avec le MoDem réalisée par la liste « Tous ensemble pour Aix » non seulement n’était pas nécessaire mais est dangereuse pour l’avenir. Le seul discours « anti-Joissains », même de la part de responsables de droite ne fait pas une politique de gauche.
Madame Joissains rassemble la droite la plus dure et la plus réactionnaire. Elle est la représentante de la politique de Sarkozy, c’est pour cela qu’il faut combattre cette droite.
Nous avons mené une campagne populaire, intense et digne. Nous avons été les seuls à porter clairement une orientation et des propositions de gauche dans cette élection.
Dans la diversité de notre liste nous nous sommes mobilisés pour un projet qui s’attaque aux inégalités et aux conséquences locales de la politique de la droite et de sa mise en œuvre. Partout, et en particulier dans les quartiers populaires, nous avons constaté les dégâts causés par le manque de démocratie et par une gestion de la ville qui accentue inégalités sociales et environnementales.
Dès demain nous continuerons dans les luttes et dans les débats à porter ce courant clairement de gauche qui veut rassembler et se mettre au service de la population aixoise.
Nous avons été clairs et responsables et nous entendons le rester en particulier par le respect des paroles données et des engagements pris vis-à-vis des électeurs.
Nous sommes mobilisés dans le combat contre la politique de Sarkozy, de la droite en général et du MEDEF.
A Aix, sur des questions nationales ou locales nous poursuivrons dans ce sens, pour défendre au quotidien, l’ambition d’une ville solidaire.
Dans cette situation, les électrices et les électeurs, face à l’importance de l’enjeu de ce 2ème tour, déciderons en toute conscience de leur vote.

"Reconstruire une gauche de combat "
interview de Daniel Bensaïd à Marianne
Par Daniel Bensaïd*. "Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes, je rigole doucement !"
Marianne : La gauche peut-elle encore « rebondir » idéologiquement ?
Daniel Bensaïd : Malgré son affaiblissement, le PS reste le parti central de la gauche institutionnelle. Avec ses positions dans les conseils régionaux, il ne faut pas croire qu’il va rester à ce niveau-là aux élections régionales, en 2010. Mais il est toujours davantage confronté à une alternative qu’il n’arrive pas à dénouer. Pour reconquérir l’électorat populaire perdu, il faudrait qu’il propose une politique sociale beaucoup plus radicale face à la crise. Il faudrait qu’il ait l’audace de se faire le champion d’une relance anticapitaliste. Mais comme ce parti, lorsqu’il était au gouvernement, a contribué au renforcement de la logique présidentialiste, il n’y a aucune chance qu’il le fasse. Ses alliances se situent et se situeront par la force des choses au centre gauche, avec les verts de Daniel Cohn-Bendit ou un MoDem requinqué.
Dans quelle direction les socialistes devraient-ils aller pour reconstruire un logiciel crédible ?
D.B. : Nous n’avons pas de conseil à donner aux socialistes. Pour reconstruire une gauche authentique, ils devraient tout revoir. Et, d’abord, reconnaître qu’à travers le démantèlement des mécanismes de l’Etat-providence, auquel ils ont contribué activement, ils ont sapé les bases de la social-démocratie européenne.Cette « destruction » des bases de la social-démocratie européenne, que vous reprochez au PS, aurait dû gonfler par contrecoup les suffrages de la gauche radicale.
Comment expliquer, dans ce contexte, le très faible score du NPA ?
D.B. : Nous avons toujours été conscients d’un écart non négligeable entre la popularité personnelle d’Olivier Besancenot et la réalité militante et électorale du NPA, qui peut être raisonnablement estimé entre 6 et 7 %. Notre résultat aux européennes – avec une campagne portée par des têtes de liste nouvelles et Olivier délibérément en retrait – s’est en fait situé dans cette fourchette-là. De surcroît, comme lors de chaque scrutin européen, les abstentions ont été concentrées dans l’électorat populaire, en particulier dans la jeunesse qui représente une grande part de l’électorat de Besancenot à la présidentielle. Mais le critère décisif pour nous, c’est de savoir si nous consolidons une présence militante dans les lieux où nous voulons nous implanter durablement. De ce point de vue-là, le scrutin du 7 juin a été positif.
La percée du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui a marché sur les brisées du NPA, n’indique-t-elle pas, par contraste, que vous avez eu tort de délaisser la problématique républicaine ?
D.B. : Je pense que notre vrai défaut n’a pas été là. Nous aurions dû articuler plus fortement la proposition européenne et la lutte contre la crise. Il aurait fallu montrer que l’échelon européen était le bon niveau de riposte à la grande crise. Car la minorité des 40 % d’électeurs français qui se sont exprimés le 7 juin s’intéressait quand même à la question européenne. Ces électeurs attendaient, ils espéraient qu’on leur parle d’Europe. Nous ne l’avons pas assez fait. Le soutien des dirigeants socialistes et de ceux d’Europe Ecologie au traité de Lisbonne est ainsi passé quasi inaperçu.
La division de la gauche radicale peut-elle encore être surmontée, en vue des régionales de 2010 ?
D.B. : Lors de ces élections européennes, la division de la gauche radicale ne relevait aucunement d’un différend fondamental sur les bases politiques de la campagne. Ce qui a fait obstacle, c’est notre volonté, si justifiée, de conserver notre indépendance face au PS et notre réticence à servir de piétaille électorale pour être ensuite laissés en plan aux régionales, quand le PC retournera, comme c’est probable, à ses amours plurielles avec le PS. Désormais, nous sommes au pied du mur. Mais nous n’avons pas à regretter cette stratégie. A y regarder de plus près, le schéma du plan de relance socialiste – bien que s’élevant à 40 milliards d’euros – n’est pas qualitativement différent du plan de relance de Sarkozy. Sans rupture avec le cadre des contraintes européennes, ni reconquête du service public, ni réévaluation du pouvoir d’achat, le plan de relance socialiste, qui ne comporte pas non plus de mesures radicales d’interdiction des licenciements, se situe en fait dans les mêmes marges de « moralisation du capitalisme » que celui de Sarkozy. On entend chaque jour davantage le chœur de ceux qui prédisent une sortie de crise imminente. La crise actuelle, à l’instar de celle de 1929, peut déboucher sur un « rebond » comme celui qui a existé entre 1933 et 1937. Mais plus dure fut ensuite la (re)chute ! La crise actuelle est une crise historique de la loi de la valeur. L’instrument de mesure de la production et de l’échange de richesse par le temps de travail abstrait produit un désastre social.
Que reprochez-vous à la gauche réformiste face à ce contexte inédit ?
D.B. : De rester « en arrière de la main », autant en termes de pronostic qu’en termes de réponse. Entre ceux qui veulent sauver le capitalisme et ceux qui veulent le combattre, la ligne de partage est la question de la propriété, du droit à l’existence (au logement, au savoir) opposable au despotisme de marché. Si au NPA notre diagnostic est juste, nous n’assistons pas à une énième crise économique, mais aussi à une crise des solutions à la crise. Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes dans le cadre du capitalisme mondialisé réellement existant, je rigole doucement !
Pourquoi ?
D.B. : Mais parce que le keynésianisme suppose un espace économique homogène, avec un effet d’entraînement de la consommation sur la production. Dans une économie mondialisée et dans une Europe « vole au vent », un tel dispositif est inenvisageable. Si l’on pense, comme nous, que la crise sera plus grave et plus longue, il faut s’inscrire dans la durée pour reconstruire une gauche musclée et de combat. Tout indique que le PS, dans les mois et années qui viennent, va, quant à lui, s’enliser dans les opérations de type « parti démocrate » et finir avec les mêmes mésaventures endurées par Romano Prodi en Italie. Une fois encore, la politique du moindre mal risque de produire le pire.
Propos recueillis par Alexis Lacroix
* Vient de publier en collaboration avec Charb Marx (mode d’emploi) (La Découverte) et une préface aux Crises du capitalisme de Karl Marx (Démopolis).
Déclaration commune du PCF et du NPA
lundi 6 juillet 2009
Le PCF et le NPA constatent les ravages provoqués par la crise globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale, écologique et démocratique, dans laquelle les politiques libérales ont plongées la France, l'Europe et le Monde.
Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe de plein fouet le monde du travail et constatent la nouvelle offensive de Nicolas Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés, annoncée lors du Congrès de Versailles.
La situation sociale pour la majorité de la population se dégrade chaque jour. L'ensemble du monde du travail, les jeunes, les retraités, les chômeurs paient chaque jour les frais de cette crise du système capitaliste. Le NPA et le PCF condamnent les licenciements quasi-quotidiens aujourd'hui et la volonté de Sarkozy et de son nouveau gouvernement de continuer son offensive antisociale : travail du dimanche, départ à la retraite à 67 ans, privatisation de la Poste, suppressions massives d'emplois dans la fonction publique, réduction massive de l'intervention publique au travers de la loi RGPP… Dans le même temps, de nombreuses luttes se poursuivent, en particulier dans les entreprises, que l'on pense aux Continental, Caterpillar, Goodyear, ainsi que beaucoup d'autres qui se battent pied à pied contre les licenciements. Dans les universités, les hôpitaux, autour de la poste, des mobilisations fortes ont lieues tandis que le secteur de l'énergie a connu la plus longue grève de son histoire.
Face à cette offensive, le PCF et le NPA pensent qu'il est urgent de contribuer aux luttes et à l'union la plus large autour des salariés pour revendiquer le droit à un emploi stable et bien rémunéré pour toutes et tous, l'augmentation des salaires et de tous les revenus, la défense et le développement de tous les services publics, mais aussi et d'abord le refus catégorique du recul de l'âge de la retraite .
Fort de ces convergences sur l'analyse de la crise du capitalisme et sur la nécessité de s'y opposer, le NPA et le PCF veulent travailler à la constitution de fronts unitaires contre la politique de Sarkozy et de son gouvernement. Dans le même temps, ils proposent d'oeuvrer au rassemblement le plus large autour d'un projet en rupture avec le capitalisme, alternatif aux orientations du pouvoir actuel.
Concernant les élections régionales :
Le NPA propose au PCF de constituer des listes unitaires indépendantes composée du PCF, du NPA, du PG, de LO, des courants composants la Fédération, de militant-e-s associatifs et des quartiers. Tirant un bilan critique des politiques défendues actuellement dans les régions, il propose que ces listes avancent un plan d'urgence social et démocratique régional (refus des subventions aux entreprises, développement des services publics…). Elles seront pour cela clairement indépendantes du PS et des listes de type Europe Ecologie. Au second tour, ces listes unitaires auront la volonté de battre la droite et pour cela pourront être amenées à faire des « fusions techniques » des listes de gauches sauf en cas de présence du Modem. Pour le NPA, l'indépendance vis-à-vis de la gestion sociale libérale doit être assumé jusqu'au bout, et donc l'ensemble des élus issus de chaque formation partie prenante des listes unitaires refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie.
Le PCF, dans la poursuite et l'élargissement de la démarche du Front de Gauche, entend construire à partir d'une réflexion sur les contenus d'une politique alternative, un rassemblement majoritaire permettant de mettre en œuvre de véritables politiques de gauche. Pour les élections régionales, dans cet esprit, il appelle à tout faire pour empêcher la droite de reconquérir des régions, a créer les conditions de majorités politiques clairement ancrées à gauche sur des projets nettement plus combatifs que ceux mis en œuvre depuis six ans et à renforcer dans ces assemblées l'influence et l'autorité d'élues et d'élus au service de tels projets. Il insiste sur la nécessité de ne poser aucun préalable à la recherche de l'unité de celles et ceux qui dans leur grande diversité à gauche souhaitent un changement de politique et des pratiques qui mettent l'intérêt général au dessus des intérêts partisans.
Le PCF et le NPA décident de poursuivre leurs contacts avec la volonté d'aboutir aux accords les plus utiles à leurs concitoyens et aux changements politiques dans notre pays. La discussion se poursuivra notamment dans un groupe de travail sur les contenus dont le cadre sera définit ultérieurement.
Paris le 6 juillet 2009.
La délégation du PCF était conduite par Pierre Laurent accompagné de Patrice Bessac, Jacques Chabalier et Francis Parny
La délégation du NPA était composée d'Olivier Besancenot, Yann Cochin, Sandra Demarcq, Pierre-François Grond, Yvan
Lemaitre ; Myriam Martin et Gérad Nicol.
Compte-rendu des rencontres PG avec le PCF, les Alternatifs et le NPA

Le Front de gauche entre élargissement et écartèlement
POLITIQUE - Rassembler la gauche n'est pas mince affaire, le Parti de gauche et le Parti communiste en font la délicate expérience...
«Poursuivre et élargir le Front de gauche», tel était le vœu formulé début juin par Marie-George Buffet, après le bon score obtenu aux élections européennes par l’alliance du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire… Elargir,
d’accord, mais à qui? Un véritable numéro d'équilibriste, tant le grand écart entre le NPA d’Oliver Besancenot d’un côté, le PS de l’autre, semble périlleux. Ce vendredi soir, la secrétaire nationale
du Parti communiste retrouve ses camarades Jean-Luc Mélenchon
(Parti de gauche, PG) et Christian Picquet (Gauche unitaire) pour un forum-débat. En coulisses, les tractations ont déjà commencé pour les régionales de 2010.
Entre le Parti de gauche et le NPA, l’affaire semble rouler. Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot se sont rencontrés mardi et ont assuré que, quelles que soient leurs «divergences», leurs
formations respectives «souhaitent œuvrer à la préparation d'une contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences».
Mélenchon le cul entre deux chaises
«Nous préparons ensemble la rentrée sociale, mais aussi les régionales de 2010», a confirmé à 20minutes.fr Pierre-François Grond, membre du comité éxécutif du NPA. Les anticapitalistes sont prêts à
présenter des listes «autonomes et indépendantes» aux régionales avec le PG, mais aussi avec Lutte ouvrière et les Alternatifs. Mais ils n'en démordent pas: «avec le PS, c'est impossible». Voilà qui
douche les espoirs de Benoît Hamon, qui appelait à l'unité quelques
jours plus tôt dans «Libération», estimant qu'il était temps de poser «la question de listes communes».
Voilà qui met aussi Jean-Luc Mélenchon dans une position délicate par rapport à ses alliés du PCF, qui ont une longue tradition d'alliance avec le PS, notamment pour les régionales. «La balle est
dans le camp du PCF», lâche Pierre-François Grond. Le NPA ne ferme pas la porte aux communistes, à condition qu'ils acceptent de ne discuter avec le PS qu'au cas par cas, au second tour des
régionales, mais pas avant.
«Le PCF n'a pas dit non, il se prononcera en octobre», assure à 20minutes.fr Eric Coquerel, secrétaire national du PG, chargé des relations extérieures et unitaires. Un proche de Marie-George Buffet
confie pourtant au
«Monde», ce vendredi, ne pas comprendre «la précipitation de Mélenchon» à discuter avec le NPA dès maintenant, perçue comme «une marque de manque de confiance».
«Un Front de gauche durable»
«Le PG, comme le PCF, veulent construire un Front de gauche durable, avec pour ambition d'être majoritaire à gauche dans les années à venir», annonce Eric Coquerel. Pourtant, Pierre-François Grond
(NPA) l'affirme: «il n'est pas question que le NPA entre dans le Front de gauche».
Le Front de gauche n’est donc pas mort, et une nouvelle alliance se profile. François Delapierre, délégué général du PG, veut rassurer son monde: «Personne ne pense que le PS va rejoindre le Front de
gauche». Olivier Besancenot et Marie-George Buffet auront l'occasion de discuter alliances dès lundi, au cours d'une réunion entre leurs partis respectifs.
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Régionales :
le PCF mis sous pression par Jean-Luc Mélenchon
Alliance mise en place pour les européennes, le Front de gauche continue son combat. C'est en tout cas le message qu'entendent faire passer les responsables du PCF en organisant un meeting avec ses partenaires au sein de ce front, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (ex-NPA), alors que les différentes forces à la gauche du PS s'agitent en vue des régionales.
Vendredi 3 juillet, Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon et Christian Picquet tiendront à nouveau tribune commune lors d'un forum sur l'alternative à gauche à la Mutualité à Paris. L'objectif pour le PCF est de montrer que l'alliance électorale du Front de gauche existe au-delà des européennes et qu'il entend l'élargir au mouvement social. Vendredi, ils ont réussi à associer Maryse Dumas de la CGT, Annick Coupé de Solidaires, Gérard Aschieri de la FSU, Roland Gori de l'Appel des appels, Aurélie Trouvé d'Attac à ce projet. La députée verte Martine Billard est également de la partie.
Voilà une semaine que la direction communiste s'efforce de rassurer ses partenaires inquiets de son silence sur les régionales et de ses rencontres avec les dirigeants socialistes. L'entourage de Mme Buffet assure que les discussions souhaitées "avec toute la gauche" n'hypothèquent pas une alliance aux régionales. La secrétaire nationale souhaite seulement prendre son temps - jusqu'à la mi-septembre - pour tenter de rallier d'autres groupes militants et des personnalités. Et convaincre ses élus régionaux de l'intérêt d'une telle alliance Front de gauche pour les régionales.
Mais le timing communiste est trop lent pour le PG. Mardi 30 juin, Jean-Luc Mélenchon a grillé la politesse aux communistes en s'affichant aux côtés d'Olivier Besancenot. Ils ont annoncé leur volonté commune de parvenir à un "accord national sur des listes autonomes indépendantes" associant les forces du Front de gauche, le NPA, Lutte ouvrière, les Alternatifs et la Fédération. Ces listes seraient indépendantes du PS.
Le degré de cette "indépendance" fait encore débat entre M. Mélenchon et M. Besancenot : si tous deux se prononcent pour "empêcher que des régions basculent à droite" au second tour, le premier estime possible de "rassembler l'autre gauche et être en tête au premier tour" et, ainsi, dans la gestion des régions, "appliquer notre programme", le second refuse tout accord de gestion avec le PS et Europe-Ecologie et veut en rester à des "fusions techniques". Le débat sur la participation à la gestion des exécutifs n'est pas clos. "Il n'est pas certain qu'on y arrive. Mélenchon sera peut-être devant un choix : s'allier avec nous ou avec le PCF", dit-on au NPA.
"MANQUE DE CONFIANCE"
Place du Colonel-Fabien, on ne comprend pas "la précipitation de Mélenchon". "C'est un peu une marque de manque de confiance alors qu'on lui dit qu'en septembre, on fera une offre nationale pour les régionales", glisse un proche de Mme Buffet. Entretemps, le PCF entend ne pas renoncer à "obtenir des majorités de gestion à gauche". Ses dirigeants soulignent que la ligne du PS, maintenue après les européennes, n'incite pas à des accords. "On voit l'état du PS et les signes envoyés depuis les européennes sont inquiétants. On croit à la dynamique qu'on a créé ensemble avec le Front de gauche", insiste Pierre Laurent, numéro deux du PCF.
Pour enfoncer le clou, Mme Buffet a proposé, le 2 juin, à ses partenaires une réunion "au plus vite" pour faire le point sur les rencontres. Pas question de laisser la main au NPA.

