Les commentaires racistes, antisémites, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne seront pas acceptés.

 

 

Adolf et Joseph...
Adolf et Joseph...

Srebrenica,

un crime européen

 

Par Bernard Dréano, Eros Sana (13 juillet 2010) in Basta !


Il y a quinze ans, huit mille hommes et adolescents étaient massacrés par les troupes bosno-serbes de Ratko Mladic. C’était le dernier massacre de la guerre la plus meurtrière qu’ait connue l’Europe depuis 1945 : 150.000 morts, soit en proportion autant que la première guerre mondiale en France. L’Europe continue de faire payer aux Bosniaques le prix de sa propre lâcheté.

 

Photo : commémoration du massacre de Srebrenica en juillet 2009

 

Ce massacre était tout sauf imprévisible. Au terme de la première année de combat, en 1992, trois « enclaves », peuplées de Musulmans Bosniaques, étaient encerclées par les troupes nationalistes Serbes de Bosnie et de Serbie. Srebrenica, la plus grande, Zepa et Goradze.

 

Après de multiples atermoiements, le refus des troupes françaises de l’Onu de livrer Srebrenica aux nationalistes serbes et la résistance de l’Armée Bosniaque à Goradze, l’ONU décide de décréter ces enclaves « zones de sécurité ». Srebrenica est placée sous la protection du bataillon néerlandais de l’Onu.

 

L’ONU abandonne les habitants


En juillet 1995, la guerre de Bosnie arrive à son terme. En coulisse, on discute déjà du partage du territoire. Mais les « zones de sécurité » empêchent la constitution d’un territoire serbe homogène dans la vallée de la Drina. On envisage, secrètement, d’en déplacer les populations Bosniaques Musulmanes. Comme depuis le début de la guerre de Bosnie, ces « initiatives diplomatiques » sont perçues par les nationalistes comme un feu vert pour agir : parachever l’épuration ethnique de l’ouest de la Bosnie qui n’a pas été complète en 1992-1993. Avec l’accord évident de Milosevic, le général Ratko Mladic, accentue sa pression militaire sur Srebrenica.

 

Très vite, il apparaît que, contrairement aux français quelques années plus tôt, les néerlandais n’ont nullement l’intention de résister. Ils évacuent progressivement leurs positions autour de la ville, les abandonnant aux milices serbes. Aucun appui aérien des forces de l’Onu, commandées à l’époque par le général français Janvier, ne vient contrecarrer les plans serbes.

 

Femmes déportées, hommes exécutés


Dès lors, le massacre est programmé. Comme depuis le début de la guerre, comme dans toute guerre d’épuration ethnique, le « vainqueur » veut frapper les esprits par des exactions, s’assurer du départ définitif de la population rejetée, empêcher tout rapprochement futur. Les casque bleus néerlandais assisteront sans réagir à l’arrestation et au tri de la population qu’ils étaient censés protéger.

 

Femmes et enfants sont emmenés dans des bus vers la ligne de front, les hommes seront exécutés à l’abri des collines boisées environnantes. Le dernier massacre ethnique de Bosnie ne fait que prolonger les massacres perpétrés par les mêmes forces dans la même région deux ans plus tôt.

 

Évidemment, l’ampleur de ce massacre là « fait tâche ». Il n’empêchera pourtant pas les négociateurs des accords de Dayton d’accepter la division ethnique de la Bosnie selon les lignes fixées par les massacres, à l’exception de Goradze, sauvée par sa résistance et ses habitants.

 

Impunité des criminels


Quinze ans après, la Bosnie reste régie par ces accords fixant le partage criminel. Le pays n’est plus en guerre, on peut y circuler, mais il n’est pas sorti du système créé par l’armistice de Dayton. Les Européens punissent les bosniaques de leur propre lâcheté en les maintenant dans un statut de souveraineté limitée et en leur imposant des visas pour circuler. Certains anciens criminels circulent librement grâce à des passeports croates ou serbes obligeamment délivrés par les pays voisins.

 

Le 4 juin dernier, lors d’une visite à Paris, Sven Alkalaj, du Ministre des affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine, rappelle cette triste réalité : « De nombreux citoyens de Bosnie-Herzégovine jouissent d’une autre nationalité, Serbe ou Croate. Ils ont donc un double passeport et peuvent circuler librement dans toute l’Europe. Alors que le reste de la population, surtout la jeunesse, est assignée à résidence. »

 

Quinze ans après, l’Europe devrait se souvenir non seulement du crime perpétré par Ratko Mladic et ses troupes, mais aussi de la passivité européenne qui l’a rendue possible.

 

Ratko Mladic est toujours en liberté.

 

Bernard Dreano et Eros Sana

 

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  • #1

    mouka (mercredi, 06 novembre 2013 13:29)


    Bonjour , à tous , je suis un étudiant et je souhaite que on converge les luttes contre ce qui nous empeche
    à bien faire les études , je veux dire que il y a à SAINT-DENIS Université les étudiants de l' université Paris8
    qui ont deposé les demandes de titre de sejour pour faire leurs études , mais la prefecture de SAIN-DENIS
    BOBIGNY n' a donné que 3 avis pour plus de 200 dossiers de sans papiers donc il y a un probleme alors nous
    ici à l' université Paris8 on vous soutient mais penser à parler aussi de nous qui voulons subir du leonarda...

    Je vous remercie!!!

Un prisonnier politique sioux aux Etats-Unis:

Léonard Peltier

Le Grand Soir 17 juin 2010

Leonard Peltier est en prison depuis 33 ans. Son Comité de soutien organise un rassemblement le 23 Juin de 18h à 20h place de la Concorde (angle Tuileries). En 2002, Jacques Bertet publiait dans le Monde Diplomatique un article toujours d’actualité

L’affaire Leonard Peltier


Depuis 1977, Leonard Peltier, indien, membre des tribus sioux, est emprisonné au pénitencier de Leavenworth, au Kansas, Etats-Unis. Il a 58 ans et purge une double peine de perpétuité, accusé du meurtre de deux agents du FBI. Il clame son innocence depuis vingt-cinq ans. Ses défenseurs soutiennent qu’il a été victime d’un procès politique et d’une condamnation « pour l’exemple », alors qu’il n’existe aucune preuve de sa culpabilité. Malgré la mobilisation internationale des défenseurs des droits humains et des amis des Indiens d’Amérique, Leonard Peltier est toujours emprisonné et son cas demeure peu connu du grand public.


Par Jean Marc Bertet( Ethnologue, spécialiste de la culture sioux lakota, Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris)

 

Souvent, parler des Indiens d’Amérique du Nord renvoie à des stéréotypes : plumes, bisons, tipis, etc. En 2002, environ trois millions d’Indiens, survivants du génocide commis par les colons et les militaires américains au XIXe siècle, vivent aux Etats-Unis. La réalité de leur vie quotidienne est très éloignée de tous ces clichés folkloriques. La majorité de ces peuples connaissent des difficultés économiques et des problèmes sociaux liés à la perte de repères identitaires ; ce qui a entraîné une forte présence de l’alcoolisme dans nombre de tribus. Malgré ces aspects négatifs, les Indiens demeurent des rescapés de l’histoire. Depuis trente ans, un renouveau culturel, social et économique a vu le jour dans les différentes tribus et réserves. Par leurs luttes continuelles, ces oubliés de l’Amérique ont réussi à obtenir une certaine amélioration de leur sort.

 

Leurs combats s’expriment au quotidien dans les centres communautaires des grandes villes ou au sein des réserves, loin des feux de l’actualité, ce qui contribue à l’oubli de leur cause. Ils luttent pour la reconnaissance de leurs cultures, de leurs langues, de leur identité.

 

Ces combats ont pris plusieurs fois un tour violent. D’abord, bien sûr, au XIXe siècle, lorsqu’ils tentèrent de préserver leurs territoires. En particulier les Sioux, un des peuples les plus puissants d’Amérique du Nord, qui étaient entrés en contact avec les Européens dès 1660 par l’intermédiaire de trappeurs français. Ces derniers furent nombreux à prendre souche : cela explique le nombre élevé de patronymes français dont Leonard Peltier.

 

A partir de 1854, les Sioux entrèrent en conflit avec l’armée américaine et tentèrent d’enrayer la progression des colons. Pendant vingt-cinq ans, sous la conduite de chefs mythiques comme Sitting Bull, Red Cloud et Crazy Horse, ils tinrent la dragée haute à l’armée, lui infligeant la fameuse défaite de Little Big Horn, en 1876, au cours de laquelle le général Custer fut tué. Après la mort de Crazy Horse en 1877, la soumission définitive de Red Cloud et l’assassinat de Sitting Bull en 1890, le massacre de Wounded Knee en décembre de la même année mit fin à la résistance des Sioux.

 

Parqués dans des réserves dans les Etats du Dakota du Sud et du Nord, les Sioux connurent l’humiliation, la misère, l’acculturation et la dépossession. Mais l’esprit de résistance continuait de les habiter. En 1934, une nouvelle loi présentée comme plus favorable créa des « gouvernements tribaux » élus par les Indiens. En fait, ces « gouvernements » ne représentaient pas les véritables aspirations du peuple sioux. Dans les années 1950, de nombreux Indiens furent contraints de partir s’installer dans les villes. Surtout des jeunes qui s’inspirèrent de la contestation politique de cette époque (Black Panthers, Portoricains, chicanos, opposants à la guerre du Vietnam...) et créèrent, en 1968, leur propre mouvement revendicatif, l’American Indian Movement (AIM). Sur le modèle du mouvement des droits civiques des Noirs, l’AIM prit très vite un essor considérable.

 

Leonard Peltier rejoint très tôt le mouvement (1). Il s’engage dans des actions militantes, participe à la lutte contre l’alcoolisme, à la distribution de nourriture et d’aides, à la création de programmes d’autosuffisance, à la restauration des activités religieuses traditionnelles, et soutient la renaissance des langues autochtones.

 

L’AIM entend attirer l’attention sur les conditions de vie dramatiques des Indiens par des actions spectaculaires mais non violentes. Peltier participe en 1970 à l’occupation du Fort Lawton où il rencontre les principaux dirigeants du mouvement : Dennis Banks et Russel Means. En 1972, il organise la Marche des traités violés qui se termine par l’occupation du Bureau des affaires indiennes à Washington et rencontre un formidable retentissement médiatique. Désormais, l’AIM va être considéré par le FBI comme une organisation « subversive » et ses chefs comme des « ennemis ».

 

L’administration du président Richard Nixon met alors en place le programme de contre-espionnage interne Cointelpro pour infiltrer et déstabiliser les organisations dites « subversives », dont l’AIM. En novembre 1972, accusé d’agression contre des agents du FBI, Leonard Peltier est emprisonné cinq mois, avant d’être acquitté, car l’affaire a été montée de toutes pièces pour le compromettre. Déjà.

 

Parallèlement, le FBI favorise l’élection à la présidence du conseil tribal de Pine Ridge (la réserve emblématique des Sioux) de Richard « Dick » Wilson, un « collaborateur » élu avec moins de 20 % des inscrits... Celui-ci a pour mission de remettre de l’ordre dans cette réserve considérée comme le sanctuaire des « agitateurs ». Avec des fonds secrets, Wilson crée une milice, les Goon Squads (Guardians Of Oglala Nation). Pour protester contre les brutalités des Goon Squads, les Sioux, aidés par des militants de l’AIM, occupent en février 1973 le village historique de Wounded Knee. Leonard Peltier participe à l’occupation. Les autorités assiègent le village pendant trois mois, hésitant à donner l’assaut, mais tuant deux Sioux. En mai 1973, les assiégés se rendent après avoir exigé que des négociations s’ouvrent sur les traités violés et les conditions de vie des Indiens.

 

Dans les mois qui suivent, Dick Wilson et ses Goons ont carte blanche pour s’en prendre aux opposants. Une vague de terreur s’abat sur Pine Ridge : 80 militants sont assassinés entre novembre 1973 et fin 1975... Face aux crimes des milices, les anciens appellent l’AIM à l’aide. Les militants, dont Leonard Peltier, interviennent et parviennent à ralentir fortement la répression des Goons. Ils s’établissent sur la propriété d’une famille amie, près du village d’Oglala, sur la réserve de Pine Ridge.

 

Un matin de juin 1975, la propriété se retrouve cernée par des Goons, des agents du FBI et une foule de policiers. Vers 11h30, deux agents fédéraux, Ronald William et Jack Cooler, pénètrent dans la propriété à la poursuite d’un jeune Sioux, Jimmy Eagle. A partir de cet instant, les témoignages sont confus : il semble que les agents aient tiré sur le véhicule conduit par Eagle. Croyant à une intervention des Goons, les militants ripostent. Les forces de police et les Goons passent à l’attaque. La fusillade éclate de tous côtés. Deux militants de l’AIM tentent de s’approcher de William et Cooler pour les désarmer. Ils les trouvent déjà morts...

 

Les membres de l’AIM décident de s’enfuir et, contre toute attente, y réussissent. Seul un jeune Sioux, Joe Suntz Killsright, sera abattu. Leonard Peltier a toujours affirmé être resté près de la maison et reconnaît avoir tiré mais n’avoir jamais visé William et Cooler. A la suite de cette fusillade, une gigantesque campagne médiatique tente de criminaliser le mouvement indien. La répression s’abat sur toutes les réserves. Quatre mandats d’arrêt sont lancés contre Jimmy Eagle, Dino Butler, Bob Robideau et Leonard Peltier. Butler et Robideau sont arrêtés rapidement. Peltier, craignant pour sa vie, s’enfuit au Canada.

 

Butler et Robideau sont jugés dans l’Iowa. Un jury populaire les acquitte, provoquant la fureur des autorités qui concentrent alors leurs efforts contre Leonard Peltier, unique accusé du double meurtre et que le FBI parvient à faire extrader du Canada.

 

Son procès a lieu dans la ville de Fargo (Dakota du Nord), région d’éleveurs hostiles aux Indiens. Le jury est d’ailleurs entièrement composé de représentants de cette catégorie sociale. Une campagne de désinformation est lancée. On parle de menaces d’attentats ou d’attaques armées des militants de l’AIM pour libérer Peltier... Englués dans cette paranoïa générale, les membres du jury sont transportés en fourgons blindés et isolés dans des lieux sécurisés.

 

Le juge décide que tous les témoignages de la défense relatifs au climat de terreur de l’époque sont irrecevables, ainsi que tous ceux qui peuvent mettre en cause le FBI ou les Goons. Il ne veut pas qu’on reparle des éléments ayant permis l’acquittement de Butler et Robideau.

 

En revanche, il ne réfute pas les témoignages de certains agents qui prétendent avoir vu Peltier tirer avec un fusil AR 15 sur William et Cooler. Un autre agent affirme avoir identifié Peltier grâce à la lunette de son fusil. Les avocats de Peltier démontrent qu’il est impossible d’identifier quiconque de l’endroit où se trouvait cet agent. Le juge ne retient aucune objection de la défense. Et sur des bases totalement floues condamne Leonard Peltier, par deux fois, à la prison à vie. Peltier fait appel mais la cour confirme la sentence. « Aucune preuve n’existe »

 

En 1981, des documents nouveaux vont permettre de lancer une nouvelle série d’appels. Un expert confirme à la barre que le fusil AR 15 ayant servi à accuser Peltier ne peut être l’arme qui a tué les agents car les douilles ne correspondent pas.

 

Dans son jugement du 22 septembre 1986, la cour d’appel conclut que le rapport balistique fourni lors du procès était « suspect » et déclare que cette nouvelle preuve crée seulement la « possibilité » et non la « probabilité » que Peltier ait tué les agents et admet que ce fait « aurait pu changer le verdict du premier procès ». Mais confirme la sentence !

 

La Cour suprême, en 1987, refuse de se prononcer sur le cas. En 1993, la commission de libération sur parole refuse une demande de mise en liberté. Lors d’une nouvelle audience, en 1995, Peltier est défendu par Ramsey Clark, ancien ministre de la justice. le procureur Lynn Crook admet qu’« aucune preuve n’existe contre Leonard Peltier » ! Il ajoute que le gouvernement ne l’a « jamais réellement accusé de meurtre direct » et que, en cas de nouveau jugement, « la justice ne pourrait pas le recondamner ». Toutefois, le Conseil de liberté conditionnelle estime qu’il ne peut le libérer, car Peltier continue de clamer son innocence, ce qui n’est « pas compatible avec la décision du jury ».

 

Il ne reste que la grâce présidentielle. En 1996, M. William Clinton affirme : « Je n’oublierai pas Leonard », mais à la fin de l’année 2000, après l’élection de M. George W. Bush, il ne fait rien. M. Bush n’étant pas un ami des minorités indiennes, l’espoir de voir Leonard Peltier retrouver la liberté s’amenuise.

 

Les opinions publiques, avec le soutien du Congrès national des Indiens d’Amérique, le Conseil national des Eglises, Amnesty International, et des personnalités comme le sous-commandant Marcos, Nelson Mandela, Mgr Desmond Tutu, Rigoberta Menchu, le dalaï-lama, ainsi que des dizaines de milliers de citoyens à travers le monde, luttent pour la révision du procès (2). Car il apparaît de plus en plus que le véritable crime de Leonard Peltier - « United States Prisoner 89637-132 » ­ est d’être un Indien et d’avoir eu le tort de défendre les droits essentiels de ces peuples premiers avec lesquels l’Amérique n’a pas encore réglé sa dette historique (3). De nombreux ethnologues et amis des Indiens s’inscrivent dans ce combat (4), qui est celui de la dignité volée à un homme en raison de son engagement politique et de son origine ethnique.

 

(1) Lire Leonard Peltier, Ecrits de prison. Le combat d’un Indien (préface de Danielle Mitterrand, avant-propos de Ramsey Clark), Albin Michel, Paris, 2000. Une magnifique pièce de théâtre, Ma vie est ma danse du Soleil, a été tirée de ce livre. Les éditions Albin Michel ont décidé de reverser l’intégralité des bénéfices réalisés par la vente du livre au Comité de défense de Leonard Peltier (LPDC) afin de soutenir la campagne pour sa libération.

 

(2) Il existe un Comité international de défense de Leonard Peltier : Leonard Peltier Defense Comittee (LPDC). Adresse : LPDC-International Office, PO Box 583, Lawrence, Kansas 66044, Etats-Unis. Site web :

www.freepeltier.org.

 

(3) Deux films ont été réalisés par Michael Apted sur l’affaire Peltier : le documentaire Incident à Oglala et Cœur de tonnerre avec Val Kilmer, Graham Green et Sam Sheppard.

 

(4) En France, le Comité de soutien aux Indiens d’Amérique (CSIA), 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris (tél. : 01-43-73-05-80 ; site web : www.csia-nitassinan.org) et le Comité de défense de Leonard Peltier, sous la direction de Sylvain Duez, relaient les informations et les actions à mener pour le soutenir.

 

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    Penasis (lundi, 15 octobre 2012 23:42)

    à lire

[TRIBUNE]

"La bête se porte bien, merci"

 

In Nouvel Obs 10/05/2010

 

Un rassemblement, soutenu par des partis de gauche et plusieurs associations, est organisé ce lundi soir devant l'ambassade d'Algérie à Paris, en signe de soutien aux femmes agressées à Hassi Messaoud. Nouvelobs.com publie le texte d'une militante et d'un journaliste algériens.


Un drapeau algérien. photo d'archives (AFP)  

"Oyez, oyez braves gens. En Algérie, il n’y a pas si longtemps, à Hassi Messaoud, une région des plus sécurisées, l’inadmissible s’est produit. Songez donc que, courant avril, à plusieurs reprises, des femmes ont osé se laisser violer ! Dépossédées par la même occasion de leurs biens, elles ont porté l’irréparable à son comble, elles ont porté plainte ! Ce fut, à l’évidence, proprement scandaleux.

 

En conséquence, faisant résolument face à ces actes gravissimes, commis en pleine nuit, contre des hommes méconnaissables (et pour cause, ils étaient encagoulés), les chefs d’inculpation retenus furent d’une extrême gravité. Mais, concernant des femmes qui n’avaient pas eu l’heur de se complaire dans le chômage qui les frappait ailleurs avant d’émigrer à Hassi Messaoud, il est évidemment inutile d’énumérer les point forts de l’accusation, que chacun, en son âme et conscience, connaît. Revêtue de l’autorité de la chose jugée d’avance, la sentence prononcée à leur encontre fut d’une sévérité exemplaire : l’érection sans délai ni préliminaires d’un mur de silence pudibond, purificateur, pérenne, fortifié, et reposant solidement sur la fondation de la législation familiale promulguée durant la bien nommée année 1984. Portant le nom du père, du frère, de l’oncle, ou, pour les besoins naturels de la natalité, de l’époux, les femmes ont toutes, depuis, et légalement, un Big Brother. Or, au faîte de la transgression du code social, elles se sont présentées seules au commissariat.

 

Circonstance aggravante, ces inconscientes sont des récidivistes ! Déjà, à l’été 2001, au même endroit, une centaine d’entre elles avaient commis les mêmes crimes, et elles avaient écopé de la même peine. Elles ont la mémoire courte !

 

Néanmoins, malgré la récidive, des circonstances atténuantes ont été accordée aux prévenues de leur condamnation anticipée. Car une des victimes, et pas la moindre, a été épargnée. Contrairement aux précédents forfaits, leurs proies n’étaient pas, cette fois-ci, guidés dans leur besogne par un prêcheur pieux, dont la sagesse ne pouvait prévoir que ces femmes allaient, à son appel, se laisser souiller par les martyres.

 

Neuf ans plus tard, cependant, pas davantage d’impunité ! Mais, dans leur mansuétude, les policiers chargés de recueillir les plaintes des agresseurs ont tenu compte de l’absence des agressés, évanouis dans l’anonymat. Aucun juge n’a donc été sollicité : il n’aurait rien eu à instruire, la coutume s’en est chargée. La police a fait justice elle-même. Il a suffi aux agents en service, magnanimes plutôt que d’engager des poursuites pour diffamation, de détourner le regard, de se boucher les oreilles et de continuer à parler d’autre chose.

 

L’affaire devait au demeurant en rester là, circonscrite à Hassi Messaoud. Mais c’était sans compter avec l’apparition de complices. Soumises à la question, les condamnées ont avoué être étrangères à ces complicités, qui, elles, se manifestent par ce curieux mécanisme communément appelé solidarité. Ce sont des individus rétifs au bon ordre, ils, ou plutôt elles, se meuvent en groupe. Plus dangereuses que les coupables prises en flag, il faut pourtant relativiser leur effet de nuisance à la tranquillité de tous. Ainsi, un quotidien d’Alger, El Watan, a certes longuement rapporté un travestissement de la réalité : il a tenté de faire passer les victimes pour des coupables. Peine perdue. L’auteure de l’article incriminé, une envoyée spéciale sur les lieux du crime, est, comme sa qualité l’indique, une femme. De même, un collectif d’associations dites solidaires s’est assurément constitué dans la capitale, mais il compte en son sein une écrasante majorité de "é" suivis de "e", un couple de voyelles à l’accent aigu, parfaitement identifiables, elles aussi.

 

Quant au rassemblement de solidarité devant l’ambassade d’Algérie en France le 10 mai au soir, cette action est essentiellement le fait d’immigrées, soutenues comme à l’accoutumée par des acolytes français(es) insensibles à la souffrance physique et psychique des hommes ayant subi les affres atroces d’un viol en bandes organisées. Toujours ce féminin pluriel qui sévit, même à l’étranger donc. En vain ! Conscientes des risques de répétition de l’agression caractérisée, les forces de bon sens ne lésinent d’ores et déjà sur aucun moyen. Aidées par une société majoritairement acquise aux vertus de la sérénité silencieuse face à l’ignominie, elles font leur le slogan "Plus jamais ça !".

 

par Sanhadja Akhrouf, militante féministe algérienne, et Wicem Souissi, journaliste indépendant, chroniqueur à la revue Hommes et Migrations


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1er Mai :

Déclaration commune

des organisations

ouvrières iraniennes

 

 

IRAN EN LUTTE 28 04 2010

Déclaration commune de dix organisations ouvrières d’Iran pour le 1er Mai 2010 :


Le 1er Mai est la journée de solidarité internationale de la classe ouvrière et un jour où les ouvriers protestent partout dans le monde contre la pauvreté et l’inégalité. En ce jour, dans le monde entier, des millions de travailleurs arrêteront le travail, prendront les rues et montreront leur colère et leur dégoût face à l’annonce des nombreuses catastrophes que le capitalisme inflige à l’humanité et leurs cris pour la libération de l’oppression et de l’exploitation.

 

 

Les protestations des travailleurs contre la brutalité du capitalisme et les inégalités retentiront partout dans le monde le 1er Mai alors que l’interdiction de la célébration de cette journée est effective en Iran, et de nombreux travailleurs qui avaient organisé le 1er Mai 2009 ont été jugés, emprisonnés et condamnés à de lourdes peines. Des dirigeants et militants ouvriers croupissent en prison pour avoir défendu leurs droits humains fondamentaux.

 

Avec une telle effroyable absence de droits sociaux pour les travailleurs dans conditions de trois décennies de système capitaliste en Iran après la révolution de 1979,  la réduction du salaire minimum à un quart en dessous du seuil de pauvreté et conduit à une absence de paiement régulier de ces salaires et les licenciements massifs de travailleurs, les contrats temporaires, ont imposé des conditions dignes de l’enfer à des millions de familles ouvrières. Aujourd’hui, plus que jamais, pour assurer le taux de profit du capital, des usines sont fermées et des subventions réduites, coupant ainsi les derniers fils pour la survie de millions de familles ouvrières pour remplir les poches des investisseurs.

 

Mais les travailleurs ont prouvé lors de la révolution de 1979 ainsi que ces dernières années, qu’ils ne toléreront pas cette misère, que malgré la prison et la répression, ils se lèveront avec le peuple contre les violations de nos droits humains les plus fondamentaux et que nous ne leur permettront pas de ruiner encore plus notre existence. Nous sommes les principaux producteurs des richesses et des marchandises dans la société et nous avons le droit à une vie humaine correspondante aux standards les plus élevés de la vie humaine d’aujourd’hui.

 

Dans ce contexte, nous protestons aussi contre les circonstances qui sont celles depuis le dernier Premier Mai, depuis que les masses en Iran ont été exposées à la suppression de leurs droits. Nous avançons les revendications suivantes et demandons leur effet immédiat :

 

1 –Nous sommes libres de nous organiser (indépendement du gouvernement et des employeurs), de faire grève, de protester, de manifester, de nous rassembler et de parler librement. C’est notre droit et les droits sociaux des travailleurs et de la population d’Iran doivent être reconnus inconditionnellement.

2 –Nous voyons le plan de coupes budgétaires dans les subvention (pour des subventions ciblées) et le salaire minimum à 303 tomans comme imposer graduellement la mort à des millions de familles ouvrières et revendiquons la suspension immédiate du plan de réduction des subventions et l’augmentation du salaire minimum à 1.000 tomans.

3 – Les arriérés de salaires ouvriers doivent être payés immédiatement et sans aucun prétexte pour ne pas le faire. Le non-paiement des salaires doit être jugé comme un crime et les dommages causés aux travailleurs doivent être payés.

4 – Le licenciement de travailleurs, quel qu’en soit le prétexte, doit s’arrêter et ceux qui sont sans-emploi ou qui ont atteint l’âge de travailler et prêts pour un emploi doivent percevoir une assurance chômage appropriée jusqu’à ce qu’ils soient employés.

5 – Nous voulons éliminer les contrats temporaires et la signature de contrats blancs et demandons la sécurité de l’emploi pour tous les ouvriers et travailleurs salariés en accord avec les plus hauts standards de santé et de sûreté. Nous de l’élimination de toutes les agences d’Etat ou contrôlés par l’Etat des lieux de travail.

6 – Nous demandons l’éradication de la peine de mort et la libération immédiate et inconditionnelle d’Ebrahim Madadi, Mansour Osanloo, Ali Nejati et de tous les militants ouvriers ou d’autres mouvements sociaux et l’arrêt des persécutions contre eux.

7 –Nous condamnons toute agression contre les protestations ouvrières ou populaires et voyons ce type de liberté d’expression comme un droit inaliénable de la population.

8 –Nous voulons l’éradication de toutes les lois qui discriminent les femmes et l’assurance de la pleine égalité et des droits inconditionnels des femmes et des hommes dans tous les domaines sociaux, économiques, politiques culturels et de la vie familiale.

9 – Nous voulons que tous les retraités profitent d’une vie prospère sans inquiétudes économique et l’élimination de toute discrimination dans le paiement des retraites et dans les cotisations pour leur sécurité sociale et leur santé.

10 – Le travail des enfants doit être éradiqué, et tous les enfants doivent bénéficier d’établissements éducatifs, de la santé et du bien-être, indépendamment de leur genre, race, religion ou du statut social et économique de leurs parents.

11 – Nous annonçons solennellement notre soutien à tous les mouvements sociaux d’émancipation, et dénonçons fermement les arrestations, jugements et emprisonnements des militant(e)s de ces mouvements.

12 – Nous annonçons notre forte solidarité avec les revendications des enseignants, infirmières et autres classes laborieuses de la société et nous considérons comme leurs alliés et appelons à la satisfaction immédiate de leurs revendications.

13 –Nous sommes partie intégrante des ouvriers du monde et condamnons les expulsions et toutes les formes de discriminations à l’encontre des immigrés afghans ou d’autres nationalités.

14 –Nous apprécions le soutien international avec les luttes ouvrières d’Iran et exprimons notre soutien inflexible à toutes les protestations et luttes des travailleurs à travers le monde ; nous nous considérons comme leurs alliés. plus que jamais, nous insistons sur la solidarité internationale de la classe ouvrière pour paver la voix vers la libération de la brutalité du système capitaliste.

15 – Le 1 Mai doit être déclaré jour férié officiel dans le pays et être inclus dans le calendrier officiel et toutes les restrictions à l’encontre de la reconnaissance de cette journée doivent être abolies.

 

Vive le 1er Mai !


Vive la Solidarité Internationale des Travailleurs !


Syndicat des Travailleurs de la Compagnie des Bus de Téhéran et Banlieue – Syndicat des Travailleurs du Sucre de Canne d’Haft Tapeh – Syndicat Libre des Ouvriers en Iran – Bureau de Fondation du Syndicat des Travailleurs du Métal et de la Mécanique – Bureau de Fondation du Syndicat des Peintres – Association des Electriciens et des Ouvriers du Métal de Kermanshah – Comité pour Poursuivre la Constitution d’Organisations Ouvrières Libres – Comité de Coordination pour Aider à Former des Organisations Ouvrières -  Association pour la Défense des Travailleurs Sans-Emploi et Licenciés de Saghez – Conseil des Femmes

 


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Taser et flashball,

la France va-t-elle

trop loin ?

 

PAR LAURENNE JANNOT in Libé 27/04/2010

Plusieurs policiers ont été mis en examen dans des affaires de tir de flash-ball suite auxquels

Plusieurs policiers ont été mis en examen dans des affaires de tir de flash-ball suite auxquels les personnes visées ont perdu l'usage d'un oeil.

(© AFP Jack Guez)

 

L'utilisation des flashballs et Taser doit-elle être plus encadrée? La question est posée par le comité contre la torture des Nations unies qui se penche aujourd'hui et demain sur le cas de la France. Parmi les inquiétudes, outre l'état des prisons et les conditions de garde à vue, l'utilisation des pistolets à impulsions électriques dits «Taser» et des flashballs.

 

Le comité s'appuie entre autres sur un rapport préliminaire rendu la semaine dernière par la commission nationale consultative pour les droits de l'homme (CNCDH), qui a déjà épinglé la France sur l'usage de ces armes et qui préconise «l'interdiction de ses armes» en prison et dans les centres de rétention.

 

Trois plaintes concernant un usage abusif du flashball par les forces de l'ordre lors de manifestations ont été instruites au cours de ces dernières années en France. Une arme qui n'a certes tué personne, mais les trois plaignants ont perdu l'usage, total ou partiel, d'un œil.

 

Concernant le Taser, un détenu du centre de rétention administrative de Vincennes avait été touché, en février 2008, par une décharge électrique au niveau de la poitrine. Une affaire également instruite par la commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), chargée de recueillir les plaintes concernant les débordements des forces de l'ordre.

 

Antoine di Zazzo, PDG de Taser France, répète que la polémique autour de l'arme n'a pas lieu d'être. «Le Taser n'impose rien au corps. Il enlève juste l'énergie présente dans le corps. C'est un peu comme quand on coupe l'électricité dans une pièce.» Selon lui, le Taser serait même l'arme «la moins dangeureuse de toutes.»

 

«Des armes de plus en plus dangereuses»

 

«Ces armes sont utilisées par facilité, elles évitent aux forces de l'ordre de prendre des risques. C'est la personne interpellée qui subit le risque», remarque Pierre Lyon-Caen, avocat général honoraire à la Cour de cassation et membre de la CNDS.

 

Pour le flashball, le risque est d'autant plus grand qu'il s'agit d'une arme particulièrement imprécise. Pour que celle-ci atteigne sa cible à l'endroit voulu, il faut que le tir soit porté sur une très courte distance et que l'objet soit immobile. Cas plutôt rare dans une manifestation.

 

Irène Terrel, avocate de Joachim Gatti qui, à la suite d'un tir de flash-ball à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en juillet 2009, a perdu l'usage d'un oeil, s'indigne de l'utilisation de ces armes alors qu'il existe, pour les cas de rassemblements publics, d'autres moyens de dissuasion comme les bombes lacrymogènes ou les lances à eau. «Les forces de l'ordre utilisent des armes de plus en plus dangeureuses et qui portent atteinte à l'intégrité physique de personnes prises au hasard. Et elles ne justifient cela que pour leur protection personnelle.»

 

Choix politique

 

Les forces de l'ordre sont théoriquement tenues d'apporter une réponse proportionnée au risque encouru, rappelle-t-on à la CNDS.

 

Outrepassent-elles leurs droits? Pour Fabien Jobard, chercheur au CNRS et spécialiste des questions relatives à l'ordre public, c'est avant tout l'organisation des forces de maintien de l'ordre qui est en cause, plus que les armes auxquelles elles ont recours.

 

«Les commissariats locaux sont dépouillés de leurs effectifs. La police est convertie en petites unités d'intervention rapide qui n'ont pas, à leur disposition, les éléments nécessaires, comme le renseignement ou la connaissance du secteur d'intervention.» Mal informées, mal préparées, envoyées sur un terrain qu'elles ne maîtrisent pas nécessairement avec l'obligation d'intervenir rapidement, les forces de l'ordre seraient donc tentées de recourir rapidement au maximum de force dont elles disposent, afin de s'assurer de la réussite de leur opération.

 

Selon Fabien Jobard, l'usage de ces armes résulte donc avant tout d'un choix politique. Recourir à ce type d'arme permet de réduire les effectifs, mais s'inscrit aussi dans la dynamique du tout sécuritaire qui trouve un écho dans l'opinion publique. Un constat que partage Luc Douillard, père du lycéen nantais qui a reçu une balle dans l'œil lors d'une manifestation contre la loi Pécresse en novembre 2007. «Cette arme est utilisée contre des droits légaux comme celui de manifester. On se demande si ce n'est pas une arme de terreur qui n'a finalement rien à voir avec le maintien de l'ordre.»

 

Pierre Lyon-Caen, de la CNDS, s'inquiète de la banalisation de ce genre d'armes. Aujourd'hui, seules la police nationale et la gendarmerie sont équipées en Taser. En septembre 2009, un arrêt du Conseil d'Etat a annulé une décision qui permettait à la police municipale de se doter de Taser, mais sans remettre en cause son usage. «Le décret a été annulé parce qu'il n'y avait pas de formation prévue pour les policiers municipaux. Il faut donc s'attendre à ce que la police municipale soit dotée à terme de ce type d'arme. Dans le climat actuel ultrasécuritaire, je doute que les pouvoirs publics n'abandonnent.»

 

 

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Massacre de My Lai, qui se souvient ?

Viet-Nam,

16 mars 1968...

 

Publié sur Rebellyon mardi 16 mars 2010

 

Cela fait quarante ans. L’armée américaine a mitraillé ce village vietnamien de My Lai, dans la province de Quang Ngai, ce 16 mars 1968 et a tué 504 villageois civils !

 

Cinq soldats américains avaient été pris dans des pièges du Front de Libération Nationale du Viet-Nam et en étaient morts. D’autres avaient été blessés les jours précédents dans des combats.

 

Le 16 mars 1968, les GI étatsuniens entraient dans le village vietnamien de My Lai, suspectant que des Vietnamiens du FLN s’y étaient réfugiés. Un lieutenant-colonel a alors ordonné à ses troupes de brûler les maisons, tuer le bétail, détruire les denrées alimentaires, boucher les puits.

 

Les troupes américaines pénètrèrent dans le village et arrivèrent à le boucler totalement sans trouver un seul combattant vietnamien. Certaines personnes civiles ont essayé de s’enfuir en courant, et même des femmes avec des enfants dans les bras, mais elles en furent empêchées. Les soldats étatsuniens ont bientôt commencé à s’attaquer à tout ce qui bougeait, humains et animaux, avec des grenades et des mitraillettes, aidés par des hélicoptères de combat.

 

Les soldats ont abattu des hommes non armés, des femmes, des enfants et des bébés. Des familles qui se terrent dans des huttes ou des bunkers ont été tuées sans pitié. Ceux qui levaient haut les mains ont été également assassinés. Ailleurs dans le village, d’autres atrocités étaient commises sur des femmes qui ont été victimes de viols collectifs. Des Vietnamiens qui se sont inclinés pour saluer les Américains ont été battus à coups de poing et torturés, matraqués à coups de crosse de fusil, poignardés à la baïonnette. Certaines victimes ont été mutilées avec la signature "Compagnie C" sculptée dans la poitrine. C’était un véritable carnage et des corps étaient éparpillés à travers tout le village de My Lai.

 

 

Des dizaines de personnes ont été parquées dans un canal d’irrigation et d’autres endroits et tuées à l’arme automatique. Un groupe important d’environ 70 à 80 villageois, raflés par le 1er peloton dans le centre du village, ont été tués personnellement par le lieutenant-colonel lui-même qui a ordonné à ses soldats de les incendier. Ce militaire fou a également fait la même chose à deux autres groupes de civils avec une arme prise à un soldat qui avait refusé de faire une nouvelle tuerie.

 

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My Lai, village et corps calcinés

Ce sont 504 civils qui ont été massacrés et parmi eux de nombreux vieux, femmes et enfants. Sur le mémorial de My Lai, à l’emplacement du massacre, ont peut y lire une liste de 504 noms de victimes du village avec des âges allant de un à quatre-vingt-deux ans :


-

 50 victimes étaient âgées de 0 à 3 ans
- 69 victimes étaient âgées de 4 à 7 ans
- 91 victimes étaient âgées de 8 à 12 ans
- 27 avaient plus de 70 ans.

 

L’armée américaine annonça une grande victoire et tenta de camoufler au maximun ce carnage de civils. Puis elle parla de la mort de seulement 128 personnes "ennemies"…

 

Peut-on parler d’ennemis quand il s’agit de bébés, de vieillards ou de personnes non armées et quand on vient envahir un pays ?

 

Peine de mort : Amnesty publie son rapport annuel

 



Des militants d'Amnesty International illustrent la peine de mort par des simulations d'exécutions (AFP)

Des militants d'Amnesty International illustrent la peine de mort par des simulations d'exécutions (AFP)

A l'occasion de la publication de son rapport annuel sur l'état de la peine de mort dans le monde, Amnesty International a, mardi 30 mars, appelé la Chine à la transparence sur le nombre d'exécutions auxquelles elle procède chaque année.
L'organisation de défense des droits de l'homme s'est refusée à publier ne serait-ce qu'une estimation du nombre des exécutions en Chine, pays le plus peuplé au monde, considérant que les chiffres habituellement avancés sont loin de correspondre à la réalité.
Quels que soient les véritables chiffres, ils sont de l'ordre de plusieurs "milliers" et "la Chine a exécuté (en 2009) plus de gens que dans le reste du monde entier", écrit Amnesty dans son rapport.
"Aucune personne condamnée à mort en Chine ne bénéficie d'un procès équitable, en accord avec les normes internationales", accuse l'organisation.
"Les autorités chinoises prétendent que moins d'exécutions ont lieu (que par le passé). Si c'est vrai, pourquoi ne disent-elles pas au monde combien de personnes l'Etat envoie à la mort ?", s'est interrogé Claudio Cordone, secrétaire général par intérim d'Amnesty.

 

Au moins 2.001 condamnés en 2009


Selon le rapport, au moins 714 personnes ont été exécutées dans 18 pays en 2009, principalement en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Au moins 2.001 ont été condamnées à mort dans 56 Etats.
Outre la Chine, les Etats qui ont recouru le plus facilement à la peine de mort en 2009 sont l'Iran (au moins 388 exécutions), l'Irak (au moins 120), l'Arabie saoudite (au moins 69) et les Etats-Unis (52).
L'ONG a affirmé que l'Iran avait exécuté 112 personnes dans les deux mois qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin et précédé son investiture en août.
Amnesty se félicite cependant que la cause de l'abolition a continué à progresser dans le monde l'an dernier. Le nombre de pays qui ont renoncé à la peine de mort pour tous les crimes est passé à 95, après que le Burundi et le Togo eurent changé la loi en ce sens.

 

De la décapitation à la lapidation


Neuf autres pays ont aboli la peine de mort pour les crimes ordinaires. Trente-cinq conservent la peine capitale dans leur législation, mais sont considérés comme abolitionnistes de fait, n'ayant procédé à aucune exécution depuis dix ans.
Cinquante-huit pays continuent à y recourir pour les crimes ordinaires. Les méthodes utilisées incluent la décapitation, l'électrocution, la pendaison, l'injection, l'exécution par balle et la lapidation.
"Le sceau du secret entoure la peine de mort dans des pays tels la Chine, le Bélarus, l'Iran, la Mongolie, la Corée du Nord et le Vietnam. Un tel secret est indéfendable", constate Amnesty.
En Asie, aucune exécution n'a été enregistrée en Afghanistan, en Indonésie, en Mongolie et au Pakistan en 2009, pour la première fois ces dernières années. La Thaïlande a procédé à ses deux premières exécutions depuis 2003.

 

Aucune exécution en Europe en 2009


Pour la première fois depuis qu'Amnesty a commencé à publier son rapport sur la peine capitale, aucune exécution n'a eu lieu en Europe en 2009. Le Bélarus a cependant exécuté deux personnes en mars 2010.
Le rapport accuse l'Iran et l'Arabie saoudite d'avoir violé les lois internationales en exécutant des personnes - au moins sept au total pour les deux pays - pour des crimes commis alors qu'elles étaient mineures.
Le Kenya, qui n'a plus procédé à aucune exécution depuis 1987, a commué en peines d'emprisonnement les condamnations à mort de 4.000 personnes, le plus important mouvement de ce genre jamais observé par Amnesty.
Au moins 17.118 personnes dans le monde faisaient l'objet d'une condamnation à mort à la fin 2009.

