"PAS DE GUERRE ENTRE LES PEUPLES, PAS DE PAIX ENTRE LES CLASSES  !"

 

 

 

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"Il faut que les ouvriers sachent bien qu'il n'est de remède à leurs maux que la patience et la résignation."

 

Casimir Périer, premier ministre 1831...

 

 

LES PLANS SOCIAUX

 

Lieux de regroupement de la casse sociale et industrielle en cours dans notre pays

 

Fermetures d'usine, licenciements, chômage technique...

Découvrez les entreprises qui trinquent


Merci à Eco89


Les suppressions d'emplois annoncées depuis septembre 2008 en France.

 

Carte réalisée par la rédaction de Mediapart (www.mediapart.fr)

 

Merci à Philippe Tastet

 

Les 15 et 23 septembre :

continuer et amplifier l’action !

 

LO 13 septembre 2010


Malgré l’ampleur des manifestations du 7 septembre, Sarkozy, Fillon et leurs ministres continuent à pérorer sur le caractère irréversible de leur décision de repousser à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite. Les députés continuent à débattre des amendements divers, mais ont déjà voté le recul de l’âge de départ. Rien d’étonnant à cela ! Le Parlement, qui s’intitule pompeusement “représentation nationale”, est composé d’une majorité de députés qui soutiennent ce gouvernement réactionnaire et surtout qui sont dévoués corps et âme aux intérêts du grand patronat.

 

Cela signifie seulement que les travailleurs n’ont rien à attendre du Parlement. Cela signifie que, loi votée ou pas, il faut continuer l’action. Faut-il rappeler que le projet de loi instituant le Contrat Première Embauche (CPE) avait déjà été adopté par le Parlement en 2006 lorsque les manifestations successives et la mobilisation dans la rue avaient contraint Villepin, Premier ministre, à manger son chapeau et à revenir en arrière ?

 

Les centrales syndicales proposent deux journées d’action, l’une le mercredi 15 septembre, l’autre le jeudi 23 septembre, la deuxième devant constituer le point d’orgue avec une journée nationale de grèves et de manifestations. Il faut faire en sorte que les initiatives variées prévues pour le 15 septembre préparent la journée du 23, et que celle-ci mobilise plus de salariés, de retraités, de chômeurs encore que le 7 septembre.

 

Sur la question des retraites, non seulement le gouvernement ne tient pas compte du refus clairement exprimé par les principaux concernés, les retraités d’aujourd’hui et de demain, mais sa proposition de tenir compte de la pénibilité du travail constitue une provocation. Il faut une bonne dose de cynisme pour concéder qu’un travailleur puisse partir en retraite à 60 ans à condition de démontrer, expertise médicale et accord de la Sécurité sociale à l’appui, qu’il a plus de 10 % d’incapacité physique ! Cela fait d’un problème collectif des cas individuels. Comme s’il fallait le témoignage de médecins -et pourquoi pas des pompes funèbres pendant qu’ils y sont ?- pour démontrer que travailler toute sa vie durant sur une chaîne de montage automobile, dans une usine chimique, sur des chantiers du bâtiment ou comme caissière de supermarché, mine la santé, use l’organisme !

 

Ils veulent faire croire aussi que la pénibilité au travail est une exception. Grossier mensonge ! C’est la règle générale. De savants imbéciles peuvent toujours citer bien sûr le cas de tel artiste qui, à 86 ans, chante encore, de tel acteur qui, au même âge, monte encore sur les planches, ou des chercheurs qui n’ont pas l’intention d’arrêter de chercher après 60 ans. Mais quoi de commun entre cette toute petite minorité qui fait un métier qu’elle a choisi et qui correspond à une vocation, et le cas de l’écrasante majorité des salariés qui travaillent parce qu’il faut bien gagner sa vie ? Pour cette écrasante majorité, la pénibilité peut aussi bien provenir d’un effort physique qui devient douloureux avec l’âge, de gestes répétitifs à l’infini, du travail de nuit, que simplement de la pression morale de l’encadrement ou de la charge de travail.

 

Alors, les bavardages du Parlement autour de la pénibilité du travail, sont de la poudre aux yeux. Il faut revenir sur toutes les mesures prises contre la retraite et les retraités depuis Balladur, c’est-à-dire revenir à la retraite à taux plein à 60 ans, et 37 annuités et demie de cotisation. Même à l’époque, tous les retraités étaient loin de toucher une pension décente. Mais les reculs imposés depuis 20 ans constituent une régression majeure.

 

Qu’on ne nous dise pas qu’il y a un problème de financement de la caisse de retraite. C’est indécent alors que des centaines de milliards ont été avancés pour venir au secours des grands banquiers et alors que les profits des grandes entreprises s’envolent malgré la crise. Qu’on prenne donc l’argent là où il est : dans les profits des grandes entreprises et des banques, dans les cadeaux de l’État aux riches !

 

Alors, il faut que la mobilisation se poursuive et s’amplifie. Il faut que ceux des salariés qui sympathisaient avec le 7 septembre sans y participer rejoignent l’action à leur tour. Ce serait aussi un moyen de montrer que la coupe est pleine, qu’il y en a assez de cette succession de mesures qui sont toutes faites pour aggraver la situation des salariés, pour remplir toujours plus les coffres-forts des actionnaires, des banquiers, des spéculateurs et des milliardaires.

 

Arlette Laguiller


Un document d’actualité.

Programme du Conseil national de la Résistance

 

Denis Kessler est ou a été : maoïste, n°2 du MEDEF, Directeur général d’Axa, banquier, président de la fédération française des sociétés d’assurances, président du groupe de réassurance Scor, membre du Conseil économique et social, du Conseil national des assurances, du Comité européen des assurances, de la Commission des comptes de la nation.

 

Dans un éditorial du journal « Challenge », le 4 octobre 2007, il écrit notamment :

« … Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

C’est à ce chantier que le pouvoir s’emploie avec constance, chaque ministre étant doté d’une masse à démolir déguisée en truelle pour bâtir l’avenir.

Rédigé pendant la guerre (fin 1943 début 1944) par un éventail représentatif de la Résistance, le Programme du Conseil National de la Résistance est un programme de rénovation pour construire une vraie « démocratie sociale », avec une économie planifiée et la maîtrise par la Nation de grands secteurs industriels et des principaux moyens de production et d’échanges.

Il allait permettre le redressement d’une France détruite et ruinée. Porteur d’espoir, d’enthousiasme, se référant comme jamais auparavant à la devise « Liberté, égalité, fraternité », il fut d’emblée une épine dans le pied d’un patronat apatride et égoïste.

 

Par le vice des terribles campagnes médiatiques que notre pays subit depuis des décennies, on s’étonne aujourd’hui, à le lire ou à le découvrir, que ce programme ait été adopté à l’unanimité par des gaullistes, communistes, socialistes, royalistes, chrétiens de droite, bref, un ramassis de bolcheviks dont le MEDEF entend anéantir l’oeuvre sous la bannière de Nicolas Sarkozy.

 

Le Grand Soir

 


VERSION ABREGEE
(VOIR VERSION COMPLETE A LA FIN)

 

Programme du Conseil national de la Résistance

 

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi-unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Ainsi, les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du Conseil National de la Résistance, délibérant en Assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la libération du territoire, un ordre social plus juste.

 

I Plan d’action immédiate (…)

 

II Mesures à appliquer dès la libération du territoire

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

 

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la Nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la Nation pendant la période d’occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par le gouvernement de l’Axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- le rétablissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances de l’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’aménagement du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan quinquennal rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui en auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale. L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N. et de son président le général de Gaulle ! En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

 


VERSION COMPLETE


Programme du Conseil national de la Résistance

Conseil National de la Résistance

 

15 mars 1944

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

 

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

 

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

 

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

 

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

 

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

 

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

Propriété sociale

Robert Castel :

« La retraite est le droit social par excellence »

 

Par Olivier Vilain 27 mai 2010

in Basta !


Le sociologue Robert Castel défend cette « propriété sociale » que constitue le droit à la retraite, et qui évite – pour combien de temps ? - aux salariés vieillissants de devenir pauvres. L’ancien disciple de Pierre Bourdieu et Michel Foucault rappelle que « la percée la plus décisive en matière de droits sociaux », dont la retraite, a été réalisée dans une France qui allait bien plus mal qu’aujourd’hui : un pays dévasté par la Seconde guerre mondiale, avec une productivité qui s’était effondrée, mais où la volonté politique de redistribuer les richesses produites était bien présente. Entretien.

 

© Creajama / Basta !

 

Pourquoi avez-vous signé l’appel lancé par la Fondation Copernic et l’association Attac en faveur de la retraite par répartition ? Un appel qui tire un bilan désastreux des précédentes réformes et qui alerte sur le risque de paupérisation des retraités.


Il faut prendre une position assez ferme sur la question des retraites. C’est pourquoi j’ai signé cet appel. L’enjeu est tel qu’il est important de rassembler la gauche pour faire prévaloir ses orientations. Voilà ma position. Je me distingue néanmoins de cet appel sur un point : je ne pense pas que l’âge de départ à la retraite soit nécessairement le principal objectif à défendre. Mais dans le contexte actuel, très défavorable aux salariés, il faut faire très attention lorsque l’on manipule cette idée de modulation : je ne prône pas un allongement de la durée de cotisation, surtout pas ! Il ne m’apparaît pas nécessaire, dans l’idéal, de traiter de la même façon qu’un ouvrier quelqu’un qui n’a pas eu un métier aussi épuisant, ce qui impliquerait des négociations sérieuses en fonction des types de métiers.

Une réforme du système de retraite en vue de lui assurer les financements nécessaires doit impérativement respecter deux éléments. D’une part, la possibilité de partir à la retraite au-delà des 60 ans statutaires n’a de sens que pour quelques professions privilégiées. D’autre part, le droit à la retraite exige la définition d’une pension minimale suffisamment élevée afin de permettre l’autonomie économique des individus.

 

La réforme qui se dessine va diminuer les revenus des retraités alors que ceux-ci ont déjà des difficultés à constituer des droits à la retraites suffisants en raison de la déstructuration du monde du travail. Le droit à la retraite est-il menacé ?


Il m’apparaît nécessaire de défendre un véritable droit à la retraite par répartition qui donne un socle suffisant de ressources pour continuer d’avoir une vie correcte après la vie de travail, c’est-à-dire qui permet à chaque salarié de continuer à bénéficier d’un minimum d’autonomie économique. Pierre Laroque, « l’inventeur » de la Sécurité sociale à l’issue de la Second guerre mondiale, affirmait d’ailleurs qu’elle était instituée en tant que « garantie donnée à chaque homme qu’en toutes circonstances il pourra assurer dans des conditions satisfaisantes sa subsistance ». Il ne devrait donc pas exister de retraités pauvres. Or, le risque actuel est bien que la retraite devienne progressivement un minima de subsistance.

Du point de vue du droit, la pension de retraite fonctionne comme un salaire indirect, grâce auquel une partie du produit de son travail revient, avant la fin de sa vie, au travailleur lui-même. Ceux qui ont participé à la production de richesses peuvent ainsi continuer de bénéficier d’une partie de la richesse produite, une fois qu’ils ont arrêté de travailler à cause de leur âge avancé. Une partie du travail des salariés leur revient ainsi sous forme de protection, même si leurs patrons en ont accaparé la plus grande part dans ce système capitaliste. Ce droit permet ainsi de les affranchir de la dépendance qui était la condition du vieux travailleur avant l’instauration de la retraite. Cette dépendance le laissait soit à la charge de ses enfants, soit au bon vouloir de la charité ou aux prises avec les hospices pour indigents. Une situation épouvantable !

 

Certains universitaires estiment que les retraités sont des privilégiés dans cette période de chômage de masse et de revenus plus faibles. Ils vivraient un véritable « âge d’or » contrairement aux jeunes largement victimes de l’accroissement des inégalités. Partagez-vous cette position ?


Avec le mouvement d’implantation du droit à la retraite, à partir du lendemain de la Seconde guerre mondiale, le phénomène du « vieux pauvre », si caractéristique de l’histoire ouvrière, s’est atténué. La plupart des salariés des « Trente glorieuses » ont été « couverts » par la retraite, et l’on assiste désormais plutôt à un développement massif de la pauvreté parmi les jeunes. En suivant le raisonnement selon lequel les jeunes retraités, qui ont entre 60 et 70 ans, représenteraient une classe d’âge privilégiée, il y a la tentation de les désigner comme étant trop riches. C’est un raisonnement pervers ! Cette recrudescence de la pauvreté chez les jeunes s’explique surtout par la faible qualité des emplois qui leur sont proposés et leur fort taux de chômage. Ce phénomène ne doit pas être le prétexte pour dépouiller les « vieux » salariés ! Surtout qu’il existe encore des retraités pauvres. Un phénomène qui s’explique notamment par l’arrivée à la retraite de salariés qui n’ont connu que le régime de chômage de masse et de faibles salaires en raison notamment du travail intermittent ou à temps partiel.

 

Comme en 1993 et 2003, la réforme de 2010 est menée au nom du sauvetage de notre système de retraite. Vous n’avez pas l’air inquiet malgré les prévisions très pessimistes sur son financement, pourquoi ?


L’idéal serait une société de plein emploi. Dans ce cas, le financement des systèmes sociaux ne figurerait même pas à l’agenda politique. Or, nous sommes de toute évidence dans une phase du capitalisme qui développe, au contraire, le chômage et la précarité. Il faut avoir à l’esprit l’élément suivant : si la croissance facilite les choses, elle ne remplace pas la volonté politique. Ainsi, dans les discours publics sur la retraite, on oublie souvent de rappeler que la percée la plus décisive en matière de droits sociaux a été réalisée avec la Sécurité sociale en 1945 et 1946 ; c’est-à-dire dans une France dévastée, dont la productivité était tombée en deçà du seuil atteint en 1929. Le financement du système de protection sociale dans son ensemble, et des retraites en particulier, nécessite une meilleure répartition de la valeur ajoutée entre le capital et le travail. Dans une perspective de gauche, c’est un principe évident.

Pour que le droit à la retraite soit assuré, il faut garantir une certaine égalisation des conditions en procédant à une certaine répartition des richesses, à défaut de mettre en place des politiques générant davantage d’égalité. Par exemple, il faudrait que le salarié payé tout au long de sa vie au Smic — c’est un cas de figure qui existe — ait au moins de quoi vivre une fois à la retraite, sans basculer dans l’assistance. Comme l’a dit, en 1895, Jean Jaurès en défendant la loi sur les retraites ouvrières et paysannes : il faut « qu’il n’y ait plus là comme une organisation de charité, mais comme la reconnaissance du droit ». La retraite est en effet le droit social par excellence que ce soit pour la classe ouvrière et, plus largement pour l’ensemble des travailleurs, car ce mécanisme permet d’accéder à une sorte de propriété sociale, commune à chaque salarié.

 

Derrière l’actuelle réforme gouvernementale, se dessine déjà un mouvement en faveur d’un « big bang » à la suédoise. Se référant au modèle suédois, à la CFDT, au PS, au Modem et même à l’UMP, des voix s’élèvent pour unifier les régimes de retraites, individualiser les droits, au risque de renforcer les fonds de pensions. Est-ce une voie à suivre ?


Le modèle suédois en matière de retraite ? Il faut se méfier des modes. De même dans le domaine du travail, on nous vante la « flexécurité » à la danoise. Bien sûr, nous avons toujours à apprendre de la comparaison internationale. Toutefois, les promoteurs des concepts comme le « modèle suédois des retraites » ou celui de « flexécurité à la danoise » en font une importation extrêmement sélective et partielle. Ainsi, ces modèles fonctionnent dans leur pays d’origine comme un tout. Or, personne en France ne propose de les transposer dans leur ensemble, c’est-à-dire avec leurs conditions d’application. Ainsi, dans ces pays, on compte 80% des salariés affiliés à un syndicat. On y trouve aussi un modèle social-démocrate qui impose des prélèvements sociaux bien plus importants qu’en France et une solide tradition de concertations entre patronat et syndicats.

Dans le cas des assurances privées, on voit réapparaître immédiatement la distinction entre pauvres et riches. Ces derniers sont les seuls à pouvoir épargner suffisamment pour compenser l’affaiblissement des retraites du régime général de la Sécurité sociale. Si on soumet le droit à la retraite aux fluctuations du marché, inutile de dire que cette option comporte beaucoup de risques. Il suffit d’écouter ce qui se passe à la Bourse ces jours-ci... Revenons plus particulièrement au système de retraite suédois, sans entrer dans les détails, je reste méfiant en raison du rapport de force dominant en France, qui est très défavorable aux salariés. Dans ces conditions, il y a tout à craindre que l’importation d’un soi-disant « modèle suédois » en matière de retraite ne serve en définitive qu’à déconstruire notre propre système de retraite en revenant sur le principe de la répartition.

 

Recueillis par Olivier Vilain


 

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  • #1

    Marie-Claire St-Denis (vendredi, 25 juin 2010 01:21)

    En lisant votre article qui traite du constat du capitalisme et de ses méfaits, je dois vous
    informer qu'un livre récemment paru explique très bien le fonctionnement de ce phénomène.
    Ce livre : "Le dernier Testamenet de l'Occident" traite de fond en comble ce sujet en détail
    en expliquant les causes, sa nature et les conséquences de ses effets qui se traduisent par le
    matérialisme.

La résistance sociale en Grèce :

bilan et perspectives

 

Dimitris FASFALIS 25 mai 2010

Manifestation à Athènes le 5 mai dernier. Source : Avgi, 6 mai.

Malgré le succès de la mobilisation du 5 mai, la résistance sociale en Grèce peine à percer la censure médiatique. Quand ce n’est pas le mensonge, c’est le silence que les médias lui réservent, à l’image de l’éditorial de Libération le 6 mai dernier : « La spirale du pire. Une grève générale qui dégénère, une banque incendiée, trois victimes et des manifestations destinées à se poursuivre. » Les amalgames et les raccourcis trompeurs réussiront sans doute à disqualifier le mouvement social aux yeux de plusieurs. Il importe donc d’étudier la brève histoire du mouvement de résistance en Grèce.

 

La grève générale du 5 mai


Le succès de cette journée de grève interprofessionnelle et de manifestations ne fait pas de doute. L’appel à la grève de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE) et du syndicat de la fonction publique (ADEDY) a été massivement suivi par les salariés du public et du privé. A l’exception de Larissa, toutes les grandes villes grecques ont vu des manifestations contre le plan d’austérité : Tripoli, Patra, Volos, Ioannina, Igoumenitsa, Hérakleion, et aussi Thessalonique où des milliers de manifestants ont battu le pavé. C’est à Athènes cependant que les manifestations ont été les plus importantes : la marée humaine qui s’est emparée des rues de la capitale a rassemblé près de 250 000 personnes. Les cortèges reflétaient la diversité de la classe ouvrière de la métropole : salariés du privé, comme ceux des Chantiers navals de Skaramanga, salariés des services publics, comme les enseignants ou encore ceux de l’ex-entreprise publique d’électricité (DEH), chômeurs et retraités, étudiants et lycéens, travailleurs immigrés et collectifs de sans-papiers. Les slogans des différents cortèges exprimaient tous le refus des travailleurs de payer pour la crise déclenchée par le capital financier : « Non à la tempête anti-ouvrière », « Non à la flexibilité, oui aux 35 heures », « Salariés, soulevez-vous ! Ils nous prennent tout », « Nous avons payé leurs profits, nous ne paierons pas leur crise ». (1)

Johanna, trente ans, est venue manifester pour « dire non au FMI. Ils veulent nous faire croire qu’il est nécessaire qu’il débarque ici, mais je n’y crois pas une seconde. La situation va empirer : ils baissent nos salaires, suppriment les emplois de vacataires, réduisent les pensions. Qui accepterait un tel traitement ? » Un sentiment profond d’injustice anime les manifestants. Yannis, trente ans, professeur d’une grande école : « Tout le monde sent qu’il n’y a pas de justice. De l’argent, il y en a mais on ne veut pas aller le chercher où il est… Je ne vois pas ce qu’il est possible de faire : ils ne nous ont proposé qu’une seule option ». (2)

Ilias Vretakou, vice-président d’ADEDY, a expliqué les enjeux du mouvement contre le plan de rigueur dans son discours aux manifestants :

 

« Nous envoyons d’Athènes un message de combat et de résistance aux travailleurs de tous les pays d’Europe, contre la barbarie des marchés du capital, des gouvernements et de l’Union européenne. Le gouvernement, le FMI, l’Union européenne ont décidé de conduire les travailleurs, la société grecque, à la barbarie sociale la plus sauvage que nous ayons jamais vécu. Ils aplanissent les travailleurs et la société. On nous vole nos salaires, on nous vole nos retraites, on nous vole nos droits du travail et de protection sociale, on nous vole notre droit à la vie. Ils imposent la jungle des relations de travail, ils abolissent le salaire de base le plus bas, ils développent le contrat de première embauche, ils libéralisent les licenciements, ils diminuent les allocations sociales, diminuent le taux horaire des heures supplémentaires. Ils donnent la possibilité aux employeurs de jeter à la rue un vieux salarié et avec le même argent d’embaucher trois ou quatre jeunes précaires. » (3)

De vifs applaudissements ont notamment salué le message de solidarité de Claus Matecki, responsable du syndicat allemand DGB, et de Paul Fourier de la CGT (France) qui avait déclaré : « Aujourd’hui, nous sommes tous Grecs ! Merci et bon courage. » (4)

Si la Coalition de la gauche radicale (Syriza) et le Parti communiste grec (KKE) ont une présence importante dans la manifestation, les socialistes (Pasok) en sont absents même si le plan d’austérité a suscité des remous au sein de l’aile gauche du parti. Parmi les manifestants, nombreux sont ceux qui ont voté socialiste en octobre 2009. Ils sont aujourd’hui déçus et en colère de découvrir que la gauche victorieuse aux élections législatives a capitulé face à la politique néolibérale du capital. Dimitra, retraitée de la région d’Athènes, n’a pas de mots assez durs lorsqu’elle parle de Georges Papandréou (premier ministre socialiste). Elle espérait qu’avec la victoire des socialistes « les choses s’améliorent ». « Quand je pense que j’ai voté pour cet abruti ! » s’exclame-t-elle aujourd’hui. (5)

Prenant pour cible les symboles de la culture marchande et du capitalisme financier, des jeunes portant des cagoules (ceux qu’on appelle les « koukoulofori ») ont retenu l’attention des médias. La banque Marfin sur l’avenue Egnatia a été incendiée et trois de ses employés y ont trouvé la mort. Obligés par leur employeur de travailler en dépit de la grève générale, ils étaient enfermés à clé dans l’établissement ce qui, en l’absence d’un plan d’évacuation, a rendu d’autant plus difficile leur sortie de l’immeuble en flammes. La réponse du mouvement social a été sans ambiguïté. Le soir même du 5 mai, le président de l’ADEDY a expliqué que ces « pratiques fascistes ont pour but de faire peur aux gens à l’heure où le combat de masse est nécessaire afin de barrer la route aux mesures qui plongent la vie des Grecs dans le malheur. » (6) Le lendemain, c’est une foule endeuillée qui s’est rassemblée à la place Syndagma, devant le Parlement grec, pour s’opposer à l’adoption du plan de rigueur par les députés de l’Assemblée nationale. (7)

L’exaspération populaire à l’égard du gouvernement socialiste de G. Papandréou n’est pas étrangère à ces violences. Le plan d’austérité imposé à la Grèce par les marchés financiers, le FMI et l’Union européenne est un déni flagrant de la souveraineté nationale et de la démocratie. D’autre part, le gouvernement reste inflexible depuis février et refuse d’entendre le message de la rue. Il renforce même l’autoritarisme du plan. Les mesures d’application du plan seront donc prises par ordonnances du ministre des Finances sans interférence parlementaire. L’Assemblée nationale ne sera que consultée pour la mise en application du plan qu’elle a adopté le 6 mai dernier. Autant de mépris du peuple et de la démocratie rendent légitimes aux yeux de certains le recours à la violence. Au final, le parti de l’ordre dirigé par les socialistes a donc pour corollaire la violence des « koukouloforoi » dans les mobilisations sociales. Au-delà des encagoulés, le manque de légitimité démocratique du plan d’austérité alimente un anti-parlementarisme prononcé au sein d’une partie du mouvement. Des slogans comme « Qu’il brûle ! Qu’il brûle le Parlement ! », « Qu’il brûle ce bordel de Parlement ! » ou encore « Donnez les voleurs au peuple ! » ont été scandés à plusieurs reprises dans la manifestation du 5 mai. Quelques dizaines de manifestants ont d’ailleurs tenté de percer le cordon sécuritaire du Parlement, avant d’être violemment repoussés par la police. (8)

 

Avant et après le 5 mai


Le 5 mai a été un succès parce qu’il a été préparé : la mobilisation unitaire et massive n’a pas été une riposte spontanée de la population, mais plutôt l’aboutissement de deux mois et demi de journées d’action des syndicats ouvriers. Dès le 24 février, le mouvement syndical s’est engagé dans l’opposition au plan de rigueur annoncé, refusant ainsi de laisser aux classes dirigeantes et leurs porte-parole le monopole de l’information et de la politique. C’est justement ce travail critique, mené par des mobilisations dans les rues et les lieux de travail, qui a permis au mouvement social d’incarner d’autres scénarios possibles que celui écrit par le capital financier. Dans la foulée, l’idée réactionnaire faisant du plan un mal nécessaire a été ébranlée, ouvrant la voie à une riposte populaire.

Le 24 février, une première grève interprofessionnelle intervient en réponse aux mesures d’austérité proposées par le gouvernement. Elle réserve du même coup un accueil à la hauteur des circonstances aux émissaires de l’Union européenne dépêchés à Athènes pour inspecter les comptes du pays. Dans les rues, 45 000 manifestants battent le pavé à Athènes ; à Thessalonique, ils sont 10 000. Dans un des cortèges à Athènes, Dimitri, vingt-huit ans et ingénieur en génie civil, explique les raisons de la mobilisation : « Nous voulons un travail, un salaire correct et une véritable assurance sociale. Notre pays doit respecter des normes de l’Union européenne qui sont injustes. » (9) Une deuxième grève générale de 24 heures a eu lieu le 11 mars, accompagnée de manifestations dans les principales villes.

Si les journées de grève interprofessionnelle – le 24 février, le 11 mars et le 5 mai – constituent sans doute les moments forts des mobilisations populaires contre l’offensive néolibérale, toute une série de mobilisations plus restreintes ont joué un rôle déterminant pour construire une dynamique de mobilisation et pour assurer la continuité du mouvement. Fabien Perrier, envoyé spécial de l’Humanité, décrit l’atmosphère d’agitation sociale qui règne à Athènes à la fin avril : « A Athènes, chaque jour, les rues bruissent des cris des manifestants ou des différents corps professionnels en colère. » (10) Plusieurs de ces mobilisations ont été des moyens pour préparer les journées de grève générale à venir. Le 5 mars a été par exemple une journée de rassemblements dans plusieurs villes afin d’amorcer la mobilisation de la grève interprofessionnelle du 11 mars. Le rassemblement du 5 mars à Volos réunissait non seulement des syndicalistes mais aussi des salariés licenciés de la METKA, avant de se terminer en un concert de solidarité de plusieurs artistes. De même, le 1er mai a permis de relancer les mobilisations de masse avant la grève générale du 5 mai. Le syndicat de la fonction publique (ADEDY) appelait à la grève dès le 4 mai pour la même raison. L’appel a été suivi et a donné lieu à des manifestations.

Ces mobilisations ont également permis d’engager la bataille pour gagner l’opinion. Plusieurs actions du mouvement ont été des réponses adressées au gouvernement à chaque tournant de la crise. Ainsi, aussitôt que Georges Papandréou, premier ministre, s’est adressé aux médias le 25 avril pour signaler l’activation du mécanisme européen de soutien financier, des centaines de manifestants ont répondu dans les rues du centre-ville d’Athènes par leur slogan : « Cet abattoir du FMI la lutte du peuple le détruira ! » (11) Deux jours plus tard, le 27 avril, les fonctionnaires étaient en grève et des enseignants campaient sur la place Syndagma, devant le Parlement, pour dénoncer la saignée subie par l’éducation. Parallèlement, le port du Pirée était bloqué par une grève de 24 heures des marins à l’appel de leur syndicat. Petit à petit, ce qui paraissait avant comme une fatalité aux yeux de la majorité devient une question de rapports de forces. Un sondage du journal To Vima établissait l’opinion en désaccord avec les réductions de salaire à 79,5%. Au sein du mouvement social, ses participants prennent de l’assurance et l’idée que l’issue de la lutte n’est pas écrite d’avance enregistre des progrès. Despina, vingt-sept ans, n’est pas allée manifester le 4 mai aux côtés des fonctionnaires. Mais elle souligne néanmoins que « ceux qui se mobilisent ont raison : ils ont tout compris. Les fonctionnaires sont les premiers [dans la ligne de mire du gouvernement] ; c’est toute la Grèce qui va souffrir. Les syndicats sont unis, le pouvoir commence à trembler. » (13)

On ne peut que saluer ce mouvement de résistance contre la dictature du capital financier. Les mobilisations des deux derniers mois ont été dignes des traditions héritées des combats contre la dictature des colonels (1967-74) et de la Résistance. Plusieurs questions demeurent cependant en suspens. Tout d’abord, celle de la stratégie des grandes centrales syndicales : face à un gouvernement qui refuse d’entendre les cris de protestation du peuple, et qui, de surcroît, bâillonne le parlement pour mettre en œuvre un plan édicté par les marchés de capitaux, les grèves interprofessionnelles de 24 heures ne risquent-elles pas de devenir la preuve aux yeux de tous de l’impuissance du mouvement ? Combien de temps le gouvernement socialiste et ses alliés de l’Union européenne pourraient-ils tenir face à une grève générale illimitée et conduite par des assemblées générales populaires ? Ensuite, vient une deuxième question : comment assurer la continuité du mouvement sans un organe démocratique central qui porte la voix de ses différentes composantes dans les rues, les lieux de travail, les médias et les quartiers ?

Ces deux questions nous semblent cruciales car elles détermineront dans les semaines à venir la réussite ou l’échec du mouvement à élargir le champ du possible et ainsi battre la fatalité de la régression sociale dont le sort est lié à celui de la barbarie néolibérale. L’enjeu est de taille : l’avenir immédiat de l’Etat social en Europe est aujourd’hui décidé dans les rues d’Athènes.

 

Dimitris Fasfalis

 

(1) Avgi, 6 mai 2010.
(2) L’Humanité, 6 mai 2010.
(3) Avgi, 6 mai 2010.
(4) L’Humanité, 6 mai 2010.
(5) L’Humanité, 11 mai 2010.
(6) Avgi, 6 mai 2010.
(7) Avgi, 7 mai 2010.
(8) Avgi, 6 mai 2010.
(9) L’Humanité, 25 février.
(10) L’Humanité, 27 avril.
(11) Avgi, 25 avril 2010.
(12) L’Humanité, 5 mai 2010.
(13) L’Humanité, 5 mai 2010.

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Démocratie d’entreprise ?

Femmes, syndicalistes… et administratrices de sociétés du CAC 40

 

Par Ivan du Roy 18 mai 2010

In Basta !


Chez les multinationales du CAC 40, la course à la féminisation des très masculins conseils d’administration est lancée. Epouses de PDG, femmes de ministres ou rares dirigeantes d’entreprise sont la cible des chasseurs de tête. Pourtant, d’autres profils d’administratrices existent au sein de quelques grands groupes : des représentantes des salariés, parfois militantes de syndicats considérés comme la bête noire du patronat. Quelle influence y ont-elles ?