Le NPA, structurellement unitaire et anticapitaliste....
NPA 30 juin 2009
Alors que Sarkozy et son gouvernement annoncent de nouvelles attaques, il est impératif d'amorcer la riposte politique et sociale.
De grâces en disgrâces courtisanes, le jeu des chaises musicales organisé par Sarkozy II s'est achevé par la constitution d'une équipe de choc, déterminée à faire payer la crise aux travailleurs. Ouvrir la voie au travail du dimanche, « externaliser » la longue maladie vers un régime d'assurances, dégraisser en masse dans la fonction publique, renforcer l'arsenal répressif, les ministres réactionnaires ont de quoi nous préparer un été meurtrier pour les acquis sociaux et les libertés.
Face un telle machine de guerre, la seule réponse possible, c'est la mobilisation générale des salariés et de la population. Grèves, manifestations, marches nationales, pétitions, occupations, protestations de toutes sortes en sont les passages obligés. Aucune force politique ou syndicale ne peut, à elle seule, décréter la généralisation des mobilisations. Il faut une rencontre de tous les partis, syndicats et associations de gauche1, pour examiner la situation et proposer rapidement un plan de mobilisation ne se résumant pas à deux ou trois journées de grève étalées sur huit mois.
L'autre tâche de l'heure, liée à la première, est de faire grandir une opposition radicale à Sarkozy sur le plan directement politique. La crise que traverse la social-démocratie libère de l'espace. Il s'agit de crédibiliser les solutions anticapitalistes et antiproductivistes à une échelle de masse. Nous ne négligeons aucun terrain pour le faire. Nous sommes ouverts à toutes les collaborations unitaires, y compris dans un cadre électoral. Nous proposons au Parti de gauche (PG), aux Alternatifs, à la Fédération, au PCF et à Lutte ouvrière de constituer partout des listes communes au premier tour des régionales de mars 2010.
Ces listes doivent porter les exigences sociales et écologistes face à la crise, ainsi que des mesures anticapitalistes adaptées au rôle des conseils régionaux. Cela suppose un bilan critique des gestions des vingt régions de gauche. Cela suppose aussi, dans le cas où les listes auxquelles nous participons fusionneraient avec celles du PS au second tour, que nos élus et ceux de nos partenaires conservent leur totale liberté de vote dans l'institution. Nous sommes prêts à participer à des coalitions de gauche – donc sans le Modem – au second tour2, pour faire échec à Sarkozy et à ses amis, mais pas à nous renier. Hors de question de se soumettre à une solidarité de gestion qui nous obligerait par exemple à voter des subventions régionales à des entreprises qui licencient.
Diverses déclarations du parti de Jean-Luc Mélenchon vont dans le bon sens. Celles des dirigeants du PCF sont très contradictoires. « La stratégie du Front de gauche qui vient d'être expérimentée devra être élargie […] au NPA et à d'autres […]. Ça suppose que le NPA change sa posture quant à sa prise de responsabilité sur la gestion des régions puisqu'ils ne veulent pas travailler avec le Parti socialiste, ce qui n'est pas notre cas », a, par exemple, déclaré le député communiste Roland Muzeau. Entre la soumission aux politiques libérales mises en œuvre par le PS et la rupture anticapitaliste avec le NPA, le PCF devra pourtant choisir. Pour clarifier, des rencontres rapides, dont nous rendrons compte au fur et à mesure, sont prévues avec l'ensemble des partenaires pressentis.
1. Le NPA a demandé des rencontres bilatérales à tous ces mouvements.
2. La loi électorale permet à deux listes ayant dépassé les 5 % au premier tour de fusionner au second.
Déclaration commune du NPA et du PG
Déclaration commune du NPA et du PG à l'issue de leur rencontre du 30 juin
La rencontre des délégations du NPA et du Parti de Gauche respectivement conduites par Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon qui a eu lieu le 30 juin au siège de ce dernier a donné lieu à la déclaration commune suivante :
Le NPA et le Parti de Gauche constatent les ravages provoqués par la crise globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale et écologique, dans laquelle la politique des classes dirigeantes a plongé le monde. Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe de plein fouet le monde du travail et l'offensive de Nicolas Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés annoncée lors du Congrès de Versailles et dont la volonté de retarder l'âge du départ à la retraite est un élément phare.
Face à cette offensive pour faire payer les frais de la crise aux classes populaires, devant l'urgence de la situation, quelques soient par ailleurs les divergences entre les deux formations, le NPA et le Parti de Gauche souhaitent œuvrer à la préparation d'une contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences au premier rang desquels la garantie d'un emploi, l'augmentation des salaires mais aussi tout refus de recul de l'âge de la retraite.
Sarkozy et la droite se prévalent des résultats des élections européennes pour donner une légitimité leur politique réactionnaire. Pourtant seul un électeur sur dix a donné son suffrage à l'UMP. Il s'agit en réalité moins d'une victoire de la droite que de l'incapacité de la gauche à lui opposer une véritable alternative. En proposant d'accompagner ce système et en se contentant de remèdes homéopathiques qui ne le remettent pas en cause, cette gauche devient du coup inutile aux yeux du plus grand nombre. C'est ce qui explique la crise profonde des partis de la sociale démocratie en Europe. L'abstention massive des classes populaires et des jeunes - phénomène le plus important de ces élections - illustre cruellement cette tendance de fond. Cette abstention est certes au rejet de l'actuelle construction libérale et anti démocratique de l'Europe. Mais aussi au fossé de plus en plus grand entre les aspirations populaires et l'offre de la gauche institutionnelle. Dans une situation où la crise va s'aggraver, il y a là un risque majeur. On ne peut que s'inquiéter de la progression de l'extrême droite. Elle prouve qu'elle peut profiter du désespoir des milieux populaires.
Les deux partis soulignent également l'ambiguïté du vote Europe Ecologie. Il reflète une prise de conscience salutaire de la crise écologique. C'est décisif ! Mais ses porte-paroles en font aussi une stratégie politique pour dépasser le clivage gauche/droite. Pour nous, on ne peut ignorer le lien étroit entre la logique prédatrice du capitalisme et le désastre environnemental.
Ils s'accordent pour favoriser l'unité la plus grande contre les projets de la droite et du patronat que ce soit dans le domaine social, écologique, et des droits et des libertés. Le NPA et le Parti de Gauche sont ainsi unis actuellement dans la mobilisation contre l'EPR ou dans le comité national contre la privatisation de La Poste. Mais ils avancent aussi des propositions d'initiatives sur le terrain de la lutte contre les licenciements.
Les deux formations estiment aussi indispensable d'unir les forces de gauche et des écologistes qui rejettent la logique du système capitaliste aux élections régionales. Il est urgent de rendre plus crédible une véritable alternative au système.
Les deux partis constatent que les propositions issues de leurs instances nationales respectives sont suffisamment proches pour leur permettre d'avancer dans cette voie unitaire pour les élections régionales. En conséquence, ils se prononcent au premier tour des régionales pour un accord national pour les 21 régions hexagonales sur des listes autonomes indépendantes associant les forces qui composent aujourd'hui le Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO, Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la Fédération, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social. Le NPA les nomme « forces anticapitalistes », et le PG « l'autre gauche ». Ces listes seraient porteuses des exigences des classes populaires, d'un programme d'urgence en rupture avec la logique capitaliste et le productivisme pour les régions. Elles seront autonomes et indépendantes du PS et des listes de type Europe Ecologie.
Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et empêcher que des régions basculent à droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et déjà pour des fusions « techniques » ou « démocratiques » des listes de gauche à l'exception de tout accord incluant le Modem.
Pour le NPA, au sein de l'institution, les élus de ces listes conserveront leur liberté totale de vote et refuseront d'accepter des mesures et des budgets défavorables aux travailleurs et à la population.
Il subsiste évidemment au stade de cette première rencontre des questions à régler.
Pour le Parti de Gauche, l'ambition est d'être en situation d'appliquer le programme de ces listes dans le nombre le plus important possible de régions. Le plus sûr moyen d'imposer ce rapport de force consiste à placer ces listes en tête des listes de gauche au soir du premier tour.
Pour le NPA, les élus refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. En effet, le NPA constate que les majorités de gauche ayant géré les régions depuis 6 ans n'ont pas mené de politique visant à satisfaire les besoins de la population et à répondre aux exigences écologiques. Elles ont pris des mesures qui leur étaient défavorables, par exemple des subventions accordées à des entreprises qui licencient.
A ce stade, les deux partis estiment que ces différences n'empêchent pas de poursuivre le processus entamé aujourd'hui. Au contraire, les deux partis estiment que leur rencontre aujourd'hui contribue à renforcer une dynamique positive et s'en félicitent. Un rassemblement aussi ambitieux est possible, il peut changer bien des choses. Pour le rendre toujours plus crédible, le Parti de Gauche et le NPA vont poursuivre leurs contacts, et s'invitent d'ores et déjà à leurs rendez-vous de l'été. Ils proposent également à tous les partenaires pressentis un groupe de travail commun pour commencer à avancer sur le contenu de ce que pourrait être le programme d'un tel rassemblement pour les régionales.
Paris, le 30 juin.
Pour le NPA : Pierre Baton, Olivier Besancenot, Frédéric Borras, Pierre François Grond, Ingrid Hayes, Guillaume Liégard, Danielle Obono
Pour le Parti de Gauche : Jean Luc Mélenchon, Gabriel Amard, Eric Coquerel, François Delapierre, Audrey Galland, Raquel Garrido, Pascale le Neouannic, Corinne Morel Darleux

Une alliance PCF-PG-NPA est "vraisemblable"
C'est "vraisemblable", affirme Jean-Luc Mélenchon, qui doit rencontrer Olivier Besancenot, du NPA, mardi après-midi, en vue de discuter de la création de "listes communes autonomes" pour les prochaines échéances électorales.

Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot (AP)
Jean-Luc Mélenchon du Parti de gauche a qualifié mardi 30 juin de "vraisemblable" la constitution de "listes communes autonomes" de son parti avec le PCF et le NPA aux régionales de mars 2010.
Cette déclaration intervient à quelques heures d'une rencontre avec Olivier Besancenot du NPA, qui a fait cavalier seul aux européennes.
Invité sur France Inter, l'ancien socialiste a annoncé que le leader du NPA et lui-même allaient "avancer", avant d'annoncer comme "vraisemblable" la constitution de "listes communes autonomes au
premier tour du Parti communiste, du NPA, du Parti de gauche et de (leurs) autres alliés" aux régionales.
"Chacun garde sa personnalité"
Pour l'eurodéputé fraîchement élu, "la leçon des élections européennes, c'est que si 'l'autre gauche' s'était rassemblée, c'est nous qui occuperions la quatrième place, on aurait fait un peu plus de
10%, on aurait eu 12 députés (...) on aurait envoyé au tapis (Jean-Marie) Le Pen".
Sa "bataille politique" est désormais de "rassembler tout ça dans un front commun où chacun garde sa personnalité". Il a néanmoins reconnu qu'il n'est "pas révolutionnaire de la même
manière" qu'Olivier Besancenot.
Le NPA n'a obtenu pour sa part aucun eurodéputé. Il ne regrette cependant pas son refus d'alliance avec le Front de gauche jugeant que le PCF s'allierait de nouveau au PS dès les régionales pour
"sauver les élus communistes".
"Banco" si accord d'indépendance
En revanche Pierre-François Grond du NPA a assuré qu'en cas d'"accord d'indépendance par rapport au PS aux régionales", le parti trotskiste dirait "banco" à l'alliance.
Il a également posé les préalables indispensables à une alliance. Refusant tout "accord de gestion avec le PS ou avec Europe-Ecologie", il ne doit pas y avoir non plus "confusion ou politique à
géométrie variable".
Il rejette également une "politique qui épouse les intérêts de reproduction de l'appareil d'élus du PCF".
Selon Pierre-François Grond, Jean-Luc Mélenchon, "en désaccord avec son allié" communiste, "essaie de sauver son attelage des européennes". "En même temps il propose une ligne qui n'est pas pour
l'instant celle du PCF qui a appelé à l'élargissement du Front de gauche vers le PS".
Annonçant une rencontre NPA-PCF lundi prochain, le membre de l'exécutif du NPA a rappelé que ce n'était que "des débuts du processus de discussion".
"Aller dans tous les contenus"
Pour l'eurodéputé du Front de gauche "il ne suffit pas de faire des cartels d'organisations ou de faire, comme croient les socialistes, la maison commune : tout le monde rapplique et on ne regarde
pas ce qu'il y a dans le programme!", a-t-il ironisé. Il a cependant précisé être "pour le rassemblement de toute la gauche", "sans exclusive" avant de conclure : "la gauche doit reconquérir le
terrain" et "aller dans les contenus".
Jean-Luc Mélenchon, élu eurodéputé depuis le 7 juin dans le Sud-Ouest à la tête de la liste Front de gauche PCF-PG, quittera ses fonctions de sénateur de l'Essonne pour siéger à Strasbourg à partir
du 14 juillet.
Compte rendu de la rencontre entre les Alternatifs
et le Parti de Gauche
Dans ce cadre, les deux partis constatant de fortes convergences stratégiques notamment pour les élections régionales à venir, la discussion a pu rentrer dans les détails. Le PG et les Alternatifs abordent ces élections, comme celles qui suivront, avec une approche majoritaire : il est question de modifier le rapport de force à gauche seul moyen à terme de rassembler une majorité sur un programme de transformation qui sera du coup en situation de battre la droite. En conséquences, elles se prononcent au premier tour des régionales pour un accord national sur des listes autonomes de l'ensemble des forces de la gauche de transformation et de l'écologie radicale. Ces listes seraient porteuses de mesures en rupture avec la logique capitaliste et le productivisme pour les régions, donc autonomes du PS. Leur ambition affichée est d'être en tête des listes de gauche au soir du premier tour dans le maximum de région et du coup en situation d'appliquer leur programme. Seule l'unité la plus large peut le permettre et les deux mouvements s'accordent pour le favoriser d'ici là.
Au second tour, le Parti de Gauche et les Alternatifs entendent empêcher que des régions basculent à droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et déjà pour des fusions techniques - les Alternatifs parlent de « fusions démocratiques » - des listes de gauche à l'exception de tout accord avec le Modem.
Les Alternatifs rappellent, par contre, que la question des accords politiques de gestion dans les régions fait débat et que ces éventuels accords devraient reposer à la fois sur un rapport de forces
et sur des contenus qui ne peuvent se limiter au refus (acté par tous) d'alliance avec le MODEM. En outre, ils notent que l'approche critique des exécutifs des conseils régionaux de gauche peut
varier selon les régions, la politique n'ayant pas été la même dans les 20 régions concernées.
Les Alternatifs ont dit leur accord pour engager des discussions avec les forces réunies dans le Front de Gauche si cela permettait d'accélérer le processus mais que l'intégration au Front de Gauche
pour les Régionales ne pouvait être un préalable à ces discussions.
Enfin la délégation du Parti de Gauche a rappelé que sa proposition de construire ensemble le Parti de Gauche, voulu comme un parti creuset, à travers son congrès de fondation fin 2009 pouvait aussi
concerner les Alternatifs. Malgré des convergences substantielles, les Alternatifs ne l'envisagent pas mais affirment qu'ils répondront positivement à toute proposition de débats et discussions
publiques sur les contenus à l'instar du forum sur la planification écologique organisé par le Parti de Gauche fin 2008.
En conclusion les deux mouvements ont rappelé leur invitation respective à leur rendez-vous de l'été : l'université d'été des Alternatifs où Marc Dolez représentera le PG le 4 juillet, le
« Remue-Méninge » du Parti de Gauche le dernier week-end d'août.

Rencontres avec le PCF, les Alternatifs et le NPA
Le Conseil National du Parti de Gauche du 14 juin a adopté une résolution comportant plusieurs propositions visant à poursuivre, renforcer et élargir la stratégie de construction du Front de gauche. L'objectif est de construire un Front de Gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 - à travers des listes autonomes regroupant « l'autre gauche » au premier tour - aux présidentielles et législatives de 2012.
Dans ce texte, le Parti de Gauche annonçait sa volonté d'amorcer rapidement la discussion sur ces propositions avec tous les partis et mouvements de gauche susceptibles d'y participer à commencer
bien sur par ceux qui font déjà partie du Front de Gauche.
Plusieurs rencontres sont déjà programmées :
Avec le PCF au siège du PG (situé au 63 avenue de la République dans le 11ème arrondissement de Paris) le 25 juin à 16 heures, les deux délégations étant conduites respectivement par Marie-Georges Buffet et Jean-Luc Mélenchon. Outre ce dernier, la délégation du PG sera composée de : Eric Coquerel, Claude Debons, Hélène Duclos, Raquel Garrido, Danielle Simonnet.
Avec les Alternatifs le 26 juin à 18 heures au siège de ce parti. La délégation du PG du PG sera menée par Eric Coquerel,
Avec le NPA au siège du PG le 30 juin à 16 heures avec des délégations conduites par Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon. Outre ce dernier la délégation du PG sera composée d'Eric Coquerel, François Delapierre, Audrey Galland, Raquel Garrido, Pascale Le Néouannic, Corinne Morel-Darleux.
D'autres rendez-vous suivront notamment avec Gauche Unitaire et République et Socialisme.
Résolution de la Coordination Générale du 21 juin 2009
Retroussons nos manches !
La droite, le patronat se ressaisissent. Des attaques majeures contre les services publics, les retraites, tout le système de protection sociale, sont engagées. Le chômage et la précarité explosent. Il est donc indispensable que les fronts de résistance les plus larges se construisent, qu’une démarche unitaire alternative s’affirme. Il en va de même contre les politiques répressives et xénophobes du gouvernement. Les Etats généraux du Chômage et de la précarité ont mis en avant la perspective d’une marche nationale : Les Alternatifs soutiennent cette initiative.
De même, des mobilisations sont indispensables contre l’EPR, contre le réchauffement climatique, avec en ligne de mire la conférence Climat de Copenhague. C’est dans cette dynamique que les
Alternatifs participeront au rassemblement et aux rencontres de Notre Dame des Landes en août.
Ils seront partie prenante de la grande manifestation pour les droits des femmes le 17 octobre.
Les Alternatifs contribueront à un projet répondant aux exigences écologiques, sociales et démocratiques dans les régions,
Ce projet doit être porté au premier tour des élections régionales par des listes indépendantes du PS, listes de rassemblement de la gauche de transformation écologique et sociale, et de l’écologie antilibérale, de rassemblement sans exclusive au sein desquelles la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique à toute sa place.
Au 2ème tour, les Alternatifs sont favorables à une fusion démocratique de toutes les listes de gauche et écologistes antilibérales, afin de battre la droite et d’assurer une représentation équitable et pluraliste au sein des Conseils Régionaux. Le débat sur de possibles accords politiques de gestion dans les Régions reste ouvert au sein des Alternatifs, au niveau national comme régional.
Dès à présent, les Alternatifs engagent le travail sur leur contribution à un projet alternatif dans les régions.
Au niveau national comme régional, ils rencontreront toutes les forces d’un rassemblement du premier tour.
Une coordination des Alternatifs réunie les 26 et 27 septembre permettra de préciser les orientations entre autres en regard des politiques menées par les Régions.