 

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Chine :

« Répression renforcée, contrôle élargi »

 

 

Ligue des Droits de l'Homme 02/03/2010

 

Trois lourdes condamnations sont tombées ce mois-ci qui mettent en pleine lumière les pratiques et le sentiment d’insécurité du régime : les 8 et 11 février, rejets des appels interjetés respectivement par Huang Qi (trois ans de prison) et Liu Xiaobo (onze ans) ; le 9 février, condamnations de Tan Zuoren à cinq ans de prison. La police contrôle les accès au tribunal et empêche l’entrée des sympathisants ; elle assigne les amis dissidents à résidence pendant la durée des procès.

 

Le régime se défend en recourant à l’accusation de « subversion du pouvoir d’État ». Par quoi se sent-il menacé ? par la demande de multipartisme inscrite dans la Charte 08 et par la dénonciation des malfaçons techniques liées à la corruption administrative dans la construction des écoles du Sichuan où sont morts tant d’enfants sous les gravats (Tan Zuoren). Quant à mettre en lumière, comme à fait Huang Qi, des détournements de l’aide destinée à la région sinistrée, il s’agit là bien de « détention illégale de secrets d’État ».

 

Liu Xiaobo, Tan Zuoren et Huang Qi commettent une autre faute : le premier a participé au mouvement démocratique de 1989 ; le deuxième en célèbre les mérites ; le troisième enfin a eu l’audace de publier sur son site 64tianwang (aujourd’hui fermé) des articles sur le massacre final de Tiananmen. Le pouvoir avait alors vacillé au point de devoir condamner le secrétaire général du parti.

 

Le durcissement du régime se manifeste en d’autres domaines. Le parti essaie de mieux surveiller les informations qui circulent sur l’Internet. Il souhaite unifier le contrôle aujourd’hui fragmenté sur au moins une douzaine d’organismes. Il décrète de nouveaux règlements contraignants pour l’enregistrement des sites après avoir abandonné son interdiction des domaines individuels. Il impose aux réseaux de cybercafés des dimensions considérables qui excluent les petits entrepreneurs, refuse l’usage des pseudonymes, exige des preuves d’identité. Il se sert d’une campagne contre la pornographie pour fermer les blogs des dissidents. Enfin, il dénonce « les forces hostiles qui, dans le pays comme à l’étranger, se servent de la toile pour diffuser de la propagande réactionnaire, s’engager dans des activités criminelles, s’infiltrer dans les réseaux et se livrer à des activités de sabotage ».

 

La fin des Jeux olympiques d’hiver porte à réfléchir sur les promesses faites pour les Jeux de Beijing en 2008. Cette année-là, selon le South China Morning Post, 1.700 personnes ont été arrêtées pour « tentative de subversion du pouvoir d’État », soit 742 de plus qu’en 2007. Allégé quelque temps pour séduire les journalistes, le dispositif de répression a été réinstallé et s’est intensifié. Quant à Jacques Rogge, élu à la présidence du C.I.O. en 2001 grâce aux voix chinoises et qui promettait la lune, il est toujours en place. La vigilance - plus ou moins sincère, plus ou moins cauteleuse - des gouvernements n’a duré qu’un seul été.

 

Les Droits de l'Homme en Chine
Le bulletin n°44 de février 2010, du groupe de travail « Chine » de la LDH est paru.
LES DROITS DE L’HOMME EN CHINE.pdf
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Bilan du Congrès mondial contre la peine de mort :

vers une abolition de fait en 2015 ?

 

Par Véronique Gaymard, in RFI, 27 février 2010

Le 4e Congrès mondial contre la peine de mort s’est achevé ce vendredi à Genève en présence de plus de 1 500 participants des cinq continents, après trois jours de rencontres et de débats pour tenter de trouver de nouvelles stratégies tendant à l’abolition universelle de la peine capitale. A ce jour, près de 140 Etats sont abolitionnistes de fait, mais le constat de ce Congrès est que pour inciter les 58 restants, tous les acteurs doivent travailler de concert, en impliquant les pouvoirs politiques.

 

L’enjeu principal : combiner les efforts de tous les acteurs

 

L’enjeu de ce quatrième congrès était de rassembler des acteurs de tous horizons : politiques, organisations intergouvernementales et ONG qui luttent pour l’abolition. Ainsi que d’associer les pays réticents afin de trouver les meilleures stratégies pour obtenir un moratoire de fait sur les exécutions et enfin l’abolition en droit.

 

L’appui des politiques à l’abolition de la peine de mort

 

Ce congrès a été marqué par le soutien important de plusieurs pays représentés par leurs ministres de la Justice ou des Affaires étrangères : en premier lieu la Suisse qui l’accueillait sur son sol et les Nations unies (l’inauguration s’est déroulée dans la prestigieuse salle des droits de l’homme et des civilisations décorée par l’Espagnol Miquel Barceló). Le déroulement de cette quatrième édition à Genève est symbolique, dans cette ville des droits de l’homme et hôte de nombreuses organisations membres de la coalition mondiale contre la peine de mort.

 

L’Espagne a marqué son attachement au combat contre la peine de mort, par la voix de son chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, président en exercice de l’Union Européenne, qui a fait spécialement le déplacement à Genève pour participer à l’inauguration le 24 février dernier.

 

M. Zapatero a lancé une feuille de route ambitieuse pour les cinq prochaines années, avec une série de propositions concrètes : la création d’une commission internationale sur la peine de mort complémentaire des organisations existantes, qui devrait être opérationnelle au deuxième semestre 2010, composée de hautes personnalités, dont la tâche sera de faire du lobbying pour l’abolition universelle. Le président du gouvernement espagnol a fixé pour 2015 un moratoire universel de la peine de mort, correspondant à l’année des objectifs du millénaire pour le développement. Cette feuille de route a été accueillie très favorablement par les organisateurs du congrès.

 

Les annonces et les promesses d’abolition : le Bénin, le Maroc et la Mongolie

 

Lors de l’inauguration et également à la cérémonie de clôture, plusieurs pays ont fait des déclarations de bonnes intentions prometteuses. Le président du Bénin Yayi Boni qui n’a pas pu être présent a dépêché son conseiller pour réitérer sa volonté d’inscrire l’abolition dans la constitution béninoise, pays abolitionniste de fait depuis 1993. Un projet de loi a été déposé au Parlement dans ce sens. L’Afrique pourrait être le prochain continent abolitionniste. Selon les organisateurs du congrès, les exécutions ont lieu essentiellement dans quatre pays : le Soudan, la Somalie, le Tchad et le Zimbabwe.

 

Mustapha Iznasni du Conseil consultatif des droits de l’homme du Maroc a également indiqué qu’un débat était lancé sur la peine de mort dans son pays, même si les juges condamnent encore à la peine capitale, bien qu’un moratoire de fait soit instauré depuis 1993. Le président de la Mongolie a adressé un message lu par un émissaire parlementaire, dans lequel il se prononce ouvertement pour l’abolition de la peine capitale dans son pays.

Pour tous les pays qui hésitent à franchir le pas, la question centrale est celle du courage politique dont les parlementaires pourraient faire usage ou non. Comme l’a rappelé à de nombreuses reprises tout au long de ces trois jours de congrès Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et artisan de l’abolition de la peine capitale en France en 1981, à l’époque, l’opinion publique n’était pas favorable à l’abolition.

 

58 pays pratiquent encore la peine de mort

 

La peine de mort recule dans le monde entier, mais les abolitionnistes ne crient pas victoire. Dans les années 1960, une trentaine de pays avaient aboli la peine capitale en droit, dans leurs textes législatifs ou leur constitution. La tendance s’est inversée depuis une quarantaine d’années, puisqu’à ce jour les deux tiers des pays dans le monde n’exécutent plus : 138 Etats ont donc aboli la peine de mort de fait, dont 94 en droit (impliquant l'inscription dans les textes de loi ou dans la constitution). L’enjeu se situe sur les 58 pays dits « rétentionnistes », qui continuent à la pratiquer. La tâche sera très rude pour inverser la tendance dans les cinq pays qui recensent près de 98% des exécutions : la Chine, l’Iran, les Etats-Unis et le Pakistan, même si ce dernier, à la faveur du changement de gouvernement pratique désormais un moratoire de fait.

 

Des avocats et des militants abolitionnistes étaient présents lors de tables rondes consacrées à la situation dans leurs pays respectifs. Parmi eux, l’avocat chinois Tianyong Jiang, régulièrement harcelé pour ses prises de position, également l’avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, qui a insisté sur le nécessaire retour à la démocratie dans son pays, le seul chemin qui pourrait permettre une abolition de fait en Iran, où selon elle la peine de mort est utilisée comme un instrument de terreur pour faire taire les opposants, et s’exerce également à l’encontre de mineurs.

 

Une soirée « Paroles de victimes » et des témoignages du couloir de la mort

 

Au cours d’une soirée consacrée aux victimes de violences jeudi soir, plusieurs personnes dont des proches qui ont été assassinés sont venues expliquer leur engagement contre la peine de mort, contre ce sentiment de vengeance. C’est la position de Renny Cushing, dont le père a été assassiné il y a vingt ans. Il a toujours refusé la peine de mort, cette vengeance œil pour œil, dent pour dent. Président de l’Association des familles de victimes d’assassinats, qui se bat pour le respect du droit à la vie comme l’un des fondements des droits de l’homme, sa parole a beaucoup de poids et le mouvement abolitionniste s’est enrichi de la prise de position de ces familles de victimes, pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui pensent que celui qui a eu un proche assassiné sera inévitablement pour le châtiment suprême à l’encontre du meurtrier.

 

Des enfants de condamnés à mort se sont constitués en association, « Kids against death penalty », (les enfants pour l’abolition de la peine de mort). Sandrine Ageorges-Skinner , militante abolitionniste depuis plus de trente ans, a témoigné sur le sort de Hank Skinner condamné à mort au Texas, avec lequel elle a entretenu une correspondance depuis 1996, et qu’elle a épousé par procuration en octobre 2008. La date d’exécution de Hank Skinner avait été fixée au 24 février , date de l’inauguration du congrès contre la peine de mort. Cette date a finalement été reportée au 24 mars, Hans Skinner est en sursis, pour un crime dont il clame son innocence depuis qu’il a été arrêté puis condamné à mort.

 

Un des nombreux temps fort de cette soirée, c’est lorsqu’on a pu entendre en direct la voix de

 

Mumia Abu Jamal

 

, l’un des plus médiatiques condamnés à la peine capitale et dont les jours sont comptés. Un téléphone lui a été passé à travers les barreaux de sa cellule, en lien avec son avocat présent à Genève, il a insisté sur les ravages que cause cette peine capitale parmi les familles, les enfants, et la société.

 

Déclaration finale : en route pour l’abolition de fait en 2015

 

La clôture de ce quatrième congrès s’est achevée ce vendredi par une déclaration finale, remise à la haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Navi Pillay par trois enfants de familles de condamnés à mort au Texas, visant à ne pas baisser les bras malgré les progrès vers l’abolition. Le texte appelle les 58 Etats qui ne l’ont pas encore fait à abolir définitivement la peine capitale dans les textes, et les Etats abolitionnistes à tout mettre en œuvre pour les convaincre. Les organisations internationales et régionales auront aussi la tâche de convaincre leurs Etats membres de voter pour les résolutions.

 

Une troisième résolution de l’ONU prônant un moratoire sur les exécutions devrait être votée fin 2010, lors du dernier vote en 2008, 104 Etats s’étaient déclarés favorables. De son côté le haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU appelle les Etats à ratifier le 2e Protocole facultatif au Pacte relatif aux droits civils et politiques, qui bannit définitivement la peine de mort. A ce jour, 72 Etats l’ont ratifié.

 

Robert Badinter a appelé à ne pas cesser la pression et a demandé un moratoire non seulement sur les exécutions, mais aussi sur les condamnations à mort.

 

Robert Badinter, ancien ministre français de la Justice

Extrait du discours inaugural du 24/02/2010

 

"Jamais, nulle part, la peine de mort n'a été une arme contre la criminalité sanglante".

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NAJLAE, 19 ans,

battue et expulsée


 

EXPULSION.
Libé Orléans
(Article paru dans le quotidien Libération du 22 février 2010)

Najlae, une Marocaine de 19 ans qui a fui son pays à l’âge de 14 ans afin d’éviter un mariage arrangé par son père, vient d’être expulsée sur ordre de la préfecture du Loiret. Sa faute ? Avoir franchi la porte de la gendarmerie de Château-Renard pour y déposer une plainte. Son hébergeur de frère l’avait, deux jours auparavant, rouée de coups. «Il avait trouvé un mégot de cigarette dans sa chambre», explique Chantal Parisot, la mère d’une copine de Najlae. «Violent par habitude, il a saisi un manche d’aspirateur et un fer à lisser pour la frapper. Ce n’était pas la première fois…». 

Bilan: huit jours d’incapacité de travail et un gendarme qui contrôle son identité, prévient la préfecture de son statut d’irrégulière et place en garde-à-vue Najlae, victime devenue coupable.

 

Samedi matin, à 4h40, Chantal Parisot reçoit un appel l’informant du transfert de Najlae vers Orly, puis de son renvoi vers le Maroc où elle a été de nouveau arrêtée dans l’attente de son jugement.

Il s’agit, en quelques mois, du quatrième cas de femme battue et menacée d’expulsion – ou expulsée - dans le Loiret. Une situation qui scandalise Dominique Tripet, du Collectif Orléanais des Droits des Femmes: «C’est une violence inouïe de la part de nos autorités que d’infliger à la victime une nouvelle maltraitance. Heureusement que l’année 2010 a été déclarée grande cause nationale dans la lutte contre les violences faites aux femmes!». Et la militante associative de rappeler les cas de «Fatima victime de violences conjugales et dénoncée mensongèrement à la préfecture par un mari agresseur» et de «Loubna maltraitée, enfermée, menacée, escroquée et dépouillée de tous ses biens».

 

Même indignation du côté de la Cimade pour qui cette «expulsion justifie la campagne nationale pour contrer les violences faites aux femmes» qu’elle vient d’engager. «Une commission ad hoc a déjà recueilli plusieurs de nos propositions, mais nous appelons les citoyens à saisir leurs parlementaires pour que des dispositions spécifiques conduisent à mieux protéger toutes les femmes de ces violences conjugales, y compris les femmes d’origines étrangères qui aujourd’hui subissent une double peine», explique Marie-Noëlle Vitry, militante à la Cimade pour le Centre-Ouest.

 

Autre réaction, celle de Christophe Rossignol, conseiller régional (Verts) du Centre et président de la commission Relations internationales: «Dans l’élan de la pensée des lumières, la France a fait des Droits de l’Homme une valeur universelle. Rappelons au préfet du Loiret la Déclaration universelle des droits de l’Homme, en particulier l' article 3 «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne» et l'article 9 «Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé», et soyons nombreux à réagir pour que Najlae puisse revenir en France saine et sauve».

 

Mais aussi celle de Michel Ricoud, conseiller général communiste du Loiret: «L'expulsion de  Najlaé est absolument abominable. Mais dans quel monde vivons-nous ? Voilà une jeune femme de 19 ans qui, pour échapper à un mariagé forcé, est arrivé en France. Battue par son frère, le "soutien" apporté par la Préfecture et la gendarmerie à Najlaé a été l'expulsion vers le Maroc ! C'est une honte».

 

Chantal Parisot, elle, n'en revient toujours pas de la réflexion adressée par les gendarmes: «De recueillir des personnes en situation irrégulière peut vous amener à des poursuites. Nous vous le disons à titre indicatif».

 

Une manifestation de soutien est prévue le 6 mars à Château-Renard. Deux jours avant la journée internationale du Droit des femmes.

 

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Les mineurs toujours

sous le joug de la peine de mort

 

IRAN en LUTTE 14 02 2010

Article publié le 14 février 2010 par Gabon Eco :

 

En Iran, la loi permet encore des condamnations à mort pour des faits commis par des mineurs de moins de 18 ans, pourtant prohibée dans la déclaration universelles des droits de l’enfant. L’ONG Amnesty International a recensé 138 exécutions de mineurs depuis 1990 alors que les initiatives se multiplient pour tenter d’abolir cette disposition dans la loi iranienne.

 

Vingt-quatre ONG, dont Amnesty International, Terre des hommes et Human Rights Watch, mais aussi des ONG d’Egypte, du Yémen, du Maroc, de Turquie, d’Iran, et de Bahreïn tentent depuis plusieurs années d’interpeller les autorités iraniennes pour l’abolition de la peine de mort pour les mineurs, encore en vigueur dans ce pays.

 

«La Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant interdit la peine capitale ou l’emprisonnement à vie pour des infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans», rappelle Jean Zermatten, directeur de l’Institut international des droits de l’enfant.

 

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est seulement en 2005 que la Cour suprême des Etats-Unis a renoncé aux condamnations à mort de mineurs, invoquant l’immaturité, la vulnérabilité et l’absence de preuve qu’un enfant est irrécupérable.

 

L’Iran a signé le Pacte international des droits civils et politiques, et la Convention des droits de l’enfant, mais en apportant à cette dernière une réserve qui lui ôte toute portée : «ne pas appliquer les dispositions ou articles de la Convention qui sont incompatibles aux lois islamiques».

 

En Iran, l’âge de la majorité pénale est de 15 ans pour les garçons et 9 ans pour les filles. Dès 15 ans, un garçon est donc considéré comme majeur et peut être condamné à mort, mais sur ce point, les autorités iraniennes sont toujours obligées de jongler entre leurs lois et leurs engagements internationaux.

 

Ainsi, pour une condamnation à la peine capitale sur une personne de moins de 18 ans, la justice iranienne s’est fixé l’obligation tacite d’attendre 18 ans pour mettre la sanction à exécution.

 

Il convient par ailleurs de préciser que dans le droit iranien, la peine capitale pour les mineurs n’est pas considérée comme une exécution mais comme une «réparation» de la souffrance des victimes, car seule la famille de la victime peut pardonner ou accepter une indemnisation à la place de l’exécution.

 

L’exemple le plus probant, et certainement le plus insolite, de l’application de cette loi, reste celui du jeune Sina Paymard, un jeune iranien condamné à mort pour un meurtre qu’il avait commis à l’âge de 16 ans, en octobre 2004.

 

Toxicomane, pris en charge épisodiquement par un psychiatre, il s’était rendu dans un parc de Téhéran pour acheter du cannabis. La transaction s’était mal passée et Sina avait porté un coup de couteau fatal à l’homme auquel il essayait d’acheter de la drogue. Le tribunal de Téhéran l’avait condamné pour meurtre à la peine de mort, à titre de peine de rétribution, et la sentence avait été confirmée par la Cour suprême.

 

L’exécution avait été fixée au 20 septembre 2006, soit deux semaines après son dix-huitième anniversaire. Alors qu’il était sur la potence, Sina avait exprimé comme dernière volonté de jouer du ney, une flûte orientale.

 

«C’était la dernière volonté de Sina avant son exécution. Il a commencé à jouer et toutes les familles se sont mises à pleurer. L’une des femmes, qui était apparemment l’une des représentantes de la famille de la victime, est allée voir notre famille et a accepté le prix du sang (diyeh). Puis elle est allée vers les autres membres de la famille de la victime et ils l’ont écoutée», raconte le père du jeune Sina.

 

La justice a sursis à l’exécution pour deux mois, dans l’attente des négociations. Mais la famille de la victime exigeait l’équivalent de 125 000 euros, soit environ 70 ans de salaire d’un fonctionnaire. La famille de Sina était parvenue à réunir 85 000 euros. Une somme insuffisant et la condamnation à mort de Sina a du été reprogrammée au 18 juillet 2007, malgré la pression des ONG internationales.

 

C’est alors qu’un mystérieux universitaire avait versé le solde de la caution à titre humanitaire. Un inconnu resté anonyme et pour la majorité de la population, c’est le gouvernement iranien qui a versé l’argent pour débloquer la situation face à la pression internationale. Sina avait finalement été libéré le 24 décembre 2007.

 

Une histoire qui met en relief toutes les enjeux moraux et diplomatiques d’une telle législation, mais aussi les difficultés d’accorder le droit national et international.

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La lutte des femmes d'Iran est celle de toute l'humanité !

 


Le Manifeste de la Libération des Femmes d'Iran indique très justement : « Avec le renversement de la République Islamique, nous tendrons une main solidaire à des millions de femmes dans les pays soumis à l’Islam, qui sont prisonnières des États et des gangs islamistes, des adorateurs de l’honneur et des traditions chauvinistes-mâles islamiques. »

 

Les révolutions et les contre-révolutions, où qu'elles aient lieu, ont en effet toujours une répercussion internationale. Ce fut le cas pour la révolution française de 1789, la Commune de 1871, la Révolution russe de 1917, comme ce fut le cas pour la contre-révolution islamique de 1979, avec la prise du pouvoir de Khomeini contre l'aspiration populaire à la liberté et à l'égalité. Avec l'instauration de la République Islamique s'est développé un courant réactionnaire, l'Islam politique, qui a frappé l'ensemble du monde dit « arabo-musulman », avec les mêmes slogans misogynes et les mêmes méthodes terroristes contre les femmes. En Iran, le Hezbollah criait, en 1979, « le voile ou les coups », et au fil des jours, les matraques se sont transformées en couteaux, puis les couteaux en fusils. On peut changer les dates et les lieux, ces mêmes slogans ont été hurlé par les islamistes en arabe, en kurde, en dari ou en ourdou. Ils ont d'abord fait des « pressions amicales », puis jeté des pierres, puis menacé, et exclu des écoles pour voiler les femmes dans la bande de Gaza ; organisé des campagnes de terreur pour imposer le hidjab en Algérie ; enfermé les femmes sous la burqa en Afghanistan... Ce voile était un drapeau pour rendre les femmes invisibles, et imposer un véritable apartheid sexiste. Si on trouve dans les courants islamistes des alliés des régimes en place, voire des supplétifs aux armées régulières comme le fut le Hezbollah turc au Kurdistan, et des opposants, des « anti-impérialistes » et des membres de gouvernements au service de l'occident, il y a un point fondamental, essentiel, sur lequel se rejoignent tous les courants de l'Islam politique, leur haine et leur guerre permanente contre les femmes et leur liberté.


Bien sûr, il serait absurde de considérer que l'oppression des femmes est née avec l'islamisme. L'oppression des femmes est la première et la plus ancienne des oppressions qu'a connu l'humanité. Et les femmes subissaient déjà les mariages forcés, les meurtres « d'honneur », l'excision, les violences en tout genre bien avant 1979. Mais, comme s'ils prenaient en compte ce principe que l'on mesure le degrés de liberté d'une société au degrés de liberté des femmes, les islamistes ont toujours d'abord attaqué les femmes pour enfermer toute la société dans une prison médiévale. Au nom de la religion et pour s'appuyer sur tout ce est le plus réactionnaire, les islamistes ont défendu les plus rétrogrades traditions patriarcales, comme l'excision en Egypte, les meurtres d'honneur en Jordanie, les mariages et le viol qui s'en suit de fillettes en Arabie Saoudite, et ont réintroduit des atrocités comme la lapidation en Iran, en Somalie ou au Nigéria. Bien des régimes aussi, sans être officiellement islamiques, se sont appuyés sur ces groupes et partis réactionnaires pour imposer des reculs pour les droits des femmes, comme le code de la famille en Algérie.

 

Mais depuis juin 2009 et le mouvement révolutionnaire en Iran, les femmes et jeunes filles aux premiers rangs des manifestations, des protestations et des affrontements avec les forces de répression ont montré aux réactionnaires qui les considèrent comme des « moitié d'humains » qu'elles pouvaient les combattre et elles montrent, surtout, aux femmes du mode entier que la résistance et la libération sont possibles. Elles démontrent, non pas sur du papier mais dans les faits, que la soumission et l'esclavage peuvent être brisés. Chaque recul de la République Islamique est un recul des islamistes et des réactionnaires partout dans le monde, et le renversement du régime des mollahs en Iran ouvrira la perspective d'écraser partout ceux qui ne rêvent que de maintenir voir de renforcer l'oppression patriarcale, d'enfermer les femmes sous des voiles, et de barrer la route aux aspirations universelles à la liberté et à l'égalité.

Car, contrairement aux discours des réactionnaires et aux idéologies sur le relativisme culturel et le choc des civilisations, il n'y a pas des femmes « musulmanes » à opposer aux femmes « occidentales », mais uniquement des êtres humains qui aspirent à profiter de la vie, à aimer qui elles veulent, et à profiter de toutes les richesses matérielles, intellectuelles, culturelles et sociales que le 21ème siècle pourrait offrir à l'humanité. Qui peut décemment penser qu'il y aurait des fillettes qui souhaiteraient être excisées ? Des gamines qui rêveraient d'être mariées de force et violée à 9 ou 10 ans ? Des jeunes filles qui voudraient être tuées « pour l'honneur » ? Des femmes qui aimeraient être lapidées ? Qui se réjouissent d'être des citoyennes de seconde zone ? Qui sont heureuses de devoir, même à 40 ou 50 ans passés, demander l'autorisation d'un tuteur masculin, mari, frère, père ou oncle, pour pouvoir se marier, quitter le pays, ou travailler ?

 

Les défenseurs du relativisme culturel et du choc des civilisations peuvent bien théoriser ce qu'ils veulent, il n'y a pas une femme au monde qui souhaite être battue, violée, ou discriminée. Et c'est bien parce qu'elles n'en peuvent plus de subir toute cette oppression, que tant de jeunes femmes d'Afghanistan ou du Kurdistan s'immolent par le feu pour fuir une vie faite de souffrances. A toutes celles qui ne voyaient pas d'autre alternative que la souffrance ou la mort, la révolution féminine en Iran apporte une voix d'espoir, celle d'une vie meilleure, libérée de l'oppression.

 

La révolte des femmes d'Iran fait battre le coeur de millions et de millions de femmes qui crèvent des traditions rétrogrades et des pressions réactionnaires. Elle résonne dans les coeurs des Algériennes en lutte contre le code de l'infamie et des Pakistanaises pour l'abrogation des lois Hudood, dans celui des Kurdes révoltées par la barbare mise à mort de Doa Khalil et des Afghanes qui se lèvent contre les lois misogynes du gouvernement Karzaï dignes de celles des Talibans, dans celui des Irakiennes qui refusent la Charria imposée par le gouvernement mis en place par le militarisme US et dans celui des Syriennes qui réclament la criminalisation des meurtres « d'honneur », dans celui des fillettes du Yémen, qui comme Nojoud, refusent d'être mariées à 10 ans et dans celui des Soudanaises et Égyptiennes qui ne veulent plus être mutilées.

 

En avançant la revendication d'égalité totale entre les femmes et les hommes, de la destruction de l'apartheid sexiste, et de l'abolition de toutes les lois religieuses et codes traditionnels qui enferment les femmes, les Iraniennes ouvrent la perspective d'une formidable et radicale révolution féminine et anti-patriarcale. Ce souffle de la liberté se transformera en une tempête qui balayera non seulement la République Islamique et ses mollahs, mais aussi Karzaï et les Talibans, la dynastie Al Saoud, les émirs et les dictatures policières ou militaires, les prédicateurs qui justifient les violences contre les femmes et plus largement tous les défenseurs de la réaction religieuse et des traditions misogynes. En ce sens, cette révolution ne vengera pas seulement toutes les Neda, Taraneh, Delara et autres iraniennes victimes de trente ans de régime misogyne, mais aussi toutes les Yousra Al-Azam, Nahla Hussain, Aicha Ibrahim Duhulow, et toutes celles qui, d'Algérie au Bangladesh ont été assassinées par les brutes islamistes, ainsi que toutes les Doa Khalil, Banaz Mahmod, Meryem Sökmen, Hatin Surucu, Hamda Abu-Ghanem et autres victimes des traditions patriarcales les plus rétrogrades.

 

Par leur radicalité et leur combativité, les femmes d'Iran démentent aussi tous les discours des diplomates et intellectuels occidentaux sur les « transformations progressives », la nécessité de changer les choses lentement et « pas à pas », comme si au nom de telle ou telle « culture », « tradition » ou « religion », on pouvait accepter que les droits humains les plus basiques des femmes soient violés. Les Iraniennes ont répondu à ces discours creux et pourraient reprendre ces mots de Nadina El Bedair, journaliste féministe saoudienne : « Les gens disent que les choses vont changer lentement et je leur dis toujours que nous n'avons pas le temps pour que cela change lentement (...). Les gens qui devraient changer sont les gens islamiques et traditionnels, mais je n'ai pas à attendre qu'eux changent leurs idées, je dois changer ma vie parce que je n'ai qu'une vie, qu'une seule chance de vivre ma vie et je veux la vivre comme j'en ai envie et pas comme les islamistes le veulent ». Affrontant la mort par soif de vie, les Iraniennes rappellent face à tous ceux qui ont voulu enterrer cette perspective, que la révolution est la seule voie pour briser l'oppression.

En ouvrant, au coeur d'une région ensanglantée par les guerres, le racisme, le machisme et l'intégrisme religieux, un troisième front, libérateur, féministe et égalitaire, face à l'impérialisme et à l'Islam politique, les femmes d'Iran et les hommes qui luttent à leurs côtés, ouvrent la possibilité d'un Moyen-Orient où il fera bon vivre pour toutes et tous, sans que soient prises en compte les fausses identités religieuses, nationales ou ethniques, où non seulement chaque humain pourra exprimer, sans risque, son opinion mais où les femmes pourront même parler de leurs amants, et pour certaines de leurs amantes, sans aucune crainte. Et bien au-delà du Moyen-Orient, en brisant un régime théocratique et misogyne, la révolution féminine en Iran sera un point d'appui considérable pour celles qui, de Pologne aux Etats-Unis, doivent affronter l'Eglise catholique ou les fondamentalistes protestants pour obtenir ou défendre le droit à l'IVG. Suivant le principe que la liberté des femmes mesure le degrés de liberté de toute la société, les femmes en Iran, en revendiquant aussi l'abolition de la peine de mort, la libération des prisonnier(e)s politique et la liberté d'expression, redonnent y compris espoir à Mumia Abu Jamal et aux enfermés des couloirs de la mort, aux anarchistes emprisonnés de Serbie, aux syndicalistes assassinés de Colombie, et à toutes celles et tous ceux qui, où qu'elles ou ils vivent, subissent le poids de la répression étatique, des discriminations, et de l'exploitation capitaliste.

 

Si le pouvoir institué par les ayatollahs a lancé dans le monde entier le slogan misogyne « le voile ou les coups », la révolution féminine en cours en lance un autre, doux et tendre comme des mots d'amour, « ni voile ni coups, liberté ! Égalité ! ».

30 janvier 2010

 

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OUVREZ RAFAH pour AYMAN !

 

Open Rafah for Ayman !


Together we can make a difference for Ayman, and for Palestine.

 

 

Ensemble nous pouvons changer le sort d’ Ayman

Ensemble nous pouvons changer le sort de la Palestine.

Ayman Talal E. Quader est palestinien. Il est né le 19 juillet 1986 à Gaza et a toujours vécu dans la capitale, Gaza. En tant que jeune étudiant palestinien qui aime sa patrie et a toujours rêvé de liberté pour son pays, Ayman a travaillé très dur pour réaliser un des buts les plus importants dans sa vie, gagner une bourse pour poursuivre un master européen. Ayman a obtenu une bourse pour suivre un cursus en Espagne à l'Université Jaime I de Castellón et obtenir une Maîtrise internationale sur les thèmes de la Paix, du Conflit, du Développement" intitulée "Maîtrise de Paix".

Ayman a reçu un visa comme étudiant espagnol pour pouvoir mener à bien son cursus universitaire qui commence en Février 2010 et prendra fin en Mai 2012.

"Je désire avant tout qu'on me donne la possibilité d'apprendre et d'étudier comme j'en ai le droit. Droit qui normalement est octroyé et reconnu par toutes les résolutions internationales ainsi que par les Nations Unies.

Je n'espère pas un miracle mais un droit qui m'est reconnu. Je suis en possession de tous mes documents: visas, lettre d'accréditation de mon université ainsi que des certificats qui en attestent l'authenticité. Pourquoi m'empêche-t-on de quitter Gaza et de me rendre en Espagne?

"La question des frontières est politique et d'une grande complexité" a déclaré Ayman dans une interview. Depuis que le Hamas a été élu en 2006 pour gouverner, le gouvernement israélien a déclaré un siège total dans la Bande de Gaza et n'a cessé de le durcir.

La situation aux frontières est devenue extrêmement difficile car ils ont fait en sorte de rendre quasi impossible aux palestiniens de quitter de Gaza sous quelque prétexte que ce soit, traitement médical, visite à des parents ou bien départ pour l'étranger même avec une bourse. Les frontières, y inclus celle de Rafah -le seul passage existant entre Gaza et l'Egypte- sont entièrement sous contrôle israélien, même si le contrôle à Rafah est plus souple qu’aux frontières qui mènent de Gaza à «Israël même » tel qu’il est défini dans le texte de l’Armistice en 1967 (voir Résolution 242 des Nations Unies).

Les autorités égyptiennes ont été complices du gouvernement israélien dans la punition collective d’une population civile, en totale contradiction avec l’article 33 de la Quatrième Convention Genève (1949), en niant les besoins en aide humanitaire et en matériaux de construction dans la Bande de Gaza, avant et après l’opération Plomb durci. Il en est résulté des milliers de personnes sans abri et des gazaouis affamés n’ayant d’autre espoir que la communauté internationale.

Au début du mois, l’agence Maan News a publié un rapport selon lequel tout au long de l’année 2009 les frontières de Gaza n’ont été ouvertes que 33 fois.
Israël et l’Egypte sont en totale irrégularité en ce qui concerne les lois et les conventions qui garantissent le libre accès à l’éducation, comme l’a déclaré Ayman selon la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme Article 28, et la Convention Internationale sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (ICESCR, 1966).

Le but de ce manifeste est d’envoyer un message urgent et sans appel aux gouvernements égyptien et israélien, pour leur dire «Trop c’est trop!».
C’est un appel aux hommes de loi, aux politiciens, aux journalistes et à tous les militants des droits de l’homme pour mener le combat en faveur d’Ayman et lutter pour son droit à l’éducation dont il a toujours rêvé .Ensemble nous pouvons agir pour Ayman, ensemble nous pouvons agir pour la Palestine, lentement mais sûrement.

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Commentaires : 2
  • #1

    Alain (dimanche, 31 janvier 2010 09:19)

    Ne renversons pas la culpabilité.
    C'est au mouvement terroriste Hamas qu'il faut dire "Trop c'est trop!".

  • #2

    Michel (dimanche, 31 janvier 2010 20:14)

    Loin de moi l'idée de "blanchir" le Hamas qui est un mouvement intégriste et au antipode de l'idéal pour les peuples !

    Ici, le sujet est Ayman un jeune palestinien extrêmement sympathique (avec qui j'ai pu dialoguer un peu) et humaniste.

    L'interminable conflit israélo-palestinien est un sujet très délicat et presque insoluble tant les extrémistes des 2 bords dominent pour le malheur du Moyen-Orient...

    Le gouvernement israélien a néanmoins, à mon point de vue une immense responsabilité dans la situation. La violence omniprésente à l'égard du peuple palestinien est intolérable. L'impérialisme n'est pas une politique ! De plus, on sait que c'est l'État d'Israël (comme les américains avec les talibans...) qui a manipulé et financé le mouvement Hamas contre l'OLP !

    Pour moi un texte fait référence quant à la situation en Palestine : "Quelle alternative au Moyen-Orient ?" qui en ligne sur le site à la page Pacifisme.

VISITEZ le SITE d'AYMAN
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De graves développements en Tunisie. Des menaces de mort proférées à l'encontre des défenseurs des droits humains.

 

تطورات خطيرة في تونس

تهديدات بالاعتداء على حياة المدافعين عن حقوق الإنسان

 

Grave developments in Tunisia threaten the lives of human rights defenders

 

 Communiqué de presse - 10 janvier 2010 

(traduit de l’arabe)

 

Les organisations arabes de défense des droits de l'homme signataires du présent communiqué expriment leur plus grande indignation et leur consternation au sujet des campagnes de diffamation et de calomnies qui ont visé récemment quelques noms célèbres parmi les défenseurs tunisiens, et à leur tête : Kamel Jendoubi Président du Réseau Euro-méditerranéen des droits de l'homme, Sihem Ben Sedrine porte-parole du Conseil national pour les libertés,  Mokhtar Trifi Président de la ligue tunisienne de défense des droits de l'homme, Khemaïs Chammari ancien secrétaire général de la Ligue tunisienne et membre fondateur du comité du 18 octobre pour les droits et les libertés. 

 

Ces campagnes orchestrées par des journaux de caniveau rétribués par les autorités tunisiennes qui en sont les instigateurs et les donneurs d'ordres, sont allés jusqu'à accuser les défenseurs des droits humains et les journalistes opposants Tunisiens, de collaboration et d’espionnage au profit d'Israël, et à adopter certaines formes perverses d'incitation au meurtre à leur encontre en les qualifiant de « collabos ». Ce qui équivaut à une sorte de « légitimation » des éventuels crimes. 

 

De même que M. Slim Bagga, journaliste opposant tunisien résidant en France, s'est vu adressé une lettre de menace de mort émanant d'un palestinien  non identifié habitant le Liban (!) dans laquelle il a été qualifié de traître et d’agent d'Israël, consécutivement à sa collaboration à un livre qui a dénoncé le pouvoir politique grandissant de l'épouse du président Zine El Abidine Ben Ali, et l'accroissement de son influence dans les domaines économiques et financiers de l'État. 

 

Tout en exprimant leur entière et indéfectible solidarité à l’égard des défenseurs tunisiens des droits de l'homme, les organisations signataires de la présente déclaration tiennent les autorités tunisiennes pour responsables desdites campagnes grotesques et vulgaires qui ne sont autres qu'un voile servant à dissimuler les innombrables sauvageries perpétrées par l'État policier tunisien -- en particulier l'an dernier -- à l'encontre des défenseurs des droits humains et tous ceux qui ont osé critiquer sa politique répressive. Ainsi, un nombre de plus en plus grand de défenseurs, de journalistes et d'opposants politiques indépendants, se sont transformés en de véritables cibles constantes aux agressions physiques et verbales humiliantes. Sans parler des détentions arbitraires, des procès fabriqués de toutes pièces, et de l'encerclement des domiciles et des lieux de travail des activistes politiques, des défenseurs humains, et des principales organisations indépendantes de défense des droits de l'homme. 

 

Les organisations signataires appellent les autorités tunisiennes à prendre, avec effet immédiat, les mesures permettant l'arrêt desdites campagnes, qui constituent un manquement à la fois grave et flagrant à la déontologie journalistique et à l’essence de la liberté d'expression. Laquelle liberté n'autorise guère la diffamation et l'atteinte à l'honneur, non plus l'étiquetage de traîtrise ou l'atteinte à la dignité. De même qu’il leur est demandé de mettre un terme définitif à toutes les formes de harcèlement infligé aux défenseurs des droits humains et à leurs organisations. 

 

Nous sollicitons, en outre, avec insistance les organes chargés de la protection des droits de l'homme auprès des Nations unies, et à leur tête le rapporteur spécial chargé de la protection des défenseurs des droits de l'homme, à prendre toutes les mesures nécessaires permettant l'arrêt des campagnes de diffamations et de calomnies visant à légitimer les agressions physiques à l'encontre des défenseurs des droits humains en Tunisie.

 

Les organisations signataires :

 

1.    Centre Andaloss pour les études sur la tolérance et le rejet de la violence (Égypte) 

2.   Programme arabe pour les défenseurs des droits humains (Égypte) 

3.   Alliance des familles de disparus en Algérie 

4.   Groupe progrès de la démocratie (Égypte) 

5.   L'association Bahreïn pour la surveillance des droits de l'homme

6.   L'association tunisienne des femmes démocrates

7.   L'association pour la défense des droits et des libertés « Âd’l » (Liban) 

8.   L'association pour la défense des droits des exilés (Palestine) 

9.   L'association égyptienne pour la promotion de la participation sociétale 

10.  L'association marocaine des droits de l'homme

11.  L'association les droits de l'homme d'abord en Arabie Saoudite 

12.  Association les droits de l'homme pour aider les prisonniers (Égypte) 

13.  Association des jeunes du Bahreïn pour les droits de l'homme 

14.  La maison des services syndicaux et ouvriers (Égypte) 

15.   La ligue tunisienne de défense de droits de l'homme 

16.  Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme (Égypte) 

17.  Journalistes pour les droits de l'homme (Soudan) 

18.  La ligue libyenne des droits de l'homme

19.  Les comités de défense des libertés démocratiques et des droits de l'homme en Syrie 

20.  Le comité kurde des droits de l'homme en Syrie 

21.  Le comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (France) 

22.  La fondation égyptienne pour la promotion de l'enfance 

23.  Initiative égyptienne pour les droits personnels 

24.  Groupe de soutien juridique pour les droits de l'homme (Égypte) 

25.  Société des études de la femme nouvelle (Égypte) 

26.  L'observatoire syrien des droits de l'homme 

27.  Centre Al Ardh pour les droits de l'homme (Égypte) 

28.  Centre de Bahreïn pour les droits de l'homme 

29.  Centre arabe pour l'indépendance de la justice et de l’'avocature (Egypte) 

30.  Centre palestinien des droits de l'homme 

31.  Centre du Caire pour les études des droits de l'homme 

32.  Centre El Qods pour l'aide juridique et les droits de l'homme 

33.  Centre Al Mizane des droits de l'homme (Palestine)

34.  Centre Annadîm de soin et d'habilitation psychologique des victimes de violence (Égypte)

35.  Centre des droits de l'enfant égyptien 

36.  Centre de Damas des études des droits de l'homme 

37.  Centre d’Amman des droits de l'homme 

38.  Centre Hichem Moubarak 

39.  Club Achakaiq arabe des droits de l'homme (Yémen)

40.  L'organisation arabe pour la réforme pénale (Égypte) 

41.  L'organisation palestinienne des droits de l'homme 

42.  L'organisation égyptienne des droits de   l'homme 

43.  L'organisation marocaine des droits de l'homme 

44.  L'organisation yéménite pour la défense des droits de l'homme

45.  L'organisation « Palestiniennes »

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Halte au projet d’exécutions massives

dans les prisons irakiennes !

 

 

Des informations obtenues par la Coalition mondiale révèlent que le gouvernement irakien prévoit l'exécution accélérée de près de 1,000 personnes. Dans la tribune ci-dessous, proposée aux journaux du monde, la Coalition mondiale dénonce ce projet barbare.

Le gouvernement irakien du premier ministre Nouri Al Maliki envisagerait, selon plusieurs sources fiables, de « vider » les couloirs de la mort du pays en exécutant au tournant de l'année les 925 condamnés à mort en attente de leur sort, parmi eux au moins 17 (certains rapports disent 126) femmes.

La peine de mort était déjà l’arme favorite de Sadam Hussein pour contrôler l’opposition et terroriser les populations irakiennes. Après la chute du régime, elle avait été suspendue par l’autorité provisoire de la Coalition et la constitution n’y faisait pas référence.

