« La centralisation est un cimetière ! »

 

Bakounine

Ethnisme : Théorie géopolitique pour résoudre les conflits ethniques dans le monde et défendre le droit de tous les peuples à disposer de leur destin.

Logo de R&PS
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° Forum d'information sur les peuples sans état, pour le respect des droits de l'homme et de la démocratie.(Fr)


° Fòrum d’informació sobre els pobles sense estat, pel respecte dels drets de l’home i de la democràcia (Cat)


° Foru d'infurmazione annant'a i populi senza statu,pè u rispettu di i diritti umani è di a democrazìa (Csc)


°
Forom keleier diwar-benn ar pobloù hep Stad, evit doujañs gwirioù mab-den hag an demokratelezh (Bzh)


° Forum d'informacion suls pòbles sens estat pel respècte dels dreches de l'òme e de la democracia (Occ)


° Estaturik gabeko herrieri buruzko informazio forua, gizakiaren eskubideen eta demokraziaren errespetuaren alde (EH)

 

° Anmagar n talghut ghaf igduden war awanek, irit n azrekki n izerfan n alsan d tugdut (Kab)

 

 

Réunification de la Bretagne 

Abrogation du décret de Pétain signé le 30 juin 1941

 

Belgique :

la diversion nationaliste

 

 

belgique.jpg

 

Alors que la population subit la crise capitaliste, la Belgique traverse à nouveau une crise politique et institutionnelle majeure. C’est une diversion par rapport aux vrais problèmes et une menace grave pour les conditions d’existence de la majorité de la population.


Le sort de l’arrondissement de Bruxelles-Halle-Villvorde, à l’origine de la crise politique, est à des années-lumière des préoccupations des travailleurs. Pourtant, la démission du gouvernement et les élections législatives anticipées qui devraient suivre risquent de faire le lit de ceux qui veulent détricoter les solidarités sociales au profit des fausses solidarités identitaires et nationalistes.Le patronat flamand a un ambitieux projet de développement pour la Flandre, devenue une des régions les plus prospères d’Europe. Son atout est le port d’Anvers, le troisième du monde, autour duquel joue le dynamisme des entreprises flamandes. Ce projet implique une offensive contre le mouvement pour améliorer la flexibilité du travail et la mobilité de la main-d’œuvre et surtout remettre en cause le système national de sécurité sociale, créé en 1944.


Après la crise des années 1970, les restructurations ont laissé un champ de ruines industrielles en Wallonie, déjà frappée par la crise charbonnière. En Flandre, la crise dégagea le terrain pour l’expansion d’un capitalisme
régional basé sur des PME dynamiques, les banques et l’investissement des multinationales. Aujourd’hui, alors que le vieux sillon industriel wallon reste gangrené par un chômage massif, l’économie flamande craint la pénurie de main-d’œuvre. La superstructure institutionnelle n’est plus en adéquation avec la réalité du capital et la classe dominante est incapable de se hisser au niveau de la gestion de l’État dans son ensemble. La réforme de l’État des années 1980-90 s’est accompagnée d’aberrations dans la répartition des compétences.


La situation de Bruxelles


Capitale, seule région bilingue, est particulièrement intenable : insuffisance de ressources, morcellement en dix-neuf communes, territoire étriqué.
Pendant des décennies, la Flandre a été pour la Belgique une réserve de main-d’œuvre à bon marché. Elle a connu le sous-développement, l’émigration, le mépris de la langue et des gens. Aujourd’hui, la situation économique s’est inversée et, si les Flamands ne sont plus opprimés, on ne peut nier les pesanteurs historiques.


Même si le patronat flamand n’a pas choisi de jouer la carte de l’extrême droite, le danger que représente le parti fascisant Vlaams Belang (25 % des voix en Flandre) ne peut être sous-estimé. La social-démocratie flamande, déboussolée par le passage de son électorat populaire au Vlaams Belang, ne voit d’autre perspective que d’accompagner le projet néolibéral pour la Flandre.


La gauche paie la faute historique de la social-démocratie belge qui a refusé d’embrasser la cause légitime du peuple flamand. Faute d’alternative à gauche, celui-ci a été récupéré par la droite dont le revanchisme est à la mesure des humiliations subies. Dans la classe ouvrière, la non-prise en charge des revendications démocratiques flamandes a laissé le champ libre à la hiérarchie catholique qui a mis sur pied un syndicat chrétien, la CSC, pour faire contre-poids au syndicat socialiste FGTB. Depuis lors, la CSC domine la classe ouvrière en Flandre, tandis que la FGTB reste plus puissante en Wallonie. Au sein du monde du travail, une ligne de partage
organisationnelle s’est ainsi ajoutée à la ligne de partage linguistique.
La crise belge se situe dans la politique néolibérale du tout au marché et ses sous-produits idéologiques : arrogance de l’argent, glorification de l’inégalité sociale, banalisation de la xénophobie, rupture des solidarités sociales.


La solution du mal belge passe par une politique sociale et économique permettant de résorber l’inégalité de développement entre le nord et le sud du pays. Une telle politique passe par une redistribution des richesses et une relance de l’investissement public, donc par une rupture avec la logique du marché. Le mouvement ouvrier affaibli est également confronté au défi de sauver le système de sécurité sociale. Cette bataille ne peut être gagnée que dans l’unité des travailleurs, wallons et flamands, FGTB et CSC.


Jacques Radcliff (à partir des informations de www.lcr-lagauche.be et en particulier de l’analyse de Daniel Taruno : Pour comprendre la crise belge.)

 

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Au nom de l'unité nationale,

les langues régionales doivent-elles disparaître ?


Communiqué EEB du 21 décembre 2009


Promis par l'ex-ministre de la culture Mme Albanel, le projet de loi relatif aux langues régionales a été enterré en catimini par son successeur M. Mitterrand, et son oraison funèbre a été prononcée par le ministre de l'immigration et de l'identité nationale Eric Besson.


Le breton et le gallo font partie du trésor des langues vivantes. Aujourd'hui, 206 000 personnes parlent breton et sa présence se renforce dans l'éducation, les médias, certains aspects de la vie publique ou encore internet. Pourtant, ce n'est pas assez et l'UNESCO classe le breton, ainsi que legallo, parmi les langues en danger sérieux d'extinction.
Lors des élections européennes, Europe écologie s’est engagée à tout faire pour que la Charte des langues régionales ou minoritaires soit traduite en droit européen et devienne opposable aux Etats récalcitrants dont fait partie la République française, qui refuse pluralité et diversité.
Au nom du principe d’égalité de traitement sur tout le territoire, Europe écologie Bretagne et ses candidats se battront afin que les Bretons obtiennent pour leurs langues les mêmes droits que les Basques, les Corses et les Alsaciens.
Face à la banalisation culturelle mondiale, les cultures et langues du monde offrent en partage la richesse et la diversité. Nous refusons le développement hors-sol d’un monde acculturé et déraciné.
Le credo de l'Europe est le nôtre : Unis dans la diversité.
Réforme territoriale, recentralisation de tous les pouvoirs, identité nationale exclusive : voilà ce qu’on nous propose ! Seule l'autonomie régionale nous donnera les moyens normatifs et les budgets pour sauver nos langues. Avec Europe écologie Bretagne, dites non à Sarkozy et à sa représentante en Bretagne Bernadette Malgorn, dites oui à une véritable alternative de gauche, écologiste et régionaliste.

Guy Hascoët, tête de liste Europe Ecologie Bretagne


Mona Bras, Naig Le Gars, Yannik Bigouin, Herri Gourmelen, René Louail
candidat-e-s parlant breton ou gallo parmi les 12 désigné-e-s à ce jour

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E anv an unvaniezh vroadel

e tlefe ar yezhoù rannvro mont da get ?


Ne vo ket eus ar raktres lezenn war ar yezhoù rannvro, bet prometaet gant Christine Albanel pa oa Ministrezh ar sevenadur hag interet gant an Ao. Mitterrand. Gant Ministr an enbroañ hag an identelezh vroadel Eric Besson eo bet klozet an abadenn livañ gevier.


Ul lodenn eus teñzor ar yezhoù bev eo ar brezhoneg hag ar gallaoueg. Hiziv e vez komzet brezhoneg gant 206 000 a dud hag o tiorren emañ war dachennoù an deskadurezh, ar mediaoù, tamm-ha-tamm er vuhez foran pe c'hoazh war internet. Padal n'eo ket trawalc'h hag emañ ar brezhoneg hag ar gallaoueg e-touez yezhoù en arvar da vervel, hervez an UNESCO.
Da vare an dilennadegoù Europa e oa bet kreñv engouestl Europa ekologiezh evit ma vefe troet e gwir europat Karta ar yezhoù rannvro pe bihanniver, hag evit ma vefe tu implij anezhi a-enep ar Stadoù a nac'h al liesseurted, Republik Bro-C'hall en o zouez.
E anv pennaenn ar c'hevatalder e stourmo emstriverien Europa ekologiezh Breizh evit ma vo roet memes gwirioù d'ar Vretoned evit ho yezhoù evel m'emañ gant an Euskariz, ar Gorsiz pe an Elzasiz.
A-enep ur sevenadur bedelaet hag ez a war baouraat e kinnig sevenadurioù ha yezhoù ar bed o finvidigezh hag o liesseurted. Nac'h a reomp "diorren e-maez douar" ur bed hep sevenadurioù disheñvel na gwriziennoù.
Hon hini ivez eo kredo Europa : Unanet el liesseurted.
Adreizh tiriadel, adkreizennañ an holl galloudoù, identelezh vroadel strizh : setu ar pezh a vez kinniget deomp ! An emrenerezh rannvroel nemetken a roio deomp ar galloudoù lezennel hag ar budjedoù evit saveteiñ hor yezhoù. Gant Europa ekologiezh Breizh lârit "nann" da Sarkozy ha d'e zileuriadez e Breizh Bernadette Malgorn, lârit "ya" d'ul lusk nevez a-gleiz, ekologour ha rannvroelour.

Guy Hascoët, penn listenn Europa ekologiezh Breizh


Mona Bras, Naig Gars, Yannik Bigouin, Herri Gourmelen, René Louail
emstriver-ezed-ien a oar brezhoneg pe gallaoueg e-touez an 12 bet dibabet evit poent

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"Per quan l’oficializacion de l’occitan ?"

 

“A quand l’officialisation de l’occitan?”

 

Cette question, nous ne sommes pas les seuls à nous la poser, puisque des médias régionaux en faisaient leur une au lendemain de la manifestation de Carcasonne du 24 octobre 2009.

 

Pour la troisième fois en quatre ans, le peuple occitan est descendu dans la rue pour défendre ses droits linguistiques : 10 000 à Carcassonne en 2005, 20 000 à Béziers en 2007, plus de 20 000 à Carcassonne en 2009. Ces chiffres le démontrent clairement : la problématique occitane existe bel et bien.

 

Lors de ces rendez-vous festifs et politiques, les revendications sont multiples : une place digne et pérenne de l’occitan dans les médias, un développement de l’enseignement de la langue, ainsi que sa présence dans la vie publique. Malgré cela, la place de l’occitan dans les médias est toujours faible et aléatoire, les heures de cours d’occitan font toujours les frais des restrictions budgétaires et ce malgré une demande accrue.

 

Depuis de nombreuses années, la gauche révolutionnaire d’Occitanie lutte au quotidien pour que le peuple occitan, dont les droits élémentaires sont bafoués par les Etats français, italien et espagnol, soit enfin libre dans ses choix.