L'avenir du Front de gauche est suspendu à la stratégie du PCF pour les élections régionales
"Poursuivre et élargir le Front de gauche." Au lendemain des élections européennes, la secrétaire nationale du PCF, Marie George Buffet avait eu cette formule, tirant le bilan de l'alliance ainsi dénommée entre les communistes et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a envoyé au Parlement européen cinq élus. La formule vaut désormais pour les élections régionales de 2010, a-t-elle réaffirmé lors d'un conseil national, vendredi 19 juin.
Le pari n'est pas facile. En 2004, le PCF avait laissé ses fédérations régionales décider de leurs alliances. Et dans une grande majorité, à l'exception de cinq régions dont l'Ile-de-France, les militants avaient choisi de s'allier dès le premier tour avec le PS. 185 conseillers PCF avaient ainsi été élus. La situation semble plus complexe pour 2010.
La campagne du Front de gauche et son relatif succès ont regonflé le moral des militants communistes, assommés par les échecs électoraux successifs de leur parti. Ils ont réappris à faire de la politique avec plaisir et surtout, apprécié de pouvoir "taper" sur le PS et sa ligne "sociale-libérale". L'appel, lancé par leur secrétaire nationale le 7 juin au soir, à "continuer l'expérience" en organisant un meeting le 3 juillet à la Mutualité, les a rassurés. Sans pour autant leur donner une stratégie électorale durable.
"ENVIE D'UNITÉ"
Une partie de la direction du PCF avait envisagé revenir à des alliances classiques avec le PS. Les remontées des fédérations ont montré que le message ne "passerait" pas : "l'envie d'unité" a gagné du terrain dans les troupes communistes. Jean-Luc Mélenchon ne s'y est pas trompé quand il a proposé, dès le 16 juin, de constituer "un Front de gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012". Une façon pour lui de maintenir la pression sur son partenaire.
Mme Buffet a laissé toutes les options ouvertes devant le parlement du parti, en affichant une préférence pour des listes "à l'image de la démarche du Front de gauche". L'idée, encore floue, a expliqué Pierre Laurent, numéro deux, est de "ne pas figer le périmètre du rassemblement" : "Vu ce qui se passe au PS pour qui la seule leçon de son résultat aux européennes, c'est les primaires, beaucoup de gens peuvent être disponibles pour une nouvelle offre politique qui ne se contente pas de poursuivre la gestion des majorités sortantes."
"On doit travailler sur des projets et élargir encore le Front de gauche", insiste Mme Buffet. Un nouveau conseil national proposera une "orientation nationale" les 26 et 27 septembre. Suivront des conférences régionales à la mi-octobre. La "ligne" sera définitivement arrêtée par un conseil national les 24 et 25 octobre. Un délai qui laisse le temps de s'"adapter" aux situations locales... et aux offres du PS.
La démarche a plutôt séduit les cadres du parti. Même si certains restent sur leur faim en préconisant une orientation plus ferme. "Les communistes ne veulent pas d'un accord avec le PS au premier tour. On ne peut pas avoir une stratégie à géométrie variable où personne ne s'y retrouve", assure Sylvie Tricot, de la sensibilité des communistes unitaires. "Il faut être capable de présenter quelque chose de cohérent au premier tour en élargissant ce que nous avons fait aux européennes", renchérit la sénatrice Nicole Borvo. "Il ne faut pas avoir une conception étriquée du Front de gauche mais ne pas penser non plus qu'on va construire une nouvelle union de la gauche", souligne encore Marie-Pierre Vieu. La ligne de crête risque d'être compliquée à tenir.

Besancenot :
"La gauche a besoin d’une victoire sociale"
Deux semaines après les élections européennes, dans lesquelles il n’a obtenu aucun élu (4,98% des voix), le NPA tient ce week-end son premier conseil politique national. Le leader du parti d'extrême gauche, Olivier Besancenot, fait le point sur sa stratégie.
Le NPA a été devancé par le Front de Gauche aux européennes. C’est une déception ?
Non car, pour nous, nous n’étions pas en compétition avec le Front de gauche. Il faut comparer avec ce qui est comparable. En 2004, le NPA n’existait pas. Les listes communes de la LCR et de Lutte
ouvrière avaient fait 2,5%.
Là, le NPA fait 5% pour son premier test électoral. Même si ce n’est pas une entrée fulgurante et fracassante, c’est un bon départ, d’autant que ce scrutin n’était pas favorable pour nous puisque notre électorat, jeune et ouvrier, a été particulièrement touché par l’abstention.
Est-ce qu’à l’avenir vous envisagez une alliance avec les autres partis de gauche ?
Ce qu’on va soumettre au vote de la direction nationale du NPA ce week-end, c’est de prendre des contacts unitaires tous azimuts avec l’ensemble des partis de gauche, y compris avec l’ensemble des
organisations du mouvement social, pour organiser la riposte face à la droite dès la rentrée.
Avec les organisations à la gauche de la gauche, on discutera des possibilités ou non de rassembler les forces anticapitalistes, mais sur des bases d’indépendance totale vis-à-vis de la direction du PS. On leur tendra une main fraternelle pour leur dire : "Assumons notre indépendance". Pour les régionales par exemple, être indépendant ça veut dire ne pas participer aux exécutifs des conseils régionaux socialistes, qui aujourd’hui distribuent des subventions publiques à des groupes qui licencient à tour de bras.
Vous participeriez à des primaires ouvertes à gauche pour la présidentielle ?
Ce sera sans nous. La gauche, elle ne crève pas de ne pas avoir tel ou tel leader, elle crève de pas avoir un programme radical. On a une droite complètement décomplexée, qui ne s’excuse pas de
défendre les intérêts du Medef, il faudrait qu’on ait une gauche qui ne s’excuse pas de défendre les intérêts des exploités, des opprimés, de la jeunesse.
Depuis sa victoire aux européennes, Nicolas Sarkozy est en position de force pour engager de nouvelles réformes…
Aujourd’hui on sent que le gouvernement se sent pousser des ailes. On a de nouveau des licenciements en cascade, comme chez Michelin ou à la SBFM, on a la privatisation rampante de la poste qui est
annoncée comme par hasard après l’élection, le débat sur l’âge de la retraite qui est rouvert….
Le problème qui se pose aujourd’hui à l’ensemble de la gauche sociale et politique, c’est : est-ce qu’on est capable de rassembler toutes nos forces pour stopper le gouvernement dans les semaines et les mois à venir ? On a besoin d’une victoire sociale du type de ce qu’on avait pu connaître au moment de contrat de première embauche sous Villepin. Tant qu’on ne l’aura pas, c’est le gouvernement qui garde la main.
Comment comptez-vous y parvenir alors que le mouvement social s’essouffle ?
Il y a une course de vitesse qui est enclenchée. Dans la séquence sociale ouverte depuis janvier, le gouvernement a repris la main depuis un mois et demi. On l’a vu le 13 juin. Ca renvoie à la
stratégie des syndicats. On était et on reste en droit d’attendre autre chose que des grandes manifestations tous les deux mois. La mobilisation sociale connaît des hauts et bas, pour autant il y a
des luttes de façon discontinue dans des entreprises publique et privées. Le problème, c’est de savoir comment les unifier.
La grève générale que vous préconisez, vous y croyez encore ?
Oui, j’y crois toujours. Mais la grève générale, elle ne se décrète pas, elle se prépare. Il faut trouver le chemin de convergence des luttes. Il y a des étapes intermédiaires qui pourraient être par
exemple une marche des salariés licenciés : tous les salariés qui résistent actuellement contre les licenciements, chez Molex, Goodyear, Continental, Caterpillar ou Michelin se retrouveraient dans la
rue. Quoi qu’il arrive, je ne crois pas que les semaines et les mois à venir seront un long fleuve tranquille pour le gouvernement.

A Mantes, la gauche radicale se cimente
Cantonales. Front uni lors de la partielle de dimanche.
Sur l’affiche de campagne, ils y sont tous : le PCF, les Verts, le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon, Alternative citoyenne, les Alternatifs, Démocratie et citoyenneté locale (Décil). Et même le NPA d’Olivier Besancenot. «Alliance inédite», s’enthousiasme Joël Jegouzo, candidat à l’élection cantonale partielle de dimanche à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Ce scrutin doit permettre d’élire le successeur de Pierre Bédier au conseil général, déclaré inéligible pour six ans après sa condamnation définitive pour corruption passive et abus de biens sociaux.
Ecœurées. Syndicaliste et membre du Parti communiste depuis trente-deux ans, Joël Jegouzo peut compter sur le soutien de près de l’ensemble des forces mantoises à la gauche du PS : «Grâce à des liens de confiance tissés au fur et à mesure des années, nous avons réussi à convaincre les sections départementales des partis de se lancer unis.» La gauche vraiment unie face à l’UMP Michel Vialay ? Pas tout à fait. Marc Jammet, dissident PCF, fait bande à part. Les socialistes se lancent seuls dans la bataille en présentant Guillaume Quévarec. «C’est une chance d’avoir deux ou trois candidats de gauche», estime ce dernier pour qui chaque candidat pourra mobiliser davantage son électorat au premier tour. L’objectif étant le rassemblement derrière un candidat de gauche au second.
Mais dimanche, si les résultats des européennes se renouvellent, Guillaume Quévarec pourrait se retrouver victime de l’alliance à sa gauche et se voir devancé par son adversaire communiste. Le 7 juin, la liste PS avait obtenu 16,8 %, alors que la somme des voix obtenues par le Front de gauche (PCF et Parti de gauche), Europe Ecologie et le NPA avait atteint un total de 23,8 %. Côté socialiste, on reste serein. «Beaucoup de personnes qui votent généralement UMP viennent me voir pour me dire qu’elles sont écœurées par la présence de la femme de M. Bédier, suppléante de M. Vialay», explique Guillaume Quévarec.Joël Jegouzo, lui aussi, calme les ardeurs : «Une élection n’est pas une addition de scores de tous les partis.» Mais dans son camp, on est plus enthousiaste : «Il n’est pas exclu de passer devant le PS au premier tour», espère François Duchamp, membre de Décil.
«Ponctuelle». L’expérience mantoise est-elle reproductible à l’avenir ? A la gauche du PS, les avis divergent. Si pour les Verts, il s’agit d’une «alliance ponctuelle», un «cas de figure local», le Parti de gauche voit dans la série d’élections partielles qui s’annoncent (comme à Aix-en-Provence ou Corbeil-Essonnes) l’occasion de tester ce type de rassemblement : «Les leçons à tirer seront nationales, prédit François Delapierre (PG), si c’est un succès, ça ne donnera que des arguments pour poursuivre.»
Au NPA, on estime que ces alliances locales peuvent être renouvelées lors de futurs scrutins, «mais ce n’est pas nous qui changeons», se défend Guillaume Liegard, membre du comité exécutif du NPA, prenant en exemple les régionales de 2010 où le PCF «semble préférer défendre son bilan avec le PS». Quant à une alliance des socialistes avec le NPA, elle apparaît, à tous, inenvisageable.

Communiqué NPA-PCF-PG-UMS sur l'élection municipale à Aix
Après des propos homophobes inadmissibles, l'élection municipale d'Aix en Provence vient d'être justement invalidée.
L'espoir d'un changement s'est à nouveau levé dans notre ville. Mais cet espoir ne pourra se concrétiser dans les urnes, et ce qui compte par-dessus tout, dans la vie quotidienne des aixoises et aixois, que s'il s'appuie sur un projet clair et fédérateur, résolument à gauche.
Le Parti Socialiste, après une semaine de confusion, prône désormais une alliance avec le MODEM, révélatrice de ses orientations politiques.
Les Verts semblent surtout préoccupés de « capitaliser » les bons résultats obtenus aux élections européennes.
Dans ces conditions, nous avons engagé un processus de constitution d'une liste de large rassemblement à gauche, ouverte à celles et ceux qui veulent porter un projet de renouveau social, écologique
et citoyen sur la ville, en rupture avec les logiques libérales.
Nous voulons croire que la dynamique autour de notre rassemblement permettra de faire prévaloir à nouveau l'unité et la clarté à gauche pour battre Maryse Joissains.
C'est indispensable pour rassembler la population, celles et ceux qui subissent durement les effets de la crise dus à la politique de la droite qu'elle défend ; en particulier dans les domaines du
logement, des services publics (notamment petite enfance, vie scolaire, action sociale), de l'écologie, de la lutte contre les discriminations, de la politique de la jeunesse, etc.
Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Unis pour un Monde Solidaire (La Fédération)
Fait à Aix en Provence, le 13 juin 2009
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Communiqué du NPA 13
Après des propos homophobes inadmissibles, Maryse Joissains vient d’être très justement invalidée. A Aix-en-Provence, le PS remis en ordre par le Président du Conseil Général, Jean-Noël Guérini, toujours plus ouvert aux alliances au centre ne peut représenter une alternative à gauche. Le NPA appelle toutes les forces anticapitalistes et antilibérales à s’unir pour présenter une liste commune.
NPA 13 Marseille le 11 juin 2009
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L'élection municipale d'Aix-en-provence annulée
La maire UMP sortante d'Aix-en-Provence, Maryse Joissans (au centre), le 18-1-2008
Le Conseil d'Etat a annulé lundi les élections municipales de mars 2008 à Aix-en- Provence, remportées par l'UMP Maryse Joissains. Il considére que "des propos et des insinuations d'une gravité inadmissible" durant la campagne ont "pu fausser les résultats du scrutin".
De nouvelles élections devront se tenir dans un délai de trois mois. Mme Joissains avait été reconduite à la tête de la deuxième ville des Bouches-du-Rhône au second tour avec 44,2% des voix, contre 42,9% à la liste PS d'Alexandre Medvedowsky et et 12,7% à une liste du MoDem dirigée par François-Xavier de Peretti.
L'annulation du scrutin fait suite à un recours déposé par Stéphane Salord, ancien deuxième adjoint de Mme Joissains dans la
municipalité sortante, mais qui avait rejoint la liste du MoDem lors du scrutin de 2008.
Le Conseil d'Etat, saisi après que le tribunal administratif de Marseille eut rejeté ce recours en septembre, a considéré que "les attaques dirigées
contre le candidat conduisant la liste Génération Aix", François-Xavier de Peretti, et certains de ses colistiers durant la campagne "ont revêtu un caractère exceptionnellement violent(...) de nature à fausser le résultat du
scrutin".
FRANCE 3 MEDITERRANEE 09.06.2009

Le Parti de gauche prépare un congrès "fondateur" pour fin 2009
PARIS (AFP) — Le Parti de Gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon, a décidé lors de son Conseil national dimanche, de tenir son congrès "fondateur" fin 2009 et de poursuivre la construction du "Front de
gauche", né de son alliance avec notamment le PCF aux européennes.
Le PG se donne "deux outils": "l’élargissement" à la fois du "Front de Gauche et du Parti de Gauche", indique-t-il dans une déclaration.
Né en janvier lors d'un congrès "constituant", sous la houlette de l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon, il entend tenir son congrès fondateur en fin d'année en le coorganisant avec toux ceux,
"groupes, collectifs et personnalités", qui souhaiteraient y contribuer.
"Nous voulons en faire vraiment un congrès refondateur, de dépassement de ce qui est aujourd'hui le Parti de gauche", explique à l'AFP François Delapierre, délégué général du parti.
Il s'agit d'adopter "notre programme et des règles de fonctionnement. Tout est sur la table. A ceux qui sentent la nécessité d'un parti creuset, avec différentes cultures de la gauche qui se
fondent, nous proposons un comité de co-organisation de ce Congrès pour le préparer ensemble", explique-t-il.
Par ailleurs, le PG va poursuivre sa stratégie de construction du Front de gauche, qui a obtenu aux européennes 6,47% (avec l'outre-mer) devant le NPA d'Olivier Besancenot (4,98%).
Pour renforcer ce Front, le PG "va proposer des rencontres au PCF, à Gauche Unitaire, à République et socialisme, à tous les membres des comités d’initiative et de soutien" qui s'étaient
rassemblés pour le scrutin du 7 juin. Le NPA a jusqu'à présent rejeté son offre.
Le PG leur propose "un Front de Gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012".
Pour les régionales, le PG constate que le PS et les Verts envisagent une "stratégie d’alliances à la carte", laissant "ouverte l’hypothèse d’alliances avec le centre". Dès lors, il
"se prononce pour la constitution de listes du Front de Gauche autonomes, composées avec toute l’autre gauche".