Mais, dès le 8 août 2004, le Gouvernement intérimaire irakien, dirigé par Iyad Allawi, rétablissait la peine de mort. Depuis cette date on dénombre pas moins de 1000 exécutions, dont celle de Saddam Hussein en 2006.

En 2009, le nombre des exécutions a atteint le nombre de 122. Le gouvernement souhaiterait maintenant passer à la vitesse supérieure et exécuter près d’un millier de condamnés à mort. Ce projet a été reporté après les fêtes de l’Aïd el Kébir, mais devrait être mis en œuvre très prochainement, notamment en prévision des prochaines élections irakiennes prévues pour mars prochain.

L'Irak se placerait en deuxième position sur la liste noire de la peine de mort

Ce programme se met en place dans le plus grand secret pour ne pas attirer l’attention du monde entier. S’il se réalise, L’Irak figurerait, en deuxième position, derrière la Chine, sur la liste noire des pays qui procèdent à des exécutions judiciaires, loin devant l’Iran ou les Etats-Unis. Les fragilités politiques de l’Irak ne sont pas des excuses aux manquements aux droits de l’homme, et encore moins à la programmation d’exécutions massives et secrètes dans les prisons.

Aujourd’hui, 139 pays ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. L’Irak fait partie des 25 pays au monde qui exécutent à grande échelle sur les 58 pays rétentionnistes. Comme la grande majorité des pays du Moyen Orient, l’Irak a voté contre la résolution des Nations unies pour un moratoire sur l’application de la peine de mort en 2007 et 2008 et a signé la Note de dissociation initiée par Singapour en 2008 et 2009.

La peine de mort reste un acte barbare et inhumain, de vengeance primaire qui permet surtout aux pouvoirs en place de satisfaire une rue effrayée.
Nous, membres de la Coalition mondiale contre la peine de mort, exhortons le gouvernement irakien de renoncer à ce projet insensé ;
Nous demandons à la communauté internationale de tout faire pour éviter ce massacre programmé.

Nous demandons au gouvernement américain de faire pression sur le gouvernement irakien. Nous demandons aux pays membres de la coalition militaire encore présents en Irak, dont plusieurs sont ouvertement contre la peine de mort, de faire pression sur le gouvernement irakien pour éviter ce massacre. Nous prions également instamment Madame Catherine Ashton, Haut Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, de faire pression sur le gouvernement irakien pour que la folie meurtrière cesse.

Et nous appelons les opinions publiques du monde entier, qui devraient être correctement informées de ce qui est en train de se tramer dans les prisons irakiennes, à se mobiliser avec nous contre cette violence d’Etat totalement contraire aux principes élémentaires de la justice. Ainsi, le Congrès mondial contre la peine de mort organisé à Genève du 24 au 26 février prochain sera l’occasion de fédérer les abolitionnistes de ce pays et de porter les voix de l’abolition dans toute la région.

4 janvier 2010

La famille Ben Brik entame une grève de la faim illimitée

 

MSF 06/01/2010

 

Azza Zarrad, épouse de Taoufik Ben Brik, a déclaré à Reporters sans frontières, le 6 janvier 2010, à l’issue de sa visite hebdomadaire à son mari dans la prison de Siliana, l’intention de huit membres de sa famille d’entamer une grève de la faim illimitée pour dénoncer la détention du journaliste.

« Ses cinq frères, deux sœurs et moi-même entamons à compter de ce soir une grève de la fin illimitée. Ça ne peut plus durer. Il faut que le monde entier bouge (…). Quand les mots ne sont plus écoutés, les seules armes qui nous restent sont nos corps », a déclaré Azza Zarrad.

Reporters sans frontières appelle les autorités à entendre les demandes de la famille de Taoufik Ben Brik. En outre, l’organisation dénonce de nouvelles pressions policières sur les journalistes indépendants au cours des deux dernières semaines.

« Les méthodes utilisées sont pernicieuses, visant à isoler totalement les journalistes de l’étranger. Privés de connexions Internet ou dans l’impossibilité de recevoir des appels téléphoniques de l’étranger, les journalistes tunisiens sont totalement coupés du monde », estime Reporters sans frontières.

La surveillance est montée d’un cran supplémentaire le mardi 5 janvier, à l’occasion de la grève de la faim organisée par le Comité tunisien de protection de journalistes en solidarité avec Taoufik Ben Brik et Zouhaïer Makhlouf, actuellement incarcérés. « Je suis suivi en permanence, dans le moindre de mes mouvements, depuis dimanche », a déclaré Lotfi Hajji à Reporters sans frontières.

En outre, le 31 décembre au soir, alors qu’il rentrait chez lui, le journaliste Slim Boukhdhir a été poursuivi par des policiers en civil. « Ils attendent que je sois seul, sans témoin, pour m’enlever, comme le 28 octobre dernier. D’ailleurs, j’ai reconnu un des hommes. Depuis le 29 octobre, je suis en permanence contrôlé », a déclaré le journaliste à Reporters sans frontières. En outre, la somme d’argent envoyée le 30 décembre par Reporters sans frontières, via Western Union, à Slim Boukhdhir, a été retirée le 31 décembre depuis Tunis, par une autre personne que le destinataire.

Le 30 décembre, Neji Bghouri, journaliste au quotidien gouvernemental La Presse et secrétaire général du Syndicat des journalistes tunisiens (cf CP du mois d’août), a été empêché d’accéder aux bureaux de sa rédaction par plusieurs agents de la police politique qui invoquaient des “instructions“. Il a fallu l’intervention de plusieurs de ses collègues pour que les policiers le laissent passer. Le 31 décembre, un dispositif policier avait été mis en place sur l’autoroute menant de Tunis à Kairouan, afin d’empêcher Neji Bghouri de se rendre à Kairouan où il était attendu pour donner une conférence. Il a dû renoncer et regagner Tunis.

Le 28 décembre, le correspondant de Radio Kalima à Gabès (400km au sud-est de Tunis), Moaz Jemai, alors qu’il était à Tunis, a été suivi. Alors qu’il dînait au restaurant, il s’est fait voler ses papiers d’identité, son matériel professionnel et son salaire de 1500 dinars (800 euros) par une personne qu’il suspecte comme travaillant pour la police politique. Alors qu’il est allé porter plainte pour vol, le policier qui l’a reçu lui a clairement fait comprendre que tous ses effets lui seraient rendus dès le lendemain, avec en plus une somme d’argent importante, à condition qu’il cesse sa collaboration pour Radio Kalima. Comme il a exprimé son refus, Moaz Jemai est sans papiers.

Mouldi Zouabi, correspondant de Radio Kalima à Jendouba (150 km au sud-ouest de Tunis), a été convoqué à la police à de nombreuses reprises, et des policiers ont exercé des pressions afin que son fils soit exclu de l’école primaire dans laquelle il est scolarisé.

 

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Kanaky : mobilisation pour la libération de nos camarades

et contre les conditions de détention !


USTKE 07/01/2010


"L’année qui s’achève a été exceptionnelle et restera gravée dans l’histoire de notre organisation syndicale.

 

Riche en événements sociaux avec notamment les grèves de Carsud, TDF et Aircal pour ne citer que celles là, elle le fut également sur le plan politique avec l’arrivée dans les institutions municipales et provinciales des élus du Parti Travailliste.

 

Les arrestations suivies des incarcérations de nos camarades dont beaucoup sont encore privés de liberté et parmi eux le président de l’ustke, ont clôturé une année où notre organisation syndicale a été soumise à rude épreuve.

 

Une expérience unique dans l’histoire de notre Pays avec la criminalisation sans réserve d’un syndicalisme de terrain, engagé, qui dérange.

 

Une volonté d’humilier l’ustke par le pouvoir colonial avec la complicité de la classe politique locale qui dans sa grande majorité est devenue le relais des intérêts des multinationales qui sont légions sur notre sol depuis les derniers accords politiques. Cette offense à l’endroit des responsables de notre organisation est une dédicace que nous lançons à la mouvance indépendantiste pour rappeler l’urgence de clarifier les orientations des uns et des autres par rapport au projet politique que le seul nom de Kanaky ne peut plus résumer.

 

L’implication de plusieurs responsables indépendantistes met à jour des divergences profondes entre la société à laquelle nous aspirons et celle de ceux qui forts d’une connivence sournoise ont exigé l’arrestation des syndicalistes de l’ustke.

 

Cette complicité sans réserve de la majeure partie de la classe politique indépendantiste à la répression orchestrée par l’Etat colonial contre l’ustke est une des révélations de l’année 2009 qui s’est achevée.

 

De la même façon, la montée lors des dernières élections municipales et provinciales du Parti Travailliste créé à l’initiative de l’ustke est la réponse de militants qui ne se reconnaissent plus dans les orientations illisibles prônées par les responsables de la mouvance indépendantiste.

 

L’arrivée de quatre représentants du Parti Travailliste au Boulevard Vauban (siège du Congrès de la Nouvelle Calédonie), trois élus à la Province Nord et quatre élus à la Province des Iles, après seulement deux années d’existence est l’autre révélation politique de l’année 2009.

 

Ajouté à cela, les péripéties rencontrées en 2009 et notamment l’incarcération de nos camarades a mis en évidence une situation insupportable qui est celle des conditions de détention au Camp Est, héritage du bagne calédonien. Si par le passé notre organisation était déjà intervenue à plusieurs reprises par le biais de ses représentants syndicaux pour dénoncer cet état de fait, la situation depuis, loin de s’être améliorée, n’a pas cessé d’empirer. C’est la dernière leçon de l’année qui s’est achevée.

 

La présence de nos camarades en tant que détenus a permis de dresser un état alarmant du Centre Pénitentiaire où l’insalubrité se conjugue avec surpopulation. Une situation que vivent nos camarades avec plus de 420 détenus dans une prison censée en accueillir 192. Une population carcérale composée à plus de 95% de kanaks et qui l’année passée a totalisé plus de 16 évasions. Un record inégalé sur l’ensemble du territoire Français. La véritable image de la France coloniale dans le pacifique.

 

Au moment où débute cette nouvelle année il nous faut continuer à nous battre pour la libération dans les meilleurs délais de nos camarades dont chaque jour passé en prison constitue une atteinte à la libre expression du droit syndical, au droit de grève et au final à la prétendue démocratie tant exhibée par la patrie des droits de l’homme.

 

Il nous faut nous mobiliser à nouveau pour dénoncer et œuvrer pour un changement radical des conditions de détentions.

 

En réponse à une tournée récente en France du collectif pour la défense des droits et des libertés et pour la libération des syndicalistes, une délégation de sept parlementaires (sénateurs et députés européens) et élus de la République est présente en Kanaky depuis le 5 janvier dernier jusqu’au 16 janvier prochain pour se faire sa propre opinion sur les conditions de détention au Camp Est et apporter son soutien aux syndicalistes de l’Ustke.

 

Durant leur séjour, il est demandé à l’ensemble des structures de l’organisation, fédérations, unions provinciales et communales de l’ustke de rester mobilisées dans le cadre d’un programme diffusé par le bureau confédéral et consultable auprès de leurs responsables.

 

La solidarité de toute l’organisation est nécessaire dans ce contexte particulier et c’est ensemble que nous saurons apporter la réponse adéquate à toute cette répression."


Le Bureau Confédéral

 

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Gaza, un an après l’offensive israélienne

 

MSF  25 décembre 2009


Le 27 décembre 2008, l’opération militaire israélienne "Plomb durci" était lancée sur la bande de Gaza. Elle s’est caractérisée par des raids et des bombardements aériens intensifs, ainsi que par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009. Après 22 jours, la guerre de Gaza prend fin le 18 janvier 2009.

 

Le bilan est lourd : près de 1 300 Palestiniens tués (parmi lesquels 900 civils dont 300 enfants) et environ 5 300 blessés. Quelles sont les conséquences - humanitaires, médicales et économiques - de cette guerre ? Comment se ressentent-elles encore aujourd’hui ?

 

Si les problèmes rencontrés par le secteur de la santé palestinien de Gaza sont encore plus criants aujourd’hui, après que la violence eut atteint son paroxysme avec l’opération il y a un an, ils étaient déjà pré-existants et persistants, et ce en dehors de ce type d’épisode de violence extrême.

 

La capacité du système de santé à fonctionner correctement est aujourd’hui très affaiblie. Une bonne partie de l’équipement médical n’est pas fiable et, du fait de l’embargo, il est très difficile de faire rentrer certaines pièces détachées. Les services médicaux doivent également faire face à des pénuries de médicaments.

 

Plus de 5 000 personnes ont été blessées pendant la guerre de janvier. Depuis, beaucoup sont handicapées et le seul centre de rééducation de la bande de Gaza a lui aussi du mal à importer les matières premières et les composants nécessaires à la production de membres artificiels. L’attente pour enfin être appareillé ou recevoir une prothèse s’étire jusqu’à la mi-2010.

 

Et, alors que 150 personnes handicapées attendent, des munitions non-explosées continuent de tuer ou de blesser. « Deux enfants sont morts et trois au moins ont été blessés en jouant avec ces munitions. Après un an, les enfants de Gaza perdent encore la vie suite à la guerre » déplore Jean-Luc Lambert, chef de mission MSF.

 

Les personnes défigurées et/ou brûlées devraient pouvoir bénéficier d’une intervention en chirurgie plastique et de soins post-opératoires. Or le seul chirurgien plastique de Gaza peine à prendre tout le monde en charge, d’autant que les accidents domestiques, comme les explosions de bouteilles de gaz, et les affrontements inter-palestiniens continuent de faire leur lot de victimes.

 

On estime que 40% des patients souffrant d’une maladie chronique n’ont pas pu recevoir leur traitement pendant l’offensive de janvier (la priorité étant alors donnée aux urgences vitales). Cela a bien évidemment un impact à long terme sur la santé de ces patients. « La chimiothérapie - qui combine souvent trois médicaments, alors que seuls deux sont disponibles à Gaza - est partiellement disponible. Et, alors que 30% de la totalité des cancers à Gaza concernent le sein, il est impossible d’importer le produit chimique utilisé pour les rayons X nécessaires à la mammographie » constate Jean-Luc.

 

Les patients ne pouvant être pris en charge dans la bande de Gaza devraient être soignés en dehors du Territoire, mais les demandes d’autorisation de sortie sont si compliquées à obtenir, aussi bien du côté Israélien que du côté palestinien, que certains ne peuvent quitter Gaza à temps pour leurs rendez-vous.

 

L’impact psychologique de " Plomb durci " est difficile à mesurer.

 

« L’équipe de psychologues MSF doit répondre à un afflux de demandes. La liste d’attente est conséquente. » Les enfants sont particulièrement touchés (échec ou absentéisme scolaire, agressivité, énurésie...)

 

La violence domestique est devenue un vrai problème social.

 

« Pendant la guerre, le manque d’abris sûrs contre des bombardements quasi-continuels et la fermeture hermétique et continue des frontières ont placé la population civile, prise au piège, dans une position extrêmement vulnérable. Les gens ont perdu tout sens de la sécurité, composante fondamentale du bien-être psychologique général ». Selon l’OMS, entre 20 000 et 50 000 personnes vont continuer à souffrir d’affections mentales, à long terme, suite à l’offensive.

 

Un marasme économique.

 

Les moyens d’existence ont été systématiquement détruits, notamment en janvier dernier. De nombreuses petites entreprises, industrielles et commerciales, ainsi que des maisons privées ont été anéanties ou fortement endommagées. Le montant de ces destructions atteint un coût total estimé, selon les Nations Unies, de 139 millions de dollars.

 

140 000 Gazaouïs sont aujourd’hui sans emploi, c’est 50% de la population qui est au chômage (contre 32% en 2007). « Ces chiffres sont parmi les plus élevés du monde. L’imposition du blocus est à l’origine de la perte de 120 000 emplois dans le secteur privé. Or, en moyenne, chaque travailleur doit faire vivre 6-7 membres de sa famille et ce alors que 70% des familles vivent avec moins de 1 dollar par jour. Aujourd’hui, 75% de la population de Gaza, soit plus de 1,1 millions de personnes, dépendent de l’aide alimentaire ».

 

Les restrictions liées à la sécurité renforcée, la dernière offensive militaire, la limitation de plus en plus drastique des zones de pêche et d’agriculture affectent l’approvisionnement alimentaire et provoquent des fluctuations majeures sur les prix. En janvier 2007, plus de 600 chargements entraient chaque jour dans Gaza, aujourd’hui on en compte moins de 100, dont 70% concernent les produits alimentaires.

 

Enfin, à l’approche de l’hiver, les limitations sur les importations des matériaux de construction vont encore dégrader des conditions de vie déjà précaires pour les 20 000 déplacés vivant toujours pour la plupart, un an après, sous des abris de fortune ou dans les décombres de ce qui reste de leur maison.

 

Pénuries en électricité, en eau et en assainissement.

 

Lors de "Plomb durci ", des infrastructures cruciales pour l’approvisionnement en électricité et en eau, ainsi que le système d’assainissement ont été visés et partiellement détruits. « Il ne subsiste qu’une seule centrale électrique sur Gaza. 60% des besoins en énergie sont pourvus grâce à l’achat d’électricité en Israël et en Egypte. Les coupures de courant, qui durent de 4 à 8 heures, sont quotidiennes et 10% de la population n’a pas du tout accès à l’électricité ».

 

Le système d’alimentation en eau est lui aussi extrêmement fragile et 90% de l’eau fournie aux habitants de Gaza est - selon les normes de l’OMS - impropre à la consommation. Chaque jour, ce sont environ 80 millions de litres d’eaux usées, ne pouvant pas être traitées, qui sont déversés dans la Méditerranée, avec tous les risques pour la santé et l’environnement, notamment sur les produits de la pêche, que cela induit. Les cas de maladies dues à l’eau, comme les diarrhées aiguës, augmentent. Or, aucune reconstruction ou réparation majeure de ces infrastructures publiques n’a pu, à ce jour, être effectuée.

 

« Il est vraiment urgent aujourd’hui de lever le blocus. Tout manque, y compris les livres ou les crayons. Hôpitaux et écoles n’ont plus ni fenêtres ni toits. Tout doit être reconstruit : les maisons, les structures de santé, les infrastructures publiques... Ensuite la population pourra à son tour se reconstruire, physiquement et psychologiquement » conclut Jean-Luc.

 

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50 ans

de non indépendance

des pays africains,

ça se fête ?

 

 

HNS-Info 23 décembre 2009

 

Cette année 2010 sera marquée par la célébration des 50 ans d’indépendance de nombreux pays africains (dont 14 ex-colonies françaises) : le Bénin, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, la République Démocratique du Congo (RDC), la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Burkina Faso, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Togo, le Sénégal et la Somalie.

 

En Europe, les gouvernements et les grands médias des anciennes métropoles, comme la France et la Belgique, ne manqueront pas ce rendez-vous... Seul problème : il ne sera pas historique. Ces commémorations officielles se feront dans un déni d’histoire pour les peuples colonisés.

 

En Belgique la « grand-messe » se déroulera le 30 juin avec une volonté affichée de ne pas parler du passé qui fâche : la colonisation de la République Démocratique du Congo (RDC). Chacun s’y affaire, des responsables politiques en passant par les grandes chaînes de télévision, dont certaines diffuseront un journal télévisé spécial depuis Kinshasa. Les commémorations de l’indépendance de la RDC seront festives, artistiques et résolument « tournées vers l’avenir ». Finalement rien de très étonnant, tout cela s’inscrit parfaitement dans la vision néo-coloniale que les Européens ont de l’Afrique : un continent sans Histoire mais aux folklores des plus fous. Cette vision raciste de l’Afrique se résume en deux phrases extraites du cynique discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy en juillet 2007 : « Le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture (...) le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ».

 

En France, Nicolas Sarkozy a confié à Jacques Toubon la mission de mettre en œuvre une initiative « 2010-Année de l’Afrique », ayant pour objectif, dans le cadre de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance, « de souligner et de confirmer l’évolution des relations entre la France et l’Afrique subsaharienne qui doivent rester privilégiées tout en étant renouvelées, équilibrées et transparentes. » [1] Si l’objectif de cette mission n’est pas assez clair, il suffit de se tourner vers les deux collaborateurs qui assisteront Jacques Toubon pour définitivement comprendre que c’est la Françafrique, et non les indépendances, qui sera commémorée. Il s’agit de William Bénichou, un cadre de la coopération qui fut en poste en Centrafrique, au Burundi, au Togo et au Bénin, et de Laurent Viguier, ancien numéro deux du Service d’information du gouvernement (SIG). J. Toubon, ancien garde des Sceaux, a déjà rencontré une dizaine de chefs d’État africains, l’objectif officiel étant de les associer au maximum aux cérémonies dont l’apothéose se déroulera le 14 juillet avec un défilé des contingents militaires africains sur les Champs-Élysées, en présence des ces 14 chefs d’État...

 

Pourquoi aujourd’hui l’Europe enlèverait-elle enfin sa tenue de colon ? La camisole de force des pays africains a tenu jusqu’ici… 50 ans de fausses indépendances ! Alors musiques, cortèges, folklores : le néo-colonialisme a de beaux jours devant lui, puisque ce qui compte c’est l’avenir ! Voilà le refrain qui sera chanté lors des commémorations officielles...

 

Une autre chanson est possible

 

Plusieurs voix se sont déjà élevées contre cette mascarade, comme celle d’Amadou Seydou Traoré, le doyen de l’US-RDA (Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain) [2], qui a déclaré en octobre dernier, à l’occasion d’une conférence sur l’accession du Mali à l’indépendance que « le cinquantenaire du Mali est une injure à la mémoire des combattants, des résistants à la pénétration coloniale et à la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour que ce pays soit indépendant. (...) Le cinquantenaire est en train d’être fait contre nos concitoyens, avec ceux qui les ont persécutés (...) La France envisage cette année de fêter sa générosité… ».

 

Il paraît essentiel que les citoyens européens s’inscrivent en solidarité avec les peuples africains pour dénoncer les commémorations de ces indépendances par les gouvernements néo-coloniaux et l’instrumentalisation de ces dates historiques pour resserrer d’un cran la vis/le vice paternaliste. Il faut forcer les États colons à reconnaître leurs responsabilités historiques et à changer radicalement leurs politiques de « coopération ».

 

Les commémorations doivent être historiques et doivent s’inscrire dans une perspective de réparation

 

Les indépendances de 1960 n’ont malheureusement pas brisé les chaînes de l’oppression : le pillage des ressources naturelles, moteur de la colonisation, perdure encore aujourd’hui et les dettes des pays en voie de développement, héritage colonial, constituent un très puissant instrument de domination politique et économique. En RDC par exemple, l’État belge et la Banque mondiale ont organisé, en violation du droit international, le transfert de la dette coloniale à charge du Congo au moment de son indépendance, avant de soutenir financièrement la dictature de Mobutu. La dette fait donc le lien entre la période coloniale et la situation actuelle, elle est illégitime et doit être annulée sans condition. Cette injustice doit aujourd’hui être connue par tous pour que la pression citoyenne oblige les responsables politiques à rompre tous les liens néo-coloniaux et à réparer les dommages infligés au peuple congolais.

 

A y regarder de plus près, l’héritage colonial (et le maintien de l’exploitation) est omniprésent dans le quotidien des Européens : des produits de consommation (le chocolat belge) aux énergies (le nucléaire français) en passant par le paysage urbain (les noms de rues, statues, monuments...), beaucoup d’éléments rappellent le pillage des ressources et l’exploitation des peuples. L’architecture urbaine et les noms des rues de nos villes sont un bon exemple. En célébrant les « héros » de l’époque, ce patrimoine commémore de façon positive la colonisation en mettant en exergue le mythe de la civilisation. Le paysage urbain n’est pas neutre, il représente à la fois le pouvoir, qui en général en est le commanditaire, et la doxa « c’est-à-dire un ensemble d’opinions, de préjugés populaires, de présuppositions généralement admises sur lesquelles se fonde toute forme de communication » [3]. Contester le patrimoine architectural urbain apparaît dès lors comme un bon moyen de remettre en question l’histoire officielle tout en soulevant des questions de fond, comme le maintien des rapports de domination à travers notamment le mécanisme de la dette ou le pillage des richesses.

 

Les initiatives citoyennes se multiplient ici et là, notamment pour que les monuments coloniaux, vitrine de l’histoire officielle, soient mis en contexte et explicitent le rôle criminel des puissances coloniales. Il faut que ces mouvements, porteurs de revendications fortes, se renforcent pour s’inviter dans les commémorations, trop propres, du passé colonial de nos pays [4].

 

Ainsi, le 23 août 2009, à l’occasion de la journée internationale du souvenir de la traite des Noirs, plusieurs organisations françaises lançaient une campagne nationale « Débaptiser les rues de négriers ? » à l’endroit des principaux ports de la façade atlantique : Bordeaux, Nantes, La Rochelle et Le Havre. « Il s’agit de s’interroger sur l’héritage urbain d’un commerce florissant qui a fait la fortune des nations européennes. C’est une démarche pédagogique et citoyenne en vue d’une meilleure appropriation urbaine et d’une meilleure intégration sociale et politique. Mais aussi de réparation en tirant les conséquences juridiques et sociales de la qualification de crime contre l’humanité ».

 

En Belgique, le collectif Mémoires Coloniales, dont le CADTM est le membre fondateur, travaille depuis plus d’un an dans le même sens, en réclamant, entre autres, que soient apposées sur les monuments coloniaux des plaques explicatives. A l’occasion du cinquantenaire de la non indépendance de la RDC, le collectif Mémoires Coloniales lance la campagne « 2010 : il est tant que la Belgique reconnaisse ses responsabilités historiques : excuses et réparations » et propose d’inaugurer à Bruxelles le 30 juin un monument « Patrice Lumumba » [5] en hommage aux combattants de l’indépendance. A travers cette campagne et cette action, le collectif souhaite ouvrir le débat sur la question des excuses et des réparations de la Belgique pour la colonisation et l’ingérence politique dont elle est encore aujourd’hui coupable. La question de l’assassinat du leader indépendantiste congolais [6] sera remise à l’ordre du jour, notamment autour de la revendication pour la création de la Fondation Lumumba. En 2001, la commission parlementaire belge chargée d’enquêter sur l’assassinat de Lumumba a reconnu le rôle que le gouvernement et le roi belges ont joué dans celui-ci. Dès lors, selon les recommandations de la commission, le gouvernement belge s’était engagé à financer une Fondation Patrice Lumumba à hauteur de 3 750 millions d’euros, complétés par une dotation annuelle de minimum 500 000 euros, dans le but d’aider au développement démocratique au Congo. Le gouvernement belge n’a toujours pas tenu son engagement. La fondation devrait aujourd’hui détenir une enveloppe d’au moins 4 millions d’euros. La création de cette fondation pourrait constituer un premier fonds de réparation.

 

Comme un caillou dans une botte coloniale, ces différentes actions, bien que symboliques, envoient des messages forts et dérangent profondément ceux qui continuent de marcher sur l’Afrique.

 

Rendons hommage aux peuples colonisés et levons-nous à leurs côtés

 

Les commémorations des 50 ans de la non indépendance des pays africains offrent une occasion pour les peuples du monde entier de dénoncer ensemble les multiples facettes du colonialisme et du néo-colonialisme. C’est le système capitaliste, qui porte en son sein la colonisation, qu’il faut combattre. Que ce soit en Afrique, en Palestine, à Mayotte ou dans d’autres colonies, l’oppression et la négation des peuples se font dans une logique de profit. Depuis 50 ans rien n’a changé, la « coopération » a montré ses différents visages : de la Françafrique à la Mafiafrique, en passant par le « développement » et sa mise en œuvre à travers des fausses politiques d’« aide » publique, sans oublier le rôle des institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le FMI qui usent du mécanisme de la dette pour maintenir leur domination... Les pays africains ont été colonisés au nom d’un soi-disant idéal « civilisateur », ils le sont toujours au nom d’un soi-disant « développement » basé sur la croissance et non la réalisation des droits humains fondamentaux...

 

Il est temps que cela cesse, il nous appartient de faire changer les choses ! Commémorons nous aussi les indépendances, en créant aux côtés des Africaines et Africains et de tous les peuples colonisés, un front commun solidaire, pour faire tomber les systèmes d’oppressions que nos politiciens et leurs complices perpétuent en toute impunité.

 

Pauline Imbach

 

Notes

 

[1] http://www.elysee.fr/documents/inde...

 

[2] Le 18 octobre 1946, à Bamako, capitale du Soudan français (actuellement le Mali), se tient un événement qui marque une étape importante dans l’évolution politique des peuples de l’Afrique française. Des centaines de militants, venus de toute l’Afrique, assistent à l’ouverture d’un congrès qui se terminera par la création du premier mouvement politique panafricain : le Rassemblement démocratique africain (RDA). Pour la première fois, des hommes politiques d’Afrique occidentale et d’Afrique équatoriale françaises se rassemblent pour reconquérir leurs droits. Le 21 octobre, le RDA voit le jour sous la direction de Houphouët-Boigny. Dans presque tous les territoires, il devient la principale force politique. Mais son apparentement au Parti communiste lui attire les foudres de Paris dès le début des années 1950. Sans pour autant l’abattre complètement : ses sections restent à l’avant-garde de la marche vers l’émancipation. Soixante ans plus tard, l’héritage du RDA perdure avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) créé à l’origine par Houphouët-Boigny, et au Mali avec l’Union soudanaise (US-RDA) fondée par Mamadou Konaté et Modibo Keita.

 

[3] Source : wikipédia

 

[4] A l’occasion de la Semaine anticoloniale, qui aura lieu du 18 au 26 février 2010, de nombreuses activités seront organisées. Voir http://www.anticolonial.net/

 

[5] Le collectif organise également une action en hommage à Patrice Lumumba le 17 janvier 2010 à l’occasion de l’anniversaire de son assassinat. Infos : pauline@cadtm.org

 

[6] Lire « L’Affaire Lumumba, une seule interprétation possible : le meurtre » par le Collectif Mémoires Coloniales. http://www.cadtm.org/L-Affaire-Lumu...

 

 

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Catastrophe de Bhopal :

25 ans d’impunité

 

 

Par Agnès Rousseaux (21 décembre 2009)

 

In Basta !

 

La catastrophe de Bhopal, en Inde, c’était en décembre 1984 : plusieurs milliers de morts, un demi million de personnes empoisonnées par une fuite de produits toxiques dans une usine de pesticides. Le PDG de l’entreprise court toujours, après un quart de siècle de procédures, de compromissions et de complicités locales. Les habitants, eux, continuent de mourir. L’écrivain indien Indra Sinha raconte leur histoire dans un roman, « Cette nuit-là ».

 

© Greenpeace/Raghu Rai

 

C’est l’histoire de la plus grande catastrophe industrielle au monde : 20 000 morts, plus de 500 000 personnes empoisonnées suite à une fuite de produits toxiques d’une usine de pesticides à Bhopal, en décembre 1984. 25 ans plus tard, le site de l’usine indienne n’a toujours pas été décontaminé. Les responsables vivent aux États-Unis, sans être inquiétés par la justice. Cette histoire, Indra Sinha, a voulu en faire un roman (« Cette nuit-là », éditions Albin Michel).

 

Publicitaire, né en Inde et vivant en Grande-Bretagne, il a laissé tomber la pub il y a quelques années pour se consacrer à Bhopal et ses habitants. Il a réuni des fonds pour construire et faire fonctionner un hôpital qui vient en aide aux victimes de la catastrophe industrielle. Aujourd’hui, il ne mâche pas ses mots pour accuser l’entreprise états-unienne Union Carbide Corporation (rachetée en 2001 par Dow Chemical) qui est à l’origine du drame, mais aussi le gouvernement indien, prêt à toutes les compromissions pour ne pas faire fuir les investisseurs étrangers.

 

Une catastrophe prévisible

 

Quand on relit les faits, 25 ans après, les responsabilités de la multinationale américaine et les négligences sautent aux yeux. En 1978, Union Carbide Corporation (UCC) construit une usine à Bhopal pour accompagner la « révolution verte » de l’Inde et produire deux pesticides, le Temik et le Sevin. 5000 tonnes par an, à base d’isocyanate de méthyle (MIC), dérivé du phosgène - ou « gaz moutarde »- utilisé comme arme chimique lors de la première guerre mondiale (son inhalation provoque des œdèmes pulmonaires). « La plupart des ingénieurs disent qu’on ne doit pas stocker le MIC, sauf si cela est absolument nécessaire. Il est volatile même sous sa forme liquide, il peut exploser au contact de lui-même , explique Indra Sinha. Il faut le garder réfrigéré à 0°C et en très petite quantité. » Mais à Bhopal, UCC ne s’embarrasse pas de toutes ces précautions, « on stocke des quantités de MIC dans un tank grand comme une locomotive ».

 

Très vite, malgré les économies faites sur la prévention des risques, l’usine devient déficitaire. La direction veut la démanteler et la vendre. Elle diminue les frais de fonctionnement. La moitié des salariés sont licenciés. L’équipe des réparateurs passe de 8 à 2 personnes. La formation de sécurité est réduite de 6 mois à 2 semaines. Les instructions sont en anglais, une langue que ne parlent pas la plupart des salariés... « En 1982, un audit montre les dangers de cette usine, notamment concernant l’unité de fabrication du MIC. Dans d’autres usines d’Union Carbide, aux États-Unis, des travaux ont été effectués. Mais ici, à Bhopal, malgré les nombreux incidents, rien n’est fait.  » L’alarme est éteinte pour éviter de déranger en permanence les voisins. En cas de problème aucun plan d’évacuation n’est prévu pour les habitants.

 

« Un mémo d’Union Carbide Corporation souligne que 1,25 millions de dollars ont été économisés, mais qu’il sera sans doute difficile de faire plus  », ajoute Indra Sinha. Pour économiser 37 dollars supplémentaires par jour, la direction prend la décision d’arrêter la réfrigération du tank contenant le MIC... Un journaliste de Bhopal, Raj Keswani, écrit une lettre au premier ministre du Madhya Pradesh pour lui demander de réagir avant que Bhopal « ne se transforme en chambre à gaz d’Hitler ». Quelques semaines avant la catastrophe, il écrit un article intitulé « Nous allons tous être anéantis  ».

 

 

Déni de l’entreprise et compromissions du gouvernement indien

 

Le 3 décembre, un peu avant minuit, se produit le désastre : une fuite toxique d’une cinquantaine de tonnes d’isocyanate de méthyle et autres produits réactifs. Des milliers de personnes sont tuées ou blessées. La réaction de Union Carbide ? « Ils ont juste fermé la porte et sont partis », commente Indra Sinha. Aujourd’hui encore, Dow Chemical comme l’UCC avant elle, refuse toujours de communiquer la composition exacte des gaz qui se sont échappés en invoquant le sacro-saint « secret industriel ». Une attitude qui n’aide pas les médecins qui s’occupent des nombreuses victimes.

 

Sans ces éléments, difficile en effet de savoir quelle est la cause exacte des cancers qui se multiplient chaque année ou des mutations génétiques, et comment envisager les meilleurs traitements... Est-ce l’inhalation des gaz ? L’eau contaminée ? La réponse est d’autant plus difficile qu’en 1994, le Conseil de recherche médical indien (ICRM) a arrêté ses recherches, sans être autorisé à publier toutes ses études. Selon le Dr Ganesh, de l’hôpital Nehru de Bhopal, 53% des victimes du gaz souffriraient de dérèglement chromosomique. Aujourd’hui encore, l’eau contient des métaux lourds - zinc, plomb ou mercure, jusqu’à six millions de fois la normale. Les nappes phréatiques sont gorgées de pesticides, drainés par les pluies de mousson depuis 25 ans. Ces poisons attaquent les corps, la peau, les organes, et même les foetus. Ils se transmettent aussi par le lait maternel.

 

Une situation que nie le gouvernement régional du Madhya Pradesh. « A part quelques fuites de kérosène, tout est propre. Allez frotter la terre contre votre bouche, votre visage, et si jamais il vous arrive quoi que ce soit, alors prévenez-moi », a récemment déclaré, sans aucune vergogne ni respect des victimes, Babular Gaur, ministre chargé des victimes de Bhopal. Celui-ci avait même proposé, pour les 25 ans de la catastrophe, d’organiser des « portes ouvertes » de l’usine, afin de démontrer l’innocuité du site. Le ministre indien de l’Environnement, Jairam Ramesh, a raconté à des journalistes qu’il avait pris dans ses mains des déchets et qu’il n’était pas tombé malade. Une remarque « aussi cynique que s’il avait touché une cigarette et dit "regardez, je n’ai pas attrapé le cancer" », soupire Indra Sinha. Le don “amical" que Dow Chemical a versé au BJP, le parti politique (droite nationaliste) dont fait partie Babular Gaur, explique pour une large partie l’aveuglement des responsables politiques.

 

Le prix d’une vie

 

Pour cette catastrophe, Union Carbide Corporation a versé 470 millions de dollars d’indemnités (sans aucune obligation de réhabilitation du site). 570 000 habitants ont touché en moyenne 500 dollars de compensation, pour toute leur vie [1]. « L’équivalent de 7 centimes par jour, à peine le prix d’une tasse thé...  », s’indigne Indra Sinha. « L’assurance de l’entreprise a pris en charge la plus grande partie. Union Carbide n’a mis que 25 millions de dollars de sa poche  ». En comparaison, pour la catastrophe d’AZF en France, qui a fait 30 morts, Total a déboursé environ 2 milliards d’euros pour indemniser victimes et sinistrés. Mais une vie de Bhopal pèse bien moins lourd qu’une vie française. Précisons que Dow possède une usine de pesticides en France, à Drusenheim en Alsace (voir la carte des usines de pesticides implantées en France métropolitaine, à la fin d’article).

 

En 1989, l’État indien, qui représentait les victimes, a accepté une somme six fois moins importante que celle initialement demandée. Une décision qui a dégagé l’UCC de toute responsabilité civile ou pénale. Deux ans plus tard, des survivants de la catastrophe ont déposé une requête demandant la réouverture du dossier. La Cour suprême indienne a alors relancé les poursuites contre l’entreprise. Le rachat en 2001 de l’UCC par Dow Chemical a permis de faire disparaître l’entité juridique responsable de la catastrophe.

 

Aujourd’hui le chiffre d’affaires de Dow Chemical est de 39 milliards de dollars (en 2008). Son slogan : «  Un monde en croissance apporte une responsabilité croissante [2] »... « L’entreprise essaye de redorer son image, en dépensant 3 ou 4 millions de dollars en publicité depuis 3 ans, autour du thème “l’élément humain” », explique Indra Sinha. Il suffit de lire le site internet de l’entreprise pour comprendre le décalage avec la réalité : « Chez Dow, nous croyons dans le pouvoir de “l’élément humain” pour changer le monde. Nous accordons une grande importance à l’écoute de nos communautés et nous œuvrons pour être non seulement de “bons voisins” mais aussi une entreprise citoyenne. (...) à travers d’authentiques relations nous construisons des communautés meilleures, plus fortes et plus durables dans les lieux où nous sommes implantés. » [3]. Nous voilà rassuré ! D’autant que, si survenait un problème, le premier actionnaire de Dow serait sans doute là pour aider les victimes... puisqu’il s’agit de l’assureur Axa, qui détient 7% du capital.

 

Toutes les victimes de Bhopal ne sont pas encore nées

 

Dans la clinique Sambhavna, créée par Indra Sinha, 40 000 personnes ont été soignées gratuitement. « Leurs corps sont surchargés de produits toxiques. Ailleurs, on leur en donne encore davantage, ils sont sur-médicamentés. Tout en organisant des opérations chirurgicales si besoin, la clinique Sambhavna utilise des traitements à base d’allopathie mais aussi à base de plantes et de médecine ayurvédique, pour réduire les effets toxiques ». Le premier principe ? « Ne pas faire empirer les choses. Du fait de possibles interactions, tout produit chimique avalé, même une aspirine, peut avoir un effet désastreux. »

 

À Bhopal, aujourd’hui encore, plus de 100 000 personnes sont malades, souffrant de cancers, de problèmes respiratoires ou de malformations congénitales. Victimes du gaz, victimes de l’eau, ou de ce cocktail empoisonné. Des tonnes de déchets, des bacs éventrés s’amoncellent toujours sur le site. En mai 2004, une décision de la Cour suprême indienne a permis d’améliorer l’accès à une eau potable, par la mise en place de citernes. Mais celles-ci sont difficilement approvisionnées. Selon les ONG, il manquerait plus de 800 000 litres d’eau pour satisfaire les besoins des quartiers les plus concernés.

 

Les victimes demandent toujours, en vain, l’extradition de Warren Anderson, PDG d’Union Carbide Corporation en 1984. Il vivrait aujourd’hui près de New York. Dow Chemical cherche à implanter de nouvelles usines en Inde. Mais l’entreprise fait face à de nombreuses contestations de la part des habitants. Un centre de recherche de Dow a récemment été détruit par des militants indiens. Malgré les manifestations, les marches, les grèves de la faim, 25 ans après, le problème est loin d’être réglé. Dans les prochaines années naîtront encore de nouvelles victimes de la catastrophe industrielle de Bhopal.


Agnès Rousseaux

 

Notes

 

[1] Avec pour critère, une espérance de vie restante de 30 ans et un revenu moyen par ménage de 800 roupies, soit 23 euros.

 

[2] « A growing world brings growing responsibility »

 

[3] « At Dow, we believe in the power of the Human Element to change the world. We place a high value on listening to our communities and strive not just to be a good neighbor, but a global corporate citizen. We understand that our promise is our most vital product and through authentic relationships we are building better, stronger, more sustainable communities in the places where we do business ». Source : http://www.dow.com/commitments/corp_cit.htm

 

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Sahara Occidental : Aminatou Haidar autorisée à rentrer chez elle

 

HNS-Info 21 décembre 2009


Nous apprenons que le 17 décembre les autorités marocaines se sont engagées à rendre le passeport d’Haminatou Haidar et l’autorisent à rentrer chez elle. Amnesty International reste vigilante afin de s’assurer complètement qu’elle ne sera pas inquitée à son retour au Sahara occidental. Nous remercions toutes celles et ceux qui ont participé à notre pétition.

Aminatou Haidar, en grève de la faim dans l’aéroport de Lanzarote en Espagne depuis le 16 novembre, a été hospitalisée en soins intensifs le jeudi 17 décembre au matin. La défenseure sahraouie proteste toujours contre son expulsion et la confiscation par les autorités marocaines de son passeport alors qu’elle revenait des Etats-Unis où elle a reçu un prix des droits de l’homme le 14 novembre.

 

Qui est- elle ?

 

Agée de 42 ans et mère de deux enfants, elle a reçu de nombreuses récompenses prestigieuses pour son inlassable action pour la défense des droits humains.

Elle vient de recevoir le prix du courage civil 2009, octroyé par la "John Train Fondation" américaine. Elle a également reçu en 2008, le prix de la fondation Robert Kennedy, le prix Silver Rose de Solidar, une alliance internationale indépendante, (Autriche, 2007), le prix Juan Maria Bandres Humain Rights (Espagne, 2006). Elle a également reçu le prix Andreï Sakharov pour les droits de l’homme, de la part du Parlement européen et le prix Ginetta Sagan Fund de Amnesty International (section Etats unis). Elle a été proposée pour le prix Nobel de la Paix.