 

 

Faut-il se prénommer Bernadette Chirac, Florence Woerth ou Nicole Dassault pour siéger au conseil d’administration d’une grande entreprise ? La première a été nommée au conseil du groupe de luxe LVMH. La deuxième, épouse du ministre du Travail Eric Woerth (dont la société gère la fortune de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal, estimée à dix milliards d’euros) sera présentée à l’assemblée générale des actionnaires d’Hermès début juin. La troisième est tout simplement l’épouse de Serge Dassault, propriétaire du groupe du même nom. Les grandes entreprises sont montrées du doigt pour la très faible présence féminine au sein de leurs conseils d’administration : à peine 10% d’administratrices pour les 500 plus grandes sociétés hexagonales. Les mâles dirigeants ont donc lancé leurs chasseurs de tête traquer la femme, « épouse de » ou issue de l’establishment bien évidemment. Histoire de donner l’image d’une apparente diversité des genres.

D’autres femmes siègent déjà au sein de quelques grandes entreprises. Elles sont invisibles médiatiquement et ne viennent pas de l’oligarchie dirigeante. Elles ne sont ni directrice d’un fonds d’investissement quelconque, ni haut fonctionnaire, encore moins épouse d’un PDG ou d’un ministre. Aucun chasseur de tête ne leur court après pour féminiser des « boards » patriarcaux et grisonnants. Et pour cause : elles sont syndiquées.

 

Quand la CGT et Sud siègent au Conseil d’administration


C’est une loi de 1993, votée sous le gouvernement Balladur, qui oblige les entreprises publiques privatisées, ou en voie de l’être, à intégrer au moins deux administrateurs représentants des salariés (et pas seulement les actionnaires salariés). Les conseils d’administration d’Air France, de France Télécom, d’EDF ou de La Poste accueillent ainsi des salariés élus par le personnel. Et ce sont assez régulièrement des femmes. Exemple le plus révélateur : La Poste compte sept femmes sur vingt administrateurs (soit 35%), trois sont des représentantes des salariés. Si France Télécom - Orange peut se targuer de figurer parmi les moins mauvais élèves du CAC 40 en matière de féminisation de son conseil d’administration, c’est grâce, là encore, à ses élues salariées. Le CA de l’opérateur historique des télécoms compte trois femmes sur quinze membres, soit 20% d’administratrices : Claudie Haigneré, ancienne astronaute, présidente de la Cité des Sciences et de l’Industrie, y côtoie deux syndicalistes, Ghislaine Coinaud, de la CGT, et Verveine Angeli, de Sud.

La présence des femmes « partout », Verveine Angeli y est favorable, y compris dans les instances de direction des grandes entreprises. Mais elle ne pense pas que « leur présence changera des instances dont la fonction est très discutable et qui ne sont pas un espace de démocratie ». A 52 ans, elle a intégré le conseil de France Télécom - Orange en février dernier, lors du renouvellement des trois représentants des salariés (CGT et Sud pour les non cadres, CFDT pour les cadres). Les élus ont dû suivre deux jours de formation sur les comtes annuels, le rôle et la fonction des administrateurs indépendants.

 

Mesures sociales ou dividendes pour les actionnaires ?


Au-delà de la question de la féminisation de ce cercle très fermé des dirigeants, que change la présence de représentants des salariés, hommes ou femmes, au sommet de la pyramide ? « Nous disposons des informations sans attendre qu’elles soient publiées. Cela donne une compréhension beaucoup plus fine des problèmes stratégiques auxquels sont confrontés les dirigeants. C’est une bonne indication de l’état d’esprit patronal », explique la syndicaliste, tout en relativisant : « Lors de la présentation des comptes, c’est beaucoup de langue de bois. Et quand ils ne veulent pas répondre à une question précise, c’est quasiment peine perdue. » Exemple : à l’occasion de la fusion, au printemps, entre la filiale d’Orange en Grande-Bretagne et T-Mobile (filiale de Deutsche Telekom), les documents fournis au CA indiquent que les synergies vont produire plusieurs centaines de millions d’euros d’économie, « sans que l’on sache par quoi cela passe exactement ». Les organisations syndicales apprendront plus tard par la presse les premières conséquences sociales de ces « synergies » : plus de 200 emplois supprimés outre-Manche, alors que le Times prévoit au total la suppression de 2.000 postes.

Le conseil d’administration est également le lieu où se manifestent les tensions entre les politiques sociales et les stratégies financières. La situation à France Télécom, qui a connu à l’automne une crise sociale et morale sans précédent, révélée par la multiplication des suicides, est emblématique. Son chiffre d’affaires a baissé en 2009 et devrait poursuivre son déclin en 2010 vu le contexte européen. Parallèlement, des investissements doivent être réalisés, notamment pour mettre en œuvre les mesures sociales annoncées par le nouveau directeur général, Stéphane Richard. En même temps, la direction veut à tout prix maintenir le versement aux actionnaires des dividendes annoncées, soit 1,4 euro par action (ce qui constitue en 2008 près de 50% des bénéfices). Si cette contradiction est mise en évidence au sein du « board », elle n’a pas été clairement tranchée.

 

Que faire des jetons de présence ?


Pour les organisations syndicales, le CA est donc davantage un espace d’information qu’un lieu d’influence. « La participation de représentants de salariés oblige les dirigeants à une certaine transparence sur les questions stratégiques et financières. C’est particulièrement important dans les multinationales où les comités d’entreprises ont des responsabilités limitées à une branche ou une filiale, et où les comités de groupes ne sont pas des instances assez réglementées pour que la contrainte en matière d’information au personnel soit réellement efficace », positive Verveine Angeli. Tout dépend également du président. « Michel Bon passait peu par le CA au prétexte que les représentants des salariés risquaient de divulguer des secrets. Thierry Breton était très autoritaire. Didier Lombard accordait toujours la parole quand les syndicats la demandaient et leur laissait développer leur point de vue », se souvient Hélène Adam, ancienne élue Sud.

D’ici 2016, les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 devront, selon la nouvelle réglementation, compter 40% de femmes. Il est peu probable qu’ils aillent les chercher parmi les salariées. « La course actuelle à la féminisation est liée aux déclarations gouvernementales, mais plus généralement à la façon dont le système souhaite intégrer à son profit la revendication égalitaire », analyse Verveine Angeli. « Elle accompagne des avancées réelles sur l’égalité professionnelle dans les entreprises, mais laisse de côté d’autres éléments fondamentaux : très fortes inégalités maintenues dans le travail en général et dans la sphère privée, intégration d’évolutions dérisoires au plan général… Cela dit, cette course ne va pas être simple, car le milieu des administrateurs étant un cercle assez fermé, le peu de femmes dans les CA est à l’image du peu de femmes à tous les postes de responsabilité dans les grandes entreprises. »

Autre question, celle des jetons de présence que perçoivent également les administrateurs salariés. Sud a ainsi touché 33.312 euros au titre de sa présence au CA de France Télécom en 2009. La somme est placée sur un compte spécifique et reversée à des associations de chômeurs, de lutte contre l’exclusion ou contre la spéculation financière.

 

Ivan du Roy


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Pourquoi la multiplication des faillites restaure

le taux de profit

 

NPA

La prolifération des faillites est caractéristique de la crise du capitalisme. Comment comprendre cet extraordinaire gâchis ?

On ferme. Tout le monde dehors ! Ces derniers mois, la vie de centaines de milliers de personnes a été brisée par les défaillances d’entreprises. Incapables de payer les salaires, les fournisseurs ou les banques, des entreprises entrent en redressement judiciaire et, dans trois quarts des cas, terminent par la faillite et la liquidation.
Pour comprendre ce phénomène, la théorie de Marx de la valeur se révèle incontournable. Le travail humain est la seule source de création de valeur. Pour les capitalistes, la force de travail se présente comme une marchandise. Pour extraire la plus-value (Pl), le travail vivant doit se matérialiser dans des marchandises. Le capital variable (V) désigne sa valeur mise en jeu dans la production, c’est-à-dire les salaires. Le capital constant (C) est la valeur des moyens de production et des matières premières utilisées. Le taux de profit (Tp) se calcule en divisant la plus-value par le capital employé égal à la somme du capital variable et du capital constant.

Tp = Pl / V+C
La plus-value est réinjectée dans la circulation des marchandises pour un nouvel accroissement de la plus-value et des profits. Mais la crise correspond à un blocage de la circulation du capital : le blocage conduit à la diminution du capital variable, à la baisse des salaires et à la diminution de la masse de travail employée. Le processus de travail se ralentit, ou s’arrête totalement par endroits, du capital est réellement détruit. Les salariés sont jetés dehors. Les machines qui ne sont pas utilisées ne sont pas du capital. Les matières premières qui gisent non utilisées ne sont pas du capital. Les marchandises qui pourrissent dans les magasins, tout cela c’est de la destruction de capital. Leur valeur d’usage et leur valeur d’échange s’effondrent. Certains capitalistes font faillite. La valorisation de ces sociétés, la valeur d’échange de leur capital est réduite ou définitivement détruite. (1)
La formule du taux de profit explique que les faillites, parce qu’elles suppriment des emplois (du capital variable) et dévalorisent des machines (du capital constant), contribuent à faire remonter le taux de profit. Elles facilitent aussi les acquisitions d’entreprises à bon marché. Une entreprise réalise 3 millions d’euros de profits pour un capital investi de 100 millions d’euros, soit un taux de profit de 3 %. Si, du fait de la crise, de nouveaux propriétaires l’achètent pour 10 millions d’euros au lieu de 100, leur taux de profit est alors de 30 %. La destruction de capital lors de la Grande Dépression des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale a ainsi rendu possibles les « Trente glorieuses ».

La destruction massive du capital
L’Observatoire des défaillances d’entreprises nous renseigne sur les chiffres clés région par région2. Interprétés à la lumière des découvertes de Marx, ils donnent la mesure de la destruction du capital en France à un rythme annuel supérieur à 10 milliards d’euros.
La défaillance de cinq entreprises concerne 3 300 salariés : Vigimark Sécurité (1 500 salariés), A&O Systems (800), Leduc (400), Auvergne Aéronautique (350) et France Europe Sécurité (250) et au total, ce sont 22 754 emplois menacés ou détruits en mars 2010. La hausse atteint 13 % par an. Sur douze mois, le cumul atteint 222 000 emplois, soit 24 % de plus que l’an passé ! La progression est effrayante : en juillet 2007, 100 000 emplois étaient déjà menacés ou détruits par les défaillances d’entreprises et la barre des 200 000 est franchie depuis juillet 2009. La diminution violente du capital variable dépasse 6 milliards d’euros en valeur annuelle.
Sur douze mois, l’encours fournisseurs de matières premières et de moyens de production des défaillances a passé la barre des 4 milliards d’euros. L’État est aujourd’hui le deuxième créancier des entreprises défaillantes, l’ensemble des dettes fiscales et sociales culmine à 2 milliards d’euros, légèrement plus qu’avec les banques. La diminution du capital constant représente une part du bilan total des entreprises défaillantes de 13 milliards d’euros en valeur annuelle.
Injuste et violent, le capitalisme est aussi inefficace car il conduit à la destruction du capital. Un nombre sans cesse croissant de gens commencent à chercher une explication à ce qui se passe et une autre voie. Les militants anticapitalistes peuvent aller à leur rencontre et fournir l’explication marxiste des crises du capitalisme. La crise peut entrer dans une phase de dépression où les faillites des États, des entreprises et des particuliers risquent d’exploser (3). Parce que les politiques de droite comme de gauche fondées sur l’économie bourgeoise montrent leurs limites, les découvertes et la méthode de Marx reviennent à l’ordre du jour pour sortir du capitalisme.


Frédéric Gudéa


1. Les crises du capitalisme, Karl Marx, Demopolis 2009. Préface de Daniel Bensaïd.


2. À lire et télécharger gratuitement sur www.coface.fr


3. Lire article dans Tout est à nous ! n°35


 

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Le NPA Vichy soutient les Salariés

de Vivanco !

CRC-Vivanco :

une lutte qui dure

 

samedi 24 avril 2010

Les salariés de CRC-Vivanco, à Neuilly-le-Réal (Allier), sont en lutte depuis la liquidation judiciaire de leur entreprise. Un désastre social savamment organisé au fil des années.

En 2002, la société Genica, spécialisée dans l’emballage d’accessoires audio et de téléphonie, se fait absorber par son principal concurrent Vivanco France. Filiale du groupe Vivanco GMBH, coté à la bourse de Francfort, Vivanco France est détenu majoritairement par un fonds d’investissement américain, la Lone Star. En 2005, des réductions d’effectifs commencent.

En 2007, Vivanco renonce au contrat avec Carrefour, son principal client. L’activité du site baisse donc de 50 %, et ne survit qu’avec les commandes de la Fnac.

En 2008, le directeur du site, David Le Moal, se disait « plus que confiant en l’avenir » et prédisait un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en trois ans, rassurant ainsi les salariés. Pourtant, quelques mois plus tard, il cède l’activité accessoires GSM qui représentait la plus grosse part d’activité du site.

En juillet 2009, la société Vivanco France est scindée en deux, avec d’un côté l’administration et de l’autre la production. Celle-ci devient salariée de CRC, filiale de Vivanco. Du même coup, le président du groupe, Philippe Gerding, annonce qu’il ne versera plus un centime pour le site bourbonnais.

Le 7 décembre 2009, Vivanco et CRC sont placés en procédure de sauvegarde par la direction. Entre-temps, Vivanco coupe les vivres de CRC qui se retrouve en cessation de paiement. Le 8 mars 2010, la liquidation judiciaire est prononcée – avec une dette de 520 000 euros qui seront payés par le contribuable – et 34 salariés se retrouvent sans emploi. Avec leurs avocats, ils entament des négociations qui n’aboutissent à rien ; la société leur propose 4 000 euros, payés en deux fois, en plus de leurs indemnités de licenciement, ce que les salariés rejettent en bloc. Ils portent plainte pour escroquerie et réclament 60 000 euros.

Depuis, ils vont d’action en action : blocage de la nationale 7, opération escargot, manifestations, etc. Ils occupent le site 24 heures sur 24, à tour de rôle, avec l’aide de différents syndicats et organisations politiques (dont le NPA), de la préfecture et du conseil général. Seule la droite fait la sourde d’oreille. Pourtant, le ministre Christian Estrosi était averti de l’affaire par le député de l’Allier Guy Chambefort. Mais rien n’avance, un enterrement de première classe est en train de se produire et Vivanco trouve le moyen de répondre à coups de procédures. Chaque salarié reçoit ainsi une assignation en référé car la direction estime que les salariés occupent abusivement le site. Le 21 mars, ils se rendent avec leurs avocats pour la deuxième fois au supermarché Leclerc à Moulins pour obtenir un soutien alimentaire pour leur lutte, ce que le directeur du magasin avait déjà fait en leur donnant une palette de denrées alimentaires.

Les travailleurs déterminés ont décidé de passer la vitesse supérieure si rien ne bouge dans les prochains jours, de faire venir des bouteilles de gaz sur le site pour être sûrs de se faire entendre par les médias nationaux et, bien sûr, l’État.

Comité NPA de Vichy (Voir sur le site national)

 

 

> Autres liens :

 

CRC/VIVANCO : trois salariés en grève de la faim :

 

http://www.lariposte.com/CRC-VIVANCO-Les-salaries-en-greve-de-la-fain-pour-1361.html

 

CRC-Vivanco : de la prospérité à la grève de la faim :

 

http://www.lariposte.com/CRC-Vivanco-de-la-prosperite-a-la-greve-de-la-faim-1364.html

 


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Des salariés racontent

« Barre toi ! »

ou le licenciement à visage inhumain

 

Par Nolwenn Weiler 7 mai 2010, in Basta !


En 2007, 208 salariés de l’usine Barre-Thomas à Rennes sont virés comme des malpropres, après 30 ans de boîte pour certains. Une poignée d’entre eux décide de recueillir les témoignages, à vif, de leurs collègues. Deux ans plus tard, ils publient leur livre. Basta ! a rencontré à Rennes ces survivants de la machine à broyer.


 

« On voulait que les gens sachent  », martèle Denis Jacq, technicien en outillage, qui a passé 34 ans et 7 mois à travailler dans les ateliers rennais de l’équipementier automobile Barre-Thomas, avant d’être licencié en mai 2007. « Qu’ils sachent comment, à notre époque, on licencie des gens qui ont fait 30 ans de boîte. » François Macquaire, juriste à la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), et co-auteur du livre Barre-toi ! (édité fin 2009) poursuit : « C’est important de savoir comment peuvent se passer concrètement les licenciements, à une époque très virtuelle, avec des patrons virtuels comme les actionnaires. »

 

Virée en 30 minutes


Cela donne des récits comme celui de Chantal, qui se souvient : « Le chef est venu me chercher à 9h20. Et à 9h30, il fallait être sorti de l’usine. Ce 26 octobre 2007, comme tous les matins, je conditionnais des pièces. Les chef d’atelier est venu me dire « Bonjour ! Vous pouvez me suivre. » Puis il a ajouté : « Vous partez ! Je ne suis pas un chien, je vous laisse 30 minutes. » Il m’a emmenée directement au bureau sans rien dire, comme si j’allais à l’abattoir. Les gens des machines se sont tous arrêtés pour me regarder. Les collègues pleuraient pour moi. (...) J’ai été licenciée comme une chienne. »

 

« Toutes les personnes que nous avons rencontrées ont eu cette même impression d’un manque total de respect, poursuit Denis Jacq. Ils ont ressenti beaucoup de brutalité dans la façon de leur annoncer leur licenciement. Ce qui m’a marqué aussi, c’est la santé de certaines personnes. Beaucoup de celles et ceux que nous avons interrogés pour le bouquin étaient très stressés, très marqués physiquement.  » A licenciement expéditif, effets négatifs immédiats. « Avec la dureté et la soudaineté des licenciements, les effets ne se sont pas fait attendre, reprend François Macquaire. Les gens se sont retrouvés du jour au lendemain, seuls, chez eux, avec leurs interrogations : pourquoi moi, où j’ai déconné ? Il y a une culpabilité terrible, du fait que rien ne leur a été expliqué, ni annoncé. Ils pensent qu’ils ont mal fait leur travail. Ils cherchent absolument une raison personnelle. Alors, qu’en fait, il n’y en a simplement pas.  »

 

Ouvriers devenus écrivains


« Être ensemble pour faire les recueils, cela nous a motivés, raconte Denis Jacq. On pourrait même dire cela nous changeait les idées ! On sentait que les gens étaient heureux de parler, de s’exprimer. Il y avait comme un soulagement. Ils évacuaient des sentiments enfermés. »

 

« Parfois, c’était dur », ajoute François Macquaire, qui se souvient de récits emprunts de douleur et de tristesse. « D’ailleurs, celui par qui le livre a été déclenché, s’est assez vite retiré du projet. Il trouvait ça trop difficile de digérer son propre licenciement en même temps qu’il écoutait, et réécoutait les histoires des collègues. » A ces difficultés de fond, se sont ajoutés les soucis de forme. « C’était un travail énorme. Nous étions dans l’artisanat avec un grand A. Les corrections, la mise en page, les séances de dédicaces, les rencontres, tout cela était parfaitement nouveau pour nous. Nous avons appris en faisant.  » Il y a aussi eu quelques pressions, les enjoignant de stopper leur projet. Un coup de fil par ci, une pression sur les collègues toujours en poste par là. Finalement, rien n’est venu à bout de la volonté de ces auteurs nouveaux-nés, dont l’ouvrage, préfacé par Edmond Hervé, ancien maire de Rennes et sénateur d’Ille-et-Vilaine, est intelligemment illustré de dessins de BD.

 

Un autre rapport au travail ?


Depuis la sortie de l’ouvrage, les auteurs n’ont pas chômé. Ils sont très sollicités pour des dédicaces et rencontres avec les lecteurs. Ils ont même eu l’honneur, et le bonheur, d’échanger avec Florence Aubenas (auteure d’un livre sur les travailleurs précaires) à propos des travers du monde du travail lors d’une table ronde récemment organisée à Rennes. « Nous aimerions que ce livre soit un support pour la discussion, un lanceur de conversations et de prises de consciences, espère François Macquaire. Nous ne nous opposons pas au principe du licenciement. Simplement, nous pensons qu’il y a des façons de faire qui ne sont pas tolérables. Il faut rester humain. On peut licencier sans détruire. Et en respectant le droit. »

 

En même temps que la genèse du livre, les salariés de Barre-Thomas ont intenté une action en justice contre leur ancien employeur. Et ils ont gagné. Le 12 février 2009, le tribunal de Grande instance de Rennes déclarait nul le plan social. Cette décision était confirmée le 24 septembre 2009 par la Cour d’appel de Rennes. « Cette victoire, ça nous a fait plaisir !  » sourit Denis Jacq. Chaque licencié va recevoir une indemnité de 30.000 euros brut.

 

S’il ne vise pas la révolution, ni le grand soir, le bouquin Barre toi ! est l’occasion d’interroger le rapport des hommes à leur travail. Jean-Luc, l’un des auteurs, parle du bonheur de « reprendre en main sa vie, de ne plus dépendre de la société, de se réapproprier son destin et, donc, de faire des choix. » Denis, lui, admet ne pas si mal vivre la perte de son travail... puisqu’il a découvert voici plus de 20 ans, « qu’il y a des choses plus importantes que le travail dans la vie  ». Mais ça, c’est une autre histoire... et, peut être, un autre livre.

 

Nolwenn Weiler

En savoir plus :

 

Barre-toi ! Le blog


Pour prendre contact avec les auteurs, rendez-vous sur leur blog. Ils sont disponibles pour intervenir auprès d’associations, d’universités ou de syndicats.

 

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Déclaration unitaire des organisations de jeunesse :

la retraite, une affaire de jeunes !

 

Le gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme à marche forcée du système de retraites. « Je veux dire aux jeunes de 20 ans que c’est justement pour eux que nous faisons cette réforme », affirme le ministre du travail Eric Woerth. Nous ne sommes pas dupes de cette hypocrisie. Une nouvelle fois, ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux. En limitant le débat à l’acceptation pure et simple d’un nouvel allongement de la durée de cotisation, le gouvernement adresse aux jeunes un message implicite, mais clair : la retraite ce n’est plus pour vous ! Jeunes en insertion, salariés ou étudiants, c'est sur nous que reposera le financement du système de retraite dans les années à venir, et c’est nous qui subirons toute modification du système actuel. Nous refusons d’être les grands oubliés d’un débat qui nous concerne !

 

Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition


Attachés à la solidarité entre les générations, nous souhaitons financer un système de retraite par répartition de haut niveau qui garantisse un niveau de pension permettant de vivre pleinement le temps de la retraite. Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » a minima, insuffisant pour vivre. Nous refusons la logique d'une retraite basée sur la capitalisation individuelle, inefficace économiquement et inégalitaire socialement. Nous dénonçons la double peine que nous imposerait un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un recul de l’âge légal de départ en retraite: nous finançons les pensions d'aujourd'hui, nous refusons d'avoir à épargner en plus pour nos vieux jours dans des fonds de pension qui peuvent être ruinés du jour au lendemain !

 

Un débat de société escamoté par une nouvelle opération comptable


Parce que la nature du système de retraite qui se met en place contribue à façonner la société de demain, nous refusons la volonté du gouvernement de réduire ce débat à une simple équation comptable. En se limitant à jouer sur la durée de cotisation, le gouvernement s’attaque directement à la solidarité sans aborder les véritables enjeux du système : garantie d’un taux de remplacement, pénibilité, allongement de la durée d’étude et d’insertion, chômage, inégalités hommes – femmes (Aujourd’hui le temps partiel subi, la précarité de l’emploi impactent fortement la retraite des femmes.), répartition du temps de travail et des richesses.


En instrumentalisant les analyses du COR (conseil d’orientation des retraites) pour imposer l’allongement de la durée de cotisation comme seule perspective, le gouvernement élude la question centrale de la répartition des richesses. Depuis 20 ans, la part de la richesse produite attribuée aux salaires ne cesse de diminuer au profit du capital.

 

Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche, nous n'acceptons pas qu'il soit demandé à la jeunesse de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moins importante, conduisant ainsi notre génération à vivre des conditions de retraites moins bonnes que celles de nos parents ! Il n’est pas acceptable que l’allongement de la durée de la vie soit synonyme de régression sociale.

 

Allonger la durée de cotisation ? Pour nous, c’est non !


Cela priverait les jeunes du droit à une retraite à 60 ans à taux plein. Pourquoi cet acharnement à reculer l’âge de départ en retraite quand le chômage des jeunes explose? L’augmentation des besoins de financement est une chance qu’il faut saisir. Nous refusons que le catastrophisme ambiant serve d’argument pour esquiver une nouvelle fois le débat sur la nécessaire augmentation des financements solidaires des retraites par répartition : taxation des stocks options et des revenus financiers, suppression du bouclier fiscal, élargissement de l’assiette des cotisations, suppression d’exonérations de cotisations. Si de nouvelles ressources doivent être immédiatement mobilisées, une véritable politique de l'emploi et de revalorisation salariale destinée à lutter contre le chômage et la précarité est également indispensable pour apporter les recettes nécessaires à la pérennité de notre système de retraite solidaire.

 

Le système de retraites doit prendre en compte l’évolution de la société !


Nous réclamons des réformes qui garantissent nos droits sociaux, et nous souhaitons faire évoluer le système pour mieux prendre en compte l’évolution de la société et pérenniser le système par répartition.

L’allongement de la durée des études et le recul de l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) conduisent les jeunes à commencer à cotiser plus tard que par le passé. Nous exigeons :

 

• la validation des années d'études et de formation dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin d’offrir à chaque jeune la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété par son avenir, même lointain ;

• la validation des périodes de stages, intégrée dans une véritable règlementation contraignante (rémunération à 50% du SMIC dès le premier mois, reconnaissance et encadrement dans la formation) ;

• la validation des périodes d’inactivité forcée, et la prise en compte la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l'enchaînement de stages, de CDD, d’emplois à temps partiel, de périodes d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplets ;

 

En ignorant plus longtemps ces évolutions qui caractérisent notre génération, le gouvernement refuse de garantir aux jeunes qu’ils pourront à leur tour bénéficier d’une retraite solidaire à de haut niveau !

 

Les jeunes seront au rendez-vous du débat public pour affirmer que la retraite est l’affaire de tous !


Nous affirmons notre volonté d’agir ensemble dans les prochains mois afin de défendre l’exigence d’un système de retraites par répartition fondé sur la solidarité, qui garantisse à nos aînés comme aux générations futures une retraite de haut niveau à 60 ans.

 

Les jeunes refusent d’être les grands oubliés du débat qui s’ouvrent et exigent du gouvernement qu’il renonce à l’allongement de la durée de cotisation. Nous demandons à être associés aux discussions en cours.

Nous appelons à la création de comités jeunes locaux pour organiser la campagne au sein de la jeunesse. Nous appelons les jeunes à se saisir du débat sur les retraites, à participer aux initiatives de mobilisation.

 

Le gouvernement ne peut aborder le débat sur les retraites sans l’avis des générations directement concernées par cet enjeu social majeur : les jeunes d’aujourd’hui !


Organisations signataires :

UNEF, UNL, FIDL, Sud Etudiant, LMDE, CGT, FSU, UEC, Attac Campus, JOC, Génération Précaire, MJS, MJCF, Jeunes Verts, JRG, Réseau jeunes du PG, NPA, Gauche Unitaire Jeunes, Branche jeune d’AL


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  • #1

    De la Panouse Vivien (mardi, 04 mai 2010 20:00)

    Je voudrais changer la phrase de Casimir Périer :

    "Il faut que les ouvriers sachent bien qu'il n'est de remède à leurs maux que la patience, la vigilance et une tête, un coeur et un bras remplis à chaque instant d'une caritas (autrement dit, d'un amour) fraternelle aussi forte que le Soleil est chaud.

La fabrique des robots

 

par Elsa Fayner, in Témoignage Chrétien, 15/04/2010


 
Plus de 260 000 salariés travaillent dans des centres d'appels téléphoniques. Près de 0,8% de la population active. Et des conditions de travail plus que douteuses.

Quelle est la différence entre une Box bleue à 29,99 € et une Box rouge à 29,99 € ? Aucune. Comment convain­cre les clients de s’y abonner ? En proposant une hotline technique réactive, en apportant des propositions et des conseils personnalisés 24h/24, bref en suscitant une relation de confiance suffisante pour influencer leurs choix.

C’est le travail d’employés d’un nouveau genre, victimes d’une nouvelle forme de mécanisation du travail inventée dans les call centers ou centres d’appels. Les entreprises qui travaillent sur des marchés de masse (téléphonie, fournisseurs d’accès internet, banques de détail, assurances, etc.) ont inventé la « relation clients », qu’il faut sans cesse entretenir. « On considère que l’acquisition d’un nouveau client coûte beaucoup plus cher que d’en garder un déjà acquis. Ce rapport peut aller de 1 à 5 », peut-on ainsi lire dans un document de l’Institut des métiers de France Télécom, « L’évolution des métiers des centres d’appels, en lien avec le développement du CRM (Gestion de la relation client) ». Il s’agit de connaître de mieux en mieux chaque client afin de lui fournir une réponse personnalisée et d’anticiper ses demandes. Le tout à un moindre coût. Car un réseau d’agences coûte cher. L’apparition et le développement des centres d’appels répondent à une double volonté : améliorer la satisfaction du client tout en réduisant les coûts.

Sondages - Trois mille cinq cents centres d’appels ont été recensés en France en 2008. Ils fonctionnent pour des services après-vente, hotlines techniques, services de conseils et de renseignements. Ils servent à démarcher de nouveaux clients, proposer de nouvelles prestations aux anciens, mener des enquêtes, des sondages, etc. Les employeurs sont principalement les télécoms, la banque-assurance, les fournisseurs d’accès internet, l’énergie, les médias et l’édition.

La plupart de ces centres d’appels, 2 700 d’entre eux, sont internes aux entreprises dont ils vendent les produits ou services. Ils emploient 210 000 salariés et dégagent 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Tandis que 20 % des activités de relation client sont externalisées auprès de prestataires. Dans ces cas-là, ce sont des sous-traitants comme Teleperformance, B2S, Acticall, etc., qui passent et reçoivent les appels pour SFR, Bouygues, Orange, CNC Assurances, ou autres. Cette solution revient moins cher aux entreprises. Le prix horaire en centre d’appels internalisé tourne autour de 55 € alors qu’il avoisine les 26 € en centre externalisé, selon l’Association française de la relation clients.

De manière générale, dans les centres d’appels, l’organigramme prend la forme d’une pyramide écrasée : dans les centres externes par exemple, 88 % des salariés sont des employés et seulement 4 % des cadres. Rémunération mensuelle brute, en 2008 : 1 520 €, selon les chiffres du SP2C, le Syndicat des professionnels des centres de contact. Le secteur a cependant fait des efforts pour fidéliser le personnel, et aujourd’hui, dans les trois quarts des cas, les contrats sont à durée indéterminée. Mais ils n’ont pas l’air de convaincre totalement : l’ancienneté moyenne diminue, elle est passée de 3,7 ans en 2007 à 3,2 ans en 2008.