Besancenot :
"Qui, à gauche, pourra tirer les marrons du feu?"
Dimanche, le NPA n'a obtenu aucun siège au Parlement européen. Mais Olivier Besancenot se réjouit de voir la gauche anticapitaliste faire un score de 12%, et appelle toute la gauche, y compris le PS, à "résister ensemble, sans sectarisme, face à la droite". Car si l'opposition n'obtient pas rapidement "une victoire sociale", c'est toute la gauche qui sera en mauvaise posture...
Réunis dans le Front de gauche, le Parti communiste, pourtant en perte de vitesse, et le tout jeune Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ont fait un meilleur score que le NPA. Comment
l'analysez-vous ?
Il faut comparer notre score avec ce qui lui est comparable; aux dernières européennes, la LCR (d'où est en partie issu le NPA, ndlr) s'était présentée avec LO et ensemble elles avaient fait 2,5%. Le
parti communiste faisait déjà à l'époque environ 6%, sans Mélenchon. Aujourd'hui, le NPA fait 5% à lui seul. On ne s'est jamais fixé comme objectif d'être devant le Front de gauche; ce n'est pas un
échec d'être derrière. Mais cette élection confirme qu'il faut compter avec une gauche anticapitaliste en France. Il y a un espace pour cette gauche, un espace que le NPA occupe. Ce qui n'était pas
gagné puisque c'était notre premier test électoral.
Pendant la campagne, plusieurs sondages donnaient pourtant le NPA devant. Que s'est-il passé : un problème de stratégie, d'électorat ?
Les milieux auxquels le NPA s'adresse, et dans lesquels il agit, sont des milieux populaires, plutôt précaires et plutôt jeunes. Ce sont les plus susceptibles de s'abstenir. Et les plus politisés
d'entre eux nous répètent que la dernière fois qu'on leur a demandé leur avis -pour le traité constitutionnel en 2005- tout le monde s'est assis sur le vote du peuple. Dès lors, cette élection ne
nous était pas favorable. D'après les sondages, 73% de nos électeurs ne sont pas allés voter. Si tous les gens qui partageaient nos idées y étaient allés, on aurait probablement des élus, car dans
trois circonscriptions ça s'est joué à quelques voix. C'est notre seule petite frustration.
Le contexte de cette élection était le même pour tous...
Non, tous les partis n'ont pas été touchés de la même façon par l'abstention. Les gens les plus touchés par la crise économique sont ceux qui s'impliquent le moins dans un scrutin électoral. Ceux qui
se sont déplacés pour voter sont les gens qui vivent en centre-ville et qui appartiennent aux milieux sociaux les plus stables. Le NPA s'est battu pour convaincre les personnes des milieux populaires
d'aller voter; il y est arrivé en partie, mais pas complètement.
L'extrême-gauche est à 12%; envisagez-vous une alliance avec le PC et Mélenchon pour peser dans le rapport de force ?
J'ai entendu le Front de gauche dire qu'il voulait s'élargir à la fois vers le NPA et vers le Parti socialiste, dans le but de trouver une vocation majoritaire. Au NPA, nous tendons nous aussi la
main au PC et aux partis de gauche, mais sur des bases clairement anticapitalistes et indépendamment de la direction du PS. Parce qu'il faut être cohérent: pour les élections régionales par exemple,
il faut savoir si on veut participer avec les socialistes à des exécutifs régionaux qui distribuent -encore maintenant- des subventions publiques à des groupes qui font des bénéfices et qui
licencient quand même. Pour nous, c'est non. Et ce sont sur ces bases anticapitalistes qu'il faut rassembler. Mais ce n'est pas ce que pense le Front de gauche. Nous n'avons pas d'ennemis dans ce
camp; nous n'avons pas, pour notre part, mené de campagne agressive vis-à-vis d'eux. Tout ce qu'on peut faire ensemble, on le fait. Mais on n'esquive pas les sujets qui fâchent.
Au PS aussi, on regarde dans votre direction: Malek Boutih propose de faire des états généraux de la gauche, avec vous, pour constituer une coalition anti-Sarkozy, vous êtes d'accord
?
Le PS pourrait peut-être commencer par accepter les propositions unitaires qu'on lui fait depuis des mois: aller ensemble dans les entreprises qui ferment, pour soutenir les salariés qui résistent
aux licenciements -ceux de Goodyear par exemple. Plutôt que de jouer le énième épisode de telles ou telles assises, il faudrait commencer par le commencement: résister ensemble face à la droite.
C'est précisément ce qu'on n'arrive pas à faire depuis des mois et c'est d'ailleurs la seule force de la droite. La gauche mérite mieux que l'éternel recommencement des vieilles moutures d'union de
la gauche et de la gauche plurielle. On refuse le tout ou rien: il faut agir sans sectarisme face à la droite et assumer nos désaccords avec le PS et ses futurs alliés, qui inscrivent leur
orientation politique dans le cadre de l'économie de marché.
Alors concrètement, vous proposez quoi au PS ?
De constituer un arc de forces politiques et sociales qui soit capable de soutenir les mobilisations sociales pour pousser à l'unification des luttes, comme on a connu dans la mobilisation contre le
CPE (Contrat première embauche) sous Villepin. Dans les semaines et les mois à venir, on a besoin d'une victoire sociale, parce que si on n'arrive pas à bloquer le gouvernement, le rapport de force
va se dégrader. Et alors je ne vois pas qui, à gauche, pourra tirer ses marrons du feu.

Marie-George Buffet :
«Le Front de gauche n'a pas de frontières»
20 MINUTES le 10.06.09
POLITIQUE - Marie-George Buffet veut poursuivre et élargir le rassemblement, et devrait rencontrer le PS la semaine prochaine...
Pour Marie-George Buffet, l'aventure continue. La secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF) a affirmé ce mercredi qu'elle voulait «poursuivre et élargir le Front de gauche» lors
d'une conférence de presse. Cette formation politique, rassemblant notamment le PCF et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, se targue d'avoir recueilli 6,47% des suffrages aux élections
européennes, devant le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot.
Forte de ce succès, Marie-George Buffet appelle toutes les forces de gauche qui veulent construire une majorité de gauche et contrer la droite libérale à les rejoindre. «Le Front de gauche n'a pas de
frontières», a-t-elle prévenu. La chef de file des communistes annonce d'ailleurs qu'elle rencontrera probablement les dirigeants du Parti socialiste la semaine prochaine.
Des «ateliers débats» et une grande réunion en attendant la Fête de l'Huma
Mais dans un premier temps, c'est vers les électeurs que Marie-George Buffet se tourne. Le PCF souhaite organiser, dans le cadre du Front de gauche, des «ateliers débats» cet été, invitant les
militants des autres partis de gauche (PS, NPA...) à venir y participer, «sans pour autant renier leur vote ni leur organisation».
La dirigeante communiste compte également proposer rapidement à ses partenaires du Front de gauche d'organiser «avant fin juin, dans une grande salle parisienne, une réunion avec les syndicalistes,
économistes, intellectuels ou élus qui ont appelé à voter pour le Front de gauche».
Les questions environnementales et sociales indissociables
Point d'orgue de ce rassemblement, la Fête de l'Humanité, qui aura lieu les 11, 12 et 13 septembre prochain. Interrogée sur le succès d'Europe Ecologie, enfin, Marie-George Buffet a rappelé que
projet du Front de gauche portait aussi les questions environnementales, indissociables du progrès social. Un aspect qui n'a cependant pas été assez abordé pendant la campagne européenne, a-t-elle
cependant reconnu.
Cela fait partie des pistes à développer pour l'avenir, selon Marie-George Buffet. Mais pas question de tomber dans le jeu des alliances, a-t-elle prévenu. «Nous voulons construire un projet commun,
avec ceux qui le souhaitent, et auquel pourront ensuite se rallier tous ceux qui s'y reconnaissent». Quant à savoir jusqu'où le rassemblement peut s'étendre, les choses sont claires: «jusqu'à ce que
nous ayons une gauche majoritaire». Le Front de gauche, elle l'a déjà dit, n'a pas de frontières.

Front de gauche : absence de dynamique
NPA - mardi 9 juin 2009
A l'occasion des élections européennes, s'est constitué le Front de gauche (FDG) emmené par Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet. Le rassemblement fait un peu mieux que le PCF seul en 2004 (6,05% contre 5,88 %), mais la plus-value amenée par les ex-socialistes est moindre.
Le Front de gauche obtient 6,05 % des voix et quatre élus : Patrick Le Hyaric (directeur de L'Humanité) en Ile-de-France, Jacky Hénin (PCF, député européen sortant) dans le Nord, Marie-Christine Vergiat (responsable des relations internationales dans la délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie) dans le Sud-Est, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) dans le Sud-Ouest.
La campagne du FDG menée aura été dynamique et visible, avec un électorat plus prompt à se déplacer pour voter. Mais, on l’a vu, la dynamique électorale n’a pas été au rendez-vous. On peut regretter l’offensive contre un NPA accusé de sectarisme, alors que celui-ci avait fait sa propre proposition, celle d’une unité durable, dans la rue et dans les urnes, qui aille au-delà des européennes, au moins jusqu’aux régionales, en maintenant le principe d’indépendance vis-à-vis du PS. Cette proposition a été refusée par la direction du PCF. Plus contestable aura été aussi l'utilisation de membres du courant Unir de l'ex-LCR se réclamant du NPA. Mais les élections étant passées, gageons que chacun s'investira clairement dans la force politique choisie, mettant un terme à l'amalgame entre la Gauche unitaire de Christian Picquet et le NPA.
La question se pose aujourd'hui de l'avenir de la coalition du Front de gauche. Après les élections, la secrétaire nationale du PCF a appelé le Parti socialiste à « se positionner réellement à gauche » après sa déroute aux européennes et à travailler à « un rassemblement non pas tourné vers la droite et vers le Modem mais vers la gauche ».
Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon ont également demandé au NPA, implicitement ou explicitement, de rejoindre le Front de gauche. On voit que le débat que nous posons, celui de l’indépendance vis-à-vis du PS, ne s’est pas résorbé durant la campagne. Comment les uns et les autres vont-ils se positionner dans les grandes manœuvres qui commencent autour du PS ? Les élections régionales de mars 2010 donneront de nouveau l'occasion d’en discuter et donc de poser les bases d’une alliance possible avec les partis situés à gauche du PS, en incluant évidemment une discussion sur le contenu.
Mais l'urgence et l'actualité restent la mobilisation sociale et l'unité face aux attaques de la droite et de Sarkozy, qui sortent renforcés par ces élections comme l'a été toute la droite européenne. Les contre-réformes vont continuer contre le monde du travail, organisant la casse et la privatisation des secteurs publics. Les entreprises vont continuer à licencier, nous faisant toujours payer un peu plus la crise qui, on le sait, va s’approfondir dans les mois qui viennent.
C'est pourquoi, il nous faut rapidement organiser une riposte avec toutes les forces de gauche, porter le mécontentement qui s'est aussi exprimé par l'abstention de 60 % des électeurs (en grande partie des jeunes et des travailleurs). Créer une mobilisation d'ampleur peut faire barrage aux politiques de droite. Pour cela, nous devons faire l'unité, nous positionner politiquement contre le capitalisme, soutenir les mobilisations et tout faire pour ne pas renouveler la stratégie des jours de grève isolés et sans lendemain qui ont essoufflé les mobilisations records des 29 janvier et 19 mars.

Analyse des résultats :
un regret
Et si le Front de Gauche avait réunit l’ensemble de l’autre gauche jusqu’au NPA ? Les scores, le nombre de sièges pour l’autre gauche et aussi le rapport de forces au sein de la gauche auraient été
non seulement renforcés, mais nous serions parvenus à changer le paysage politique.
Dans chacune des circonscriptions si nous avions fait liste commune, nous pouvons estimer que nous serions parvenus :
Nord : 2 élus au lieu de 1
Est : 1 élu au lieu de 0 mais surtout nous aurions privé le FN de leur siège
Ouest : 1 élu au lieu de 0 ce qui aurait privé l’UMP d’un siège
Ile de France : 2 élus au lieu de 1 là encore au détriment de l’UMP
Sud Ouest : 2 élus au lieu de 1 et dans cette circonscription nous aurions pu représenter la 3e force politique…
Sud Est : 2 élus au lieu d’1 et surtout nous aurions privé Le Pen de sa réélection
Centre : 1 élu au lieu de 0 en prenant le 3e siège de l’UMP qui est revenu à Hortefeux… Symboliquement cela n’aurait pas été inutile.
Dom Tom : pas de changement 1 élu
Ensemble nous aurions pu avoir 12 élus au lieu des 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA, être en position d’offrir une réelle alternative à la gauche qui pantoufle… Bien sûr toute extrapolation est toujours difficile à faire mais tout de même cela doit nous inciter à poursuivre la politique de la main tendue vis à vis du NPA. Pour reconstruire la gauche en France il faut l’union de l’autre gauche. Mesurons également que ce rassemblement aurait permis de laminer le FN. D'ailleurs, en Europe, si nous assistons à la montée de l’extrême droite dans un certain nombre de pays, c’est toujours là où il n’existe pas d’alternative crédible de l’autre gauche.
L’espoir porté par le Front de gauche

Le score national obtenu par le Front de gauche est de 6,47% (6,17% en métropole) soit un résultat en progression de 0,6 points par rapport aux européennes de 2004. Les scores progressent dans l’ensemble des circonscriptions.
Le Front de gauche dispose depuis hier de 5 élus (3 sortants) :
Jacky Hénin est élu dans la circonscription du Nord-Ouest (6,84%)
Patrick Le Hyaric est élu dans la circonscription d’Ile de France (6,32%)
Marie-Christine Vergiat est élue dans la circonscription du Sud-Est (5,90%)
Jean-Luc Mélenchon est élue dans la circonscription du Sud-Ouest (8,15%)
Elie Hoareau est élu dans la circonscription des DOM