 

Les faits

 

Présidente du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme (CODESA), Aminatou Haidar a été interceptée par des responsables de la sécurité à son arrivée à l’aéroport de Laayoune le 13 novembre 2009, alors qu’elle rentrait d’un voyage d’un mois à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.

Ces agents de la sécurité se sont offensés de ce qu’elle ait indiqué sur sa carte de débarquement « Sahara occidental » et non « Sahara marocain » comme lieu de résidence, et qu’elle n’ait pas fait mention de sa nationalité marocaine.

Elle a été interrogée en présence du procureur général du roi à Laayoune par un groupe d’une quinzaine d’agents de la police judiciaire et de responsables de la sécurité. Des questions lui ont été posées sur ses convictions politiques et ses activités en faveur des droits humains, sur ce qu’elle avait fait au cours de son séjour à l’étranger, on lui a demandé qui avait payé son voyage et quels soins médicaux lui avaient été prodigués en Espagne. Elle a été retenue à l’aéroport jusqu’au lendemain. La police lui a alors demandé de reconnaître officiellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, ce qu’elle a refusé de faire.

Le 14 novembre 2009, elle était placée dans un avion à destination de Lanzarote, aux Canaries, où elle se trouve actuellement. D’après les autorités marocaines, Aminatou Haidar a en fait « renoncé » à sa nationalité marocaine.

Depuis son arrivée à Lanzarote, Aminatou Haidar n’a pas quitté l’aéroport et demande à pouvoir rentrer à Laayoune. Elle a entamé une grève de la faim le 15 novembre 2009 à minuit pour protester contre son expulsion forcée. Elle souffre d’anémie, d’un ulcère et de troubles oculaires.

 

Les défenseurs des droits humains sahraouis et le roi du Maroc Mohamed VI

 

L’expulsion d’Aminatou Haidar est la dernière en date d’une série de mesures prises par les autorités marocaines contre des défenseurs sahraouis des droits humains et des partisans de l’autodétermination pour le Sahara occidental. En octobre 2009, les autorités marocaines ont confisqué les documents de voyage de six militants sahraouis – Sidi Mohamed Daddach, Ahmed Sbai, Laarbi Massoud, Atig Brai, Ibrahim Ismaili et Sultana Khaya – les empêchant ainsi de se rendre en Mauritanie et en Espagne.

Sept prisonniers d’opinion sahraouis sont incarcérés à la prison civile de Salé depuis le 16 octobre 2009. Ils ont été arrêtés le 8 octobre 2009 à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, à la descente de l’avion qui les ramenait d’Algérie. Ahmed Alnasiri, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek sont membres de plusieurs organisations de défense des droits humains et groupes de la société civile, notamment l’Association marocaine des droits humains, AMDH), l’Association sahraouie des victimes des graves violations des droits de l’homme commises par l’État du Maroc, ASVDH) et le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme, CODESA). Plusieurs d’entre eux se consacrent depuis très longtemps à la situation au Sahara occidental et à la collecte d’informations sur les violations des droits humains qui y sont perpétrées.

Le 6 novembre 2009, à l’occasion d’un discours commémorant l’anniversaire de la Marche verte à l’issue de laquelle le Maroc a pris possession de l’ancien territoire espagnol du Sahara occidental en 1975, le roi Mohamed VI a déclaré que remettre en question « l’intégrité territoriale »du Maroc – référence au rattachement du Sahara occidental – ne serait pas toléré. « On ne peut jouir des droits de la citoyenneté et les renier à la fois en complotant avec les ennemis de la patrie », a averti le roi, laissant entendre ainsi que les Sahraouis qui réclament l’autodétermination pourraient être privés de leur citoyenneté marocaine pour avoir exprimé leur opinion.

 

Recommandations d’Amnesty International

 

Amnesty International demande instamment aux autorités marocaines de s’acquitter de ses obligations internationales au titre de l’article 12.4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Celui-ci précise que « Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ». Le Maroc a ratifié le PIDCP.

Aminatou Haidar doit être autorisée à regagner Laayoune immédiatement sans condition et les autorités marocaines doivent lui restituer ses documents de voyage et papiers d’identité.

Les autorités marocaines doivent également restituer aux six militants sahraouis les documents de voyage et papiers d’identité qui leur ont été confisqués en octobre et respecter leur droit de circuler librement.

 

Source : Amnesty International

 

La Jérusalem arabe se vide de sa population

 

Pour empêcher que la partie orientale de la Ville sainte ne devienne la capitale d’un Etat palestinien, les autorités israéliennes accélèrent la politique d’expulsion des Palestiniens, souvent présents depuis des générations.

 

10.12.2009 | Ann Wright |


In COURRIER INTERNATIONAL

 

Les palestiniens n’ont pas droit à une “croissance naturelle”

Beaucoup d’autres quartiers de la Ville sainte font l’objet de revendications. Les plus grands projets de colonisation sont celui de Ras El-Amoud, sur le mont des Oliviers, en cours de réalisation, celui de Shepherd Hotel, encore à l’étude, et celui des terrains adjacents à Karm El-Mufti, à Sheikh Jarrah. Les quartiers musulmans et chrétiens de la vieille ville sont de plus en plus entourés de postes de guet, de gardes armés et de drapeaux israéliens, signes caractéristiques d’une enclave colonisée. De l’autre côté de la vieille ville, dans la banlieue palestinienne plus populaire de Silwan, les familles sont davantage confrontées à une menace de démolition que d’expulsion. C’est le sort qui attend notamment 88 maisons d’Al-Bustan, au centre de Silwan, pour permettre l’aménagement du Jardin de la Cité de David, conçu comme un prolongement du site archéologique visant à prouver que le roi David vivait sur ces terres. “Ne faites pas 1 500 sans-abri pour un parc à thème”, lit-on sur la bannière déployée sur le centre socioculturel de Wadi Hilweh. Mais le bruit court que l’unique préoccupation du conseil municipal de Jérusalem est de savoir s’il convient de démolir tous les bâtiments à la fois – comme cela avait été fait en 1967 pour le quartier des Maghrébins, contigu au mur des Lamentations – ou de les ­démolir plus discrètement, un par un. D’autres quartiers de la Ville sainte ont déjà subi des démolitions. A la différence des colons juifs, les familles palestiniennes n’ont pas droit à une “croissance naturelle”. Quand ils demandent un permis d’agrandir leur maison, il leur est rarement accordé. En 2009, le nombre de permis de construire qui leur a été octroyé s’est limité à 140, alors que la pénurie de logements se compte par milliers. Les Palestiniens construisent donc illégalement et reçoivent des ordres de démolition. Certaines familles dépensent des fortunes en procès, honoraires d’avocat, amendes, mais les ordres de démolition n’en restent pas moins valables et peuvent être appliqués à tout moment, généralement le matin et sans avertissement. Actuellement, quelque 1 800 ordres de démolition restent en suspens à Jérusalem-Est.

Le conseil municipal de ­Jérusalem est essentiellement composé de membres de partis religieux juifs et du Likoud. Il garde constamment un œil sur la courbe démographique. Le plan d’aménagement de la Ville sainte pour 2020, qui a été publié en 2004, vise à limiter la population palestinienne à 30 % de la population de la ville, alors que, compte tenu de leur taux de fécondité élevé, le pourcentage devrait être plus proche de 40 %. Le maire, Nir Barkat, a confirmé ces chiffres lorsqu’il est entré en fonction, en 2008. Aujourd’hui, quelque 300 000 Israéliens juifs vivent à Jérusalem-Ouest, et 250 000 – soit autant que de Palestiniens – à Jérusalem-Est.

Les Palestiniens sont ainsi concentrés sur des surfaces de plus en plus exiguës. La surpopulation a des conséquences plus graves que la pauvreté. Ceux qui appartiennent à la classe moyenne ou qui ont les moyens de partir ailleurs le font. L’économie locale commence à s’effondrer. Mais les Palestiniens doivent souffrir en silence : ce sont des habitants de la Ville sainte, mais pas des citoyens d’Israël ; ils ne vivent pas de leur plein droit à Jérusalem, ils y sont simplement tolérés. Leur précieuse carte d’identité de Jérusalem peut leur être retirée à tout moment, même si leur famille y vit depuis des générations.

 

Entre répression et manipulations : le courageux combat des syndicats autonomes algériens

 

par le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA, comintersaa@gmail.com ), 15 novembre 2009

 

La défense des droits des travailleurs n’est nulle part une tâche aisée. Mais en Algérie plus qu’ailleurs, être syndicaliste est aujourd’hui un combat de tous les instants. Les dispositions de l’état d’urgence en vigueur depuis le coup d’État de janvier 1992 et l’interruption des élections législatives compliquent très sérieusement l’action quotidienne des authentiques syndicalistes membres des divers « syndicats autonomes » de la fonction publique. Ceux-ci sont apparus au tout début des années 1990 – à la faveur d’une brève ouverture démocratique – pour défendre les intérêts des fonctionnaires, rôle que n’assurait plus de longue date le syndicat unique UGTA (Union générale des travailleurs algériens), devenu dès 1963 un simple rouage du régime.

 

Être syndicaliste en Algérie

Dans l’Algérie des années 2000, animer un syndicat autonome consiste autant à défendre les travailleurs qu’à esquiver les manœuvres incessantes de déstabilisation, d’infiltration et de corruption du pouvoir – qui les tolère sans les reconnaître officiellement. Les organisations syndicales indépendantes, en refusant toute sujétion autre que celle due à leurs adhérents, sont la cible principale de l’action des services de la police politique de l’armée, le DRS (Département de renseignements et de sécurité, ancienne Sécurité militaire). Venus combler l’absence totale de représentation des travailleurs, les syndicats autonomes sont depuis leur création la cible permanente d’entreprises d’intimidation, de division de leurs rangs et de corruption de leurs dirigeants, dans le but d’éliminer toute forme d’expression revendicative.

 

En effet, le maintien de l’ordre politique passe par l’émiettement de toutes les contestations et la vassalisation de tous ceux qui prétendent se poser en tant qu’interlocuteurs responsables. La démarche est constante dès les premiers jours de l’indépendance. Il est significatif à cet égard d’observer que le premier congrès de l’UGTA, en janvier 1963, a été la première victime de cette stratégie de mise en coupe réglée de tous les acteurs sociaux. Les délégués au congrès ont été arrêtés pour permettre à des individus relevant des appareils sécuritaires de tenir le congrès à leur place et d’« élire » une direction choisie par le pouvoir. Aucune structure ne doit exister en dehors de celles au service du régime.

 

Comme ce fut le cas après l’indépendance, l’élimination du champ social de toute organisation autonome par rapport au pouvoir réel, c’est-à-dire les chefs du DRS, est la préoccupation constante des dirigeants algériens depuis la fin de la brève période d’ouverture démocratique entre novembre 1988 et juin 1991. Le système politique algérien, derrière une façade institutionnelle destinée à la consommation externe, est une dictature qui a pour leviers exclusifs la rente pétrolière et un appareil répressif omniprésent.

Une dictature masquée

Cette dictature militaro-policière se camoufle derrière des institutions qui, de la justice au Parlement en passant par le président de la République, ont une existence formelle mais qui ne sont nulle part et à aucun moment des cadres d’autorité effective ni des centres de régulation politique. Ces institutions sans substance, animées tant bien que mal par un personnel coopté, ne sont en définitive que les courroies de transmission des directives émanant du groupe effectivement dirigeant. Issues d’élections frauduleuses soigneusement mises en scène, les institutions croupions ne doivent leur existence qu’à la nécessité de se conformer au modèle qui rassure les Occidentaux, principaux partenaires étrangers, soucieux d’un minimum de formalisme.

 

De fait, la gestion du pays est entre les mains d’un groupe d’individus au sommet des appareils sécuritaires, qui n’apparaissent pas sur la scène politique officielle et ne rendent de comptes à personne. Cette dictature « honteuse » ne peut tolérer, pour durer, la moindre contestation organisée. La pérennité de cet ordre repose donc sur un contrôle social tatillon, interdisant l’émergence de toute expression libre et de toute organisation susceptible de la mettre en question.

 

La scène politique algérienne est parfaitement verrouillée, les partis récalcitrants sont privés d’expression, réduits à une existence végétative, dans l’impossibilité de se déployer et ne recueillant dans les urnes que ce que le pouvoir effectif veut bien leur concéder. À de très rares exceptions, comme la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) ou SOS-Disparus, le mouvement associatif témoin d’une « société civile » également préfabriquée est constitué d’une myriade d’associations subventionnées qui, pour l’essentiel, regroupent quelques individus sans relais dans la société.


Seule soupape tolérée par le régime, la presse écrite privée – les « médias lourds », radio et télévision, restant exclusivement dans les mains de l’État – fait preuve d’une certaine liberté de ton, pour autant que les lignes rouges non écrites, mais fermement tracées, ne soient pas franchies. Ces lignes rouges sont connues : il est interdit de mettre en cause les vrais responsables du cercle dirigeant effectif, de les nommer et de critiquer le centre du régime, la police politique militaire. En revanche, la presse dispose d’une certaine latitude pour critiquer le chef de l’État, le gouvernement et les autres institutions. Sous tutelle directe du DRS, les directeurs de journaux sont ainsi tenus d’assister à un briefing hebdomadaire au siège spécialisé de la police politique. La presse reste néanmoins le seul espace de très relative liberté consentie à la population.

Les syndicats autonomes face à la répression

Héritage vivace de la période d’ouverture, de la Constitution de 1989 et des lois promulguées en 1990, les syndicats autonomes sont en première ligne de la répression et des manœuvres de déstabilisation de l’appareil sécuritaire et de ses relais. Si l’aventurisme politique inauguré par le coup d’État militaire du 11 janvier 1992 a entraîné le démantèlement des principaux garde-fous de l’État de droit, le rééchelonnement de la dette en 1994 a permis le basculement dans l’économie de bazar et la corruption généralisée. L’orientation libérale et l’annihilation de la politique sociale ont provoqué le basculement de catégories entières dans la précarité et la misère.

 

Aujourd’hui, dans un pays qui se targue de sa santé financière, exclusivement due à la rente pétrolière, la moitié de la population vit en deçà du seuil de pauvreté. L’affairisme des clientèles du régime et la corruption aux niveaux les plus élevés des hiérarchies de pouvoir sont facilités par l’affaiblissement des structures de l’État et le désordre entretenu par ceux-là mêmes qui dirigent l’appareil répressif. L’ajustement structurel et la pression sur les salaires ont frappé de plein fouet les fonctionnaires de tous les secteurs et les travailleurs en général. L’éducation et la santé ont notamment payé au prix fort la thérapie à courte vue et globalement inopérante du FMI.

 

Ce recul social – relégué au second plan par la « sale guerre » conduite contre la population lors des années 1990 par les chefs de l’armée et du DRS, au prix de 200 000 morts – n’est aujourd’hui combattu que par les syndicats autonomes. L’UGTA, ancienne organisation de masse du parti unique, caporalisée dès les premiers jours de l’indépendance par la police politique, n’est plus qu’un instrument, totalement discrédité, de contrôle social. Privée de toute représentativité, dirigée par des hommes notoirement impliqués dans des scandales financiers, la vieille centrale est l’ombre spectrale du syndicat fondé le 24 février 1956 par Aïssat Idir.

 

L’UGTA, l’un des rarissimes syndicats au monde à avoir approuvé un programme d’ajustement structurel du FMI, n’est plus qu’un sigle commode convoqué par le gouvernement pour figurer l’illusoire « adhésion des masses laborieuses » aux gesticulations d’une « Algérie Potemkine » cachant de plus en plus difficilement la réalité de la dictature. Les sections combatives qui subsistent encore sont laminées par les coups de boutoir de la direction nationale de l’UGTA, qui les fragilisent en leur ôtant la protection syndicale et les offrent comme victimes expiatoires à l’administration.

 

Les syndicats autonomes sont aujourd’hui les seules organisations qui défendent les travailleurs et les seules qui échappent à la mainmise de la police politique. Les mouvements sociaux dans la fonction publique ont démontré les capacités de mobilisation des syndicats libres et montré les limites des capacités d’intimidation de la police politique. Arrestations arbitraires, gardes à vue illégales de militants syndicaux alternent avec les fermetures de locaux, toutes les formes de brimades et de harcèlements.

 

Des méthodes éprouvées pour stériliser le champ politique
Depuis les années 1990, le DRS déploie en effet vis-à-vis des syndicats autonomes tout l’éventail des techniques de manipulation mises en œuvre dès 1962 pour stériliser le champ politique, et renouvelées après la fermeture de la « parenthèse démocratique » de 1989-1991. Les partis alors légalisés et ayant encore une base réelle et une direction indépendante du pouvoir ont systématiquement été depuis l’objet de manœuvres de division interne. Scénario classique : des militants « dissidents » agissant sur ordre décident d’un congrès de « redressement », une direction est alors élue dans les conditions les plus illégales et le parti passe sous la coupe du pouvoir. La plus illustre victime de ce genre de « redressement » – le mot arabe tas’hihiyya est passé dans le langage courant pour désigner ce type de coup d’État téléguidé – a été en janvier 1996 le vénérable Front de libération nationale, dont le secrétaire général Albelhamid Mehri a alors été déposé suite à ce que ses exécutants ont appelé un « complot scientifique ». Au mépris de toute légalité, la ligne indépendante du FLN approuvée par les militants a été changée du jour au lendemain, pour un alignement absolu sur les orientations du pouvoir.

 

Face à ce type de manœuvres, dans une situation d’état d’urgence structurel et d’omnipotence de la police politique, tout recours à la justice est inévitablement voué à l’échec. Dans l’organisation politique algérienne, la justice n’est pas une institution, elle n’est qu’un appareil obéissant. Et le paysage est ainsi modelé : de nombreuses organisations factices – partis, syndicats, associations –, sans base ni programme crédible, occupent le terrain médiatique quand le besoin d’une agitation politique est ressenti par le système. On le voit bien à l’occasion des élections présidentielles, quand des structures virtuelles sont fugacement ranimées pour servir de faire-valoir et jouer le rôle d’une opposition de pure figuration.

 

Systématiquement appliquées, ces méthodes, qui semblent être les seules connues par la police politique, ont été notoirement utilisées sur le front de la « sale guerre » des années 1990 : les mêmes techniques ont servi à la création de faux maquis, pour infiltrer et noyauter les groupes armés, jusqu’à les manipuler pour perpétrer les pires massacres de 1996 à 1998. L’objectif d’instrumentalisation de la violence islamiste – la mettre au service d’une stratégie de communication du régime – a d’ailleurs globalement fonctionné. La dictature s’est ainsi justifiée en permanence, se prévalant du combat contre les extrémistes religieux pour se maintenir.

 

L’organisation de la confusion : le « clonage »

Vis-à-vis des syndicats autonomes, ces méthodes ont été utilisées jusqu’à la nausée par le DRS. Arrestations arbitraires succèdent aux suspensions de salaires, aux carrières bloquées, aux mises à pied injustifiées. L’arsenal des brimades, des vexations, des brutalités et des manipulations policières est entièrement mobilisé. Avec une prédilection pour ce que les militants syndicaux ont appelé le « clonage ». Une manœuvre visant à susciter la confusion auprès des bases en dupliquant une organisation jugée indésirable. La démarche est simple : il s’agit de créer à l’intérieur des syndicats réellement autonomes une « dissidence » qui débouchera rapidement sur une scission, en manipulant les militants les plus opportunistes ou les plus fragiles, par la technique du bâton et de la carotte ou, accessoirement, par le chantage exercé sur ceux qui traînent des « casseroles ».

 

Si la dissidence au sein des organisations syndicales autonomes est un phénomène connu et pris en compte dans leurs pratiques et stratégies, elle change de nature lorsqu’elle est instrumentalisée dans le but d’annihiler toute ligne syndicale et toute autonomie. En effet, la pratique couramment utilisée est de faire croire que certains militants ne sont plus d’accord avec la prétendue « radicalité » (ou parfois, à l’inverse, la prétendue « mollesse ») de leur syndicat et décident en quelque sorte de corriger le tir en pratiquant un « redressement » – la fameuse tas’hihiya. Le seul objectif sera de mettre au-devant de la scène une nouvelle organisation clone de l’original et prête en réalité à tous les compromis avec le régime, y compris en mettant en scène des initiatives « ultraradicales » mais absurdes et vouées à l’échec, autre manière d’affaiblir la volonté collective de revendication. Pour être efficace, cette pratique exige que la nouvelle direction se présente comme étant issue d’un nouveau congrès, pour installer le désarroi au sein des adhérents et même des analystes, puisque, après la scission de facto, deux syndicats portent le même nom (ou à peine différent dans certains cas).

 

La méthode a été appliquée au SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique) en mai 2004 – après une première tentative du même ordre en février 2002, mais qui fit long feu –, ses dirigeants ayant refusé de soutenir la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d’avril : un « dissident » isolé a organisé un congrès qui a bénéficié du soutien actif de l’administration. Ce SNAPAP-bis a immédiatement reçu une subvention, alors que le SNAPAP n’a eu droit qu’à de dérisoires soutiens conjoncturels des pouvoirs publics. Au mépris de toute loi et de la réalité factuelle, la justice a attribué au SNAPAP-bis le petit appartement (avec toute la documentation et le matériel qui y étaient entreposés) qui servait de siège au syndicat. L’expulsion manu militari des occupants légitimes s’est effectuée avec brutalité et sans aucun recours possible.

 

Le CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) a subi la même manœuvre. Actif depuis le début des années 2000, le CNAPEST n’a obtenu son agrément que 10 juillet 2007, quasiment en même temps que son clone, le « SNAPEST » (les prétendus dissidents ont en effet – après hésitations dues à l’adoption tardive d’une « stratégie » – légèrement modifié le nom de l’organisation). Le clonage concerne même les regroupements de syndicats autonomes. Créée en avril 2006, l’Intersyndicale de la fonction publique (IAFP), réunissant les authentiques syndicats autonomes, s’est vue immédiatement dupliquée par un clone dénommé « Coordination des syndicats de la fonction publique ». D’autres syndicats autonomes, comme celui des pilotes de ligne par exemple, existent théoriquement mais n’ont plus d’activités sur le terrain. Pour cette catégorie, le DRS ne juge pas utile de créer des clones.

 

Et l’on pourrait ainsi multiplier les exemples. Pour éclairer le lecteur, il nous a paru important d’établir une « table de correspondance » entre les vrais syndicats autonomes et leurs clones, selon les informations dont le CISA a pu avoir connaissance.

 

Algérie, 2009 : tableau de correspondance entre syndicats autonomes et syndicats clones

 

Syndicats d'origine Clones
SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l'administration publique ; président : Rachid Malaoui ; secrétaire général : Nassira Ghozlane) SNAPAP- bis (dirigé par Belkacem Felfoul, ex-député retraité)
CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique ; coordonnateur : Larbi Nouar) SNAPEST (dirigé par Mériane Meziane)
SATEF ( Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation ; secrétaire général : Mohand-Salem Sadali ) SATEF- bis (dirigé par Abdelmadjid Basti)
CNES (Conseil national des enseignants du supérieur, coordination des sections CNES ; porte-parole : Kaddour Chouicha) CNES- bis (dirigé par Abdelmalek Rahmani)
SNTE (Syndicat national des travailleurs de l'éducation ; secrétaire général : Mohamed Bennoui )

SNTE- bis (dirigé par Abdelkim Boudjnah)

UNPEF (Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation) UNPEF-bis (son président est conseiller du ministre de l’Éducation)
Intersyndicale de la fonction publique (IAFP) Coordination des syndicats de la fonction publique


Toutes ces manœuvres bénéficient du soutien automatique du ministère du Travail, chargé en principe de veiller au respect de la réglementation en matière de libre exercice de droit syndical. Ce ministère est dirigé depuis juin 2002 par le même individu, Tayeb Louh, lui-même ancien syndicaliste autonome. La carrière de Tayeb Louh est révélatrice des stratégies antisyndicales du DRS. Magistrat, Tayeb Louh avait été l’un des fondateurs en 1993 d’un syndicat autonome des magistrats (Syndicat national de la magistrature), qui avait fait l’objet de harcèlements ayant défrayé la chronique et d’un « redressement » en bonne et due forme. C’est avec étonnement que les syndicalistes avaient appris la nomination en qualité de ministre du Travail de ce transfuge des luttes sociales. Sans surprise, ils constatent depuis que le ministre converti se livre avec constance aux pratiques dont il avait été un temps victime.


Ainsi, chaque fois qu’un clone est créé à l’initiative du DRS, le ministère du Travail refuse d’intervenir pour clarifier la situation. Pour enfoncer le clou, d’autres instances officielles – mais aucunement habilitées à intervenir en matière syndicale – se chargent de désigner le « bon » syndicat, celui avec lequel toutes les autorités doivent coopérer, ce qui suppose l’exclusion de celui qui n’a pas été désigné. Un exemple notoire est l’affaire du télégramme émis le 17 janvier 2009 par le ministère de l’Intérieur pour choisir le clone du SNAPAP : les administrations étaient sommées de refuser de travailler avec les sections légitimes (élues par les adhérents) au prétexte de l’existence de représentants du clone, désignés par l’administration et n’ayant aucune légitimité élective. Quant aux décisions de justice, elles sont évidemment toujours à l’avantage des clones.

 

L’impératif de la solidarité

Ces pratiques n’ont pas la même influence sur tous les travailleurs. Car si pour les plus engagés d’entre eux, les enjeux sont clairs et les acteurs identifiés, pour d’autres, le retrait et la prudence sont de mise tant qu’une clarification n’intervient pas, le pouvoir et ses relais médiatiques tentant en permanence de discréditer le vrai syndicat en présentant le conflit entre celui-ci et son clone comme l’expression d’une lutte pour des strapontins. De plus, pour beaucoup de travailleurs, l’engagement dans un syndicat ne supposait pas une prise de risques aussi importante (opposition au DRS), ce qui a contribué à éloigner nombre d’entre eux des luttes syndicales.

 

Dans ces conditions, la détermination et l’opiniâtreté des militants des authentiques syndicats autonomes n’en sont que plus respectables. Avec courage, ils se battent depuis des années contre la détérioration croissante des conditions de vie et de rémunération des travailleurs algériens et les manœuvres de désintégration de leurs organisations syndicales représentatives. Après la meurtrière « éradication » des opposants – principalement islamistes mais pas seulement – lors de la « sale guerre » des années 1990, ils restent aujourd’hui les seuls à lutter pied à pied, de façon structurée à partir de la fonction publique, contre une situation sociale dramatique, face à laquelle la majorité désespérée des citoyens n’a plus comme unique moyen d’expression que l’émeute. Apparues au début des années 2000, les violentes jacqueries qui secouent périodiquement les grandes villes comme les moindres douars pour tous les motifs possibles liés à la « malvie » – pénuries d’eau, de logements, d’infrastructures, etc. – se sont multipliées depuis 2004 et sont devenues quotidiennes en 2009, au point de faire de l’Algérie, de l’est à l’ouest, un chaudron social en permanence au bord de l’explosion généralisée.

 

Mais jusqu’à présent, la combinaison du quadrillage omniprésent des hommes du DRS, de la répression policière et d’une justice aux ordres toujours prompte à sanctionner lourdement les émeutiers a réussi à maintenir ces révoltes populaires en deçà du seuil de cette explosion. Car les détenteurs du pouvoir réel, les généraux du DRS et leurs affidés, sont particulièrement déterminés pour briser toutes les initiatives collectives qui permettraient de structurer ces révoltes, au risque de menacer sérieusement leur principal objectif : poursuivre à leur seul profit – comme ils le font depuis trente ans – l’accaparement des richesses du pays, par la corruption et les prélèvements de commissions sur les exportations d’hydrocarbures comme sur les importations des biens de consommation ou d’équipements, que l’Algérie ne produit plus.

 

Dans ce sombre contexte, il est donc essentiel que cesse l’isolement international des militants des syndicats autonomes de la fonction publique, les seuls en Algérie à se battre de façon collective face aux manœuvres, aux « clonages » et à la répression – et plus globalement contre l’atroce malvie imposée à tout le peuple par le pouvoir. La grève dure, massivement suivie, engagée depuis le 8 novembre 2009 par les syndicats d’enseignants en est une illustration vivante. Qui plus est, le combat que mènent les syndicats autonomes est aussi celui des Algériennes pour leur émancipation : les femmes sont nombreuses à participer activement aux luttes et à assumer des responsabilités à la tête de ces syndicats – et elles sont souvent les premières à subir les pressions, les harcèlements et les tentatives d’intimidation du pouvoir.

 

C’est pourquoi, en septembre 2009, des syndicalistes français et des militants des droits de l’homme français et algériens ont créé le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA), dans le but d’informer l’opinion sur la réalité des luttes syndicales algériennes, de les soutenir et de lever les équivoques entretenues par un système qui n’a plus que la violence et la coercition comme leviers sur la société.

 

ALGERIA-WATCH

 

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TAOUFIK BEN BRICK EN PROCES

"Non assistance aux démocrates tunisiens en danger"

 

Taoufik Ben Brik connaîtra son verdict le 26 novembre. Il risque cinq ans de prison. Si rien n'est fait d'ici là, il sera condamné. Avec la complicité de ceux qui se seront tus.

 

Taoufik Ben Brik ne peut compter que sur lui-même. Jeudi 19 novembre, lors de la première et unique audience de son procès, aucun représentant de l'ambassade de France n'était dans la salle. La veille au soir, le Quai d'Orsay se concertait encore avec ses partenaires européens sur l’envoi d’un observateur. Malheureusement, la conciliation diplomatique l’a emporté sur une présence qui s’imposait.
Pourtant la situation ne cesse de s’aggraver en Tunisie. Au-delà du cas de Taoufik Ben Brik, une véritable chasse aux dissidents s'est ouverte. Depuis qu'il s'est reconduit pour son cinquième mandat, le 25 octobre dernier, le président Zine el-Abiddine Ben Ali, laisse sa police politique faire place nette. Jamais les domiciles des avocats et des journalistes n'avaient été surveillés aussi étroitement. Sihem Bensedrine, journaliste indépendante, est quasiment assignée à résidence, tant les services spéciaux en civil sont nombreux et menaçants, devant sa porte.
Pour la première fois, les défenseurs des droits de l'Homme, pourtant habitués aux pires coups tordus du régime depuis plus de 20 ans, ont la peur au ventre quand ils sortent de chez eux. Certains évoquent même ce qu'ils ont toujours refusé d’envisager : l'exil. Le président Ben Ali est en passe de gagner son pari et de faire taire, une à une, les voix discordantes dans son pays. Par la terreur. Dans ce contexte extrêmement préoccupant, le silence de la France et de l'Union européenne est dangereux.

Les dirigeants européens préfèrent les sujets internationaux plus nobélisables et ont des intérêts plus triviaux à préserver. Et Ben Ali se délecte des rares démarches confidentielles laborieusement entreprises par les diplomates européens. Il connaît les atouts de son jeu : le soutien à l'Union pour la Méditerranée, si chère à Nicolas Sarkozy, la lutte contre l'intégrisme islamique, la soi-disante stabilité économique de son pays, l'accueil de millions de touristes en provenance de toute l’Europe. Dans ces démarches, le chef de l'Etat tunisien est en position de force. Il connaît les lignes rouges : pour un pays arabe et musulman, dont le dirigeant ne professe pas publiquement de propos antisémites et ne harcèle pas ostensiblement sa minorité chrétienne, le seuil de déclenchement de l'indignation internationale est très élevé.

L'interpellation publique est le seul levier possible sur un homme qui s'enferme de plus en plus dans son autisme. Tous les démocrates tunisiens attendent une déclaration forte de Nicolas Sarkozy. Ils n'ont pas oublié les promesses, en 2007, de celui qui n'était alors que candidat à la présidentielle. Il vantait alors les mérites d'une autre politique étrangère, dans laquelle la défense des droits de l'homme ne serait pas inversement proportionnelle au potentiel d'investissement économique. Espoirs déçus...
La Tunisie quémande auprès de l'Union européenne un statut de coopération avancé, semblable à celui dont bénéficie le Maroc. Il serait scandaleux que l'Europe accède à cette demande tant que le respect des libertés fondamentales ne sera pas assuré en Tunisie. La nouvelle Haute représentante de l'Union européenne, Catherine Ashton, doit saisir cette occasion pour prouver qu'une véritable diplomatie à l'européenne est possible, et que l'accord d'association UE-Tunisie et son article 2, les conventions internationales, les lignes directrices sur la protection des défenseurs des droits de l'Homme, tous ces instruments si chèrement négociés et si fièrement brandis ne sont pas des joujoux pour distraire les "droits de l'Hommistes".

Taoufik Ben Brik connaitra son verdict le 26 novembre. Il risque cinq ans de prison. Si rien n'est fait d'ici là, il sera condamné et le régime tunisien aura réussi à briser l'une des plus belles plumes du pays. Taoufik pourra continuer à manier les mots avec panache, il ne sera plus lu. La liberté de parole et la critique politique s’éteindront encore un peu plus en Tunisie. Avec la complicité de ceux qui se seront tus.

Signataires : Hélène Flautre, Députée européenne Europe-Ecologie, William Bourdon, Avocat, et Jean-François Julliard, Secrétaire général de Reporters sans frontières

NOUVEL OBS 25/11/2009

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Merveilles du capitalisme d'Etat en Chine :

les maisons-cages...

 

Une maison-cage est un type de logement destiné aux classes les plus pauvres des Chinois de Hong Kong. Elle consiste en une série de lits empilés, chacun étant entouré d’un grillage, afin d’abriter les possessions du locataire. Chaque lit ou maison-cage est accessible par une porte découpée dans le grillage ; ces abris individuels sont rassemblés dans des dortoirs, jusqu’à onze le plus souvent (effet de seuil, la législation imposant des contrôles à partir de douze lits par pièce).


Ce type d’hébergement est apparu dans les années 1950, d’abord comme couchage provisoire destiné aux travailleurs migrants. Actuellement, environ 100 000 Hong-Kongais sont logés dans des maisons-cages.

 

 

In Wikipedia, d'après un article du Monde :

 

L‘anniversaire de la rétrocession de Hongkong à la Chine, le 1er juillet 1997, est devenu l’occasion officielle, depuis 2003, de manifester son mécontentement au gouvernement de la région administrative spéciale de Hongkong. Ce jour-là, Paul Pak, la cinquantaine, quitte la “cage” dans laquelle il vit à Tsim Sha Tsui et rejoint la marche qui traverse le centre de Hongkong, sous la bannière de l’ONG Soco, qui se bat inlassablement pour la cause des pauvres, des nouveaux migrants, des mal-logés. “Trop chaud, pas d’air conditionné, trop sale et trop cher. Beaucoup de puces et d’insectes qui vous mordent”, résume-t-il à propos de son logement où, ajoute un autre : “Donald Tsang (le chef de l’exécutif hongkongais) ne tiendrait pas cinq minutes.”

 

La pérennité des maisons-cages de Hongkong dans un territoire où le PNB par habitant est supérieur à celui de la Suisse reste, pour certains une énigme, pour d’autres un scandale…

 

L’entrée est sale et exiguë, comme dans tous les immeubles de ce quartier populaire. Vieille porte en ferraille, peinte et repeinte, cachée dans le mur décrépi, entre un chariot de vente ambulante de brochettes et un présentoir de DVD qui ont cannibalisé le trottoir. Le mur est tapissé de boîtes aux lettres métalliques déglinguées et de compteurs électriques camouflés par des années de poussière. Au-dessus de tout cela, quelques caractères chinois, peints en rouge à même le mur, proposent des “logements à louer” au septième étage. Sept étages donc, de marches usées, inégales. Au fond d’un long couloir, une salle-dortoir accueille une demi-douzaine de lits superposés, grillagés sur l’extérieur, avec une petite porte-fenêtre sur la “façade” du lit-maison. Le grillage protège contre le vol, et permet d’accrocher des cintres et des sacs plastique, autant de rangements pratiques et nécessaires quand on vit dans moins de deux mètres carrés…

 

Derrière un pan de tissu, Yau Kwei Neng se repose. En guise de présentation, il tend sa carte d’identité. Il est né le 19 décembre 1941, a quitté la Chine continentale pour travailler sur des chantiers à Hongkong jusqu’à ce qu’un cancer l’empêche de continuer. Il a finalement toujours vécu ici, sans jamais réunir assez d’argent pour faire venir sa femme et ses deux enfants, laissés à moins de cent kilomètres, mais qu’il n’a jamais revus. Rentrer en Chine ? Peut-être. “Quand (il sera) vieux.”

 

Chaque matin, à 5 heures, il descend dans la rue prendre un bol de thé et des raviolis vapeur. Il s’occupe lui-même de son dîner : il y a un réchaud sur la terrasse du toit. Et le défi quotidien, c’est ce long moment entre les raviolis vapeur du matin et le dîner du soir. L’allocation de 2 000 dollars de Hongkong (200 euros) par mois que donne le gouvernement aux personnes âgées ne lui permet pas de manger trois repas par jour, une fois payé son “loyer” (1 500 dollars de Hongkong, 150 euros).

 

A propos de ses conditions de vie humiliantes, qu’il a toujours crues provisoires, il affirme que la promiscuité qu’impose ce type de logement n’est “pas naturelle”. Il y a eu des disputes dans le passé. Un homme a failli se faire tuer. Mais, aujourd’hui, tout le monde est “ami”. L’état des toilettes (un trou dans une minuscule pièce sans lumière) n’est “pas bien”, dit-il sobrement, en ajoutant s’y être “habitué”. Yau Kwei Neng s’occupe en recopiant des caractères chinois dont il a oublié la signification sur les pages d’un cahier, qu’il efface quand elles sont pleines. Le bruit de la rue ? Cela ne le dérange pas, il est un peu dur d’oreille. Son souci, hormis les puces, c’est qu’en 2008 le sac de riz est passé de 30 à 50 dollars.

 

Dans un lit du bas, catégorie la plus prisée, car on peut ranger ses affaires en dessous, un autre occupant brave l’obscurité du lieu en tentant de lire “de la philosophie et de l’histoire”, à travers d’épaisses lunettes. Il voudrait en savoir plus sur le président français, qui l’intrigue. Arrive Wu So chiu, ancienne occupante, qui était la seule femme du dortoir et qui revient dîner ou faire une partie de cartes avec ses compagnons d’infortune. Elle a obtenu un logement plus décent à présent, mais elle s’ennuie parfois toute seule…

 

Les maisons-cages sont apparues dans les années 1950 comme mode de logement provisoire pour la main-d’oeuvre immigrée. Ho Hei Wah, le directeur de l’ONG Soco, a présenté un dossier aux Nations unies. Le Conseil économique et social des Nations unies (CESCR) a, à maintes reprises, estimé que “les maisons-cages sont un affront à la dignité humaine” et jugé “inacceptable l’inaction du gouvernement de Hongkong en dépit des ressources financières abondantes à sa disposition”.

 

La disparité des niveaux de vie s’aggrave d’année en année à Hongkong. Le rattachement à la Chine n’y a rien changé. Les acteurs sociaux s’accordent à dire que seul l’avènement d’une “vraie” démocratie pourrait s’attaquer à ce problème. Sous le mandat de Tung Chee Hwa, chef de l’exécutif de 1997 à 2005, une politique du logement claire s’était pourtant amorcée : 50 000 logements sociaux par an, entre 1997 et 2004. Mais ces initiatives sociales ont effrayé les Hongkongais propriétaires, dont la richesse principale est souvent leur logement.

 

C’est donc sous la pression populaire que le gouvernement a cessé d’aider les pauvres, pour éviter d’appauvrir les riches… “Beaucoup de gens pensent désormais inutile de faire la demande d’un logement social. Certains ont vu indiqué sur le reçu de leur dossier : “Vingt ans d’attente”. Alors à quoi bon ?”, indique Ho.

 

D’après les chiffres officiels, il n’y aurait plus que trente maisons-cages dans Hongkong. Le gouvernement y contrôle le niveau d’hygiène et les précautions anti-incendie. Mais on joue sur les mots, car le gouvernement a défini les maisons-cages à partir de douze locataires par pièce, et les tenanciers ont vite compris les avantages de renoncer au douzième client. “Cette mesure a fait empirer la situation, car si un tenancier réduit son nombre de locataires comme le recommande le gouvernement, il n’est plus soumis aux contrôles associés aux maisons-cages”, nous explique Soco.

 

Les occupants, ici, sont plutôt des “nouveaux migrants”, arrivés de la Chine continentale depuis quelques années, et qui croient à leur tour à l’eldorado hongkongais. Officiellement, plus de 100 000 personnes sont ainsi “mal logées”.


Florence de Changy

Le Monde

Article paru dans l’édition du 04.07.09

 

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Tunisie - Maroc :

 

Guerre contre la liberté d’expression 

 

 

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En Tunisie comme au Maroc, une vague de répression de grande ampleur frappe tous ceux qui veulent faire entendre une voix discordante ou oppositionnelle.

 

Le président tunisien Ben Ali, conforté par la mise en scène de sa «réélection» comme dictateur, intensifie la pression de sa police sur le pays. Alors que la télévision et la presse sont entre ses mains, il veut réduire au silence tous ceux qui cherchent à donner un point de vue indépendant du pouvoir. La répression actuelle, si elle n’est pas nouvelle dans ce pays, est aujourd’hui officiellement justifiée et revendiquée par la dictature. Elle est large et systématique. Qu’on en juge: les journalistes Taoufik Ben Brik et Zouhaïer Makhlouf sont écroués, la blogueuse Fatma Riahi a été interpellée et est poursuivie, les journalistes Mouazz Elbey et Slim Boukhdhir ont été agressés, les journalistes Lotfi Hajji et Mouldi Zouabi sont harcelés, Florence Beaugé, journaliste du Monde a été refoulée, la journaliste Manuela Gumucio a été expulsée, Mohammed Soudani, qui avait accordé une interview à une journaliste étrangère a été condamné à quatre mois d’emprisonnement. La chaîne satellitaire El Jazira est censurée, les blogs (kitab.nl, moncefmarzouki.com, fatma-arabicca.blogspot.com, elclandestin.blogspot.com, rafiik.blogspot.com, dawwen.blogspot.com, etc.) sont effacés. Les sites web nawaat.org et reveiltunisien.org sont piratés. Le numéro préélectoral du journal Ettarik Eljadid a été saisi et les locaux de Radio 6 assiégés.

 

Sans compter les mesures qui perdurent : privation de passeport pour le journaliste Slim Boukhdhir, le blogueur Mokhtar Yahyaoui. La fondatrice de Radio Kalima, Sihem Ben Sedrine, est déférée en justice, le journaliste Abdallah Zouari est banni au sud du pays, le journaliste Fahem Boukaddous est condamné par contumace et contraint à la clandestinité.

 

Le constat n’est guère plus riant au Maroc oùil ne fait pas bon évoquer la famille royale. Le véritable harcèlement du Palais témoigne de la crispation du pouvoir. Il a déclenché l'instrumentalisation de la machine judiciaire: emprisonnement, amendes, fermetures de locaux, saisie de publications...