S’adapter - L’originalité des cen­tres d’appels se situe à deux niveaux. Tout d’abord, leurs responsables ne s’intéressent pas uniquement au temps de travail, à la répétition mécanique du script, cette conversation pré-écrite qui défile à l’écran et qu’il faut lire sans rien oublier. Ils s’occupent également de l’implication du salarié afin que ce dernier fasse un usa­ge de son temps de travail et de ses compétences le plus efficacement possible. Il faut convaincre cha­que client, savoir trouver les mots qui lui parlent, s’adapter, mettre le ton, ménager les silences, faire preuve d’inventivité… tout en restant dans les rails.

Cet usage du temps subjectif de travail qui préoccupe de plus en plus la direction doit en effet servir les objectifs de l’entreprise, analyse José Calderón dans son étude « Le travail face à la restructuration productive : le cas d’un centre d’appels » (1). Ainsi, poursuit le chercheur, l’appel à l’implication des travailleurs s’organise avec la mise en place de dispositifs de contrôle de type normatif qui visent à standardiser et à rationaliser le comportement au travail, à partir d’un modèle prédéterminé du « bon conseiller ». En centre d’appels, les « compétences sociales » des salariés deviennent un outil mis à la disposition des responsables pour parvenir à leurs fins. « Les centres d’appels représentent ainsi l’évolution peut-être paradigmatique du taylorisme vers une nouvelle organisation de type néo-tayloriste qui requiert une certaine implication de la part des travailleurs », conclut le chercheur.

La deuxième originalité des centres d’appels réside dans l’utilisation de nouveaux moyens technologiques. Car la combinaison de la téléphonie et de l’informatique permet l’émergence d’un contrôle qui s’impose de manière diffuse. Concrètement, le téléopérateur est suivi dans tous ses gestes et toutes ses réponses par l’ordinateur. Au fur et à mesure de la conversation, dont le script se déroule à l’écran, le téléopérateur coche des cases, classe les refus et les ventes en fonction de différents critères. Ses classements doivent entrer dans les statistiques. Sinon, cela signifie qu’il a fait des erreurs ou qu’il a tenté de botter en touche. Voilà pour le suivi quantitatif.

Par ailleurs, les nouveaux moyens technologiques permettent au chef d’équipe, mais également à n’importe quel responsable, d’écouter le téléopérateur durant les conversations téléphoniques, sans prévenir. Ces conversations peuvent également être enregistrées et réécoutées avec le salarié pour identifier ses points forts et ses points faibles. C’est ainsi que le système est présenté : les managers sont là pour aider l’opérateur à se conformer à des attentes que tout concourt à présenter comme lui étant extérieures. Ce qui rend le contrôle peu tangible et entrave pour les travailleurs les possibilités de s’y opposer.

Ce contrôle présente en effet un côté extrêmement « soft », analyse l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), dans une note scientifique et technique. Mais il peut se révéler beaucoup plus dur, par exemple quand il s’incarne dans les procédures et les objectifs de performance. Pour l’INRS, ces nouveaux modes de collaboration entre travailleurs et technologies « permettent, par leur évolution conjointe, l’émergence de formes de travail inédites ».

Les chercheurs qui travaillent sur les centres d’appels soulignent l’existence de deux modèles dominants. Le premier est basé sur des systèmes technologiques qui peuvent ne pas être très sophistiqués, avec une organisation caractérisée par un faible niveau de confiance envers les salariés (visant des objectifs définis quantitativement, cherchant à minimiser les coûts, pratiquant une surveillance stricte). Le second, plus récent, s’appuie en revanche sur des solutions technologiques sophistiquées, une autonomie importante des équipes et des hommes, un besoin de personnel au niveau de qualification plus élevé (sélection pointue à l’embauche et formation en interne).

Si le premier modèle cherche à s’imposer par un contrôle strict des coûts, le second insiste, lui, sur la qualité et la richesse du service proposé, précise l’INRS. D’où découlent deux types de management : par contrôle, ou par délégation de responsabilité. Cela dit, poursuit l’INRS, rares sont les centres d’appels qui se situent pleinement dans l’une ou l’autre de ces catégories. Ils se trouvent plutôt à des niveaux intermédiaires.
Ces choix sont partiellement contraints par le contexte externe, le créneau économique de l’entreprise, mais ils résultent également de sa conception de la relation à la clientèle et le type de service qu’elle souhaite proposer.

1. Le travail face à la restructuration productive : le cas d’un centre d’appels, de José Calderón, Formation Emploi n° 96 (2006).

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Pour sauver les retraites,

400 personnalités appellent à taxer les revenus financiers

 

 

Par Ivan du Roy, in Basta !, 07/04/2010

 

Dans un appel, près de 400 économistes, syndicalistes ou personnalités politiques dénoncent les graves conséquences sociales qu’entraînerait un allongement de la durée de cotisations. Pour pérenniser le système de retraite, ils proposent un nouveau partage de la richesse produite.

 

© Droits réservés

 

Les mesures envisagées par le gouvernement pour financer les retraites « condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes ». Et ce, dans un contexte où, depuis quinze ans, la succession des réformes du système de retraite a « déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 % ». Ce réquisitoire est dressé par près de 400 universitaires, économistes, sociologues ou philosophes, de Philippe Corcuff à Henri Sterdyniak (Observatoire français des conjonctures économiques). Ils ont été rejoints par des responsables syndicaux (CGT, Solidaires, FSU, Unef) ou associatifs (Attac, Fondation Copernic, Agir contre le chômage…), et par plusieurs élus ou personnalités de gauche, de Cécile Duflot à Olivier Besancenot, en passant par Noël Mamère, Marie-George Buffet, Patrick Braouezec, Jean-Luc Mélenchon, des proches de Benoît Hamon, comme Razzy Hammadi, secrétaire national du PS, ou des nouveaux élus d’Europe Écologie. Ils lancent ensemble, ce 7 avril, un appel pour « faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites ».

 

Face à des syndicats très divisés sur le sujet, et à des leaders politiques, en particulier au PS et à Europe Écologie, plutôt timorés, cet appel vise à lancer la mobilisation alors que la première phase de concertation s’ouvre le 12 avril, sous l’égide du nouveau ministre du Travail Eric Woerth, et que le Conseil d’orientation des retraites (COR) doit adopter son nouveau rapport le 14. La bataille autour des retraites est lancée.

 

Solidarité entre générations

 

Les principales pistes gouvernementales, et du Medef, pour assurer le financement du système – l’allongement de la durée de cotisation et la suppression de l’âge légal de départ - sont battues en brèche par les signataires : « Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. » Ils craignent également que le COR ne change le mode de calcul des cotisations, donc le montant des pensions perçues, au gré des exigences de financement de l’assurance vieillesse. « Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salariés pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps. »

 

Plutôt que d’allonger l’âge de départ à la retraite « à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef », l’appel propose un nouveau partage de la valeur ajoutée qui résorberait les déficits des caisses de retraite. Ses signataires rappellent que les dividendes ont explosées, passant de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007, pendant que la part des salaires dans la valeur ajoutée chutait en parallèle. Il s’agit donc de s’attaquer aux revenus financiers, qui profitent largement aux plus riches, plutôt que de demander aux salariés de « travailler toujours plus ». « Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité. » Une mobilisation « citoyenne » qui doit se mettre en place d’ici l’automne, quand le Parlement se saisira du projet de réforme.

 

Ivan du Roy

 

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Sans-papiers :

appel unitaire à la mobilisation citoyenne !


 

L’ensemble des organisations signataires ci-dessous, réunis ce jeudi 1er avril, condamnent l’évacuation par les forces de l’ordre de ce matin des sites de grève des travailleuses et travailleurs sans papiers de la rue du Regard et de l’avenue Daumesnil.

 

Depuis 6 mois, 6000 travailleurs sans papiers sont en grève. Ils travaillent ici, ils cotisent, paient des impôts mais n’ont aucun droit en retour et risquent quotidiennement l’expulsion.

 

Après avoir été désavoué dans les urnes, et au lendemain de la présentation par M. Besson en Conseil des Ministres de son nouveau texte sur l’immigration, le gouvernement a décidé d’employer la manière forte. La brutalité policière utilisée a notamment provoqué l’hospitalisation d’un militant de la CGT.

 

Les organisations signataires :

 

  • condamnent cette évacuation qui constitue une atteinte au droit de grève de ces travailleurs,

  • réaffirment leur soutien total à la grève des travailleuses et travailleurs sans papiers pour leur régularisation,

  • exigent que le Ministre du travail M. Woerth reprenne les négociations et rédige une nouvelle circulaire sur des critères simplifiés et harmonisés au plan national pour mettre fin à l’arbitraire préfectoral,

  • appellent les militant-e-s et l’ensemble des citoyen-ne-s à apporter leur soutien et leur protection aux sites de grève,

  • font appel à la solidarité active et financière de l’ensemble des citoyen-ne-s et à la multiplication des comités de soutien,

  • marquent leur volonté d’organiser, en accord avec les grévistes et les 11 organisations syndicales et associatives qui coordonnent le mouvement, des initiatives fortes de mobilisation et de solidarité dans les plus brefs délais.

 

Alternative Libertaire

Les Alternatifs

Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique

Gauche Unitaire

Lutte Ouvrière

NPA

Parti Communiste Français

Parti de Gauche

Parti Communiste des Ouvriers de France

Verts - Europe Ecologie

 

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Violence patronale

 

Intérim :

une entreprise

sans foi ni loi


Par Loudo S. 24 mars 2010, in Basta !

 

Salariés insultés, syndicalistes agressés… Depuis cinq mois, une agence d’intérim parisienne multiplie les provocations contre les travailleurs sans papiers qu’elle emploie dans le bâtiment. Ceux-ci ont osé se mettre en grève pour le simple respect de la loi : leur droit à être déclaré et régularisé.

 

 

 

« La société Multipro est un rempart et ne cédera pas devant le fascisme. Tous unis contre le mensonge, la calomnie et le terrorisme », annonce un écriteau sur la devanture. Les « fascistes », « calomniateurs » et autres « terroristes » sont, selon cette entreprise de travail temporaire, les salariés sans papiers qu’elle refuse de déclarer. L’avertissement n’a, semble-t-il, pas dissuadé ces derniers : 32 travailleurs sans papiers sont en grève depuis le 23 octobre 2009. À l’appel de leur syndicat, Solidaires, plusieurs dizaines de soutiens ont manifesté ce 19 mars devant l’agence d’intérim, dans le 11ème arrondissement de Paris, pour obliger la direction à négocier puis à signer les contrats de travail nécessaires à l’obtention de papiers.

 

Multipro multirécidiviste

 

« On est venu lui montrer que la rue ne lui appartient pas », lance Sébastien du syndicat Solidaires. C’est pourtant la rue que le directeur adjoint de l’agence, Thierry Belhassen - le fils d’André Belhassen, directeur de Multipro - choisit pour rappeler que, non content d’avoir le verbe haut, il pouvait avoir la tête dure. Face à un syndicaliste qui a l’insolence de venir lui parler, le directeur adjoint conclut l’échange par un coup de tête zidanesque. L’arrivée de la police lui permet ensuite d’aller chercher ses employés dans les locaux de l’agence, moquant les slogans « Thierry voyou, patron voleur » des manifestants. Le vendredi étant jour de paye, il transforma pour l’occasion le restaurant du coin de la rue en agence d’intérim.

 

Multipro a l’habitude de créer des agences. Alors que la direction prétendait ne pas pouvoir payer la taxe Anaem relative à l’embauche d’étrangers pour raison financière, elle a ouvert une agence près de la place de la Nation, à Paris, pour remplacer celle occupée par le collectif de grévistes, boulevard Ménilmontant. C’est devant cette nouvelle boutique que le 24 février dernier s’étaient rassemblés près de 400 soutiens, militants associatifs, syndicaux et élus afin de protester contre les violences patronales du 19 février, envers les grévistes. Les dirigeants de Multipro n’en sont pas à leurs premiers coups d’éclats. Pour l’instant, dans une quasi impunité.

 

À patron têtu, grévistes obstinés

 

Alliant insultes racistes, agressions physiques et mutisme, les dirigeants persistent depuis cinq mois dans leur entêtement mais ne signent toujours pas les formulaires d’embauche Cerfa, nécessaires à la régularisation. Après avoir accepté de reconnaître quatre grévistes lors de pourparlers le 9 janvier, ils sont finalement revenus sur leur décision arguant un manque de travail. Le directeur, André Belhassen, a transmis au procureur de la République l’ordonnance du référé daté du 25 janvier qui stipule l’expulsion des locaux.

 

Côté grévistes aussi, on s’organise : « Plusieurs plaintes ont été déposées, une enquête est instruite par le Procureur de la République parce qu’on va pas le laisser faire », préviennent-ils au mégaphone. L’inspection du travail a également été saisie pour que les négociations reprennent mais, précise Sébastien, « par l’intermédiaire des avocats vu ce qu’il s’est passé ». En parallèle, grévistes et syndicats poursuivent leurs actions. La semaine passée, ils ont occupé les dépôts de chantiers des entreprises LDT, Sotravia et Doyère pour interpeller les principaux donneurs d’ordres de Multipro.

 

Loudo S.

 

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Le 23 mars,

tous en grève,

tous dans la rue.

 

NPA

 

retraites-quatre.JPG

Pas de moratoire sur les retraites, a annoncé le gouvernement. Pour s’opposer à la destruction du système par répartition, les syndicats appellent à une journée de mobilisation le 23 mars.
Faisons en sorte qu’elle soit massive.


Sarkozy et Fillon l’ont dit et redit : le résultat des élections régionales n’influencera pas les décisions gouvernementales prévues. C’est en premier lieu le dossier des retraites qui va être mis sur la table avec un projet de loi présenté au gouvernement cet été, et un vote au Parlement, en septembre.Notre système de retraite est fondé sur la répartition, c’est-à-dire la solidarité entre générations, la prolongation du salaire, hors de toute capitalisation. En 1983, la gauche applique certaines de ses promesses : retraite à 60 ans, taux de pension passant de 40 à 50 % du salaire et calculée sur les dix meilleures années.


C’est le Livre Blanc de Rocard en 1985, mettant en avant le péril démographique et le déficit croissant, qui va fonder les contre-réformes réalisées jusqu’à aujourd’hui. Dès lors, l’entreprise de démolition s’accélère : passage à 40 annuités pour le privé, prise en compte des 25 meilleures années, indexation des pensions sur les prix (Balladur 1993), création de la CRDS puis CSG, alignement du public sur le privé. Seule la grande mobilisation de 1995 retarde la liquidation des régimes spéciaux.


Ce sont les mêmes arguments qui reviennent aujourd’hui : catastrophisme démographique et déficit insupportable. Mais l’insupportable, c’est le million de retraités sous le seuil de pauvreté et la moitié qui survit avec une pension inférieure à 1 000 euros. L’insupportable ce sont les trois quarts des femmes qui ne touchent que le minimum vieillesse (678 euros), avec des pensions inférieures de 40 % à celles des hommes.


Les mesures envisagées par le gouvernement ne s’attaqueront pas à ces scandales. Au contraire ! Reporter l’âge de départ légal en retraite, augmenter le nombre d’années de cotisation nécessaires alors que les deux tiers des salariés ne sont plus au travail à 60 ans et avec 5 millions de chômeurs, sont des escroqueries.
Mais l’objectif n’est pas là. Ils veulent faire payer aux retraités « leur crise » en diminuant encore les pensions tout en s’attaquant aux fondements du système, la répartition. Par l’introduction dans le régime obligatoire d’un mécanisme par « points » ou « notionnel » dans lesquels la pension dépend de la situation économique et de l’espérance de vie. Et en favorisant la capitalisation : les salariés qui en ont les moyens pourront prendre des assurances pour éviter la misère des retraites de base.


La déferlante de publicité pour les assurances vieillesse privées montre l’intérêt des assureurs pour l’affaiblissement de notre système de retraite.


Pourtant, les moyens pour financer les retraites existent, mais il s’agit d’un choix de société. Inutile de convoquer des dizaines d’experts en démographie, sociologie ou économie. Face au déficit de la branche vieillesse de la Sécu (8 milliards d’euros), délibérément organisé par les gouvernements de droite et de gauche depuis trente ans, il y a des solutions car dans le même temps, la part des salaires dans la répartition des richesses a diminué de 10 %.


Voilà ce qu’il faut changer. Une augmentation de 300 euros pour tous les salariés représente 31 milliards d’euros pour les retraites, 100 000 chômeurs de moins c’est 1, 3 milliard de cotisations et 1 % de cotisation patronale sur l’ensemble du salaire rapporterait 4, 9 milliards. Avec l’augmentation des salaires directs et socialisés et la création d’emplois, nos revendications concernant les retraites peuvent être satisfaites.


Face à de tels enjeux, la mobilisation de tous est indispensable. Pourtant, tout en étant incomplète (CGT-CFDT-UNSA-FSU-CGC-Solidaires), l’alliance des organisations syndicales est des plus discrète sur les revendications et peu offensive sur les modalités d’actions.

 

La première mobilisation du 23 mars doit être l’occasion pour toutes et tous de montrer notre volonté de faire reculer le gouvernement. Il faut s’en saisir. Mais cette première journée ne doit pas rester sans lendemain. Partout dans les quartiers, dans les entreprises, il faut susciter des initiatives regroupant organisations syndicales, politiques, associations, toutes celles et tous ceux qui, sur cette question, ne veulent rien lâcher.

Robert Pelletier

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«Tous les mensonges sont bons pour fermer des lits»

 

REPORTAGE

 

Des centaines de salariés de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris se sont rassemblés ce vendredi devant le siège de leur employeur, à Paris, pour protester contre les suppressions d'emplois qui les menacent.

 

Libé 12/03/2010

 

Devant le siège de l'AP-HP, ce vendredi à Paris.

Devant le siège de l'AP-HP, ce vendredi à Paris. (© AFP photo AFP)

 

Ils sont plusieurs centaines ce vendredi midi devant le 3 avenue Victoria, siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, dans le IVe arrondissement parisien. Présents pour les premiers depuis 10 heures du matin. Tous sont salariés de l'AP-HP. A l'appel de l'intersyndicale CFDT, CFTC, FO, SUD, CGT, ils se sont rassemblés pour protester contre «les suppressions d'emplois et des restructurations» dans les hôpitaux franciliens, «conséquence de la loi Bachelot».

 

Depuis la veille, un groupe de leurs collègues occupe pacifiquement les locaux et a déployé des drapeaux syndicaux aux balcons.

 

Des personnalités politiques candidates aux élections régionales sont présentes sur le pavé, notamment Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), et la première adjointe au maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo.

 

Non loin, les salariés de l'AP-HP expliquent volontiers les motifs de leur colère. Dont Marcel, 34 ans, agent administratif (non syndiqué) à l'hôpital Trousseau. «Ce plan qu'ils appellent de réorganisation est purement économique. Leur but est juste de démanteler les services de soin, de casser le service public.» Marcel craint que la majeure partie de l'activité de Trousseau soit «rebasculée sur les hôpitaux Necker ou Debré». Le salarié ne comprend pas cette logique administrative. «On vient de nous faire une maternité haute technologie dernier cri. Elle aura trois ans en juin. Quel intérêt?»

 

Hélène, également agent administratif, avoue son inquiétude : «C'est sûr, ils ne vont pas reprendre tous les personnels.» Et la salariée d'anticiper: «Ils vont nous faire trois propositions de postes, et si on refuse, ce sera la porte.»

 

Quelle suite pensent-ils que leur mouvement du jour va prendre ? «Il y a des AG dans tous les hôpitaux de l'AP-HP. On attend maintenant des nouvelles de nos collègues qui occupent le siège.» Et de menacer: «On n'est pas encore en grève générale, mais ça peut le devenir.»

 

A quelques dizaines de mètres, devant la porte du siège de l'AP-HP gardée par une dizaine de gendarmes mobiles, quatre salariés sont assis dans des fauteuils roulants auxquels sont accrochés des pancartes: «Avec Leclercq (le directeur général, ndlr), le pays où l'AP-HP est précaire.» ou encore: «Economies sur des vies : - 300 millions d'euros, - 4.000 postes. 1,6 million d'euros de gâchis (H1N1)»

 

De l'autre côté de l'avenue, Catherine, 52 ans, scande elle aussi des slogans hostiles à la réorganisation. Cette secrétaire médicale salariée de l'AP-HP depuis seize ans travaille à l'hôpital Clémenceau de Champcueil, dans l'Essonne. Cet établissement de gérontologie risque de perdre 37 lits de rééducation et de «soins de suite». Soit «quatre emplois». Elle ne sait pas si elle va conserver le sien. «Ils disent qu'ils veulent redéployer cette activité à l'hôpital Rothschild (XIIe), parce que nous accueillons une majorité de patients parisiens. C'est archi faux. Ils sont prêts à tous les mensonges pour justifier leurs arbitrages. Nous recevons au maximum 3% de Parisiens.»

 

Quatre jeunes salariés du même hôpital Clémenceau de Champcueil écoutent à quelques mètres. Marie-Claire est ergothérapeute. Typhaine, Laëtitia et Guillaume sont psychologues. Les deux premières sont en CDI. Les deux derniers, en CDD, craignent de perdre leur emploi.

 

«Il y a de grandes chances que nous ne soyons pas renouvelés. Mais les arguments de l'administration sont fallacieux. Ils veulent juste fermer les hôpitaux de proximité. Déjà que nos patients ne reçoivent pas beaucoup de visites... Si en plus on les déménage à Paris, alors qu'ils viennent de l'Essonne, de Seine-et-Marne et du Loiret...» Et les quatre jeunes professionnels de s'interroger sur les motivations de fermeture de lits : «Nous avons un taux de remplissage de 95%. Et il faut douze jours pour obtenir un lit... Vraiment, on ne comprend pas... Tous les mensonges sont bons pour fermer des lits...»

 

Il est 13h30. Les manifestants lèvent le camp.

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Education nationale : entre 13% et 50%

de grévistes

 


Plusieurs syndicats de l'éducation avaient déjà manifesté le 30 janvier à Paris (AFP)

Plusieurs syndicats de l'éducation avaient déjà manifesté le 30 janvier à Paris (AFP)

Les chiffres de la participation à la grève des enseignants dans les collèges et lycées, à l'appel de l'intersyndicale SNES-FSU, FO, CGT, Sud-Education, FAEN et SNALC, diffèrent vendredi matin 12 mars selon les sources. Elle serait de 50% selon le syndicat Snes-FSU, Frédérique Rolet, et de 13% selon une "estimation provisoire" du ministère de l'Education nationale.

 

Un écart important


Ainsi, "à la mi-journée", selon le communiqué diffusé par le ministère à 10h45, le taux de participation serait de 8,03% dans les lycées professionnels, 11,7% dans les lycées d'enseignement général et 15,14% dans les collèges, soit une "moyenne pondérée" de 12,9% de grévistes parmi les enseignants du second degré.
"Autour de 50% des professeurs" sont grévistes, soit "un peu plus d'un sur deux dans les collèges" et "environ 40% dans les lycées", a assuré de son côté la cosecrétaire générale du syndicat Snes-FSU, Frédérique Rolet.
Le Snes-FSU reproche notamment au ministère de rapporter le nombre des grévistes constatés le matin à l'ensemble des personnels, qu'ils soient en exercice ou non le jour de la grève.
Selon le SNUipp-93, les écoles des villes proches de Paris connaissaient 40 à 60% de grévistes et le reste du département 20 à 30%.

 

Une soixantaine de manifestations


L'intersyndicale SNES-FSU, FO, CGT, Sud-Education, FAEN et SNALC des personnels des collèges et lycées appelle à une grève nationale vendredi contre les suppressions de postes -plus de 16.000 prévues en 2010 dans l'Education- et les réformes du gouvernement dans le second degré. Une soixantaine de manifestations sont prévues un peu partout en France, selon les syndicats. A Paris, un cortège partira à 14h30 du jardin du Luxembourg en direction du ministère de l'Education nationale. Cet appel à une journée de mobilisation avait été lancé mi-février lors des grèves qui touchaient plusieurs lycées de l'académie de Créteil suite à des violences dans deux établissements.

 

Etats généraux sur la violence à l'Ecole


Jeudi, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a installé le conseil scientifique chargé d'organiser les Etats généraux sur la violence à l'Ecole promis à la suite de ces mouvements, des Etats généraux qui se tiendront les 7 et 8 avril. Ce conseil est composé de 15 personnalités spécialisées sur les questions d'éducation, de comportement, ou encore de délinquance juvénile, dont certaines viennent des Etats-Unis, du Canada, d'Israël, de Grande-Bretagne, du Luxembourg et de Belgique. Il devra "apporter une expertise de haut niveau sur les phénomènes de violence et leurs causes, avec notamment une approche internationale", précise un communiqué du ministère. Il devra également "identifier les thématiques qui vont structurer la réflexion des Etats généraux" et "accompagner, dans une logique de suivi et d'évaluation, la mise en œuvre des préconisations qui émergeront".

"Remise en cause de l'éducation prioritaire"


Mais pour les syndicats, les difficultés des personnels et les tensions trouvent leurs causes dans la politique menée par le gouvernement. Le SNES, premier syndicat des enseignants des collèges et lycées, dénonce ainsi dans un communiqué les "suppressions massives de postes", les réformes "inacceptables du lycée, de la formation des enseignants et de la gouvernance des établissements" ou encore, selon lui, la "remise en cause de l'éducation prioritaire" et la "casse du service public d'orientation".

 

Pour "le retrait de réformes"


Dans les collèges et les lycées, "les conséquences de cette politique sont durement ressenties: accroissement de la charge de travail des personnels, dégradation de leurs conditions de travail, détérioration des conditions d'études pour les élèves", estime le SNES. Dans un communiqué, l'intersyndicale, qui a sollicité à deux reprises ces dernières semaines, mais sans succès, une audience auprès de Luc Chatel, demande au ministre "le retrait de réformes, dictées en grande partie par la recherche frénétique d'économies budgétaires, conduisant à la suppression massive d'emplois indispensables au service de l'Ecole de la République"

 

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SÉCURITÉ SOCIALE.

 

Les Caisses d’allocations familiales

«au bord de l'implosion»

 

Le Parisien 11/03/2010

 

Caisses obligées de fermer pour écluser les dossiers en attente, téléphones sonnant dans le vide, allocataires au bord de la de nerfs... Les Caisses d’allocations familiales (CAF) , submergées de demandes du fait de la , craquent de tous côtés.

 

Dans une lettre confidentielle , que nous nous sommes procurée, envoyée le 26 février à , ministre du Travail, le président du conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), Jean-Louis Deroussen, alerte sans détour le gouvernement sur le fait que, « depuis juillet 2009, la demande sociale explose ».

 

« En ce début d’année 2010, la situation des CAF semble s’aggraver dangereusement », à tel point « que l’ensemble de l’institution est proche de l’implosion », conclut-il. Pis, poursuit cette missive, même la mise en place de « dispositions à l’ampleur inédite », comme la « réduction de l’offre de service en accueil physique » ou la « multiplication des CDD » n’a «pas permis de rétablir durablement un équilibre qui demeure très fragile ». Ces derniers mois, plusieurs syndicats avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, pointant la charge de travail accrue des 36 000 agents. Dans le Val-de-Marne, des centres ont dû fermer dix jours, fin 2009, afin de digérer les retards. En Seine-Saint-Denis, les retards de versement ont parfois atteint plusieurs mois.


Les versements de RSA menacés

 

Aujourd’hui, la crise s’est propagée à tout le réseau. Et pour cause… selon une note d’information interne, que notre journal a pu consulter, le nombre de visites dans l’une des 123 CAF a bondi de 14,8 % en 2009, le nombre de pièces à traiter a progressé de 10,9 %, tandis que le nombre d’appels téléphoniques, lui, grimpait de 36,6 % !

 

« A ce rythme, les retards de versement, notamment pour le RSA, vont se multiplier », s’alarme un directeur. Dans sa lettre, Jean-Louis Deroussen, lui, réclame « instamment » que le gouvernement revoie « les moyens alloués à la branche famille », d’autant qu’en 2010 les CAF se verront confiées de « nouvelles charges » comme les impayés de loyers, le RSA jeunes ou la CMU complémentaire.  Contacté hier, l’entourage de Xavier Darcos attend d’avoir « des précisions supplémentaires sur ces surcharges avant de se décider » et rappelle que « les 1 200 créations de postes décidées lors de la création du RSA commencent à arriver sur le terrain ». Beaucoup ne seront là qu’en 2011 : chaque nouvelle recrue doit être formée pendant dix-huit mois avant d’être opérationnelle.

 

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Les annonces de Total ne calment pas les salariés des raffineries

 

La direction a décidé ce lundi l'arrêt de l'activité raffinage à Dunkerque, mais projette d'installer sur le site un centre d'assistance technique et une école de formation, ainsi que sa participation à la construction d'un terminal méthanier avec EDF.

 

Libé 08/03/2010

 

Ce lundi matin, devant le siège de Total à La Défense.

Ce lundi matin, devant le siège de Total à La Défense. (Reuters)

 

«Les annonces de Total, c'est zéro.» Thierry Dufresne résume le sentiment des centaines de salariés de Dunkerque et d'autres raffineries, venus manifester devant les tours de Total de La Défense (Hauts-de-Seine) alors que s'y déroule un comité central d'entreprise. «Tout ce qu'ils proposent, c'est une plateforme technique avec environ 200 emplois», ajoute ce syndicaliste CGT membre du comité central d'entreprise, qui se tenait dans la matinée.

 

Total a annoncé l'arrêt de l'activité raffinage à Dunkerque, un projet d'y installer un centre d'assistance technique et une école de formation, et une participation à la construction d'un terminal méthanier avec EDF.

Ce dernier projet vise à créer une cinquantaine d'emplois directs, alors que le site nordiste en compte 370, mais le groupe assure que l'emploi sera garanti pour tous ses salariés à travers les autres activités.

 

Pourtant, au pied des bureaux de Total à La Défense, l'amertume a envahi les salariés partis en cars de Dunkerque au petit matin, ainsi que leurs collègues venus d'autres sites.

 

«C'est très difficile depuis septembre (date d'arrêt provisoire de la raffinerie de Dunkerque, ndlr), témoigne David, 32 ans, en charge de la sécurité des installations. Tout ce qu'on veut, c'est bosser et on a encore des moyens de pression pour les faire plier», ajoute-t-il, alors que les salariés nordistes sont en grève depuis deux mois.

 

«L'école de formation, on nous a déjà dit ça le 1er février, mais on est pas des formateurs nous, on est des raffineurs, s'exclame Joël, chez Total depuis vingt-sept ans. Et le centre technique, cela veut dire passer 70% de notre temps en déplacement, loin de nos familles. On ne veut pas de ça.»

 

Son collègue Vincent se dit, lui, «très en colère». Quelques minutes plus tôt, les manifestants sont allés du siège de l'activité raffinage à une autre tour abritant le siège de l'ensemble du groupe, distant de quelques centaines de mètres.

 

Les salariés ont voulu entrer dans le hall et se sont fait refouler par les gaz lacrymogènes des gendarmes. Quelques vitres ont été brisées.

 

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DUNKERQUE

Total : des salariés bloquent des cuves de pétroles

 


Les salariés du site de Total manifestent dans les rues de Dunkerque le 4 mars.