Récemment créé, LIBERTAT, mouvement politique de la gauche révolutionnaire d’Occitanie, a défilé à Carcassonne avec deux revendications majeures qui résument la problématique occitane : “Sèm un pòble, Occitan Lenga Oficiala” et “Libertat per la lenga, per lo país !!“

 

Pour LIBERTAT, il ne s’agit plus de se contenter de promesses de modifications mineures d’articles des Constitutions étatiques mais bien d’obtenir l’application de nos droits élémentaires.

 

Si le mouvement culturel occitan seul peut difficilement aller plus loin dans ses revendications, le débat autour de l’occitan doit maintenant dépasser la problématique de la langue et la question de l’autonomie politique doit se poser. L’officialisation de l’occitan ne représente qu’une étape dans l’épanouissement possible des Occitans.

 

L’aménagement du territoire, la politique agricole, les services publics sont des préoccupations majeures de notre quotidien. Nous devons nous les approprier pour organiser la société dans laquelle nous voulons vivre.

Une autonomie de l’Occitanie est aujourd’hui indispensable pour tout ce qui touche à notre vie quotidienne.

 

Les occitans ont des droits, et ils les feront valoir !

 

LIBERTAT ! 30/10/2009

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En Nouvelle-Calédonie, «nous sommes toujours dans une colonie»

 

LIBE 17/08/2009


Interview

 

Condamné fin juin à un an de prison ferme, le syndicaliste Gérard Jodar a vu sa demande d'aménagement de peine rejetée. Il évoque pour «Libération» sa détention et la situation du peuple kanak.

 

C’est un véritable document que publie Libération : un entretien avec Gérard Jodar, président du syndicat indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités). Condamné à un an de prison ferme, fin juin, pour entrave à la circulation d’un avion, il est l’un des très rares syndicalistes à être emprisonnés en France – le juge d’application des peines du tribunal de grande instance de Nouméa vient d'ailleurs, ce lundi, de rejeter la demande d’aménagement de peine formulée par les avocats du président de l’USTKE.

 

Gérard Jodar explique les conditions de sa détention ainsi que la situation sur le Caillou. Ses proches lui ont fait parvenir les questions que nous lui avons posées par écrit.

 

D’abord, comment allez-vous ?

Je vais très bien car je suis soutenu par beaucoup de militants, par un collectif et par ma famille. Je suis au Camp Est, seule prison du pays, et cette expérience est très enrichissante. Les constats que je fais sont terribles. D’abord, 97 % des détenus sont des jeunes Kanaks. La prison, prévue pour 190 détenus, en compte 417. Nous sommes cinq ou six dans les cellules crasseuses de 11 m2. Nous avons droit à une demi-heure de promenade le matin et l’après-midi dans une petite cour. Il n’y a aucune structure de formation en interne pour permettre la réinsertion de tous ces jeunes détenus. Nous n’avons droit qu’à deux visites d’une demi-heure par semaine. La nourriture est loin de correspondre aux besoins et aux normes. Quand je pense que la France est le pays des droits de l’homme… Bravo ! Il faut qu’une mission parlementaire vienne faire un constat et atteste de ce que je dis. Du côté du personnel pénitentiaire, les choses ne sont pas mieux : sous-effectifs, mauvaises conditions de travail, les gardiens sont découragés. Nous sommes toujours dans une colonie et pas très loin de l’époque du bagne.

 

Que vous reproche-t-on ?

Nous sommes victimes de l’acharnement de l’Etat au travers de l’action des forces de l’ordre et du parquet de Nouméa. Cela fait deux fois depuis début 2008 que nous sommes chargés par plusieurs centaines de policiers et gardes mobiles, alors que nos mobilisations, dans le cadre de grèves générales licites, étaient pacifiques. Dans le dernier conflit, celui d’Aircal [une compagnie aérienne locale, ndlr], lors de l’assaut violent des forces de l’ordre, nous avons été contraints de nous réfugier à vingt-huit dans deux avions dont les portes étaient ouvertes pour nous protéger et attendre la fin des affrontements. Nous sommes tous passés devant le tribunal, et pour des faits strictement identiques, les condamnations vont de l’amende à douze mois ferme pour le responsable de notre fédération BTP et moi-même, en passant par la prison avec sursis. Ces décisions sont totalement discriminatoires, voire surréalistes. Il n’y a eu aucune instruction malgré la requête de nos avocats, et ce fut un procès exclusivement à charge.

 

En vous maintenant en détention, ne fait-on pas de vous un symbole de la résistance aux autorités et au patronat calédoniens ?

Etre un symbole ne fait pas partie de mes ambitions. Je veux être et rester avant tout un militant qui se bat pour plus de justice sociale, pour une juste et effective répartition des richesses, pour le rééquilibrage en faveur du peuple kanak, pour la construction d’un pays multiculturel dans le cadre d’une communauté de destin. Malheureusement, ici, il vaut mieux tenir un discours politicien que faire preuve de sincérité et d’honnêteté intellectuelle. Le patronat, en grande partie, n’aime pas l’USTKE car notre syndicat n’hésite pas à se mobiliser et dénonce la répartition aberrante des richesses. Un quart de la population est en dessous du seuil de pauvreté et une autre partie de cette population vit dans l’opulence et le luxe.

 

Pour le haut-commissaire de la République, Yves Dassonville, «Aircal est un prétexte. Ce qui est fondamentalement recherché par l’USTKE, c’est de créer de la tension». Que pensez-vous de cette affirmation ?

Dans notre pays, il faut que certains arrêtent de fantasmer. Depuis la prison, j’ai entendu tout et n’importe quoi sur ce conflit. Si, comme nous l’avions souhaité, les négociations avaient débuté dès le départ de la grève, et non plusieurs mois après, le conflit aurait été réglé de suite, et rien de ce qui s’est produit n’aurait eu lieu. Mais comme je vous l’ai dit, il ne faut jamais occulter le fait que nous sommes un syndicat indépendantiste et que l’Etat, le patronat et la droite locale ne rêvent que d’une chose, voir l’USTKE disparaître. Là encore, il faut qu’ils arrêtent tous de fantasmer.

 

José Bové accuse Yves Dassonville «de jeter de l’huile sur le feu». Partagez-vous cette analyse ? Pensez-vous qu’il doive rester en fonction ?

En trente ans, je n’ai jamais vu un haut-commissaire donner des instructions aussi brutales et tenir un discours aussi radical sous prétexte de maintenir l’ordre public. Nous ne sommes pas dans un pays de voyous, comme il se plaît à nous traiter. Il n’a pas su tenir compte de la culture du pays et c’est grave. Il est effectivement préférable qu’il soit muté ailleurs et que quelqu’un de plus diplomate prenne sa place.

 

Alors que le conflit s’envenime, on constate une mobilisation des jeunes aux côtés de l’USTKE. Comment expliquez-vous ce front commun ?

Je voudrais avant tout dénoncer les propos du haut-commissaire qui a déclaré que l’USTKE enrôlait et armait la jeunesse afin de l’utiliser contre l’Etat et déstabiliser le pays. Encore une déclaration qui illustre bien sa méconnaissance de la réalité. Je voudrais aussi dire que je condamne le saccage et le pillage des commerces ou d’installations publiques. J’ai la chance de fréquenter beaucoup de jeunes : ils ne croient plus à la politique d’aujourd’hui, n’ont plus confiance dans les institutions et n’ont aucun débouché professionnel. Lorsqu’on n’a plus d’espoir dans l’avenir, voire plus d’avenir, eh bien on réagit par réflexe ! On voit des syndicalistes se faire taper dessus par les forces de l’ordre, on entend des discours radicaux tenus à leur encontre, qu’est-ce que se disent alors les jeunes ? Battons-nous à leurs côtés, peut-être que cela créera une prise de conscience qui pourrait apporter un changement des comportements en notre faveur. La jeunesse est l’avenir du pays, ne pas la prendre en compte, c’est ruiner tous les espoirs de vivre un jour dans un pays où chacun aura sa place.

 

Qu’attendez-vous aujourd’hui du gouvernement et de Marie-Luce Penchard, la secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer ?

Le gouvernement français se doit de respecter intégralement les dispositions de l’accord de Nouméa de 1998. Ces accords doivent conduire à une vraie décolonisation, et il est donc fondamental que la sincérité prévale dans cette démarche. Si le peuple kanak et les citoyens du pays se sentent trahis, leurs réactions seront fortes. Marie-Luce Penchard est venue pour la première fois chez nous et elle n’a pas pris la mesure des choses. Elle est restée dans le superficiel aux côtés de ses collègues de la droite locale. C’est dommage.

 

Le Medef local accuse votre organisation de prendre en otage l’économie calédonienne…

Le Medef local, qui vient d’ailleurs de se diviser, n’a qu’une démarche, celle d’accentuer les profits pour une minorité sous l’habillage du développement économique. De nombreux patrons gagnent beaucoup d’argent chez nous mais placent cet argent ailleurs. Le Medef local est fondamentalement anti-indépendantiste et n’arrête pas de nous dire qu’ici, c’est la France. Alors pourquoi le salaire minimum est-il plus bas chez nous, pourquoi les avantages sociaux sont-ils inférieurs ? Lorsqu’on pose la question à certains patrons, ils nous répondent : "Estimez-vous heureux qu’on vous donne du travail !"

 

Quels sont les liens entre l’USTKE, la CGT et le NPA d’Olivier Besancenot ?

Des liens forts, fraternels, qui doivent renforcer notre détermination à faire changer les choses. Lors de la dernière campagne électorale, nous avons choisi pour slogan "Un autre monde est en marche" parce que nous avons la chance d’être des hommes de terrain et que les constats que nous faisons jour après jour sont écœurants. L’argent se concentre sur une minorité alors qu’une majorité vit de plus en plus mal. La plupart des discours politiques sont trompeurs, et dans un petit pays comme le nôtre, ils sont téléguidés par le patronat.

 

Qu’est-ce qui a changé depuis les accords de Matignon de 1988 ?

L’USTKE a été la seule organisation syndicale à avoir signé les accords Matignon-Oudinot par la plume de son président fondateur, Louis Kotra Uregei. Ces accords ont été dans un premier temps un "cessez-le-feu" qui mettait un terme aux événements de 1984-1988. Ces accords, suivis par ceux de Nouméa, doivent, pour nous, conduire à la reconquête de la souveraineté. Cette souveraineté devrait nous permettre de gérer notre pays en toute responsabilité. Choisir notre système de développement social, économique, de santé, d’enseignement. Décider de nos relations internationales. Les accords doivent donc s’inscrire dans cette démarche afin que nous construisions ensemble ce pays multiculturel pour lequel nous nous battons. Mais avec un préalable très important, celui de restituer au peuple kanak sa place légitime de peuple autochtone, seul peuple colonisé, au centre du nouveau pays. Malheureusement, beaucoup trop de gens encore font croire que l’indépendance, c’est la pauvreté, l’anarchie, l’exclusion de ceux qui ne veulent qu’une chose, que surtout rien ne change, car ils vivent richement et égoïstement. Il faut aussi dire que les donneurs de leçon n’arrêtent pas de parler de démocratie et de liberté dans un pays où il n’y a qu’une chaîne de télévision, appartenant à l’Etat, un seul quotidien et cinq stations de radio. Dans ces conditions, comment pouvez-vous imaginer qu’il y ait une réelle liberté de parole ? Alors bien évidemment, les responsables politiques de droite en profitent pour diffuser un discours systématiquement basé sur "heureusement que nous sommes français, sinon !!!" J’ai déjà demandé des débats publics portant sur notre approche de l’indépendance avec des élus de droite sur le plateau télé de RFO ou sur les ondes radio. Pour l’instant, on nous rétorque que personne ne veut s’abaisser à dialoguer avec nous sur ce thème. Je voudrais aussi dire que nous sommes indépendantistes mais pas antifrançais, et cet amalgame, encore trop utilisé, est indigne.