En août, les revues Tel Quel et Nichane ont été sanctionnées pour avoir réalisé,en partenariat avec Le Monde, un sondage sur le bilan des dix ans de Mohamed VI. Bien que les résultats s'apparentaient à un plébiscite, 100 000 exemplaires ont été détruits et Le Monde interdit.

 

En octobre, Tawfik Bouachrine, directeur de Akhbar Al Youm, et Khaled Gueddar, caricaturiste, se sont vu infliger des peines de prison avec sursis et 270 000 euros d'amende, ce qui met la survie de leur journal en danger. Ils sont condamnés pour un dessin portant atteinte à l'emblème du royaume et au cousin du roi. Le patron de l'hebdo Al Michaal a écopé d’un an de prison ferme, et trois mois pour deux des journalistes, avec amende, pour avoir évoqué l'état de santé du roi.

 

Pour atteinte àl'intégrité territoriale, le journaliste sahraoui Mustafa Abdedayem est détenu depuis octobre 2008. Les maltraitances subies en prison ont nécessité son hospitalisation à Tiznit. D'autres journaux sont asphyxiés financièrement par des amendes faramineuses pour n'avoir pas ménagé les puissants.

 

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Leaders du syndicat du sucre condamnés à la prison en Iran – Agissez maintenant!

 

Dans une mesure visant à détruire le syndicat indépendant constitué l’an dernier par les travailleurs de l’immense complexe de plantation / raffinerie de sucre de Haft Tapeh dans le sud de l’Iran, un tribunal a condamné le 12 octobre dernier six leaders syndicaux à des peines de prison immédiates sur la base d’accusations portées en octobre 2007. Les sentences prononcées l’an dernier contre trois dirigeants syndicaux condamnés pour activités syndicales et pour avoir "mis en danger la sécurité nationale" ont été renversées en appel en septembre. Deux dirigeants syndicaux, le président Ali Nejati et l’agent de communications Reza Rekhshah, qui risquent tous deux de lourdes peines d’emprisonnement, attendaient toujours le résultat de leur appel lorsque le tribunal de la ville de Dezful a prononcé les sentences contre les six dirigeants pour les accusations similaires portées en 2007.

Ghorban Alipour, Feridoun Nikoufard, Jalil Ahmadi, Nejat Dehli et Ali Nejati ont tous reçu une peine de six mois d’emprisonnement ferme immédiat, assortie à un sursis de six mois supplémentaires pour les cinq prochaines années; au cours de cette période, il leur est interdit de se livrer à des activités syndicales. Mohammmad Heydari Mehr a été condamné une peine de quatre mois d’emprisonnement ferme, assortie d'un sursis de huit mois. Ali Nejati doit purger son sursis en prison, ce qui signifie qu’il pourrait passer un an complet en privation de liberté. Si l'appel de sa condamnation de 2008 est rejeté, sa peine d’emprisonnement pourrait atteindre plus de deux ans.

Au cours des dernières années, les travailleurs de Haft Tapeh ont dû recourir régulièrement à des grèves et à d’autres actions syndicales pour obtenir le paiements d’importants arrérages salariaux et protester contre la détérioration de leurs conditions de travail. Le syndicat a été officiellement constitué en juin 2008 après une grève de 42 jours pour obtenir le versement d’arrérages dus depuis longtemps. Le syndicat de Haft Tapeh est affilié à l’UITA.

Le président du syndicat de Haft Tapeh, Ali Nejati, n’a pu reprendre son poste au complexe et a son nom a été placé sur une liste noire de l’emploi dans toute la région depuis sa libération en avril, après un mois de mise au secret dans un centre de détention des services de renseignement. Les autres leaders condamnés le 12 octobre ont aussi été forcés de quitter leur emploi et avisés de se présenter à la prison.

Le régime est clairement déterminé à écraser le syndicat en mettant l’ensemble de sa direction derrière les barreaux.

Le sort réservé aux activistes emprisonnés des syndicats du transport et de l’enseignement montre que les prisonniers de Haft Tapeh risquent d’être victimes de sévices physiques et psychologiques prolongés. L’UITA appelle tous les défenseurs des droits démocratiques et syndicaux à se mobiliser pour les défendre.

Agissez maintenant! - CLIQUEZ ICI pour envoyer un message aux autorités politiques et judiciaires iraniennes, afin d’exiger l’annulation immédiate et inconditionnelle des sentences prononcées contre les syndicalistes de Haft Tapeh! Veuillez noter que certains messages pourraient être refusés par les serveurs – ne vous découragez pas! La surcharge des serveurs est une situation fréquente en Iran. Certains messages seront transmis, faisant savoir que les syndicalistes persécutés jouissent du soutien de la communauté internationale. Les dirigeants syndicaux de Haft Tapeh ont aussi le soutien d’Amnesty International.

Vous pouvez aussi envoyer un message à l’ambassade ou à la représentation diplomatique de l’Iran dans votre pays -ou lui rendre visite! La liste complète des ambassades / consulats est disponible ici , et vous pouvez généralement trouver les adresses de courriel en faisant une recherche sur internet pour trouver la représentation diplomatique iranienne dans votre pays.

 

 

Union Internationale des Travailleurs de l'Alimentation, de l'Agriculture, de l'Hôtellerie-Restauration et du Tabac

Mur de Berlin
Mur de Berlin

Les murs de la honte dans le monde actuel...

 

le mur stalinien est tombé il y a 20 ans...

et maintenant ?

 

 

Le mur de Belfast...

Le mur entre

Etas-Unis et Mexique...

Le mur de Ceuta...

Le mur de Melilla...

Le mur au

Sahara Occidental...

Le mur entre

Israël et la Palestine...

Le mur de Chypre...

Le mur du Cachemire...

ETC.

Murs et barrières dans le monde...
Murs et barrières dans le monde...

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L’Arabie saoudite a exécuté trois  ressortissants étrangers

 

HNS-info 9 novembre 2009


Amnesty International a fermement condamné les trois nouvelles exécutions de ressortissants étrangers auxquelles l’Arabie saoudite a procédé mercredi.

 

Deux Sri-Lankais et un Indien ont été exécutés par décapitation à Djedda. Ils avaient étaient condamnés à mort en juin 2007 pour le meurtre d’une femme tuée chez elle au cours d’un cambriolage à main armée en novembre 2005.

 

Haleema Nissa Cader, de nationalité sri-lankaise et mère d’un enfant en bas âge, son mari Muhammad Naushad Barmil, de nationalité indienne, et K. M. S. Bandaranaike, également sri-lankais, ont, semble-t-il, été condamnés sur la base d’« aveux » qui leur auraient été arrachés sous la contrainte au cours d’interrogatoires menés par la police.

 

Ils n’ont jamais été assistés par un avocat, ni en détention ni à aucun autre stade de la procédure judiciaire.

 

Les condamnations prononcées contre eux ont été confirmées en 2009 par la Cour de cassation, à La Mecque, et elles ont été ratifiées par le Conseil judiciaire suprême.

 

Amnesty International est à plusieurs reprises intervenue en faveur de ces personnes.

 

Le dernier ressortissant étranger exécuté en Arabie saoudite était alors Munir Ahmed Hussein Shah, qui était de nationalité bangladaise et qui a été décapité le 7 août après avoir été déclaré coupable de viol et de meurtre.

 

Quelques jours plus tôt, le 2 août, le Nigérian Qorbi bin Musa Adam avait été exécuté à Djedda pour meurtre.

 

D’après les statistiques dont dispose Amnesty International, près de la moitié du total des personnes exécutées sont des ressortissants étrangers, pour la plupart des travailleurs migrants venus de pays en développement.

 

Les autorités saoudiennes ont exécuté au moins 158 personnes, dont 76 étrangers, en 2007, et au moins 102 personnes, dont près de 40 étrangers, en 2008. Depuis le début de l’année 2009, au moins 61 autres condamnés ont été exécutés, dont 18 étrangers.

 

Amnesty International a reçu des informations signalant qu’au moins 137 personnes sont actuellement sous le coup d’une condamnation à mort, dont 106 ressortissants étrangers. Elle sait toutefois que les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés.

 

Souvent, les accusés, en particulier lorsque ce sont de travailleurs migrants sans ressources venant de pays africains ou asiatiques en développement, n’ont pas d’avocat et ne comprennent pas la procédure, qui se déroule en arabe.

 

Les étrangers condamnés à mort, de même qu’un grand nombre des Saoudiens, n’ont ni argent ni possibilité d’entrer en contact avec des personnes d’influence telles que les autorités gouvernementales ou les chefs de tribu, deux facteurs déterminants pour obtenir une grâce.

 

En Arabie saoudite, de nombreuses infractions sont passibles de la peine capitale, et les procès sont loin de respecter les normes d’équité.

Les accusés peuvent rarement être représentés officiellement par un avocat et, dans de nombreux cas, ils ne sont pas informés de l’évolution de la procédure dont ils font l’objet.

 

Il arrive, par ailleurs, que la condamnation repose uniquement sur des « aveux » obtenus par la contrainte ou par la ruse.

 

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« En Tunisie, le verrouillage policier et le culte de la personnalité rappelle la RDA de Honecker »

 

BASTA ! 5 novembre 2009

 

La « réélection » du dictateur tunisien Ben Ali avec 89,6% des voix n’a pas suscité beaucoup d’émois en France. Elle a même été « saluée » par l’Elysée et certains dirigeants de l’UMP. Entretien sur le cas tunisien avec le militant des droits de l’Homme Moncef Marzouki et le sociologue Vincent Geisser, auteurs du livre « Dictateurs en sursis, une voie démocratique pour le monde arabe » (Editions de L’atelier).

 

 

Comment réagissez-vous au résultat des élections présidentielles en Tunisie ?

Vincent Geisser : Il ne s’agit pas véritablement d’un scrutin où les électeurs seraient susceptibles d’exercer un quelconque choix, mais d’une opération politique totalement organisée et contrôlée par le régime. Nous sommes plus proches d’une cérémonie d’allégeance que d’une échéance électorale, au sens que l’on donne à cette notion dans les démocraties pluralistes. Contrairement à certains pays africains, il n’existe même pas d’enjeux liés à la fraude ou au comptage des voix. D’une certaine manière, la fraude est déjà établie avant l’élection. Ce qui permet au régime de ne pas bourrer les urnes ou d’acheter les voix. C’est pourquoi le terme d’élection est totalement impropre pour décrire les dernières échéances politiques en Tunisie.

 

Moncef Marzouki : Ce n’est absolument pas surprenant. Tout dictateur - comme Ben Ali - ne peut plus reculer. Dès lors, il se condamne à rester au pouvoir. Ben Ali a modifié quatorze fois la constitution en vingt ans et il la modifiera une quinzième fois pour pouvoir se présenter de nouveau au-delà de l’âge limite actuel, qui est de soixante-quinze ans. Son seul choix semble de vouloir rester et mourir au pouvoir. La réélection de Ben Ali n’est donc en rien surprenante. Ce qui l’est, c’est la réaction des gens qui frôlent la naïveté quand certains croient qu’il aurait pu se dérouler un autre scénario en Tunisie. Dans ce pays, la surprise n’était en aucun cas dans les urnes.

 

En quoi la situation de la Tunisie diffère de celle des autres pays du Maghreb ?

 

Vincent Geisser : La Tunisie s’inscrit dans la même trame que les autres pays du Maghreb. Avec toutefois deux tendances plus prononcées : le verrouillage policier qui touche tous les secteurs de la société et le culte de la personnalité qui rappelle parfois la Roumanie de Ceausescu ou la RDA de Honecker. La Tunisie est devenue une sorte d’ « épure parfaite » du régime autoritaire, là où les autres pays du Maghreb connaissent des formes davantage mixtes et ambivalentes.

 

Moncef Marzouki : Le système tunisien est un système que je qualifie des 3 P. Le « P » offert à l’extérieur, c’est le P de la politique, du gouvernement, du Parlement… Ensuite, il y a le « P » de la police. Celle qui organise en réalité la vie des autres partis. Ce sont ces 150.000 policiers qui font peser le joug sur les Tunisiens et qui impliquent qu’il n’y a pas d’opposition en Tunisie, mais une résistance. Résistance discrète, presque invisible mais qui, malgré tout se renforce peu à peu.

 

Il y a enfin - et là je pèse mes mots - le « P » de la pègre. La Tunisie est devenue le terrain de tous les trafics de blanchiment de toutes les mafias (russe, italienne, etc.). Les mafias sont le noyau du système. Rappelons que Moncef Ben Ali, frère du président, a été condamné par contumace en France à 10 ans de prison [1], c’est ce que l’on a appelé la « couscous connexion » [2]. La Tunisie n’a rien à voir avec un Hassan II, roi absolutiste, ou un Boumediene, idéologue de son état. Non, elle se rapproche davantage de la dictature algérienne et du règne de ses mafias militaires.

 

Comment expliquez-vous le fait qu’il y ait une grande mobilisation sur l’Iran et si peu sur la Tunisie ?

 

Vincent Geisser : On constate une dénonciation à géométrie variable. Alors que la majorité des démocrates se sont émus - à juste titre – des manipulations du suffrage populaire en Iran, ils sont restés étrangement silencieux sur le cas tunisien. Cette politique de deux poids deux mesures contribue à affaiblir les idéaux démocratiques dans les pays arabo-musulmans. Les peuples comprenant mal qu’on critique les tripatouillages électoraux en Iran alors que l’on envoie des télégrammes de félicitation aux dictateurs arabes.

 

Moncef Marzouki : La Tunisie est un pays où l’on ne pose pas des bombes. Il y a une dictature perverse qui est au service des pays occidentaux avec les soi-disant luttes contre le terrorisme et contre l’immigration clandestine. Rappelez-vous que Kadhafi était un dictateur infréquentable il y a encore quelques années, jusqu’à ce qu’il accepte de lutter contre le terrorisme et l’immigration pour le compte des pays dits démocratiques.

 

Quel rôle jouent la France et l’Europe ?

 

Vincent Geisser : Attention de ne pas croire que ces régimes ne tiennent que parce qu’ils sont tenus par l’Europe. C’est la bonne vieille thèse tiers-mondiste de régimes qui seraient entièrement entre les mains de puissances occidentales. Il est trop facile de crier au néo-colonialisme. Ce qui est une manière de déculpabiliser les élites locales. Certes, nous devons en tant que citoyens de la société européenne faire pression pour que nos gouvernements ne donnent plus de chèques en blanc à ces régimes autoritaires, mais nous devons admettre aussi que la solution à la dictature ne pourra être qu’interne. D’où la nécessité d’appuyer et de développer des partenariats avec les oppositions indépendantes dans ces pays où l’on souffre de l’autoritarisme.

 

Moncef Marzouki : Le rôle endossé par la France et l’Europe est un rôle totalement en contradiction avec leurs valeurs affirmées. Les chefs d’Etat des principaux pays du contour méditerranéen, à l’instar des présidents Sarkozy et Chirac, vont en Tunisie juste pour jeter des fleurs aux dictateurs. Les intérêts de la France sont protégés à court terme puisque les dictateurs sont considérés comme des « gouverneurs » des provinces du sud. Cependant, leurs intérêts à moyen et long terme sont mis en danger. Les peuples arabes nourrissent une détestation grandissante de cet occident. Ils ne supportent plus ces pays dits démocratiques qui soutiennent ces dictatures. Cela offre un terreau fertile au nationalisme arabe et au terrorisme. Les dictateurs sont responsables de la dégradation des conditions de vie de ces pays. Ils sont donc responsables de l’immigration massive qui s’en suit. L’absence d’alternative démocratique est telle, qu’elle pousse à la violence des populations qui n’y sont pas portées originellement. Ces politiciens, en soutenant Ben Ali, sont responsables des convulsions des deux côtés des rives de la Méditerranée.

 

Propos recueillis par Eros Sana

 

Notes

 

[1] En 1992. Le frère de Ben Ali est décédé en 1996 sans avoir purgé sa peine.

 

[2] Un trafic de drogues dont le réseau s’étendait en France, en Italie, au Maroc et en Tunisie

Election tunisienne : un rapport accablant de RSF

 


Reporters sans frontières, dont plusieurs membres se sont rendus à Tunis, dénonce une absence de pluralisme de l'information, une police omniprésente, une presse publique aux ordres et un harcèlement des opposants, dont l'écrivain et journaliste Taoufik Ben Brik, qui écrit pour nouvelobs.com.

 

Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali

Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali

(Reuters)

A deux jours de l’élection présidentielle tunisienne, Reporters sans frontières dénonce, dans un communiqué publié vendredi 23 octobre, "une impossible campagne pour les médias d’opposition".
"Le résultat de l’élection ne fait pas de doute. La seule question réside dans le pourcentage avec lequel Zine El-Abidine Ben Ali sera réélu", écrit RSF, dont plusieurs membres se sont rendus à Tunis du 12 au 15 octobre.
"Le pluralisme de l’information n’est toujours pas une réalité en Tunisie", affirme ainsi le secrétaire général de l’association Jean-François Julliard, qui sera l’invité des forums de Nouvelobs.com le mardi 27 octobre, et qui dénonce "une situation inacceptable" : "les autorités tunisiennes (…) empêchent les journalistes indépendants de faire leur travail, ainsi que les envoyés spéciaux étrangers. La présence policière est permanente (…). Les militants de l’opposition, les journalistes indépendants, les défenseurs des droits de l’homme, les avocats et les militants démocrates sont surveillés de près".

 

Tirage au sort truqué


RSF cite plusieurs exemples de ces atteintes à la liberté de la presse. Ainsi, "pour la première fois en Tunisie, les quatre candidats en lice pour la présidence bénéficiaient d’une heure d’antenne afin de présenter leur programme, en direct à 20h30 sur la chaîne publique Tunis 7. Zine El-Abidine Ben Ali est bien entendu arrivé en première position dans l’ordre de passage", raconte RSF. "L’organisation du tirage au sort donnant l’ordre de passage a d’ailleurs valu son post au ministre de la Communication, limogé sur le champ, pour ne pas avoir tiré la boule du chef de l’Etat de sa poche plus discrètement."
Le communiqué de RSF cite également la confiscation, le 10 octobre à la veille de l’ouverture de la campagne, du numéro 149 du journal du parti d’opposition Ettajdid, Al-Tariq Al-Jadid, qui présentait le manifeste du parti, pour l’élection pour "violation du code électoral" .

 

Le soutien des patrons de journaux


"Ces deux exemples illustrent parfaitement la manière don les autorités tunisiennes utilisent tous les moyens à leur disposition pour museler l’opposition qui a décidé de participer aux élections", explique RSF qui dénonce également l’attitude de "la presse publique" qui "regorge d’éloges à l’égard" du président sortant. Ainsi, le 15 octobre, le quotidien La Presse a annoncé que l’Association tunisienne des directeurs de journaux "Atdj" apportait son soutien à la candidature de Zine El-Abidine Ben Ali".
Concernant internet, RSF "a pu constater que la campagne électorale n’a rien changé à la censure de la toile tunisienne par la cyberpolice". Ainsi, "plusieurs sites d’informations et d’opposition ne peuvent pas être consultés depuis la Tunisie". De même, "plusieurs opposants ne peuvent plus avoir accès à leurs boites de courriers électroniques". Les pages Facebook sont, elles, "scrutées à la loupe, et la moindre critique à l’encontre du parti au pouvoir entraîne son blocage".
Enfin, RSF fournit une "chronologie du harcèlement des médias et des journalistes au cours des dernières semaines" confirmant que, le 22 octobre, "le journaliste Taoufik Ben Brik" a été "harcelé du fait de ses articles pour le Nouvel Observateur et le site Médiapart".

 


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Toujours sans mes filles

 

portrait

 

Ezzedine Aboulaïch. Il y a huit mois, un obus de Tsahal tuait trois des filles de ce médecin palestinien, figure appréciée en Israël.

 

Qu’est-ce qui reste lorsqu’il ne reste plus rien ? Qu’est-ce qui nous tient lorsqu’on a perdu ce à quoi l’on tenait le plus ? Qu’est-ce qui résiste quand la vie nous a lâchés ? Comment vivre lorsqu’on est déjà mort ? D’emblée, on ne peut pas s’empêcher de chercher au fond des yeux du docteur Ezzedine Aboulaïch une lueur d’explication, un début de réponse, mais ils sont tellement sombres qu’ils ne renvoient rien d’autre que leur propre lumière, venue de l’intérieur, comme deux puits de charbon phosphorescents.

 

Avant d’avoir un visage, un nom, une histoire, le docteur Ezzedine Aboulaïch est une voix, un sanglot interminable, une douleur insupportable. Pendant la guerre de Gaza, des millions de téléspectateurs l’ont entendu, le 16 janvier, pleurer sans retenue, en direct sur une chaîne de télé israélienne, la mort de trois de ses filles, pulvérisées par un obus de tank. Ce médecin, spécialisé en gynécologie, qui travaille en semaine au complexe hospitalier de Tel-Hashomer, près de Tel-Aviv, est une figure connue du public israélien. Parce qu’il parle l’hébreu et qu’il défend des positions modérées, les médias israéliens l’interviewent régulièrement sur ce qui se passe à Gaza. Ce jour-là, Shlomi Eldar, de la chaîne 10, l’appelle sur son portable pour prendre des nouvelles de la guerre en cours. Une première fois, le médecin ne décroche pas. Shlomi Eldar insiste et branche le haut-parleur, en direct sur le plateau. «Ya Allah ! Mes filles, mes filles», hurle le médecin avant de raconter ce qui vient de se passer, entre deux sanglots. «Pourquoi, pourquoi ?Qu’est-ce que mes filles ont fait pour être tuées ?» La présentatrice, pétrifiée, tente de reprendre le fil de son journal. Shlomi Eldar sort avec son téléphone, toujours allumé, qu’il regarde épouvanté, comme une grenade dégoupillée. Ezzedine Aboulaïch venait de faire exploser la vitre blindée de l’indifférence. Deux jours plus tard, l’armée israélienne cessait le feu unilatéralement.

 

Le docteur Aboulaïch a donné un visage, un nom, une histoire aux victimes de Gaza. Il a fait plus que ça : il leur a rendu leur dignité. Même au pire du drame, jamais il n’a dérapé dans la haine et la vengeance : «De cette tragédie, je veux faire quelque chose de positif pour les civils de Gaza, qui souffrent d’injustice depuis tant d’années. Je refuse d’être prisonnier des ténèbres, j’aspire à la lumière, à la vie.»On pourrait le croire illuminé, naïf. Il est tout simplement habité par ce qu’il considère comme une mission : «Le sang de mes filles aura au moins ouvert les yeux du public israélien. Les gens ont réalisé qu’il y avait des êtres humains, comme eux, dans la bande de Gaza.» Mais il ne veut pas s’arrêter là : mercredi dernier, il était à Paris pour le lancement d’une fondation dédiée à l’éducation des filles et des femmes palestiniennes.

 

Tout le monde a entendu sa voix à la télévision mais lui, à quoi ressemble-t-il ? Trapu, le teint mat, les cheveux noirs, 55 ans. Il parle sans s’arrêter, comme si le silence était sa tombe. Et aujourd’hui, comment se sent-il ? «Comme quelqu’un qui vient d’être opéré du cœur. Une opération réussie mais qui laissera une grande blessure, permanente, ineffaçable.» Sa voix tremble lorsqu’il évoque Bissan, 21 ans, Mayar, 14 ans, Aya, 13 ans, et sa nièce, Nour, 16 ans, toutes brillantes élèves, tuées dans ce funeste bombardement. Depuis la mort - naturelle - de sa propre femme, Bissan tenait lieu de mère à ses sept enfants. Une autre de ses filles, Sheda, a perdu un œil dans le bombardement. Tout est à reconstruire, la vie, la maison. Il pourrait partir s’installer au Canada, où on lui propose un poste. Mais non. Sa vie est à Gaza, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, où il est né et a grandi, où il vit toujours avec ses frères, qui s’occupent des enfants lorsqu’il est en Israël pour son travail. Le week-end, il rentre dans la bande de Gaza et ouvre une consultation gratuite pour les habitants du quartier.

 

Cet homme serait-il un saint ? A l’écouter, tout paraît simple et normal dans une région où rien ne l’est. C’est un enfant de réfugiés, chassés de Houj, dans le désert du Néguev, en 1948. Du village familial, où se trouve aujourd’hui le ranch d’Ariel Sharon, il ne reste rien, sauf un vieux cimetière arabe. L’aîné de six frères et trois sœurs, il a grandi dans l’un des camps de réfugiés palestiniens les plus durs, celui où a éclaté la première Intifada en 1987. «Mes parents étaient très pauvres et illettrés. Mais comme les gens qui ont tout perdu, ils croyaient dans l’instruction.» Ezzedine Aboulaïch est un pur produit de l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui prend en charge les réfugiés palestiniens depuis 1948 : études de médecine au Caire, spécialisation à Londres, passage par la Belgique, diplômé de Harvard, il est rentré travailler au pays en 1993. «Dès le début, j’ai compris que notre problème était le manque de communication et de confiance. Quand je soigne un patient, je m’occupe de lui dans sa totalité, comme un être humain, pas comme un bras ou une jambe. Chacun de nous, Israéliens et Palestiniens, doit commencer par reconnaître l’humanité de l’autre, le reconnaître comme un être digne de respect et de dignité. Alors seulement, les choses iront mieux. Mais nos leaders ne veulent pas de ça, ils nous entretiennent dans la caricature et les fantasmes.» D’autres ont reçu le prix Nobel de la paix pour moins que ça.

 

Ezzedine Aboulaïch n’est pas un naïf pour autant. Aux Israéliens, il sait tenir un langage ferme : «Ils devraient se poser la question : pourquoi les Palestiniens leur en veulent autant ? Mais ils ne veulent pas surmonter la peur qui est en eux. Je leur dis une seule chose : vous vivez dans un état indépendant, vous menez une vie libre et confortable ; les Palestiniens ne veulent rien d’autre. Défendre les droits des Palestiniens, c’est défendre votre propre droit à la vie et au bonheur.» Quand on évoque le Hamas, il coupe sèchement : «Oui le Hamas existe, il est le fruit d’un long passé d’injustices et de haine. Mais assimile-t-on tous les Israéliens à Avigdor Lieberman (1) ?» Quant à la communauté internationale, il n’a pas de mots assez durs pour son silence pendant la guerre, tout comme sa prodigalité pleine de culpabilité d’après-guerre : «Nous sommes comme un homme sans eau dans le désert. On nous promet quatre milliards de dollars pour reconstruire Gaza. Mais ce dont nous avons besoin, c’est un verre d’eau, pas de promesses mirobolantes.»

 

Cet homme est un mystère impénétrable, comme son regard. Une fleur poussée sur le béton de Gaza. En arabe, son nom de famille signifie «le père de la vie». Comme dirait le regretté Alain Bashung : «Angora, montre-moi d’où vient la vie, où vont les vaisseaux maudits ?»

 

(1) Leader du parti d’extrême droite Israël Beïtenou, actuel ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Nétanyahou.

 

Ezzedine Aboulaïch en 4 dates :

 

1954: Naissance dans le camp de Jabaliya (bande de Gaza).

1993: Commence à travailler à l’hôpital Tel-Hashomer, en Israël.

16 janvier 2009: Des obus de l’armée israélienne tuent trois de ses filles et sa nièce.

14 octobre 2009: Il annonce à Paris le lancement de sa fondation pour l’éducation des filles et des femmes palestiniennes.

 

 

LIBE 19/10/2009

 

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Iran :

 

 

 

 

 

 

 

les fermetures de journaux et les arrestations de journalistes se poursuivent...

 

HNS-INFO mis en ligne vendredi 9 octobre 2009


Le 5 octobre 2009, alors que Reporters sans frontières apprenait la détention de deux journalistes à la prison d’Evin depuis plusieurs mois, trois journaux, Farhang Ashti et Arman à Téhéran et Tahlil rooz à Chiraz (Sud-Ouest), ont été suspendus sur ordre du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique.

 

« L’ayatollah Khamenei, Mahmoud Ahmadinejad et les dirigeants iraniens attaquent publiquement les médias en les qualifiant de ‘moyens utilisés pour renverser l’Etat’. Le régime iranien, qui dénigre les médias indépendants et les désigne comme des ennemis, entrave de manière systématique leur travail sans motif avoué ou base juridique sérieuse. L’Iran reste dans le peloton de tête des pays les plus répressifs en matière de liberté de la presse. L’ayatollah Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad ne risquent pas de perdre leur titre de prédateurs de liberté de la presse », a déclaré l’organisation.

 

Le 5 octobre, la Commission d’autorisation et de surveillance de la presse, organe de censure du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, a ordonné l’annulation de la licence de publication de deux quotidiens à Téhéran pour “non-respect de la loi sur la presse“. Les journaux ont été suspendus malgré leurs positions en général modérées à l’égard du gouvernement. Au cours des semaines précédant sa suspension, Farhang Ashti avait osé critiquer sévèrement le quotidien ultraconservateur Kayhan, contrôlé par le Guide suprême, publiant le montant des aides publiques aux journaux progouvernementaux, dont Kayhan. Le directeur du quotidien Arman a été informé de la fermeture de son journal avant même que la Commission d’autorisation et de surveillance de la presse ne se réunisse. Le motif invoqué par les autorités est la “publication d’informations non conformes avec le style du journal“. Le quotidien Tahlil rooz de Chiraz a, quant à lui, été suspendu sans motif. Depuis trois ans, ce quotidien de qualité, seul journal réformateur de la province de Fars, est un des plus lus.

 

Par ailleurs, l’organisation a été informée, par leurs familles et les prisonniers récemment libérés, de la détention de deux journalistes à la prison d’Evin. Mohsein Azmodeh, arrêté le 16 juin à son domicile. Son épouse, arrêtée en même temps que lui, est sortie de prison depuis. Ce journaliste de l’agence Mehr, proche du gouvernement, est accusé d’avoir été en “contact avec des groupes contre-révolutionnaires“. Le 15 août, Fayaz Zahed, membre du comité de rédaction du quotidien suspendu Etemad Meli a été arrêté dans la rue par des hommes en civil et transféré à la prison d’Evin. Les autorités n’ont pas révélé les charges retenues contre ces deux journalistes.

 

Nemat Ahamadi, avocat de plusieurs journalistes emprisonnés, notamment Fayaz Zahed, a déclaré à Reporters sans frontières : « Les journalistes devraient normalement être arrêtés sur base des articles du code de la presse. Aujourd’hui, les journalistes sont accusés d’ “action mettant en danger la sécurité nationale, pour avoir participé à des manifestations ou des réunions, ou pour avoir écrit des articles“, bricolage juridique qui n’existe pas dans les lois iraniennes. »

 

Reporters sans frontières s’inquiète des conditions de détention des journalistes en Iran. Nombre d’entre eux sont toujours maintenu à l’isolement, notamment Mohammad Ghochani et Issa Saharkhiz. Le premier, rédacteur en chef d’Etemad Meli, est détenu depuis le 18 juin, malgré la demande de libération sous caution de son avocat. Issa Saharkhiz, journaliste réformateur et ancien directeur des mensuels Aftab (Soleil, suspendu en 2004), et du journal Eghtesah (suspendu en 2005), a été arrêté le 4 juillet. Il subit toujours des pressions pour faire des aveux.

 

Source RSF

 

Appel des peuples indigènes face à la crise de civilisation

Déclaration sur la crise du capitalisme et de la civilisation occidentale

 

Vers un Forum thématique en 2010 qui articule les paradigmes alternatifs : La décolonisation, la démarchandisation de la vie, le bien-vivre et les droits collectifs

Le capitalisme colonial moderne a commencé il y a plusieurs siècles et a imposé au continent américain l'invasion du 12 Octobre 1492. Cela a commencé par le pillage et l'invention des théories globales de la "race" pour justifier l'ethnocide américain, l'invasion de l'Afrique pour la traite des esclaves et le pillage des autres continents. Ces génocides se sont poursuivis et ont été maintenus par le capital transnational et ses appuis militaires. Cette exploitation et oppression capitaliste globale produisent le  réchauffement de la planète qui entraîne le suicide planétaire.

La crise du modèle de développement capitaliste, eurocentrique, sexiste et raciste, est totale et conduit à la plus grande crise socio-environnementale de l'histoire humaine. La crise financière, économique, de l'énergie, augmente la production d'un chômage structurel, l'exclusion sociale, la violence, les propos racistes, sexistes et le fanatisme religieux, tout à la fois. La crise est si profonde qu'elle constitue une véritable crise de civilisation capitaliste, la crise du développement capitaliste et de la "modernité » qui menacent toutes les formes de vie.

 

 

 

Mais certains continuent à rêver d'amender ce modèle et ne veulent pas assumer que ce qui est en crise, c’est le capitalisme, l'eurocentrisme, avec son modèle d'État uni-national, d’homogénéité culturelle, de droit positif occidental, le développementisme et la marchandisation de la vie.


La crise de la civilisation capitaliste, nous oblige à reconstruire et à réinventer de nouvelles options pour la coexistence entre la nature et de la société, la démocratie, l'état de consommation. Il est urgent de trouver des nouveaux paradigmes de la civilisation et, dans ce contexte, "d'autres mondes sont possibles" mais urgents, et, d'ailleurs, ils sont déjà en cours de construction par les premières victimes des formes les plus barbares de la violence capitaliste / coloniale / moderne : les peuples et les communautés indigènes, paysannes, côtières, Quilombolas, Afro-descendantes, Garifunas, Caboclos, Dalits, entre autres, et leurs enfants qui ont émigré dans les bidonvilles et favelas, et tous les autres exclus et invisibles " intouchables » dans le monde, qui continuent de résister, d'actualiser et de renforcer d'autres formes de civilisation et d'organisation sociale, technique, éthique, politique, économique, culturelle et spirituelle de l'existence humaine.

 

Les peuples autochtones pratiquent et proposent l'unité de la Terre Mère, de la société et de la culture.

 

 

 

 Nourrir la Terre-Mère et se laisser nourrir par elle. Protéger l'eau comme un droit humain fondamental et s'opposer à sa marchandisation. Décoloniser le pouvoir par le principe de « commander en obéissant », développer l'autogestion communautaire, l'auto-détermination, l'unité dans la diversité comme autres formes de l'autorité collective ; Promouvoir l'unité, la dualité, la complémentarité et l'égalité entre les sexes, la spiritualité de la vie quotidienne et la diversité ; Se libérer de toute domination ou discrimination raciste, ethnique ou sexiste ; Développer les décisions collectives sur la production, les marchés et l'économie ; Décoloniser la science et la technologie ; Développer la réciprocité dans la distribution du travail, des produits et des services :  voilà des directions pour produire une nouvelle alternative à l'éthique sociale de marché et du profit colonial / capitaliste.

 

 

 

 Nous appartenons à la Terre Mère, nous n'en sommes ni propriétaires, ni pillards, in vendeurs, et aujourd'hui nous avons atteint un tournant : le capitalisme impérialiste s'est révélé être non seulement dangereux en raison de la domination, l'exploitation, la violence structurelle, mais aussi parce qu'il nous tue nous et la Terre-Mère et conduit la planète à un suicide qui n'est ni «utile» ni «nécessaires».

 

 

 

 Le Mouvement Indigène des Abya Yala / Amériques appelle à la plus grande unité dans la diversité :

 

 

 

 • Pour une mobilisation permanente en défense de la Terre Mère et des Peuples, contre la marchandisation de la vie, la pollution, les consommations toxiques, la criminalisation des mouvements sociaux et et dans ce cadre effectuer une manifestation intercontinentale le 12 Octobre 2009.

 

 

 

• Pour se mobiliser pour défendre les droits des peuples et de notre Mère la Terre contre l'agression des méga-projets, les industries extractives, l'IIRSA, le Plan Puebla Panama, les agrocarburants et les invasions coloniales des peuples d'Haïti et de la Palestine.

 

 

 

• Promouvoir l'échange pour reconstruire, réinventer et articuler de nouvelles valeurs, des structures et des paradigmes de la civilisation dans cette orientation et de co-organiser un Forum social 2010 sur le thème de la crise de la civilisation occidentale capitaliste, la décolonisation, la démarchandisation de la vie, le bien-vivre et les droits collectifs.

 

 

 

• Participer au quatrième Sommet des peuples autochtones de l'Abya Yala à Puno (Pérou) du 27 au 31 Mai 2009, ce qui permettra de renforcer et de promouvoir le processus décrit ci-dessus.

 

 

 

Ainsi, les mouvements sociaux et autochtones dans le monde, organisés dans le Forum social mondial à Belem demandent de :

 • Soutenir la mobilisation pour la défense de la Terre-Mère et le peuple contre la marchandisation de la vie le 12 Octobre 2009.
• Promouvoir l'échange pour reconstruire, réinventer et articuler de nouvelles valeurs, des structures et des paradigmes de la civilisation dans cette orientation et de co-organiser un Forum social 2010 sur le thème de la crise de la civilisation occidentale capitaliste, la décolonisation, la démarchandisation de la vie, le bien-vivre et les droits collectifs

 
Les mouvements
• CTOI Coordinadora Andina de Organizaciones Indígenas
• ECUARUNARI, la Confédération des peuples de nationalité Kichwa de l'Équateur
• ONIC, Organisation nationale indigène de Colombie
• CONACAMI, Confédération nationale des communautés péruviennes touchées par l'exploitation minière
• CONAMAQ national de Ayllus et des Markas Qollasuyu (Bolivie)
• ONPIA, Organisation nationale des peuples autochtones de l'Argentine
• Le Parlement mapuche (Chili)
• Convergencia Nacional Maya Wakib Kej
• ANAMEBI, Association nationale des enseignants dans l'enseignement bilingue au Pérou
• Nordic Saami Council
• Indian Law Centre de ressources
CONAIE • Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur
• CONIC, et la Coordinadora Nacional Indígena Campesina
• CONAVIGUA, Coordinadora Nacional de viudas de Guatemala
• CUC, Comité d'unité paysanne du Guatemala
• Conseil des peuples de la Communauté de San Marcos
• ARPI, Association régionale des peuples indigènes de la Selva Central (Pérou)
• CCM Mouvement populaire Sommet
• CAH, Aguaruna Conseil et Huambisa
• Comité régional Indígena del Cauca
• AICO, les autorités de la Colombie OPIAC • Organisation des peuples autochtones de l'Amazonie colombienne
• Organisation autochtone Kankuamo
• CRIDEC, Conseil autochtone régional de Caldas
• Bureau, Organisation indigène d'Antioquia
• ORIVAC régional de l'Organisation Indígena del Valle del Cauca
• CNA, la Confédération nationale agraire
• CBTE, du Ministère de la Fédération paysanne Cusco
• Anti-indienne
• Agence de presse indienne (Mexique)
• FNMBS, Fédération nationale des femmes paysannes originaires Bartolina Sisa (Bolivie)
• Réseau de la jeunesse Tinkuy
• Front de la lutte paysanne et de la Défense et les Mapuche de Patagonie (Argentine)
• Mesa Nacional Indígena de Costa Rica
• Coordonnateur de la Population Chorotega (Nicaragua)

Mouvements sociaux

• CIEMENS, de nations sans État
• Université populaire des mouvements sociaux
• FAOR Forum est de l'Amazonie (Brésil)
• Mouvement Decrecita
• Nord Amazonie Brésil Forum
• ATTAC Brésil
• ATTAC France
• Les Amis de la Terre
• CEADESC, Centre de recherche sur les droits économiques, sociaux et culturels (Bolivie)
• PHASE, de la Solidarité et de l'éducation
• Mouvement ARCI (Italie)
• TCOE - Trust for Community Outreach and Education (Afrique du Sud)
• Analyse de l'Institut brésilien pour le développement social (IBASE)
• Mouvement ASUD (Italie)
• Maison de droits collectifs (Kurdes, le basque, le catalan, l'amazigh, la Palestine, Gallego et autres)

 

Source

 

ETATS-UNIS

Le témoignage d'un condamné sorti vivant de son exécution

 


L'histoire d'un condamné américain ayant survécu à son exécution relance le débat de la méthode d'injection mortelle aux Etats-Unis.

 

Romell Broom a survécu à son exécution.(REUTERS)

Romell Broom a survécu à son exécution.(REUTERS)

Romell Broom est le premier condamné à mort à survivre à son exécution aux Etats-Unis depuis 1946. Ce détenu de 53 ans, accusé du viol et du meurtre d'une adolescente de quatorze ans, a subi pendant deux heures mardi 15 septembre les assauts des trois membres de l'équipe d'exécution de l'Etat de l'Ohio. En vain, ces derniers ont piqué ses bras, ses mains et ses jambes 18 fois. Le directeur de la prison a finalement jeté l'éponge, son équipe n'ayant pas réussi à isoler une veine susceptible de supporter le cathéter par lequel l'injection mortelle est diffusée. Trois jours après son exécution manquée, Romell Broom à raconté son expérience dans un témoignage sous serment, dont l'AFP s'est procuré la transcription.

 

Il aide l'équipe d'exécution


Alors qu'il est allongé pendant les préparatifs à l'injection mortelle, l'équipe d'exécution pose les intraveineuses qui diffuseront ensuite trois produits: un qui anesthésie le condamné, un qui paralyse ses muscles et un qui arrête son coeur. "Il y avait trois gardes dans la pièce, un à ma droite, un à ma gauche et l'autre à mes pieds", raconte le rescapé. "L'infirmière a essayé trois fois d'accéder à mes veines au milieu de mon bras gauche" ajoute-t-il. Nouveaux essais, "deux fois dans le bras gauche". "L'infirmière doit avoir touché un muscle parce que la douleur me fait hurler". "Trois fois dans le bras droit". Une veine semble assez solide, l'infirmier tente d'installer le cathéter mais celui-ci cède. "Du sang a commencé à couler sur mon bras", raconte Romell Broom. Deuxième pause. Un gardien lui tapote l'épaule et lui conseille de se détendre. "A ce moment-là, j'avais très mal, les blessures dues aux piqûres m'empêchaient de tendre ou de bouger mes bras". Romell Broom tente alors d'intervenir en aidant les infirmiers à poser le garrot. "J'ai commencé à m'énerver. Je pleurais, j'avais mal et mes bras étaient enflés, les infirmiers piquaient dans des zones déjà contusionnées et gonflées, j'ai demandé qu'on arrête et j'ai demandé à parler avec mon avocate", explique-t-il. Finalement, le directeur de la prison lui fait savoir que la procédure est suspendue. Ses avocats ont déposé depuis des recours contre une nouvelle exécution et deux autres exécutions prévues à l'automne dans l'Ohio ont été suspendues.

 

Un débat relancé


L'échec de l'exécution de Romell Broom a relancé le débat aux Etats-Unis sur les méthodes d'injection mortelle. "Même après cette effroyable exécution ratée, l'Ohio veut continuer à tuer des gens (...), il devrait à tout le moins déclarer un moratoire de manière à être sûr qu'il possède les compétences techniques pour tuer les gens avec humanité", écrivait samedi 3 octobre le New York Times dans son éditorial."Chaque Etat devrait utiliser ce moment de honte pour s'interroger sur la peine capitale", insiste le quotidien."Les exécutions dans l'Ohio sont suspendues jusqu'à ce que ce dossier soit réglé, ça peut prendre six mois ou un an", a expliqué Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), sauf si la Cour suprême levait le sursis. Le gouverneur a estimé de son côté que ses équipes devraient avoir mis au point une "solution alternative" en cas de problème d'ici début décembre.
Initiée en 1982 et déjà pratiquée aux Etats-Unis sur plus de 1.000 condamnés, la méthode d'injection mortelle a pour but d'offrir au condamné et aux témoins une mort rapide et paisible. Mais elle suppose de faire pratiquer une intraveineuse à des équipes plus ou moins formées aux soins médicaux, aucun médecin ne pratiquant lui-même l'injection. Et si le premier produit est mal administré, les deux autres peuvent causer une douleur immense. En décembre 2006, Angel Diaz a vécu une pénible agonie de 34 minutes: les produits avaient été injectés dans ses muscles.