Les salariés du site de Total manifestent dans les rues de Dunkerque le 4 mars. AFP

Des salariés de la raffinerie Total de Dunkerque, menacée de fermeture, ont bloqué vendredi 5 mars des cuves contenant 500.000 tonnes de pétrole brut, en démontant des mécanismes de pompage, à trois jours d'une réunion qui doit décider de leur avenir, a constaté un journaliste de l'AFP.
Plusieurs dizaines d'employés du site des Flandres, à l'arrêt depuis septembre, se sont rendus vendredi à l'aube sur la zone de stockage de pétrole brut. Ils ont démonté des composants électroniques indispensables au fonctionnement des pompes qui servent à extraire le contenu des cuves.
Les pompes servent habituellement à acheminer via un pipeline de 8km les hydrocarbures à la raffinerie. Les salariés affirment avoir appris que la direction de Total envisageait de faire en sorte que le pétrole puisse être chargé sur des navires à destination d'autres raffineries.

 

"On veut raffiner"


Des salariés cagoulés sont sortis de l'usine en portant les composants de la taille de petites valises, sous les applaudissements des grévistes, avant de les charger sur des remorques.
"On veut raffiner. On ne veut pas que ce (pétrole) brut s'en aille d'ici", a déclaré Philippe Wullens, délégué syndicale Sud (majoritaire sur le site), en évoquant un "trésor de guerre".
Selon lui, Total a réalisé une plus-value de 200 millions d'euros entre le moment de l'achat de ce pétrole à l'automne et aujourd'hui, en raison de l'augmentation des cours.
Une partie des composants électroniques sera remise aux services de l'Etat, une autre à la région et une troisième à la communauté urbaine de Dunkerque, sachant que tout le matériel est nécessaire pour faire redémarrer les pompes, a expliqué Marcel Croquefer, secrétaire du pôle chimie CGT.
"Ce pétrole ne doit pas quitter les cuves tant que les choses ne sont pas arrêtées", a-t-il dit.

 

Grève


Des propositions pour l'avenir de la raffinerie des Flandres doivent être annoncées lundi lors d'un comité central d'entreprise (CCE). La direction envisage une fermeture définitive du site qui emploie 380 salariés, plus 400 personnes chez les sous-traitants.
Les menaces de fermeture avaient entraîné fin février l'ensemble des raffineries françaises du groupe dans un mouvement de grève de plusieurs jours. Les syndicats y avaient mis fin après des garanties apportées par Total sur l'avenir de l'activité de raffinage en France.
Les salariés de Dunkerque, qui poursuivent seuls leur grève commencée le 12 janvier, devaient par ailleurs bloquer dans la matinée une partie du port de Dunkerque.

 

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Ce lundi, c'est

"journée sans immigrés"

 

 

Pas de papiers, mais tout de même des feuilles d'impôts. Une situation qualifiée de "racket" par les associations (AFP)

Pas de papiers, mais tout de même des feuilles d'impôts. Une situation qualifiée de "racket" par les associations (AFP)

Le collectif "24 heures sans nous" appelle à faire du lundi 1er mars une "journée sans immigrés" afin de démontrer leur place dans l'économie du pays d'accueil. Il s'agit d'une initiative nouvelle avec des ramifications dans plusieurs pays européens. Le collectif, qui se présente comme un "mouvement citoyen", convie "les immigrés, enfants d'immigrés et les citoyens conscients de l'apport de l'immigration en France" à cesser de "consommer et/ou travailler" ce jour-là, à arborer un ruban jaune en signe de solidarité et à participer à des rassemblements entre 12h et 14h. L'idée de ce boycott symbolique de l'économie est née d'un "ras-le-bol de la stigmatisation" des immigrés qui s'est cristallisé après la petite phrase de Brice Hortefeux à propos d'un jeune militant maghrébin à l'université d'été de l'UMP : "il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".

 

"Logique de stigmatisation"


Une des initiatrices de "la journée sans immigrés", Nadia Lamarkbi, explique que le collectif s'est inspiré du mouvement de protestation mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d'immigration. La date du 1er mars marque le cinquième anniversaire de l'entrée en vigueur du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA), qui instaurait une immigration "choisie" sur des critères économiques. Rapidement, le mouvement a pris forme à partir du site internet du collectif et de Facebook. Il sera suivi également en Espagne, en Grèce et en Italie, et selon les organisateurs, des collectifs semblables sont "en train de se former" en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse. Le collectif évoque une "logique de stigmatisation en marche dans plusieurs pays", de sorte qu'il envisage de "mettre en place une structure pour se faire entendre au niveau européen". A Paris, un rassemblement est prévu sur le parvis de l'hôtel de Ville, de même qu'à Reims, Amiens, Lyon.

 

"L'immigration, c'est une chance"


En Italie, des manifestations sont notamment prévues à Milan, Rome et Naples. Egalement, une rencontre à Rosarno (Calabre), qui fut en janvier le théâtre d'affrontements violents entre habitants et saisonniers africains. En Grèce, le collectif est né il y a seulement cinq semaines. Il n'appelle cependant pas à faire grève "parce que les grévistes perdraient automatiquement leur emploi". Il incite toutefois à ne "rien dépenser" ce jour-là.
La Cimade, France Terre d'Asile, Réseau Education sans Frontières, ou encore l'association des travailleurs portugais en France, ont apporté leur soutien au collectif "24 heures sans nous". A l'instar de quelques syndicats comme la CFDT et la FSU. Il dit ne pas avoir pris contact avec des mouvements trop politisés, tenant à son rôle de "mouvement citoyen", apolitique, militant pour la "reconnaissance de la dignité de chacun, avec ou sans -papiers". Il faut faire prendre conscience, insiste Nadia Lamarkbi, que "l'immigration n'est pas un problème en france, c'est une chance".

 

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Interview d'un gréviste de Total...

 

NPA

 

L'annonce de Total de la fermeture de la rafinerie des Flandres a lancé une forte mobilisation de l'ensemble des salariés du groupe. Nous faisons le point avec Benjamin Desjardin, salarié à la raffinerie de Normandie à Gonfreville l'Orcher.

 

NPA: Peux-tu expliquer les raisons de la grève actuelle ?

 

« Depuis mercredi 18 février, les salariés des raffineries, centre de dépôts et des établissements de production de Total en France sont en grève en solidarité avec les collègues de la raffinerie des Flandres (à Dunkerque) avec arrêt total de la production de carburant depuis jeudi soir dans les raffineries.


Toute cette mobilisation a pour origine l’arrêt depuis septembre 2009 de la raffinerie dunkerquoise, suite à une supposée diminution des consommations françaises alors qu’on y fait parvenir des produits de l’étranger déjà raffinés.
Ils se sont mis en grève illimitée suite aux rumeurs médiatiques patronales en janvier sur la fermeture de la raffinerie dunkerquoise afin d’avoir des réponses de la direction générale. Les autres raffineries se sont mises en grève par solidarité avec leurs collègues. Ils se sont donnés rendez vous à Paris au siège social le 1er février, le jour du CCE mais sans réponse claire de la direction et un calendrier lointain, malgré une forte mobilisation de milliers de salariés de Total de toute la France avec appui de ceux des entreprises dunkerquoises et d’Exxon. Suite à cela les salariés de dunkerque ont posé un ultimatum à la direction au 15 février pour redémarrer la raffinerie, sans quoi ils l’exécuteront eux même. Le mardi 16, ils ont donc investi le site malgré la présence de la police privée patronale en nombre qui a réussi à blesser quelques salariés, et les autres raffineries se sont mises en grève de 48 heures par solidarité.


De plus, le groupe Total a prévu également de fermer ou vendre des dépôts, ce qui a mené à une grève plus importante. »

 

NPA: Comment se déroule le mouvement ?

 

« Le mouvement de grève se passe dans un climat serein, malgré les pressions patronales et hiérarchiques habituelles sur les salariés gréviste. La grève est appuyée par l’intersyndicale CGT, FO, SUD et CFDT. Le syndicat des cadres CGC nous ayant abandonné, sans surprise. Les prises de paroles sont effectuées à chaque relève pour informer de la situation et consulter les salariés qu’ils soient en quart ou de journée. Les salariés sont toujours très nombreux à poursuivre le mouvement à chaque relève depuis le début de la grève. »

 

NPA: Comment vois-tu la suite du mouvement ?

 

« La balle est désormais dans le camp de la direction générale et leur silence ne fait que durcir le mouvement de grève totale.


Le ton s’est d’ailleurs endurci depuis jeudi soir à cause du mutisme face aux exigences fixées par les salariés de Total. De plus, à l’heure où je vous parle, les salariés d’Exxon, également inquiets de leurs avenirs, nous rejoindraient dès lundi dans le mouvement.


Il faut savoir que la discrétion de leur part n’est pas innocente, en effet, le gouvernement, à l’approche des élections régionales, fait pression afin qu’une réunion ne s’y tienne qu’après ces scrutins. On pourra craindre une forte recrudescence des suppressions d’emplois en général en France suite aux élections, et ce serait valable pour le groupe Total si nous ne nous sommes pas mobilisés en ce moment.


Les conditions fixées par la majorité des syndicats et par les salariés sont les suivantes :

 

  • Départ immédiat des vigiles du site de Flandre
  • Engagement écrit de la direction du groupe pour retraits des plaintes, aucune pression sur les salariés de Flandre et d’où que soient les salariés grévistes.
  • Dispositions pour permettre le maintien du contrat de travail Total en cas de cession.
  • Tenue d’une table ronde nationale sur l’avenir du raffinage et l’indépendance énergétique du pays (gouvernement).
  • Tenue d’une table ronde sur dunkerque pour la pérennité du site des Flandres et du bassin Dunkerquois. (réalisation du grand arrêt d’entretien prévu initialement en mars, redémarrage...)
  • Respect des IRP et du code du travail, et engagement sur un plan d’investissement pour l’ensemble des sites, donnant une vision claire de la stratégie de l’entreprise.
  • Obtention, au-delà des expertises au niveau français, d’une expertise européenne sur l’avenir du raffinage. »

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DREUX (EURE-ET-LOIR), 19 FEVRIER 2010. Les salariés de l'usine Philips manifestent leur joie à l'énonce du jugement en référé du TGI de Chartres.
DREUX (EURE-ET-LOIR), 19 FEVRIER 2010. Les salariés de l'usine Philips manifestent leur joie à l'énonce du jugement en référé du TGI de Chartres.

Philips Dreux :

le tribunal ordonne la reprise du travail

 

Le Parisien 20/02/2010

 

Le travail reprendra lundi à l'usine Philips de Dreux (Eure-et-Loir). Même si ce n'est que provisoire, c'est une grande victoire pour le 212 salariés du site et un camouflet pour le groupe néerlandais. Ce vendredi peu après 17 heures, le  tribunal de grande instance de Chartres a ordonné la reprise du travail dès lundi, sous peine d'une astreinte de 25 000 euros par jour, et la «suspension du projet de licenciements collectifs», dans l'attente d'une meilleure consultation des représentants du personnel.

 

Dans la soirée, la direction a indiqué dans un communiqué qu'elle «se conformera aux conclusions de l'ordonnance de référé». «La production reprendra ce lundi, dans l'attente d'une prochaine réunion avec les partenaires sociaux», a-t-elle précisé.

 

Les élus du CE manquaient d'informations «primordiales» 

 

Si la fermeture du site est évoquée depuis octobre, les employés avaient reçu samedi une simple lettre les informant de ne pas venir lundi matin au travail, sans leur notifier leur licenciement. Un autre courrier les informaient de propositions de reclassement en Hongrie à 450 euros par mois. Face à ces méthodes, les salariés avaient saisi la justice lundi sur «l'absence d'avis du comité d'établissement et du comité central d'entreprise», reprochant au géant néerlandais de l'électronique d'avoir arrêté la production avant d'avoir notifié aux salariés leur licenciement.

 

Dans son ordonnance, le tribunal a poté un manque d'informations «primordiales» pour l'examen du volet économique du plan social. Il estime par conséquent que les élus au comité d'entreprise n'étaient pas en mesure d'émettre un avis éclairé sur ce plan. Il a également condamné Philips à payer 1 000 euros chacun à la , à FO et au comité d'entreprise.

 

FO : «Cette décision va faire jurisprudence»

 

«C'est une énorme victoire pour les salariés de Philips et plus globalement pour les travailleurs», a déclaré, Manuel Georget, délégué CGT. «Les travailleurs ont été tellement victimes de défaites, que cette victoire renforce aujourd'hui notre combativité»,.a-t-il ajouté. Il s'agit d'«une victoire importante pour les salarié-e-s du site et pour les qui les soutiennent», renchérit le syndicat Solidaires.

 

Pour l'avocate de l'union départementale FO, Me Sandra Renda, «cette décision, qui va faire jurisprudence, montre qu'on ne ferme pas en France une usine comme ça (...) Lorsqu'une entreprise se comporte aussi mal avec ses salariés en ne pensant qu'à ses actionnaires, une réponse reste possible: la sanction de la loi».

 

Les syndicats avaient également demandé au tribunal de reconnaître le «lock-out du site» : la direction avait en effet fermé les portes de l'usine de Dreux lundi. Sous la pression du ministre de l'Industrie Christian Estrosi s'était dit jeudi «choqué» par l'envoi de ce courrier, Philips avait accepté de rouvrir les portes de l'usine vendredi matin, permettant aux salariés d'emporter leurs affaires personnelles, au cas où...

 

Philips affirme plus que jamais sa volonté de fermer le site

 

Dans la matinée, le président de Philips France Joël Karecki avait très fermement réaffirmé «qu'il n'y aura plus d'emplois Philips à Dreux prochainement» : «les lignes (NDLR: de l'usine d'Eure-et-Loir) ne fabriqueront plus de téléviseurs et il n'y a pas d'autres produits Philips de prévus parce qu'il n'y a pas d'autres produits Philips utilisant ce type de technologie», avait-t-il martelé devant la presse.

 

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Retraite à 60 ans: l'appel du NPA aux partis de gauche ne fait pas recette

 

Olivier Besancenot avait proposé à tous les leaders de gauche, de Martine Aubry (PS) à Arlette Laguiller (LO), «une réunion unitaire» sur les retraites. Si Jean-Luc Mélenchon (PG) n'y voit «pas d'objection», le PS a décliné l'invitation.

 

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA et tête de liste en Ile-de-France aux régionales, à

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA et tête de liste en Ile-de-France aux régionales, à Marseille le 26 janvier. (Jean-Paul Pelissier / Reuters)

 

C’est au mieux un «pourquoi pas?», au pire un «pour quoi faire?». Alors qu’Olivier Besancenot lançait, dimanche sur Europe 1, aux autres formations de gauche un «voyons-nous vite» pour faire front commun sur la retraite à 60 ans, la proposition du NPA n’a pas déchaîné l’enthousiasme. Les motifs de réserve ne manquent pas: souci de ne pas interférer avec l’agenda syndical, de ne pas se positioner uniquement «contre», divergences de fond. Le tout en pleine bataille des régionales, où la gauche part en ordre dispersé au premier tour.

 

Le courrier du parti anticapitaliste a été envoyé, lundi, aux partis, «d’Arlette Laguiller (LO) à Martine Aubry (PS)» et le rendez-vous fixé, jeudi soir au siège parisien du NPA. Le sommet social de lundi à l’Elysée, qui a réuni exécutif et partenaires sociaux, fournirait un argument de plus pour convoquer cette réunion de la gauche politique, selon le NPA. Qui y voit «la confirmation que de nouvelles attaques seraient portées contre le système des retraites».

 

«Le temps est à l’action syndicale»

 

De là à faire cause commune? Prématuré, a tranché hier le porte-parole du PS Benoît Hamon, qui refuse de griller la politesse aux partenaires sociaux. Pour l’heure, «le temps est à la mobilisation sociale et donc à l’action syndicale, temporise Hamon. En temps et en heure, quand se posera la question de l’unité des forces de gauche, nous y répondrons.»

 

Plutôt partant pour l’invitation «pleine de bon sens» de Besancenot, Jean-Luc Mélenchon met aussi en garde contre une action «entravant le mouvement des syndicats» et compte«venir en appui de leur lutte». «On ne veut pas se substituer à l’intersyndicale mais voir ce que les organisations politiques peuvent faire, répond Sandra Demarck du NPA. Ces points d’appui unitaires sont cruciaux pour le rapport de force et pour soutenir la mobilisation.»

 

Autre obstacle de taille à ce front unitaire que Besancenot dessine du PS à Lutte ouvrière: l’offre du NPA porte sur «la retraite à 60 ans» et «37,5 annuités de cotisations», relève Hamon, mais ce dernier point «n’est pas la position du parti socialiste».

 

«Il ne faut pas être juste dans le défensif»

 

Une divergence qui n’a pas échappé à la porte-parole de LO, Nathalie Arthaud. Elle tablait par avance sur le refus des socialistes d’être de ce front. Rappelant la petite phrase de la première secrétaire du PS - on «va très certainement aller vers 61 ou 62 ans», avait-elle lâché avant de rectifier le tir -, Arthaud ne voit «pas comment Martine Aubry pourrait représenter ce combat-là». «Cette idée de collectif, je ne la comprends pas bien», doute-t-elle.

 

Dès dimanche, l’appel de Besancenot avait laissé la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, sur sa faim. Une «réunion, pour quoi faire ? Il faut qu’on propose quelque chose, ne pas être juste dans le défensif», lançait-elle sur BFM-TV, tout en assurant n’avoir «pas de problème sur la question de ne pas reculer sur l’âge légal de départ à la retraite». Mais se borner à s’opposer est un peu court, objecte Duflot: le «problème n’est pas de discuter, il faut travailler sur des solutions».

 

«L’urgent n’est pas de taper sur le NPA»

 

«Disponible pour résister, agir et proposer», le PCF pose la même condition: «pas question de camper sur la seule position de résistance». La démarche, à l’inverse, ne gêne pas Eric Coquerel, chargé des relations extérieures au PG: «C’est possible de s’unir pour dire notre désaccord à la proposition gouvernementale. On a déjà dit non aux réformes de droite sans être sûrs avant d’être d’accord sur tout le contenu positif.» Et «on ne se réunit pas que sur les positions du NPA, plaide Demarcq. On peut parler d’autres alternatives.»

 

Reste qu’à un mois des régionales, les partis de gauche, dont les listes, pour la plupart, se concurrencent sur le terrain, ne sont pas enclins, parallèlement, à s’afficher ensemble. Ce que ne pouvait pas ignorer Besancenot, tête de liste en Ile-de-France. Sandra Demarcq récuse toute «posture» et pointe la nécessité de «faire un autre choix de société». Mais, façon de se poser en parangon de l’unité, renvoie au reste de la gauche la responsabilité de la division: «on veut nous mettre dans un carcan mais l’urgent n’est pas de taper sur le NPA.»

 

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Philips bloque les portes de son usine de Dreux



La direction a proposé aux salariés licenciés des postes en Hongrie, payés 450 euros par mois, "à condition de pratiquer la langue hongroise"...

 

(Reuters)

(Reuters)

Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi recevra cette semaine les syndicats puis la direction de Philips, après l'annonce de la fermeture de l'usine de Dreux (Eure-et-Loir), annonce un communiqué du ministère lundi 15 février.
Les dates des rencontres n'ont pas encore été fixées.
"Prenant acte de la décision de la direction dans un contexte où la fabrication de téléviseurs accuse des pertes mensuelles d'1 million d'euros, Christian Estrosi a demandé à Philips de prendre toutes ses responsabilités afin que chaque salarié soit traité dignement et de consentir un effort à la hauteur des enjeux sociaux et industriels pour la revitalisation du site", précise le communiqué.

 

Action judiciaire contre la direction


Réunis en assemblée générale, les salariés de l'entreprise Philips EGP de Dreux, ont voté lundi en faveur d'une action judiciaire contre la direction de Philips qui empêche les salariés de rentrer dans l'entreprise, a annoncé Manuel Georget, délégué CGT.
"Nous allons assigner l'entreprise en référé parce qu'elle empêche les salariés de se rendre sur leur poste de travail", a-t-il indiqué.
"Un huissier est actuellement sur place pour constater l'obstruction de l'entrée de l'usine par des vigiles", selon Manuel Georget, qui assure que "la totalité des salariés menacés de licenciements étaient présents lundi matin pour prendre leur travail normalement".
Les salariés ont pu se rendre dans le restaurant d'entreprise pour tenir l'assemblée générale, selon la même source.

 

Reclassement en Hongrie


Invoquant la situation financière, la direction de Philips EGP a annoncé samedi, dans une lettre aux salariés, la suppression de 212 emplois avec la fermeture définitive de son usine, dont le personnel avait tenté d'assurer la gestion sous forme de coopérative ouvrière en janvier.
Selon la CGT, un second courrier a été adressé aux salariés, leur proposant un reclassement en Hongrie.
"Philips propose aux salariés, des postes d'opérateurs à Szekesfehervar en Hongrie en CDI payés 450 euros par mois, sur douze mois, avec la condition de pratiquer la langue Hongroise. C'est vraiment se moquer du monde", s'est indigné Manuel Georget.
Une assemblée générale a été convoquée lundi à 8 heures par le syndicat, qui a appelé les salariés à se rendre "normalement" à l'usine. "On demande à l'ensemble des salariés de prendre leur travail normalement, à leur poste habituel dès 5h30 lundi", a déclaré Manuel Georget.
Alors que les syndicats ont pu pénétrer dans leurs locaux situés à proximité de l'entreprise, des vigiles interdisaient l'accès à l'usine "au moins jusqu'à demain matin", selon la CGT.

 

Un nouveau centre d'appels


Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a souligné dimanche les efforts de revitalisation de Philips EGP, après la fermeture définitive de l'usine, qui sera remplacée notamment par un centre d'appels, 300 nouveaux emplois étant déjà assurés, selon lui.
Les entreprises comptant au total plus de 1.000 salariés qui lancent des plans sociaux sont soumises à une obligation légale dite de revitalisation, qui consiste en une aide à la création d'autant d'emplois que ceux détruits dans une région.
La fermeture programmée du site de Dreux avait été annoncée pour la première fois le 8 octobre dernier. L'entreprise spécialisée dans la fabrication de téléviseurs à écran plasma avait déjà supprimé 350 emplois en 2005 et 279 en 2008.

 

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Raffinerie de Dunkerque

 

Total ne délocalise pas par hasard

 

Par Julien Brygo, 25 janvier 2010, in Basta !

 

Le groupe Total envisage de fermer la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, pour délocaliser son activité en Arabie Saoudite. Laissés sur le carreau, les salariés bloquent l’usine depuis le 12 janvier et attendent dans l’inquiétude d’être fixés sur leur sort. Les élus locaux, impuissants, jurent qu’ils ne laisseront pas faire. Et Total fait miroiter aux salariés des reconversions dans les énergies renouvelables, tout en délocalisant ses émissions de CO2 pour augmenter ses profits et pouvoir polluer plus tranquillement. Reportage.

 

C’est une petite brève parue dans Le Figaro qui a provoqué la colère des ouvriers. À Mardyck, dans le Nord, les 385 salariés de la raffinerie Total, les 450 entreprises de sous-traitance (soit plus de 600 travailleurs, dont beaucoup en intérim), ainsi que les ouvriers des usines situées autour de la raffinerie se sont pris un coup sur la tête. « Pour le moment rien n’est encore officiel, mais Total s’apprête à trancher pour sa raffinerie des Flandres, située à la périphérie de Dunkerque », écrit Le Figaro.

 

« Rien d’officiel » ? « Tout est prêt, l’usine est prête à être démontée. On nous a dit de finir nos dossiers et de cesser les projets », témoigne un ingénieur, loin de la raffinerie. Il confirme ainsi que des quatre hypothèses avancées par la direction (maintien du site, fermeture, mise en cocon ou transformation en dépôt), celle de l’arrêt définitif est plausible. « Ils veulent fermer la raffinerie des Flandres car elle n’est pas assez rentable. Il y a deux ou trois ans, les bénéfices étaient encore conséquents, mais avec la chute de la consommation d’essence, qui est bien réelle, le groupe perd de l’argent avec cette unité. » Produisant 7 millions de pétrole brut par an, celle-ci est la dernière construite en France, dans la foulée du premier choc pétrolier de 1973. La décision de Total sera prise le 1er février.

 

Le groupe Total, dont la raffinerie des Flandres était en « arrêt conjoncturel » depuis le 15 septembre dernier, a donc choisi le quotidien de Serge Dassault pour « tester » la réaction syndicale à une éventuelle fermeture de cette unité. Le lendemain de cet « indiscret », repris instantanément par l’AFP puis par les radios, les salariés de la raffinerie des Flandres entrent en grève. Ils sont suivis par les salariés de la quasi-totalité des six raffineries françaises de Total. Habituellement dociles, les salariés de Mardyck, syndiqués à moins de 20%, sont indignés par le « flou » dans lequel les patrons les laissent. 300 d’entre eux ont décidé le 13 janvier d’envahir des locaux de la direction. Ils n’auront droit qu’à de belles phrases : « la situation n’est pas simple et l’analyser prend du temps (…). Je me sens désemparé face à votre cri du cœur, mais non, je n’ai aucune réponse », leur a répondu Éric Guillotin, le directeur du site [1].

 

« Faire plus de fric, un point c’est tout. »

 

Les salariés savent que les réserves de pétrole diminuent, mais que l’« or noir » sera exploité pendant encore plusieurs décennies. Ils savent que l’avenir du raffinage en France est plus que jamais compromis. Ils savent aussi que le groupe Total a réalisé en 2008 des bénéfices records : 12,2 milliards d’euros. Le prétexte du « manque de marges » est assez difficile à digérer.

 

« En trente-cinq ans de travail ici, je n’ai jamais vu une direction aussi autiste », confie Didier Demuyter, l’ancien secrétaire de la CGT, aujourd’hui retraité. « Christophe de Margerie, directeur général de Total, est le financier de Desmaret : son objectif est de faire plus de fric, un point c’est tout. » Pour l’ancien syndicaliste, la décision de Total est directement liée aux futures taxes dont devront s’affranchir les groupes les plus polluants. « Total ne veut pas payer les taxes écologiques européennes qui lui tomberont bientôt dessus, comme la taxe carbone. L’entreprise préfère aller là où on extraie le pétrole brut et où les charges sont les moins élevées, pour conserver et augmenter ses marges. » Didier Demuyter déplore les effets indirects de cette fermeture pour le tissu économique local. « Ça aura un coût terrible pour la région. Total est extrêmement lié aux entreprises du coin et, mine de rien, l’entreprise finançait beaucoup de projets. Ça va faire mal au tissu économique mais aussi social [2]. » À Dunkerque, 20 000 emplois sont liés à cette industrie.

 

Lutte des classes et développement durable

 

« Il y a dix ans, on disait que Total faisait 7 à 8 milliards de bénéfices. Mais c’étaient des francs. Aujourd’hui le groupe fait 12 milliards de bénéfices, mais ce sont des euros ! Jusqu’où ira cette logique du profit à tout prix ? », s’indigne Marcel Croquefer, délégué CGT Chimie. Il a réussi à faire entrer quelques 60 salariés de Total et d’autres entreprises dans les locaux de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) pour exiger un moratoire sur l’avenir de la raffinerie. Face à eux, en ce 19 janvier, dans la salle de conférence aux couleurs blafardes, quatre pros de la politique locale. Tous au service de Michel Delebarre, maire de Dunkerque depuis 21 ans, président de la CUD, député (PS), sept fois ministre (entre 1984 et 1993)… Le « prince » de Dunkerque a son dada : les énergies renouvelables et le développement durable. Alors que Dunkerque détient le record de la plus grande densité de sites Seveso en France (15 !) et du nombre de cancers professionnels, mais aussi un nombre impressionnant de victimes de l’amiante [3]. En 1996, la ville signait la Charte d’Aalborg (Charte adoptée par les participants à la Conférence européenne sur les villes durables d’Aalborg, Danemark). En 1997, Dunkerque a accueilli la première centrale éolienne française de production d’électricité, à Mardyck. Un champ de 45 hectares, capable d’alimenter une ville de 15 000 habitants et géré par… le groupe Total.

 

Ce soir-là, à la CUD, tous les amis de Michel Delebarre ont juré « partager les analyses des syndicats de Total ». L’un promet de « manifester avec les syndicats le 1er février à La Défense  », un autre de « distribuer des tracts avec les syndicats ». Et de railler ces « patrons-terroristes », selon l’expression de Marcel Croquefer (CGT). Au micro de Delta FM, la radio locale, Claude Nicolet, assistant parlementaire du député Christian Hutin (groupe Socialiste, Radical, Citoyen), parle de son côté de raffermir les liens « des partis politiques de gauche avec le mouvement ouvrier » et se demande si la « lutte des classes n’est pas en train de refleurir à nouveau dans un merveilleux bouquet, mais qui ne profite qu’à quelques-uns ». On est à deux doigts de chanter l’Internationale. Les élus se savent impuissants face à un groupe comme Total, mais dans leurs mots et leurs regards, font semblant d’être du côté des ouvriers. Total fera ce qu’il a décidé de faire. Dunkerque est ainsi : colonisée par l’industrie qui fait la pluie et le beau temps, quoi qu’en disent les « élus du peuple ».

Réactions en chaîne

 

« On est tous des pères de famille, on a tous des crédits sur le dos et Total n’ose même pas nous avouer à quelle sauce on va être mangés, alors qu’ils le savent déjà », dénonce un salarié. En face de la raffinerie, sur un des quinze sites Seveso que compte le port, des palettes et des pneus brûlent. La fumée lèche les vitres des bureaux de la direction, qui redoute une séquestration. Les portraits des dirigeants de la société sont détournés sur des affiches du film Asterix & Obélix (« ça va être votre fête ! ») et le visage moustachu de Christophe de Margerie est incrusté dans le corps d’un nabab aux tétons percés de boucles d’or et au torse couvert de médailles clinquantes. « Non, pas d’argent pour les victimes de la raffinerie des Flandres », indique la légende. La petite phrase fait référence à l’attitude du groupe Total qui a fait appel de sa condamnation pour délit de pollution dans l’affaire de l’Erika [4]. Les cargaisons de brut, en 1999, avaient été chargées dans cette raffinerie, avant de se répandre sur les côtes bretonnes.

 

Pour beaucoup, le « choix » se fera entre chômage et mutation au sein du groupe, chez Total ou ses gros sous-traitants comme GDF Suez ou Vinci. Si la raffinerie devient un dépôt, ce seront quelques dizaines d’emplois tout au plus qui seront conservés. Dunkerque a déjà connu une longue période de chômage partiel avec ArcelorMittal, Ascométal, Valdunes, Tim... Et une vague impressionnante de suppressions d’emplois industriels en 2009 (Betafence, Aluminium Dunkerque - groupe Rio Tinto, Rexam, Isocab - groupe ThyssenKrupp...). La crise a fortement impacté cette ville industrielle : le chômage y a augmenté de 17 % entre mars 2008 et mars 2009. La fermeture de la raffinerie aura un impact réel sur les entreprises du tissu industriel dunkerquois, déjà fragilisé par une année de crise financière. Polimeri Europa (polyéthylène et plastiques), ArcelorMittal (acier), Lesieur (huiles)… Beaucoup d’usines avaient bâti des synergies avec la raffinerie. Il va désormais leur falloir trouver du « jus » ailleurs. Ce qui aura forcément un impact sur leurs comptes.

 

Solaire, éolien, hydrolien, biomasse... combien d’emplois au final ?