A propos de l'appel de 36 économistes pour le Front de gauche....
dimanche 31 mai 2009
L’appel des économistes a l’intérêt de présenter les solutions du Front de Gauche face à la crise.
Il y a toute une série de convergences dans la formulation d’objectifs généraux pour « le contrôle des banques et de la finance », « une hausse coordonnée des salaires et des prestations chômage », « un salaire minimum en Europe », la nécessité de « réhabiliter les services publics », de « remettre en cause le dumping fiscal », d’affirmer l’objectif du « plein emploi et des droits sociaux », enfin d’affirmer les principes « de convergences par le haut » et de non régression sociale »…
Mais, au-delà de ces objectifs généraux, ce document montre assez clairement ses limites tant sur le plan revendicatif que sur le plan politique d’une rupture avec le système capitaliste.
Pour ne prendre que quelques exemples :
- Lorsque le document aborde la question salariale pour la concrétiser, en termes d’augmentation du salaire minimum en France, la proposition tourne autour d’une augmentation de « 180 euros net » ce qui ferait un salaire minimum net d’environ 1200 euros net et de 1600 euros brut…Ces revendications sont bien en dessous des propositions du NPA d’une augmentation de 300 euros et d’un SMIC 1500 euros net !
- Le texte ne mentionne pas la revendication d’interdiction des licenciements.Il ne reprend même pas la proposition d’une loi d’interdiction des licenciements pour les entreprises qui font des profits, proposition qu’a repris dernièrement le Front de Gauche. Le document ne mentionnant pas les questions de la propriété, il est logique que cette revendication -l’interdiction des licenciements- qui débouche sur des incursions dans la propriété des entreprises, ne soit pas retenue, par les économistes du Front de Gauche.
- La référence à la réhabilitation des services publics reste fort générale et ne s’accompagne pas d’une exigence : la nécessité d’un mouvement de « déprivatisation » de tous les secteurs de l’économie qui ont été privatisées ces dernières décennies par des gouvernements de droite comme de gauche. Dans les principaux secteurs de l’économie, les services publics doivent prendre le caractère d’un monopole pour résister à la concurrence et à la libéralisation. Cette question n’est pas abordée par le Front de Gauche.
- Enfin, la proposition d’un « pôle de banques publiques » environnées de banques privées n’est pas à la hauteur d’une réponse globale face à la crise. D’abord, comme l’histoire l’a montré, dans la concurrence entre les banques privées et les banques publiques voire nationalisées, ce sont les banques privées qui l’emportent soit en imposant des « critères privés » aux banques publiques -recherche du profit maximum, généralisation des produits financiers, dérégulations- soit même en poussant à la reprivatisation des banques publiques dès qu’elles sont suffisamment rentables. Face à la crise économique actuelle, il faut une solution radicale : la constitution d’un seul système financier et bancaire publique sous contrôle des travailleurs du secteur et des usagers. La question du contrôle populaire étant fondamentale pour que de nouvelles nationalisations ne ressemblent pas aux banques nationalisées des années 80 qui fonctionnèrent comme des banques privées.
En fait, le caractère « modéré » des propositions des économistes du Front de Gauche s’inscrit dans une analyse de la crise actuelle du capitalisme, résultant avant tout de la « financiarisation » et de la « dérégulation néo-libérale », alors que la crise actuelle découle des lois fondamentales du système capitaliste, de la recherche du profit maximum, de l’interpénétration des multinationales et des marchés financiers, de la concurrence effrénée entre capitaux privés.
S’attaquer à la financiarisation, à la dérégulation, et déployer des plans de relance par la consommation constitue une des dimensions d’une réponse à la crise mais ce n’est pas suffisant et, surtout, cela n’assure pas la défense durable des intérêts des travailleurs ni ne règle la crise du système.
Donnons là aussi un exemple :
les économistes du Front de Gauche exigent l’éradication des paradis fiscaux, mais lorsque l’on sait l’imbrication des politiques financières des grandes multinationales et des banques qui échappent à tout contrôle, nous savons que pour s’attaquer aux paradis fiscaux,il faut s’en prendre aux pouvoirs des multinationales. Lorsque le fonctionnement financier de Michelin, Adidas, et Total reposent sur des banques installées dans des « paradis fiscaux », nous savons tous que pour frapper les paradis fiscaux, il faut s’affronter aux grands groupes capitalistes. C’est d’ailleurs la raison fondamentale qui explique, que malgré les grandes déclarations, les gouvernements servant les intérêts des grands groupes économiques, ils ne s’attaquent pas aux « paradis fiscaux ». Or comme nous l’avons déjà indiqué, le document des économistes du Front de Gauche fait l’impasse sur les questions de la propriété capitaliste, sur les problèmes de l’appropriation publique et sociale des principaux secteurs de l’économie. En ne posant pas ce problème, on s’interdit de prendre des mesures radicales contre la crise.
Cette question de la propriété constitue aussi une question centrale pour relancer les services publics, notamment au travers de grands travaux centrés sur les besoins sociaux et écologiques. Répondre aux problèmes du changement climatique, sur le plan des transports, du logement, de la relocalisation des productions, du changement du mode de production et de consommation exige une planification sur le moyen et long terme. Le marché capitaliste dominé par la concurrence des capitaux et des grandes multinationales ne peut répondre à ces exigences. C’est la coordination et la planification démocratique des choix et des priorités socio-économiques, décidée et prise en charge par les salariés et les citoyens, qui doit réorganiser la vie économique.
Les réponses actuelles à la crise exigent d’abord un plan de mesures d’urgences qui fassent payer la crise aux capitalistes et pas aux travailleurs : augmentation de salaires, interdiction des licenciements, relance des services publics. Mais ces mesures d’urgence ne pourront s’imposer que si on les combine à des perspectives de réorganisation globale qui substituent à la logique du profit celle des besoins sociaux, qui remettent en cause la propriété privée du capital et des grandes entreprises en la remplaçant par la socialisation des secteurs clé de l’économie.
Ces objectifs ne pourront se réaliser qu’avec des changements socio-politiques d’ampleur et une mobilisation sociale exceptionnelle mais c’est la seule manière d’imposer une issue à anticapitaliste à la crise.
Les économistes du front de gauche reprennent, eux, une série de mesures voulant s’attaquer à la crise… mais sans remettre en cause le système capitaliste, sa logique, ses équilibres, du coup les mesures avancées restent limitées, elles ne constituent pas des objectifs efficaces pour bloquer l’offensive capitaliste, et surtout elles ne s’inscrivent pas dans une dynamique de transformation sociale radicale.
Nous voyons bien qu’au-delà des politiques d’alliances avec le Partis socialiste, et des différences sur la question des institutions, il y a aussi, entre le NPA et le Front de gauche, deux approches sur l’analyse de la crise et les réponses à y apporter.
>> Lire l'Appel :
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REPONSE du FRONT de GAUCHE
Radical et unitaire :
Lettre ouverte au NPA
Chers camarades et contradicteurs du NPA,
Nous avons apprécié votre démarche consistant à engager un débat sur le fond avec nos prises de position dans le débat économique engagé à l'occasion des élections européennes (1).
Nous vous adressons quelques éléments de réponse bien trop courts, mais qui nous aideront peut-être à clarifier ce qui pourrait nous rassembler, d'un côté, et ce qui continuera peut-être de
distinguer nos démarches, d'un autre côté. Disons que nous partageons sans doute avec vous l'idée que nous nous faisons du devoir des intellectuels : la critique doit être radicale, sous peine de
servir sans délai de supplétif à une volonté de puissance ou de domination. Mais nous pensons que la critique radicale (dont semblent devenus incapables certains socialistes et certains Verts) doit
s'incarner dans des propositions historiquement situées. C'est donc l'articulation entre la critique et l'agir qui crée l'essentiel de nos soucis, en vue de frayer une voie entre les institutions qui
semblent (provisoirement) devoir être tenues pour données, et celles dont nous rejetons hic et nunc le bien fondé, dussent-elles passer pour des rocs et mobiliser un effort d'imagination sans
précédent pour les abolir et les remplacer.
Avant de préciser notre point de vue, une remarque de méthode s'impose. La transformation radicale de la société exige, vous en conviendrez, un débat franc mais aussi ouvert et bienveillant, et non l'anathème, entre ceux qui souhaitent y œuvrer. A lire votre texte, affleure clairement l'idée que nous serions, en définitive, des « mous », pour ne pas dire des « sociaux-traites » ne voulant pas véritablement « remettre en cause le système capitaliste ». Du début à la fin, votre texte semble mue par une obsession : cliver et cliver encore afin d'exhiber que seul le NPA est « pur », « vraiment à gauche » et « révolutionnaire ». Le NPA aurait-il définitivement abandonné ce que le trotskysme a pu porter : le souci de l'unité, du « front unique » ?
Parce que nous avons le souci du débat fraternel et de l'unité à gauche, nous avons cependant tenu à vous répondre.
1. Positionnement de notre texte
Les deux textes - Europe : pour sortir du dirigisme libéral et Europe : pour changer de cap (2) - que nous avons soumis au débat ne se veulent pas un programme exhaustif et clé en
main pour le Front de Gauche qui n'a du reste pas besoin de nous pour avoir des idées de politique économique progressiste. En partant de ce que nous sommes - des universitaires et chercheurs en
économie - et sans prétendre à plus, nous avons cherché à remettre au cœur du débat politique des problématiques que plus de vingt ans de domination de la pensée libérale ont contribué à sortir du
débat public « autorisé » : utilité et extension des services publics, politiques économiques keynésiennes (adaptées aux exigences du développement durable), plein-emploi stable et de qualité,
réhabilitation de l'impôt citoyen fortement progressif, remise en cause du dogme du libre-échange, etc. Il faut rappeler que beaucoup d'économistes - ceux qui dominent le « champ académique » et
l'appareil d'Etat ont les médias grand ouvert - jugent que tout cela n'est pas sérieux. Eh bien, en voilà d'autres qui, avec des arguments, pensent au contraire que c'est tout à fait sérieux et qu'il
y a au moins matière à débat démocratique, que scientifiquement rien n'est tranché, que rien ne saurait être coulé dans le marbre, que l'économie n'est pas mue par des lois naturelles mais n'est
après tout qu'une construction humaine. Le combat politique passe aussi par l'idéologie : c'est un coin dans l'idéologie dominante que nous avons voulu enfoncer, histoire de faire bouger les lignes
et de montrer qu'il n'est pas délirant d'y accrocher un projet de politique économique progressiste. On peut juger cette démarche « modérée », mais elle a la cohérence de son positionnement et la
mesure de son ambition.
2. La critique du capitalisme et de la propriété du capital
L'ensemble des 42 économistes signataires de l'Appel (3) partage - à quelques nuances bienvenues près - une vision radicalement critique des tenants et aboutissants de l'économie
capitaliste dominante, vision s'appuyant principalement sur les acquis théoriques des révolutions conceptuelles de Marx et de Keynes. Partant, ils analysent la crise actuelle comme une grande crise
ou une crise systémique (et pas comme une simple crise « financière », contrairement à ce que vous nous prêtez), avec au-delà de l'héritage marxo-keynésien, la prise en compte d'une dimension
désormais fondamentale, l'urgence écologique.
Désastre économique, social, écologique, mais aussi démocratique : il y a bien des raisons de s'opposer non seulement au libéralisme, mais au capitalisme. Sur ce point, nous sommes d'accord.
Une fois cela posé, reste cependant une question : quelle alternative proposer ? L'anticapitalisme, en soi, n'est pas un gage de progrès : l'histoire tragique du stalinisme le démontre amplement.
C'est pourquoi nous nous sommes efforcés, en particulier dans notre second texte, d'esquisser un ensemble de réponses « en positif » qui ne se veulent pas seulement des réponses « immédiates » à la
crise, mais qui présentent ce que pourrait être l'ébauche d'un programme transitoire - son volet économique du moins - pour commencer à changer vraiment de société.
A l'inverse de ce que vous soutenez à plusieurs occasions, nous posons la question de la propriété du capital. C'est ce que nous faisons lorsque nous invitons à réhabiliter et à étendre les services
publics (ce qui passe bien sûr par des renationalisations). Avec des arguments forts (contrairement au reproche que vous nous faites de « rester trop général » en l'espèce) : en particulier l'idée
pas si souvent admise - y compris par les marxistes - que le « public crée de la richesse » avec laquelle il faut compter.
Une interrogation à ce propos : pendant longtemps, une certaine tradition marxiste a soutenu que l'Etat était « en dernier ressort » nécessairement au service du capital. Nous ne partageons pas ce
point de vue. Que l'Etat - institution hétérogène - soit aussi au service du capital est une évidence. Nous pensons néanmoins que l'Etat social recèle une dimension non pas seulement antilibérale,
mais aussi anticapitaliste. Avec les services publics et la protection sociale, des sphères entières d'activité - de l'ordre de 30% des emplois en France - échappent au capital. Celui-ci l'a
d'ailleurs compris puisqu'il essaie de récupérer ces activités.
Nous indiquons par ailleurs : « qu'il faut mettre un terme à la domination des seuls actionnaires sur les entreprises en donnant de nouveaux droits aux salariés » et plus encore : « Quelles activités
doivent relever du public, du privé ou bien de l'économie sociale ? C'est une question qui doit revenir au cœur du débat politique ». Certes, cela n'est pas « l'appropriation publique » des «
principaux secteurs de l'économie ». Mais, outre que cela ait le mérite de la rendre possible si tel est le choix des citoyens (car c'est bien lui qui doit primer n'est-ce pas ?), cela nous semble le
meilleur moyen de rouvrir le débat sur la propriété et le fonctionnement des entreprises, à bien des égards « tabous », y compris à gauche. Les libéraux - mais sont-ce les seuls ? - réduisent
l'entreprise à un simple objet de propriété au service de la valorisation du capital. On peut leur opposer qu'elle est - ou du moins devrait être et cela dès aujourd'hui - une institution collective,
sociale, qui engage aussi les parties prenantes que sont les salariés, bien sûrs, mais également les usagers, les clients, les fournisseurs, les collectivités locales, l'Etat, etc., et que ceux-ci
doivent avoir voix au chapitre dans son fonctionnement.
Quelques mots supplémentaires sur ce point : nous l'avons dit, il y a bien des raisons de s'opposer à la domination du capital et à l'extension sans limite de la marchandisation du monde, mais le
siècle passé a funestement démontré qu'il ne suffit pas d'être anticapitaliste pour être progressiste. Le changement radical de société que nous appelons de nos vœux n'est pas envisageable s'il ne
s'ancre dans un projet qui garantisse que cette tragédie ne se reproduira pas. Pour ce faire, il nous faut une boussole : la démocratie, la souveraineté du peuple, qui place en son cœur le principe «
un homme / une voix ». Fondamentalement, la démocratie n'est pour nous ni bourgeoise, ni formelle : elle est d'ores et déjà réelle mais... limitée, restreinte par les rapports capitalistes certes,
mais pas uniquement. L'oppression de genre cela existe aussi. Et la bureaucratie de l'Etat, des associations ou des partis : cela existe tout autant. L'enjeu est alors bien toujours d'étendre la
démocratie entendue non seulement comme « moyen », mais comme sa « propre fin ». N'est-ce pas d'ailleurs sur cette base que l'on peut remettre légitimement et durablement en cause le pouvoir du
capital ? Alors que celui-ci repose sur un principe de puissance illimitée (une action / une voix), et donc d'inégalités illimitées, n'est-ce pas du côté de la démocratie que l'on trouve les
ressources les plus radicales pour s'y opposer ? Certes, la lutte des classes est un fait incontournable, et nous oeuvrons de notre mieux et à notre niveau - notamment par notre soutien à
l'initiative du Front de Gauche - à nous opposer aux classes possédantes et contrer les attaques de la droite : mais elle n'est pas une fin en soi. Finalement, n'est-ce pas la citoyenneté qui, par
l'égalité et la délibération collective qu'elle institue, émancipe vraiment ? Une question sur ce point : le NPA, suivant en cela une longue tradition, juge-t-il que la démocratie est « bourgeoise »
ou, doux euphémisme, « formelle » ?
3. Réponses plus ponctuelles
Concernant le Smic européen, nous nous prononçons pour « la norme d'un salaire minimum égal au moins à 60% du salaire moyen ». Le Parti socialiste se prononce pour 60 % du salaire médian ce qui
équivaudrait à une baisse en France. Notre proposition représente une hausse immédiate de plus de 15% du Smic net. Vous proposez une hausse de près de 50% (tout de suite ?). Dans une Europe des 27 où
les écarts de minima salariaux sont actuellement considérables (de 32 % du salaire brut mensuel en Roumanie à 52 % pour le Luxembourg), les enjeux sont pour nous avant tout ceux d'une harmonisation
qui répondent efficacement au dumping social. Dans tous les cas, vous aurez remarqué que nous avons pris soin d'indiquer « au moins »...
Au sujet des banques, nous indiquons : « Les banques doivent être sous contrôle public. L'accès au crédit gagne certes à avoir une offre diversifiée avec une certaine concurrence. Mais un pôle de
banques publiques articulé à des banques coopératives permettrait cela en protégeant la monnaie comme bien public. Les nationalisations en cours, menées trop timidement, en offrent l'opportunité ».
Cela suppose que les banques coopératives le redeviennent. Mais le reproche que vous nous faites de vouloir préserver les banques « capitalistes » est infondé. En revanche nous nous prononçons contre
un système de monopole public unique qui, l'histoire le montre, a souvent été une catastrophe pour l'accès au crédit.
Sur l'interdiction des licenciements : tout ne peut pas être écrit dans un texte destiné à publication dans la presse. Comme nous venons de le mentionner, nous proposons « de nouveaux pouvoirs aux
salariés ». Le Front de gauche exige l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, ce qui a été pendant longtemps la position de la... LCR. Le NPA se prononce,
semble-t-il, pour « l'interdiction des licenciements en général ». Cela nous semble une surenchère inutile. Dans n'importe quelle société des entreprises fermeront ou seront conduites à réduire leurs
effectifs. Mais il y a plus important. Le chômage et les licenciements ne sont pas uniquement la « faute du patronat », même si celui-ci en use et abuse trop souvent ainsi que de la précarité (les
fins de contrats temporaires sont bien plus nombreux que les licenciements soit dit en passant). Ils relèvent aussi et d'abord d'une responsabilité globale, sociale : celle de la politique publique
(budgétaire, monétaire, commerciale, industrielle, mais aussi la politique des revenus et celle de l'emploi...) mise en œuvre par les gouvernements et l'Union européenne. A ne pointer que la «
responsabilité patronale », on occulte totalement ce poids considérable de la politique économique, de la « responsabilité gouvernementale ». Or si une entreprise - même coopérative - n'a pas de
débouché suffisant : que peut-elle faire ? Le volet politique économique est étonnamment absent des propositions du NPA. Les libéraux considèrent que l'emploi se fixe d'abord sur le « marché du
travail » : ils proposent en ce sens de réduire le coût du travail et de flexibiliser le droit social. Est-ce radical de rester prisonnier d'un raisonnement centré sur le marché du travail en se
contentant de proposer l'exact inverse de ce qu'ils préconisent ? Nous ne le pensons pas. Pour nous, et Keynes apporte beaucoup sur ce point, le niveau global de l'emploi - et donc du chômage - ne
dépend pas d'abord du fonctionnement du « marché du travail ». L'assouplir ou le rigidifier n'est pas la principale solution à l'emploi. Celui-ci dépend d'abord de la croissance et de la réduction du
temps de travail. Et la croissance, qui doit être radicalement réorientée pour répondre à l'impératif écologique, dépend des politiques économiques mises en œuvre et du partage de la richesse sur
laquelle elles reposent. Toutes les mesures visant à redonner ses lettres de noblesse au droit social sont de ce fait bienvenues : mais on ne peut en faire un substitut au débat sur le contenu à
donner aux politiques économiques.
4. « Tous ensemble »
Vous nous reprochez de ne pas être suffisamment « radical ». Sur bien des points nous pourrions vous retourner ce reproche. Mais quel intérêt ? Notre ambition n'est pas d'être, en soi, les plus « à
gauche », les plus « maximalistes ». Pas plus que le Front de Gauche, le NPA ne peut se prévaloir du monopole de la radicalité. D'ailleurs, à moins de tous marcher en file indienne, on trouvera
toujours plus à gauche que soi ! L'incantation et la dénonciation ne sont pas notre boussole. Notre projet est, avec d'autres, de porter un projet majoritaire pour transformer la société.
La gauche ne peut se réduire au duopole mortifère entre un Parti socialiste et des Verts majoritairement acquis au social-libéralisme et une extrême-gauche purement protestataire.
Le capitalisme connaît une crise sans précédent. C'est l'occasion où jamais de porter une alternative. Nous ne prétendons pas avoir raison sur tout. Qui peut le prétendre ? N'est-ce pas par la
confrontation, mais aussi le dialogue, que nous pourrons avancer « tous ensemble » ?
L'unité, qui ne signifie ni uniformité ni consensus, est pour nous centrale. Elle ne s'impose pas simplement pour des raisons d'opportunités tactiques. La démocratie impose que le changement de la
société procède d'un choix majoritaire. Il est sain qu'il en soit ainsi : et c'est bien pourquoi le choix de l'unité est stratégique. Imaginez la formidable force et l'extraordinaire espoir que cette
unité pourrait apporter à ceux aux côtés de qui nous nous battons tous les jours contre les attaques du capital, de la droite et des libéraux de toute sorte. Ils tirent eux-mêmes leur vigueur de nos
divisions.
Dans notre premier texte, il était indiqué : « L'urgence qu'il y a à dessiner des alternatives au capitalisme libéral mérite mieux en effet que la priorité donnée à son pré-carré ». « J'évoque, je ne
balance pas » disait Michel Audiard. Vous aurez néanmoins remarqué que cette incise vous concernait directement.
De façon générale, le NPA pose des questions sérieuses. Nous avons la faiblesse de croire que le Front de gauche aussi et en mieux. Mais, quoiqu'il en soit, nous ne comprenons toujours pas pourquoi
vous avez pris cette responsabilité extrêmement grave de la division. Rien ne le justifie au fond.
Les élections européennes seront bientôt derrière nous. Puisse donc cette page de la division se refermer rapidement.
Bien fraternellement
Laurent Cordonnier (Lille I), Florence Lefresne, Christophe Ramaux (Paris I), Richard Sobel (Lille I), Nadine Thévenot (Paris I), Bruno Tinel (Paris I).
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1 Le texte du NPA « A propos de l'Appel des économistes pour le Front de gauche » est disponible en ligne :
http://www.npa2009.org/content/propos-de-lappel-de-36-%C3%A9conomistes-pour-le-front-de-gauche
2 Les deux textes des 42 économistes en soutien au Front de gauche sont disponibles en ligne :
3 Pour des raisons pratiques évidentes, il n'était pas possible de répondre à 42 à votre texte. La présente réponse n'engage donc que ses 6 signataires. Mais nous connaissons
suffisamment nos collègues pour subodorer qu'ils partagent nombre des arguments, si n'est l'essentiel, présentés ici.