 

Un caricaturiste de Bakchich devant les tribunaux marocains

 


Selon une information du site internet Bakchich.info, le caricaturiste Khalid Gueddar est actuellement entendu par la police marocaine pour avoir dessiné un membre de la famille royale dans le quotidien Akhbar Al Youm.

 

La caricature de Khalid Gueddar (capture d'écran du site Bakchich)

La caricature de Khalid Gueddar (capture d'écran du site Bakchich)

Le caricaturiste Khalid Gueddar est retenu et interrogé par la police marocaine, samedi 3 octobre, pour avoir publié une caricature du Prince Moulay Ismaël dans les éditions des 26-27 septembre du quotidien arabophone indépendant Akhbar Al Youm, indique le site Bakchich.info. Le collaborateur de Bakchich y représentait le membre de la famille royale, récemment marié à une ressortissante allemande, effectuant un salut devant un drapeau marocain. Selon le site d'information satirique, Khalid Gueddar a déjà été interrogé mardi 29 septembre dans les locaux de la police judiciaire de Casablanca, où il est resté de 13 heures à 4 heures du matin.

 

"Un antisémitisme flagrant"


La DST marocaine reproche au caricaturiste d'avoir "déformé" l'étoile verte qui figure sur le drapeau marocain, confondue avec le symbole du judaïsme, l'étoile de David, selon un témoignage de Khalid Gueddar à paraître dans le prochain numéro de Bakchich en kiosque. Le ministère de l'Intérieur a déclaré dans un communiqué que "l’utilisation de l’étoile de David révèle un antisémitisme flagrant". Autre point de désaccord : la DST considère que la caricature de Khalid Gueddar présente le Prince Moulay Ismaël en train d'effectuer un salut nazi. Interrogé par le quotidien espagnol El Pais, le dessinateur a formellement démenti ces accusations.

 

"Outrage au drapeau national"


Le ministère marocain de l'Intérieur a posé en début de semaine des scellés au siège du journal Akhbar al Yaoum, interdisant aux journalistes l'accès à leurs bureaux. Son directeur, Taoufik Bouachrine, a été lui aussi entendu par la police, et comparaîtra devant les tribunaux avec Khalid Gueddar le 12 octobre pour "outrage au drapeau national", le motif de l'antisémitisme n'ayant finalement pas été retenu. Le syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a dénoncé une "atteinte aux libertés" à l'occasion d'une manifestation organisée vendredi 2 octobre à Casablanca. " Le ministère de l'Intérieur peut se permettre de saisir n'importe quel journal mais n'a aucune autorité légale pour ordonner la fermeture de ses bureaux", a déclaré Younès Moujahid, président du SNPM

 

 

Maroc, tous solidaires avec le caricaturiste Khalid Gueddar !

 

LIRE ICI...

 

Les militants américains contre la peine de mort se saisissent du cas d’un innocent exécuté

 

Un rapport officiel et une enquête du magazine New Yorker confirment que Todd Willingham n’était pas responsable de l’incendie pour lequel il a été condamné. Les abolitionnistes mettent son cas en avant.

 

Cameron Todd Willingham a été exécuté le 17 février 2004 après avoir été jugé responsable de l’incendie qui avait coûté la vie à ses trois filles dans leur maison de Corsicana, au Texas, en 1991. Grâce au travail de journalistes d’investigation et de défenseurs des droits de l’Homme, on sait aujourd’hui qu’il était innocent du crime pour lequel il a été mis à mort. Comme les abolitionnistes américains l’ont toujours souligné, la peine de mort ne permet aucune forme de réparation pour le tort qui a été causé à Willingham. Le 7 septembre 2009, le magazine New Yorker publie un article détaillé sur l’affaire. S’appuyant sur trois rapports d’experts reconnus, le journaliste David Grann y démontre qu’aucune des preuves produites par l’accusation n’est valable. Dès janvier 2004, Gerald Hurst, un chercheur spécialiste des incendies, accepte d’examiner les preuves qui ont conduit à la condamnation de Willingham. Il conclut que l’enquête a été fondée sur “de la science de bas étage” et écrit un rapport qui démontre l’innocence du condamné. Grann établit auprès de plusieurs sources que la Commission des grâces du Texas a rejeté le rapport de Hurst sans même le regarder. Le gouverneur Rick Perry a également refusé la demande de grâce de Willingham. “L’analyse scientifique sur l’incendie existait avant son exécution et avait été présentée au juge, à la commission des pardons et au gouverneur trois jours avant son exécution, mais cela n’a rien changé. Tout le monde savait qu’il était probablement innocent”, accuse Sandrine Ageorges, représentante internationale de la Coalition texane pour l’abolition de la peine de mort. En décembre de la même année, le Chicago Tribune publie un premier article sur l’affaire au sein d’une série sur les erreurs judiciaires. Le journal engage un expert indépendant qui confirme l’innocence de Willingham.

 

“Aucun des indices suivis n’est valide”

 

En 2005, Innocence Project, une ONG américaine qui se consacre à innocenter des victimes d’erreurs judiciaires à l’aide de preuves scientifiques, demande à cinq experts en incendie d’étudier l’affaire Willingham, ainsi qu’un feu mortel similaire à la suite duquel un certain Ernest Ray Willis a également été condamné à mort. Ils concluent que les deux incendies sont “accidentels” et qu’"il a depuis été prouvé scientifiquement qu’aucun des indices suivis n’est valide”. Willis est innocenté et libéré après 17 ans passés dans le couloir de la mort. Innocence Project envoie le rapport à la Commission de la police scientifique du Texas en 2006. Cette dernière engage Craig Beyler, un autre spécialiste renommé des incendies, pour procéder à une nouvelle expertise des preuves. Fin août 2009, Beyler rend son rapport : comme ses précédesseurs, il note que “les enquêteurs avaient un faible niveau de compréhension de la science du feu”. Ils ont par exemple considéré la forme des brûlures du sol comme la preuve de l’utilisation d’un liquide inflammable, une croyance sans fondement scientifique. La Commission de la police scientifique du Texas doit rendre ses propres conclusions en 2010. Willingham pourrait ainsi devenir la première personne officiellement reconnue innocente après avoir été exécutée aux Etats-Unis. Cependant, Ageorges craint que le populisme des décideurs ne bloque une telle décision : “C’est une année d’élection au Texas pour le gouverneur et certains juges”, rappelle-t-elle.

 

“Crions-le sur les toits”

 

L’accumulation d’informations prouvant l’innocence de Willingham a conduit les abolitionnistes américains à faire de cette affaire un symbole dans leur campagne contre la peine de mort. “Il n’y a plus aucun doute : une personne innocente a été exécutée”, déclare le coordinateur de Innocence Project, Barry Scheck. “La question est maintenant de savoir comment nous pouvons éviter que cela se reproduise.” La Coalition nationale pour l’abolition de la peine de mort (NCADP) a lancé la campagne “Crions-le sur les toits” (“Shouting from the rooftops”). Elle vise à montrer au public que l’existence de la peine de mort fait courir le risque avéré de voir des innocents exécutés. Selon la NCADP, Antonin Scalia, juge à la Cour suprême des Etats-Unis, a écrit qu’il n’existait “pas un cas – pas un seul – dans lequel il est clair qu’une personne a été exécutée pour un crime qu’elle n’a pas commis. Si un tel événement s’était produit au cours des dernières années, il n’y aurait pas à chercher : on crierait le nom de l’innocent sur les toits”.

 

135 condamnés à mort innocentés

 

Maintenant que le juge Scalia peut être pris au mot, la NCADP appelle le public à se renseigner, à faire circuler l’information et à publier des vidéos sur internet dans lesquelles des citoyens crient sur les toits le nom de Cameron Todd Willingham ainsi que ceux de Ruben Cantu, Carlos De Luna et Larry Griffin – eux aussi exécutés aux Etats-Unis malgré les preuves qui suggéraient leur innocence. Aux Etats-Unis, des projets militants comme Innocence Project et Witness to Innocence soulignent le fait que “le système de justice pénale américain échoue dans son devoir le plus élevé : protéger les innocents de condamnations injustes à la peine de mort”. Selon le Death Penalty Information Centre, 135 condamnés à mort américains ont été lavés de tout soupçon et libérés depuis 1973. Combien ont été - ou seront - exécutés avant d’avoir pu prouver leur innocence ?

 

 

Sources :

Coalition mondiale contre la peine de mort

in, HNS-Info 30/09/2009

 

Etats-Unis: le prisonnier politique amerindien Leonard Peltier reste en prison

 

 




12-09-2009

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pas de libération conditionnelle pour le prisonnier politique amérindien Leonard Peltier, mais que va faire Obama ?



Le Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan), ONG française de défense des droits des peuples autochtones, s'insurge contre la décision de la Commission des libérations conditionnelles des États-Unis de ne pas libérer le prisonnier politique amérindien Leonard Peltier, militant de l'American Indian Movement (AIM) qui est incarcéré depuis trente-trois ans dans une prison fédérale. La Commission des libérations conditionnelles a annoncé arbitrairement, le 20 août dernier, que le prochain réexamen de son cas sera programmé en 2024 (Leonard Peltier aura alors soixante-dix-neuf ans). Amnesty International, qui réclame depuis de nombreuses années la libération de Leonard Peltier, a également fait part de sa déception devant cette décision négative. "C'est en accordant à Leonard Peltier une libération conditionnelle que l'on servirait au mieux la justice, a déclaré Angela Wright, chercheuse d'Amnesty International aux États-Unis. Compte tenu des questions qui se posent autour de sa condamnation, et vu que les recours en appel devant les tribunaux sont épuisés depuis longtemps et qu'il a déjà passé plus de trente-deux années en prison, nous prions instamment le Comité des libérations conditionnelles de revenir sur sa décision."

La prochaine bataille sera donc la demande de grâce présidentielle au président Obama... En janvier 2001, le président Bill Clinton, malgré ses promesses, n'a pas eu le courage politique de lui rendre sa liberté, en évitant de lui accorder une grâce le dernier jour de son mandat en raison des pressions du FBI sur cette affaire. Aujourd'hui, la communauté amérindienne, comme toutes les autres minorités aux États-Unis, attend des signes de véritables changements, notamment la fin des discriminations raciales et sociales, ainsi qu'une justice équitable pour tous. Betty Ann Solano, sœur de Leonard Peltier et directrice de son Comité de défense (le Leonard Peltier Defense/Offense Committee) a récemment lancé un appel émouvant au président Obama : "Nous [Amérindiens] avons besoin de guérir les blessures du passé qui nous ont été infligées par le gouvernement américain. Président Obama, en accordant votre grâce à mon frère, vous serez reconnu comme celui qui aura su faire le premier pas vers la paix et la réconciliation avec nos communautés." Pour lancer la campagne pour la grâce présidentielle et montrer la détermination des autochtones des États-Unis de voir Leonard Peltier libre, un chef spirituel amérindien, Ben Carnes (Choctaw d'Oklahoma), a entamé le 5 septembre un jeûne devant la Maison Blanche à Washington DC.

Le 12 septembre prochain, Leonard Peltier va avoir soixante-quatre ans. Bien qu'innocent, il aura passé injustement plus de la moitié de sa vie en prison. C'est pour cela qu'il ne faut pas l'oublier.

En France aussi plusieurs initiatives en faveur de Leonard Peltier vont se succéder : compilation de soutien avec de nombreux artistes, conférences et tournées de représentants amérindiens, etc., sans oublier les rassemblements tous les mercredis devant le consulat des États-Unis à Paris, au côté de celles et ceux qui luttent pour la libération du journaliste africain-américain, Mumia Abu-Jamal.

QUI EST LEONARD PELTIER ? / Leonard Peltier, indien Anishinabe/Lakota-Sioux, est incarcéré depuis 1976 aux États-Unis pour un crime qu'il n'a pas commis. Il a été condamné à deux peines à perpétuité
consécutives. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition". Il est une des victimes de la guerre cachée menée dans les années 1970 par le gouvernement américain et le FBI contre l'American Indian Movement (AIM, Mouvement indien américain). Leonard Peltier est devenu le symbole de la résistance des peuples indigènes au niveau international. Il est soutenu par Nelson Mandela, Desmond Tutu, Rigoberta Menchú, le président Evo Morales, Robert Redford, le sous-commandant Marcos, Mumia Abu Jamal, le Parlement européen et par plusieurs millions de personnes à travers le monde. Que fera le président Obama pour Leonard Peltier ?


Pour plus d'informations :


En France : CSIA-Nitassinan, 21 ter, rue Voltaire, F-75011 Paris
info@csia-nitassinan.org Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
http://www.csia-nitassinan.org/lpdoc.htm


Aux États-Unis : LPDOC – Tél : 001-701-235-2206
http://www.whoisleonardpeltier.info

 


COMMUNIQUÉ DU 21 AOÛT 2009

Communiqué d'Eric Seitz, avocat de Leonard Peltier

Les vieux rescapés de l'administration Bush au sein de la Commission américaine des libertés conditionnelles ont aujourd'hui adopté la position du FBI : toute personne potentiellement impliquée dans la mort de ses agents ne devra jamais obtenir de conditionnelle et devra rester en prison jusqu'à sa mort.

Il a été juridiquement établi que le FBI (même s'il ne l'a jamais reconnu) a fabriqué des preuves et présenté de faux témoignages au procès de Leonard Peltier ; la conduite de M. Peltier a été exemplaire, pendant 33 ans d'incarcération, prouvant ainsi la recevabilité de sa demande de libération conditionnelle ; des lettres et des pétitions demandant sa libération ont été envoyées par millions aux États-Unis et dans le monde entier, notamment par un des juges qui avait précédemment statué sur sa libération conditionnelle ; M. Peltier vieillit et sa santé se dégrade ; pourtant, la Commission des libertés conditionnelles l'a aujourd'hui informé que "sa libération sur parole déprécierait l'importance du délit présumé et encouragerait le non respect de la loi", repoussant la possibilité d'une prochaine audition à 2024.

Voici donc les agissements extrêmes de cette même communauté du maintien de l'ordre qui a instauré l'emprisonnement à durée indéterminée pour les adolescents suspectés de terrorisme, la torture et les meurtres dans les prisons de la CIA de par le monde, et encouragé l'irrespect généralisé pour les valeurs démocratiques de justice sur lesquelles ce pays s'est soi-disant construit. Ce sont ces mêmes institutions qui n'ont jamais traité les autochtones avec respect ou dignité, qui n'ont jamais reconnu leur responsabilité pour des siècles d'intolérance et d'abus.

Pendant l'audition de libération conditionnelle, le 28 juillet dernier, Leonard Peltier a exprimé des regrets et a reconnu avoir eu un rôle dans les incidents qui ont provoqué la mort des deux agents du FBI et d'un activiste amérindien, suite à une fusillade sur la réserve de Pine Ridge. M. Peltier a insisté sur le contexte dans lequel la fusillade a eu lieu, un contexte de guerre entre des leaders tribaux corrompus, soutenus par le gouvernement, d'un côté, et des traditionalistes amérindiens et jeunes activistes de l'autre. Il a à nouveau nié - comme il l'a toujours fait - avoir souhaité la mort de qui que ce soit ou d'avoir tiré les coups de feu qui ont tué les deux agents. Il a d'ailleurs rappelé aux membres de la commission qu'un de ses coaccusés a récemment admis avoir tiré les coups de feu mortels. Il est donc faux de dire que Leonard Peltier a "exécuté deux agents du FBI" comme l'affirme pourtant la Commission de libération conditionnelle ; et il n'y a toujours pas de preuves crédibles de la responsabilité de M. Peltier pour les coups de feu mortels, contrairement à ce que déclare le FBI. De plus, étant donné les pratiques corrompues au sein même du FBI, il est absurde de dire que la libération conditionnelle de Leonard Peltier "dépréciera l'importance" de sa conduite et/ou "encouragera le non respect de la loi".

Nous continuerons à demander la libération conditionnelle et la grâce présidentielle pour Leonard Peltier pour mettre fin rapidement et équitablement à cette injustice qui dure depuis trop longtemps.

Eric Seitz,
avocat de Leonard Peltier

(traduction : Céline Planchou pour le CSIA-Nitassinan)

Leonard Peltier Defense Offense Committee (LP-DOC)
PO Box 7488, Fargo, ND 58106
Tel: 001-701/235-2206


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L’opposition iranienne réaffirme son existence lors de la journée d’Al-Qods


LE MONDE | 19.09.09 |

 

Combien étaient-ils? L’opposition réformatrice parle de 500000personnes dans les rues de Téhéran, voire plus. D’autres de plusieurs dizaines de milliers. Une seule certitude: la journée traditionnelle d’Al-Qods (Jérusalem), instituée par l’ayatollah Khomeyni il y a trente ans pour soutenir les Palestiniens, s’est transformée, vendredi 18septembre, en une grande vague de contestation "verte". Verte, comme la couleur du mouvement de protestation lancé par Mir Hossein Moussavi, ex-premier ministre et candidat malheureux à la présidentielle de juin, qui conteste la victoire de Mahmoud Ahmadinejad.

 

Quatre mille arrestations en trois mois (près de 200 personnes au moins sont encore détenues), des "aveux" forcés à la télévision d’Etat pour certains militants, des tortures pour d’autres, rien n’a, semble-t-il, pu dissuader les militants de l’opposition de profiter de la marche annuelle pro-palestinienne pour se faire entendre. Pas même la dernière vague d’arrestations, cette semaine, qui vise des enfants de personnalités du régime déjà emprisonnés comme l’ex-vice-président du Parlement, Mohsen Mirdamadi, dont le fils a été interpellé, ou de grands religieux trop critiques du pouvoir actuel: les petits-fils du grand ayatollah Montazeri ont été arrêtés à Qom, la ville sainte, ainsi que le fils de l’ayatollah Mousavi Tabrizi. Une pratique qualifiée de "prise d’otage familiale pour faire des pressions politiques" par le site Modvj sabz (Bague verte).

 

"MENTEUR ! OÙ SONT TES 63  % ?"

 

Bracelets et chemises vertes, banderoles, drapeaux: les signes de ralliement se sont multipliés, vendredi, dans les grandes avenues de Téhéran, ceinturées par la police antiémeute et les miliciens bassidji armés de matraques. Des affrontements ont eu lieu.
Le périmètre de l’université de Téhéran, lieu de la prière du vendredi où parlait M.Ahmadinejad, était réduit à l’état de bunker surprotégé par la police, selon des témoins. Et tandis que M.Ahmadinejad prononçait un violent discours contre Israël, les manifestants ont scandé à plein poumons: "Dorough gou! chast o seh darsadat koo! (Menteur! Où sont tes 63 %?)". Le bruit était tel que le président aurait écourté son discours.

 

Après quoi, les opposants ont entonné un chant, devenu le mot d’ordre de la journée, tiré d’un texte du poète Mochini. Que dit ce poème? "Laisse tomber ton fusil, je hais cet instrument sanguinaire aussi bien au Liban, à Qods que dans les rues d’Iran." Ce qui est déjà une forme de contestation publique de la "diplomatie" musclée et militariste de M.Ahmadinejad au Moyen-Orient. En réponse aux "Mort à Israël!", traditionnels dans cette journée de soutien à la Palestine, ont aussi fusé dans la foule des slogans nouveaux "Mort à la Russie! Mort à la Chine!", alliés de l’Iran. Ce n’était pas le seul changement dans l’attitude des manifestants "verts" qui, vendredi, se sont comptés dans les rues, ce qu’ils n’avaient pu faire depuis la manifestation du 9juillet commémorant le soulèvement étudiant de 1999, durement réprimé.

Behzad, ancien restaurateur au chômage, était parmi eux. Au téléphone, il nous a confié son témoignage: "Lors des grandes manifestations de juin, j’étais terrorisé. Vendredi, nous n’avions plus peur. En nous voyant tous dans la rue, nous avons repris confiance. La différence, c’est que cette fois nous avons répliqué. Mon neveu a été battu à coups de matraque par des bassidji près de la place Valli-a-Ast. Quand ils ont voulu l’embarquer,les gens autour de nous les en ont empêchés en leur jetant des pierres et tout ce qu’ils pouvaient."

 

"S’ILS T’ARRÊTENT, CE SERA LA RÉVOLTE"

 

Même solidarité au secours des trois chefs réformateurs qui s’étaient rendus à la marche. L’ex-président Mohammad Khatami, attaqué par un groupe de fondamentalistes, s’est vu arracher son turban. La foule a empêché qu’il soit blessé car, selon certaines sources, ses assaillants étaient munis d’armes blanches. M.Moussavi a été assiégé dans sa voiture et traité d’"hyprocrite". Quant à Medhdi Karoubi, ce religieux réformateur qui a dénoncé viols et tortures en prison, il a pu, sous la protection des manifestants, participer à la marche plus d’une heure sous les ovations: "Karoubi notre héros! S’ils t’arrêtent, ce sera la révolte."

 

Des arrestations, il y en a eu des dizaines, notamment en province à Tabriz, Ispahan ou Karaj. A Chiraz, selon des témoins, une vingtaine de personnes détenues auraient été délivrées par les manifestants des mains des miliciens. "Voir cette foule pas intimidée du tout dans la rue après la répression terrible des mois derniers a dû être un choc pour le pouvoir", disait encore Behzad. Et l’analyste Ahmad Salamatian de conclure: "Vendredi, l’angoisse et la crainte ont changé de camp. L’hésitation s’installe au plus haut du pouvoir." De fait, dans la soirée, le vice-président du Parlement, Mohammad Reza Bahonar, dénonçait la répression.

 

La «journaliste au pantalon» en prison

 

 

La soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein, qui risquait 40 coups de fouet, a finalement écopé d'une amende. Mais elle a refusé de payer, et s'est retrouvée en prison.

 

LIBE 07/09/2009

 

 

 

Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées lundi devant le tribunal à Khartoum pour

Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées lundi devant le tribunal à Khartoum pour soutenir Loubna Ahmed al-Hussein, ici lors de son dernier rendez-vous avec la justice soudanaise, le 4 août. (AFP Ashraf Shazly)

 

 

Le procès de la journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein, passible de 40 coups de fouet pour avoir porté un pantalon jugé «indécent», s'est conclu lundi à Khartoum par une condamnation à 500 livres soudanaises (140 euros) d'amende.

 

En dépit des conseils de ses proches, la jeune femme a refusé de s'acquitter de la somme, confiant à l'AFP «préférer aller en prison». Selon l'un de ses avocats, elle aurait été conduite au centre pénitentiaire pour femmes d'Omdurman.

 

Mme Hussein avait été arrêtée début juillet par des policiers dans un restaurant de Khartoum en même temps que 12 autres femmes pour «tenue indécente», alors qu'elle portait un pantalon large et une longue blouse. Dix des femmes arrêtées en même temps qu'elle avaient été convoquées ensuite par la police et fouettées dix fois chacune. Loubna Ahmed al-Hussein aurait pu subir un sort similaire, mais elle a contesté les charges et entamé une campagne publique pour abolir une loi controversée.

 

Article contraire à la charia


L'article 152 du code pénal soudanais de 1991, entré en vigueur deux ans après le coup d'Etat de l'actuel président Omar el-Béchir, prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque «commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents». Cet article viole pourtant la Constitution soudanaise et l'esprit de la loi islamique (charia) en vigueur dans le Nord du Soudan, majoritairement musulman.

Son procès avait été ajourné le 4 août et devait reprendre ce lundi dans un tribunal de la capitale soudanaise où des supporters de la jeune femme étaient présents. ©Si certains se réclament de la charia pour flageller les femmes en raison de ce qu'elles portent, qu'ils me montrent les sourates du Coran ou les hadith (paroles du prophète Mahomet, ndlr) qui le stipulent. Je ne les ai pas trouvés», disait-elle récemment à l'AFP. La trentenaire, qui porte la «tarha», ce foulard traditionnel soudanais recouvrant la tête et les épaules, travaillait à la mission des Nations unies au Soudan (Unmis) lorsqu'elle a été arrêtée. Elle a affirmé depuis qu'elle avait quitté cet emploi qui aurait pu lui conférer une immunité diplomatique.

 

Le procès de la «journaliste au pantalon» était au coeur des discussions dans les familles à Khartoum et a semblé embarrasser le gouvernement par son retentissement international. Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays entretient des relations pour le moins tendues avec Khartoum, avait dit vouloir aider la jeune femme dans son combat et plaidé en faveur d'un arrêt des procédures contre elle.

 

Loi «discriminatoire»

 

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a de son côté exhorté les autorités soudanaises à abroger la loi et à retirer les accusations. «La manière dont cette loi a été utilisée contre les femmes est inacceptable et la sentence prévue -jusqu'à 40 coups de fouet- est répugnante», a déclaré vendredi l'organisation dans un communiqué. «Cette loi est rédigée de telle sorte qu'il est impossible de savoir ce qui est décent ou indécent», ce qui laisse place à l'arbitraire des policiers, ajoute l'organisation qui juge également cette loi «discriminatoire».

 

Loubna Hussein a ouvert un site internet bilingue anglais/arabe -"iamlubna.com"- pour faire connaître son combat et multiplier les signatures sur sa pétition invitant le gouvernement soudanais à abolir une loi controversée qui ne défrayait pas la chronique jusqu'à récemment.

 

 

 

 

 

SITE de

LOUBNA HUSSEIN

DROITS des FEMMES

 

Le Hamas impose la tenue islamique aux lycéennes de Gaza

 

LIBE 24/08/2009

 

 

Pour la rentrée scolaire, dimanche, la tenue en vigueur jusqu'à présent --une chemise bleue sur

Pour la rentrée scolaire, dimanche, la tenue en vigueur jusqu'à présent --une chemise bleue sur une jupe longue de même couleur-- a laissé place au "jilbab" (une longue robe ample). Facultatif, bien que porté par la plupart des lycéennes, le foulard qui cache les cheveux devient désormais obligatoire. (© AFP Mahmud Hams)

 

 

Une majorité des lycéennes dans la bande de Gaza, territoire traditionnellement conservateur, portaient déjà le foulard à l'école, mais la décision du Hamas de rendre obligatoire ce couvre-chef et de l'assortir d'une robe ample, provoque la controverse.

 

Pour la rentrée scolaire, dimanche, la tenue en vigueur jusqu'à présent --une chemise bleue sur une jupe longue de même couleur-- a laissé place au "jilbab" (une longue robe ample). Facultatif, bien que porté par la plupart des lycéennes, le foulard qui cache les cheveux devient désormais obligatoire.

"Nous invitons toutes les étudiantes à respecter la tenue ample", déclare à l'AFP un haut responsable au ministère de l'Education, Mahmoud Abou Hassira, en expliquant les nouvelles directives sur "la tenue islamique".

 

Parallèlement, la Direction de l'enseignement au sein du gouvernement du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle Gaza depuis juin 2007, a décidé de féminiser entièrement le personnel enseignant dans les écoles publiques de filles dans un souci d'empêcher la mixité selon une interprétation stricte de l'islam.

 

"Notre société est musulmane et l'islam nous impose la séparation entre les sexes dès l'âge de sept ans. Nous avons suivi ce principe pour remplacer les enseignants par des enseignantes", souligne M. Hassira.

 

Mais la nouvelle tenue suscite des grincements des dents chez nombre d'écolières. "Le gouvernement du Hamas ne peut appliquer la charia (loi islamique) à Gaza en nous forçant à porter cette tenue islamique. La coercition est incompatible avec la mentalité des filles, surtout à cet âge, et le Hamas ne pourra rien imposer par la force", rouspète Souha, élève en seconde à l'école "Ahmad Shawqi", dans le quartier d'Al-Rimal à Gaza-ville.

Sa camarade Nour Ilwan, une des rares lycéennes qui ne se couvrent pas les cheveux, laisse éclater sa colère: "On peut tout accepter sauf le jilbab qui escamote notre enfance et nous fait apparaître comme des vieilles" !

 

Bien qu'elle soit déjà voilée et s'habille de robes larges, Souad Abou Radi, 16 ans, estime que les nouvelles directives des autorités du Hamas "sont une atteinte à notre liberté personnelle". Elle dit "songer à quitter l'école".

Samar, une élève de 17 ans appartenant à la minuscule minorité chrétienne, se dit prête à s'accommoder de la décision d'imposer la tenue islamique mais critique la mutation des enseignants masculins.

 

"Cette décision est injuste car les enseignants hommes chez nous sont plus compétents que les femmes. J'espère que le ministère va faire marche arrière", dit-elle.

 

La responsable d'une école de l'ouest de Gaza-ville a affirmé à l'AFP que "toute élève qui ne respecte par la nouvelle tenue sera renvoyée chez elle".

La semaine dernière, la direction des établissements scolaires a informé par voie d'affichage les lycéennes de l'adoption de la nouvelle tenue: "Un jilbab bleu foncé, un foulard blanc et des chaussures noires ou blanches".

 

Sans confirmer directement la décision d'imposer ce nouveau code vestimentaire, le porte-parole du gouvernement du Hamas, Taher Al-Nounou, explique que les autorités ont décidé de renoncer à l'ancien uniforme "afin d'alléger la charge financière des parents à cause du blocus (israélien) et de la situation économique asphyxiante".

 

Si la nouvelle tenue a reçu un accueil mitigé chez les parents, selon les us et coutumes de chaque famille, la décision d'interdire les enseignants masculins a, elle, carrément déclenché une large désapprobation.

 

Un parent, préférant se présenter sous son sobriquet d'Abou Mahmoud, dit avoir décidé de transférer ses deux filles dans une école privée.

"C'est un crime contre nos filles et contre l'enseignement. Cette séparation est une sorte de discrimination raciale et elle met en doute l'intégrité des enseignants à qui nous avions confié nos filles", déplore-t-il.

 


BELLACIAO - Le Hamas impose la tenue islamique aux lycéennes de ...

 

Le Hamas impose la tenue islamique aux lycéennes de Gaza... mardi 25 août 2009 (13h47). Une majorité des lycéennes dans la bande de Gaza, ...
bellaciao.org/fr/spip.php?article90329 - Il y a 6 heures

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Saisie de deux hebdomadaires marocains et d’un quotidien français pour avoir publié un sondage sur le roi

 

Source / auteur : http://www.rsf.org

HNS 2 août 2009


 

Reporters sans frontières condamne vivement la décision du ministère de l’Intérieur marocain de saisir le dernier numéro de l’hebdomadaire indépendant TelQuel (et sa version arabe, Nichane), le samedi 1er août 2009, suite à la publication d’un sondage sur le bilan des dix premières années du règne du roi Mohammed VI.

 

« Cette décision, à la fois archaïque et illégale, constitue une nouvelle violation de la liberté de la presse au Maroc. Les fameuses “lignes rouges“ qui entravent la liberté d’expression doivent disparaître. Les Marocains, qu’ils soient journalistes ou non, devraient pouvoir exprimer leur opinion sur le Roi et la monarchie, sans crainte d’être arrêtés, emprisonnés, ou condamnés à payer de lourdes amendes », a déclaré l’organisation.

 

Le 1er août, deux jours après la fête du trône, le ministère de l’Intérieur marocain a exigé la saisie des 100 000 exemplaires de TelQuel et Nichane, lesquels ont tous été détruits le lendemain. Les deux hebdomadaires venaient de publier un sondage, effectué en partenariat avec le quotidien français Le Monde, révélant que 91% des Marocains interrogés jugeaient le bilan de Mohammed VI “positif“ ou “très positif“.

 

Le ministre de la Communication, Khalid Naciri, a déclaré à l’Agence France-Presse que « la monarchie au Maroc n’est pas une équation et ne peut faire l’objet d’un débat, même par voie de sondage », ajoutant que, si Le Monde venait à publier ce sondage, « il ne pourra être mis en vente au Maroc ».

 

« Le ministère de l’Intérieur ment, dans la mesure où aucun article du Code pénal marocain ou du code de la presse n’interdit la publication d’un tel sondage. Cette décision de saisie est donc illégale. Par ailleurs, la destruction des exemplaires, avant même que le journal puisse faire appel, constitue une seconde infraction à l’article 77 du Code de la presse. Et enfin, la police ayant aujourd’hui refusé de me notifier la décision du ministère, je ne peux même pas porter plainte ! En mettant en avant une soi-disante atteinte à la sacralité du roi, les autorités sont en flagrant délit de mensonge », s’est indigné le directeur de publication de TelQuel, Ahmed Benchemsi, interrogé par Reporters sans frontières le 3 août.

 

Le Monde, daté du mardi 4 août, publiant le sondage incriminé, devrait être interdit de distribution au Maroc. Contacté par Reporters sans frontières, le directeur de publication du quotidien français, Eric Fottorino, a déclaré « protester contre cette mesure incompréhensible et absurde ». « En agissant de la sorte, le régime marocain bafoue l’opinion de son peuple, ce qui est grave pour un régime qui dit s’ouvrir. Le sondage en question est sérieux, réalisé auprès de 1100 personnes. Aussi le journal a-t-il décidé de maintenir son envoi d’exemplaires vers le Maroc, certes avec une voilure restreinte afin de limiter les pertes, mais pour que les autorités marocaines prennent la responsabilité de saisir elles-mêmes le journal, et que ce ne soit pas Le Monde qui vienne à s’auto-censurer. Cette décision porte atteinte à l’image du Maroc », a-t-il ajouté.

 

L'ordre réactionnaire règne...
L'ordre réactionnaire règne...

Une jeune Soudanaise arrêtée pour port du pantalon défie la justice de son pays

 

LE MONDE | 31.07.09 |

 

Elle est culottée, Loubna Ahmed Al-Hussein ! Beaucoup trop, au goût des juges de Khartoum, devant lesquels la jeune femme, journaliste et employée de la Mission des Nations unies au Soudan (Unmis), devrait de nouveau comparaître, mardi 4 août. Son crime ? S'être montrée en pantalon, lors d'une réception organisée dans un restaurant de la capitale soudanaise, le 3 juillet. Elle est passible de quarante coups de fouet et d'une amende de 250 livres soudanaises (environ 100 dollars). Le fait que, ce soir-là, elle ait aussi porté le voile islamique, comme à son habitude, et une longue chemise à fleurs, en plus d'un jean, ne change rien à l'affaire. Le syncrétisme vestimentaire n'a pas le vent en poupe au pays du président Omar Al-Bachir - du moins, pas pour les femmes.

 

Loubna Ahmed Al-Hussein n'est d'ailleurs pas la seule à avoir été interpellée. D'après son témoignage, la police, qui a fait irruption dans le restaurant au beau milieu de la soirée, a embarqué une douzaine de ses compatriotes de sexe féminin - dont certaines originaires du Soudan sud, région à dominante animiste ou chrétienne, où le rigorisme musulman n'a théoriquement pas sa place et, moins encore, la charia (loi islamique).

 

Dix de ces délurées présumées ont été convoquées par la police deux jours plus tard. Après avoir reçu dix coups de fouet, les porteuses de pantalon ont été libérées. Mais trois autres prévenues, parmi lesquelles Loubna Ahmed Al-Hussein, n'ont pas bénéficié de cette clémence insigne. Pour quelles raisons, exactement ? Difficile de le savoir. L'article 152 du code pénal ne le dit pas de façon nette. Seule la sentence est claire : quarante coups de fouet et une amende.

 

Au Soudan, la chose est banale. Ce qui l'est moins, c'est qu'une accusée se rebiffe. Employée par l'ONU, Loubna Ahmed Al-Hussein pouvait, à ce titre, prétendre à l'immunité. Les juges lui ont d'ailleurs donné le choix, a expliqué son avocat, Me Nabil Adib, mercredi 29 juillet, à l'issue de la première audience. Mais elle a refusé. "Je souhaite démissionner de l'ONU, je veux que le procès continue", a-t-elle déclaré. Les autorités soudanaises ont-elles voulu faire un exemple ? La jeune femme tient une chronique régulière dans le journal non gouvernemental Al-Sahafa. Son arrestation n'est "pas une question de mode, mais une tactique politique pour intimider et terroriser les opposants", a écrit la journaliste Amal Habbani, aussitôt poursuivie pour avoir "diffamé " la police.

 

Le régime soudanais "veut briser une plume libre", a dénoncé, de son côté, Soliman Abeer, militant du Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'homme, association basée au Caire, très active dans cette affaire. Lors de la première audience, des représentants des ambassades de France, de Suède, d'Espagne et du Canada, ainsi que plusieurs dizaines de féministes, étaient présents. "L'usage du fouet est contraire aux normes internationales", a rappelé, à New York, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a exprimé sa "profonde préoccupation".

 

 

Face aux dérives policières, mobilisons-nous !

 

 

Les organisations soussignées appellent à s’opposer à cette alarmante banalisation des atteintes aux droits et libertés. À cet effet, elles invitent les organisations qui s’y reconnaissent à s’associer au présent communiqué en transmettant leur signature à l’une des organisations mentionnées ci-dessous.

 

 

 

Appel du Collectif Liberté, Égalité, Justice (CLEJ)

 Face aux dérives policières, mobilisons-nous !

 

 

 

Mercredi 8 juillet, alors que des militants et des habitants solidaires d'un quartier montreuillois manifestaient contre l'expulsion d'un squat, la police a fait usage à plusieurs reprises de tirs de flash-ball, blessant cinq personnes, dont un jeune homme qui a perdu un œil, venues soutenir pacifiquement les squatteurs.

 

 

Depuis 2005, ce sont pas moins de sept personnes qui ont perdu un œil dans les mêmes conditions, dont cinq pour la seule année 2009. Des syndicats et associations avaient dénoncé en novembre 2007 ces pratiques, alors qu'un lycéen nantais avait été visé à la tête par la police lors d'une manifestation et y avait perdu son œil droit.

 

 

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a plusieurs fois dénoncé l'usage inapproprié de cette arme par la police et la note de service adressée en mai dernier par la Direction centrale de la sécurité publique à ses directeurs départementaux quant à ses règles d'utilisation semble très largement ignorée, voire bafouée.

 

 

Il est urgent de rétablir un fonctionnement de nos institutions policières conforme aux engagements internationaux de la France en matière de droits et libertés. Cela suppose de rompre avec un discours des pouvoirs publics qui non seulement incrimine les militants comme des délinquants ou des coupables potentiels, les exposant fréquemment aux coups de matraque et aux grenades lacrymogènes, mais encore avec des pratiques qui aboutissent à couvrir les dérives ou les brutalités policières, y compris lorsqu’il s’agit des dommages irréversibles causés par l’utilisation de ces armes dites « à létalité atténuée ».

 

 

Les organisations soussignées exigent qu'une enquête présentant des garanties d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics soit menée sur ces derniers incidents à Montreuil, comme pour l'ensemble des affaires impliquant l'usage abusif et inconsidéré des tirs de flash-ball. En l’espèce, elles demandent l’ouverture d’une information judiciaire afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette scandaleuse affaire. Elles demandent également que des poursuites soient engagées lorsque les responsabilités des agents et de leurs autorités donneuses d'ordre ont été établies. Elles exigent que l'usage des armes de type flash-ball ou taser soit soumis sans délai à un moratoire.

 

 

Les signataires s'insurgent contre une dérive continue et permanente des pratiques policières en matière de sécurité publique. Ces dérives sont constatées et dénoncées tant par la Cour Européenne des Droits de l’Homme que par des organisations internationales ou nationales :

 

 

¨ contrôles ou interpellations au faciès,
¨ délit d’outrage,
¨ gardes à vue abusives,
¨ usage humiliant des fouilles à nu (assorties d’une « inspection anale »),
¨ menottage abusif, méthode d'immobilisation dite de « décubitus ventral »,
¨ abus de la perquisition,
¨ atteintes au libre exercice des journalistes.

 

 

Il est inacceptable que la police, dont le principal objet est d'assurer la sécurité des personnes, puisse être perçue, en raison de certaines de ses pratiques, comme une menace.

 

 

Ces dérives policières tendent à s’inscrire dans un contexte particulièrement inquiétant d’intimidation de l’expression sociale et militante : multiplication des poursuites pour outrage et rébellion, instrumentalisation de la Justice aux fins de répression de la contestation, sentiment d’impunité concernant les brutalités policières...

 

 

Les organisations soussignées appellent à s’opposer à cette alarmante banalisation des atteintes aux droits et libertés. À cet effet, elles invitent les organisations qui s’y reconnaissent à s’associer au présent appel en transmettant leur signature à l’une des organisations mentionnées ci-dessous.    

           

            Le 21 juillet 2009.
 

 

 
Organisations signataires :

 

- associations : 


Association Française des Juristes Démocrates (AFJD)
ATTAC France
Ligue des Droits de l'Homme (LDH)
« Souriez-Vous-Etes-Filmé-es ! » (SVEF)

 

 

- mouvements et partis politiques : 


Parti Communiste Français (PCF)
Les Verts
Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

 

 

- syndicats 


Confédération Française Démocratique du Travail – Finances de la Gironde (CFDT-Finances de la Gironde)
Confédération Générale du Travail - Protection Judiciaire de la Jeunesse (CGT-PJJ)
Confédération Générale du Travail - Pénitentiaire (CGT-Pénitentiaire, UGSP)
Fédération SUD Education
Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Solidaires Unitaires Démocratiques - Santé/Sociaux (SUD-Santé/Sociaux)
Syndicat des Avocats de France (SAF)
Syndicat de la Magistrature (SM)
Syndicat National de l'Ensemble des Personnels de l'Administration Pénitentiaire (SNEPAP/FSU)
Syndicat National des Enseignants du Second degré (SNES/FSU)
Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP/FSU)
Syndicat National des Personnels de l'Education et du Social - Protection Judiciaire de la Jeunesse (SNPES-PJJ/FSU)
Syndicat National Unitaire des Collectivités Locales, de l'Intérieur et des Affaires Sociales (SNU-CLIAS/FSU)
Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et PEGC (SNUIPP/FSU)
Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)
Union syndicale Solidaires

 

 

- autres structures :


Agir ensemble contre le Chômage ! (AC !)
Appel des appels (AdA)
Appel des 39 – La Nuit Sécuritaire
Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM)
Collectif « Nous refusons la politique de la peur »
Comité de défense des libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires (CODELIB Saint-Nazaire)
Comité Européen Droit, Ethique et Psychiatrie (CEDEP)
Mouvement Politique d’Education Populaire (M’PEP)
Réseau féministe « Ruptures »
Réseau Stop Précarité
Témoignage Chrétien

Commission nationale de déontologie de la sécurité
Dossier de presse "Le rapport 2008"
Dossier de presse CNDS.pdf
Document Adobe Acrobat 150.2 KB
RAPPORT 2008 CNDS
CommissionNationale Déontologie Sécurité
Document Adobe Acrobat 2.9 MB

 

 

*********************

 

 

Un rapport blâme des méthodes policières musclées

 

NOUVELOBS.COM | 28.04.2009 |

 

CHINE

Des émeutes font 140 morts dans la province chinoise du Xinjiang

 

 

Dans une rue d'Urumqi, capitale de la région autonome du Xinjiang (Reuters)

Dans une rue d'Urumqi, capitale de la région autonome du Xinjiang (Reuters)

Les émeutes qui ont éclaté dimanche à Urumqi, la capitale régionale du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, ont fait 140 morts et 828 blessés, et des centaines de personnes ont été arrêtées, a annoncé lundi 6 juillet un porte-parole du gouvernement. L'agence officielle Chine Nouvelle avait dans un premier temps parlé seulement de trois morts.
Des images saisissantes ont été montrées par la télévision centrale CCTV : de nombreux civils ensanglantés, gisant à terre, des voitures et bus en flammes ou déjà carbonisés jusqu'au châssis.
Le calme est revenu lundi dans la ville. De nombreux quartiers ont été bouclés, après ces émeutes que Pékin dit être le fait de la dissidence ouïghoure en exil.