 

Les récents troubles sont-ils dus à la grosse vague d’immigration métropolitaine que la Nouvelle-Calédonie connaît depuis dix ans ?

Effectivement, depuis que la paix civile est revenue dans le pays, nous assistons à une vague de plus en plus importante d’immigration en provenance de France. Le peuple kanak et ceux qui ont été reconnus comme victimes de l’histoire vont devenir minoritaires si rien n’est fait. Nous avons demandé qu’un texte soit voté pour protéger l’emploi en faveur de cette population. Un texte a bien été préparé, mais il ne répond pas assez fortement à nos aspirations. Quand on connaît la crise économique que traverse la France et la facilité avec laquelle ceux qui débarquent arrivent à trouver du travail au détriment de ceux qui sont citoyens du pays, on ne peut qu’être choqué. Vous savez, dans les tribus ou les quartiers populaires et les squats de Nouméa, la capitale est appelée "Ville Blanche" parce qu’il n’y a plus que des Européens. Il faut stopper cette immigration qui n’a comme but que la mer, le soleil et le fric.

 

Comment voyez-vous la situation dans le pays ?

Si toutes les compétences régaliennes sont bien transférées avant le référendum de 2014, si les discours de la peur cessent, si la volonté de construire un pays prospère dans le cadre d’une réelle communauté de destin par le rééquilibrage est effectivement mise en œuvre, tous les espoirs sont permis. Dans le cas contraire, faute d’émancipation par la réparation des dommages dus à la colonisation, l’espoir sera alors vain.

 

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Europe-Ecologie

pour une région Savoie européenne

 

Michèle Rivasi, tête de liste d' Europe Ecologie aux élections européennes dans la région Sud-Est, accompagnée de certains de ses co-listiers était en Savoie les jeudi 14 et vendredi 15 mai. Loin d'avoir un profil classique pour une personnalité politique, Michèle Rivasi a un C.V. impressionnant: professeur de biologie, originaire de la Drôme, elle a enseigné à l'IUFM de Chambéry; elle est co-fondatrice et ex-présidente de la CRIIRAD, ancienne présidente de Greenpeace, ex-députée , actuelle présidente de la CRIREM.

 

Le 14 mai, Michèle Rivasi était en Savoie Sud accompagnée par Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, Gérard Leras, président du groupe des Verts au Conseil régional et Malika Benarab-Attou, numéro 3 de la liste, Savoyarde d'origine berbère, cadre dans la protection sociale et militante des Verts. Renée Poussard, Vice présidente du PNR des Bauges et Présidente du Conseil des Rivages des Lacs rejoint rapidement la délégation qui se rend à Bellecombe (la coopérative d’Oxalis au coeur du PNR des Bauges qui représente deux cents emplois en économie solidaire et sociale au niveau national).

 

La délégation (sous responsabilité logistique déplacement de Gérard Blanc, militant E/Ecoligie chambérien) s’est ensuite rendue sur la plate forme intermodale d' Aiton, symbole du ferroutage marchandise (dont l'activité est en progression) où elle fait le point sur la liaison Lyon- Turin.

 

Puis c'est le retour à Chambéry pour une conférence de presse suivie d'une rencontre avec les militants. Enfin, la projection du film de Gilles Perret "Ca chauffe sur les Alpes" a ouvert un débat passionnant entre les membres de la délégation et les militants.

 

Le vendredi, en Savoie Nord, la délégation se renforce de François Alfonsi, numéro deux sur la liste, ingénieur à l’ADEME, spécialiste des énergies renouvelables, maire d’Osani/Girolata (Corse). .

 

François Alfonsi est aussi le représentant de Région et Peuples Solidaires (RPS), mouvement engagé auprès d' Europe Ecologie pour ces élections .Il conjugue évidement, avec beaucoup d’aisance, le régionalisme, le fédéralisme et l'engagement écologique. Dès son arrivée à Annecy, il tient à apporter son soutien, avec Michèle Rivasi et Malika Attou, à Alain Moysan, bien connu sur le bassin annecien pour ses actions en faveur de la préservation du littoral du lac, sur le site même de la construction immobilière en contentieux au lieu-dit Les Balmettes à Talloires. Pierre Viguié secrétaire des Vert Région Savoie est également présent.

 

Georges Unia président d’honneur de l’Association pour le Respect du Site du Mt Blanc (ARSMB), numéro 12 de la liste, rejoint le groupe avec Gérard Leras afin de participer au débat sur le régionalisme, proposé par Europe Ecologie, qui concerne le devenir de la Savoie dans le cadre de la future réforme territoriale. Thierry Dupassieux et Pierre Ottin Pecchio participent au débat où ils représentent le Mouvement Région Savoie, ainsi que Laurent Damé, régionaliste engagé pour la sauvegarde de la langue savoyarde.

 

Thierry Dupassieux explique la création du comité local Europe Ecologie - Région Savoie: promouvoir l'application à la Savoie de l’article 72 de la constitution. Cet article, qui autorise le régionalisme différencié, permettrait de ce fait un partenariat entre Rhône Alpes et la future région Savoie. Avec la caution de Pierre Viguié, il fait remarquer que la mise en application de l'article 72, au-delà de la Savoie, serait révélatrice de la volonté de réforme du gouvernement, en vue d' une construction européenne digne de ce nom.

 

Pierre Ottin Pecchio, lui, se base sur les résultats de la consultation organisée par le Dauphiné Libéré en avril dernier. Il explicite les raisons d'un sentiment identitaire très fort en Savoie et le refus pour la grande majorité de la population de voir, comme conséquence probable de la réforme territoriale consécutive au projet "Balladur", la Savoie se noyer et finalement disparaître dans Rhône-Alpes. Au contraire, par l'application de l'article 72 de la Constitution dans la réforme territoriale, la Savoie pourrait trouver la place qu’elle mérite dans l’hexagone.

 

George Unia, guide de haute montagne n'est pas d'origine savoyarde mais savoyard de cœur. Il souligne qu'il partage pleinement ce ressenti identitaire. Malika Attou, évoque certaines possibilités ouvertes par le fédéralisme différencié. Elle fait un parallèle entre la situation de l' Europe et celle du Maghreb, qu’elle connaît très bien, où existe le rêve de créer une Union démocratique et plurielle qui transcende les frontières absurdes entre le peuple Berbère (Imazighen) avec ses différentes composantes: Chleuhs, Rifains, Kabyles, Chaouïs, Targuis...Et elle porte l' espoir de la création d' une Euro-Méditeranée fondée sur la fraternité entre peuples dans leur diversité mais autour d' une civilisation ancestrale :méditerranéenne.

 

Renée Poussard fait remarquer que cet article 72 pourrait être un outil efficace pour construire l’Europe de demain avec, notamment, toutes les possibilités qu'il ouvre à l’intérieur de l’arc alpin. Elle rappelle les positions des Verts, portées par Cécile Duflot lors de la consultation du comité Balladur; à cette occasion le principe d’expérimentation a été revendiqué fortement pour la Savoie.

 

François Alfonsi, fort de son expérience à Bruxelles et de son engagement pour l'identité corse et au sein de RPS, compare le mur jacobin de la France au mur de Berlin pour l’Allemagne: il coupe la France en deux et devra être détruit un jour car il sépare aussi la France de ses partenaires européens. François Alfonsi rappelle aussi qu' Europe Ecologie travaillera à établir une communication, très insuffisante actuellement car brouillée par l'intervention des gouvernements nationaux, entre le citoyen et les instances européennes.

 

Michèle Rivasi conclut qu' Europe Ecologie soutient le principe du régionalisme différencié car il permet d'adapter l'organisation des régions aux plus près des réalités locales. Europe Ecologie, fédérateur de la diversité politique, porte un vrai projet européen pour l’écologie, le social, l’économie et les institutions, avec l’appui apprécié de RPS par l’engagement de François Alfonsi.

 

L'après midi Michèle Rivasi, Malika Attou , George Unia , Gérard Leras et toute l' équipe disponible se rendent sur la plate forme du tunnel du Mont Blanc où les attend Martine Léger, enseignante, militante verte et alter mondialiste, numéro 17 de la liste, représentant la Savoie nord . Les projets insensés de développement du transport routier sont dénoncés. La relocalisation du travail, la valorisation des économies locales, l’éco-citoyenneté et le ferroutage doivent être résolument développés. A Chamonix, la projection du film de Gilles Perret, qui suscite comme à Chambéry un très vif intérêt, est accompagné par un exposé de Carmen de Jong, professeur responsable de la recherche à l’Institut de la montagne.

 

Cette tournée en pays de Savoie s'achève salle du Vernay à Cran Gevrier. Après ces deux jours passés à l’écoute des réalités locales, Michèle Rivasi remercie tous les militants engagés pour la réussite du programme social, économique et environnemental d' Europe Ecologie et mène avec brio un débat intense de deux heures.

 

Les participants repartent pleinement confiants : Michèle Rivasi, tête de liste, libre et très déterminée ne s' en laisse pas compter ... Elle a fait preuve, ici, une fois de plus de ses capacités à conduire victorieusement la liste vers une Europe qui assume enfin politiquement ses responsabilités. Son passé engagé valide pleinement son action présente.

 

Pour le comité Europe Ecologie –Région Savoie

T.Dupassieux / Pierre Ottin Pecchio

 



 

La CARTE de FRANCE selon BALLADUR et SARKOZY...

Régions françaises actuelles
Régions françaises actuelles
Propositions Commission Balladur
Propositions Commission Balladur
Carte administrative envisagée par le comité Balladur
8775_la-france-en-15-regions-carte.pdf
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Rapport Balladur sur la réforme territoriale
Rapport Balladur.pdf
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PARIS... toujours PARIS...

une partie de la Picardie phagocyté par Paris !!

 


mais, 2 bonnes idées :

la Loire-Atlantique rattachée à la Bretagne... enfin !

et une seule région pour la Normandie...

 

mais, quid de la Savoie...? de la Flandre...? etc.

 

 

 

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Les VERTS
Première communication du comité Balladur : "Un petit pas peut-être"

Réaction presse de Cécile Duflot du 25 février 2009

 

 

 

Réforme territoriale :

levée de boucliers contre les propositions Balladur

 

NOUVELOBS.COM | 25.02.2009 |

 

 

COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

 

Territoires : le Comité Balladur finalise son rapport

 

NOUVELOBS.COM | 25.02.2009 |

 

 

 

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Sauvons les Régions !

 

Site Internet créé par l'Associations des Régions de France pour informer et débattre sur la suppression des conseils régionaux.

20/01/2009



Tollé contre la Poste qui ne voulait plus de noms bretons!!

 

 

Directeur du courrier à la Poste pour le Finistère et le Morbihan, Yves Amiard ne se doutait sans doute pas de la levée de boucliers qu’allait susciter son initiative anti-langue bretonne. Demander aux communes - précisément dans les départements dont il a la charge - d’utiliser une toponymie exclusivement française à l’heure où l’on tente par tous les moyens de sauver la langue bretonne était pourtant manifestement sujet à réactions. D’autant que la justification - les lecteurs optiques de la Poste déchiffreraient mal l’apostrophe du fameux c’h breton dans les noms de rues et de lieux dits - a laissé perplexe plus d’un usager. A commencer par Jean-Yves Le Drian, président du Conseil Régional, qui s’en est ému auprès du président de la Poste.