Le "malaise" de Nathalie Arthaud, la nouvelle porte-parole de LO, en campagne
Nathalie Arthaud l'avoue sans ambages : elle se sent un peu décalée dans cette campagne européenne. Ses camarades l'ont soutenue avec enthousiasme comme "successeuse" d'Arlette Laguiller. Elle assure recevoir un bon accueil auprès des salariés et dans les quartiers. Mais elle dit éprouver un "malaise", dans un débat où "les grands partis font croire que ces élections vont changer les choses". Alors, elle mène sa campagne, comme porte-parole de LO et tête de liste dans la région Sud-Est, avec des thèmes qui ont peu changé. Comme Arlette Laguiller, elle explique que la campagne "ne préoccupe pas beaucoup les classes populaires" : "Ils n'ont pas forcément envie de se mobiliser sur le vin rosé !", insiste cette enseignante de 39 ans. Comme son aînée l'a fait lors des scrutins précédents, elle veut "défendre une Europe sans frontières, où l'économie serait organisée selon les besoins de la population et non ceux du patronat".
Dimanche 31 mai, lors de la fête de Lutte ouvrière à Presles (Val-d'Oise), c'est elle qui a tenu le traditionnel discours politique. "Arlette" est juste venue quelques minutes dire qu'elle avait été "fière d'avoir maintenu le drapeau de l'extrême gauche révolutionnaire". "Cela fait plus de trois décennies que je prononce les allocutions politiques à notre fête. Dorénavant, ce ne sera plus moi, mais nos idées seront très bien défendues", a-t-elle lancé, avant d'ajouter qu'elle passait "avec beaucoup de joie" le relais à Nathalie Arthaud.
Sa cadette a alors entamé son discours par le célèbre "Travailleuses, travailleurs, camarades et amis", sous les acclamations. "Toute l'Europe présente le visage d'usines qui ferment. Où les salariés sont jetés dehors après vingt ou trente ans de travail. Mais quand une usine ferme, ce n'est pas seulement les salariés qui en pâtissent, mais aussi toutes les petites épiceries, les bistrots dont ces salariés sont les clients", a expliqué la candidate. "Il y a de quoi être révoltée devant cette organisation économique et sociale capable d'engendrer une telle catastrophe", a-t-elle clamé. C'est donc cette révolte qu'elle entend porter dans cette campagne. Mais avec ses mots. Finies les formules un peu désuètes et la voix poussée n'évitant pas parfois le pathos si typique de Mme Laguiller. La jeune femme a ses formules pour exprimer son credo : "L'Europe sociale est une fumisterie, une expression creuse. Le capitalisme social n'a pas plus de sens en Europe qu'en France", assure-t-elle, visant tant l'UMP que le PS. Elle n'a pas plus d'indulgence pour le Front de gauche de Marie-George Buffet et de Jean-Luc Mélenchon, dénonçant l'"escroquerie" à faire du traité de Lisbonne la source de tous les maux : "L'ennemi de la classe ouvrière n'est pas un chiffon de papier mais une classe exploiteuse en chair et en os, la bourgeoisie." Alors pour elle, l'appel à voter LO - créditée de 1 % à 2 % selon les sondages - est simple. Il s'agit juste de faire en sorte "que tous ceux qui s'y retrouvent puissent se compter et s'y reconnaître". Au stand des milk-shakes, une militante ravie souffle : "Elle est bien, cette petite." Même si c'est encore avec "Arlette" que les sympathisants veulent se faire photographier.
Lutte frontale pour la gauche radicale
Le NPA d'Olivier Besancenot et le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet font jeu égal dans les sondages.
C’est l’un des paradoxes de ces élections européennes. Alors que le capitalisme tremble, les anticapitalistes se divisent. Enjeu de cette discorde: le leadership de la gauche de la gauche. Un bras de fer oppose, dixit Jean-Luc Mélenchon, «la révolution par les luttes» du NPA d’Olivier Besancenot à la «révolution par les urnes» du Front de gauche (FG) qu’il a constitué avec le PCF après avoir quitté le PS pour créer le Parti de gauche. Et bonne nouvelle pour le sénateur de l’Essonne et Marie-George Buffet : inexistant il y a quelques semaines, le FG enregistre une percée dans les sondages, au détriment du NPA et du PS. «Ce qui fait tilt, notamment, chez les électeurs socialistes, c’est qu’on veut "sauver la gauche"», explique un dirigeant du Front de gauche.
Main tendue. Entre un NPA farouchement protestataire et un PS déboussolé par le Modem, Mélenchon rêve de «mener la marche», confiait-il samedi à Libération dans le TGV de retour d’un meeting au Mans (Sarthe). Pour lui, «le principal enjeu» de ce scrutin est de devancer le NPA. Une condition sine qua non pour convaincre les centaines de milliers de «militants politiques, associatifs et syndicalistes» formant le «premier cercle de la gauche» de transformer le Front de gauche en «Front populaire» après le 7 juin. «On est passé de 2 % à 6 % sans aucune exposition dans les médias. Et pourquoi pas 10 % !» claironnait un ex-jeune socialiste lors d’un meeting du Mans.
Reste que, globalement, la gauche radicale semble mal partie pour toucher les dividendes de sa prescience antilibérale, lors du premier rendez-vous électoral européen suivant la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. En 2005, Besancenot, Mélenchon, Buffet et Bové battaient tribune commune. Quatre ans après, les ex-nonistes totalisent 15 % des voix, selon les sondages, mais se tirent la bourre. Début 2009, les lieutenants de Besancenot ont refusé la main tendue de Mélenchon, parce qu’ils soupçonnent le PCF d’«aller avec la gauche radicale les années impaires et de se faire élire avec le PS les années paires». De leur côté, les amis de Mélenchon stigmatisent le «sectarisme» et le «purisme» du NPA pour tenter de l’isoler : «L’affiche du NPA, c’est : "Pour protester, protestez utilement." Pourquoi pas "Voter pour la grève générale" tant qu’on y est. C’est complètement con !» explique Christian Picquet, ex-dirigeant de la LCR ayant rejoint le FG. Tous sont en revanche d’accord pour dénoncer la «traîtrise» de José Bové, désormais allié, au sein d’Europe Ecologie, à l’europhile Daniel Cohn-Bendit.
La tension est à la mesure de la compétition. Dans les sondages, NPA et Front de gauche sont au coude-à-coude entre 5 % et 7 %. Trois points derrière Europe Ecologie qui frôle les 10 %. Ainsi, dans le Sud-Ouest, Jean-Luc Mélenchon, 57 ans, est à touche-touche avec Myriam Martin, 41 ans, la candidate du NPA. Mais c’est José Bové, 55 ans, qui est le mieux placé pour être élu eurodéputé de cette circonscription. Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet jouent gros. Outre sa propre élection, l’ex-socialiste doit aussi assurer celle d’au moins deux têtes de listes communistes : Patrick Le Hyaric, en Ile-de-France, et Jacky Hénin, dans le Nord-Ouest. «La mobilisation n’est pas fameuse, notamment en Seine-Saint-Denis et dans le Sud-Ouest. Certains communistes soupçonnent Mélenchon de vouloir leur refaire le coup de Mitterrand en 1971», assure un responsable communiste. C’est-à-dire de siphonner leur électorat comme l’avait fait l’ancien chef de l’Etat en constituant l’Union de la gauche.
La bataille frontale FG-NPA se verra aussi en Ile-de-France où le premier présente Christian Picquet en numéro 3, et le second Olivier Besancenot en numéro… 3. «On va bien voir qui c’est qui a raison !» a tonné Mélenchon à la tribune. Au NPA, on fait le pari que le FG explosera dès le lendemain des européennes : «Mélenchon ne polarise rien du tout. Le PCF retournera avec le PS aux régionales. Ils discutent déjà pour les primaires de 2012.» Mais les amis de Besancenot concèdent toutefois qu’il est «plus facile pour des européennes de mobiliser un électorat PCF âgé que les jeunes et les salariés précaires d’un parti neuf comme le NPA». Conclusion d’un syndicaliste sarthois : «Besancenot nous chie dans les bottes. Mais il a les jeunes avec lui.»
Cheveux blancs. C’était flagrant samedi : si le Front de gauche a fait un tabac sur ces terres communistes unitaires sarthoises, le public était composé, pour l’essentiel, de personnes aux cheveux blancs. Qui ont vibré aux saillies de l’économiste Jacques Généreux, tête de liste FG dans l’Ouest : «Ça fait vingt ans qu’on expérimente la concurrence. Maintenant, il faut d’abord se renseigner pour savoir quel numéro appeler pour avoir un renseignement. Si je suis élu, je rétablirai le 12 !»
Les socialistes pètent un cable ?
mercredi 20 mai 2009
Décidément, quand les dirigeants du PS perdent leur sang froid, ils utilisent des méthodes d'un autre âge.
Paniquée par la concurrence exercée sur sa gauche, entre autre par le NPA, Martine Aubry ment carrément, annonçant que les listes qui ne franchiront pas les 10 %... n'auront aucun élu. Vincent Peillon enfonce le clou, appelant au vote utile en expliquant que le NPA est..." inutile".
Comme si une Europe de droite et une Europe dominée le PS, ça changeait radicalement les choses : 97 % des votes au Parlement sont communs à la droite et à la gauche ! Pour que cela change, est-ce bien utile de réélire les députés du PS qui votent en permanence avec la droite ?
Et la cerise sur le gâteau, c'est quand un militant du PS se fait passer pour un salarié de Célanèse afin d'interpeller brutalement notre camarade Olivier Besancenot, invité par la CGT à soutenir la manif contre les licenciements devant l'Assemblée Nationale, le tout devant des caméras complaisantes. Pain béni pour certains médias qui cherchent à nuire au NPA. L'info a fait le tour du PAF, ce qui a entraîné la réaction suivante de la CGT de Celanese (voir ci-après).
Si seulement le PS était aussi imaginatif et actif dans la bataille contre la droite et le Medef...
Du côté du NPA, en ce moment, c'est un peu notre fête... Comme quoi, on embête du monde. Mais nous sommes là. Et bien là.
Rien ne nous empêchera de poursuivre le combat, n'en déplaise à tous ceux qui nous insultent et qui préfèrent descendre dans le caniveau plutôt que de s'inscrire dans le débat démocratique contradictoire.
Communiqué de presse de la CGT Célanèse
Déplacement à l'Assemblée Nationale des salariés de Célanese
Le mardi 19 mai 2009 des salariés de Celanese et de Yara se sont déplacés sur Paris pour une manifestation à l’Assemblée nationale. Environ 150 personnes étaient présentes. Sous l’invitation de la CGT Celanese, M. Olivier Besancenot est venu nous rendre visite pour parler avec nous de nos problèmes.
Nous tenons à préciser que le mauvais accueil qui lui à été fait en début de sa visite n’était pas le fait des salariés de Celanese, mais d’un participant à la manifestation totalement indépendant de l’usine Celanese et membre du Parti socialiste de la section d’Artix (Pyrénées Atlantique).
Nous regrettons fortement la médiatisation du ce fait isolé qui a en plus occulté le vrais problème, qui est la fermeture de notre usine chimique viable, rentable et nécessaire pour la France et pour l’Europe.
Les salariés de Celanese ont quand même pu discuter de tous ces problèmes pendant près d’une heure avec M. Olivier Besancenot, et nous le remercions très fortement de sa contribution à la lutte des ouvriers de Celanese.
Communiqué NPA
Malaise au NPA
18.05.2009
Le congrès constitutif du Nouveau Parti - anticapitaliste (NPA), en janvier dernier, avait laissé un goût amer chez les militants de l’ex-LCR, en désaccord avec le refus de participer à une campagne unitaire dans le cadre du Front de gauche. Christian Picquet, porte— parole du courant Unir, favorable à des listes communes avec le PCF et le PG, avait rassemblé sur sa motion 16 % des congressistes. Dans la foulée, ce militant de la LCR depuis trois décennies avait été sèchement débarqué de la direction du nouveau parti. Picquet et ses camarades ont créé l’association Gauche unitaire, qui est devenue la troisième composante du Front de gauche, aux côtés des communistes et du Parti de gauche.
La fièvre n’est pas retombée, bien au contraire, dans les rangs du NPA. Dimanche, les militants hostiles au solo électoral d’Olivier Besancenot ont décidé de se structurer en interne pour défendre leurs aspirations unitaires. Parmi les initiateurs, le militant syndical Yann Cochin, interrogé par l’AFP, qui estimait que le refus de rallier le Front de gauche est un péché de jeunesse d’un parti qui veut se compter en s’appuyant sur la popularité de son leader. Or le scénario semble, pour l’heure, ne pas évoluer conformément aux espoirs de la direction du NPA. En dépit, jusqu’à présent, d’un boycott médiatique sur la campagne qu’il a engagée dès le début de l’année, le Front de gauche, parti de très bas dans les sondages, gagne des points régulièrement ces deux dernières semaines, tous instituts confondus, alors qu’un mouvement inverse est observé pour le NPA.
La direction du parti d’Olivier Besancenot est-elle en train de payer une erreur d’analyse ? Elle a souhaité réitérer l’expérience de la présidentielle en profitant du - soutien politico-médiatique consenti à son leader. Mais le relatif succès d’Olivier Besancenot avait été obtenu dans un contexte d’éclatement et de division de la gauche antilibérale. La situation a complètement changé en 2009 : avec le Front de gauche, une offre politique unitaire s’est constituée, avec un projet pour changer l’Europe et une volonté d’agir au Parlement européen. Dès lors, de nombreux électeurs et militants ne comprennent pas que, face à une crise sans précédent dont la droite et le grand patronat veulent faire payer le prix au monde du travail, le NPA ne prenne pas sa part dans un combat commun.
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Européennes :
le NPA talonné par le Front de gauche, un courant unitaire créé
Le NPA d'Olivier Besancenot est désormais talonné par le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages sur les européennes, alors qu'un courant minoritaire, fervent partisan de l'unité de la gauche de la gauche, se crée officiellement en son sein ce week-end.
16.05.2009
Selon le dernier sondage Ifop (11 mai), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) est crédité de 7%, juste devant l'alliance PCF-Parti de Gauche qui engrange un point à 6,5% (contre 5,5% en avril). Plutôt autour de 9%, voire 10% en février, le NPA semble marquer le pas, au profit des listes du Front de gauche.
"La popularité d'Olivier Besancenot et l'attrait du NPA a un peu régressé après le sommet de l'Otan à Strasbourg. Les électeurs se sont interrogés sur le mode de fonctionnement du parti et les ambiguïtés sur ses rapports avec les violences politiques", juge Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'OpinionWay.
Il y a également une "inquiétude forte" de ses électeurs potentiels sur son refus d'une alliance avec le PS : cela "peut profiter à la +nouvelle concurrence+, dont le leader (Jean-Luc Mélenchon) affiche clairement l'idée de s'allier" aux socialistes, poursuit-il.
Le vote Front de gauche, que le NPA a refusé de rejoindre sous prétexte qu'il se rapprocherait du PS dès les régionales (2010), est perçu comme "moins dangereux", analyse-t-il.
Pour Pierre-François Grond, membre de la direction du NPA, "les sondages disent tout et leur contraire" et l'important, c'est la "mobilisation des électeurs abstentionnistes".
"Le réservoir potentiel pour le NPA se trouve dans l'abstention", confirme Stéphane Rozès, président de la société de conseil CAP, mais l'électorat de M. Besancenot est "beaucoup moins structuré politiquement" que l'électorat communiste.
Selon lui, "la campagne négative" du NPA, "seulement dans la protestation et la contestation du sarkozysme", ne peut "pas inciter à aller voter".
Le Front de gauche, lui, "travaille beaucoup plus les contenus de politique alternative au plan européen et national" et "offre la perspective d'une recomposition politique à gauche", ce qui en fait un vote plus "utile", fait valoir M. Rozès.
Nombreux sont ceux qui ont vu dans le refus du NPA d'intégrer le Front de gauche une grossière erreur. Ainsi Christian Picquet, figure minoritaire de l'ex-LCR, avait rejoint en mars les amis de Marie-George Buffet (PCF) et M. Mélenchon.
Ce dimanche, des militants anticapitalistes doivent officiellement fonder un courant au NPA avec comme objectif l'unité de la gauche de la gauche. Yann Cochin, un des fondateurs du courant, estime que ne pas avoir rallié le Front est un "péché de jeunesse" d'un parti qui "a la tentation de se compter", fort de la popularité de son leader.
"Il y a deux dynamiques à la gauche de la gauche : le NPA et le Front de gauche. L'ensemble des salariés ont tout à gagner que ces deux dynamiques se retrouvent", "sans sectarisme", juge ce syndicaliste, membre du comité exécutif du NPA, qui avait voté la motion pro-Front de gauche (16%) lors du congrès fondateur du NPA en février.
"On n'est pas en compétition" avec le Front malgré "le caractère extrêmement hostile qu'il donne à sa campagne en notre direction", souligne M. Grond (NPA) pour qui "avoir un élu" français au Parlement européen serait déjà "un point d'appui assez important" pour mettre en place un "parti anticapitaliste européen".
Mais selon lui, "le match, c'est contre Nicolas Sarkozy".

Olivier Besancenot :
"On peut encore remporter des victoires sociales"
Avec une popularité qui talonne celle des leaders socialistes, Olivier Besancenot est sur tous les fronts sociaux. Mouvement de protestation dans les universités, mobilisation hospitalière, grèves et occupations d'usines, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) est présent au point que le gouvernement voit la main de l'extrême gauche partout.
Le leader du NPA s'en défend à peine : la "vraie" gauche doit être solidaire de toutes les luttes contre les licenciements et les réformes du gouvernement. Il houspille les syndicats, jugés trop mous, et pousse le reste de la gauche à constituer des fronts unitaires. Pour lui, la campagne des élections européennes, que son parti a jusqu'ici un peu délaissée, doit être l'occasion d'"être le haut-parleur de la résistance et de la colère". Le discours, axé sur la crise économique et ses conséquences, n'épargne guère les socialistes.
Le gouvernement accuse l'extrême gauche d'entretenir les blocages d'université. Comment réagissez-vous ?
C'est le registre éternel de la droite d'agiter le chiffon rouge de la manipulation par l'extrême gauche. A chaque fois qu'une mobilisation inquiète le pouvoir, on dit toujours que c'est l'extrême gauche. Ce fut le cas en 1995 avec la grève des cheminots, en 2003 contre les retraites, lors de la mobilisation des Michelin ou des P'tits LU...
Mais vous y êtes ou non ?
Encore heureux qu'on y est. Si nos militants n'étaient pas dans le mouvement, on nous le reprocherait. Quand l'accusation de noyautage vient du gouvernement, c'est attendu. C'est plus cocasse quand ça vient de certains responsables du Parti socialiste. Ils feraient bien de regarder de plus près cette mobilisation universitaire et comprendre qu'une partie de leur électorat et de leurs militants en font partie.
En maintenant les blocages, ne craignez-vous pas que le mouvement devienne franchement impopulaire ?
Si le gouvernement avait eu la moindre volonté de sortir du conflit, on l'aurait vu. C'est son choix d'attendre que le mouvement pourrisse jusqu'aux examens.
L'UMP voit aussi votre main dans les usines en grève.
Oui, on a des militants et des sympathisants dans les entreprises comme Caterpillar, Continental, Molex. C'est légitime pour un parti qui se dit anticapitaliste d'être présent dans ces secteurs. Mais nous ne sommes qu'une composante de ces salariés.
N'empiétez-vous pas sur le terrain des syndicats lorsque vous appelez à une marche contre les licenciements ?
Je conteste la séparation qui voudrait que le social, c'est la rue, et la politique, les institutions. Après la mobilisation du 1er Mai, on est en droit d'attendre autre chose qu'un calendrier avec une manifestation tous les deux mois ! Si ce n'est pas la gauche sociale et politique qui soutient les luttes quelles que soient les formes qu'elles prennent - jusqu'à la séquestration des patrons ou les occupations - et qui avance l'idée de la grève générale, qui le fera à sa place ? Une étape intermédiaire pourrait être une marche des licenciés qui rassemblerait des dizaines de milliers de salariés. C'est une question d'efficacité pour éviter l'isolement des conflits locaux.
Vous n'avez de cesse de citer l'exemple du LKP en Guadeloupe. Pour vous, c'est un modèle ?
Il n'y a pas de modèle exportable. Mais ils nous ont donné l'exemple d'une grève générale massivement suivie et d'un mouvement populaire, et la preuve qu'on peut combiner l'unité et la radicalité. Le LKP a réussi à s'installer comme direction politique d'une grève générale qui a déplacé des montagnes, en montrant qu'on peut faire baisser les prix et obtenir une augmentation de 200 euros des salaires. Imaginez ça ici ! Il y a la place en France pour un collectif qui lutterait ici aussi contre la "profitation".
Malgré la crise, Nicolas Sarkozy continue les réformes. La droite n'est-elle pas aujourd'hui en position de force ?
Peut-être, mais je ne suis pas fataliste. La crise du capitalisme lui pose un gros problème. C'est une crise qui vient du coeur du système, qui est profonde et durable. Le plus gros des difficultés économiques, pour le gouvernement, est devant lui. Nicolas Sarkozy veut maintenir le cap de la suppression de dizaines de milliers d'emplois dans la fonction publique, de la libéralisation de la santé, du travailler toujours plus longtemps et du blocage des salaires, mais, avec les contestations dans un certain nombre de secteurs, il est obligé de lâcher du lest.
Il sait que n'importe quelle goutte d'eau peut faire déborder le vase et que le risque d'un embrasement général existe. On est dans un cycle où on peut encore remporter des victoires sociales.
Qu'espérez-vous aux élections européennes ?
Donner à la colère sociale une expression politique. Dans les milieux où nous avons le plus d'écho, les précaires, les prolos, les jeunes nous disent qu'ils n'ont pas forcément envie de voter. A nous de les convaincre qu'avoir des élus anticapitalistes pendant cinq ans au Parlement européen permettrait de relayer les combats sociaux dans les institutions européennes et de prévenir la population, la jeunesse, des mauvais coups qui se trament. Et on aurait un point d'appui pour construire un parti anticapitaliste européen.
Vous vous dites unitaires, mais, quand Jean-Luc Mélenchon vous tend la main vous refusez. Pourquoi ?
Nous avons proposé un front anticapitaliste, apportant des solutions radicales à la crise du capitalisme et qui soit durablement indépendant de la direction du PS. Le PCF comme le Parti de gauche ont refusé une alliance sur le long terme. Nous réclamons un peu de cohérence : nous ne voulons pas faire un bon coup aux européennes si, ensuite, aux régionales, il s'agit pour certains de retourner dans le giron du PS. Car les accords avec le PS aux élections poussent à faire le contraire dans les institutions de ce qu'on fait au quotidien.
Le Parti socialiste n'est plus un parti de gauche ?
On ne va pas faire de démagogie là-dessus. Les militants du PS, on les croise dans les mobilisations sociales, pas ceux de l'UMP. Ça fait quand même une sacrée différence ! Mais on a renoncé à leur demander de faire une politique de gauche qu'ils n'ont pas envie de faire.
Leurs solutions pour sortir de la crise sont compatibles avec l'économie de marché. Pas les nôtres.
Que pensez-vous de l'incursion de François Bayrou sur le terrain de la gauche ?
Je n'ai pas vu Bayrou débouler dans le paysage de la gauche, mais dans le giron des alliances possibles avec le Parti socialiste. Je rappelle qu'il a voté les directives libéralisant les services publics. J'écoute son discours. Dans le camp de la droite, il traduit une autre option possible pour les classes possédantes. Le PS pense qu'il sera amené, lors des prochaines échéances électorales, à faire alliance avec lui. C'est pour cela que nous insistons sur l'indépendance totale à l'égard du PS.
Avec la dispersion des voix à gauche, ne faites-vous pas le jeu de Nicolas Sarkozy ?
C'est un faux procès qu'on fait au NPA. Ça fait deux ans qu'on est de tous les combats contre la politique du gouvernement. On ne va pas s'excuser d'être de cette gauche qui, dès le soir de l'élection de Sarkozy, a dit : "Il faudra le combattre." La vraie opposition à Sarkozy, ce sont des milliers d'anonymes, présents dans toutes les mobilisations sociales. Nous essayons de donner un prolongement politique à cette opposition.