La dissidence ouïghoure accusée


Selon les autorités chinoises, les dissidents auraient orchestré ces émeutes ethniques, en poussant des Ouïghours à attaquer des Hans, des Chinois de souche. En ligne de mire de Chine Nouvelle, le Congrès mondial ouïghour. Dirigé par la dissidente en exil Rebiya Kadeer, c'est lui qui est accusé par Chine Nouvelle et la télévision d'avoir fomenté les violences.
"Les enquêtes initiales montrent que la violence a été orchestrée par le Congrès mondial ouïghour conduit par Rebiya Kadeer", a indiqué l'agence citant le gouvernement régional.

 

"Contrôlés à distance"


"Ces incidents ont été contrôlés à distance et menés de l'intérieur à l'instigation de l'étranger", a aussi dit le commentateur de CCTV, en qualifiant de "séparatiste" Rebiya Kadeer, arrivée en mars 2005 aux Etats-Unis après une détention en Chine de presque six ans et son exil forcé par Pékin.
Le Xinjiang, aux confins de l'Asie centrale, compte environ 8,3 millions de Ouïghours, de religion musulmane, dont certains dénoncent la répression politique et religieuse menée par la Chine sous couvert de lutte contre le terrorisme.

 

Listes des minorités chinoises (ou ethnies chinoises) en Chine.
Listes des minorités chinoises (ou ethnies chinoises) en Chine.

 

Ouïghours

 

Répartition : L'ethnie ouighoure du Xinjiang 维吾尔族 se répartit principalement dans trois régions s'étendant au sud des monts Tianshan : Hotan, Kashi et Aksu.

 

Population : Avec une population de 8 823 500 personnes en 2003, l'ethnie ouighoure est la principale communauté ethnique de la Région autonome ouighoure du Xinjiang, représentant 45,62% de la population globale du Xinjiang.

 

Langue : La langue ouighoure appartient à la langue turque relevant du système linguistique altaïque. Les Ouighours emploient une langue écrite ayant pour base les lettres de la langue arabe.

 

Histoire : Le mot « Ouighour » signifie « unité », «union ». Ce mot a différente translitération phonétique dans l'histoire , comme « yuan-qi », « wei-qi », « huihe », « huihu », « wei-wu-er » (Ouighour).

 

Cette ethnie possède une longue histoire. Elle a pour origine un peuple, appelé « ding-ling », qui nomadait dans les bassins du lac Baïkal au 3e siècle av.J.-C. Elle fut appelée « Tieli » au 5e siècle et « Huihe » au début de la dynastie des Tang. En 788, elle fut rebaptisée « Huihu ». En 840, les Xiajiasi, peuple de la Chine antique, lancèrent des attaques pour supprimer le khanat huihu. La majorité de sa population se déplaça vers l'ouest, jusqu'aux contrées occidentales, et au lieu de vivre en nomade, elle s'y installa pour pratiquer l'exploitation agricole. Dans le même temps, elle s'est assimilée avec les habitants autochtones des anciennes principautés Yutian, Shule, Qiuci situées dans la région voisine de la Dépression du Tarim, les Han qui se réfugièrent dans les contrées occidentales à l'époque des Han de l'Ouest et à l'époque des Han de l'Est, et les Tubu, les Qidan, les Mongols qui s'y déplacèrent plus tard ; au début du 13e siècle, une communauté « Wei-wu-er » de l'époque contemporaine s'est formée. L'ethnie ouighoure en est issue.

 

 

 

Soutenons les Iraniens

 

Ainsi, ces centaines de milliers de manifestants ne seraient que «poussière» selon le président sortant Ahmadinejad ? Ainsi, son propre peuple n’existerait pas. Par son coup de force électoral, le pouvoir des mollahs décrète l’infaillibilité d’un régime théocratique prétendument supérieur aux choix rationnels des citoyens ; en interdisant les manifestations, censurant les médias, procédant à des arrestations arbitraires, coupant les moyens modernes de communication, il cherche le pourrissement avant l’affrontement. Le mouvement populaire pacifique des Iraniens peut marquer le début d’une nouvelle ère démocratique en Iran. Le peuple d’Iran, dans sa soif de changement, a choisi, après le scrutin du 12 juin, la voie exemplaire d’un soulèvement démocratique. Il a compris que - sauf à vouloir subir le sort du printemps chinois de 1989 - c’était le moment ou jamais de s’unir durablement pour faire respecter leur citoyenneté. La détermination du pouvoir fait désormais face à celle des Iraniens eux-mêmes unis par le nombre, le calme, la détermination… Et le soutien de l’opinion publique internationale.

 

C’est pourquoi il faut se faire les relais de leurs revendications démocratiques : au-delà du respect de leur vote qu’exigent tous les Iraniens, de l’intérieur comme de l’extérieur, les événements iraniens peuvent changer la face du monde et être porteurs d’un avenir neuf. C’est cet espoir dont tous ceux qui sont épris de liberté, de justice et de démocratie ont besoin. Nous voulons que le peuple iranien réussisse ce changement. Les modalités lui appartiennent et le débouché devra certainement être négocié, mais pour cela, il faut tenir. Cela dépend du peuple iranien mais aussi de notre solidarité. Nous voulons lui dire que le monde le regarde en admirant son courage. Nous demandons la cessation des tirs meurtriers, l’arrêt des violences sur les manifestants, le respect du droit des journalistes de rendre compte des événements en cours ; nous demandons la libération des manifestants arrêtés.

 

Premiers signataires: Pouria Amirshahi, Martine Aubry, Pascal Boniface, Marie-George Buffet, Elisabeth Badinter, Olivier Besancenot, Harlem Désir, Bertrand Delanoë, Jean-Pierre Dubois, Caroline Fourest, Marek Halter, Bernard Langlois, Noël Mamère, Gustave Massiah, Dominique Sopo, Benjamin Stora…

 

 

La liste complète des signataires sur www.soutenons-les-iraniens.fr

 

 


Communiqué des Alternatifs du 22 juin

 

Pour l’émancipation du peuple iranien

 

Depuis une dizaine de jours, des milliers de personnes se mobilisent à Téhéran et dans diverses villes iraniennes pour contester la réélection de Mahmoud Ahmadinajad. La fraude semble avérée, il n’est pas exclu qu’elle ait été planifiée à l’avance. La répression qui s’en est suivie a été brutale ; elle a provoqué la mort de plusieurs dizaines de personnes et l’arrestation de centaines de personnes.


La fin de non-recevoir exprimée le vendredi 19 juin par le « guide suprême de la Révolution », Ali Khamenei, indique clairement que le pouvoir n’envisage pas de remettre en cause ce résultat et qu’il est résolu à renforcer la répression. Les mobilisations de ce week-end sont révélatrices de la détermination de certaines couches de la population. Mais en même temps, le pouvoir a de nouveau réprimé dans le sang et procédé à de nouvelles arrestations.

 

Une partie des masses - sans doute pas la plus populaire – a mis en échec la stratégie de fraude massive des secteurs les plus conservateurs pour poser la question de la démocratie. Moussavi n’est que le support d’une contestation politique qui ouvre des perspectives de dépassement de l’ordre islamique chiite et qui fait la démonstration que la société iranienne – loin de correspondre à la caricature qu’en fait l’impérialisme – est capable de se mobiliser pour son émancipation.

 

Dans le double contexte actuel de l’Iran considéré comme obstacle absolu au changement et, en même temps, d’un Iran perçu parfois comme seul clé de résistance à l’ordre impérialiste en Palestine, ce mouvement de contestation doit être soutenu car sa dynamique réduit l’écart entre le réel et le souhaitable, de notre point de vue.

 

L’attitude de la majorité des grands médias dont l’enthousiasme pour des mouvements populaires est souvent sélectif et celle des gouvernements occidentaux qui défendent les intérêts des puissants et leur propre domination sur le monde, sous couvert d’indignation démocratique, ne doit pas faire oublier l’essentiel : l’aspiration à la démocratie et à l’égalité politique et sociale de la majorité du peuple iranien.

 

Les Alternatifs refusent de choisir entre tel ou tel candidat qui sont tous l’émanation de la République islamique, il est par contre de notre responsabilité de soutenir, au sein de la société iranienne, celles et ceux qui luttent pour la démocratie. Il est de notre responsabilité de soutenir une dynamique qui conteste un pouvoir tout puissant bafouant les libertés démocratiques et marquant le pays d’une empreinte brutale et réactionnaire : élimination, souvent physique, de tous les opposant-e-s au régime, droits des femmes systématiquement bafoués, répression systématique des revendications sociales, des minorités nationales (Baluch, Azéri, Kurde…) ou des homosexuel-le-s.

 

Les Alternatifs expriment leur solidarité avec le peuple iranien :

  • Pour l’égalité des droits hommes-femmes ;
  • Pour la libération de l’ensemble des prisonniers politiques ;
  • Pour une société iranienne démocratique, fondée sur les libertés et les droits humains.

Les Alternatifs s’associent au rassemblement appelé unitairement par tout le mouvement syndical français vendredi prochain 26 juin à 12h30 devant l’Ambassade d’Iran, Place d’Iéna à Paris.

 

Avec la population et les travailleurs d’Iran !

 

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Depuis le 13 juin, au lendemain de l’élection présidentielle truquée, des millions d’Iraniens descendent dans la rue aux cris de « A bas la dictature ».

La répression féroce a déjà fait des dizaines si ce n’est des centaines de morts. Les jeunes, les femmes, les habitants des quartiers populaires qui forment le gros des manifestants sont maintenant rejoints par le mouvement syndical.

 

L’Union des travailleurs des autobus a déclaré sa solidarité, en affirmant : « tant que le principe de la liberté d’organisation et d’élection ne sera pas appliqué, tout discours sur la libération sociale et les droits des travailleurs ne sera qu’une farce ». Les ouvriers d’Iran Khodro, premier constructeur automobile du pays (60.000 salariés), ont engagé un mouvement de grève en ajoutant aux revendications de la rue l’augmentation des salaires et le droit de grève.

 

Pour les libertés démocratiques et les revendications du monde du travail

 

L’aspiration de la société à lever la chape de plomb étouffante du régime des mollahs et à en finir avec la répression quotidienne contre la jeunesse et les femmes qui luttent pour leurs droits, se mêle de plus en plus aux revendications propres des travailleurs qui, en Iran aussi, refusent de faire les frais de la crise. L’idée de la grève générale se répand, les possédants et les profiteurs commencent à redouter le spectre d’une nouvelle révolution.

 

La démagogie criminelle d’Ahmadinejad et de son tuteur, le « guide suprême » Khamenei, qui prétendent représenter les « déshérités » en s’opposant à l’impérialisme des puissances occidentales, ne doit pas faire illusion. Mais Moussavi, le « réformateur », n’est pas beaucoup plus fréquentable. Il avait été le premier ministre de la République islamique entre 1981 et 1989, à l’époque où des dizaines de milliers d’opposants, en particulier militants ouvriers et de gauche, des droits des femmes et des minorités nationales, avaient été massacrés dans les geôles du régime.

 

Face aux difficultés économiques croissantes, la corruption et le népotisme sont devenus de plus en plus insupportables, ce qui a exacerbé la concurrence entre les clans rivaux du régime, jusqu’à ouvrir une crise au sommet de l’Etat. Les travailleurs et le peuple se sont engouffrés dans la brèche. Et même une élection non démocratique a alors échappé à tout contrôle.

 

Leur lutte est la nôtre !

 

C’est aux femmes, aux travailleurs et à la jeunesse, à tous les manifestants qui défient la répression en n’hésitant pas à risquer leurs vies, que va tout notre soutien.

 

Le 26 juin, dans le cadre de la journée internationale de solidarité avec les ouvriers d’Iran, les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA, Solidaires) participeront à un rassemblement devant l’ambassade iranienne à Paris (12 h 30), pour exiger notamment la libération des travailleurs emprisonnés pour avoir manifesté le Premier Mai à Téhéran.

 

Le NPA, qui soutient naturellement ce rassemblement, appelle à développer dans les entreprises, ville et quartiers le maximum d’initiatives en solidarité avec la lutte du peuple iranien, pour le renversement de la dictature, pour la liberté et les droits des travailleurs.

 

L'Etat palestinien selon Netanyahou :

un recul inacceptable !

 

 

Communiqué de presse du 22 juin 2009

 

Les propositions du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou concernant les modalités de l’existence d’un État palestinien sont une véritable provocation.

 

Ces conditions sont inacceptables pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux qui veulent la paix.

 

Comment l’une des premières puissances militaires mondiales peut-elle interdire à un nouvel État d’avoir une armée, un contrôle de ses frontières, de son espace aérien et de ses eaux territoriales ?

 

Comment un nouvel État peut-il se construire dans un territoire mité par des colonies ?

 

Ce n’est pas d’un protectorat dont les palestiniens ont besoin mais d’un État souverain.

 

Benjamin Netanyahou et son gouvernement veulent juste gagner du temps pour répondre aux demandes de plus en plus pressantes des démocraties de ce monde et du président des États-Unis d’Amérique Obama.

 

Les Verts regrettent la position de la plupart des pays européens et des États-Unis qui ont considéré ces déclarations comme un « pas qui va dans la bonne direction ». Cela revient tout simplement à cautionner le gouvernement le plus réactionnaire et belliqueux qu’Israël ait connu.

 

Les Verts revendiquent l’application du droit international qui affirme le droit des palestiniens à un état souverain avec toutes ses prérogatives notamment les frontières de 1967, le retour des réfugiés et Jérusalem-Est comme capitale.

Les Verts dénoncent l’attitude du gouvernement français qui une fois de plus se range derrière le gouvernement d’Israël, en continuant d’appuyer la poursuite des négociations sur le rehaussement du partenariat entre l’Union Européenne et Israël, sans exigence qu’Israël respecte les droits humains en Cisjordanie et à Gaza.

 

L’heure est à une politique de sanctions, tant sur le plan diplomatique qu’économique aussi longtemps qu’Israël n’arrêtera pas la colonisation et ne s’engagera pas dans un processus de paix.

 

L’Union européenne qui déclare vouloir une négociation pour la création d’un État palestinien doit lier cette négociation à celle qu’elle mène pour le rehaussement du partenariat UE-Israël.

 

En recevant le chef du gouvernement israélien, le 24 juin prochain, Nicolas Sarkozy fait un pas de plus dans sa politique de soutien inconditionnel aux gouvernements israéliens successifs.

 

Les Verts soutiennent le rassemblement du Collectif pour une paix juste au Moyen Orient qui se déroulera le mardi 23 juin à 18H30 devant le métro Franklin Roosevelt, à l’angle de l’avenue des Champs-Elysées et de l’avenue Montaigne. Ils seront représentés officiellement par Djamila Sonzogni, porte-parole nationale.

 

Djamila Sonzogni, Jean-Louuis Roumégas, Porte-parole

 

 

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Communiqué du NPA.

"Non à la venue de Nétanyahou en France."

 

Dans un discours prononcé le 14 juin, le premier ministre israélienBenyamin Nétanyahou a une nouvelle fois exprimé tout le mépris des responsables sionistes envers les revendications nationales du Peuple Palestinien.

 

Le terme « Etat Palestinien » a bien été prononcé, mais à la condition qu'Israël soit reconnu comme "l'Etat du peuple juif", avec toutes les conséquences qu'on peut redouter sur les Palestiniens d'Israël : déplacement de populations, expulsions, et un pas de plus vers la concrétisation du vieux projet sioniste du "Grand Israël".

 

D’ Obama à Sarkozy, on se congratule, et on félicite ce gouvernement d'extrême droite. Pourtant Nétanyahou n’a rien caché de ses intentions : rendre les exigences liées à la proclamation d’un Etat palestinien tellement inacceptables que celui-ci ne voit jamais le jour.

 

Le discours de Netanyahou est un discours de guerre et un discours raciste. Et Sarkozy se prépare à le recevoir en France !

 

Plus que jamais l’heure est à l’action pour boycotter les produits israéliens, obliger les entreprises à cesser leurs investissements en Israël et contraindre les gouvernements, en particulier le nôtre, à appliquer des sanctions diplomatiques, économiques, sportives et culturelles à l’encontre de l’Etat d’Israël, tant que celui-ci bafouera les droits du Peuple Palestinien.

 

C'est la meilleure manière aujourd'hui de contribuer au combat du Peuple Palestinien et des forces antisionistes en Israël dans la perspective d'une Palestine libre et respectueuse de toutes ses composantes nationales.

 

Le NPA appelle à manifester unitairement Mardi 23 juin Paris à 18h30 Place Franklin Roosevelt, contre la venue de Nétanyahou.

 

Le 19 juin 2009.





















"Ouvrez les portes !"

Un appel de 56 Prix Nobel et 202 eurodéputés contre le blocus de Gaza

56 Prix Nobel, 202 eurodéputés, mais aussi Michel Rocard, Yasmina Khadra, Martin Gray, Noam Chomsky... cosignent l’appel "Ouvrez les portes !" pour demander la levée définitive du siège de Gaza. "Un million et demi de personnes restent enfermées, soumises à l’arbitraire le plus total".

 

Encore un accrochage sanglant, ce 8 juin 2009, à la frontière de Gaza, nous rappelant combien la situation reste explosive. 4 tués et 12 blessés chez les Palestiniens, aucune perte côté israélien. Dans la bande de Gaza, sur une liste de 4.000 " produits autorisés" par Israël (avant le siège imposé depuis juin 2007), 30 à 40 seulement sont tolérés aujourd’hui, et un million et demi de personnes restent enfermées, soumises à l’arbitraire le plus total.

 

Livres, disques, vêtements, tissus, chaussures, aiguilles, ampoules électriques, bougies, allumettes, instruments musicaux, draps, couvertures, matelas, tasses, verres… sont interdits et ne peuvent transiter que par les fragiles tunnels vers l’Egypte, cibles de bombardements répétés. En 2008, plus de cinquante personnes sont mortes dans ces tunnels, à la suite d’effondrements. Aucun des matériaux nécessaires à la reconstruction (ciment, portes, vitres, fenêtres…) ne sont non plus autorisés, après les effroyables bombardements de décembre 2008-janvier 2009. Le thé, le café, la semoule, restent interdits (cf. enquête d’Amira Hass "Israel bans books, music and clothes from entering Gaza", Haaretz, 17 mai 2009).

 

56 Prix Nobel, dont 10 Nobel de la Paix, 202 membres du Parlement européen (2004-2009), et des personnalités, participent avec l’ONG Peace Lines à la campagne Ouvrez les Portes pour la levée définitive du siège de Gaza et une série de libérations selon des critères humanitaires et juridiques.

 

Nous demandons à tous les dirigeants politiques et aux membres du nouveau Parlement Européen de tout mettre en oeuvre pour ces libérations – dont celle du sergent Shalit et de l’ex-ministre de l’Éducation Al Shaer, réarrêté le 19 mars, dans des conditions contraires au Droit international. L’Europe et l’Union Pour la Méditerranée ne peuvent continuer à tolérer à leur porte de telles conditions de privations et de suffocation.

 

L’APPEL "OUVREZ LES PORTES !"

 

Israël doit mettre fin au blocus de Gaza, à toutes les tueries, et permettre à Gaza de s’ouvrir au monde, de façon à assurer la possibilité d’une économie viable.


Les Palestiniens doivent mettre fin à toute attaque de roquettes sur Israël et les Israéliens.


Les êtres humains ne sont pas une monnaie d’échange.

 

En conséquence :
Les Palestiniens doivent libérer le sergent Shalit qu’ils gardent prisonnier depuis presque trois ans.

 

Les Israéliens, qui détiennent plus de dix mille personnes dans leurs prisons, doivent libérer un nombre significatif de femmes détenues, de malades, ceux qui sont les plus âgés, au terme de longues condamnations, ainsi que les prisonniers en détention administrative, y compris tous les membres élus de la législature palestinienne.

 

56 Prix Nobel

 

Prix Nobel de la Paix : Mgr Carlos Belo, le Dalaï Lama, Shirin Ebadi, John Hume, Mairead Maguire, Adolfo Pérez Esquivel, Mgr Desmond Tutu, Cora Weiss (Représentante des Nations Unies, Le Bureau international de la paix), Betty Williams, Jody Williams.

 

Prix Nobel de Chimie : Peter Agre, Paul Berg, Thomas Cech, Elias Corey, Robert Curl, Johann Deisenhofer, Manfred Eigen, Richard Ernst, John Fenn, Herbert Hauptman, Alan Heeger, Dudley Herschbach, Roald Hoffmann, Robert Huber, Sir Harold Kroto, Yuan T. Lee, William Lipscomb, Jens Skou.

 

Prix Nobel de Médecine : Baruj Benacerraf, Günter Blobel, Arvid Carlsson, Christian de Duve, Martin Evans, Edmond Fischer, Roger Guillemin, Louis Ignarro, Erwin Neher, Marshall Nirenberg, Paul Nurse, Richard Roberts, E. Donnall Thomas, Torsten Wiesel.

 

Prix Nobel de Physique : Zhores Alferov, Albert Fert, Donald Glaser, John Hall, Brian Josephson, Tony Leggett, Jack Steinberger, Gerardus ’t Hooft, Daniel Tsui, Martinus Veltman.

 

Prix Nobel de Littérature : Dario Fo, Elfriede Jelinek, Wole Soyinka.

 

Prix Nobel d’Économie : James Mirrlees.

 

202 parlementaires européens

 

France : Kader Arif, Catherine Boursier, Françoise Castex, Madeleine Jouye de Grandmaison, Harlem Désir, Hélène Flautre, Nicole Fontaine (ex Présidente du Parlement européen), Jean-Paul Gauzès, Marie Anne Isler Béguin, Anne Laperrouze, Alain Lipietz, General Philippe Morillon, Elisabeth Morin, Gérard Onesta (Vice-Président du Parlement), Béatrice Patrie, Martine Roure, Tokia Saïfi, Margie Sudre, Bernadette Vergnaud, Francis Wurtz.

 

Allemagne : Alexander Alvaro, Angelika Beer, Hildrud Breyer, André Brie, Daniel Cohn-Bendit, Michael Cramer, Evelyne Gebhardt, Rebecca Harms, Milan Horáček, Gisela Kallenbach, Jo Leinen, Helmut Markov, Cem Özdemir, Tobias Pflüger, Horst Posdorf, Heide Rühle, Frithjof Schmidt, Feleknas Uca, Sahra Wagenknecht, Gabriele Zimmer.

 

Grande-Bretagne : Christopher Beazley, John Bowis, Sharon Bowles, Chris Davies, Bairbre de Brún, Andrew Duff, Jill Evans, Sajjad Karim, Jean Lambert, Caroline Lucas, Elizabeth Lynne, David Martin, Linda McAvan, Malcolm Harbour, Claude Moraes, Bill Newton Dunn, John Purvis, Alyn Smith, Diana Wallis (Vice-Présidente du Parlement)

 

Belgique : Ivo Belet, Frieda Brepoels, Philippe Busquin, Giovanna Corda, Jean-Luc Dehaene, Véronique de Keyser (Chef de mission d’observation de l’Union européenne pour les élections législatives de Palestine, Vice-Présidente du groupe de travail sur le Moyen-Orient), Gérard Deprez, Mia de Vits (Quaestor), Saïd El Khadraoui, Mathieu Grosch, Alain Hutchinson, Pierre Jonckheer, Annemie Neyts-Uyttebroeck, Bart Staes, Dirk Sterckx, Johan Van Hecke, Anne Van Lancker.

 

Espagne : Maria Badia i Cutchet, Barbara Dührkop Dührkop, Josep Borrell Fontelles, Juan Fraile Cantón, Vicente Miguel Garcés Ramón, Martí Grau i Segú, Ignasi Guardans Cambó, David Hammerstein, Mikel Irujo Amezaga, Miguel Angel Martínez Martínez (Vice-Président du Parlement), Emilio Menéndez del Valle, Willy Meyer Pleite, Raül Romeva i Rueda.

 

Irlande : Liam Aylward, Colm Burke, Brian Crowley, Proinsias de Rossa, Avril Doyle, Marian Harkin, Jim Higgins, Mary Lou McDonald, Mairead McGuinness, Gay Mitchell, Sean O Neachtain, Eoin Ryan, Kathy Sinnott.

 

Italie : Vittorio Agnoletto, Giuletto Chiesa, Fabio Ciani, Luigi Cocilovo (Vice-Président du Parlement), Monica Frassoni, Donata Gottardi, Umberto Guidoni (astronaute), Sepp Kusstatscher, Luisa Morgantini (Vice-Présidente du Parlement), Pasqualina Napoletano, Vittorio Prodi.

 

Suède : Jan Andersson, Göran Färm, Hélène Goudin, Anna Hedh, Jens Holm, Maria Robsahm, Carl Schlyter, Inger Segelström, Eva-Britt Svensson, Åsa Westlund, Anders Wijkman.

 

Hollande : Emine Bozkurt, Dorette Corbey, Jan Cremers, Elly de Groen, Lily Jacobs, Joost Lagendijk, Kartika Tamara Liotard, Jules Maaten, Erik Meijer, Jan Marinus Wiersma.

 

Lituanie  : Laima Liucija Andrikienė, Arūnas Degutis, Jolanta Dičkuté, Gintaras Didžiokas, Eugenijus Gentvilas, Vytautas Landsbergis, Eugenijus Maldeikis, Justas Vincas Paleckis, Aloyzas Sakalas.

 

République Tchèque : Richard Falbr, Věra Flasarová, Jaromir Kohliček, Jiri Mastalka, Miloslav Ransdorf, Vladimir Remek, Daniel Strož, Tomas Zatloukal, Jaroslav Zvěřina.

 

Portugal : Maria da Assunção Esteves, Edite Estrela, Armando França, Ana Maria Gomes, Ilda Figueiredo, Jamila Madeira, Miguel Portas.

 

Grèce : Costas Botopoulos, Giorgios Dimitrakopoulos, Dimitris Papadimoulis, Antonios Trakatellis, Nikolaos Vakalis, Ioannis Varvitsiotis.

 

Chypre : Adamos Adamou, Panayiotis Demetriou, Ioannis Kasoulides, Marios Matsakis, Yiannakis Matsis, Kyriacos Triantaphyllides (Président, Délégation pour Relations avec le Parlement Palestinien).

 

Pologne : Adam Gierek, Urszula Krupa, Wiesław Stefan Kuc, Leopold Rutowicz, Tadeusz Zwiefka.

 

Roumanie : Cristian Silviu Busoi, Gabriela Creţu, Magor Imre Csibi, Renate Weber.

 

Finlande : Satu Hassi, Piia-Noora Kauppi, Reino Paasilinna, Sirpa Pietikäinen.

 

Slovénie : Mihael Brejc, Mojca Drčar Murko, Jelko Kacin, Alojz Peterle

 

Danemark : Margrete Auken, Johannes Lebech, Soren Sondergaard.

 

Lettonie : Guntars Krasts (ex Premier Ministre de Lettonie), Tatjana Zdanoka.

 

Luxembourg : Erna Hennicot-Schoepges, Claude Turmes.

 

Autriche : Harald Ettl, Karin Resetarits.

 

Bulgarie : Mariela Velichkova Baeva.

 

Slovaquie : Árpád Duka-Zólyomi.

 

Hongrie : Magda Kósáné Kovács.

 

Estonie : Toomas Savi.

 

Malte : Louis Grech.

 

Auteurs de l’Appel :
Yasmina Khadra, Franca Rame, Noam Chomsky, Martin Gray (résistant survivant du ghetto de Varsovie), David Grossman, Amos Oz, Michel Rocard (ex-Premier ministre)


ALTERMONDE-SANS-FRONTIERES JUIN 2009

 

Répression sanglante au Pérou où sont les medias français ?

 

Depuis le 5 juin 2009 au soir une terrible répression sanglante s’abat sur les communautés amérindiennes de la région amazonienne du Pérou il y a plusieurs centaines de mort, des « disparitions » des pillages, des viols, des tortures commise par l’armée et la police péruvienne.

 

Le Cloaque médiatico-journalistique français répond absent quand on massacre au Pérou pour les grands trusts de l’industrie pétrolière.

 

Comme a l’époque des terribles répressions qui s’abattirent sur les villes de Atenco et Oaxaca au Mexique une fois de plus les médias français répondent aux abonnés absents, il y eus tout au plus quelques « flashs » d’une dizaine de seconde le 5 au soir en fin de « journaux télévisés » non pour les médias français et ses journaflics seule compte la farce électorale des « européennes » avec Poujadas, Pernault et Laurence Ferrari du 20 heure de Tf1 c’est circulez il n’y a rien a voir.

 

Des images atroces sont a voir ici :

 

http://catapa.be/en/north-peru-killings

 

On s’aperçoit que en France comme au Pérou et comme aux quatre coins de la planète la police n’est la planquée derrière ses armes de répression, ses matraques, ses tonfas, ses grenades « assourdissantes » ses tasers, ses boucliers, pour protéger la haine de classe des oligarques du capital.

Une répression comme celle qui arrive au Pérou ca n’arrivera jamais en France vont nous dire nos « démocrates » et « politiques » de la « gauche » française vous en êtes si sur… ???

 

Communiqué de Catapa une Ong belge présente sur place

 

volontaires de CATAPA, une ONG flamande qui travaille sur le thème des mines en Amérique Latine étaient présents durant les troubles survenus ces dernières heures à Bagua dans le nord du Pérou. CATAPA dénonce la violence, condamne la réaction du gouvernement péruvien e appuie la revendication légitime des peuples indigènes qui exige d’être partie prenante dans les décisions prises pour le développement de l’Amazonie péruvienne. Nos volontaires Marijke Deleu y Thomas Quirynen sont évacués de la région en ce moment.

 

Le conflit qui perdure à Bagua entre l’état péruvien et la population indigène de la région “Amazona” s’est soldé par des confrontations violentes le vendredi 5 juin lorsque les forces policières tentèrent par la force de déloger ceux qui bloquaient la route. Selon les différentes sources il y auraient entre 30 et 84 morts et une centaines de blessés. D’après ,les sources officielles de la police, les indigènes ont tirés les premiers sur les forces de sécurité qui ont ensuite répliqué. Plusieurs représentants des indigènes contredisent cette version des faits et disent être seulement armés de leurs lances traditionnelles. La majorité d’entre eux confirme que la police à ouvert le feu sur eux depuis des hélicoptères. Thomas et Marijke ont vu comment la police emmenait les corps des victimes. « ils ,tentent ainsi de diminuer le nombre officiel de morts » nous commente Marijke de Deleu.

 

Un conflit annoncé :

 

Le conflit trouve son origine dans l’accès accordé aux entreprises multinationales présentent dans cette région du nord du Pérou riche en pétrole, en gaz et minéraux. Durant presque 2 mois plus de 30.000 indigènes habitants les différentes provinces de l’Amazonie péruvienne et de hautes andines, menent une campagne de protestation dénonçant la manière avec laquelle l’état et les entreprises proposent d’investir dans l’exploitation des ressources naturelles. Les peuples indigènes et les organisations paysannes exigent d’être partie prenante dans les décisions sur le développement de leur pays et en particulier de leur région.

 

Depuis 2 mois les routes étaient bloquées par les groupes indigènes. Durant ces 2 dernières années(années du gouvernement de l’actuel président Alan Garcia), plusieurs décrets ont été publiés retirant les restrictions écologiques et sociales à l’extraction des ressources naturelles. Cela permet de simplifier l’inversion étrangère directe au Pérou en facilitant l’exploitation des mines, du pétrole et du gaz.

 

Le 9 mai passé, le gouvernement péruvien à déclaré les 7 provinces de la région en état d’alerte ce qui signifie « retirer temporairement les garanties constitutionnelles sur la liberté et la sécurité des personnes et l’immunité de la résidence ». Officiellement il s’agit d’assurer l’accès des routes et des aéroports et d’éviter que la production des entreprises soit affectée par les actions menées par les indigènes. L’état d’urgence est hélas aussi un moyen de justifier l’utilisation de la violence comme ce fut le cas vendredi passé.

 

Les négociations entre les représentants de l’état et ceux des communautés indigènes furent rompues le 15 mai. Les indigènes décidèrent alors de continuer leurs actions. Depuis lors la protestation populaire et les réponses du gouvernement se sont faites de plus en plus sévères.

 

La convention 169 de l’organisation internationale du travail impose la consultation des peuples indigènes.

 

La convention 169 de l’organisation internationale du travail oblige le gouvernement péruvien à consulter les peuples indigènes pour l’exploitation des ressources naturelles de leur territoire. Le gouvernement péruvien a ratifié cette convention en 1004. Une consultation de la population a eu lieu dans la région « Amazonas ». Elle conclus que la biodiversité et la vie des populations indigènes sont menacées. Mais dans le contexte actuel mondial de manque de ressources naturelles les gains potentiels sont énormes. Ni l’état péruvien ni les entreprises muiltinationales entre lesquelles la pétrolière française PERENCO et l’espagnole REPSOL, ne sont d’accord de perdre du temps dans ce conflit long à résoudre.

 

Le président Alan Garcia commentait dans l’une de ces déclarations gouvernementales que « dans la constitution, les ressources naturelles sont la propriété de tous les péruviens et que tous les péruviens doivent pouvoir profiter de ressources naturelles du pais » De leur côté, les organisations indigènes ne demandent pas la souveraineté unique sur l’Amazonie péruvienne sinon d’être partie prenante dans les décision concernant le développement de leur région. Alberto Pizango, leader ce la centrale AIDESEP des peuples indigènes de l’Amazonie déclare ; « Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous voulons que le développement se fasse suivant notre vision ».

 

CATAPA peut vous mettre en contact avec Marijke deleu et Thomas Quirynen

 

http://www.catapa.be

 

 

 

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Répression du gouvernement péruvien contre les mouvements indigènes

 


repression-awajun

 

Des dizaines de morts, une centaine de blessés et un  nombre indéterminé de disparus est le bilan de l'opération militaire visant à expulser le peuple indien Awajun Wampis des positions qu'il occupait à Bagua, dans la zone de Corral Quemao et de Curva del Diablo (Pérou, Département de l'Amazonie). Parmi les victimes du massacre se trouve Santiago Manuin Valera, Président du Comité de lutte de la province de Condorcanqui, qui a été grièvement blessé par huit balles, à l'issue d'une intervention policière qui a fait usage de « balles de guerre », comme l'ont dénoncé la propre population et les autorités de Bagua.

 

Les communautés natives de l'Amazonie péruvienne, rassemblées dans l'association AIDESEP (Association interethnique pour le Développement de la Forêt Péruvienne) sont en grève générale depuis le 9 avril 2009, en réponse aux décrets législatifs 994, 997, 1020, 1060, 1064, 1081, 1089, 1083 et 1090, émis par le gouvernement du président Alan Garcia, dans le cadre des traités de libre échange avec les États-Unis et la Chine, et en vue du futur accord bilatéral d'association avec l'Europe.

 

Au moyen de ces décrets législatifs, établis par le gouvernement en se servant de manière abusive et inconstitutionelle des facultés qui lui furent accordées pour instaurer le Traite de Libre Echange (TLC) avec les Etats-Unis, l'État péruvien prétend donner entière liberté aux grandes multinationales pour œuvrer dans les réserves communautaires et les aires protégées. Il ignore le fait que les droits défendus par les peuples indiens sont des droits reconnus par des Pactes internationaux et des Conventions à caractère contraignant et exigible que le Pérou a ratifiés et s'est engagé à honorer, et qui engagent sa responsabilité devant la communauté internationale.

 

Ces décrets législatifs mettent en péril les droits des communautés natives, ainsi que la biodiversité de l'Amazonie, qui représente plus de 60% de la superficie du Pérou. Le gouvernement péruvien a divisé le 70% de cette superficie en trois lots, qu'il a attribué à des entreprises multinationales pour la prospection ou l'exploitation des énergies fossiles ou des minerais, dont les effets sur l'environnement et la santé des populations seront néfastes. Ces lots se trouvent en grande partie dans des zones classées comme réserves naturelles, ou dans des territoires habités par les peuples originaires. Par ailleurs, ces décrets vont permettre la mise en vente des terres de l'Amazonie aux multinationales de l'agrocarburant, de l'eau, de la cellulose et des cultures transgéniques, et elles ouvrent les portes à la biopiraterie. Il y a actuellement 4 millions d'hectares de forêt qui sont en vente.

 

Les mesures législatives établies par le gouvernement, et que le Parlement refuse jusqu'à ce jour de revoir et d'abroger, portent atteinte à la valeur et la dignité des peuples indigènes du Pérou. Elles nient leur droit à pratiquer leur identité (comprise au sens de l'usage de leur langue, leur culture et leurs croyances religieuses), ainsi que leurs propres modèles de développement, de croissance et de changement.

 

Nous condamnons ces faits et demandons au gouvernement péruvien de :


1. Mettre fin aux agressions pratiquées de manière systématique depuis plusieurs semaines à l'encontre de l'AIDESEP et ses dirigeants, et d'ouvrir un espace pour un dialogue authentique et respectueux.

2. Abroger immédiatement l'ensemble des neuf décrets législatifs qui portent atteinte à la vie des communautés originaires, à la biodiversité de l'Amazonie péruvienne, et au climat de la planète.

3. Respecter les droits des peuples indigènes, conformément aux engagements qui découlent de la signature par le Pérou de la Convention 169 de l'OIT, relatif aux droits des peuples autochtones, ainsi que de la Convention sur la Biodiversité biologique.

4. Garantir le plein respect des droits des communautés à leurs terres traditionnelles, à leurs territoires et à leurs ressources, ainsi que leur droit de produire un accord libre et éclairé à propos de l'utilisation de ces ressources.

5. Mettre un terme à l'état d'urgence ainsi qu'à la repression contre le mouvement d'opposition à ces décrets-lois, et annuler les poursuites pénales contre les dirigeants et membres de l'AIDESEP: Alberto Pizango Chota (président), Saúl Puerta Peña, Marcial Mudarra Taki, Servando Puerta Peña, Daniel Marsano Campos et Teresita Antaza López.

 

6. Mettre en place une commission d'enquête internationale afin de mener une enquête exhaustive visant à mettre en lumière les faits, qui ne doivent pas rester dans l'impunité : les responsables de ce massacre doivent être sanctionnés.

 

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

RAPPORT MIVILUDES 2008
Rapport Miviludes 2008 publication 19 mai 2009 1,7 Mo
Miviludes_Rapport_2008.pdf
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Plaquette MIVILUDES
Présentation de la MIVILUDES >> Face aux dérives sectaires : comment réagir ? qui contacter ?
Plaquette_MIVILUDES.pdf
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La justice face aux dérives sectaires
Réflexion et évaluation des dispositifs judiciaires
de lutte contre les dérives sectaires.
La_justice_face_aux_derives_sectaires.pd
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Le satanisme : un risque de dérive sectaire
Profanations de cimetières ou de lieux de culte, automutilations et suicides d’adolescents, prolifération de sites internet dédiés...
guide_satanisme_derive_sectaire.pdf
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TRIBUNAL DE PARIS

"Les conditions des détenus sont dignes du Moyen-âge"

 

par Natacha Rateau, vice-présidente du Syndicat de la magistrature

 

 

Le ministère de la Justice débloque en urgence un million d'euros pour rénover le dépôt du Tribunal de Grande Instance de Paris. Y a-t-il d'autres lieux qu'il serait bon de réhabiliter en priorité ?

- Pour l'heure, ce n'est qu'une annonce. Aucune confirmation ne figure sur le site du ministère de la Justice. Le Syndicat de la magistrature a appris l'initiative en lisant une dépêche AFP.
Nous nous demandons où le gouvernement va trouver l'argent. Apparemment, l'action va être financée à partir du plan de relance. Le gouvernement va peut-être trouver un million d'euros sous le lit de Monsieur Devedjian.
Depuis le mois d'octobre, le Syndicat de la magistrature réclame ces améliorations dans toutes les juridictions avec rapports à l'appui. Nous dénonçons les conditions indignes et inacceptables de détention. Les personnes sont enfermées durant vingt heures durant lesquelles elles ne peuvent pas se laver, manger, dormir. Sans parler de l'humiliation des fouilles à corps effectuée devant des tiers. La pression est maximale avant d'être finalement présenté à un magistrat.
Le problème est typiquement parisien. Il y a trois semaines, dans le dépôt du tribunal de Créteil, un homme en attente de jugement s'est fait mordre par un rat. Les conditions de détention y sont insalubres et dignes du Moyen-Âge.

La somme a été débloquée après la visite d'un juge au dépôt. Faut-il que les juges viennent les inspecter davantage ?

- Bien sûr, les juges doivent y venir davantage. Comment peut-on instruire une affaire dans de tels endroits, de telles conditions dégradantes pour les prévenus ?
Les officiers de police demandent également de l'aide auprès des pouvoirs publics qui font la sourde oreille. C'est de l'abus de pouvoir.
Les policiers nous disent qu'ils achètent des sandwichs aux détenus sur leurs propres deniers afin que les gens puissent manger.
Le Syndicat de la magistrature dénonce la non-action de l'Etat, pas les policiers. En tout cas, pas cette fois.
Il est capital que les personnes puissent être jugées plus rapidement.

Pourquoi rénover maintenant et de manière si urgente alors que l'insalubrité du TGI est dénoncée par les avocats depuis des mois ? Est-ce un coup politique avant le départ de Rachida Dati ?

- C'est l'annulation des comparutions immédiates qui a créé la panique.
Ce n'est pas un coup politique car Rachida Dati est partie depuis longtemps. Aujourd'hui, elle est déjà ailleurs.
La dénonciation des conditions de détention au dépôt du Tribunal de Grande Instance de Paris auprès des médias a engagé un rapport de forces entre nous et le pouvoir politique. Il est capital de rendre cette indignité publique pour agir.

Des comparutions immédiates ont été annulées à cause de l'insalubrité et le Parquet a fait appel. Cela se justifie-t-il ?