 

Cette initiative m’a particulièrement surpris et suscite beaucoup de réactions parmi les élus et citoyens bretons attachés à leur culture et à leur histoire, écrit l’élu à Jean-Paul Bailly. Le problème technique exposé par votre direction ne doit pas être un obstacle à la bonne marche du service public postal en Bretagne. (...). Aussi je vous demande que les courriers à la toponymie bretonne soient traités de la même manière que tous les autres courriers”.
La présidente de l’office de la langue bretonne Lena Louarn a quant à elle dénoncé “un grand bond en arrière” redoutant que la prochaine étape ne soit ni plus ni moins qu’un radical “nettoyage linguistique”.
Les Guivarc’h, Guyomarc’h, Manac’h et autres Floc’h devront t-ils tous renier leurs ancêtres et se plier à de soit disant impératifs techniques que l’on veut nous présenter comme un progrès?”, s’interroge t-elle.
L’idée du directeur régional de la Poste est apparue d’autant plus saugrenue que ce ne sont pas les apostrophes qui manquent en français. Mais elle faisait également suite à une autre initiative qui a fait beaucoup de bruit dans Plouguerneau puisque la municipalité de cette commune voulait tout bonnement françiser toute la toponymie de son territoire.
Tout semble néammoins rentré dans l’ordre puisque la Poste a fait amende honorable en assurant qu’en aucune façon elle ne privilégiait l’usage du français pour les dénominations utilisées dans les adresses. Son seul et unique souci? Que les rues, lieux-dits et voiries, portent bien un nom, qu’il soit dans la langue de Francis Cabrel ou celle des frères Morvan. Yves Amiard s'est lui-même défendu: "je n'ai aucune vélléité de m'attaquer à la langue bretonne", a t-il affirmé, expliquant seulement avoir voulu "sensibiliser le public" au problème de lecture automatique posé par l'apostrophe breton.
Au risque de s’attirer les foudres des défenseurs de la langue régionale, on en profite quand même pour attirer l'attention du lecteur sur une autre tendance qui nous semble le pendant exact, en tout aussi hérétique, de l’abandon de dénominations bretonnes. A savoir la transformation en breton de certains noms de communes du pays gallo (une partie de l’Ille et Vilaine et du Morbihan), où l’on n’a jamais prononcé un seul mot de l’idiome celtique. Un seul exemple: la petite commune de Campénéac s’est vue récemment rebaptisée Kempenieg... Autant dire une absurdité totalement artificielle quand depuis des lustres on ne la nomme autrement que sous son appellation gallo de Campenia.


Pierre-Henri ALLAIN

 

http://www.liberennes.fr/libe/2009/01/toll-contre-la.html

 

Kanaky (Nouvelle Calédonie) : anticapitalisme et indépendance

 

Un an après sa fondation par l’USTKE, le Parti travailliste de Kanaky (PT) a tenu son premier congrès, en novembre 2008, à Nouméa.

 

Le bilan de cette première année d’existence du Parti travailliste (PT) en Kanaky est largement positif. Sur le plan électoral, aux élections municipales, en mars (quatre mois après sa création), le PT a été présent dans 14 des 33 communes du territoire, et il a obtenu 30 élus. Cela montre une réelle implantation. Plus globalement, le PT a su bousculer la léthargie des autres partis se réclamant de la lutte indépendantiste. Leur intégration dans les institutions de gestion coloniale, mises en place depuis Paris à partir des accords Matignon-Oudinot de 1988 et développés après les accords de Nouméa en 1998, les a conduits à privilégier la défense de ces institutions et les postes individuels à la mise en place de structures pour un pays indépendant. Depuis quelques mois, on assiste au retour d’un discours qui ne repousse plus l’indépendance aux calendes grecques.

 

Cela explique aussi la radicalisation de la droite coloniale qui, selon Pierre Frogier (UMP), veut « purger cette question d’indépendance, qu’on n’en parle plus et qu’on passe à autre chose ». Et de proposer d’en finir avec le problème kanak, lors du référendum de 2014. C’est également le discours du Parti socialiste, pour lequel « le concept d’indépendance n’a plus de sens dans un univers multipolaire et une économie mondialisée ». Tous ces gens s’assoient sur la Charte de l’ONU, l’inscription depuis 1986 de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires à décoloniser et la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.

 

Le congrès du PT a été l’occasion de tirer le bilan de vingt ans de « transfert de compétences », qui devaient placer la population kanake au centre du dispositif. Les promesses de l’État colonial n’ont, pour l’essentiel, pas été tenues. La formation, qui devait permettre l’accession des Kanaks à tous les postes de la société, a abouti au fait qu’aucun n’est avocat, juge ou procureur, et qu’un seul est médecin ! Des dizaines de jeunes Kanaks ont suivi des formations en métropole. À leur retour sur le territoire, ils n’ont généralement pas accès aux postes correspondant à leurs compétences. Ils s’exilent alors dans les pays voisins ou en France.

 

Écologie

 

Du côté de l’enseignement secondaire et supérieur, le transfert des compétences est toujours promis, « pour bientôt ». En attendant, les jeunes continuent à tout apprendre de la géographie alpine et des rouages de l’Union européenne. Que se passait-il en Kanaky avant que la France ne « découvre » ce territoire, en 1853 ? Qui était le chef Attaï ? Qu’est-ce que le code de l’indigénat, qui régissait la vie de leurs parents jusqu’en 1946 ? Autant de questions auxquelles les Kanaks doivent trouver les réponses en dehors de l’école. Les langues kanakes n’ont toujours aucune place dans l’enseignement, le Sénat français ayant même voté, le 18 juin 2008, qu’elles n’avaient aucune place dans la Constitution. Le PT propose un système scolaire qui parte des jeunes Kanaks et soit adapté à leur culture et à leur environnement.

Sur le plan économique, le développement d’usines de transformation du nickel par des multinationales se fait en excluant largement les populations locales3. Des Métropolitains, venus profiter de l’aubaine, sont embauchés massivement. Dans le Sud, la construction de l’usine de Goro a entraîné des années de lutte contre le massacre de l’environnement provoqué par le nouveau procédé industriel mis en œuvre. Quelques millions d’euros distribués à des responsables soigneusement choisis ont eu raison de la lutte écologiste. Au centre de ce combat, le PT n’a pas baissé les bras : il place les exigences de respect de l’avenir écologique du territoire au centre de ses revendications.

 

Pour les multinationales, les perspectives d’exploitation du minerai dépendent de l’évolution des cours du nickel sur le marché mondial, passé de 50 000 dollars la tonne en juillet 2007 à moins de 10 000 aujourd’hui. Elles sont donc très loin d’une réflexion sur l’après-nickel. La ressource locale est évaluée à une centaine d’années seulement. Que deviendra le territoire, une fois son sous-sol ruiné au profit des multinationales, si les bénéfices ne sont pas investis dans le développement durable du pays ? Le PT pose ces questions, et il revendique, pour l’avenir de Kanaky, la mise en place d’un schéma directeur des mines et une autre répartition des richesses produites.

Si l’écologie occupe une place importante dans le programme du PT, c’est parce qu’elle constitue le prolongement naturel de la culture kanake, pour laquelle l’Homme tire sa force de la terre et des éléments naturels. C’est aussi une impérieuse nécessité dans les colonies françaises où, de convention expresse, le protocole de Kyoto n’est pas applicable, une vingtaine de pesticides interdits en France pour leur dangerosité sont autorisés et utilisés, la protection du littoral n’a pas de base juridique… Le PT est le seul parti à avoir inscrit dans ses statuts que « la protection de l’environnement fait partie intégrante de son combat ».

 

Justice coloniale

 

Les élections provinciales, en mai prochain, seront les dernières avant le référendum d’autodétermination prévu par l’accord de Nouméa. Ratifié par référendum en 1999, l’accord prévoit la consultation en 2014. Les prochaines élections sont donc très importantes pour définir l’avenir du pays. Le discours du PT est clair : les Kanaks sont prêts pour l’indépendance. S’ils attendent du pouvoir colonial qu’il la leur accorde, il leur expliquera éternellement, et paternellement dans le meilleur des cas, qu’il faut encore attendre quelques décennies, se former et profiter des bienfaits de la colonisation. Le ministre français de l’Éducation, Xavier Darcos, a encore expliqué, en octobre 2008, qu’il était toujours « favorable à titre personnel » à ce que « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française en Outre-Mer ». Il ne précise pas jusqu’à quand la colonisation doit durer.

 

Le PT se prononce donc clairement pour l’accession entière à l’indépendance en 2014. Les colonies françaises qui ont conquis à l’indépendance depuis la Deuxième Guerre mondiale n’étaient pas plus prêtes et recelaient souvent moins de ressources naturelles.

 

L’affirmation indépendantiste du PT inquiète d’abord la droite coloniale. Cela explique en partie la répression accrue dont sont l’objet les syndicalistes de l’USTKE. Le harcèlement policier et judiciaire des responsables syndicaux, les perquisitions et les interpellations au petit matin à leur domicile, les attaques contre les piquets de grève et les condamnations par la justice coloniale à des mois de prison ferme et à des centaines de milliers d’euros d’amende sont le signe du raidissement de l’État colonial.

 

Autodétermination

 

Malheureusement, dans ce contexte, les partis du FLNKS n’expriment aucune solidarité, préférant continuer à tirer les bénéfices des prébendes que leur accorde l’État. Les fondamentaux de la lutte indépendantiste, que réaffirme le PT, ont longuement été occultés par le FLNKS, malgré son statut, à l’ONU, de représentant légitime du peuple kanak pour le droit à l’indépendance. L’apparition du PT dans le paysage électoral pousse l’Union calédonienne (UC) et le Parti de libération kanak (Palika), principales composantes du FLNKS, à remettre dans leurs discours une pincée d’indépendantisme, mais sans remettre en cause un système fondé sur une répartition inéquitable des richesses.

 

Pour le PT, la remise en cause d’un système économique et social qui continue à enrichir les plus riches et à appauvrir les pauvres, au premier rang desquels la population autochtone kanake, est la base d’un pays indépendant viable. Le problème n’est pas de se couper du monde ou de jeter tous les non-Kanaks à la mer, il est bien de permettre à la population de décider avec qui elle veut vivre, sur quelles bases économiques et dans quel cadre de relations internationales. Le congrès du PT a décidé qu’il retenait Kanaky comme nom pour le pays indépendant, et que le drapeau du pays serait celui qui fut popularisé par le FLNKS depuis 1984.

 

Le congrès du PT a également adopté plusieurs motions dessinant le programme qui sera décliné dans les provinces lors des élections à venir : protection de l’emploi local et maîtrise de l’immigration (la colonisation de peuplement a augmenté de 20% ces dix dernières années) ; remise à plat de la politique du logement, qui entraîne le développement des bidonvilles autour de Nouméa ; développement des communes qui ne sont pas concernées par l’exploitation du nickel ; avenir de la ressource et de la commercialisation du poisson…

 

En métropole, le Parti socialiste, aujourd’hui comme lorsqu’il était au pouvoir, ne propose pas l’indépendance de la Kanaky. Il n’élève la voix que pour le maintien des majorations des retraites des fonctionnaires d’État, dans une contrée où le salaire minimum est inférieur au Smic métropolitain. Le NPA, comme la LCR par le passé, soutient le droit à l’autodétermination du peuple kanak et son droit à vivre dignement sur sa terre. Il apportera son soutien aux listes présentées par le PT aux élections provinciales du printemps prochain.