Le texte du tchat de Nathalie Arthaud sur RTL.fr
Voici la retranscription écrite du chat organisé avec la porte-parole de Lutte Ouvrière (LO), tête de liste dans le Sud-Est, le 11 mai 2009, dans le cadre des élections européennes.
Bonjour Nathalie Arthaud. Merci de participer au troisième chat organisé par RTL.fr.
Minerva : "Nathalie Arthaud, pourriez-vous rapidement nous dresser votre parcours ? Pourquoi avoir choisi de rallier Lutte Ouvrière ?"
Je milite depuis une vingtaine d'années, avant de rencontrer des camarades de Lutte Ouvrière (LO) j'étais d'une façon humaniste. Je voulais m'engager dans l'humanitaire et j'avais envie de
combattre la faim dans le monde, cela a été le premier moteur de mon engagement. Quand j'ai rencontré des amis militants de LO qui m'ont fait découvrir les idées communistes, j'ai été convaincue
qu'on pouvait transformer de fond en comble la société. J'ai mis plusieurs années pour m'engager à Lutte Ouvrière mais quand j'ai découvert et approfondi mes connaissances des grandes luttes
sociales, en particulier la Révolution française, j'ai été convaincue que la population pouvait transformer complètement la société. C'est pour cela que je me suis engagée dans un parti communiste
révolutionnaire.
Rififi : "Comment votre campagne se déroule-t-elle sur le terrain ? Quel accueil recevez-vous des gens ?"
Nous avons l’habitude, les militants de LO, d'aller discuter avec les populations, sur les marchés et dans la rue. Nous militons aussi où nous travaillons, nous avons donc l'habitude de défendre nos
idées. Cette campagne ne change pas vraiment les choses de ce point de vue là. Mais sur le terrain, ce qui préoccupe les couches populaires c'est le chômage, le salaire, les prix et la difficulté de
vivre.
Lunatic747 : "Pour vous, l'Europe dans sa réalité actuelle, peut-elle apporter des réponses adéquates aux problèmes économiques et sociaux de la France
?"
Qui peut apporter une réponse aux problèmes économiques et sociaux ? Qui peut apporter une réponse à cette crise sans précédent ? On l'a vu, les gouvernants des pays les plus puissants de la planète
se sont retrouvé lors du G20, et n'ont apporté aucune solution, car la direction de l'économie leur échappe. Ce ne sont pas les politiques qui décident de l'économie. C'est une minorité de grands
groupes industriels et financiers qui imposent leur diktat sur toute la vie économique et sociale en décidant de fermer une entreprise, de délocaliser, de ne pas investir, d'utiliser leurs capitaux
pour des placements financiers qui peuvent rapporter beaucoup plus que dans la production. Aucun pouvoir politique ne peut s'opposer à ces décisions. C'est pourquoi nous revendiquons le pouvoir pour
les travailleurs de contrôler les comptabilités, les décisions, les projets de ces grands groupes qui influencent la vie de toute la population.
Zeus76 : "Pourquoi les révolutionnaires comme vous et Olivier Besancenot sont incapables de faire l'unité ?"
L'unité qui nous semble essentielle, c'est l'unité dans les luttes. L'unité électorale n'est pas un but en soi dans le sens où elle n'est pas forcement utile. Se présenter chacun séparément
représente simplement une diversité de l'extrême gauche et permet à deux sensibilités différentes de s'exprimer ce qui a le mérite de laisser le choix aux électeurs. Nous ne vivons pas cela comme une
concurrence et si nous disons deux fois les mêmes choses ce ne sera pas de trop.
Alfonsi : "Bonjour, j'aurais aimé savoir (et comprendre!) pourquoi LO ne s'est pas allié au Front de Gauche de monsieur Mélenchon pour ces Européennes ? N'auriez-vous
pas eu plus de forces en faisant liste commune ?"
Il ne faut pas entretenir la confusion, nous n'avons pas la même politique que le Front de gauche qui se prépare à reformer une union de la gauche et à retourner au gouvernement derrière le Parti
socialiste. Nous avons déjà vécu plusieurs de ces gouvernements "d'union de la gauche" et nous avons pu constater que pour les travailleurs cela ne changeait pas grand-chose. Par ailleurs, nous ne
faisons pas la même campagne que le Front de gauche qui tient à dénoncer d'avantage une politique alors que nous insistons pour dénoncer tout un système, le système capitaliste, qui montre sa
faillite. Dans le cadre de ce système, il n'y a pas de bonne politique possible.
Jd546 : "Après votre campagne pour le non au traité de Lisbonne, pourquoi vous présentez vous à la députation européenne ?"
Nous ne sommes pas les seuls à avoir appelé à voter non et à nous présenter à ces élections. Oui, nous sommes contre les institutions européennes ; mais de la même façon que nous sommes opposés aux
institutions de la France, parce qu'elles sont toutes au service des puissances capitalistes. Mais ce n'est pas une raison pour nous taire, pour ne pas défendre nos idées, et nous appelons tous ceux
qui sont révoltés par l'injustice de la situation, par le fait que l'on fait payer la crise aux couches populaires, à le dire, y compris dans ces élections, en votant pour les listes LO.
Bibi 95 : "Arlette Laguiller a récemment estimé que le résultat des élections européennes importait peu, car elle juge que le Parlement européen a 'encore moins de
prérogatives que le Parlement français'. A quoi sert-il donc de se déplacer aux urnes, pour voter pour vous ou pour les autres formations ?"
Le Parlement européen a très peu de pouvoir. Il ne peut pas empêcher les licenciements chez Caterpillar, Molex, Continental. Ce n'est pas le Parlement européen qui pourra empêcher les grands
actionnaires de décider de fermer une entreprise ou d'aller spéculer des millions en bourse. Donc, pour ce qui concerne les mesures vitales et essentielles qui préoccupent aujourd'hui les Français,
le Parlement européen n'a pas de solutions. Mais on peut se déplacer aux urnes pour dénoncer ce système économique injuste, et qui ne fonctionne pas. On peut se déplacer aux urnes pour crier notre
colère que la crise soit payée par les couches populaires alors qu'on sauve ceux qui en sont responsables. On ne peut pas exprimer clairement cette colère et cette révolte en s'abstenant, c'est en
votant pour les listes Lutte Ouvrière qu'on peut l'exprimer le plus clairement.
Flicker : "Quel est le 'modèle d'Europe sociale' que vous appelez tant de vos vœux ? Quels sont les obstacles à sa réalisation ?"
Nous ne parlons pas d'Europe sociale de la même façon que nous ne parlons pas de France sociale. L'Europe, comme la France, est dominé par les puissances financières et industrielles. Les
gouvernements, qui commandent d'ailleurs aussi l'Europe, sont à leur service. Pour obtenir des acquis sociaux, pour améliorer les droits des salariés il faut des luttes, il faut inverser ce rapport
de force entre les salariés et le patronat qui fait que depuis des années et des années le monde du travail recule. C'est donc une question de lutte et pas d'élection ni d'institution.
Marilyn : "On entend guère Lutte Ouvrière défendre les autres catégories sociales que les ouvriers ? Quelles idées développez-vous pour les agriculteurs ou les
artisans en vue des élections européennes ?"
Nous parlons le plus souvent des travailleurs, pour nous, le monde du travail englobe tous ceux qui vivent de leur salaire qu'ils soient ouvrier, fonctionnaire, pilote d'avion, ou autre. Les artisans
et les agriculteurs font partie de ce monde du travail. Nous faisons une différence entre les grandes entreprises, les grandes banques, et les plus petites entreprises, car nous savons que celles-ci
sont sous la domination des financiers, de la grande distribution, des grands donneurs d'ordre. Ces derniers font aussi leur marge sur le dos des petites entreprises ; et c'est pourquoi nous pensons
qu'il est nécessaire d'imposer un contrôle sur les comptabilités de ces grands groupes. Un contrôle qui permettrait de savoir quelles sont les marges qui sont réalisées ? Qui profite du travail de
qui ? Pourquoi le lait vendu par les agriculteurs aux chaines de distribution se trouve quatre à cinq fois plus cher dans les rayons, etc. Parce que cela nous choque qu'on ne puisse pas vivre de son
travail.
Vidocq : "J'ai lu que vous estimiez que 'l'avenir de la société, c'est l'économie communiste'. Comment un tel combat peut-il réussir après ce que nous a enseigné
l'Histoire, sans parler des dégâts de l'idéologie communistes dans les anciens pays communistes. Les pays de l'Est sont-ils vraiment disposés à revenir en arrière ? Merci".
Moi, je me pose la question inverse : comment peut-on imaginer que l'avenir de la société soit l'économie capitaliste ? Comment expliquer qu'une société aussi riche, aussi développée qu'est la nôtre,
puisse condamner des millions de gens à être mal logés, à être condamnés au chômage, à ne pas pouvoir se soigner correctement, si ce n'est que cette économie est profondément injuste inégalitaire et
nuisible ? Nous pensons que toutes les richesses créées par le travail de tout un chacun doivent être utilisées pour répondre aux besoins de l'ensemble de la société. Nous pensons qu'il faut
organiser la production, organiser le travail pour produire non pas ce qui est le plus rentable aux yeux d'une minorité, mais pour produire les biens dont toute la société a besoin.
Pour cela, il faut une société débarrassée du marché, de la concurrence et de la loi du profit, il faut réorganiser l'économie en planifiant la production et en collectivisant les moyens de produire
les richesses. C’est une économie communiste qui n'a jamais vu le jour parce que la seule et unique tentative de le faire, en Union soviétique, a échoué avec
l'installation d'une dictature. Mais nous ne pensons pas que cette seule et unique expérience juge une fois pour toutes les possibilités d'organiser une véritable société communiste.
Ristourne95 : "Etes-vous favorables à l'instauration d'un Smic européen ? Sur quels critères serait-il calculé, vu les disparités salariales au niveau des Etats de
l'Union ?"
Je suis favorable à une harmonisation par le haut des salaires et de tous les droits sociaux. Mais le salaire est avant tout le résultat d'un rapport de force entre les salariés et le patronat. Il
dépend des luttes que les travailleurs d'Europe mèneront. Il est certain que ces luttes vont se multiplier car si les salaires en Roumanie, en Pologne, ou en Slovénie n'augmentent pas, tous les prix
eux, augmentent très vite. C'est ce qui explique d'ailleurs les grèves sur les salaires qui ont eu lieu ces dernières années en Europe de l'est comme celle de l'entreprise Dacia, en Roumanie, ou les
ouvriers de cette entreprise revendiquaient 200 euros d'augmentation.
Alfonsi : "Quelle importance accordez-vous à l'écologie ? Quelles réponses, selon vous, l'Europe peut-elle apporter à ces questions ?"
L'écologie fait partie de notre combat. Marx lui-même avait dénoncé les dégâts de l'industrialisation, il a expliqué dans Le capital que l’homme n'était pas propriétaire de la terre, qu'il n'en était
que l'usufruitier et qu'il devait se préoccuper de transmettre aux générations futures un bien amélioré. Autant dire que l'écologie est un combat du mouvement ouvrier depuis ses débuts. Mais nous
pensons qu'il est étroitement lié à la lutte que l'on doit mener contre le capitalisme et contre cette logique qui consiste à ériger en loi sacrosainte la loi de la rentabilité. L'Europe restant
soumise à la domination des grands groupes ne peut rester qu'en dessous de ce qui serait nécessaire pour protéger la planète
Aurdex : "Que pensez-vous de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne ? Que pensez-vous de l'idée d'une Union méditerranéenne ?"
Nous ne voyons pas pourquoi on fermerait les portes de l'Europe à ceux qui veulent y entrer et à fortiori à ceux dont les liens avec l'Europe sont multiples. Que ce soit avec la Turquie, avec le
Maghreb les liens sont nombreux, ils sont économiques, culturels, des millions de familles vivent à cheval entre ces grandes régions. Tout cela est le résultat d'une histoire, et nous sommes pour
tout ce qui favorise la libre circulation des populations et la construction de grandes zones sans frontières et sans obstacles pour les populations.
Alfonsi : "C'est bien gentil d'aider les travailleurs, mais quand nous avons une PME, c'est très difficile de payer les salariés, surtout avec les 35 heures. On
aimerait en embaucher davantage, mais cela a un coût ! Que proposez-vous pour les petits patrons ?"
Qu'est-ce qui pèse le plus pour bien des petites entreprises ? Est-ce que c'est le salaire qu'elles versent à un ou deux salariés ? Ou est-ce que se sont les charges de loyers, les crédits qu'ils
doivent rembourser à leur banquier ? Bien sûr, beaucoup de petites entreprises ne roulent pas sur l'or. Mais cela ne doit pas masquer le fait que des fortunes sont accumulées à un pôle de la société,
et qu'il est révoltant que ces richesses ne soient pas un facteur de progrès pour toute la société. C'est donc tout un système économique qu'il faut dénoncer et non pas défendre l'idée, qu'au XXIème
siècle, il faudrait travailler plus pour des salaires moindres.
Falempin : "Les jeunes votent beaucoup Front national. Comment allez-vous les convaincre de voter LO le7 juin ?"
Je ne sais pas si c'est un jeune qui pose la question, mais je ne crois pas que les jeunes votent spécialement Front national. Ce qui se passe aujourd'hui, l'explosion du chômage avec 3.000 chômeurs
de plus chaque jour, avec les milliards qui sont trouvés pour sauver les banquiers alors qu'on met l'éducation, la santé au régime sec, a de quoi interpeller les jeunes. J'espère que la crise
actuelle va faire prendre conscience à un grand nombre que c'est un système qu'il faut remettre en cause et qu'il n'y a pas lieu de se résigner à cet immense gâchis. Ces élections européennes sont
l'occasion d'exprimer cette opposition, d'exprimer cette révolte, d'exprimer et d'affirmer qu'il faut réorganiser l'économie sur d'autres bases. Et c'est ce qu'on peut faire en votant pour Lutte
Ouvrière.
Jalabert55 : "Omar Slaouti, candidat du NPA, la semaine dernière à la même place, avait un discours sans ambigüité sur Dieudonné. Et vous, pensez-vous qu'il faille interdire ses listes
?"
Je pense que le discours de Dieudonné est nauséabond. Ses idées sont à l'opposé des nôtres. Mais la proposition d'interdire ces listes ressemble plus à une opération de diversion qu'à autre chose. De
notre côté, nous ne sommes pas favorable à l'interdiction parce que ce n'est pas en interdisant des listes électorales que l'on peut combattre des préjugés. L'effet de l'interdiction est parfois même
inverse.
Jccb : "Nathalie Arthaud. Selon vous, le 7 juin doit être un vote sanction, un vote contre la politique du chef de l'Etat ? Le problème de l'Europe aujourd'hui
n'est-il pas celui là : faire d'un vote supranational un vote sanction, et donc faire de l'Europe un jouet politique ?"
L'Europe n'est que le reflet des différents gouvernements nationaux, il ne faut pas croire que Bruxelle impose ses décisions aux différents gouvernements et soit au-dessus des présidents. Il est
normal que dans ces élections, on dénonce aussi la politique du gouvernement, cette politique a de quoi révolter quand on sait que le gouvernement a volé au secours des nantis, et qu'il ne bouge pas
le petit doigt contre les licenciements ou pour imposer le paiement à 100% du chômage partiel. Si de nombreux électeurs se saisissent de ces élections pour dénoncer cette politique, j'en serai la
première ravie.
Ledoc : "Pour vous en trois mots, l'Europe c'est quoi ?"
En trois mots, ce sera difficile. Mais je constate qu'en cinquante ans de construction européenne, les gouvernements ont unifié le marché, ils ont imposé des règles commerciales, ils ont harmonisé ce
qui leurs permettaient de faire des affaires, mais ils n'ont pas été capable d'harmoniser les droits sociaux. Ils n'ont même pas été capables d'harmoniser le droit des femmes par le haut, puisque
certains pays continuent d'interdire l'avortement jusqu'à Malte, qui interdit même le divorce. C'est l'Europe des financiers et des capitalistes, mais cela n'a rien d'une Europe humaine,
fraternelle.
Modérateur : "Le mot de la fin, Nathalie Arthaud"
Nous lancerons notre campagne européenne jeudi 14 mai à La Mutualité, à 20h30, à Paris. Et nous aurons l'occasion de discuter de tous les thèmes que nous venons d'aborder, beaucoup plus longuement à
la fête nationale que nous organisons les 30, 31 mai et 1er juin à Presles, dans le Val d'Oise, où nous aurons l'occasion de discuter, mais aussi d'être décontracté et d'assister à de nombreux
spectacles. J'espère que tous ceux qui sont intéressés par nos idées et qui veulent poursuivre la discussion pourront y venir.