 

D’autres évoquent un avenir avec les énergies renouvelables. Le groupe Total, via la filiale Total Energie (possédée à 35% par Total et 45% par EDF), participe au capital de deux sociétés spécialisées dans le photovoltaïque : Photovoltech produit des cellules photovoltaïques à partir de silicium cristallin et Tenesol des systèmes photovoltaïques. Du coup, comme les dirigeants ont évoqué une « activité parallèle » pour les victimes de son plan social, les salariés sentent le vent du « durable » souffler dans leurs oreilles. « On a quand même une belle façade maritime ici, les énergies renouvelables, parlons-en ! Il y a l’éolien, mais il parait que c’est pas beau dans le paysage. Il y a l’hydrolien (éoliennes de mer qui fonctionnent avec les courants marins), mais les fonds marins sont déjà encombrés avec les câbles. En fait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. On ne sait pas ce qui va se passer mais on a l’impression qu’on ne va pas finir notre carrière dans le raffinage », souffle un agent instrumentiste qui a barré au feutre rouge le mot « Total » sur son manteau d’hiver.

 

Christophe, 37 ans, calaisien d’origine, travaille à l’inspection de la raffinerie depuis dix ans. Son métier consiste à superviser la distillation du pétrole brut dans les grandes cheminées de production. En haut, c’est le GPL, au milieu, le gazole et en bas, restent les résidus retraités qui sont revendus à des dizaines d’entreprises avoisinantes, comme Polimeri, Lesieur. « Le pétrole, il y en a encore, dit-il. On ne conteste pas le fait que les stocks diminuent et que l’or noir est de plus en plus rare. Mais que l’on ne vienne pas nous dire qu’il n’y en a plus et que c’est à cause de ça qu’on se retrouve sur le carreau. Dans ce cas-là, pourquoi est-ce que Total construit une méga-raffinerie à Jubail ? » Le groupe pétrolier a lancé en 2006 la construction de la « méga-raffinerie » du XXIe siècle, dans la ville de Jubail, en Arabie Saoudite. Un investissement de 9,6 milliards de dollars, en partenariat avec Saudi Arabian Oil Company (Saudi Aramco). Avec une capacité de 400 000 tonnes par jour, cette unité, qui doit entrer en fonctionnement fin 2011, permettra à Total de continuer à raffiner du pétrole, plus près des lieux d’extraction... Tout en tenant des discours « écologiques » en France.

 

Délocaliser la pollution et les émissions de CO²

 

Pour Total, qui reste un des plus gros pollueurs français de la planète, avec ArcelorMittal et EDF (tous trois sont présents dans le port de Dunkerque), l’opération pourrait bien ressembler à du green-washing. Ou du moins à un contournement des règlementations internationales : fermer des raffineries en France, où le groupe est soumis depuis le protocole de Kyoto à des « droits à polluer » concernant les émissions de CO², pour les délocaliser en Arabie Saoudite, pays qui n’est pour l’instant pas concerné par les quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Cela permet en tout cas au groupe de continuer à marteler un discours éco-responsable aussi inique que mensonger : « Tout en poursuivant la croissance de ses activités, Total a la volonté de contribuer à l’effort international de lutte contre le changement climatique. Le Groupe s’inscrit dans l’esprit du protocole de Kyoto sur le long terme et poursuivra les efforts réalisés pour atteindre ses objectifs volontaires de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre », peut-on lire dans un document mis en ligne par le groupe. « L’esprit  » du protocole de Kyoto (s’échanger des droits à polluer) convient donc assez bien à Total, qui polluera moins en France, mais davantage en Arabie Saoudite, en toute légalité.

 

« On n’a qu’une terre, non ? C’est pas comme un ordinateur qu’on peut débarrasser d’un virus ! », s’insurge Christophe. Accepter une mutation à Jubail ? « Pour rien au monde  », répond-il, la face rougie par les lancers de pneus dans le brasier. « Imaginez-vous : on est des centaines à avoir notre vie ici, nos femmes ont des emplois ici, on a des crédits sur le dos, pour la voiture, la maison... et on nous demande d’aller travailler sur un site complètement parqué, en vase clos, comme les vieilles cités industrielles, le tout sous barrage militaire ? Non merci ! » Pour lui comme pour ses collègues, une seule solution : forcer Total à revenir sur sa décision, en continuant de bloquer les entrées et les sorties de produits pétroliers.

 

Julien Brygo

 

Notes

 

[1] La Voix du Nord, 13.01.10

 

[2] Le sponsoring du Basket Club Maritime (BCM), l’aide à l’association Les papillons blancs, association philanthropique de Dunkerque… le pétrolier a toujours aimé se poser en faiseur de bien, à l’image des grandes entreprises paternalistes, Péchiney et consorts, qui ont émaillé l’histoire de la cité nordiste. Dernière opération de lavage d’image : la rénovation de la façade des Bains dunkerquois, un bâtiment centenaire à l’entrée de la ville.

 

[3] La ville compte au moins 700 victimes de l’amiante, rien que chez les dockers. La Communauté urbaine est aussi celle qui touche, en France, le plus d’argent issu de la taxe professionnelle. Malgré ce sombre tableau, Dunkerque accueillera en mai prochain la 6e Conférence européenne des villes durables.

 

[4] Le jugement sera rendu fin mars 2010

 

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Protection sociale

Les ouvriers, premières victimes de la réforme des retraites

 

Par Mathieu Javaux, in Basta !, 28 janvier 2010

 

Il serait logique de retarder l’âge de départ à la retraite puisque l’espérance de vie augmente. Tel est l’ argument choc des partisans d’une réforme des retraites allant dans le sens d’un allongement de la durée des cotisations. Cet argument ne tient pas debout. L’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure à celle d’un cadre. Et si un cadre de 60 ans a de bonnes chances d’être en pleine forme pour profiter à loisir de son temps libre, son voisin ouvrier du même âge a, lui, une forte probabilité d’être confronté à de graves problèmes de santé.

 

Photo : © Collectif Item

 

« Dans un pays où l’espérance de vie s’accroît d’un trimestre chaque année, nous n’avons d’autre solution que de travailler plus longtemps », assène Xavier Darcos, ministre du Travail, devant les sénateurs le 12 janvier 2010. Le chemin est tracé : l’augmentation de l’âge de départ à la retraite sera au cœur de la réforme des retraites qui s’annonce. La remise du rapport du Conseil d’orientation des retraites, fin janvier, n’est qu’une formalité dans l’agenda. Problème : les « seniors » sont inégaux face à l’usure des années passées à travailler.

 

Une étude intitulée « La double-peine des ouvriers : plus d’années d’incapacité au sein d’une vie plus courte », publiée par l’Institut national des études démographiques (INED) en 2003, détaille ces différences d’espérances de vie en fonction des catégories socio professionnelles. Elle établit ainsi que l’espérance de vie chez les hommes (à 35 ans) entre un cadre et un ouvrier varie de 6 ans (respectivement 82 ans et 76 ans). L’espérance de vie est un indicateur important, mais il ne s’agit pas de la même vie pour un retraité de 70 ans qui joue au tennis et un autre du même âge qui n’est plus en mesure de se déplacer.

 

Travailler après 59 ans : difficile pour un ouvrier

 

Un ouvrier de 35 ans peut aujourd’hui espérer une « vie sans incapacité sensorielle ou physique » jusqu’à 59 ans. Une « vie sans incapacité », c’est pouvoir se déplacer normalement, ne pas connaître de gênes ou de maux de dos chroniques, ne pas subir de formes de surdité… Cette espérance est de 69 ans chez les cadres, soit dix ans de plus. Les inégalités sociales d’espérance de vie se doublent donc d’inégalités d’espérance de vie « sans incapacité ». Un élément essentiel pour toute réforme des retraites. Si, à 59 ans en moyenne, un ouvrier souffre de problèmes de santé, dans quelle mesure pourra-t-il continuer à exercer son activité professionnelle ? A moins de pouvoir partir à la retraite en renonçant à sa pension à taux plein…

 

Les incapacités sont de trois types : l’incapacité de type I correspond aux problèmes sensoriels et physiques, l’incapacité de type II à des difficultés dans les activités générales, et l’incapacité de type III renvoie à des difficultés dans les activités de soins personnels. Le différentiel entre cadres et ouvrier est donc de 10 ans pour les incapacités de type I (59 ans contre 69 ans). Elle est de 8 ans pour les incapacités de type II et de 7 ans pour le type III. Chez les femmes, les écarts sont de quatre à huit ans entre les ouvrières et les cadres. En partant à la retraite à 60 ans, un cadre peut espérer vivre 15 ans sans difficultés dans les activités générales (type II), alors que l’ouvrier ne peut espérer que 7 années de retraite dans ces conditions.

 

 

Le chômage à la place de la retraite ?

 

La question de la prise en compte de la pénibilité faisait partie des négociations de la réforme des retraites de 2003. Patronat et syndicats ont commencé à en discuter en 2005. Trois ans plus tard, les négociations sont rompues par le Medef qui refuse toute cotisation supplémentaire. Une année d’espérance de vie est évidemment inchiffrable, alors la compenser... Le gouvernement, qui menaçait de reprendre la main sur les négociations, a finalement réintégré la pénibilité dans les discussions générales sur le système de retraites en 2010… Sept années de gagnées pour certains, sept de perdues pour les salariés exerçant des métiers pénibles. « 2010 sera un rendez-vous capital. Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation, la pénibilité. Toutes les options seront examinées (...) Mais quand viendra le temps de la décision, à la mi 2010, je prendrai mes responsabilités », a promis Nicolas Sarkozy lors de son discours au Congrès le 22 juin 2009. Le président du pouvoir d’achat, celui qui irait chercher la croissance avec ses dents, n’oublie que rarement ses promesses de régressions sociales.

 

Au-delà des discussions sur les durées de cotisations (aujourd’hui 164 trimestres soit 41 annuités pour les salariés nés après 1952) pour bénéficier du taux plein, la cible du gouvernement semble bien être la retraite à 60 ans. Cette vieille revendication du mouvement ouvrier depuis le début du 20ème siècle est devenue un acquis social signé en février 1983, un mois avant le tournant de la rigueur.

En 2007, la DARES évalue le taux d’emploi des 55-59 ans en France à 55,4 %. On connaît la propension des entreprises à pousser les plus de 55 ans vers la sortie. Si l’âge de la retraite était repoussé à 62 ans (au hasard), le déficit des retraites viendrait en fait aggraver celui de l’Unedic : les pensions retraites seraient en grande partie transformées en indemnités Assedic ou en RSA pour tous les salariés de 60 à 62 ans considérés comme trop âgés par leurs employeurs.

 

Que dit la gauche ?

 

Si la droite sait où elle va, la gauche semble dramatiquement hésitante. Plusieurs sons de cloche ont résonné au Parti socialiste. Benoit Hamon, dirigeant de l’aile gauche du PS, réaffirme son attachement à la retraite à 60 ans. Il tient cette position indépendamment des négociations sur la pénibilité. Martine Aubry semblait au contraire prête à céder sur les 60 ans pour obtenir la prise en compte de la pénibilité, comme elle l’a affirmé lors du Grand Jury du 17 janvier. En début de semaine, elle a tenté de faire machine arrière. Le 26 janvier, le bureau national du PS a réaffirmé à l’unanimité son attachement au « maintien de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est à dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons ». Quant à conquérir de nouveaux droits...

 

Le Front de gauche reste pour sa part ferme sur la retraite à 60 ans. Les Verts semblent se réveiller sur ce sujet : « Il est aujourd’hui indispensable de reconnaître l’impact des métiers pénibles et des expositions professionnelles à trois facteurs de risque connus pour affecter l’espérance de vie et l’espérance de vie sans incapacité : le travail en horaires alternants (travail posté, travail en 3X8, ou en 4X8), les travaux exposant à des produits cancérogènes (l’amiante par exemple), et les manutentions et le port de charges lourdes », précisent-ils dans un communiqué le 20 janvier. En plus de la pénibilité, ils dénoncent les « niches sociales » qui privent l’assurance vieillesse de financement : exonérations des stock-options, de l’épargne salariale, des heures supplémentaires ou des cotisations sur les bas salaires. Les forces de gauche ne sont donc pas franchement en ordre de marche pour défendre l’un des acquis sociaux les plus emblématiques de 1981 (avec la cinquième semaine de congés payés et le passage aux 39h hebdomadaires).

 

Répartition ou capitalisation

 

Au sein du PS, les divergences opposant le courant de Benoît Hamon au reste du parti offrent enfin un clivage de fond, au-delà des éternelles querelles de personnes. Le débat est clairement posé entre ceux qui défendent cet acquis et ceux qui pourraient y renoncer. La victoire récente de ceux qui défendent le principe de la retraite à 60 ans est sans doute plus liée à la proximité des élections régionales qu’à un revirement des Manuel Valls ou Vincent Peillon qui semblaient déjà prêts à renoncer à cet acquis. Michel Rocard avait dès le lendemain du Grand Jury salué le "courage" de la Première secrétaire.... Sauf que la position de Martine Aubry ouvrait une porte de sortie au gouvernement : sous couvert de prise en considération de la pénibilité, le verrou des 60 ans pouvait sauter. Si la pénibilité est prise en compte, les classes sociales les plus pauvres, qui ont les métiers les plus pénibles, pourront peut-être partir à la retraite plus tôt. Mais pourront-ils alors espérer des pensions correctes ?

 

Évidemment non. C’est l’inverse qui se produira. Avec l’augmentation des trimestres de cotisations nécessaires, obtenir une retraite à taux plein sera quasiment impossible pour de nombreux cotisants, obligés de partir en retraite du fait de leur incapacité à travailler. Vu la faiblesse des pensions du régime de base, les salariés bénéficiant des plus faibles revenus auront comme unique alternative de travailler le plus tard possible pour obtenir une pension presque correcte. Ceux qui en auront les moyens bénéficieront - si les marchés financiers le veulent bien – de compléments de retraite. Le système de retraite par répartition sera officiellement préservé, mais c’est celui par capitalisation qui sera de fait favorisé, alimentant toujours plus la spéculation financière.

 

 

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Bientôt plus de chômeurs en fin de droits que de

chômeurs indemnisés

 

 

Le Lot en Action

 

Le Monde. 18 janvier 2010 par Rémi Barroux et Patrick Roger

 

 

 

Le Parti socialiste n'hésite pas à parler d'"un scandale social". Le Parti communiste en appelle au gouvernement pour faire face à "une situation d'urgence". Plus d'un million de demandeurs d'emploi devraient arriver, en 2010, en fin de droits. Un nombre supérieur aux 800 000 personnes en période "ordinaire".


A peine quatre de ces chômeurs sur dix devraient bénéficier de la solidarité nationale, par le biais de l'allocation spécifique de solidarité - ASS, un minimum social pour ceux qui ne bénéficient plus d'indemnisation chômage - ou du revenu de solidarité active (RSA), ex-RMI. Les autres n'ont droit à aucune aide.

 

"Le gouvernement n'a absolument pas pris la mesure de la crise", s'est insurgé Bruno Le Roux, député (PS) de Seine-Saint-Denis, mardi 12 janvier, dénonçant "l'absence totale de politique de l'emploi" de François Fillon. Le président du groupe PS de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dénonce "le grand silence des voeux présidentiels sur l'emploi". Les syndicalistes invités à l'Elysée, vendredi 15, ont déploré que le chef de l'Etat tourne trop vite la page de la crise et ne prenne pas la mesure du climat social.

 

En 2009, le nombre de chômeurs en fin de droits a déjà enregistré une hausse de 35,2 %. Il va continuer à croître car les premières victimes de la crise, ceux qui ont perdu leur emploi fin 2008, verront leurs indemnisations arriver à leur terme à la fin de l'année. Selon les parlementaires spécialistes du dossier, c'est une véritable "bombe sociale à retardement" qui est amorcée. "Le gouvernement a jusqu'à présent ignoré cette question", insiste M. Ayrault, s'indignant que, "pendant qu'on parle de l'identité nationale, on oublie tout le reste".

 

Lors de la séance de questions, mardi à l'Assemblée nationale, Gaëtan Gorce a interpellé le gouvernement. "Il importe de ne pas vous défausser sur les partenaires sociaux d'une négociation qui n'aboutira pas avant la fin de cette année et de prendre des mesures concrètes pour étendre le bénéfice de l'allocation spécifique de solidarité, en y consacrant les moyens nécessaires. Il y a des bonus pour les traders, nous demandons un bonus pour les chômeurs !", a réclamé le député de la Nièvre. "C'est un sujet qui relève essentiellement de la négociation entre partenaires sociaux", lui a répondu le secrétaire d'Etat chargé du commerce, Hervé Novelli, tout en assurant que "le gouvernement prendra ses responsabilités".

 

Deux jours plus tard, au Sénat, Isabelle Pasquet (PCF, Bouches-du-Rhône) a demandé au gouvernement "d'agir pour ces personnes pour lesquelles il ne s'agit même plus de pouvoir d'achat mais de capacité de survivre". La sénatrice s'est attiré une réponse identique.

Le PS demande de "prolonger de six mois, dans cette situation exceptionnelle, la durée d'indemnisation". Le PCF, dans une lettre ouverte au président de la République, réclame que soit adoptée "une allocation de solidarité exceptionnelle qui prolongerait leurs droits pour une année".

 

Le gouvernement et les partenaires sociaux qui gèrent l'assurance-chômage se renvoient la balle. A l'Elysée, on rappelle que "dans "fin de droits", il y a "droits", et que c'est d'abord aux partenaires sociaux de modifier les règles de l'assurance-chômage". Une solution que ne goûte guère le Medef, dont le représentant, Geoffroy Roux de Bézieux, préside l'Unedic. "On a signé une convention entre partenaires sociaux qui règle les durées d'indemnisation en janvier 2009, explique-t-il. C'est difficile de changer les choses en cours." Pour le représentant du Medef, "c'est à l'Etat de prendre le relais après les 24 ou 36 mois d'indemnisation conventionnels".

 

Les syndicats veulent une solution rapide. "Soyons responsables, confie Stéphane Lardy de FO, et arrêtons de jouer au ping-pong entre partenaires sociaux et gouvernement sur le dos des chômeurs."

 

Prolonger d'un à trois mois l'indemnisation pour les partenaires sociaux, et, pour le gouvernement, ouvrir les conditions d'accès pour permettre à plus de personnes de bénéficier de l'ASS sont les deux principales pistes pour déminer le terrain.

 

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Retraites : l'extrême-gauche tire à boulets rouges sur Aubry

 


PCF, Parti de Gauche, NPA, Lutte ouvrière... Tous montent au créneau depuis que la patronne du PS s'est dite ouverte à un débat sur les retraites.

 

Martine Aubry (Sipa)

Martine Aubry (Sipa)

Le "PS capitule", accuse le PCF. Il "tire une balle dans le pied" de la gauche, tempête le Parti de Gauche. "On n'organisera pas la reconquête politique sur la défaite sociale", prévient le NPA. "Le PS et la droite sont sur la même longueur d'ondes", fustige Lutte ouvrière… A l'extrême gauche, on ne décolère pas depuis que Martine Aubry s'est déclarée, dimanche, ouverte à un débat sur l'âge légal de la retraite. A droite, en revanche, on est ravi. François Fillon s'est ainsi "réjoui", mercredi 20 janvier, de la position exprimée par la patronne du PS en la matière. Quant aux Verts, ils nagent entre deux eaux : s'ils défendent les 60 ans, ils estiment néanmoins que l'allongement de la durée du travail est "inéluctable". Ils ne considèrent toutefois "pas envisageable d'aborder le report de l'âge à la retraite" sans avoir d'abord abouti sur "la prise en compte de la pénibilité et la souffrance au travail".

Capitulation


"Le PS capitule. Je considère que l'on peut sauver notre système de répartition. Encore faut-il avoir le courage de dire que l'on va taper dans le dur et taper dans le dur c'est une nouvelle assiette de cotisation", a estimé mercredi le porte-parole des députés communistes et apparentés, Roland Muzeau dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "Nous proposons un autre (compromis) que celui qu'annonce Martine Aubry", a-t-il poursuivi, en énonçant plusieurs pistes : "bouleverser les règles de financement des retraites", taxer "les produits financiers" et "interdire les licenciements car nous avons". "Le Medef a fait capituler les négociations sur la pénibilité. Le gouvernement n'a pas légiféré. Ce n'est pas parce que l'on doit satisfaire la revendication sur les métiers pénibles que l'on doit saborder le droit de la retraite à 60 ans", a-t-il souligné.
Le PS "dit amen à Sarkozy", a jugé pour sa part le député PCF Maxime Gremetz, en rappelant que "François Mitterrand a ramené l'âge de la retraite de 65 ans à 60 ans. C'est un désaveu de toute la politique de 1981 mise en oeuvre par les dirigeants actuels du PS".
"C'est renoncer à gauche à une réforme juste et efficace" des retraites, a également déploré Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Il faut se ressaisir !", a-t-il lancé, dénonçant "une sortie irresponsable" et "totalement désespérante pour l'électorat de gauche". Pour le PCF, "ce n'est pas la meilleure façon d'amorcer le débat à gauche que d'accompagner la droite et le Medef" sur cette question.

Une balle dans le pied


Du côté de Jean-Luc Mélenchon, la colère n'est pas moins palpable. "Quelles que soient ses intentions, Martine Aubry a porté un mauvais coup au mouvement social et donc à toute la gauche. Elle nous a tiré une balle dans le pied", a écrit le chef de file du Parti de Gauche sur son blog.
"Il est désastreux, quand on est partisan comme elle de la négociation avec les syndicats comme méthode de régulation sociale, d'agir comme elle le fait. Car avant que la discussion commence, Martine Aubry donne à voir un 'front des politiques' qui isole toute résistance sociale face à (Nicolas) Sarkozy", a poursuivi l'ancien sénateur PS.
"Commencer une négociation en annonçant qu'on est d'accord avec l'objectif de la partie adverse est désastreux pour le rapport de force syndical", a-t-il fait valoir, faisant toutefois à la patronne du PS "le crédit de croire qu'elle ne le voulait pas". "Mais après tout est-elle aussi naïve que cela ?", s'est-il interrogé, avant de conclure : "c'est peut-être moi qui le suis à son sujet".

Sus au capital


Au NPA, "on défend à fond les 60 ans" et "le retour aux 37,5 annuités pour tous", contre 41 ans qui sera la durée de cotisation nécessaire à partir de 2012 pour une retraite à taux plein, lance Pierre-François Grond. Les propos de Martine Aubry sont un "très mauvais signe" et "on n'organisera pas la reconquête politique sur la défaite sociale", poursuit ce proche d'Olivier Besancenot, qui appelle à "la riposte sociale contre Sarkozy et le Medef".
Du côté de Lutte ouvrière, la charge n'est pas moins violente. Martine Aubry montre que "le PS et la droite sont sur la même longueur d'ondes", fustige Nathalie Arthaud, dénonçant un "tabou au PS" : "prendre l'argent sur les bénéfices du capital pour assurer des retraites correctes".

 

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Interruption de la grève de la faim à EDF et GDF-Suez

 


Communiqué SUD Energie

 

Paris, le 1er janvier 2010

Au 18ème jour de grève de la faim, Yann COCHIN a dû être hospitalisé en urgence, son état de santé s’étant brutalement dégradé. Devant les risques encourus, la Fédération SUD Energie a demandé aux deux grévistes de la faim de se réalimenter.

Jusqu’à présent, malgré l’évidence du caractère injuste du licenciement, malgré la position des salariés et de l’ensemble syndicats des agences concernées, du mouvement politique (PS, Verts, Parti de Gauche, NPA, Gauche Unitaire, Alternatifs), syndical et associatif, la direction de GrDF comme celle de GDF-Suez refuse toujours de rouvrir le dossier et d’entamer de véritables négociations.

Après avoir « hérité » d’une entreprise publique, ces directions pensent n’avoir de comptes à rendre ni aux salariés, ni aux représentants des citoyens. Comme après les grèves du printemps dernier, elles n’entendent rien.

Elles se cantonnent à proposer des mesures d’accompagnement dérisoires et renvoient vers les recours internes et externes. Or le recours interne consiste en un réexamen du dossier par une commission dont la décision appartient au final aux dirigeants qui ont procédé au licenciement.

Quant aux recours externes (les Prud’hommes), ils retournent la charge de la preuve sur le salarié et engagent une procédure longue (souvent plusieurs années), qui ne résout pas la situation immédiate de Nordine.

Néanmoins, nous engagerons l’ensemble des démarches et recours juridiques pour démontrer l’injustice qui est faite à Nordine, et mettre en évidence les différents délits dont s’est rendue coupable la direction de GrDF (délit d’entrave à l’exercice syndical, harcèlement envers Nordine, mise en danger de sa vie …).

Par ailleurs, la grève de la faim de Yann Cochin et René-Michel Millambourg autour du cas emblématique de Nordine et de la vague de sanctions ayant fait suite au mouvement social du printemps dernier à EDF et GDF-Suez, a permis de mettre en lumière les pratiques managériales en vigueur dans ces entreprises, pratiques bien différentes de l’image sociale qu’elles se donnent, et bien proches de celles d’une entreprise « jumelle » - France-Télécom.

Le large soutien politique, syndical et associatif suscité par ce mouvement, la participation de militants d’autres entreprises subissant les mêmes attaques, montrent que l’atteinte aux libertés syndicales et au droit de grève devient une question majeure, à traiter d’urgence.

La grève de la faim se termine, mais l’action va se poursuivre sous d’autres formes, à partir de cette solidarité politiques et citoyenne qui a accompagné la lutte des dernières semaines et qui continue à croître : mobilisations, campagnes d’information, interpellation des directions de GDF-Suez par les élus…

 

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Huitième jour de grève de la faim à GRDF rue Pétrelle


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Les trois responsables du syndicat SUD-Energie ont décidé de poursuivre leur grève de la faim, lundi 21 décembre, dans les locaux GRDF de la rue Pétrelle (Paris 9e). Deux d’entre-eux ne se sont pas alimentés depuis huit jours. La direction refuse toujours de réintégrer Nordine Mahroug.

 

Le bras de fer continue, rue Pétrelle (Paris 9e). Une réunion entre le syndicat SUD-Energie et la direction de l’établissement GRDF a abouti à un échec, lundi 21 décembre. SUD réclame la réintégration de Nordine Mahroug, renvoyé le 15 décembre, mais la direction se limite toujours à des mesures d’accompagnement du licenciement. Avec douze ans d’ancienneté, ce père de deux enfants ne devra donc quitter son logement – dont la location dépend de son statut de salarié de l’entreprise – que le 15 mars. Ce qui correspond de toute façon à la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives… D’ici là, il devra payer son loyer au prix fort. Son licenciement, pour «faute professionnelle», fait suite, selon les syndicats, à son implication dans le mouvement de grève du printemps dernier. Les procédures disciplinaires, allant de la rétrogradation au licenciement, pleuvent et touchent actuellement près de 240 agents.

 

Les trois grévistes de la faim, responsables du syndicat SUD-Energie, réclamant la réintégration de Nordine mais également la fin des sanctions, poursuivent donc leur mouvement. René-Michel Millambourg, contraint de rester à l’extérieur du bâtiment, et Yann Cochin en sont à leur huitième jour ; Pascal Chemin à son cinquième. Nordine Mahroug, qui a dû se réalimenter la semaine dernière pour des raisons médicales, reste à leurs côtés, dans le local syndical de l’établissement, transformé en camp retranché depuis que la direction en a interdit l’accès «à toute personne extérieure à l’entreprise». A tel point que les responsables de SUD-Energie chargés de négocier avec la direction, Anne Debregeas et René-Michel Millambourg lui-même, n’ont pu y accéder ce lundi matin (voir la vidéo). Et de faire un constat d’huissier dans la foulée pour «délit d’entrave».

 

Car, faute de déblocage, la voie judiciaire pourrait s’imposer. La direction a dégainé la première, en rédigeant une mise en demeure dès le vendredi 18 décembre, sommant de mettre fin à cette occupation «non autorisée, abusive et en conséquence illicite du local syndical», sous peine d’action en justice pour obtenir l’évacuation. «La grève de la faim est externe à l’entreprise», assure-t-on du côté de GRDF, tout en assurant rester dans une «phase de dialogue». Mais signe que la pression s’accentue, un vigile empêche désormais les grévistes d’accéder aux douches. SUD appelle à un rassemblement devant les locaux de GRDF jeudi 24 décembre à 11h30. Joyeux Noël.

 

Mathieu Schmitt, le 22 décembre

L’UL-CGT de Chinon solidaire des syndicalistes iraniens de l’usine de raffinage de sucre de Haft Tapeh

 

HNS-Info mardi 22 décembre 2009


Motion adoptée par l’Union Locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire, France) en solidarité contre la répression des militants ouvriers en Iran.

 

Pour la défense des syndicalistes ouvriers persécutés en Iran par la république islamique

 

L’assemblée des militants syndicaux de l’Union locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire – France), réunie le 10 novembre 2009, ayant pris connaissance des faits suivants :

 

1) La condamnation, le 12 octobre 2009, par un tribunal de la république islamique d’Iran de six dirigeants du syndicat indépendant de l’immense plantation/usine de raffinage de sucre de Haft Tapeh dans le sud de l’Iran, à des peines de prison. L’accusation fait état de « mise en danger de la sécurité nationale » alors que le seul crime de ces militants a été de mener une grève pour réclamer des arriérés de salaires conséquents et protester contre la détérioration de leurs conditions de travail.

« Le régime est clairement déterminé à écraser le syndicat en mettant tout son exécutif derrière les barreaux », écrit l’UITA, la fédération syndicale internationale des travailleurs de l’alimentation ;

 

2) La situation alarmante dans laquelle se trouve le dirigeant syndical iranien très populaire Mansour Ossanlou, du syndicat indépendant (8 000 membres) des 17 000 travailleurs de Vahed, l’entreprise de transports par bus de Téhéran, militant condamné en 2007 à cinq ans de prison, et dont la santé a décliné dangereusement dans la dernière période. Mansour Ossanlou est privé des soins médicaux appropriés et continue à subir de mauvais traitements de la part des autorités carcérales ;

 

3) Le maintien en prison de dizaines de militants syndicaux iraniens et de travailleurs pour avoir participé, tant aux manifestations du 1er mai 2009 très durement réprimées par le régime, qu’aux démonstrations de rue qui n’ont pas cessé depuis le 12 juin, tout au long de l’été et de l’automne 2009, contre le régime fasciste qui gouverne ce pays depuis bientôt 30 ans.

 

4) Plus généralement, de la répression très dure exercée par le gouvernement islamique contre toute lutte syndicale menée par une organisation indépendante, contre les militants syndicaux et les travailleurs en Iran et qui s’accompagnent de jugements iniques, de peines d’emprisonnement, de tortures, flagellations et maltraitances de toutes sortes, y compris contre les femmes syndicalistes et travailleuses en général.