 

Kanaky : repères historiques

 

http://www.npa2009.org/content/kanaky-nouvelle-cal%C3%A9donie-anticapitalisme-et-ind%C3%A9pendance

 

Le Régionalisme,

fer de lance de la révolution lente

 

"Prôner l’atomisation de notre pays dans une Europe des régions, c’est ne pas comprendre la France comme personnalité structurée et comme acteur de l’Histoire. C’est méconnaître cette grande et puissante réalité qu’on appelle "le peuple français" qui vibrait déjà à Bouvine, qui se découvre à Valmy et se lève à tous les grands moments de notre histoire." "La "länderisation" de la France n’est pas un point de passage obligé vers l’Europe. Elle serait une régression à la fois historique et morale : le message de la citoyenneté, de la laïcité, de l’égalité n’a-t-il donc plus besoin d’être porté, en Europe et dans le monde ?" Jean Pierre Chevènement, Le Monde, 24/11/00

 

Ils sont malheureusement nombreux les semi-fasc... pardon, les Républicains qui pleurent la fin de la grande République Française, horizon indépassable de la Démocratie et des Droits de l’Homme, phare des Nations, de l’Univers et du genre Humain, porteuse de la flamme de la Liberté (des guerres napoléoniennes à la guerre d’Algérie). A leurs yeux, le réveil des régions et des identités culturelles équivaut au retour du féodalisme, du clanisme, et on se dirige à grands pas vers une "balkanisation de la France". D’ailleurs, le régionalisme serait le cheval de Troie du libéralisme et du Marché (cf. Madelin), voire de groupes néo-nazis.

 

Ça va vous surprendre, mais on n’est pas trop d’accord. Nous, on conçoit le régionalisme (malgré que le terme en lui même soit assez creux) comme un projet alternatif de société.

 

LA REPUBLIQUE UNITAIRE A LAQUELLE NOUS NE CROYONS PAS.

 

Le régionalisme se définit en réaction contre l’Etat-Nation, contre l’impérialisme du centre (Paris), contre la violence, symbolique et réelle, qui en est issue. Et là, on nous sort : oui, mais, attention, la République est porteuse de démocratie et de Droits de l’Homme. Ah bon ? Historiquement, pourtant, l’Etat-Nation républicain est-il autre chose que la forme politique nécessaire à la concentration des moyens de production dans les mains des classes dominantes, et à la constitution de débouchés, de marchés, au prix de guerres et de colonisations ? Jetons en préalable aux oubliettes la nostalgie d’un "âge d’or" républicain dont se souviennent très peu les victimes de Sétif. La Démocratie et les Droits de l’Homme sont des valeurs universelles, donc applicables par tout ordre politique y compris "régionaliste", et le centralisme jacobin a plutôt démérité dans leur application.

 

Ce serait de toute façon une erreur stratégique stupide de laisser la problématique régionaliste et la question de l’identité à l’idéologie libérale ou à l’extrême droite. Notons d’ailleurs que les récentes prises de position de Madelin, ou le nouvel intérêt des gens du Front Nazional pour l’identité régionale, ne sont que des tentatives de rattraper leur retard vis à vis des aspirations de la population qui ont été recréées en majeure partie par le travail du "régionalisme de gauche".

 

LE REGIONALISME AUQUEL NOUS CROYONS.

 

Le régionalisme est une lutte pour la reconnaissance de l’identité culturelle des peuples, et pour le droit de vivre, travailler et décider au pays. S’agit-il de se renfermer sur son identité ? Non : le consanguin, ça craint. Mais ce n’est pas parce qu’on a une identité qu’on exclut celle des autres. Au contraire, avoir été depuis l’enfance confronté à la diversité culturelle enseigne aussi la relativité culturelle. Ça apprend la curiosité, l’ouverture et le respect de l’autre. Les Français doivent reconnaître qu’une culture, si belle et glorieuse soit-elle, reste limitée par rapport à la diversité existante.

 

C’est d’ailleurs exactement comme ça que ça marche pour l’autonomie : j’ai le droit d’exister, de m’épanouir et d’être moi-même, mais je reconnais ce même droit aux autres, et d’ailleurs c’est tous des potes. On ne peut d’ailleurs pas comparer l’homme autonome tel que nous le concevons, et l’homo œconomicus individualiste et égoïste de l’idéologie libérale. Et bien il y a la même différence entre une région qui vit son identité comme moyen poético-révolutionnaire, et une région qui utilise son folklore pour attirer les touristes, pour valoriser économiquement ses produits, et pour faire de l’argent. Le régionalisme favorise la construction de l’autonomie individuelle comme projet politique.

 

Le droit de travailler au pays réagit contre l’émigration forcée, et ne saurait de même accepter un système économique qui force des personnes à émigrer, où que ce soit. Le droit des peuples de se nourrir eux-mêmes exclut de mettre sous perfusion alimentaire les autres peuples. Donc, le régionalisme auquel nous croyons n’est en rien compatible avec une économie libérale mondialisée. C’est au contraire son alternative.

 

METTONS DES COULEURS DANS NOTRE REVOLUTION...

 

Le régionalisme est une lutte de mi-parcours, une lutte de reconquête de droits culturels et de réapprentissage de la démocratie à un niveau plus proche du citoyen, donc à un niveau qu’il perçoit mieux et où il est plus à même de s’investir (et qu’il est plus à même de contrôler). La continuité idéale du processus serait une localisation encore plus poussée des choses publiques et de la vie démocratique. Tout le monde tenterait de vivre son autonomie, en ayant sa propre identité que personne ne songerait à contester ou à mépriser.

 

La construction de niveaux supra-régionaux est évidemment nécessaire, ne serait-ce que pour la mise en place de mécanismes de péréquation, ou pour la défense des Libertés fondamentales. Mais gardons en tête que plus la politique est proche du citoyen, plus elle est contrôlable (relisez Montesquieu pendant les vacances).

 

Quelles politiques en faveur des langues régionales ? La première étape est la modification de la Constitution et la ratification de la Charte des Langues Minoritaires. Mais l’essentiel reste la promotion des langues régionales. Au Pays de Galles, les gens se plaignent que seulement 25% de leurs enfants soient scolarisés en gallois. Les jeunes bretons, eux, ne sont que 1% à être scolarisés dans leur langue (on ne parle même pas de l’enseignement en Gallo). Il est clair qu’une telle mise à la marge ne permet pas à une langue de survivre. Ou plutôt si, elle survit, mais elle ne vit pas. La promotion d’une langue c’est avant tout de donner la possibilité à tous ceux qui le souhaitent d’être scolarisés dans leur langue, ou au moins d’avoir un enseignement de leur langue (et ça vaut aussi pour les langues des communautés immigrées).

 

La promotion, c’est également la possibilité d’utiliser sa langue dans la vie quotidienne, dans les commerces tout comme dans les services publics (hôpitaux, maisons de retraite, postes, mairies, CAF,...). La promotion, c’est aussi donner une place égale aux différentes langues vernaculaires d’un lieu, que ce soit sur les panneaux routiers ou dans les médias (TV et radios publiques en langues régionales).

 

Promouvoir le breton et le gallo en Bretagne (oui, oui, pas ailleurs), ce n’est pas un enfermement sur des langues restreintes. Au contraire, le modèle c’est les pays nordiques, où le bilinguisme aboutit au multilinguisme. Les jeunes bilingues seront plus aptes à apprendre le tchèque, l’allemand, l’anglais, le catalan, et même pourquoi pas le français (on n’est pas sectaires).

 

A la base du régionalisme, on met la démocratie. Et par exemple le respect des Bretons quand ils demandent le rattachement de la Loire Atlantique, le respect des Basques du nord quand ils demandent la création d’un département, la consultation des Corses sur l’avenir de leur pays, de même que pour nos copains Guyanais, Guadeloupéens, Alsaciens, Réunionnais, Occitans, Martiniquais, Catalans du nord... Bref, Liberté pour tout le monde.

 

Voilà, voilà. Tout ça pour dire que, bon, les délires chevènementistes et jacobins, ça nous fait vraiment de la peine (si, si). Surtout de la part de quelqu’un qui, quand il était ministre de l’Intérieur et donc ministre des Cultes, rémunérait directement le clergé alsacien et mosellan (passée à la trappe, la République une, indivisible et laïque).

 

Chiche Chambéry

 

OCCITANISME ET LUTTES SOCIALES

 

1- Quelques luttes sociales en quelques dates

 

Depuis le milieu du XIXe, l’Occitanie connaît une succession de luttes sociales ou de mouvements sociaux ou de grands rassemblements dont certains prennent une grande ampleur.

-  1845 : la grève de l’arsenal de Toulon suivie par la moitié de ses ouvriers est la première de type moderne.

-  1845 : les ouvriers tisserands de Mazamet s’unissent également (baisse des salaires. Le maire demande une garnison permanente pour contenir le peuple).

-  1869 : Aubin (Aveyron) lors de la grève de 1869 (compagnie houillère) , la troupe intervient (17 morts). C’est un choc brutal dans les mentalités ouvrières.

-  1886 : à Decazeville, grève générale qui dure 100 jours. Le sous-directeur Watrin est jeté par la fenêtre et la troupe établit ses quartiers pendant de longs mois. C’est un « Germinal à la mode occitane » dit-on.

-  1892 : la grève des mineurs de Carmaux (ils se battent pour l’application logique du suffrage universel) a son prolongement dans celle de la Verrerie (1895) qui aboutira à la fondation de la Verrerie Ouvrière d’Albi (1896).

-  1896 : grève de l’industrie de la porcelaine à Limoges (pour une augmentation du salaire), soutenue par la municipalité (autre grève en 1905).

-  1905 : la grève des charretiers et des chargeurs du port de Sète aboutit à la signature d’un nouveau contrat qui tient compte de leur principale revendication : la diminution du temps de travail.

-  1906-1907 : grève des résiniers dans les Landes (pour un partage plus équitable du prix de la résine. Création des premiers syndicats résiniers).

-  1907 : la révolte des vignerons conduite par Marcelin Albert et Ferroul est le mouvement social le plus important qu’ait connu l’Occitanie. (surproduction de vin et effondrement des cours). 800 000 manifestants à Montpellier le 9 juin. Le 18 juin, l’arrestation du maire de Narbonne Ferroul, dans une ville quadrillée par l’armée, dégénère en émeute avec des morts. De ce soulèvement on aurait presque pu voir la naissance d’un « Midi autonome », mais apparaîtra alors une Confédération générale viticole du Midi.

 

Avant cette révolte de 1907, on a vu se former les premières caves coopératives crées en Languedoc (1901) puis en Provence (1906). Egalement, les premiers syndicats d’ouvriers agricoles se sont formés au début du siècle en Languedoc.

 

- 1909 : grève du délainage à Mazamet (4 mois).

-  1934 : grève des ganteries à Millau. 5 mois (baisse des salaires).

-  1961 : Grève des mineurs de Decazeville (licenciement et fermeture des mines).

-  1973 : Larzac, contre l’extension d’un camp militaire qui entraîne l’expropriation des paysans et condamne économiquement le pays.