Communiqué du NPA. Deux ans d'arnaque et de cadeaux aux patrons !
mercredi 6 mai 2009
Elu par 53% des électeurs en 2007, Sarkozy gouverne pour les 6 à 7% les plus riches comme l'a montré le vote du bouclier fiscal.
Il a permis à 834 contribuables fortunés de recevoir, en 2009, chacun un chèque des impôts de plus de 360 000 euros : une véritable insulte pour les salariés et la population victimes des licenciement, de la montée du chômage, de la crise du capitalisme.
Sans rire, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, estime que « Sarkozy a redémarré la pensée universelle française ». Si Sarkozy a redémarré quelque chose, c'est la machine à détruire les conquêtes sociales, les droits acquis par les travailleurs, les libertés avec le développement de l'arsenal sécuritaire et la chasse aux sans-papiers et aux aidants.
Démagogie, mépris, forfanterie et baratin résument les deux ans de la présidence Sarkozyqui agit comme fondé de pouvoir du MEDEF.
Depuis deux ans, les promesses démagogiques de Sarkozy se sont dégonflées comme autant de baudruches et les mobilisations sociales se sont multipliées contraignant le gouverenement Fillon à renoncer ou à reporter à une date indéterminée certaines contre-réformes libérales, comme le statut de La Poste.
Exploitant la crise du capitalisme, Sarkozy veut en profiter pour acélérer la destruction du code du travail.
C'est pourquoi, il faut renforcer les mobilisations, les faire converger pour que Sarkozy et sa bande au gouvernement voient se dresser devant eux des millions de salariés pour exiger l'interdiction des licenciements, 300 euros net pour tous, le retrait des « réformes » libérales.
Jean-Luc Mélenchon « On voudrait reléguer le camp du “non” aux oubliettes »
Le quotidien Libération suggère la formation d’une « grande coalition » antisarkozyste allant de votre Parti de gauche jusqu’aux amis de l’ancien premier ministre Dominique de Villepin. Que vous inspire cette idée ?
Jean-Luc Mélenchon. Je ne me vois pas du tout dans un attelage de cette nature. La violence de la crise commande une réorganisation générale de toutes les forces politiques. Mais la solution n’est pas d’enjamber le clivage gauche-droite. Au contraire. À la droite de réinventer autre chose que le libéralisme, à la gauche de réinventer autre chose que la social-démocratie. C’est la tâche que s’assigne le Front de gauche. Cette volonté de réorganiser la vie politique autour du centre est en fait le signal d’un échec. La social-démocratie est incapable de se constituer en opposition à Nicolas Sarkozy. C’est cet espace vide que tentent aujourd’hui d’occuper les centristes. Loin de se ressaisir ou de se tourner vers une alternative de gauche, les socialistes sont plus que jamais pris dans cette spirale de l’alliance avec le centre. De ces aventures-là, on connaît l’issue. Elles se soldent immanquablement par la destruction de la gauche, comme en Italie.
Ces scénarios pour 2012 contribuent à étouffer davantage une campagne des européennes déjà bien atone. Cette absence de débat sur les enjeux européens est-elle, selon vous, délibérément entretenue ?
Jean-Luc Mélenchon. Je le crois. Nombreux sont ceux qui n’ont aucune intention de parler de l’Europe. Valérie Pécresse présente sa liste aux élections régionales un mois avant les élections européennes. Les socialistes consacrent plus de temps à leur stratégie d’alliance pour 2012 qu’à discuter de ce qu’ils comptent faire pour changer la donne en Europe. C’est incroyable. Tous ces gens tentent d’enjamber le scrutin européen du 7 juin. Ils refusent cette épreuve de force politique.
La nature même de l’élection présidentielle, qui écrase tout le débat politique, n’est-elle pas en cause ?
Jean-Luc Mélenchon. Je pense surtout que nous sommes face à une stratégie de diversion. Ils ont pris la mesure du risque que représente la mobilisation de l’opinion de gauche sur la question européenne. La mise en scène actuelle est assez frappante : elle donne les premiers rôles à tous les partis qui ont défendu le « oui » au projet de constitution européenne en 2005. On voudrait reléguer le camp du « non » aux oubliettes. Voilà la vraie raison de ces stratégies de diversion. Le débat que soulève la question européenne, est, au fond, celui de la politique nationale. Ces deux dimensions sont intrinsèquement liées. Qui rejette le traité de Lisbonne rejette les politiques qu’il contient. De là découlent des choix d’alliances. C’est là la cohérence du Front de gauche, basé sur le refus de ce traité de Lisbonne et des politiques qu’il programme pour la France. De nombreux électeurs socialistes commencent d’ailleurs à poser un regard nouveau sur le Front de gauche. Ils y voient la possibilité de confirmer leur vote de 2005, mais surtout une assurance tous risques contre une recomposition au centre. Plus le Front de gauche sera fort, plus la route d’une telle alliance sera coupée.

M. Mélenchon :
"La droite a mis les bottes, les sociaux-démocrates les pantoufles"
Toujours en colère contre ses anciens amis du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de pester contre une gauche trop timide, munie d'un programme en demi-teinte. Le sénateur de l'Essonne, qui a créé son Parti de gauche, entend proposer une ligne de rupture avec le capitalisme, mais via les urnes. Pour lui, la crise économique que traverse le système capitaliste indique qu'"un monde est fini", celui du libéralisme. Candidat du Front de gauche aux européennes, en alliance avec le PCF, il tente d'attirer les électeurs déçus du PS. Et espère faire la différence avec un Olivier Besancenot.
Après un 1er Mai réussi, comment analysez-vous la crise sociale que connaît le pays ? Reflète-t-elle pour vous une colère globale ?
Oui. Mais il faut être lucide sur cette colère. Les gens ont peur de ne pas avoir d'avenir. Ils sont révoltés car ils trouvent que les conséquences de cette crise sont injustes. Mais annoncer tous les jours la révolution, c'est de la manipulation. Il y avait bien plus de violence dans les années 1970. Moi, je vois aujourd'hui un monde qui part en petits morceaux. Et un grand désarroi. Il y a donc une immense disponibilité envers la gauche. Elle est pourtant absente. Voila le drame.
Soutenez-vous la démarche d'Olivier Besancenot qui appelle à une marche nationale des sans-emploi ?
Cela me trouble un peu. Le politique n'a pas à surgir, comme ça, dans le mouvement social, en donnant des consignes. Les syndicats, par leur unité, ont levé le couvercle de la résignation sociale. Notre responsabilité est de lever la résignation politique. Le lien du social au politique n'est pas mécanique. Regardez la Guadeloupe. Ce qu'a fait le LKP est remarquable mais le mouvement social s'est arrêté aux portes du politique. A nous d'offrir une alternative politique plutôt que de faire des surenchères avec les syndicats.
Qui mettez-vous derrière ces "ils" ?
Tous les "importants". Mais d'abord Nicolas Sarkozy. La droite, il faut le reconnaître, a un vrai chef de guerre. Il a le sens des situations de lutte, pense tout en termes de combat, et projette toute son énergie sur un seul objectif : "Profiter de la crise" - ce sont ses mots - pour faire ce qu'il appelle des "réformes structurelles". Il est dans une logique de confrontation sociale. Mais il n'est pas sorti du cadre et sa vision pour la France est très datée : les années Reagan.
François Bayrou annonce qu'il est entré en résistance contre le sarkozysme. Pourrait-il un jour devenir votre allié ?
C'est un homme qui tient tête. Il exprime des valeurs utiles à notre temps. Mais son programme économique est de droite et il ne s'en cache pas. N'oublions pas les leçons de l'histoire : l'illusion centriste a été mortelle pour la gauche partout où elle a été pratiquée en Europe.
C'est un avertissement en direction de vos anciens amis socialistes ?
Ah ! mes amis socialistes. Ils sont toujours entre deux chaises : Martine Aubry est archaïquement sociale-démocrate. Elle vit dans un monde qui n'existe plus : celui du compromis social entre capital et travail dans le cadre de l'Etat nation. Le PS pense que le capitalisme a oublié le social et qu'il suffit d'en mettre un peu pour avoir une société plus juste. Combien de temps cette bulle d'illusions va-t-elle mettre pour éclater ? Quand on vit une récession d'une telle ampleur, on ne peut plus faire croire qu'un petit coup de croissance à l'ancienne suffira à panser les plaies. Je prône l'insurrection civique pour tout changer et organiser la transformation autour de trois axes : la planification écologique, la refondation républicaine et un nouveau partage des richesses.
Dans vos prises de position récentes, vous semblez plus indulgent envers Ségolène Royal...
Ce qui me plaît chez elle, c'est qu'elle cogne. Elle a une forme d'obstination contre Sarkozy qui est plutôt roborative. La gauche ne cogne pas assez, car le parti dominant, le PS, est dans la connivence. Voyez son positionnement européen : des promesses pour une Europe plus sociale incompatibles avec le traité de Lisbonne qu'il soutient comme Sarkozy. Un autre exemple : quand le PS continue à cultiver l'illusion qu'il veut mettre en place une régulation du capitalisme, de quoi parle-t-il ? De l'OMC et du FMI, deux institutions dont le coeur des politiques est le contraire de ce qu'il faut faire !
Vous trouvez la gauche en petite forme face à la droite ?
Hélas, oui. A droite, ils assument la situation, ils se battent. A gauche, le PS est tétanisé. A droite, la relève est flamboyante : Villepin le romantique, Bayrou le Quichotte. La gauche dominante est terne. La droite a mis les bottes, les sociaux-démocrates sont en pantoufles.
L'émiettement de la gauche n'est-il pas une opportunité pour Nicolas Sarkozy ?
Bien sûr que si. C'est la raison pour laquelle j'ai essayé de rassembler ce qu'on appelle l'autre gauche et proposé de bâtir un bloc politique qui assume sa diversité et qui, avec un programme anticapitaliste, essaie de construire une nouvelle majorité politique. Les communistes ont aussi cette vision. Ils ont joué le jeu, pas Besancenot. Le NPA a choisi la voie d'un parti d'avant- garde qui se construit dans la délimitation politique avec le reste de la gauche. Si on avait réussi un rassemblement large, on pouvait espérer passer devant le PS aux européennes et construire un programme de rassemblement de toute la gauche sur une ligne de rupture. Cette perspective est reportée. Mais si, malgré tout, le Front de gauche crée une dynamique et rassemble largement, comme je le vois dans le Sud-Ouest, on aura réussi. Après, mon objectif est de poursuivre ce front, un peu comme Die Linke en Allemagne.
Ces « ex » du NPA qui ont rejoint le Front de gauche
Rennes (Ille-et-Vilaine), envoyée spéciale.
Seule Anne semble plus distante sans doute, sa récente appartenance au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), à peine une année, la préserve-t-elle d’un affect trop chargé. Ses quatre camarades, eux, étaient les piliers de l’organisation d’extrême gauche à Rennes, en Ille-et-Vilaine. Autour d’une table, au fond d’une brasserie, Bruno, Dominique, Thierry et Vincent ne s’attardent pas sur leurs sentiments à l’égard du parti dont ils ne partagent plus la stratégie. C’est un « arrachement », un « déchirement », murmurent-ils avec pudeur.
« Seize ans de militantisme, c’est la moitié de ma vie », calcule amèrement Bruno, secrétaire administratif. « J’y avais cru, je pensais que bien d’autres mouvements rejoindraient la nouvelle formation, qu’elle ne serait pas une LCR bis », raconte Anne, la « novice » en politique. L’enseignante (cinquante ans) n’a pas accepté que le NPA fasse cavalier seul au scrutin européen. « Ça craque de partout, la crise s’approfondit, il fallait donner un signal fort à la population en s’unissant lors de ces élections. »
Quand l’un parle, les autres écoutent d’un air sérieux qui tranche avec l’ambiance du lieu. La télévision derrière le bar passe en boucle des clips vidéo. Les cinq « ex » restent sourds aux voix de Tryo. Ils ne sont plus au NPA mais pour « une question de responsabilité » refusent d’être « en congé politique », précise Anne. Ils ont alors rejoint la Gauche unitaire fondée le 14 mars 2009 par Christian Picquet. Ce mouvement est depuis devenu la troisième composante du Front de gauche, après le PCF et le Parti de gauche.
Unité politique
Il n’empêche, cette alliance n’enthousiasme pas Dominique, employé à France Télécom (cinquante-cinq ans). Ses trente-cinq années de militantisme à l’extrême gauche lui permettent d’émettre un doute sur « les accords d’appareils, surtout après une expérience aussi motivante que l’était la campagne référendaire de 2005 ». Le doute partagé autour de la table est contrebalancé par « l’espoir » que porte en lui le Front de gauche, selon Anne. « Il fallait en effet donner une impulsion pour montrer qu’il peut exister une perspective politique », reconnaît Dominique. « Il manque un ingrédient aux luttes sociales qui se développent : la certitude de pouvoir s’adosser à l’unité politique. Rien que pour cette raison, il fallait s’engager dans cette nouvelle construction politique », soutient-il de sa voix puissante. Responsables syndicaux ou simplement syndiqués, ils mesurent tous combien le mouvement social souffre d’un manque de « débouché politique, d’une perspective à gauche ».
Sans que ce soit « le pied », selon l’expression de Vincent, ingénieur (trente ans), ils ont intégré le Front de gauche, « bancal du fait du NPA ». « Je me sentais condamné à en être si je voulais continuer à m’investir politiquement », ajoute le benjamin de la bande. Jusqu’ici plutôt réservés sur le dévoilement de leurs sentiments vis-à-vis de leur ex-parti, ils affichent une profonde amertume à l’évocation du refus du NPA d’offrir toute sa chance à la perspective politique balbutiante. « C’est un coup bas donné au mouvement social », dit l’un. « C’est un gâchis », soupire un autre. « C’est une faute politique », analyse Bruno.
Amers, ils le sont d’autant plus que le NPA est porté par la notoriété de son porte-parole, Olivier Besancenot. « Son succès est authentique, nous le testons dans nos milieux respectifs, soutient Dominique. La radicalité de son discours le rend populaire. » L’aîné du groupe estime que la force de la formation du jeune facteur est d’avoir su brasser les questions qui agitent le mouvement social depuis une vingtaine d’années. « Être dans le coup des luttes sociales, qu’elles soient ouvrières, féministes, écologistes ou antiracistes, commente Dominique. À gauche, il n’y a pas photo. C’est dans ce parti que le discours est le plus offensif, le plus radical. » Ne pas mettre cette force « au service de l’intérêt général nous a fait basculer dans notre choix de renforcer le Front de gauche », souffle Bruno.
Selon un sondage IFOP (1), 18 % des électeurs ayant voté pour Olivier Besancenot en 2007 reporteraient leur vote sur le Front de gauche.
Entrer en dissidence
Le NPA, qui revendique plus de quarante membres à Rennes, en a perdu une dizaine dans cette localité. Il n’est pas évident de se rebeller contre sa propre formation, d’entrer en dissidence, de devenir des « parias ». Surtout quand, comme Olivier, technicien environnemental (trente-neuf ans), on continue de partager « 90 % des orientations du parti ». « C’est sa façon d’appréhender le mouvement social que je rejette », dit-il. Lui, l’altermondialiste, se méfiait des partis politiques mais avait adhéré à la LCR, en 2003, pour renforcer un « outil de construction de la gauche de gauche ». Aujourd’hui, il déchante : « C’est une erreur fondamentale que de vouloir bâtir une formation sur la popularité d’un porte-parole, même si je trouve Besancenot bon dans les médias. »
La musique semble bien lointaine. Seuls les rires des clients d’à-côté parviennent à la table des militants, où la mousse de la bière dans les verres à moitié vides s’est évaporée depuis belle lurette. Les cinq restent convaincus que le NPA avait choisi « assez tôt, délibérément, de faire cavalier seul dans toutes les élections à venir, pensant qu’elle a vocation à incarner seule la gauche de gauche ». Dominique parle, les autres acquiescent, complètent. « La logique partidaire prédomine. La direction veut instaurer une hégémonie à l’intérieur de la gauche hors PS », précise Olivier. « Il y a l’idée, fausse, dans la tête de la direction, qu’entre le Parti socialiste et le NPA, il n’existe plus rien. Cette vision polarisée est en rupture avec ce qu’était la LCR. Avec le NPA, la recomposition se fait autour de lui-même », explique Bruno. « Cette volonté d’agglomérer autour de soi me gêne. L’unité ne se réalise pas dans le monolithisme », se désole Thierry.
S’ils ne doutent pas de la popularité du leader d’extrême gauche, les « ex » évoquent volontiers le coup de pouce sarkozyste. Là encore, c’est Dominique qui intervient : « Sarkozy veut faire croire que l’alternative serait entre sa politique et la révolution incarnée par Besancenot. Cela lui permet de figer la situation, d’empêcher toute recomposition, toute constitution d’un vrai front à vocation majoritaire. » Mais ni Dominique ni ses camarades ne pensent que le porte-parole ou la direction du NPA « se prêtent au jeu ». « Ils sont contents de cette médiatisation », soutient Anne. « C’est toujours agréable, surtout quand on dirige un petit parti, de passer sur les grandes chaînes d’information », dit Thierry, mais il avertit : « Attention à l’auto-intoxication. Le NPA ne compte que 10 000 adhérents. Il faudra se lever tôt tous les matins si l’on veut recomposer le mouvement ouvrier avec seulement 10 000 personnes… »
(1) Sondage paru dans l’Humanité du 27 avril 2009.

Alternatifs et Fédération
lundi 27 avril 2009
Lors de leur congrès de Lyon en Novembre 2008, les Alternatifs ont réaffirmé leur volonté d’aller vers la construction d’une nouvelle force politique de la gauche alternative, autogestionnaire, féministe et écologiste. En l’état, la constitution de la Fédération regroupant des organisations et des citoyen-ne-s est une première étape de convergence politique. Les Alternatifs sont pleinement engagés dans le processus en cours.
Pour aller plus loin il est désormais indispensable de travailler au projet politique, à l’orientation stratégique, au rapport aux institutions et à des formes d’organisation qui permettent de concilier débat démocratique et efficacité. Les Alternatifs continueront à faire des propositions pour les échéances à venir de la Fédération sur des questions telles que les adhésions, les cotisations, les modalités de vote, d’élection et de contrôle des exécutifs.
Les Alternatifs poursuivent leur action tant qu’une organisation de transformation sociale, autogestionnaire, écologiste et féministe plus large ne sera pas réellement constituée.

Nathalie Arthaud (LO).
«Il faut une Europe sociale»
Porte-parole de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud a la tâche délicate de succéder à Arlette Laguiller. Sa première mission est de conduire la bataille aux européennes dans un contexte d'autant plus difficile que l'extrême gauche part au combat électoral en ordre dispersé.
Lutte Ouvrière et le NPA d'Olivier Besancenot sont crédités de petits scores aux européennes. N'aurait-il pas été préférable, pour la gauche trotskiste, de présenter une seule liste
?
Nous avons fait liste commune avec la LCR en 1999 et 2004. En 1999, cela nous avait valu cinq députés européens. En 2004, nous avons reconduit cette alliance, mais la règle du jeu avait changé, et
nous n'avons pas eu d'élu. C'est d'ailleurs Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, qui avait procédé à ces tripatouillages pour, soi-disant, rendre les élus plus proches des électeurs.On s'est
retrouvé avec huit circonscriptions interrégionales au lieu d'une seule circonscription na
CARREFOUR ANTICAPITALISTE
Gauche radicale écologiste
