Informée de cette situation inadmissible condamnée par toutes les instances syndicales mondiales, l’union locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire, France) :

 

-  s’élève contre ces pratiques indignes des peuples vivant sur le sol de l’Iran et qui révulsent l’humanité tout entière et particulièrement la classe ouvrière de tous les pays ;

 

-  dénonce la répression systématique qui frappe l’ensemble du mouvement ouvrier en Iran, les travailleurs et même les femmes et les enfants engagés dans la lutte, comme lors des manifestations du 1er mai 2009 à Téhéran ;

 

-  salue le courage et la détermination des militants syndicaux iraniens qui, au péril de leur vie, luttent pour un syndicalisme indépendant du régime obscurantiste et réactionnaire iranien actuel qui n’admet que l’existence de pseudo « syndicats islamiques » étroitement contrôlés par les autorités ;

 

-  proteste contre les simulacres de « jugements » de nombreux syndicalistes qui ne font qu’exercer un droit démocratique reconnu par toutes les nations civilisées ;

 

-  exige la libération immédiate de tous les militants syndicalistes, des travailleurs, des femmes et des enfants emprisonnés, torturés et maltraités par un régime qui viole les droits humains fondamentaux depuis trente ans ;

 

-  soutient la lutte des travailleurs iraniens pour arracher les libertés démocratiques fondamentales dont le droit à l’organisation de syndicats ouvriers indépendants ;

 

-  émet le vœu que tous les travailleurs de France et les organisations ouvrières engagent une large campagne permanente jusqu’à ce que soient sauvés nos camarades iraniens menacés du pire ;

 

-  appelle le 49e congrès de notre Confédération Générale du Travail qui doit se tenir à Nantes début décembre, à lancer une campagne en France et à l’échelle internationale pour la défense des syndicalistes et des travailleurs persécutés par la république islamique.

 

Après une large discussion sur ces questions, l’Union locale CGT de Chinon (Indre-et-Loire) a adopté cette résolution.

 

Fait à Chinon, le 10 novembre 2009

 

 

 

BELLACIAO - L'UL-CGT de Chinon solidaire des syndicalistes ...

L'UL-CGT de Chinon solidaire des syndicalistes iraniens de l'usine de raffinage de sucre de Haft Tapeh mercredi 23 décembre 2009 (07h05). L'UL-CGT de Chinon ...

bellaciao.org/fr/spip.php?article96020 - Il y a 10 heures

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Mal-logement : pression pour que l'Etat réquisitionne les habitations vides


LEMONDE.FR avec AFP | 22.12.09 |

 

Des responsables et militants des collectifs de défense de personnes mal logées ont réclamé, mardi 22 décembre, la réquisition de logements vacants en tentant, en vain, de déposer à l'Elysée une liste de vingt immeubles parisiens vides. Cette liste, dressée par Jeudi Noir, Droit au logement (DAL), le Collectif pour l'avenir des foyers et le Comité des sans-logis, recense vingt immeubles "totalement ou partiellement vacants depuis un à 10 ans", propriétés de bailleurs privés ou publics, dans une quinzaine d'arrondissements. Selon ces collectifs, leur réquisition pourrait permettre de loger plusieurs centaines de personnes, sur des milliers de mètres carrés.

 

La réquisition est "un travail qui devrait être fait par le préfet, mais il ne bouge pas, donc aujourd'hui on monte un cran plus haut", a expliqué Lionel Primault, de Jeudi noir. Accompagnés de l'actrice Josiane Balasko, du leader du NPA, Olivier Besancenot, d'Augustin Legrand (Les Enfants de Don Quichotte), candidat aux régionales en Ile-de-France pour Europe-Ecologie, et de Mgr Gaillot, une vingtaine de responsables et militants se sont rassemblés mardi matin rue de Miromesnil, tout près de l'Elysée, pour aller y déposer la liste, mais ils ont été stoppés à trois cents mètres du palais présidentiel par des CRS qui les ont invités à l'envoyer par courrier.

 

NON-RESPECT DU DALO

 

Le porte-parole du DAL, Jean-Baptiste Eyraud, a protesté contre "cette méthode", et estimé qu'appliquer la loi de réquisition de 1945 permettrait de "loger des milliers de personnes en France". "La crise du logement nécessite de prendre des mesures exceptionnelles ; la loi de réquisition en est une. Elle pourrait régler un certain nombre de problèmes. Pas tous, mais un certain nombre", a-t-il estimé.

 

"En refusant de les recevoir", ont ajouté les Verts dans un communiqué, "l'Elysée a démontré son indifférence au sort des sans-abri et des mal-logés. L'Etat refuse d'appliquer la loi de réquisition, et ignore celle du DALO", le droit au logement opposable, qui oblige l'Etat à donner suite à des demandes de logement social jugées prioritaires. Rien qu'à Paris, selon Europe Ecologie, "on compte près de 122 000 logement inoccupés". Parmi les mesures proposées par les écologistes figurent le doublement du budget logement au conseil régional, en le faisant passer de 4 à 8 %, et l'arrêt de la spéculation foncière qui "alimente le mal-logement".

 

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CGT : contestations

 

NPA 09/12/2009

 

Le 49e congrès CGT s’est ouvert dans un climat d’interrogations profondes. Ce mardi soir, seul le bilan d’activités a été débattu: le nombre des voix Contre est passé, depuis le 48e congrès, de 16,8% à 22,7%. Mais ces chiffres ne reflètent qu’imparfaitement le malaise.

 

Bernard Thibault s’est efforcé de répondre aux interpellations. Il a voulu faire de la grève des 6000 sans papiers le symbole d’une CGT de lutte, et d’un premier «engagement» du congrès. Il a continué en revendiquant une organisation où les «opinions contradictoires ont droit de cité». Mais la suite manquait totalement de perspectives.

 

Plus de la moitié des interventions avaient une tonalité critique, soulignant un «décalage entre dirigeants et attentes sur le terrain». La Haute-Loire a défendu la nécessité de revendications salariales générales (200 euros, comme en Guadeloupe). Jean-Pierre Delannoy, qui présente sa candidature en alternative à celle de Thibault, appelle la CGT à «sortir de la démarche institutionnelle» et à redevenir un outil de lutte, même si « la grève générale ne se décrète pas», elle se construit. Il est très applaudi lorsqu’il propose des objectifs d’action «clairs et précis: 300 euros, arrêt de tous les licenciements, retour aux 37,5 annuités, renationalisation des services publics».

 

Bien d’autres prises de parole reflètent des préoccupations convergentes, comme cette déléguée STX (Saint-Nazaire), s’inquiétant que la CGT «n'utilise pas le rapport des forces». Elle est d’accord pour l’unité, mais «à condition de rendre publiques les propositions» CGT. Gérard (chimie), s’étonne que tout n’ait pas été fait pour la «jonction des luttes», ou que la CGT fasse la «fine bouche» lorsque les luttes contre les licenciements débouchent sur les primes.

 

D’autres expriment l’exigence d’une «continuité du salaire et du contrat de travail», une façon «d'interdire les licenciements». Jo (organismes sociaux), s’interroge sur la stratégie car «nous n*favons pas su nous donner une perspective globale» Il demande une «résolution d'actualité» pour la défense des retraites. Et conclut: «Osons camarades!».

 

Le délégué des Molex soulève l’enthousiasme en évoquant leur lutte mais surtout en réclamant que la CGT toute entière s’engage dans la lutte contre les licenciements et pour la solidarité inconditionnelle avec ceux qui subissent la répression.

 

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POSTE ET EDUCATION : le 24, une étape importante ! 


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L’enjeu du 24 novembre où sont prévues deux grèves parallèles, à la Poste et dans l’Education, sera d’encourager, au-delà du refus de la casse des services publics, un mécontentement largement partagé et de faire entendre le besoin d’un mouvement d’ensemble.

 

A la Poste, les salariés sont appelés par cinq fédérations CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC à faire grève le 24 novembre et à manifester le 28 novembre, avec les usagers mobilisés dans les collectifs contre la privatisation. Dans l’Education, la FSU a programmé ce même 24 novembre une grève nationale avec manifestations au moment où aura été voté le budget 2010 qui prévoit la suppression de 16000 postes dans le secteur.

 

Ce sera la première fois, depuis la rentrée, que pourra s’exprimer à une échelle un tant soit peu large, le mécontentement du monde du travail. Car au-delà de la privatisation en cours de La Poste ou de celle à venir de l’Education nationale, c’est bien l’ensemble de la politique du patronat et du gouvernement qui est à combattre.

 

Une politique dont le seul objectif est de permettre àune minoritéde gros actionnaires qui ont fait main basse sur l’économie d’augmenter leurs bénéfices, d’attribuer des centaines de millions d’euros aux PDG et aux traders, de rançonner les finances publiques avec l’aide du gouvernement.

Pour le patronat et les plus riches, les mille et une manières d’abaisser leurs impôts, d’exonérer les cotisations sociales, de toucher les subventions publiques.

 

Pour ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail, les licenciements, la précarité, les contrôles humiliants de leurs revenus pour prétendre aux maigres ressources du RSA, la hausse des impôts locaux et du forfait hospitalier, la baisse ou la suppression des remboursements des médicaments, les menaces contre les retraites et les attaques à venir au nom de la lutte contre les déficits.

 

Salariés en lutte contre les licenciements et les fermetures d’usines, travailleurs sans papier en grève pour leur régularisation, grève des postiers, participation massive au referendum contre la privatisation de la poste, tout montre que ce n’est pas l’envie de se mobiliser qui manque quand l’occasion en est donnée mais bien une perspective de lutte sérieuse et de mouvement d’ensemble.

 

Au début de l’année, le 29 janvier et le 19 mars, des millions de travailleurs avaient fait grève et manifesté, avec l’espoir que s’ouvre une telle perspective. Mais les directions des grandes confédérations syndicales, parce qu’elles se sont depuis longtemps laissé piéger par la politique de «dialogue social» du gouvernement, ont étouffé toute possibilité de donner une suite à ces journées. Prisonnières de leurs engagements, de la concertation autour de la «politique industrielle» de Sarkozy comme de toutes les réformes libérales en cours dont celle de l’Education, elles n’ont rien organisé depuis la rentrée qui puisse permettre l’expression du rejet de la politique du gouvernement.

 

Il est pourtant massif si on en juge tant par la cote de popularité de Sarkozy que par les dissensions qui, dans sa propre majorité, expriment la crainte des parlementaires de subir le discrédit du gouvernement.

 

Alors, àla poste et dans les établissements scolaires et universitaires, qu’on soit enseignant, lycéen ou étudiant, saisissons-nous de cette journée d’action pour exprimer avec le plus de force possible la colère du monde du travail contre ce gouvernement dont toute l’action vise à satisfaire l’avidité d’une minorité richissime au prix non seulement de la destruction des services publics mais de la régression de toute la société.

 

Galia Trépère

 

"Comment les Chinois exploitent les ouvriers algériens"

 

Salaire de misère, licenciement abusif, insultes…

Les ouvriers algériens des chantiers chinois de l’autoroute Est-Ouest dénoncent la façon dont ils sont exploités. Entre semi-connivence des autorités et impuissance des syndicats, les nouvelles victimes du système chinois racontent.


« Les Français ont piétiné vos droits pendant 130 ans, ce n’est pas aux Chinois de vous les accorder aujourd’hui ! » Dans l’enceinte du chantier chinois CITIC CRCC, de l’autoroute Est-Ouest, sur le tronçon reliant Adjiba à El Bibane (Bouira), la direction ne prend pas de gants pour parler à ses ouvriers. Tous Algériens. C’est en ces termes que s’est tout en cas adressé un responsable chinois à un membre du syndicat venu réclamer que les droits des travailleurs soient respectés. Depuis deux ans, date du lancement du chantier, les huit cents ouvriers algériens embauchés par cette entreprise ne cessent de crier au scandale. Les raisons sont multiples et les accusations sont graves. Mépris, exploitation, insultes en tout genre, conditions de travail quasi insupportables, salaire de misère, licenciement abusif… caractérisent leur quotidien. Après des appels de détresse aux autorités locales, qu’ils accusent, par ailleurs, de complicité avec les Chinois, les travailleurs ont décidé de saisir le président de la République, dans une lettre ouverte envoyée il y plus d’un mois. Pour l’instant, ils n’ont aucune réponse. Pour le porte-parole de ce syndicat, Djamel Kaci, « le mutisme des Chinois et les pénibles conditions de travail nous ont amenés à protester, cet été, en fermant la route qui mène au chantier et en brûlant des pneus. Nous avons ainsi paralysé le chantier pendant huit jours ». Cette action leur a valu des poursuites judiciaires, toujours en cours, et « un harcèlement de la part des Chinois qui nous ont accusés d’être les instigateurs des émeutes et ont amadoué quelques uns des militants ». La lutte de ce syndicat, considérée au départ comme illégale par les Chinois et par les autorités locales, a conduit les ouvriers à créer une section syndicale au sein de l’UGTA de Bouira. « Car la création d’un syndicat autonome nécessite du temps. La délivrance de l’agrément peut prendre des années ! », confie, sourire au coin des lèvres, Djamel Kaci. Rencontrés dans un café à Ahnif, à 80 km à l’est de Bouira, les ouvriers sont venus jusqu’à nous, pour témoigner du mauvais traitement des Chinois à leur égard. Azziz, 32 ans, agent de garde, est aujourd’hui contraint de marcher avec des béquilles. « Un soir, je faisais une tournée d’inspection comme d’habitude, à l’aide d’une lampe électrique. Soudain, je suis tombé dans un ravin. J’y ai passé toute la nuit, seul. J’avais tellement mal que je ne pouvais pas me lever. J’ai attendu le matin que des collègues me transportent à l’hôpital. » Et de poursuivre : « Les Chinois étaient là, au bord du ravin, en train de rigoler, sans me prêter assistance. »

 

Heures sup’

 

Les témoignages sur les déboires des ouvriers se succèdent, certains plus tragiques que d’autres. Rabah, 25 ans, ouvrier dans ce chantier depuis les débuts, est en arrêt maladie depuis cinq mois. « Je travaillais comme d’habitude quand tout d’un coup, une machine de plus de 5 tonnes m’est tombée sur le pied, raconte-t-il. J’ai été embarqué par les Chinois une heure après, à l’arrière d’une camionnette de service, comme du bétail. J’ai ensuite été livré à moi-même, contraint d’appeler ma famille pour me venir en aide. » L’histoire de Rachid, père de famille, est plus grave encore. Aujourd’hui presque paralysé, cloué au lit, il raconte : « Un jour en plein travail, un engin a pulvérisé mes jambes. Mes os se sont alors émiettés comme de la poudre. » Un de ses collègues, les larmes aux yeux, témoigne : « Les quelques Chinois qui ont assisté à la scène riaient à s’étouffer et le traitaient de tous les noms. » Rachid vit aujourd’hui grâce à l’aide de ses ex-collègues, qui chaque mois, organisent une collecte d’argent pour lui. Face à ces accusations de non assistance à personne en danger, nous avons tenté d’approcher les responsables du chantier CITIC CRCC. Dans un français approximatif, l’employé chargé de filtrer les demandes, nous renvoie vers l’Agence nationale des autoroutes. Un responsable de l’ANA a bien souhaité nous recevoir, tout en nous expliquant qu’il n’était pas habilité à s’exprimer sur le sujet. Logique, d’autant que l’agence n’est pas responsable des ouvriers. Interrogé sur les agissements des Chinois, il n’a pas souhaité s’exprimer, arguant ne pas être au courant.Sur leurs conditions de travail, les ouvriers algériens sont pourtant intarissables. « Lamentables », clament-ils tous d’une seule voix. « Sans casque de protection, ni chaussures spéciales, notre seule tenue de travail est une combinaison bleue, explique l’un d’entre eux. Vous imaginez le risque que nous prenons en travaillant dans ce chantier ? Et les Chinois ne veulent rien entendre ! De plus, nous n’avons même pas de prime de risque ! » « Nous sommes payés 12 000 DA par mois, conteste de son coté Akli, alors que les Chinois sont payé cinq ou six fois plus que nous à ne rien faire ! » Pire : selon les formulaires de pointage écrits en chinois que nous nous sommes procurés, les heures de travail quotidiennes sont chaque jour… prolongées de huit heures ! « Un jour j’ai essayé de protester contre cette nouvelle forme d’esclavagisme, confie Kamel. En guise de réponse, les Chinois m’ont tabassé. Quelques jours après, j’ai été renvoyé ». D’après les ouvriers du chantier CITIC CRCC, les Algériens seraient exposés aux même conditions de travail sur les autres chantiers confiés aux Chinois dans la région, à l’instar de Hamma El Bibane et El Yachir. Tous savent à quoi s’en tenir sur l’aide que les autorités locales seraient censées leur apporter. « Nos ouvriers font désormais face à deux administrations : algérienne d’un coté et chinoise de l’autre, commente un ouvrier. Le projet de l’autoroute Est-Ouest est la consécration de l’amitié sino-algérienne… comme l’atteste ce panneau publicitaire érigé à l’entrée de la nouvelle autoroute de Rouiba… »



Par Zouheir Aït Mouhoub in El Watan

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Répression à l’inspection du travail

 

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Dans la lignée de sa politique de casse du droit du travail, le ministère s’en prend aux agents de l’inspection qui refusent de se muer en relais du gouvernement des patrons.

Les contrôleurs et inspecteurs du travail, chargés de contrôler l’application du droit du travail dans les entreprises, font l’objet d’une répression sans précédent par leur hiérarchie, qui s’attaque à leur rémunération. À Paris notamment, la moitié d’entre eux ont reçu fin octobre une lettre les informant de la baisse de leurs primes. En juin, une partie du remboursement des frais de déplacement leur avait déjà été supprimée. Par leur ampleur, ces sanctions pécuniaires n’ont pas d’autre finalité que de briser l’actuel mouvement de contestation des orientations politiques du contrôle du droit du travail.


À travers une « politique travail » définie par le gouvernement, l’inspection du travail tend en effet à être instrumentalisée. Son activité est orientée d’une part vers des domaines sur lesquels le patronat peut, du fait des insuffisances de la réglementation (amiante, produits chimiques, souffrance au travail), reporter sa responsabilité pénale sur l’État, lequel la renvoie sur ses agents, et d’autre part vers des objectifs répondant davantage à des impératifs de conseil aux entreprises et de régulation de la concurrence que de protection des droits des travailleurs. Dans le prolongement de cette politique, la réforme de l’État (RGPP) intègre l’inspection du travail dans une « direction régionale de l’entreprise » conçue comme guichet unique au service des employeurs.


Au sein de l’inspection du travail, cette politique est déclinée par la fixation bureaucratique d’objectifs individuels chiffrés par domaine de contrôle prioritaire, associée à un outil statistique de compte rendu d’activité qui n’est en réalité qu’un outil de flicage. Elle oblige les agents de contrôle à orienter leur activité sans lien avec la demande sociale qu’ils reçoivent, et incite à leur mise en concurrence au travers de l’évaluation individuelle des résultats. Ces changements sont fortement contestés et entraînent diverses actions de désobéissance (boycott de réunions de service, d’entretiens d’évaluation, de remontées statistiques) qui souffrent cependant de l’absence de structuration et du manque de perspective donnée par les syndicats.


Or, le succès de la politique travail suppose la mise au pas des agents de contrôle et la destruction de toute forme de contestation. Elle peut compter sur une hiérarchie, pourtant issue de l’inspection du travail même, particulièrement zélée qui, lorsqu’elle ne parvient pas à soumettre les agents, met en œuvre des pratiques dignes du patronat le plus vil (menaces constantes, dénigrement des syndicats, sanctions aveugles et systématiques). Ce climat accroît le malaise d’une profession aux moyens déjà dérisoires.


Cette politique vise à couper le lien entre l’inspection du travail et les travailleurs et à la détourner de leurs préoccupations. Elle doit être combattue sans réserve, autant par les agents de contrôle que par les travailleurs, car elle s’intègre aux attaques contre un droit du travail de moins en moins protecteur, permises par la dégradation du rapport de forces, et s’appuie sur la quasi-impunité de la délinquance patronale.


Mais cela ne suffira pas. Parce que c’est par le droit du travail que s’organisent juridiquement les rapports d’exploitation, seuls le renversement du rapport de forces à l’échelle de la société et la remise en cause de la propriété privée des moyens de production permettront l’émergence de règles réellement protectrices et le contrôle de leur effectivité.


Le comité inspection du travail - emploi Île-de-France

 

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Philips Dreux :

aux côtés des salariés

 

NPA

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Des militants de nombreuses entreprises en lutte se sont retrouvés à Champhol pour une journée de solidarité à l’appel de la CGT du site.

Samedi 14 novembre, des travailleurs de Continental, de Molex, de Ford, de Freescale, de Renault, de Radio France, des travailleurs sans papiers, de Solidaires en inconditionnels de la solidarité ouvrière se sont retrouvés à Champhol (Eure-et-Loir) pour répondre à l’appel du syndicat CGT Philips EGP Dreux, afin de soutenir les Philips dans leur difficile combat pour le maintien de leurs emplois.


Malheureusement, on n’en dira pas autant des responsables des structures syndicales de la CGT : unions locale et départementale, union des syndicats des travailleurs de la métallurgie et fédération de la métallurgie brillaient tous par leur absence.


Car, à quelques kilomètres de la cathédrale de Chartres la rentabilisation motivée par la chasse aux profits n’a pas attendu la « crise » pour détruire des milliers d’emplois. Rien que pour Philips, on est passé de 4 000 emplois sur les trois sites de la région au début des années 2000 à moins de 300 aujourd’hui à EGP Philips Dreux, avec la perspective d’une fermeture complète dans les mois qui viennent.


Et ce n’est pas faute d’une défense acharnée pour le maintien de ces sites par les salariés. Depuis des années, grèves, mobilisations régionales, batailles juridiques... tout a été tenté pour bloquer la machine destructrice d’emplois. Malgré la défaillance des autres syndicats de l’entreprise, la CGT s’est battue sans relâche pour la mobilisation massive des salariés de Philips. Car comme partout, derrière ces emplois directs supprimés, ce sont des milliers d’autres qui ont été liquidés avec l’installation dans le chômage et la misère de milliers de familles.


Et pendant ce temps-là, le groupe Philips annonce un bénéfice record au 3e trimestre 2009 de 176 millions d’euros soit trois fois celui du 3e trimestre 2008. Quant au bénéfice d’exploitation, ce dernier a été multiplié par six et s’élève à 344 millions d’euros. Avec onze semaines de grève en 2008, salariés et militants se retrouvent dos au mur. Après avoir dans un premier temps gagné le paiement des jours de grève, un jugement en appel a annulé cette décision et condamne les salariés à payer les frais des deux procédures  !


Conscients de l’impossibilité de gagner en restant isolés, les militants de la CGT Philips avaient parcouru l’hexagone pour soutenir et encourager tous leurs camardes en lutte ces derniers mois. C’est ainsi qu’ils ont croisé Manu et ses camarades à Clairoix avec les Conti, les Ford à Bordeaux, les New Fabris à Châtellerault, etc., qui leur ont rendu la politesse samedi dernier.


Ce fut une belle journée de solidarité ouvrière où les soutiens furent accueillis chaleureusement par plusieurs dizaines de salariés d’EGP avec saucisses, merguez, sandwiches et boissons, musiques et débats. En fin de matinée, les militants présents ont remis en débat l’urgence d’une centralisation des luttes tout en respectant les rythmes nécessaires à une construction transparente et démocratique, conditions indispensables pour des actions efficaces.


L’après-midi, après des messages de soutien émouvants des militants des entreprises présents, un débat était organisé avec la participation de toutes les forces de gauche locales. Comment empêcher tous les licenciements, quelle politique industrielle, quelles propositions de reconversion, comment centraliser les luttes dispersées qui restent isolées ? Autant de questions débattues une nouvelle fois avec le sentiment qu’il est grand temps d’arrêter le massacre. Alors tous se sont engagés à rester en contact, à s’épauler dans les jours, les semaines, les mois qui viennent. Pour apporter notre détermination, notre volonté politique pour la construction du « tous ensemble » seul capable de faire reculer patrons et gouvernement.


L’après-midi s’est terminée en musique pour nous rappeler que la lutte, cela peut être aussi des moments de solidarité et de festivité.

 

 

>>  Le SITE AMI de la CGT PHILIPS EGP DREUX

 

Interview de

Sébastien Osman,

32 ans,

postier à Martigues.


 

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Il aura fallu 24 jours de grève de la faim pour Sébastien et 26 jours de grève des quelques 30 facteurs martégaux pour que les agents du service public soient enfin écoutés et entendus par la direction de La Poste.

 

Quels sont les problèmes que vous rencontrez dans votre bureau de Poste de Martigues ?

 

Depuis plusieurs mois, une nouvelle organisation a été mise en place afin d’accroître la productivité et la rentabilité du service postal. Et ceci se fait sans considération aucune ni pour les usagers, ni pour les travailleurs. Les cadences de tri sont en augmentationconstante, les heures supplémentaires demeurent impayées et la diminution du nombre de tournées, qui correspond à une perte de neuf à dix emplois, surcharge de nouveau les facteurs déjà débordés. À cela s'ajoute un management local très brutal(intimidations, pression morale, mise à pied, retrait de service, licenciement sec…) envers nous qui tentons de nous mobiliser contre la privatisation progressive de ce service public.

 

Me concernant, j’ai été mandaté il y a plusieurs mois par le syndicat Sud-PTT 13 pour la négociation d'un éventuel accord avec notre direction. Refusant de signer leurs propositions scandaleuses, j'ai convaincu l’ensemble du personnel de refuser de se soumettre. Le climat devenant de plus en plus tendu, et afin de m’écarter de mon lieu de travail, j’ai fait l’objet d’un retrait de service de quatre mois. Quant à Fabien, il a été licencié pour un jour de congé requalifié par le directeur en absence irrégulière! Il ne fait pas de doute que la direction s’est montrée particulièrement répressive et s’est servie de Fabien et moi pour «montrer l’exemple» et dissuader tout le monde d’entamer un mouvement de grève.

 

Quels ont été vos réponses face à cette situation ?

 

Le lundi 12 octobre ,la quasi-totalité des facteurs de Martigues, sur un préavis Sud, se mettent en grève pour la reconnaissance par la Poste du travail supplémentaire (non payé jusqu’alors) engendré par la restructuration actuelle, ainsi que pour la réintégration et la réhabilitation de Fabien et moi. Il y a quelques mois, à Marseille, des postiers ont lutté pendant 58 jours ! La direction est restée inflexible et les postiers n’ont pas obtenu gain de cause. Je me suis dis que seul un geste plus radical les forcerait a négocier. Deux jours après le début du mouvement de grève, j’ai décidé d’entamer une grève de la faim et de dormir sur le parking, d’abord dans ma voiture, puis dans un camion de location. Je ne voulais pas seulement qu’ils sachent que j’avais arrêté de m’alimenter, je voulais qu’ils me voient dépérir sous leurs yeux !

 

Comment s’est soldé le conflit ?

 

Après 25 jours de grève de presque toute l’équipe et 24 jours de grève de la faim pour moi, les négociations ont enfin abouties. Au final, nous sommes plutôt satisfaits de l’issu du conflit. Nous avons obtenu: le principe de reconnaissance et le paiement d’une partie de nos dépassement horaires, le gel de l’organisation « Facteur d’avenir » jusqu’au 3 janvier 2010, la création d’un groupe de travail qui pourra permettre de réajuster le temps de travail théorique au temps de travail effectif. PFabien, postier licencié, le financement d’une formation professionnelle. Pour moi, l’engagement de La Poste que mon conseil de discipline soit juste et que soit pris en compte les « fautes » de management du directeur du centre courrier de Martigues.

 

Quelles leçons avez-vous tirées de votre lutte ?


Durant ce conflit, notre plus grande victoire a sans aucun doute été le lien fort qui s’est créé entre tous les facteurs. On a pris le temps de sortir la tête de nos casiers, pris le temps de se parler, de se connaître; bref, de nouer de véritables relations humaines que les cadences infernales ne nous permettent pas de faire! Durant toute ma grève de la faim, mes collègues se sont relayés sur le parking de La Poste. Ils faisaient les trois huit pour ne pas me laisser seul dans mon camion. Ceci a créé une véritable cohésion entre nous. Nous (et la direction!) savons qu’à l’avenir nous serons tous soudés. Enfin, des soutiens nous sont parvenus de toutes parts: usagers, collègues, partis politiques, associations… Autant de personnes qui venaient apporter de la nourriture, un soutien financier ou encore nous soutenir moralement. Nous avons tous été très surpris par cette solidarité de la part d’«inconnus». Cela a énormément compté pour nous, nous a convaincus que notre lutte était justifiée et nous a encouragés à continuer notre combat.

 

Propos recueillis par Géraldine GRIMAUD

Leurs profits, c’est avec notre peau qu’ils veulent les augmenter

 

par Arlette Laguiller

In REZO CITOYEN

 

lundi 16 novembre 2009


Le nouveau PDG de Peugeot-Citroën vient d’annoncer son plan pour redresser les profits de ses entreprises et, par conséquent, les dividendes des actionnaires. Le projet est simple : réduire l’effectif de 6 000 personnes sur 82 000 et, en même temps, augmenter la productivité de 20 %.

Le PDG ne parle pas de licenciements mais seulement de non remplacement de ceux qui partent. De toute façon, c’est un mensonge. Les patrons ne comptabilisent pas dans les licenciements la mise à la porte des intérimaires.

 

Six mille emplois en moins, cela fait de toute façon autant de chômeurs en plus. Et cela signifie aussi des cadences plus élevées sur les chaînes de montage, une usure toujours plus grande pour les travailleurs, la flexibilité, des samedis travaillés et des heures supplémentaires à certains moments et le chômage technique à d’autres. Le plan annoncé par Peugeot-Citroën est fait en revanche pour aguicher les actionnaires : une amélioration de 3,3 milliards pour les bénéfices !

 

Augmenter le profit de l’entreprise en se débarrassant d’une partie du personnel et en faisant faire plus de travail par ceux qui restent n’est pas une spécialité de la seule maison Peugeot-Citroën. Renault en fait autant. General Motors qui avait annoncé à un moment la vente de ses usines d’Allemagne qui produisent sous la marque Opel revient en arrière et annonce une restructuration brutale qui se traduit par des licenciements massifs.

 

La reprise est en marche, claironnent ministres et commentateurs à la vue des profits en hausse, déjà encaissés dans les banques et annoncés dans l’automobile, et à la vue de la fièvre boursière que cela alimente.

 

Mais en même temps que les profits sont en hausse dans les plus grandes entreprises, il y a de plus en plus de chômeurs et les travailleurs mis à la porte ont de moins en moins de chances de retrouver un emploi.

 

Le temps passé au chômage s’allonge et quelques missions d’intérim n’arrêtent pas la chute inexorable vers la pauvreté. Et, à l’autre bout de la chaîne, il y a cette information, qui est passée presque inaperçue, que les vols dans les supermarchés ont augmenté et, surtout, qu’ils se portent de plus en plus sur la nourriture, sur des couches pour bébé, sur des articles indispensables et qu’ils sont le fait de femmes et d’hommes pour qui cela est devenu une question de survie.

 

Alors, oser parler de reprise dans ces conditions est d’un cynisme qui frise la sincérité. C’est une façon de reconnaître que la société est divisée en deux. Il y a, d’un côté, ceux à qui même la crise profite, qui en sortent plus riches encore qu’ils n’y sont entrés. Et, de l’autre côté, se multiplie le nombre de ceux qui sont écrasés par la crise.

 

Les travailleurs n’ont certainement aucune raison de se réjouir de cette prétendue amélioration du secteur automobile, pas plus qu’ils n’ont à se réjouir du profit déjà retrouvé des banques. Tout cela se fait au détriment de leur emploi, de leur salaire, de leur vie.

 

Tous ceux qui essaient de faire passer l’intérêt de la minorité capitaliste pour l’intérêt de toute la société sont de fieffés menteurs. Les intérêts des profiteurs de la crise, qui en sont aussi les responsables, sont diamétralement opposés à ceux de leurs victimes. Les profits ne peuvent être maintenus en cette période de crise qu’en aggravant l’exploitation. Les exploités, eux, n’ont une chance de défendre leur simple droit de vivre qu’en obligeant la classe capitaliste à prendre sur ses profits de quoi financer les mesures susceptibles de limiter les dégâts de la crise.