-  1976 : Emeutes viticoles en Languedoc qui feront deux morts de part et d’autre.

-  2000 : Millau, grand rassemblement pacifiste (100 000 personnes) suite à l’affaire du démontage du Mac Do. On parle alors de « mal-bouffe ». Les Etats-Unis surtaxent certains produits dont le Roquefort fabriqué dans la région.

-  2000 : Manifestations viticoles dans l’Hérault avec des actions du Comité d’Action Viticole. Béziers réunit plus de 15 000 vignerons, on parle du « peuple vigneron ».

-  2003 : Larzac, grand rassemblement international pacifiste pour lutter contre l’Organisation Mondiale du Commerce.

 

 

2- Un occitanisme politique (quelques exemples de création)

 

 

Au lendemain de la Première Guerre Mondiale apparaissent les premières organisations politiques qui se définissent sur un plan occitan.

-  1922 : création du Comité d’action des revendications nationales du Midi.

-  1923 : Ligue de la patrie Méridionale.

-  1935 : Parti provençal, orienté à gauche (fondé par un groupe d’intellectuels fédéralistes marseillais).

-  1936 : apparition du Manifeste de l’Isle-sur-la-Sorgue qui se réfère aussi au fédéralisme.

Des nouveaux partis politiques occitans naissent de la Libération après 44.

L’électorat occitan vote massivement à gauche et s’oppose ainsi à la « France du Nord ».

 

Par ailleurs, de nouveaux partis politiques occitans naissent. En voici quelques exemples :

-  1961 : le Parti Nationaliste Occitan, 1èr parti politique occitan.

-  1962 : lors du mouvement social et des grèves de Decazeville, les intellectuels occitans de gauche constituent le Comité Occitan d’Etude et d’Action qui entre en contact avec les milieux de gauche français.

-  1968 : Movimento Autonomista Occitanico (Fontan) dans l’Est occitan.

-  1971 : Lutte Occitane, une organisation socialiste prend sa relève.

-  1974 : Volèm Viure Al País, parti socialiste, autogestionnaire et autonomiste occitan.

-  1975 : naissance à Agen du Mouvement Populaire Occitan.

-  1987 : Partit Occitan.

-  199... : lo Corrent Revolucionari Occitan.

 

3- Quelques exemples de luttes sociales qui ont marqué l’Occitanie et les occitans

 

A/ La grève des mineurs de Decazeville

 

Le licenciement de mineurs annonçant la fermeture des mines est à l’origine de cette grève (18/12/61 - 21/02/62).

 

La population est entièrement solidaire avec les mineurs et la presse parle de sécession des départements du Sud. Toute la population de l’Aveyron se groupe pour défendre les mineurs. Tout un peuple se reconnaît à travers cette lutte. Robert Lafont dira « Pour la conscience occitaniste, c’est un éveil ! ». Cette lutte ressemble en bien de points à la révolte des vignerons en 1907 : une profession sacrifiée par l’alliance du capitalisme et de l’Etat centralisé (par la loi de rentabilité minière) va se soulever régionalement. La cause régionaliste est donc celle des travailleurs. La société régionale se reconnaît dans cette lutte : paysans et commerçants de l’Aveyron se sont groupés pour défendre les mineurs.

 

Les délégués syndicaux et professionnels de 17 départements se réunissent à Rodez en Etats Généraux du Sud-Ouest auxquels se joignent 24 parlementaires. Cette montée de conscience régionale se termine par un échec.

 

Les intellectuels occitans en tirent une leçon : la survie de la civilisation occitane ne dépend pas seulement de problèmes culturels mais aussi économiques et sociaux.

 

Le parcours de la crise de Decazeville est marqué par une dépossession interne : entre 1850 et 1950, la totalité de l’industrie minière au Sud de la France passe entre les mains d’entrepreneurs du Nord de Lyon. Les multinationales étrangères à la région l’envahissent à l’occasion des investissements de capitaux. Ses ressources lui échappent. La concurrence capitaliste tourne toujours au bénéfice du puissant.

 

On va vu de la même façon mourir l’Occitanie textile, métallurgique, ou encore celle du charbon...

 

La notion de « colonialisme intérieur » commence à se préciser. Les occitanistes présents dans cette lutte savent qui ils sont : des combattants de la décolonisation.

 

Désormais, le mouvement occitan va prendre de plus en plus d’ampleur, rythmé essentiellement par les grandes luttes paysannes. On ne se sent plus seulement paysan, ouvrier, petit commerçant ou intellectuel, mais aussi occitan. C’est la riposte de masse à la mise à mort du pays et à l’exode de ses habitants : l’idée que pour vivre il faut se battre, s’unir et que cette union est celle d’hommes qui se retrouvent avec une même langue, une même culture et une même histoire. Cette histoire est en grande partie celle d’une résistance.

 

La grève des mineurs de Decazeville, c’est une lutte unie de toute la population, une lutte qui déborde, traverse, écarte les organisations syndicales et les partis de l’hexagone.

 

C’est à ce moment là, et après la grande révolte vigneronne de 1907, qu’à nouveau, sur les pancartes, dans les slogans, on va entendre la langue occitane, comme langue de misère contre celle des riches, comme langue de révolte contre celle des maîtres, comme langue d’un peuple aussi.

Les poètes et écrivains occitans se multiplient alors. Tous jeunes.

On voit aussi apparaître un peu partout des « comités d’action occitans » et les murs se couvrent de slogans « La terre au peuple ».

 

B/ Les manifestations viticoles en Languedoc

 

On pourrait dire que depuis 1907, le mouvement des viticulteurs est l’avant-garde du mouvement occitan.

 

1907 : la révolte des vignerons conduite par Marcelin Albert et Ferroul est le mouvement social le plus important qu’ait connu l’Occitanie. (surproduction de vin et effondrement des cours). 800 000 manifestants à Montpellier le 9 juin (les pancartes revendicatives sont en occitan : « Aver tan de bon vin e pas poder manjar de pan », « Lo darrièr crostet ».

 

Le 18 juin, l’arrestation du maire de Narbonne Ferroul, dans une ville quadrillée par l’armée, dégénère en émeute avec des morts. De ce soulèvement on aurait presque pu voir la naissance d’un « Midi autonome », mais apparaîtra alors une Confédération générale viticole du Midi.

Marcelin Albert lance au peuple : « Il y a trois mois à peine j’étais seul à n’attendre notre salut que d’un soulèvement général de la conscience méridionale... 800 000 hommes sont là. C’est l’armée de travail la plus formidable qui se soit jamais vue ! ».

 

Autre soulèvement des vignerons dès le début des années 1960. Le malaise viticole se traduit par de violentes manifestations. C’est à ce moment là que les Comités d’Action Viticole voient le jour. En 1967, André Castéra galvanise les foules comme en 1907 avec Marcelin Albert. Le 16 mars 1967, pour la première fois depuis 1907, 30 000 vignerons affrontent les forces de l’ordre.

A partir de 1971, Maffre-Bauge est le porte parole des viticulteurs ; il écrit au Président Pompidou « Vous acculez le Midi méditerranéen à son esprit profond de révolution occitane ». Il va jusqu’à revendiquer un « parlement languedocien ».

 

Le sommet de l’escalade est atteint avec la fusillade de Montredon (Aude) le 4 mars 76 où il y a un mort de part et d’autre.

 

Nouveau mouvement en 2000. 15 000 exploitants sont dans les rues de Béziers. On parle d’un « peuple vigneron ».

 

2 ans plus tard à Montpellier, suite à la condamnation d’un vigneron, des pancartes en occitan inspirées de 1907 sont brandies par des jeunes. A la sortie du palais de justice, Jean Huillet clame en occitan à la foule présente « avèm ganhat ! ». Ce dernier fait savoir dans un communiqué que le Ministre de l’agriculture n’est pas le bienvenu dans cette partie du territoire.

 

C/ Les luttes du Larzac

 

Tout a commencé en 1970 où l’Etat annonce l’agrandissement du camp militaire sur le Larzac. Les paysans pressentaient des expropriations.

Pour solliciter la concertation et traiter du problème se monte une association « Association de défense du Causse du Larzac et de son environnement ».

Sont contre l’extension du camp militaire tous les paysans menacés d’expropriation, les artisans du village, les travailleurs de Millau et les jeunes. En effet, cette extension touche onze communes et ruinerait pour une bonne part l’économie de l’Aveyron, car le camp s’approprierait les terres les plus riches des Causses, détruisant une économie agricole alors en plein essor et menaçant une région pilote au niveau de l’élevage.

 

Le premier soutien de masse viendra des jeunes de toute l’Occitanie. Le Larzac, c’est aussi leur problème, car l’avenir qu’on leur prépare c’est l’exode, le chômage ou l’armée. Il viennent dire « non » sur le Larzac et « oui » à leur volonté de se battre aux côtés des paysans. Des affiches, tracts, slogans en occitan apparaissent : « Gardarem lo Larzac », « Volèm viure al país », « l’armada defòra », « un país que morís es un país qu’òm tua »...

Des chanteurs occitans jeunes (Marti, Patric, Mans de Breih...) relient ces luttes à celle de tout un peuple et inventent la « nòva cançon occitana ».

A Millau, jeunes travailleurs et lycéens agissent en vue d’unir paysans du Larzac et travailleurs de la ville. Une troupe de théâtre « teatre de la carrièra » joue « Mort et Résurrection de M. Occitania » sur la commune de l’ Hospitalet. L’accueil est très chaleureux et les mécanismes globaux de la liquidation du Millavois et de l’Occitanie sont ressentis et discutés avec la population. Les paysans sont là, ils discutent entre eux et avec les jeunes venus sur place, évaluent la situation, mesurent la solidarité active et ensemble préparent la riposte.

 

Le 20 octobre un appel pour une manifestation de masse est lancé dans « La volonté paysanne » (organe de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles » : « Nous demandons à tous les agriculteurs, à tous les ruraux, à tous les aveyronnais, travailleurs des champs ou des usines, commerçants ou fonctionnaires, de venir manifester leur refus de l’asphyxie ».

Peu à peu se forge l’unité populaire à la base, avec des ouvriers menacés de licenciements pour cause de débâcle des industries (comme la fermeture à Millau de la principale ganterie ou bien les problèmes de l’usine de chaudières Henfer, ou encore les mauvaises conditions de travail dénoncées par les ouvrières de la Samex à Millau...) et c’est la poussée de toute une population pour affirmer son droit de vivre « Volèm viure ! », « La tèrra al pòble », « paysans-ouvriers-jeunes, même combat ! ».

 

Puis se constitue autour des paysans du Larzac une force de résistance avec la création dans l’hexagone de plus de 50 « Comités Larzac ».

 

Les paysans décident d’organiser une « longue marche » sur Paris en tracteur pour rencontrer les Ministres. Du 7 au 13 janvier 73, c’est une foule immense qui les accueille dans les villes de France traversées.

 

Pendant l’été, près de 120 000 personnes se réunissent de façon pacifiste sur le Larzac.

 

Après dix années de luttes, c’est la victoire avec une certitude : la terre doit être à ceux qui la travaille pas à ceux qui ont le pouvoir de l’argent.

Le Larzac est devenu un symbole et a même était un exemple contagieux : il a réveillé les paysans et les ouvriers du monde entier. Il est également devenu un des symboles des minorités nationales opprimés (les chanteurs irlandais ont chanté aux côtés des occitans, les indiens nord-américains sont venus également sur le Larzac échanger leurs expériences).