- L'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme stipule que l'on ne peut juger une personne que dans des conditions dignes. Et que nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. L'annulation des comparutions immédiates n'est pas aberrante. Cette mesure n'est pas révolutionnaire. Elle ne fait qu'appliquer un texte européen.
Quant à la décision du Parquet de faire appel, il s'agit là d'un acte de lâcheté ou alors le Parquet a reçu des instructions.
Quand l'on sait comment les magistrats du Parquet sont désignés on s'étonne moins de cette réaction. Qu'ils viennent constater par eux-mêmes l'insalubrité du dépôt !

La France continue d'être dénoncée par la Cour européenne des droits de l'Homme à cause des conditions de détention dans ses prisons. Faut-il augmenter le budget ? Y a-t-il trop d'incarcérations ?

- Les dépôts comme les prisons, aucun gouvernement de droite comme de gauche n'y a jamais réellement investi. Ce n'est que le constat des diverses politiques successives. Quand on veut rénover, on rénove.
C'est un problème politique, à savoir, comment doit-on traiter les gens qui sont sous la responsabilité d'un gouvernement ? Cette question est significative de la façon dont on considère la personne interpellée. Les détenus semblent avoir une valeur moindre. Pourquoi mettre de l'argent dans des bâtiments pour ces gens-là ? Toute la question est là.
Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, les comparutions immédiates ont augmenté. En mars 2008, nous avons constaté que 29 personnes avaient été détenues dans une seule et même cellule en attendant leur comparution.
Les conditions sont déjà indignes pour une, deux personnes. Mais lorsqu'on multiplie le nombre de détenus, cela devient franchement insoutenable.
La politique d'incarcération systématique n'arrange rien.
Le Syndicat de la magistrature réclame un numérus clausus concernant l'emprisonnement afin que les peines puissent être effectuées dans des conditions dignes et humaines.

Interview de Natacha Rateau par Valérie Auribault
(le vendredi 29 mai 2009)

NOUVEL OBS

 

Il y a vingt ans :

le massacre de la place Tian’anmen

 

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, l’armée chinoise entrait dans Pékin pour écraser une vaste mobilisation démocratique.

 

Un homme debout devant une colonne de chars comme immobilisée par sa détermination. La solitude d’un citoyen face à un Etat et son armée. L’instantané, saisi par Stuart Franklin (Magnum Photos), a fait le tour du monde au point de devenir le symbole international du Mouvement du 4 juin et de sa répression sanglante. [1] Voilà vingt ans. L’impact durable de cette image souligne l’ampleur du choc provoqué dans le monde par les événements du printemps 1989. Mais une épure photographique ne peut rendre compte seule d’un moment historique complexes où se sont nouées mobilisations de rue et luttes d’appareil ; où étudiants et ouvriers se sont retrouvés côte à côte sans vraiment se rejoindre ; où l’avenir s’est joué au sein du parti dirigeant derrière un théâtre d’ombres.

 

A sa mort, le 15 avril 1989, Hu Yaobang – ancien secrétaire général du PCC réputé réformateur et mis à l’écart deux ans plus tôt par l’aile « conservatrice » du bureau politique – est salué sur les campus de Pékin comme un héro du combat contre l’autoritarisme et la corruption. Six jours plus tard, par dizaines de milliers les étudiants de la capitale entrent en grève contre de difficiles conditions de vie, pour la démocratie et la réhabilitation de Hu. Le 22 avril, à l’occasion de ses funérailles, quelque soixante-dix milles étudiants et trente milles travailleurs se retrouvent place Tian’anmen et reçoivent le soutien de nombreux éditorialistes dans la presse.

 

Le 26 avril, dans un éditorial du Quotidien du Peuple, Deng Xiaoping, principal dirigeant du Parti, dénonce les manifestants étudiants comme de la « chienlit » – le terme même (par-delà les aléas de la traduction) employé par le général De Gaulle en mai 68 contre les occupants du Quartier Latin. Comme en France, l’insulte ne fait que donner plus de vigueur encore à la mobilisation. Le mouvement s’étend : Shanghai, Wuhan, Canton, Xi’an, Chengdu... Des associations étudiantes indépendantes se forment, adoptant des modes de fonctionnement démocratiques. La Fédération autonome des travailleurs de Pékin voit le jour, avec environ vingt milles membres. Des commerçants et petits entrepreneurs s’engagent. Le 4 mai, ils sont cent mille a commencer l’occupation de la place Tian’anmen où un forum permanent attire les foules. Le 13 mai, deux ou trois milles étudiants entrent en grève de la faim. Des ouvriers arrivent en camions de leurs entreprises inquiets de l’inflation et du risque de chômage (mais ils se mêlent peu aux étudiants). Un à deux millions de Pékinois apportent leur soutien aux grévistes de la faim. Les étudiants saluent en Gorbatchev, le dirigeant russe en visite officielle, l’homme d’une libéralisation du communisme – un véritable camouflet pour Deng Xiaoping.

La direction du Parti est divisée. Zhao Ziyang, secrétaire général, affiche sa compréhension à l’égard des manifestants. Le 19 mai, il fait savoir aux grévistes de la faim qu’il a été battu et s’en excuse : « nous sommes venus trop tard et en sommes navrés. Nous méritons vos critiques. » (ses Mémoires posthumes viennent d’être publiée : Prisonnier de l’Etat). La loi martiale est déclarée dans les arrondissements centraux de Pékin mais les 20 et 21 mai, la foule empêche l’entrée en ville d’une armée qui tente encore de garder le beau rôle.

 

Privé de perspectives politiques par la défaite de Zhao Ziyang, le mouvement se poursuit mais se divise aussi... Puis le reflux s’amorce. Le pouvoir l’emporte mais décide néanmoins de faire un exemple : le massacre délibéré d’un rassemblement pacifique. Les soldats stationnés dans la capitale étant sous l’influence du mouvement, des troupes sont appelées des provinces périphériques. L’armée intervient. Elle tire à balles réelles sur les résidants et manifestants. Les chars détruisent les barricades et écrasent les tentes des derniers occupants de la place Tian’anmen (la plupart ont quitté les lieux). Environ deux mille cinq cent civils auraient été tués, ainsi que quelques dizaines de militaires. Une vaste campagne médiatique est orchestrée pour diaboliser le mouvement. Les arrestations se multiplient.

 

Zhao Zhiyang est destitué et sera de fait maintenu en résidence surveillée jusqu’à sa mort en 2005. Il est remplacé par Jiang Zemin, alors maire de Shanghai. Deng Xiaoping triomphe. Mais la défaite du réformateur Zhao et la victoire apparente des « conservateurs » n’empêche pas la poursuite des réformes capitalistes. Simplement, elles s’opèrent « sous contrôle », dans un cadre autoritaire.

 

Le Mouvement du 4 Juin 1989 se réclamait du Mouvement du 4 Mai 1919 et de sa critique des incuries de l’Etat par la nouvelle intelligentsia radicale. Il prolonge d’autres mouvements de contestations démocratiques – aux débuts de la Révolution culturelle en 1966 ou une décennie plus tard en 1978. Il annonce aussi des résistances civiques et sociales à venir. Mais sa répression a provoqué une véritable rupture de continuité militante et son souvenir même est oblitéré par la chape de plomb étatique.

 

Notes

[1] Elle a été prise le lendemain du massacre, le 5 juin 1989.

 

NPA

 

 

Un pasteur américain tasé et battu par la police

 



Arguant du 4e amendement, protégeant les citoyens contre les perquisitions abusives, le pasteur Steve Anderson a refusé de se soumettre à une fouille approfondie de son véhicule. Il a mis en ligne la vidéo de son "contrôle".

 


La police de l'Etat d'Arizona a annoncé l'ouverture d'une enquête interne après la diffusion sur internet d'une vidéo sur laquelle on peut voir un pasteur "tasé" puis battu par des policiers lors d'un contrôle de routine.
L'incident s'est produit le 14 avril dernier, à un poste de contrôle frontalier près de la ville de Yuma, à 60 kilomètres de la frontière avec le Mexique. Le pasteur Steve Anderson affirme avoir été arrêté, au départ, pour un simple contrôle de routine. Mais un chien se serait mis à renifler son véhicule et les policiers lui auraient alors demandé de sortir de son véhicule afin d'effectuer une fouille approfondie.

Le 4e amendement


Arguant du 4e amendement de la Constitution américaine, protégeant les citoyens contre les perquisitions arbitraires ou insuffisamment motivées, le pasteur refuse alors de sortir de son véhicule et allume son caméscope.
Un des policiers se place alors du côté passager, brise la vitre, et tire avec un taser par l'ouverture. Steve Anderson affirme avoir été par la suite battu et tasé à plusieurs reprises alors qu'il n'opposait aucune résistance. Hospitalisé, en raison de nombreuses coupures au visage, le pasteur s'en est tiré avec 11 points de suture.
Afin de dénoncer l'attitude des policiers, il a réalisé un montage, avec les images qu'il a lui-même tournées et celles des caméras de vidéo surveillance du poste de contrôle, et a mis la vidéo sur You Yube. La police de l'Etat d'Arizona a refusé de commenté l'incident en précisant qu'une enquête interne était en cours.

 

Emirats arabes unis :

un cheikh accusé de torture

 

NOUVELOBS.COM | 23.04.2009 | 16:58

Une vidéo circulant sur internet montre le frère du prince héritier torturant un homme.

 


La chaîne américaine ABC a diffusé, mercredi 22 avril, une vidéo amateur, non datée, montrant un membre de la famille royale des Emirats Arabes Unis torturant un homme à terre.
Dans cette vidéo, le Cheikh Issa Ben Zayed Al Nahyan, frère du prince héritier, le Cheikh Mohammed, pratique plusieurs sévices sur un homme maintenu au sol par un agent de la police. On peut voir le cheikh faire ingérer du sable à la victime, la fouetter ou la frapper avec une planche recouverte de clous avant d'appliquer du sel sur les plaies. Dans une version plus longue de la vidéo, on peut voir une voiture rouler sur ses jambes.

Un Afghan


Selon Bassam Nabulsi, un partenaire financier de la famille royale de longue date interrogé par ABC, la victime serait un vendeur de grain afghan accusé d'avoir trompé le cheik sur le compte d'une livraison. Bassam Nabulsi avait secrètement fait sortir du pays plusieurs cassettes de ce type et envoyé cette vidéo à l'ambassade des Emirats à Washington.
Cela fait plusieurs semaines que des militants tentent de faire circuler cette vidéo sur internet. Régulièrement postée sur You Tube, elle a été systématiquement effacée. Un site consacré à l'affaire a également été mis en ligne.

 

CAMBODGE •  Mais où sont les complices des Khmers rouges ?

 

 

Au moment où le premier procès d'un ancien responsable khmer rouge s'ouvre, un spécialiste de la question s'interroge sur l'absence de certains dirigeants occidentaux, qui ont pourtant soutenu le régime de Pol Pot.

 

Dans l'hôtel où je logeais, à Phnom Penh, les femmes et les enfants étaient assis d'un côté de la salle et les hommes de l'autre, respectant l'étiquette. Ce soir-là, la fête battait son plein et l'ambiance était bon enfant. Mais, soudain, les gens se sont dirigés vers les fenêtres, en pleurs. Le DJ venait de lancer une chanson de Sin Sisamouth, un chanteur adulé qui avait été forcé, sous le régime de Pol Pot, de creuser sa propre tombe et de chanter l'hymne khmer rouge avant d'être battu à mort [la rumeur dit que ses tortionnaires lui auraient arraché la langue]. J'ai été témoin de nombreuses "piqûres de rappel" de la sorte. Un jour, dans le village de Neak Leung [sur le Mékong, au sud-est de la capitale], j'ai traversé un champ de cratères de bombes au côté d'un homme éperdu de douleur. Toute sa famille, treize personnes au total, avait été pulvérisée par les bombes d'un B-52 américain. C'était en 1973, deux ans avant l'accession de Pol Pot au pouvoir. Selon les estimations, plus de 600 000 Cambodgiens ont péri de cette façon.

Le problème, avec le procès – soutenu par l'ONU – contre les anciens chefs khmers rouges qui s'est ouvert à Phnom Penh, c'est que seuls les assassins de Sin Sisamouth y seront jugés, et pas ceux de la famille de l'homme de Neak Leung, ni leurs complices. L'holocauste cambodgien comporte trois phases. Le génocide commis par Pol Pot est l'une d'elles, mais c'est la seule à avoir une place dans la mémoire officielle. Pol Pot n'aurait sans doute jamais réussi à prendre le pouvoir si le président Richard Nixon et son conseiller à la sécurité nationale, Henry Kissinger, n'avaient déclenché une offensive au Cambodge, alors un pays neutre. En 1973, les B52 ont largué davantage de bombes sur le centre du Cambodge [où passait une partie de la piste Hô Chi Minh utilisée par le Vietcong pour ravitailler ses troupes dans le Sud-Vietnam] que sur le Japon pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Certains dossiers prouvent que la CIA mesurait parfaitement les conséquences politiques de ces bombardements. "Les dégâts causés par les raids des B52 sont au centre de la propagande [des Khmers rouges]", signalait le chef des opérations le 2 mai 1973. "Cette stratégie a permis de recruter un grand nombre de jeunes gens [et] a été efficace auprès des réfugiés [obligés de fuir les campagnes]." Avant les bombardements, les Khmers rouges n'étaient qu'un groupuscule maoïste privé de base populaire. Les bombes ont agi comme un catalyseur. Ce que Nixon et Kissinger avaient commencé, Pol Pot l'a terminé. Kissinger ne prendra pas place sur le banc des accusés à Phnom Penh, car il est occupé à conseiller le président Obama en stratégie géopolitique.

Margaret Thatcher ne sera pas là non plus, ni ses ministres et hauts fonctionnaires aujourd'hui à la retraite qui, en soutenant secrètement les Khmers rouges après avoir été chassés par les Vietnamiens, ont pris directement part à la troisième phase de l'holocauste cambodgien. En 1979, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont imposé un embargo dévastateur à un Cambodge moribond parce que son libérateur, le Vietnam, n'était pas dans le bon camp pendant la guerre froide. Peu de campagnes orchestrées par le ministère des Affaires étrangères britannique ont atteint ce degré de cynisme ou de violence. Les Britanniques exigèrent que feu le régime du Kampuchea démocratique conserve le "droit" de représenter ses victimes aux Nations unies. Ils joignirent par la suite leur vote à celui des représentants de Pol Pot lors des réunions des agences onusiennes, dont l'Organisation mondiale de la santé, l'empêchant ainsi d'intervenir au Cambodge. Pour déguiser ce crime, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Chine, principal allié de Pol Pot, inventèrent une coalition "non communiste" en exil qui, en réalité, était dominée par les Khmers rouges. En Thaïlande, la CIA et la Defence Intelligence Agency entretenaient des liens étroits avec le mouvement khmer rouge. En 1983, le gouvernement Thatcher envoya les SAS, ses forces spéciales, former la "coalition" aux technologies des mines terrestres, dans un pays plus infesté par ces "tueurs aveugles" que n'importe quel autre à l'exception de l'Afghanistan. "Je confirme", écrivit néanmoins Margaret Thatcher au leader de l'opposition, Neil Kinnock, "que le gouvernement britannique n'est impliqué en aucune façon dans l'entraînement, l'équipement ou une coopération quelconque avec les forces khmères rouges ou leurs alliés." Un mensonge éhonté. En 1991, le gouvernement Major a été forcé de reconnaître devant le Parlement que les SAS avaient secrètement entraîné la "coalition".

 

A moins que la justice internationale ne soit une comédie, ceux qui se sont rangés du côté des criminels devraient être appelés à comparaître devant le tribunal de Phnom Penh. Leurs noms devraient pour le moins être inscrits sur une liste de la honte et du déshonneur.

 

John Pilger

Phnom Penh Post

24.02.2009


Courrier international

 

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Le texte intégral du manifeste des dissidents chinois, la Charte 08

 

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Chine : la liste des premiers signataires de la Charte 08

 

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张思之(北京,律师)Zhang Sizhi (Pékin,avocat)

茅于轼(北京,经济学家)Mao Yushi (Pékin, Economiste)

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流沙河(四川,诗人)Liu Shahe Sichuan,poète)

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高瑜(北京,记者)Gao Yu (Pékin, Journaliste)

戴晴(北京,作家)Dai Qing (Pékin,Ecrivain)

江棋生(北京,学者)Jiang Qisheng (Pékin,Universitaire)

艾晓明(广东,教授)Ai Xiaoming (Canton, Professeure)

刘军宁(北京,政治学家)Liu Junning (Pékin, Politologue)

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贺卫方(北京,法学家)He Weifang (Pékin, Juriste)

莫少平(北京,律师)Mo Shaoping (Pékin,avocat)

陈子明(北京,学者)Chen Ziming (Pékin,Universitaire)

张博树(北京,政治学家)Zhang Boshu (Pékin, Politologue)

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廖双元(贵州,人权捍卫者)Liao Shuangyuan (Guizhou, Militant des droits de l'homme)

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陈焕辉(福建,人权捍卫者)Chen Huanhui (Fujian, Militant des droits de l'homme)

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金光鸿(北京,律师)Jin GuangHong (Pékin,avocat)

高超群(北京,编辑)Gao Chaoqun (Pékin, Editor)

柏风(吉林,诗人)Bai Feng (Jilin, Poete)

郑旭光(北京,学者)Zheng Xuguang (Pékin,Universitaire)

曾金燕(北京维权人士)Zeng Jinyan (Pékin, Militant des droits de l'homme)

吴玉琴(贵州,人权捍卫者)Wu Yuqin (Guizhou, Militant des droits de l'homme)

杜义龙(陕西,作家)Du Yilong (Shan‘xi, Writer)

李海(北京,人权捍卫者)Li Hai (Pékin, Militant des droits de l'homme)

张辉(山西,民主人士)Zhang Hui (Shanxi, Democratic Activist)

江山(广东,业主维权者)Jiangshan (Guangdong, Militant des droits de l'homme)

徐国庆(贵州,民主人士)Xu Guoqing (Guizhou, Democratic Activist)

吴郁(贵州,民主人士)Wu Yu (Guizhou, Democratic Activist)

张明珍(贵州,民主人士)Zhang Mingzhen (Guizhou, Democratic Activist)

曾宁(贵州,民主人士)Zeng Ning (Guizhou, Democratic Activist)

全林志(贵州,民主人士)Quan Linzhi (Guizhou, Democratic Activist)

叶航(浙江,教授)Ye Hang (Zhejiang, Professor)

马云龙(河南,资深媒体人)Ma Yunlong(Henan,Universitaire)

朱健国(广东,自由撰稿人)Zhu Jianguo (Guangdong, Writer)

李铁(广东,社会活动人士)Li Tie (Guangdong, Democratic Activist)

莫建刚(贵州,自由撰稿人)Mo Jiangang (Guizhou, Freelance writer)

张耀杰(北京,学者)Zhang Yaojie (Pékin,Universitaire)

吴报建(浙江,律师)Wu Baojian (Zhejiang, avocat)

杨光(广西,学者)Yang Guang (Guangxi,Universitaire)

俞梅荪(北京,法律人)Yu Meisun (Pékin,Legal worker)

行健(北京,法律人)Xing Jian (Pékin, Legal Worker)

王光泽(北京,社会活动家)Wang Guangze (Pékin, Social Activist)

陈绍华(广东,设计师)Chen Shaohua (Guangdong, Designer)

刘逸明(湖北,自由撰稿人)Liu Yiming (Hubei, Freelance Writer)

吴祚来(北京,研究员)Wu Zuolai (Pékin, Researcher)

高兟(山东,艺术家)Gao Zhen (Shandong, Artiste)

高强(山东,艺术家)Gao Qiang (Shandong, Artiste)

唐荆陵(广东,律师)Tang Jingling (Guangdong,avocat)

黎小龙(广西,维权人士)Li Xiaolong (Guangxi, Militant des droits de l'homme)

荆楚(广西,自由撰稿人)Jing Chu (Guangxi, Freelance Writer)

李彪(安徽,商人)Li Biao (Anhui, Businessman)

郭艳(广东,律师)Guo Yan (Guangdong,avocat)

杨世元(浙江,退休人员)Yang Shiyuan(Zhejiang, Rightist)

杨宽兴(山东,作家)Yang Kuanxing(Shandong, Writer)

李金芳(河北,民主人士)Li Jinfang(Hebei, Democratic Activist)

王玉文(贵州,诗人)Wang Yuwen(Guizhou, Poet)

杨中义(安徽,工人)Yang Zhongyi(Anhui, Worker)

武辛源(河北农民)Wu Xinyuan (Hebei, Farmer)

杜和平(贵州,民主人士)Du Heping(Guizhou, Democratic Activist)

冯玲(湖北,宪政义工)Feng Ling(Hubei, Democratic Activist)

张先忠(湖北,企业家)Zhang Xianzhong(Hubei, Entrepreneur)

蔡敬忠(广东农民) Cai Jingzhong(Guangdong,Agriculteur)

王典斌(湖北,企业主)Wang Dianbin(Hubei, Entrepreneur)

蔡金才(广东农民) Cai Jincai(Guangdong,Agriculteur)

高爱国(湖北,企业主)Gao Aiguo(Hubei, Entrepreneur)

陈湛尧(广东农民)Chen Zhanyao(Guangdong, Agriculteur)

何文凯(湖北,企业主)He Wenkai(Hubei, Entrepreneur)

吴党英(上海,维权人士)Wu Dangying(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

曾庆彬(广东工人)Zeng Qingbin(Guangdong,Ouvrier)

毛海秀(上海,维权人士)Mao Haixiu(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

庄道鹤(杭州,律师)Zhuang Daohe(Hangzhou,avocat)

黎雄兵(北京,律师)Li Xiongbing (Pékin,avocat)

李任科(贵州,民主人士)Li Renke(Guizhou, Democratic Activist)

左力(河北律师)Zuo Li (Hebei,avocat)

董德筑(贵州,民主人士)Dong Dez(Guizhou, Democratic Activist)

陶玉平(贵州,民主人士)Tao Yuping(Guizhou, Democratic Activist)

王俊秀(北京,IT从业者)Wang Junxiu(Pékin, IT Professional)

黄晓敏(四川,维权人士)Huang Xiaomin(Sichuan, Militant des droits de l'homme)

郑恩宠(上海,法律人)Zheng Enchong(Shanghai,avocat)

张君令(上海,维权人士)Zhang Junling(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

杨海(陕西,学者)Yang Hai( Shan‘xi,Universitaire)

艾福荣(上海,维权人士)Ai Furong(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

杨华仁(湖北,法律工作者)Yang Huaren(Hubei,Legal Worker)

魏勤(上海,维权人士)Wei Qin(Shanghai,Militant des droits de l'homme)

苏祖祥(湖北,教师)Su Zuxiang(Hubei,Enseignant)

沈玉莲(上海,维权人士)Shen Yulian(Shanghai,Militant des droits de l'homme)

关洪山(湖北,人权捍卫者)Guan Hongshan(Hubei,Militant des droits de l'homme)

宋先科(广东,商人)Song Xianke(Guangdong, Businessman)

汪国强(湖北,人权捍卫者)Wang Guoqiang(Hubei, Militant des droits de l'homme)

陈恩娟(上海,维权人士)Chen Enjuan(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

李勇(北京,媒体人)Li Yong(Beijing, Media worker)

常雄发(上海,维权人士)Chang Xiongfa(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

王京龙(北京,管理学者)Wang Jinglong(Pékin,Universitaire)

许正清(上海,维权人士)Xu Zhengqing(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

高军生(陕西,编辑)、Gao Junsheng(Shan‘xi, Editor)

郑蓓蓓(上海,维权人士)Zheng Beibei(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

王定华(湖北,律师)Wang Dinghua(Hubei, Lawyer)

谈兰英(上海,维权人士)Tan Lanying(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

范燕琼(福建,人权捍卫者)Fan Yanqiong(Fujian, Militant des droits de l'homme)

林辉(浙江,诗人)Lin Hui(Zhejiang, Poet)

吴华英(福建,人权捍卫者)Wu Huaying(Fujian, Militant des droits de l'homme)

薛振标(浙江,民主人士)Xue Zhenbiao(Zhejiang, Democratic Activist)

董国菁(上海,人权捍卫者)Dong Guoqing(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

陈玉峰(湖北,法律工作者)Chen Yufeng(Hubei, Legal Worker)

段若飞(上海,人权捍卫者)Duan Ruofei(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

王中陵(陕西,教师)Wang Zhongling(Shan‘xi, Teacher)

董春华(上海,人权捍卫者)Dong Chunhua(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

陈修琴(上海,人权捍卫者)Chen Xiuqin(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

刘正有(四川,人权捍卫者)Liu Zhengyou(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

马萧(北京,作家)Ma Xiao(Pékin, Writer)

万延海(北京,公共卫生专家)Wan Yanhai(Pékin, Public Health Expert)

沈佩兰(上海,维权人士)Shen Peilan(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

叶孝刚(浙江,大学退休教师)Ye Xiaogang(Zhejiang, retired Lecturer)

张劲松(安徽,工人)Zhang Jingsong(Anhui, Ouvrier)

章锦发(浙江,退休人员)Zhang Jinfa(Zhejiang, Droitier)

王丽卿(上海,维权人士)Wang liqing(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

赵常青(陕西,作家)Zhao Changqing( Shan‘xi,Ecrivain)

金月花(上海,维权人士)Jin Yuehua(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

余樟法(广西,作家)Yu Zhangfa(Guangxi, Writer)

陈启勇(上海,维权人士)Chen Qiyong(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

刘贤斌(四川,民主人士)Liu Xianbin(Sichuan, Democratic Activist)

欧阳懿(四川,人权捍卫者)Ouyang Yi (Sichuan, Militant des droits de l'homme)

邓焕武(重庆,商人)Deng Huanwu(Chongqing, Businessman)

贺伟华(湖南,民主人士)He Weihua(Hunan, Democratic Activist)

李东卓(湖南,IT从业者)Li Dongzhuo(Hunan, IT professional)

田永德(内蒙,人权捍卫者)Tian Yongde(Inner Mongolia, Militant des droits de l'homme)

智效民(山西,学者)Zhi Xiaomin(Shanxi,Universitaire)

李昌玉(山东,教师)Li Changyu(Shandong,Enseignant)

郭卫东(浙江,职员)Guo Weidong(Zhejiang, Clerk)

陈卫(四川,民主人士)Chen Wei(Sichuan, Democratic Activist)

王金安(湖北,企业主)Wang Jin‘an(Hubei, Entrepreneur)

察文君(上海,维权人士)Cha Wenjun(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

侯述明(湖北,企业主)Hou Shuming(Hubei, Entrepreneur)

刘汉南(湖北,人权捍卫者)Liu Hannan(Hubei, Militant des droits de l'homme)

史若平(山东,教授)Shi Ruoping(Shandong, Professeur)

张忍祥(湖北,人权捍卫者)Zhang renxiang(Hubei, Militant des droits de l'homme)

野渡(广东,编辑)Ye Du(Guangdong, Editor)

夏刚(湖北,人权捍卫者)Xia Gang(Hubei, Militant des droits de l'homme)

赵国良(湖南,民主人士)Zhao Guoliang(Hunan,Democratic Activist)

李智英(北京,学者)Li Zhiying(Pékin,Universitaire)

张重发(贵州,民主人士)Zhang Chongfa(Guizhou, Democratic Activist)

陈永苗(北京,学者)Chen Yongmiao(Pékin,Universitaire)

江婴(天津,诗人)Jiang Ying(Tianjin, Poete)

田祖湘(贵州,民主人士)Tian Zuxiang(Guizhou,Democratic Activist)

黄志佳(湖北,公务员)Huang Zhijia(Hubei,Fonctionnaire)

关业波(湖北,公务员)Guan Yebo(Hubei,Fonctionnaire)

王望明(湖北,企业主)Wang Wangming(Hubei, Entrepreneur)

高新瑞(湖北,企业家)Gao Xinrui(Hubei, Entrepreneur)

宋水泉(湖北,法律工作者)Song Shuiquan(Hubei, Legal Worker)

赵景洲(黑龙江,人权捍卫者)Zhao Jingzhou(Heilongjiang, Militant des droits de l'homme)

温克坚(浙江,学者)Wen Kejian(Zhejiang,Universitaire)

魏文英(云南,教师)Wei Wenying(Yunan,Enseignant)

陈惠娟(黑龙江,人权捍卫者)Chen Huijuan(Heilongjiang, Militant des droits de l'homme)

陈炎雄(湖北,教师)Chen Yanxiong(Hubei,Enseignant)

段春芳(上海,人权捍卫者)Duan Chunfang(Shanghai,Militant des droits de l'homme)

刘正善(云南,工程师)Liu Zhengshan(Yunnan,Ingénieur)

关敏(湖北,大学教师)Guan Min(Hubei, Lecturer)

戴元龙(福建,企业主)Dai Yuanlong(Fujian, Entrepreneur)

余以为(广东,自由撰稿人)Yu Yiwei(Guangdong, Freelance Writer)

韩祖荣(福建,企业主) Han Zurong(Fujian, Entrepreneur)

汪定亮(湖北,律师)Wang Dingliang( Hubei,avocat)

陈青林(北京,人权捍卫者)Chen Qinglin(Pékin, Militant des droits de l'homme)

钱世顺(广东,企业主)Qian Shishun(Guangdong, Entrepreneur)

曾伯炎(四川,作家)Zeng Boyan(Sichuan,Ecrivain)

马亚莲(上海,人权捍卫者)Ma Yalian(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

车宏年(山东,自由撰稿人)Che Hongnian(Shandong, Freelance Writer)

秦志刚(山东,电子工程师)Qin Zhigang(Shandong,Ingénieur)

宋翔峰(湖北,教师)Song Xiangfeng(Hubei, Enseignant)

邓复华(湖北,作家)Deng Fuhua(Hubei,Ecrivain)

徐康(湖北,公务员)Xu Kang(Hubei,Fonctionnaire)

李建强(山东,律师)Li Jianqiang( Shandong,avocat)

李仁兵(北京,律师)Li Renbing(Pékin,avocat)

裘美丽(上海,维权人士)Qiu Meili(Shanghai, Militant des droits de l'homme)

兰志学(北京,律师)Lan Zhixue(Pékin,avocat)

周锦昌(浙江,退休人员)Zhou Jinchang(Zhejiang, Rightist)

黄燕明(贵州,民主人士)Huang Yanming(Guizhou, Democratic Activist)

刘巍(北京,律师)Liu Wei(Pékin,avocat)

鄢烈汉(湖北,企业主)Yan Liehan(Hubei,Entrepreneur)

陈德富(贵州,民主人士)Chen Defu(Guizhou, Democratic Activist)

郭用新(湖北,医生)Guo Yongxin(Hubei,Médecin)

郭永丰(广东,中国公民监政会发起人)Guo Yongfeng(Guangdong,Militant des droits de l'homme)

袁新亭(广州,编辑)Yuan Xinting(Guangzhou, Editor)

戚惠民(浙江,民主人士)Qi Huimin(Zhejiang, Democratic Activist)

李宇(四川,采编)Li Yu(Sichuan, Editor)

谢福林(湖南,人权捍卫者)Xie Fulin(Hunan, Militant des droits de l'homme)

徐光(浙江,企业主)Xu Guang(Zhejiang, Entrepreneur)

野火(广东,自由撰稿人)Ye Huo(Guangdong, Freelance Writer)

邹巍(浙江,维权人士)Zou Wei(Zhejiang, Militant des droits de l'homme)

萧利彬(浙江,工程师)Xiao Linbin(Zhejiang, Engineer)

高海兵(浙江,民主人士)Gao Haibing(Zhejiang, Democratic Activist)

田奇庄(河北,作家)Tian Qizhuang (Hebei, Writer)

邓太清(山西,民主人士)Deng Taiqing(Shanxi, Democratic Activist)

裴鸿信(河北,教师)Pei Hongxin(Hebei, Teacher)

徐民(吉林,法律工作者)Xu Min(Jilin, Legal worker)

李喜阁(河南,维权人士)Li Xige(Henan, Militant des droits de l'homme)

王德邦(北京,作家)Wang Debang(Beijing,Ecrivain)

冯秋盛(广东,农民)Feng QiuSheng(Guangdong,Agriculteur)

侯文豹(安徽,维权人士)Hou Wenbao(Anhui,Militant des droits de l'homme)

唐吉田(北京,律师)Tang Jitian(Pékin,avocat)

刘荣超(安徽,农民)Liu Rongchao(Anhui,Agriculteur)

李天翔(河南,工人)Li Tianxiang(Henan,worker)

崔玉振(河北,律师)Cui Yuzhen(Hebei,avocat)

许茂连(安徽,农民)Xu Maolian(Anhui,Agriculteur)

翟林华(安徽,教师)Zhai Linhua(Anhui,Enseignant)

陶晓霞(安徽,农民)Tao Xiaoxia(Anhui,Fermier)

张望(福建,工人)Zhang Wang(Fujian,Ouvrier)

黄大川(辽宁,职员)Huang Dachuan(Liaoning,Employé)

陈啸原(海南,职员)Chen Xiaoyuan (Hainan,Employé)

张鉴康(陕西,法律工作者)Zhang Jiankang ( Sha‘nxi,Legal Worker)

张星水(北京,律师)Zhang Xingshui(Pékin,avocat)

马纲权(北京,律师)Ma Gangquan(Pékin,avocat)

王金祥(湖北,维权人士)Wang Jinxiang(Hubei,Militant des droits de l'homme)

王家英(湖北,企业主)Wang Jiaying(Hubei,Entrepreneur)

鄢来云(湖北,企业主)Yan Laiyun (Hubei,Entrepreneur)

李小明(湖北,维权人士)Li Xiaoming(Hubei,Militant des droits de l'homme)

肖水祥(湖北,维权人士)Xiao Shuixiang(Hubei,Militant des droits de l'homme)

鄢裕祥(湖北,维权人士)Yan Yuxiang (Hubei,Militant des droits de l'homme)

刘毅(北京,画家)Liu Yi(Pékin,Peintre)

 

Campagne de soutien pour la libération de Kareem Amer

 

 

Kareem

Amer ?

 

 

 

Kareem Amer est le pseudonyme d'un blogueur et ancien étudiant en droit égyptien, Abdul Kareem Suleiman Amer (parfois Abdul Kareem Nabeel Suleiman) (né vers 1984).

 

Il a été arrêté par les autorités égyptiennes pour ses articles sur son blog qui étaient considérés comme anti-religieux et insultants envers le président égyptien Hosni Moubarak. Parmi les thèmes abordés, il dénonçait la discrimination que les femmes subissent dans son pays et les crimes quotidiens perpétrés contre elles.

 

S'il est condamné, il risquait jusqu'à onze ans de prison. La troisième partie de son procès s'est déroulée le 22 février 2007 : il a été reconnu coupable et a été condamné à 3 ans pour insulte à l'islam et incitation à la sédition, et à un an pour insulte au président Moubarak.

 

 

Libérez Kareem Amer

 

Informer et se mobiliser pour Kareem Amer

 

 

 

 

16.10.2008

 

Dans sa dernière lettre adressée à un ami, Kareem déclare qu’il se sent désespéré et ne sait pas si sa situation va s’améliorer.
« J’ai peur que la prison me brise comme elle l’a fait pour d’autre » écrit-il.
C’est très difficile pour lui et Il souffre de son emprisonnement surtout qu’il n’a rien fait de mal.

Il dit clairement qu’il a besoin de soutien des gens. Ce soutien est la seule chose qui peut garantir sa force. Il demande à ceux qu’ils lui écrivent de ne pas arrêter de le soutenir car cela l’aide vraiment.

Voici l'adresse de sa prison :

Kareem Amer
Borg el Arab prison, Section 22 Cell 1 Alexandria, Egypt

Free Kareem Amer !

DROITS des FEMMES

Savez-vous qu'en France...


La place des femmes en politique
Savez-vous qu'en France... <br> La place des femmes en politiqueen France, les femmes ont obtenu le droit de vote en 1944...
Les Françaises représentent aujourd'hui 53,4% de l'électorat.

Chez les élu-e-s français-es :


Les femmes représentent (source : fondation Robert Schuman, mars 2009) :
7 ministres sur 17 soit 41,18% (élection 2007)
107 députées sur 577 soit 18,74%(élection 2007)
35 députées européennes sur 78 soit 44,87%
75 Sénatrices sur 343 soit 21,9 % (source senat.fr)

En europe :


Nombre de femmes dans les gouvernements et parlements : les chiffres

Dans les instances dirigeantes des grands partis français :


31% au PC,
28% au PS,
53,3% chez les Verts ,
25% à Chasse, Pêche, Nature et Tradition,
8,3% à l'UDF,
29,3%à DL,
12,5% au RPR,
10,5% au RPF,
7,9% au FN.

Dans le classement mondial de la représentation politique des femmes, sur 166 Etats, la France était au 64e rang mondial.

  • La place des femmes en politique reflète le caractère sexiste de notre société. Le débat autour de la parité a mis en évidence l'invisibilité des femmes dans la sphère publique.

  • Ces inégalités sont aussi présentes dans tous les autres domaines de la vie sociale (au travail, à la maison...).

Sources : Mix-Cité

 

A TELECHARGER ici !

 

 

 

 

 

 

Femmes d’Afghanistan

 

 

 

 

Femmes musulmanes

 

 

 

 

Femmes d’Irak

 

 

 

 

Femmes d’Haïti

 

 

 


Femmes d’Afrique

 

 

 

 

Femmes d’Iran

 

 

 

 

 

 

Chahrazad face à l’homme qui a voulu la brûler vive

 

Aujourd’hui s’ouvre le procès de celui qui a voulu tuer Chahrazad parce qu’elle ne voulait pas l’épouser. Une agression qui démontre que les violences faites aux femmes restent un drame d’actualité en France.

 

LE PARISIEN 10.02.2009

 

« Je ne pourrai jamais vraiment tourner la page »

 

INTERVIEW : CHAHRAZAD BELAYNI, brûlée par Amer Butt, un ami qu’elle refusait d’épouser

 

Elle a frôlé la mort, survécu dans un souffle fragile durant plusieurs semaines de coma, puis subi d’innombrables opérations. A sa main gauche, qu’elle enfouit pudiquement dans la manche de sa veste, elle garde une large cicatrice. Et à sa joue, le souvenir détesté de l’homme qui a voulu sa mort. Chahrazad avait 18 ans lorsqu’Amer Butt a tenté de l’immoler par le feu parce qu’elle refusait de l’épouser.

C’était le 13 novembre 2005 dans une rue de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), et Chahrazad a été brûlée sur 60 % du corps. A partir d’aujourd’hui, son tortionnaire, un Pakistanais désormais âgé de 28 ans, est jugé par la cour d’assises de Bobigny. C’est la première qu’elle revoit Amer Butt depuis l’arrestation de ce dernier en novembre 2006. Chahrazad nous a accordé un entretien à quelques heures du procès. Forte et fragile, la voix douce et un peu rauque.

Il y a deux ans, vous suiviez des soins quotidiens, vous ne pouviez ni travailler ni étudier. Aujourd’hui, où en êtes-vous ?

Chahrazad Belayni. Ça revient doucement. Et cela continuera, même si je sais que cela prendra encore longtemps. Et puis, je travaille dans l’administration, à la direction centrale de la police judiciaire. Je suis un peu déçue parce que, ce que je voulais, c’était être active, être sur le terrain. J’ai passé le concours des gardiens de la paix, mais j’ai été refusée pour raison médicale. Un jour peut-être, je recommencerai. Je vis à Paris, je n’arrivais plus à vivre à Neuilly-sur-Marne. Je garde aussi une très, très grande peur du feu.

Qu’attendez-vous du procès ? Dans quel état d’esprit l’abordez-vous ?

Au cours de l’instruction, il y a eu deux demandes de confrontation il y a plusieurs mois à l’initiative de son avocat. Les médecins ont estimé que j’étais alors trop fragile. Aujourd’hui, je n’ai pas peur, je stresse beaucoup, mais ce n’est pas de la peur : je stresse du fait de « le » retrouver, alors que la dernière image que j’ai de lui, c’est quand il m’a jeté l’allumette. J’attends des réponses à mes questions, j’attends que la justice passe, mais ce procès ne signifie par pour moi tourner la page. Ce serait mentir parce que je ne pourrai jamais vraiment tourner la page.
Je n’ai pas de haine, ça ne changerait rien, surtout cela ne nous ramènerait pas en arrière. En revanche, je veux qu’il soit condamné et que cela se sache, pour que des choses comme ça n’arrivent plus. Je ne me pose pas la question d’un nombre d’années de prison, mais j’attends qu’il soit reconnu coupable et condamné à une peine à la mesure de ce qu’il a fait. Une peine sévère, j’imagine, qui punira une tentative d’assassinat commise dans des conditions atroces, mais serait aussi un symbole dans le combat contre les violences faites aux femmes.

Pourquoi alors demander le huis clos ?

Parce que cette agression, c’était entre moi et lui. Je sais que mes proches auraient voulu être là de bout en bout, le regarder, l’entendre s’exprimer, mais j’ai besoin que cela se passe entre lui et moi, que ce soit une sorte d’explication en tête à tête, en tout cas devant aucun autre témoin que les magistrats, les avocats, les jurés. Il y a des choses que je veux lui dire, et qui doivent être dites de moi à lui, et des choses que je veux entendre de lui. Qu’il me dise aussi « pourquoi ». Mes parents ont confiance dans la justice, moi aussi, alors ils doivent garder cette confiance malgré le huis clos.

Parlez-nous de votre rôle dans l’association Ni putes ni soumises ?

Je suis vice-présidente de l’association et participe à des rencontres. Ça m’encourage à me battre encore plus, donc ça m’aide à aider les femmes victimes de la violence, quelle qu’en soit la forme. C’est important d’aider les femmes et les jeunes filles, qu’elles puissent arrêter de se dire que personne ne fait attention à elles. Il y a encore beaucoup de chemin, mais mon histoire et mon désir de me battre encore les aident à comprendre qu’elles ont le droit de dire non.

Le Parisien

VIDEO

Campagne Internationale contre les crimes "d'honneur"
KURDISTAN : stop aux lapidations !
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"J’essaime" - numéro 7 - mai 2009
« J’Essaime... pour une autre justice », lettre électronique d’information du Syndicat de la magistrature
Lettre_d_information_du_SM_-_no7_-_mai_2
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Bulletin d’information du Comité de Soutien aux Inculpés de TARNAC
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Guide pratique du blogueur et du cyberdissident - RSF
Ce guide propose des explications claires sur le "blogging" à tous ceux dont la liberté d’expression est restreinte sur le Web.
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HOMMAGE à... Rosa L. PARKS

Rosa avec M-L King
Rosa avec M-L King

 

 

 

 

 

 

ROSA L. PARKS  (1913 - 2005)

Rosa Louise McCauley Parks, (4 février 1913, Tuskegee, Alabama États-Unis - 24 octobre 2005, Detroit, Michigan), était une couturière qui devint une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, ce qui lui valut le surnom de mère du mouvement des droits civiques de la part du Congrès américain.

Parks est devenue célèbre parce que le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama), elle refusa de céder sa place à un passager blanc dans un bus. Arrêtée par la police, elle se vit infliger une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice) le 5 décembre ; elle fit appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lança alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême cassa les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles.

 

 

 

 

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