 

L’économie va mieux, nous disent-ils. Alors, il faut que les profits retrouvés servent à financer l’arrêt des licenciements, le maintien de tous les emplois, et de nouvelles embauches, par la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Le patronat ne le fera pas de son plein gré. Et ce n’est pas le gouvernement qui le lui imposera, lui qui est entièrement à son service et qui supprime, lui aussi, des emplois dans le secteur public.

 

Mais, à force de pousser à bout les travailleurs, la seule classe productive de la société, patrons et gouvernement finiront par provoquer l’explosion sociale qui imposera aux riches profiteurs les revendications vitales du monde du travail !

 

Un bureau de poste résiste encore et toujours à l’invasion des logiques financières !

 

In Basta !, par Julien Brygo 10 novembre 2009

 

Dans un village d’un millier d’habitants, Leyr, au fin fond de la Lorraine, une dizaine d’habitants ont créé un collectif « Touche pas à ma poste », contre la libéralisation de La Poste et la fermeture programmée de leur agence locale, synonymes de disparition du lien social. Leur mobilisation n’est pas vaine : la direction départementale a reculé, pour la quatrième fois, devant la détermination de ces citoyens. Les discours prônant l’impuissance et le fatalisme au nom du réalisme économique et de la modernité n’ont pas convaincu les usagers des services publics de la vallée de la Seille. Reportage.

 

 

Christian nous interrompt : « Ce n’est pas un blocage, mais son contraire : La population force le service public à remplir sa mission. » Ce 13 octobre, sur l’asphalte bruni de Leyr (Meurthe et Moselle), un village agricole où l’on cueille les dernières mirabelles de la saison, déboule une camionnette qui klaxonne à tout va et alerte la population. Devant le bureau de poste, un bâtiment en béton sans grande finesse architecturale, une dizaine d’habitants, dont Christian Zanne, professeur de mécanique à la retraite et porte-parole du collectif « Touche pas à ma poste » créé en janvier dernier, campent et sortent casse-croûtes, pancartes et slogans. Le pâté et les baguettes viennent de la boulangerie-épicerie de Marthe, à deux pas du bureau de poste. Les tracts ont été en partie imprimés dans une entreprise familiale de portes et fenêtres, Horizon 2000, au bout de la rue principale de ce village agricole où la résistance s’organise.

 

Casse-croûte et « séquestrations »

Enseignants, facteurs, salariés de France Télécom, syndicalistes des ex-PTT, dirigeants et salariés de PME locales, élus et simples citoyens : ils ont engagé une lutte pour le maintien de leur bureau de poste, dernier service public de ce hameau de près de 1.000 habitants déjà purgé de ses cafés, de son boucher ou de sa cabine téléphonique. Leurs armes : des tracts, des casse-croûtes, des réunions publiques, des sit-in et la « séquestration » de la guichetière. Derrière le mur sur lequel est apposé le nouveau logo jaune de La Poste (facturé 70.000 euros), la guichetière de Leyr, voix avenante et tranquille, s’excuse de «  ne pouvoir avoir le droit de s’exprimer » et explique qu’il faut s’en remettre «  à la cellule communication ». Elle est « retenue » par une dizaine d’habitants, qui la forcent à rester travailler l’après-midi. Elle est « séquestrée », rit-elle, sans masquer sa complicité avec les membres du collectif. Elle pourrait être la cinquième victime de cette restructuration d’une agence postale en campagne, un processus banal, comme il se pratique actuellement dans toute la France.

Après avoir réduit les horaires du bureau de poste, en octobre dernier, la direction départementale s’apprêterait à fermer définitivement cette agence, qui arrose une dizaine de villages de la vallée de la Seille, concernant 1.400 foyers, soit plusieurs milliers de personnes et des entreprises locales. Le village avait déjà vu partir ses quatre facteurs, en avril dernier. Mutés au centre de Champigneulles, une « usine », comme l’appellent ses nouveaux « ouvriers », située à vingt kilomètres. C’est à l’annonce de l’exil des facteurs de Leyr que le collectif s’est constitué, un soir de janvier. «  Mobiliser, un lundi soir, à 18 heures, en hiver, plus de 250 personnes pour une réunion publique, c’était pas gagné d’avance », note Dominique Prevalet, ancien maire de Leyr et un des initiateurs du collectif.

 

Action directe

Sa femme, Marie-Pierre Prevalet est l’une des quatre factrices forcées à pointer à Champigneulles. Dans le salon de sa maison, à deux pas du bureau de poste, elle explique les conséquences de cette mutation forcée : « Moi qui n’avais jamais pris ma voiture pour aller au boulot, je me retrouve à faire quarante kilomètres par jour. La fatigue, le stress, les conséquences écologiques [1]... ça compte. Mais c’est surtout le lien social qui est vraiment en danger. Vous savez, après vingt ans de tournée, on connaît les usagers. Les personnes âgées mettaient, par exemple, une petite pince à linge sur leur boîte aux lettres pour signifier qu’il y avait une commande d’argent à la banque postale et on ramenait l’argent le lendemain. Tout cela n’est plus possible, car ils changent les équipes, divisent les petits villages en deux facteurs, afin qu’il n’y ait plus d’habitude de tournée. C’est un raisonnement purement informatique. En 23 ans de tournée, j’ai alerté treize fois sur des anomalies, des volets fermés, des signaux inquiétants. Quand on exerce ce métier en zone rurale, on connaît les gens, leurs habitudes. On sait quand quelque chose ne va pas. Nous jouons un rôle social. Aujourd’hui, on nous fait devenir des petits agents commerciaux, qui ne connaissent pas ceux à qui ils livrent le courrier », raille-t-elle, avant de nous offrir un petit « digestif » de mirabelle, la spécialité du coin.

« On connaît le schéma, explique Noël Barroyer, militant SUD-PTT à France Télécom et membre actif du collectif. « Ils diminuent les horaires d’ouverture, puis ils ferment le bureau de poste pour le transformer en agence postale communale, puis c’est un commerce qui mutualise la présence postale sans pouvoir assurer le service bancaire, par exemple. Quand le commerce ferme, l’affaire est jouée », explique ce fils et petit-fils de facteur, dans le salon de la ferme familiale qu’il a retapée en demeure agréable, avec ses mangeoires et ses bacs à grain - et en QG du collectif. «  La direction de la Poste est pressée d’en finir avec Leyr, comme elle l’a fait pour plus de 200 communes lorraines en 2008 », peut-on lire sur le tract jaune, imprimé en partie par le syndicat Sud. Pour cet homme qui a participé à la création de Sud en Meurthe-et-Moselle, ce mouvement spontané a «  vraiment apporté un bol d’air : à l’heure du marasme de l’action politique et syndicale, cette réappropriation de l’échange et de l’action directe, ça fait chaud au cœur. On a bien conscience qu’on n’a pas gagné la guerre mais seulement une bataille. »

 

La logique des chiffres contre les hommes

Le 15 octobre, après dix jours de mobilisation, la direction départementale de La Poste changeait son fusil d’épaule et acceptait de négocier, à la demande du maire de Leyr. « Pas avec le collectif, bien sûr, auquel ils n’accordent aucune légitimité, mais avec les élus des communes concernées. Dommage pour eux, ils vont retomber sur un bon nombre de membres du collectif  », ricane Christian Zanne. L’annonce des négociations est arrivée le lendemain d’un article de l’AFP, relayé par site Internet du journal Le Monde. Sous le ciel lourd et humide de Lorraine, en face de l’immeuble en béton qui abrite le bureau de poste, nous entrons dans un des derniers commerces de ce village peu pittoresque.

Marthe, petits yeux avenants et enthousiasme débordant, nous reçoit avec complicité pour raconter comment elle participe au collectif. «  Je leur ai donné des pâtés lorrains et des baguettes », souffle-t-elle. C’est «  discrètement » et «  gracieusement » qu’elle a offert ces quelques mets aux membres du collectif, pour leurs dix jours de casse-croûte quotidien face au bureau. «  Ici, on n’aime pas le bling-bling », dit-elle. « Heureusement qu’il y a des gens qui se battent encore ! Quand on aide un mouvement comme ça, on le fait discrètement, sans vouloir tirer la couverture à soi. Dans ce village, il n’y a déjà plus de café, plus de boucher, plus de messes, alors si le bureau de poste venait à fermer, ce serait un village fantôme. Cette logique des chiffres contre les hommes, c’est une catastrophe, ça nous mène droit dans le mur. » En face de la boulangerie-épicerie, un vent glacial fait cligner des yeux Chantal, une Martiniquaise, qui confie tout de go : « Si le bureau de poste ferme, ça va devenir un désert ici. Comment vont faire les gens qui n’ont pas de voiture quand on leur dira que le bureau de poste le plus proche est à quinze kilomètres ? »

 

Les cols blancs montent au créneau

Contactée par Basta !, la direction départementale tient le discours attendu, un discours de comptable : « Nous avons réduit les horaires hebdomadaires de 25 à moins de 20 heures, car nous avions constaté une baisse de la fréquentation de ce bureau de poste depuis ces deux ou trois dernières années  », explique Cédric Kamut, porte-parole plus ou moins officiel de La Poste Lorraine-Sud. « On fait beaucoup de pédagogie, explique-t-il. En février, on a par exemple envoyé un courrier individuel à chaque habitant des villages concernés, pour leur expliquer que les réductions d’horaires n’ont rien à voir avec le changement de statut, qui n’a lui-même rien à voir avec une quelconque privatisation ! » On y croit très fort.

Le 15 octobre, Christian Estrosi, ministre en charge de l’industrie, demande aux cadres de La Poste, à Paris, de se montrer plus convaincants pour « défendre l’ouverture du capital ». « Les Français ne comprendraient pas qu’on accorde 2,7 milliards d’euros pour financer l’avenir de La Poste, sans qu’en contrepartie La Poste leur rende des comptes », déclare-t-il à l’AFP, le 19 octobre. Deux semaines plus tard, le ministre reprend la même argumentation : « Quel est le pays au monde où (on) voudrait privatiser et en même temps mettre 2,7 milliards d’argent public pour la moderniser ? » (Europe 1, 1/10). Réponse : la France et ses partenariats public privé par exemple, ou les mirifiques cadeaux financiers accordés aux banques.

Les cols blancs sont donc priés de monter au créneau, en respectant les bons mots de leur ministre. Son leitmotiv : modernisation. «  Le bureau de poste de Leyr ne sera pas fermé », martèle donc le cadre lorrain, quand bien même ses horaires d’ouverture ont été réduits. Il avance même le chiffre de « 35.000 euros dépensés en 2008 pour rénover ce bureau de poste ». Avatar permettant d’assurer que «  fermer un bureau de poste après l’avoir rénové serait ridicule » et que « La Poste continue d’assurer sa mission de service public d’aménagement du territoire. Cette réorganisation locale est faite pour moderniser la poste, en vue de l’ouverture totale à la concurrence en 2011. » Pour les postiers de Leyr, « seuls le hall d’accueil, le logo et le bureau du directeur financier ont été rénovés. Le reste - la salle des facteurs, notamment - étant digne de la prison d’Alcatraz : peinture qui se décolle, vétusté flagrante... »

 

 

Economistes néo-libéraux vs citoyens : le dialogue impossible

Défendre les bureaux de poste ruraux est, pour certains, « archaïque ». L’ancien éditorialiste du Monde Éric Le Boucher, aujourd’hui aux rênes des Échos, s’en prend, par exemple, aux « défenseurs de la Poste de papa », le 4 octobre. Pour celui qui fit partie de la commission Attali pour la croissance, défendre les bureaux de poste en campagne marque au mieux l’archaïsme des Français, au pire leur « irréalisme » et leur caractère « nostalgique ». « La Poste n’est plus du tout La Poste telle que vous la rêvez », lance le journaliste économique. « C’est déjà une entreprise plongée dans un domaine hyper-concurrentiel de la communication. Et, si, en 2003, la Cour des Comptes s’alarmait du retard pris face à la poste allemande ou néerlandaise, des progrès ont été faits. La Poste française est devenu le 2e opérateur européen, elle a investit en Grande-Bretagne, au Portugal, en Afrique, en Slovénie, en Croatie, en Russie (...) Rêver de revenir à La Poste de papa est un peu tard. La Poste doit bouger encore, regarder devant et pas derrière, des irréalités et des nostalgies. » En clair : adaptez-vous, si vous ne savez pas pourquoi, nous, défenseurs de la rentabilité financière à outrance, le savons.

« Les économistes bien propres sur eux, ça me fout en rage ! Il y a des choses qu’il ne faut pas laisser passer : l’électricité, la poste, l’eau, l’éducation : c’est non négociable. Ou alors viendra le jour où ceux qui ne pourront plus payer seront directement jetés à la fosse ! », s’énerve Jean-Luc, membre du collectif de Leyr, ancien employé de France Télécom tombé en dépression puis placé en retraite anticipée. Un autre salarié de France Télécom, Noël Barroyer, barbe rêche et joues roses, prend le relais : « Les facteurs, en campagne, sont parfois la seule personne que des habitants âgés croisent dans leur journée. Ils peuvent alerter, prendre des nouvelles de leur santé, entretenir des relations. Cela s’appelle le « lien social ». Si on applique les raisonnements économiques de rentabilité à tout prix, alors on peut faire un trait sur tout ce qui n’est pas rentable ni quantifiable. Je me souviens du bureau de poste de Praye-sous-Vaudemont, pas très loin d’ici : si le receveur partait, conformément à ce que prévoyait la direction départemental, cette fermeture aurait entraîné la fermeture de l’école et du club de foot, où il était très engagé ! Il faut se rendre compte de tous les effets indirects de ces restructurations ! » Ces éléments n’entrent pas dans les jolis tableaux de bord et les belles courbes de croissance qui servent de bible abstraite aux financiers. Très loin de la Lorraine, les élus japonais viennent de rejeter le projet de privatisation de leur poste pendant que le Canada n’envisage même pas de le faire. Des archaïques sans doute.

 

Julien Brygo

 

Notes

 

[1] Selon Christian Zanne, les conséquences écologiques des mutations de facteurs de Leyr à Champigneulles s’élèvent à 6,5 millions de tonnes de CO2. Un calcul assez exact (qui se base sur la moyenne basse de 130 gramme de CO2 rejeté par kilomètre parcouru et prend en compte les 52 semaines travaillées six jours sur sept). Il permet de rendre compte également des impacts écologiques des réorganisations internes à La Poste.

 

Non aux licenciements et sanctions à ErDF- GrDF !

 

240 salariés sanctionnés, 11 licenciements annoncés, des mises à pied, des rétrogradations avec pertes de salaires importantes, des blâmes, des menaces permanentes… voici la politique revancharde que le patronat d’EDF SA et de GDF/SUEZ mettent en œuvre en guise de réponse au mouvement social historique de ce printemps.

 

Au printemps, durant trois mois, des dizaines de milliers d’agents d’EDF SA et de GDF/SUEZ se sont battus sous différentes formes pour exiger un meilleur partage des richesses créées par leurs entreprises, pour la fin de la politique d’externalisation de nombre de leurs métiers et un plan d’embauche permettant de faire face aux missions de service public de leurs entreprises. Les salariés en action n’ont pas manquéde faire le lien avec la libéralisation du secteur de l’énergie ou encore avec les pratiques managériales qui ne produisent que de la souffrance.

 

C’est tout cela que ce patronat ne peut supporter. Et leurs méthodes sont iniques, les conseils de discipline sont bâclés car les dossiers sont vides. D’ailleurs, devant le tribunal des Prud’hommes de Toulouse, par la voix de leur avocat, les directions ont affirmé que la convention européenne des Droits de l’homme et des libertés fondamentales n’avait aucune valeur dans les entreprises. On ne peut mieux dire.

 

L’objectif de cette répression est d’effrayer le personnel, le contraindre à accepter les effets de la libéralisation sans rechigner. C’est un niveau de répression jamais connu dans l’histoire de ces entreprises. Le mouvement syndical est bien sûr visé, c’est le cas de la CGT dont de nombreux militants sont attaqués, ça l’est également de SUD Énergie. Un des motifs récurrents contre les militants visés est de n’avoir pas «usé de leur devoir de modération», le message du patronat est clair : «faites-nous un syndicalisme convenable d’accompagnement, ou sinon nous frappons».

 

À Toulouse, à Paris, en Normandie, les réactions sont fortes : mouvements de grève, manifestations. À l’évidence, après un moment de consternation, le personnel avec ses organisations syndicales redresse la tête et fait preuve d’une magnifique solidarité. À Paris, pour soutenir le responsable du syndicat CGT, plusieurs centaines de salariés se sont regroupés dans l’unité. Comme à Toulouse de nombreuses personnalités politiques, dont Alain Krivine, sont venus apporter au nom de leur parti leur soutien militant.

 

En attaquant les salariés et le mouvement syndical à EDF- GDG/SUEZ c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est attaqué, et au-delà ce sont toutes celles et ceux qui veulent faire vivre les libertés démocratiques qui sont provoqués.

 

Un appel des organisations politiques de la gauche de la gauche exige le retrait des sanctions contre les salariés d’EDF-GDF/SUEZ. Elles appellent également leurs militantes et militants à participer à toutes les formes de soutien proposées par leurs organisations syndicales. C’est urgent!


La Branche Énergie du NPA

 

Les intérimaires sans-papiers sont massivement entrés en lutte

 

de Union Syndicale de I’Intérim-CGT

 

Depuis le 12 octobre, des centaines de salariés intérimaires sans-papiers sont entrés en grève pour leur régularisation.

Des agences d’intérim situées rue de Rome (une SYNERGIE, deux CRIT), rue St-Lazare (deux ADIA) et rue de Turin (une KELLY SERVICES) sont occupées dans le 8ème arrondissement de PARIS.

Les salariés grévistes, intérimaires détachés dans tous les secteurs d’activité, employés souvent dans la sous-traitance des grands groupes industriels, sont à ce jour plus de 700 recensés.

Ces salariés représentent l’ensemble des travailleurs du secteur de l’intérim.

Depuis l’entrée des salariés intérimaires dans la lutte en juin 2008, le PRISME (syndicat patronal de l’intérim) et l’Etat on cherché à blanchir les Entreprises de Travail Temporaire (ETT) en qualifiant ces grévistes de cas isolés.

Le mouvement en cours ouvre une brèche dans la stratégie patronale. Des milliers d’intérimaires sans-papiers sortent de l’ombre et font la démonstration que l’utilisation de ces travailleurs est une pratique généralisée dans le Travail Temporaire, encouragée par le MEDEF et couverte par le gouvernement.

Les premières luttes de septembre 2008 avec les occupations de PERFECT, MAN BTP, ADECCO, MANPOWER et RANDSTAD ont obligé le Ministère et le PRISME à prendre des engagements pour faire entrer les intérimaires dans le processus de régularisation.

Mais, rapidement, les Préfectures, au lieu d’appliquer les consignes, ont décidé de bloquer les demandes de régularisations avec l’aval du gouvernement.

L’Union Syndicale de I’Intérim-CGT dénonce dans cette attitude une volonté de pourrissement de la part des pouvoirs publics. Le gouvernement doit prendre toutes les dispositions mettant fin aux discriminations.

Par ce mouvement, la précarité de TOUS les intérimaires avec ou sans papiers est mis en évidence. Cette lutte exemplaire est un ballon d’oxygène pour TOUS les travailleurs de ce pays permettant ainsi de mettre un coup d’arrêt à une organisation du travail digne d’une république bananière.

Si le Ministère persiste dans son attitude, plusieurs milliers de travailleurs se feront connaître par la grève. Il engage toute sa responsabilité dans l’explosion du conflit qui jour après jours s’intensifie.

 

REGULARISATION DE TOUS LES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS

 

Sources  : CGT-PHILIPS EGP-DREUX

 

France Télécom

Enfin une commission d’enquête parlementaire ?

 

Par Agnès Rousseaux (14 octobre 2009)

 

Des députés communistes et du parti de gauche [1] demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conséquences pour la santé des salariés "des restructurations permanentes, des nouvelles formes d’organisation du travail et des méthodes de gestion du personnel à France Télécom comme dans l’ensemble des secteurs de l’économie nationale."

 

Rappelant l’état des négociations actuelles entre les syndicats et la direction, ils estiment que la création d’une telle commission serait "un signal fort ", invitant France Télécom à rompre "avec les mesures d’affichage, de replâtrage, de pseudo-prévention comme les cellules d’écoute."

 

La proposition de résolution déposée cite l’exemple de l’entrave à l’action des médecins du travail par la direction de France Télécom, qui justifie entre autres que les parlementaires puissent « faire la lumière sur de tels faits aux conséquences dramatiques (...) et désigner les responsables de ces entraves au bon fonctionnement  » : « comment justifier un tel déni, cet attentisme, cette abstention fautive dans la prise en compte de cette réalité, l’absence d’actions de prévention primaire pour prévenir la souffrance psychique ? »

 

Le cas de France Télécom doit venir interroger le législateur, en particulier au moment où sont prises de nouvelles décisions stratégiques. D’autant que les discussions entre syndicats et direction semblent bloquées. La CFE-CGC-Unsa de France Télécom a annoncé aujourd’hui son retrait des négociations sur le stress dans l’entreprise. Selon le syndicat, il est indispensable de questionner le « véritable projet industriel collectif », afin que les salariés «  ne se sentent plus inutiles socialement ». Une condition nécessaire pour mettre fin au malaise social, selon la CFE-CGC-Unsa. Le syndicat Sud attend le 20 octobre pour prendre une décision, selon les avancées, même s’il considère aujourd’hui que "les négociations ne marchent pas", selon les propos de Patrick Ackermann.

 

Au-delà du stress au travail et du projet global de France Télécom, les parlementaires entendent par ce biais se saisir de la question générale des conditions de travail en France : « Le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés quotidiennement à des cocktails cancérigènes, de millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement. »

 

L’UMP va-t-il rejoindre ces parlementaires dans leur démarche ? Le parti présidentiel a lancé un groupe de travail interne sur la souffrance au travail, co-présidé par Pierre Méhaignerie et Jean-François Copé. Ce groupe a prévu de rendre un rapport fin 2009, et envisage la possibilité de « suites législatives »... De là à appuyer la demande de création d’une commission parlementaire...

 

Notes

 

[1] Monsieur Roland MUZEAU, Madame Marie-Hélène AMIABLE, Monsieur François ASENSI, Madame Martine BILLARD, Messieurs Alain BOCQUET, Patrick BRAOUEZEC, Jean-Pierre BRARD, Madame Marie-George BUFFET, Messieurs Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Jacques DESALLANGRE, Marc DOLEZ, Madame Jacqueline FRAYSSE, Messieurs André GERIN, Pierre GOSNAT, Maxime GREMETZ, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Daniel PAUL, Jean-Claude SANDRIER, Michel VAXES

 

 

Sources : BASTA !

 



Chez France Télécom:




«le pire, c'est le flicage, l'infantilisation»

 

VERBATIMS

 

Ils sont écœurés, fatigués, écorchés... 250 salariés de l'opérateur manifestaient devant le siège de l'entreprise à Paris. Cinq d'entre eux témoignent du malaise ambiant.

 

LIBE 06/10/2009

 

Recueilli par PHILIPPE BROCHEN

Ce mardi, à Paris, devant le siège social de France Télécom.

Ce mardi, à Paris, devant le siège social de France Télécom. (AFP)

 

Quelque 250 salariés de France Télécom en grève se sont réunis devant le siège social de leur entreprise, ce mardi à Paris, pour protester contre leurs conditions le travail, notamment eu égard au stress. 24 salariés de l'opérateur se sont donnés la mort ces derniers mois. Liberation.fr a rencontré cinq de ces employés de France Télécom qui ont accepté de témoigner de leurs difficultés au quotidien sur leur lieu de travail. Et des évolutions de leur entreprise telles qu'ils les ont vécues ces dernières années.

 

Patrick, 50 ans, fonctionnaire, chez France Télécom depuis trente ans

«Je suis entré à l'époque des PTT. Actuellement, tout ce qu'on nous demande, c'est de produire, de faire du fric. Seule la rentabilité les intéresse... Le gel de la mobilité promise par la direction? Elle va durer trois mois, et tout va recommencer comme avant. Je n'ai aucune confiance en Stéphane Richard (nouveau numéro 2 de France Télécom, ndlr), vu son parcours. Ce qu'ils veulent, c'est qu'un maximum d'entre nous quitte l'entreprise. J'ai des collègues de 55 ans à qui on a proposé de démissionner pour créer leur entreprise... Il faut arrêter de se moquer des gens...»

 

Mélanie, 33 ans, contractuelle en CDI, chez France Télécom depuis douze ans

«Moi, je ne suis pas fonctionnaire, donc ça veut dire que je suis rémunérée sur une grille salariale différente. La promotion à la tête du client, je connais... Le pire, c'est l'infantilisation des gens. Mon chef d'équipe se déguise de temps en temps; parfois, on doit tous porter un tee-shirt de la même couleur pour affirmer notre cohésion! Sur chaque plateau commercial, une personne est chargée de nous fliquer en permanence. Sur son poste, il peut savoir si on est en ligne avec un client, occupé à faire la gestion des dossiers sur notre ordi ou bien en pause.»

 

Christine, 50 ans, fonctionnaire, chez France Télécom depuis trente ans

«La moyenne d'âge des salariés de la boîte est de 47 ans. Du coup, il y a un problème de culture entre nous qui sommes entrés à France Télécom pour faire du service public et ce qu'on nous demande maintenant: faire du commercial pur. Avec un mépris à la fois pour le client mais aussi pour le salarié. Résultat, les zones rurales sont désertées et on commence déjà à quitter les petites villes. Un des principaux problèmes est la surcharge de travail. Nous avons vu se développer des méthodes de management qui n'existaient pas chez nous. Les commerciaux sont écoutés plusieurs fois par jour et minutés. J'ai des collègues qui ne prennent plus de pause déjeuner pour pouvoir atteindre les objectifs que leur manager leur a fixés.»

 

Marcello, 35 ans, contractuel en CDI, chez France Télécom depuis quatorze ans

«Chaque semaine, la direction nous envoie un mail avec des offres d'emploi dans la fonction publique auxquelles on peut postuler. Le message est on ne peut plus clair. Elle propose aussi des ateliers pour apprendre à faire un CV.»

 

Elisabeth, 50 ans, fonctionnaire, chez France Télécom depuis vingt-sept ans

«Un des chefs de la cellule 3P (performance, productivité, plannification, ndlr) est déjà venu me chercher aux toilettes. Avec nous, ils jouent vraiment le rôle de parents. Ils ont déjà demandé à des collègues de faire du temps en plus pour rattraper leur temps de pause. Parfois, on reçoit des appels mystère de supérieurs qui se font passer pour des clients. Ils veulent voir si on est polis et si on vend comme il faut. J'ai un collègue qui travaille avec une boîte de Xanax (tranquilisant, ndlr) sur son bureau pour tenir le coup.

«Le problème, c'est qu'on n'a pas tous un parcours dans le commercial. Avant d'atterrir ici il y a dix ans, je travaillais dans le technique. On ne m'a pas laissé le choix. Dernièrement, un collègue qui était harcelé sans cesse par son manager a pété un plomb. Après une remarque vexatoire, il a voulu sortir prendre l'air, mais son chef s'est mis en travers de son chemin. Il l'a poussé. Résultat, le chef s'est plaint à la direction d'avoir été frappé, alors que tout le monde sur le plateau a bien vu que ce n'était pas vrai. Une enquête interne est en cours.»

 

La Poste :

plus de deux millions de participants à la "votation citoyenne"



Quelque 2,2 millions de personnes ont participé à la consultation contre la privatisation de La Poste, a annoncé lundi le comité à l'origine de cette "votation citoyenne". Plus de 90% des votants disent "non" au changement de statut. Le gouvernement dénonce un "vote faussé". Il adresse une fin de non-recevoir aux demandes de référendum et de retrait de la réforme.

 

Ce scrutin symbolique, organisé par le comité national contre la privatisation de La Poste qui regroupe 62 syndicats, associations et partis de gauche, avait démarré dans tout le pays le 27 septembre et s'est achevé samedi.

Les citoyens étaient invités à répondre par "oui" ou par "non" à la question suivante: "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Etes-vous d'accord avec ce projet ?".

 

Le vote se faisait en direct, devant l'urne, avec signature de listes d'émargement, sur les marchés, dans les universités, devant les bureaux de Poste, les gares, ou encore devant les mairies. Plus de 10.000 "points de vote", y compris dans les petites communes, ont été comptabilisés par le comité.

 

"Plus de 90% des électeurs disent non au changement de statut de La Poste et à l'ouverture de son capital, et donc à sa privatisation", a déclaré le comité lundi lors d'une conférence de presse.

 

Le comité demande au gouvernement de "renoncer définitivement" à la loi sur la modification du statut et l'ouverture du capital de La Poste et demande également à être reçu par le président Nicolas Sarkozy.

 

"C'est un vote faussé, c'est une question fausse, la question est un mensonge: le gouvernement souhaite que la Poste reste publique à 100%, continue à exercer ses missions de service public pour l'aménagement du territoire", a répondu dès lundi matin le ministre du Budget Eric Woerth sur Europe-1.

"Je ne vois pas pourquoi il y aurait un référendum d'initiative populaire sur la Poste. Dans le droit constitutionnel aujourd'hui, ce n'est pas possible, ce sera possible lorsque la loi organique sera prise", a-t-il ajouté.

 

"Il faut mener jusqu'au bout le projet de la Poste, il faut surtout l'expliquer et éviter les caricatures comme c'est souvent le cas", a poursuivi Eric Woerth, martelant qu'"il n'y a pas de privatisation de la Poste". "Elle reste publique, on l'a dit, répété, redit, 100% du capital reste public".

 

Quant à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, il a qualifié cette initiative de "fausse démocratie", soulignant selon lui que "deux millions" de personnes ne constituent pas "une majorité de Français".

 

"Cette démocratie participative, en fait, on bourre les urnes avec une information mensongère" parce qu'"il n'est pas question de privatiser la Poste: nous nous engageons à ce qu'il n'y ait pas de privatisation et ce sera dans le texte", a-t-il assuré lundi sur LCI.

 

"Je dis attention à cette démocratie participative: qui est représentatif ? Le peuple français et pas une partie du peuple français", a prévenu le sénateur UMP de la Vienne. "Je me méfie de ces comités: même s'il y a deux millions de personnes, ce n'est pas le peuple".

 

Mais pour le fondateur du Parti de gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon, membre du comité, "il y a un procès un peu grotesque que nous fait l'UMP en nous disant 'ce n'est pas vraiment un vote'. On est au courant, c'est pour cela qu'on l'appelle une votation".

 

"On a fait une démonstration (...) La société s'envoie à elle-même un signal", a estimé le sénateur de l'Essonne lundi sur RTL. "Nous, nous nous entraînons en nous mobilisant, en montrant que l'on ne cède pas et nous préparons la suite".

 

Le Robin des bois Dominique Liot jugé par les shérifs d'EDF

 


Il manie plutôt le câble électrique et n'a pas de plume au chapeau. Ni de chapeau, d 'ailleurs. Ce syndicaliste CGT est pourtant un «Robin des bois». Du nom que se sont donné les agents EDF qui rétablissent le courant au plus démunis privés d’électricité faute d'avoir pur régler leur facture.