 

2000 : Millau, grand rassemblement pacifiste suite à l’affaire du démontage du Mac Do. On parle alors de « mal-bouffe ». Les Etats-Unis surtaxent certains produits dont le Roquefort fabriqué dans la région. 100 000 personnes affluent du monde entier pour apporter leur soutien.

 

4- 1973 - 2003, Larzac : trenta annadas de dinamica que ligan las idèas e los òmes

 

La causida del Larzac es pas neutra. Simbolisa la mobilisacion del movement social fa 30 ans d’aquò en sosten a la lucha contra l’espandiment d’un camp militar. La lucha del Larzac en 73 èra lo simbòl d’una resisténcia, tan coma uèi. L’idèa federatritz de l’epòca èra la d’afirmar que lo Larzac èra pas a vendre çò que podèm tornar trapar uèi que un dels mots d’òrdre de l’amassada nòva es de dire que l’òme e la tèrra son pas de merças e qu’aqueste refusa la mercandisacion del mond. L’eslogan avantgardista de l’epòca « Gardarem lo Larzac » anonciava ja lo de 2003 « Gardarem la Tèrra » fàcia a l’Organisacion Mondiala del Comèrci.

 

Dins las annadas 70 sul Larzac i aguèt una brava mobilisacion que se concretèt per una jonccion entre los paisans e los trabalhadors sus Milhau, çò que donèt una impulsion nòva dins las luchas. Aquesta jonccion obradors/paisans se simbolisèt en 73 amb la jonccion entre lo Larzac e los obradors de « Lip » qu’ocupèron son usina per luchar contra la barradura de son entrepresa (aital fabriquèron de mòstras puèi las vendèron eles meteisses).

 

Foguèt una jonccion amb las luchas, e lo Larzac foguèt federator d’un autre biais de concebre lo movement social que ne trapam uèi sa continuitat. Larzac inventèt pas aqueles movements mas permetèt a las gents de se rescontrar pendent una lucha que durèt dètz annadas e que produsiguèt una soscadissa e amai de practicas nòvas de resisténcias.

 

Aprèp la victòria del Larzac en 73, los actors d’aquel movement temptèron de metre en practica çò perque se batèron. Farguèron aital « la societat de las tèrras de Larzac » per gerir lo fonsièr ja que lo Larzac foguèt lo laboratòri tre 83 dels oficis del fonsièr en agricultura. Uèi la gestion collectiva del fonsièr contunha dins lo sud Larzac amb per exemple, la batèsta per far viure una bòria que se ditz « La Cisterneta » que los agricultors vòlon crompar de tèrras per las expleitar.

 

I aguèt a-n-aquest epòca una presa de consciéncia de la part d’aquestas gents que los paisans dintrèron dins lo movement social de transformacion. Aquesta presa de consciéncia se mostrèt tanben dins lo biais de trabalhar d’aquestes paisans que saupèron crear de produches bordièrs que vendèron directament al consomator, çò qu’èra una filièra nòva de consomar. Amai, se desvelopèt l’agricultura biologica amb un autre biais de veire la societat e lo desvolopament del mond.

 

I a tota una dinamica que nasquèt del Larzac e que contunha trenta ans aprèp la lucha contra l’espandiment del camp militari que venguèt un afar d’òrdre nacional. Vesèm d’una part que i a trenta annadas de luchas a un nivèl local puèi nacional que costejan d’autra part una lucha que se situa a un nivèl internacional amb çò que se passa uèi contra l’Organisacion Mondiala del Comerci. La dinamica del movement pòrta lo local cap al global.

 

5- Aujourd’hui, une lutte à l’échelon mondial

 

A/ L’OMC, qu’es aquò ?

 

L’Organisacion Mondiala del Comèrci vegèt lo jorn en 1995. Es una organisacion internacionala qu’amassa 145 paises çò mai rics de la planèta, levat Russia. Es un organisme que s’espandís sus l’ensem de la planèta per fin d’aver autoritat sus las activitatas umanas bèlas, que siá l’alimentacion, las semenças, la santat, lo transpòrt, la pòsta, l’assegurança, la banca, lo torisme, l’aiga, l’industria, l’educacion, o encara la cultura, per que tot siá transferit de mai en mai cap a las multinacionalas que trapan aital una sorga d’enriquiment financièr amb d’unas activitats de la tèrra que d’unas son ja parcialament o en totalitat jos son contraròtle. Quand l’OMC pren jos son autoritat una activitat umana, ne fa una mena de merça e la liura a la concuréncia mondiala en li impausar règlas fòrça estrictas que dònan un avantatge considerable a las entrepresas multinacionalas. Quand dins un país una d’aquelas activitats passa jos l’autoritat de l’OMC, l’es d’un biais definitiu, çò que limita lo poder dels governs futurs e doncas lo poder de la democracia.

 

B/ La solidaritat per contrar l’OMC

 

Mai en mai d’associacions, de sindicats, de partits politics, de ciutadans, d’amassadas d’elegits (Amassada de las Regions d’Euròpa, Parlament bèlga, Conselh General de Garona Nauta...) se mobilisan per entravar aquela organizacion d’aquí de 2005. Essent que l’OMC es jos la responsabilitat dels governs dels Estats-sòcis, las diferentas energias amassadas temptan de rampelar als governs la menaça qu’aquel organisme representa per la democracia e l’anar del mond tot.

 

L’Organisacion Mondiala del Comèrci demanda que los Estats se sometan a la lor politica liberala que, dins l’anar actual, pòt pas èstre una politica equitabla. Los altermondialistas desiran una mondialisacion equitabla per totes, per que lo mond tot pòsca aprofiechar del desvelopament economic o encara cultural que se fa uèi per fin de bastir un mond solidari. Denoncian la repression sistematica practicada per l’O.M.C. e afirman que nombrosas luchas an una sorga semblanta qu’es la mercandisacion de totas las activitats umanas que que sián.

 

Aital, en federar lo mond, luènh de tot corporatisme, essent que l’origina dels mals es comuna, es doncas natural de se retrobar per fargar ensem aquel repòrt de fòrça e d’elaborar ensem una estrategia comuna amb las energias que se sentisson concernidas. L’especificitat de cadun deu pas entraïnar de corporatisme que mena a l’exclusion. Los altermondialistas afirman que cal unir las fòrças per que d’autres mondes sián possibles e seràn possibles dins la mesura que totas aquelas contestacions se federen per mostrar que tots los pòbles del mond son solidaris per gardar la tèrra contra d’idèas que d’unes vòlon impausar.

 

C/ Una organisacion que se pòt entravar

 

La mondialisacion prepausada a l’ora d’ara entraïna sos degalhs a tots los nivèls que siá agricòl, economic, social, cultural mas tanben en tèrme dels dreches dels pòbles ; se podèm aital demandar se uèi l’Iraq aparten totjorn a l’Iraq...

 

Se deman l’Educacion es liurada a l’OMC, i auriá de manipulacions mai o mens perceptiblas dels esperits dels escolans e aquò al servici de las grandas entrepresas e d’una populacion privilegiada que l’ensenhament seriá pervertit per l’atrach del ganh e per la mesa en concuréncia de las escòlas e dels establiments.

 

L’OMC s’entreva tanben d’investiment. Es a metre en plaça un mercat mondial del trabalh de durada determinada, çò que sarrarà los salaris, las condicions de trabalh e las proteccions socialas cap al bas.

 

Amai l’OMC entrepacha lo drech dels Estats de metre en plaça de leis sanitàrias, socialas o environomentalas ; aital l’Union europenca es sanccionada per refús d’importar de carn a las ormònas.

 

En matèria de santat, avèm l’exemple dels africans qu’an de mal d’accedir als medicaments perque las firmas farmaceuticas vòlon ganhar d’argent e acceptan pas que de medicaments generics sián produsits dins un país de sud per èstre puèi mandats cap a un autre país de sud. Bush, lo President del Estats-Unis, la velha de la dubertura del G 8 a Evian diguèt que los Estats-Unis ajudarián los paises africans per se potingar contra lo SIDA sonque s’aqueles paises acceptèsson l’intrada dels OGM sus son territòri. Aquò n’es una pròva que las multinacionalas pòdon prendre lo poder sus un fum de paises.

 

Lo dangièr d’aquel revolum es que tot fonccionarà pas qu’amb çò que las multinacionalas voldràn impausar. Lo mond tot serà aital pres en ostatge per las multinacionalas.

 

D’un autre latz, vesèm d’a mesura que lo mond economic utilisa la fòrça que siá militària, policièra, judiciària, per metre de costat las gents que tenon còp a-n-aquela mondialisacion. I a doncas un ligam entre la mondialisacion e la repression que la repression del movement sindical n’es la pròva. I a en fàcia tot un arsenal per copar las contestacions per arribar a sa tòca. L’O.M.C. es a se garantir militerament e judicierament fàcia a de movements en contestacion repòrt a sas decisions e son fonccionament.

 

Mas començam tanben de veire de solucions que fonccionan per entravar la menaça de l’OMC : en Africa, foguèt mesa en plaça la « sobeiranetat alimentària » qu’un organisme de l’ONU tòrna prendre a son compte ara. Valent a dire lo drech pels pòbles de s’aparar contra las importacions de las multinacionalas.

 

En Bolivia, los paisans capitèron de far renonciar una multinacionala que voliá privatisar l’aiga dins lo centre del país. Vesèm doncas que i a la possibilitat de far recular d’unes projèctes que son de vertadièras menaças per cada pòble del mond.

 

D/ De reivindicacions per decidir de l’avenir de la Tèrra

 

Los altermondialistas vòlon obténer d’unas causas essencialas per daissar pas l’avenir de la Tèrra entre las mans de l’OMC.

 

Notadament, lo respècte per l’OMC de las cartas internacionalas talas que la Declaracion Universala dels Dreches de l’Òme e las convencions internacionalas sus las questions socialas, sanitàrias, environomentalas e culturalas.

 

Lo retirament del domèni de competéncia de l’OMC dels sectors màgers que son l’aiga, la santat, l’educacion, la cultura, l’audiovisual, los servicis de comunicacions, los transpòrts, l’albergament, l’energia.

 

Lo respècte sistematic del principi de precaucion en matèria d’environament, de santat publica e d’alimentacion o encara lo retirament del domèni de competéncia de l’OMC dels servicis publics.

 

Per aquò far cal que los governs prengan posicion per aténher aqueles objectius. E sola la mobilisacion de cadun e l’union amb d’unes movements, tan diferents que sián, pòt far que cada pòble del mond decidirà de son avenir e pas l’OMC.

 

6- Conclusion

 

Le mouvement occitan a toujours existé même s’il ne s’est pas toujours appelé ainsi ( sous la forme de révolte, comme celle des Etats du Languedoc, celle des camisards, celle de 1907...).

 

L’idée occitane a eu un écho considérable à partir du moment où elle a coïncidé avec les actions qui étaient menées par les différentes couches des populations occitanes.

 

A l’époque où on disait que le pays était voué à la mort à cause d’un colonialisme intérieur, les gens ont commencé à penser que c’était tout le monde qui devait lutter et que le premier point commun entre tout le monde était le fait d’être occitan.

 

La grande grève de Decazeville a eu un rôle décisif dans tout cela : ça a sensibilisé non seulement le bassin houiller mais aussi très profondément les habitants de ces régions occitanes qui ont compris comment un pays pouvait se vider et mourir. C’est à partir de cela que tous les autres problèmes ont pris de l’importance : l’aménagement, les difficultés de la viticulture, les usines que l’on ferme, le chômage...

 

Les luttes sociales sont porteuses de leçons et nous apprennent que les patrons, les monopoles, le pouvoir ne veulent reculer devant rien pour assassiner les pays. De plus, lorsque les luttent montent aux extrêmes, on voit se former un bloc uni : les patrons, les pouvoirs publics, les élus locaux, la police et même l’armée. Contre ce bloc, il faut opposer l’unité des populations entières en consolidant l’idée d’unité populaire. C’est dans les luttes, à partir des formes d’unités qu’elles suscitent, que se forge la conscience d’appartenir à un même Peuple de la Terre.

 

Ce qui fait la force de tout le mouvement occitan c’est surtout l’existence de ces grands combats de masse à travers lesquels tout un peuple se lève. Des chanteurs, des artistes, des écrivains, des groupes de jeunes qui font de la création et qui évoquent les injustices ou les luttes il y en a de plus en plus. Le rôle du mouvement culturel dans les luttes sociales est aussi un des moteurs dans le développement de soutien à ces luttes.

 

La jeunesse occitane doit développer son initiative dans des actions de popularisation, de soutien et de décisions en s’investissant dans des organisations déjà existantes ou en créant ses propres groupes de pression et ses mouvements pour prendre part aux différents débats sur l’actualité locale, régionale, nationale, européenne ou mondiale. Sans cela certains décideront à notre place de notre devenir et de celui de la planète.

 

C’est ce qui se passe aujourd’hui avec la mise en place de cette machine que représente l’Organisation Mondiale du Commerce qui veut contrôler toutes les activités humaines de notre planète.

 

Pour lutter efficacement contre cette marchandisation de la Terre, il est nécessaire que chacun, chaque institution se mobilise afin de fédérer le monde. Le mouvement occitan fait partie de ces forces vives qui doivent s’unir pour construire un monde solidaire. La spécificité de chacun ne doit pas entraîner de corporatisme dans les luttes qui agitent notre monde, mais elle doit être au service d’une avancée commune. En se fédérant ainsi, c’est le Peuple de la Terre qui décidera de son avenir.

 

Bibliographie

-  A. Dupuy, Histoire chronologique de la civilisation occitane (Tomes I, II, III), Editions Slatkine, 1998

-  A. Dupuy, Encyclopédie occitane, Editions Slatkines, 1997

-  J.Larzac, Descolonisar l’istòria occitana (Tomes I, II), Editions A Tots-IEO, 1980

-  I.Roqueta, A.Pradèl, J.Bodon, S.Mallet, Los carbonièrs de la sala, Editions Vent Terral, 1975

-  Michel le Bris, Occitanie : Volèm viure, Editions Gallimard, 1974

-  R.Lafont, Clefs pour l’Occitanie, Editions Seghers, 1971

 

 

Gardarem la Terra

 

Mercredi dernier Emgann-MGI a appris avec soulagement l'annulation du procès contre trois de ses militants, Gaël Roblin, Paskal Laizé et Kristian Georgeault.

 

Les détentions provisoires abusives, parfois officiellement justifiées par l'influence idéologique des détenus, les sévices et les pressions inadmissibles subis durant des années par les prisonniers politiques bretons, un procès essentiellement mené à charge, cette procédure d'appel en marge de la légalité, et jusqu'au tout récent pourvoi en cassation du parquet général, qui n'a que peu de chance d'aboutir, auront clairement démontré le caractère politique de l'acharnement judiciaire subi par les militants de la Gauche Indépendantiste, et visiblement décidé au sein même de l'appareil d'État français.

Nous n'oublions pas nos compatriotes qui sont toujours sous le coup de poursuites judiciaires en raison de leurs engagements en faveur du peuple breton. Mais nous reconnaissons dans l'annulation du procès contre nos camarades une réelle victoire, qui a pu se concrétiser grâce à la mobilisation et à la solidarité exprimées ces dernières semaines partout en Bretagne. C'est aussi une victoire de la Gauche Indépendantiste elle-même, qui, malgré la diffamation et la répression, a su rester une force politique en Bretagne. Les résultats électoraux des dernières élections ont réaffirmé la permanence et l'espoir liés aux revendications sociales, écologiques et nationales portées par Emgann.

Après toutes ces années de répression politique et de diffamations, les dizaines d'arrestations et plus de huit ans de procédure, nous pouvons considérer qu'une page de l'Histoire de la Gauche Indépendantiste est tournée. Ces dernières années ont vu la présence active des militants de la Gauche Indépendantiste sur les fronts sociaux, tout comme l'apparition de nouveaux mouvements revendicatifs et l'élection d'hommes et de femmes dans les conseils municipaux, s'appropriant clairement le discours d'une gauche bretonne décomplexée et claire sur la revendication nationale.

Forts de cette récente victoire, nous considérons qu'il est aujourd'hui temps d'entamer la rénovation de la Gauche Indépendantiste et de construire les outils politiques qui permettront au peuple breton de devenir maître de son destin national au sein d'une société juste et solidaire. Nous sommes évidemment ouverts à la discussion avec tous ceux, encartés ou non, qui souhaitent voir naître ces outils politiques au service du peuple breton. ■

 

Publié le 21/11/2008 (Agence Bretagne Presse)

 

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Halte à l’acharnement judiciaire et politique contre les militants indépendantistes bretons

 

Solidarité avec les militants indépendantistes Bretons !

Au cours de l’année 1999-2000 plusieurs dizaines de personnes furent arrêtées, et parfois incarcérées dans le cadre des enquêtes sur les attentats revendiqués ou attribués à l’Armée Révolutionnaire Bretonne. Beaucoup passèrent entre quatre et cinq ans en détention préventive dans l’attente d’un jugement. A l’issue de ce jugement qui survint en mars 2004, plusieurs d’entre eux (c’est le cas de Paskal Laizé et Kristian Georgeault) revendiquèrent leur appartenance à ce groupe clandestin et furent condamnés en conséquence. D’autres comme Gaël Roblin furent condamnés pour des faits relevant de délit, pour simple contact avec des militants clandestins.Au final, sa peine de prison sera inférieure au temps de détention préventive. Tous furent acquittés de toute participation directe ou indirecte à l’attentat de Quévert qui couta la vie à une jeune employée en avril 2000.

Kristian, Paskal et Gaël sont depuis libres après avoir effectués une longue peine. Ils ont repris tous les trois leur place dans la société bretonne.

Tous les observateurs (avocats, journalistes, public…) présents au moment du proçès soulignèrent l’absence totale d’éléments laissant penser à leur implication dans cette action. La cour en tira toute conséquence en les acquittant de ce fait (entre autres).

Pendant des années leur mise en examen pour cet attentat avait permis de les salir et de justifier de leur long emprisonnement préventif. 10 jours après ce verdict le parquet général décidait de faire appel de cette décision qui était pour lui un véritable camouflet. Toutefois, dans sa précipitation, le parquet ne fit appel que contre trois des acquittés et seulement pour une partie des faits jugés. Cela semble pour beaucoup d’observateurs se situer une fois de plus aux marges de la légalité judiciaire. C’est pourquoi le parquet a attendu, hésité plus de quatre ans avant d’audiencer ce nouveau procès en sorcellerie qui concerne notamment l’attentat de Quévert ! Il se déroulera du 17 au 28 novembre prochain devant la cour d’assises spéciale à Paris.

 

Pourquoi cet acharnement contre ces trois militants ?

 

Il s’agit, bien sur, pour le procureur de la République Française d’essayer d’effacer l’humiliation subit lors de l’acquittement de mars 2004. Ce procès s’inscrit de plus dans un contexte de répression généralisée contre tout ce qui conteste l’ordre Sarkozyste.

De plus, ces trois militants indépendantistes n’ont rien renié de leurs convictions. Ils ont continué à s’engager publiquement en faveur du droit du peuple breton à décider librement de son avenir, ils ont été de nombreuses mobilisations sociales et politiques (y compris au niveau électoral) contre la casse des services publics, la dérèglementation du droit du travail, la défense de l’environnement, et de toutes les initiatives antisarkozy.

Peut être ne partagez vous pas toutes leurs options politiques, mais on ne peut rester les bras croisés alors que ces militants risquent des années de prison pour des faits auxquels ils n’ont pas participé, alors même que l’accusation semble prendre quelques libertés avec le droit.

C’est pourquoi nous vous invitons à vous mobiliser :

-  En participant aux réunions d’information du comité de soutien à Gaël, Paskal et Kristian dans votre ville ou secteur.

-  En participant à la manifestation de soutien qui aura lieu le 15 novembre à Rennes autour du mot d’ordre « non à l’acharnement contre Gaël, Kristian et Paskal ! Abolition des lois antiterroristes ! » Faites nous savoir si votre organisation ou association s’y associera.

-  En faisant un don ou optant pour le prélèvement mensuel à Skoazell Vreizh (le Secours Breton) qui prend en charge depuis 1969 la solidarité financière avec les militants poursuivis ou emprisonnés pour leur engagement en faveur des droits du peuple breton.

 

Rennes, le 10 octobre 2008.

 

Article de HNS-Info

Carte des langues régionales
Carte des langues régionales

 

Mescladis e còps de gula

 

Blog dédié aux cultures et langues minorées en général et à l'occitan en particulier. On y adopte une approche à la fois militante et réflexive et, dans tous les cas, résolument critique.

 


 

 

   

LIENS  OCCITANIE

 

  •        PARTIT OCCITAN

http://partitoccitan.free.fr/

 

  • FEDERATION PROVENCALE DU PARTIT OCCITAN
  • Federacion provençala deu Partit Occitan

http://occi.free.fr/

 

  • Blòg autonomista - Lemosin

http://nhaclemosin.wordpress.com/

 

  •  PARTIT DE LA NACION OCCITANA

http://www.p-n-o.org/

 

  • LO CEBIER - La Letra Occitanista

http://locebier.free.fr/

 

  • OCCITANIE - site de la culture occitane

http://www.c-oc.org/

 

  • Prouvènço Liéuro !

http://www.provence-libre.150m.com/ (en langue provençale)

http://www.provence-libre.150m.com/index_fr.html (en français)

 

  •        ANARAM AU PATAC                                                                      (mouvement de la gauche revolutionnaire occitane)

                       http://pagesperso-orange.fr/anaram/

 

 

 

 

 

 

LIENS  BRETAGNE

 

 

 

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http://www.partibreton.org/

 

  •  Coordination Bretagne Indépendante et Libertaire

http://www.cbil.lautre.net/

 

  •  Bretagne Réunie

http://www.cuab.org/

 

  •  Diwan Breizh

http://www.diwanbreizh.org/

 

 

 

 

 

 

 

LIENS  CATALOGNE

 

 

 

LIENS PAYS BASQUE

 

 

  •         Pays National Basque

http://www.eaj-pnb.eu/fr/home.asp

 

  •  Eusko Alkartasuna

http://www.euskoalkartasuna.org/

 

 

LIENS  CORSE

 

 

  •         I VERDI CORSI

http://www.iverdicorsi.org/

 

  • CORSICA NAZIONE

http://www.corsica-nazione.com/

 

 

 

LIENS  ALSACE

 

 

  •        UNION DU PEUPLE ALSACIEN

http://www.cigogne.net/@Union-du-Peuple-Alsacien@.html

 

 

 

LIENS  SAVOIE

 

 

  •     MOUVEMENT REGIONALISTE DE SAVOIE

http://www.sav.org/fmvmt.html