 

Le 18 avril dernier, en plein conflit contre un projet d’externalisation des services de maintenance, Dominique Liot, 54 ans, revendique haut et fort ce type d’actions devant les caméras de télévision. C’est la raison pour laquelle, ce vendredi 2 octobre, il est convoqué devant les shérifs de Nottingham de la commission de discipline. Dans le pire des cas, la procédure peut aboutir à son licenciement.

 

09h30, bâtiment du service clientèle d’EDF-GDF, boulevard de la Marquette à Toulouse. «C’est l’heure. Nous  vous attendons  à l’intérieur», annonce l’un des membres de la commission qui va statuer sur son sort. Dominique Liot lance un signe de la main à son comité de soutien rassemblé avant d'entrer. Il a tout de même le sourire tendu.

 

Parmi les soutiens du syndicaliste, la secrétaire CGT de l’entreprise, Dominique Gissot. «La direction veut nous faire payer le conflit du printemps 2009 qu’elle a perdu», dit-elle. En effet, le 26 mars dernier, après un mois de grève marqué par l’occupation de la direction régionale d’EDF-GDF, les salariés ont imposé l'arrêt de la privatisation des activités de maintenance et imposé aussi 66 embauches.

 

Á ce jour Dominique Liot est le huitième syndicaliste toulousain convoqué devant l’instance disciplinaire. Dix autres doivent suivre. Six licenciements ont été réclamés. Une cinquantaine d’agents ont par ailleurs déjà reçu un avertissement ou un blâme.

 

«En haut, les patrons l’ont en travers de la gorge, commente Magyd le technicien. Par esprit de vengeance, ils sanctionnent les leaders de ce mouvement pour décourager ceux qui voudraient suivre leur exemple.»

«C’est du management par la terreur,
reprend Dominique Gissot. Le seul résultat, c’est que les gens sont poussés à bout comme chez France Telecom. Chez nous aussi, on se suicide. Il y en déjà eu quatre pour l’ensemble de l’entreprise dans les 15 derniers jours.»

 

13H.00: Le Robin des bois sort de chez ses juges. La direction prendra sa décision dans les prochains jours.

 

LIBE TOULOUSE 02/10/2009

 

Nouveau suicide à France Télécom :

«Il n'en pouvait plus»

 

Un employé d'un centre d'appel s'est jeté depuis un pont sur l'autoroute A 41 lundi en Haute-Savoie. En dix-huit mois, c'est le 24e suicide chez France Télécom, malgré les tentatives du groupe pour calmer les tensions.

 

Un employé de s'est , lundi matin, en Haute-. Il se serait jeté d'un viaduc de l'autoroute A41 au niveau d'Alby-sur-Chéran vers 9h30. Dans une lettre retrouvée dans son véhicule, il met en cause France Télécom et dénonce «le climat» au sein de l'entreprise, un climat qui «a rendu propice le passage à l'acte.

 

Marié et père de deux enfants, Jean-Paul R., 51 ans, était employé d'un centre d'appels à Annecy, où il venait d'être muté dans un nouveau service. Selon Danièle Rochet, déléguée SUD-Solidaires de ce service, il ne s'y sentait «pas bien», «était livré à lui-même» et ne reconnaissait pas son «métier», 

«Jean-Paul est arrivé chez nous il y a deux ou trois mois. Son service avait fermé et on lui a proposé le 1016 ou... le 1016», numéro destiné aux clients professionnels de France Télécom, ne lui laissant d'autre choix que cette centrale d'appel implantée à Annecy-le-Vieux, a ajouté Danièle Rochet. Avant de préciser que les délégués du personnel avaient «été voir la direction il y a une dizaine de jours pour leur expliquer : ça ne va pas, il ne se sent pas bien. On en a encore reparlé en réunion vendredi. La direction a dit On va le surveiller». «Il disait tous les soirs: Je n'en peux plus, ce n'est pas pour moi. Il m'a dit que c'était difficile, que ce n'était pas son métier», a insisté la syndicaliste, soulignant que Jean-Paul R., «avait demandé un rendez-vous au médecin du travail».

 

Le PDG du groupe, Didier Lombard devait se rendre sur place ce lundi soir. Il y a dix jours, il avait proposé un nouveau contrat social à ses employés pour tenter de mettre un terme à cette dramatique spirale. Il avait par la suite eu un entretien avec 500 managers pour leur demander d'évoquer ces drames avec leurs équipes et de suspendre temporairement les mutations ou les changements d'affectation.

 

La mort de cet homme alourdit un bilan déjà trop fourni: ces dix huit derniers mois, 23 autres employés du groupe se sont donnés la mort, certains sur leur lieu de travail. Le 11 septembre dernier, une femme s'est jetée par la fenêtre de son bureau après avoir appris qu'elle passait sous la hiérarchie d'un nouveau chef. Trois jours plus tard, le 14 septembre, une autre salariée, âgée de 53 ans, a tenté un geste dramatique en avalant une surdose de barbituriques.


LE PARISIEN LIBERE 28/09/2009

 

Déclaration du LKP : Nou pa lavèt a yo !


Publié le 28 septembre 2009

 

L’Etat français, le Président du Conseil Général et, le Président du Conseil Régional, de façon concertée ont décidé de ne pas respecter les engagements pris dans le protocole de suspension de conflit du 4 mars 2009 :

  • L’accord BINO, instituant une augmentation de salaire de 200 € net pour près de 60 000 salariés du secteur privé, a été détourné par l’Etat de son objectif principal, d’abord en l’appelant RSTA comme s’il s’agissait d ‘une allocation donnée par bonté d’âme aux « pauvres travailleurs » par l’ « Etat généreux », ensuite en limitant le nombre de bénéficiaires et enfin en l’amputant de l’article 5 qui garantissait aux salariés son maintien par l’entreprise à la fin des aides de l’Etat et des Collectivités. Sa sé koukyanm.

Koukyanm, quand les patrons guadeloupéens de l’UCEG, l’UMPEG, l’OPGSS et de l’UNAPL ont signé l’accord BINO, ils ont misé sur le soutien de l’Etat pour que cet accord soit appliqué dans toutes les entreprises, afin qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale basée sur le différentiel de salaire payé à certains salariés. Ils ont également misé sur la baisse des coûts des marchandises, des transports, des carburants pour payer cet accord BINO. YO KOUYONNÉ YO.

 

Koukyanm, quand l’Etat refuse de payer sa participation de 100 € à tous les salariés qui perçoivent des primes et indemnités, gagnées et négociées par ailleurs, grâce à leur lutte. Ce tour de passe-passe permet à l’Etat de limiter à seulement 30 000 le nombre de salariés à payer, alors que les patrons et les collectivités en ont payé 60 000.

 

NOU PA LAVÈT A YO

 

An-nou gadé pli lwen :

  • Baisse des prix : l’autorité de la consommation vient de publier un rapport qui confirme que les importateurs distributeurs (principalement la classe Béké) volent depuis toujours les Guadeloupéens en pratiquant des prix exorbitants. Ils s’offrent une inacceptable rente grâce à leur position de monopole et se garantissent des marges qui représentent 2 à 3 fois celles pratiquées en France. Tout ceci, avec la complicité de l’Etat et des collectivités territoriales qui se sucrent en passant, à travers l’octroi de mer et autres taxes.

DÉPI NANNI NANNAN YO KA KOUYONNÉ NOU !

  • Plan d’urgence pour l’Emploi et la Formation : OU VWÈ’Y, OU PA VWÈ’Y !!! L’Etat s’est engagé à financer un plan d’urgence pour la formation professionnelle et l’insertion en faveur de 8.000 jeunes en difficulté. Six mois plus tard, RIEN N’A ETE FAIT !!! Dans le même temps, le chômage des jeunes augmente (60 % des demandeurs d’emplois sont des jeunes), la violence et la délinquance se banalisent sur l’ensemble du territoire avec comme seule réponse des autorités, la répression et le mépris des jeunes !
  • Essence : l’Etat vient de subventionner à hauteur de 44 millions € les compagnies pétrolières et principalement TOTAL, entreprise qui a déclaré près de 14 milliards d’Euros de bénéfice pour l’année 2008. Il veut en plus augmenter le prix des carburants à la pompe pour soi-disant combler les pertes de la SARA. C’est un scandale, c’est une provocation, notamment pour les petites entreprises de Guadeloupe et tou lé maléré qui sont aujourd’hui pèkli anba dèt.

Tous les rapports rédigés par les propres services de l’Etat et la Mission Parlementaire considèrent que le mode de fixation et la structure des prix sont générateurs de PWOFITASYON au détriment du consommateur Gwadloupéyen. Les articles 29, 30, 31 et 32 du protocole d’accord signé avec le LKP, le 04 mars dernier, prévoient une remise à plat de ce mode de fixation du prix de l’essence AVANT TOUTE AUGMENTATION et la répercussion de la suppression de certaines taxes indûment perçues par la SARA pour une baisse des prix du carburant. Enfin, l’article 90 du même protocole prévoit de reverser dans un fonds pour la Formation et l’Emploi des Jeunes, les sommes injustement perçues par la SARA.

 

FO YO WOUMÈT NOU TOUT LAJAN, LASARA TÉ JA VOLÉ GWADLOUPÉYEN , TONNÈ !!!

 

  • Comité de suivi du protocole du 04 mars 2009 : KI PRÉFÉ, KI JILO, KI LUREL SABOTÉ KOMITÉ SUIVI-LA É TCHOUYÉ NÉGOSIYASYON ANLÈ RESTAN A SÉ 126 PWEN A PLATFÒWM-LA !!! Il s’agit d’un véritable complot contre le peuple Gwadloupéyen et une volonté délibérée de remettre en cause la légitimité du LKP !
  • Education : Le recteur de l’académie va jusqu’à renier les engagements de l’Etat dans le domaine de l’éducation au motif que l’Education Nationale ne serait pas sous l’autorité du Préfet !

LKP KA DÉKLARÉ : NOU PÉKÉ JANMEN BÉSÉ TÈT DOUVAN YO !

TRAVAYÈ E PÈP GWADLOUP, AN NOU WOUPWAN DOUBOUT AN NOU !

NOU PÉKÉ ASEPTÉ PON OGMANTASYON A ÉSANS !

AN MENM BALAN-LA, NOU KA MANDÉ :

  • Le respect et l’application de l’Accord BINO, conformément aux dispositions de l’accord interprofessionnel du 26 février 2009 ;
  • la mise en place du Plan d’urgence pour l’Emploi, l’Insertion et la Formation Professionnelle des jeunes ;
  • la revalorisation des minimas sociaux et de l’Allocation pour les personnes handicapées ;
  • le respect des accords signés sur la baisse des prix ;
  • la titularisation des personnes en contrats aidés ;
  • La condamnation de l’Etat Français et des Békés pour l’empoisonnement à la CHLORDECONE et l’indemnisation de toutes les victimes ;
  • l’indemnisation des agriculteurs ;
  • l’arrêt immédiat de toute répression anti-syndicale dans les entreprises et administrations et l’arrêt de toute poursuite judiciaire contre les militants et les jeunes pour cause de participation à la mobilisation.
  • Le règlement de tous les conflits en cours (ASFO, Texaco La boucan, Agents de sécurité au Pays de la Canne, Agents de sécurité de l’hippodrome).
  • La reprise des négociations sur les revendications du LKP.

TRAVAYÈ é PÈP GWADLOUP,

ANNOU KONTINYÉ BARÉ VAN A PWOFITASYON !

LA GWADLOUP SÉ TAN NOU ! LA GWADLOUP SÉ PA TA YO !

 

TOUS aux Meetings

Mardi 15 sèktanm : Lapwent - Mityalité
Vendredi 25 sèktanm : Pò Lwi –Plas a mawché
Vendredi 18 sèktanm : Bastè – douvan la Pos
Mardi 22 sèktanm : Moul – douvan lanméri
Jeudi 24 sèktanm  : Manten – douvan lanméri
Mardi 29 sèktanm : Pwent Nwa - Plas a mawché
Jeudi 1er oktòb : Mònalo – douvan lanméri
Vendredi 2 oktòb : Kapestè - douvan lanméri

Tout moun, Jenn kon vyé, avÒté kon matrité, Annou pran lari-la :
SANMDI 3 OKTÒB
Sanblé a 9H00 douvan Mityalité Lapwent

 

LKP, Lapwent 09.09.09

 

Gauche, droite, gauche, droite...

La longue marche vers la privatisation de La Poste

 

 

LO 25/09/2009

 

Le Parlement est sur le point d'entériner le changement de statut de La Poste. À droite, on explique que « l'ouverture du capital est indispensable, du fait même de la fin des monopoles postaux. La Poste ne peut pas être en Europe la seule entreprise publique du marché intérieur. » C'est ce qu'a déclaré le sénateur UMP Pierre Hérisson, qui préside l'Observatoire national de la présence postale. Et, comme bien d'autres avant lui, il assure que « les missions de service public sont garanties par l'État ».

De son côté, Christian Martin, en charge, pour le Parti Socialiste, des services publics et de la fonction publique, dénonce le fait qu'une « privatisation de La Poste entraînerait à l'évidence la suppression de milliers d'emplois, un recul du service rendu à nos concitoyens, notamment pour les envois, les services peu rentables et une augmentation des tarifs ». Tout cela n'est que trop vrai. Mais le changement de statut mis au vote ces jours-ci est le fruit d'une longue remise en cause du monopole de La Poste, amorcée il y a plus de vingt ans. Remise en cause que les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont mise en œuvre avec un bel ensemble, achevant parfois ce que le parti opposé avait commencé.

Ainsi, sous Giscard comme sous Mitterrand, de 1974 à 1987, une série de commissions et d'expertises préconisèrent les mêmes orientations : la séparation des services postaux de ceux du téléphone, la remise en question du statut des personnels et le recours au privé. Le ministre des PTT, le socialiste Mexandeau, commandita un rapport, en 1984, qui aboutit aux mêmes conclusions.

En 1986, sous la présidence de Mitterrand, Chirac devint Premier ministre. Gérard Longuet succédant à Mexandeau, il mit en route un projet de séparation entre la poste et les télécommunications... finalement réalisée entre 1988 et 1990 par son successeur Paul Quilès du Parti Socialiste.

Quilès annonça ses objectifs : sortir les deux branches, poste et téléphone, du système public pour les rendre « plus compétitives », afin qu'elles assurent un « service à caractère industriel et commercial ». Il entendait ainsi se situer dans la « perspective européenne » de dérégulation et de mise en concurrence des « opérateurs publics ». Il reçut l'appui de la CFDT et un proche de Rocard, Prévot, ancien du PSU et membre de la CFDT, allait rédiger le rapport à partir duquel le ministre allait bâtir sa loi qui allait faire de la poste un « établissement public industriel et commercial ». Elle fut votée par le Parlement « grâce à l'abstention de la droite et du centre », comme titra Le Monde. Seuls les députés du PCF et une poignée de députés de droite ou du centre devaient voter contre.

Le 20 décembre 1990, le Parti Socialiste dirigeant toujours le gouvernement, une loi identique concernant les télécommunications devait livrer tous les services à la concurrence et à la privatisation, pratiquement sans contrôle. Le 1er janvier 1991, La Poste et France Télécom étaient devenus deux « exploitants autonomes de droit public ».

Le 15 décembre 1997, le Parlement européen votait sa première directive sur la poste. Elle ouvrait notamment le marché postal de l'Union européenne à la concurrence pour le courrier de plus de 350 grammes. Le gouvernement de Gauche plurielle (PS, PCF, Verts, MDC, PRG) ne trouva aucun inconvénient à transposer cette directive dans les lois nationales. C'était pourtant le début de l'ouverture du marché du courrier aux opérateurs privés.

Le 10 juin 2002, au moment où la droite revenait aux affaires et où Raffarin allait succéder à Jospin, le Parlement européen adoptait sa seconde directive sur la poste, qui agrandissait l'ouverture entamée cinq ans plus tôt. Désormais, à partir du 1er janvier 2003, le courrier de plus de 100 grammes était concerné par l'ouverture à la concurrence. Le poids devait même tomber à 50 grammes à partir de 2006. La directive annonçait même 2009 comme date de l'ouverture totale.

En mai 2005, c'était au tour du gouvernement Raffarin, quelques jours avant que celui-ci ne cède sa place de Premier ministre à Villepin, de transposer cette dernière directive européenne, tout en réaffirmant bien sûr le principe du « service postal universel ». Les paroles n'engagent à rien, mais si elles peuvent faire plaisir ou endormir...

Le 20 février 2008, l'Union européenne a adopté une troisième directive qui parachève les précédentes, ouvrant à la concurrence les envois d'un poids inférieur à 50 grammes. Cela signifie l'ouverture à la concurrence de l'essentiel du service public postal utilisé par la majorité de la population. Les opérateurs privés vont donc chercher à s'emparer des marchés les plus convoités, car les plus concentrés, ce qui n'empêchera pas les secteurs moins peuplés d'être délaissés.

Cela aura pour conséquence d'amplifier encore le remplacement d'emplois stables par des emplois plus précaires. Les ministres successifs n'ont pas été avares de belles paroles sur le maintien du statut ou de l'emploi. Mais la réalité est différente. Une comparaison entre 2002 et 2008 est éloquente : sur le total des postiers, près de 20 000 emplois ont disparu ainsi que 56 000 statuts de fonctionnaire. En revanche, il y a 36 000 employés de plus en situation précaire.

Dans le même temps, des milliers de bureaux de poste ont déjà disparu. Moins de 20 % dans les régions où la population est très dense, comme l'Ile-de-France, le Nord ou la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais les fermetures ont atteint plus de 50 % dans les régions les moins peuplées. Ce qui signifie pour la population des difficultés plus grandes pour accéder à ce qui reste du « service postal », de moins en moins universel, quoi qu'en disent les ministres et ceux qui espèrent leur succéder.

Jacques FONTENOY

La Poste :

Besancenot et 50 postiers ont investi la Bourse

 

LIBE  22/09/2009

 

Le porte-parole du NPA et une cinquantaine de postiers ont tenu symboliquement ce mardi une assemblée générale dans le Palais Brongniart, au matin d'une journée nationale de mobilisation contre le projet de réforme du statut de La Poste.


 

Olivier Besancenot (2e en partant de la gauche) et ses collègues de la Poste, ce mardi matin, au

Olivier Besancenot (2e en partant de la gauche) et ses collègues de la Poste, ce mardi matin, au Palais Brongniart. (AFP)

 

«La Poste va entrer en bourse, les postiers entrent dans la Bourse.» Olivier Besancenot, postier et porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, et une cinquantaine de ses collègues, venus majoritairement comme lui des Hauts-de-Seine, ont occupé ce mardi matin le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse. Motif de leur ire: le changement de statut de la Poste.

 

Selon le syndicaliste, «cela a été un peu houleux au départ. Cela a été du pousse-pousse avec les vigiles». Mais finalement les grévistes ont pu s'installer dans un vaste salon à moulures pour tenir leur assemblée générale.

Porteurs d'autocollants jaunes du syndicat Sud, avec la photo de Nicolas Sarkozy et du président de La Poste Jean-Paul Bailly, et le slogan «votre privatisation on en veut pas, par la grève avec les usagers combattons la privatisation!», les postiers, installés en cercle, ont écouté les prises de parole dans une ambiance détendue.

 

«C'est la Bourse qui vous invite», a lancé Olivier Besancenot, avant de rappeler qu'au-delà de cette initiative «un peu à l'arrache», «le plus important c'est la manifestation» parisienne programmée dans l'après-midi par l'intersyndicale à l'origine de la mobilisation.

 

Les prises de parole ont tourné autour de l'idée d'une grève générale reconductible de tous les services de la Poste, au moment fin octobre-début novembre de l'étude du projet de loi devant le Parlement.

 

«Chacun d'entre vous doit faire monter la sauce. Il faut que la question de la grève reconductible se pose (à ce moment-là) mais pas comme un baroud d'honneur», a souligné Gaël Quirante, responsable Sud à la Poste des Hauts-de-Seine.

 

Les postiers ont quitté le Palais Brongniart sans incident peu après midi en cortège bruyant, en se donnant rendez-vous pour la manifestation parisienne qui démarre à 14 heures du siège de la Poste, au 44, boulevard Vaugirard (XVe).

 

Automobile : Besancenot se félicite de la "convergence des luttes"

 


Le leader du NPA était dans la manifestation des salariés de l'automobile, à Paris. Interrogé par Nouvelobs.com, il a salué "une convergence des luttes de tous les salariés qui résistent aux licenciements".

 

 

Olivier Besancenot (Sipa)

Olivier Besancenot (Sipa)

Olivier Besancenot, qui défilaient jeudi 17 septembre à Paris, entre la place de l'Opéra et la Bourse avec plusieurs centaines de salariés de l'automobile, s'est félicité de la "convergence des luttes de tous les salariés" et a dénoncé l'action de la majorité : "la seule force du gouvernement, c'est de diviser pour mieux régner, et aujourd'hui il y a un premier coup qui a été donné contre ça", a-t-il déclaré à Nouvelobs.com.


"C'est venu, pas par le haut, mais par la base"

 


"Ça fait longtemps qu'on attend une convergence des luttes de tous les salariés qui résistent aux licenciements. Ça faisait des mois et des mois, cette fois-ci c'est devenu une réalité. Et c'est venu, pas par le haut, mais par la base, parce qu'il y avait beaucoup d'obstacles", a-t-il expliqué à Nouvelobs.com, aux côtés d'Arlette Laguiller, au milieu des manifestants. Les délégations syndicales ont dénoncé "la logique finanière" des groupes et les licenciements.

"Une délégation de toutes entreprises"

"On sait à quel point ce n'est pas évident de sortir le nez du guidon quand on est pris dans un conflit local", a déclaré le chef du Nouveau parti anticapitaliste. Cette manifestation rassemblait des délégations de plusieurs entreprises du secteur automobile frappées par des plans sociaux ces derniers mois, telles que Continental Clairoix (Oise), Freescale (Toulouse), Renault, Ford, Michelin (Montceau-les-Mines), Goodyear (Amiens). Les salariés du fabricant de pneumatiques Continental, dont le site de Clairoix (1.120 emplois) est désormais fermé et le plan social finalisé, clamaient "Continental solidarité" en début de manifestation. "Là il y a des salariés qui on pris ce temps là pour aller au contact d'autres salariés. Il y a une délégation de toutes les entreprises qui ont fait parler d'elles ces derniers mois", a constaté Olivier Besancenot.


"On fera tout pour être plus nombreux"

 

"Evidemment on n'est pas encore assez nombreux pour stopper tous les licenciements", a regretté Olivier Besancenot, mais "on fera tout pour être plus nombreux". Faisant référence aux discussions franco-allemandes des syndicalistes de Continental, Olivier Besancenot a confié : "il faut se battre à la bonne échelle et c'est celle des multinationales auxquelles on est confronté." Une banderole affichait aussi "Arrêt des poursuites pour sept camarades": six salariés de Continental ont été condamnés à trois à cinq mois de prison avec sursis pour des dégradations commises à la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril par quelque 200 salariés de l'usine de Clairoix. Ils ont fait appel.

 

"La classe ouvrière en a marre d'en prendre plein la gueule"

 

Des délégations de Thalès et de la cokerie de Carling (Moselle) dont la fermeture, faute de repreneur, a été annoncée mercredi étaient également présents dans le cortège parisien. "Il s'agit de dénoncer les stratégies financières des multinationales et leur volonté unique d'augmenter les marges et les profits avec pour seule variable d'ajustement l'emploi et les droits sociaux", avait expliqué mercredi Carlos Moreira de la Fédération CGT Métallurgie. "Nous voulons exprimer le fait que d'autres choix sont possibles en matière de politique industrielle", avait-il ajouté. Les fédérations CGT de la métallurgie et du caoutchouc/plasturgie avaient appelé à ce rassemblement, au départ initié par les salariés de Goodyear à Amiens et d'autres sections CGT locales. Pour Xavier Mathieu, l'emblématique leader de la lutte des salariés de Continental Clairoix, "il est enfin temps de faire bouger les choses, on aimerait que nos confédérations fassent quelque chose, la classe ouvrière en a marre d'en prendre plein la gueule".

 

"Une première étape"

 

Ce n'est "qu'une première étape et on se réunira de suite pour engager rapidement une multitude d'actions les plus convergentes possibles", a déclaré lors d'un point-presse Jean-Pierre Delanoy, responsable CGT à la fédération Métallurgie du Nord-Pas-de-Calais, en ajoutant: "on ne peut pas attendre, la stratégie des confédérations n'est pas la bonne aujourd'hui".


Criminalisation de l'action syndicale

 

Les salariés du secteur ont protesté contre les 800 licenciements qui ont frappé la branche automobile depuis janvier 2009, mais également contre la criminalisation de l'action syndicale. Les salariés de Continental veulent ainsi dénoncer la récente condamnation de six d'entre eux pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne. Les six salariés, condamnés à des peines de prison avec sursis, ont fait appel mardi.

 

PLAN SOCIAL

Molex racheté : "On ne peut pas parler de reprise"



C'est ce qu'estime le secrétaire du CE de l'usine. Le protocole de reprise par le fonds d'investissement HIG ne prévoit en effet de garder que 15 à 20 personnes sur l'effectif actuel de 283 employés.

 

Les salaries de l'usine Molex, specialisée dans la connectique automobile attendent depuis plus d'un mois la réouverture du site (Sipa)

Les salaries de l'usine Molex, specialisée dans la connectique automobile attendent depuis plus d'un mois la réouverture du site (Sipa)

"On ne peut pas parler de reprise", a affirmé mardi le secrétaire du CE de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), Denis Parise (CGT), lors d'une interruption d'une séance de travail à la préfecture de la Haute-Garonne sur l'avenir de l'entreprise.

Pas de garantie


"On ne peut pas parler de reprise lorsque seulement 20 salariés sont maintenus", a estimé devant la presse l'élu CGT à propos de la signature d'un protocole, annoncée par le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, pour une reprise de Molex par le fonds d'investissement américain HIG.
Christian Estrosi avait indiqué plus tôt sur France 2 que la reprise "représente dans un premier temps entre 60 et 70 personnes". Mais "je veux une remontée en puissance de 200 à 300 salariés dans les trois ans qui viennent", avait-il ajouté.
"Quand on demande une garantie par écrit (de l'Etat, ndlr) et que les constructeurs (ndlr: PSA et Renault) s'engagent réellement avec nous, on n'en reçoit aucune", a souligné Denis Parise. Et "s'il n'y a pas d'écrit, on ne peut pas le croire", a-t-il dit.


"Une mascarade inadmissible"


Dans la matinée, après une assemblée générale devant l'usine de Villemur-sur-Tarn, les représentants du personnel s'étaient rendus à la préfecture de la Haute-Garonne pour examiner un nouveau rapport sur la viabilité de l'entreprise préparé par le cabinet Syndex.
Une nouvelle assemblée générale devait avoir lieu en début d'après-midi, suivie, normalement, par une seconde réunion à la préfecture, sur le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). "Tout est lié à la consultation du CE cet après-midi", a déclaré Denis Parise, notant que ce sera à l'AG d'en décider. Et "s'il n'y a pas de consultation cet après-midi, rien ne se fera", a-t-il lancé.
De leur côté, la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie CGT et l'Union Départementale CGT de la Haute-Garonne ont déploré dans un communiqué qu'"à quelques jours du G20, le président de la République et le gouvernement (...) confient le 'dossier Molex' à des financiers, voire même à des spéculateurs".
"De plus, le repreneur investit sans risque car le projet de reprise est financé par les fonds publics et une partie des indemnités de licenciement des salariés de Molex", soulignent-ils, affirmant qu'"une telle mascarade est inadmissible".

Les salariés déçus


Plus tôt dans la matinée, l'annonce de la reprise éventuelle de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) par le fonds d'investissement américain HIG avait été reçue sans joie par les salariés réunis en assemblée générale.
Le protocole, a rappelé devant une centaine de salariés le secrétaire du CE, Denis Parise (CGT), prévoit entre autres le maintien "sur le site, ou un autre lieu situé dans le bassin d'emploi" de 15 à 20 personnes sur l'effectif actuel de 283 employés. Avec "30 à 40 emplois supplémentaires" à terme, a-t-il ajouté.
"J'ai fini de rêver", a dit un employé, Jean-François Porté, à l'annonce de la signature du protocole, qui devait faire l'objet de discussions en fin de matinée à la préfecture de Haute-Garonne à Toulouse. "Ce n'est pas avec 15 personnes que l'on peut faire tourner l'usine, autant faire venir tout de suite 15 déménageurs", a-t-il dit.
"On va droit contre le mur, ça fait un moment que je n'y crois plus", a affirmé un autre employé, Alain Papaix.

 

 

Charles Hoareau partiellement relaxé !

 

 

RM : Alors Charles quel est le verdict et ton sentiment sur celui-ci ?

 

CH : Je suis relaxé de deux des 3 chefs d’inculpation pour lesquels je comparaissais à savoir les injures et les menaces, menaces que le procureur avait souhaité voir requalifiées en menaces de mort. Si la juge avait suivi le procureur sur ce point j’étais passible d’une peine de prison. Concernant plus particulièrement ces dernières la juge a invoqué, et c’est une bonne chose le contexte social de l’affaire, qui aurait pu expliquer si tel avait été le cas, des propos de colère. Je rappelle que les salariés passaient en justice pour la 19ème fois (sans compter les reports !) pour obtenir le paiement de leur salaire bloqué depuis deux ans maintenant…et qu’ils n’ont toujours pas eu malgré 7 condamnations… [1]. J’ai par contre été condamné pour « violence légère ayant entraîné un arrêt de travail de moins de 8 jours », le fameux choc psychologique, à 500€ d’amende.
Malgré l’absence de témoin crédible, [2], je suis condamné de manière totalement incompréhensible. Au-delà de la version invraisemblable donnée par le plaignant [3], le caractère peu sérieux de ses certificats médicaux [4] et du fait qu’un policier a même déclaré à la presse : « la confrontation a montré qu’aucun coup n’a été porté ».
Je suis donc traversé par des sentiments contradictoires. La satisfaction que la justice m’ait reconnu innocent pour une grande part, mais que quand même elle me reconnaît coupable de faits sans avoir de preuve pour le faire.

 

RM : comment expliques tu alors ce jugement ?

 

CH : Dans cette affaire nos adversaires ont voulu nous monter un chantier pour nous détourner du fond du procès. La mobilisation lors de ma garde à vue, les plus de 5000 signatures déposées sur Internet, l’écho médiatique sur des sites comme Bella Ciao ou des journaux comme l’Huma, les 1000 personnes présentes le jour de l’audience, ont empêché une comparution immédiate ou une condamnation plus importante. C’est cette mobilisation qui explique le décalage entre ce que laissaient présager les différentes étapes de la procédure et le résultat final. La justice aurait été que je sois totalement relaxé, mais politiquement cela ne leur était pas possible. Ils ont donc rendu une décision pour ne pas nous donner la victoire totale.

 

RM : au chapitre de la mobilisation il y a eu aussi le comité de soutien national et l’engagement de diverses organisations au premier rang desquelles la CGT…

 

CH : Oui et j’ai eu l’occasion de le dire à la sortie de ma garde à vue, cela ne s’est pas démenti par la suite. On ne met pas 1000 personnes dans la rue (surtout un 29 juin) sans un engagement fort des organisations du département et de ce point de vue la CGT des Bouches du Rhône a donné le maximum dès le premier jour. De même je trouve à la fois normal, que sur cette question des libertés qui dépasse ma personne, et encourageant pour les luttes, que les premiers responsables d’organisations politiques dont je ne suis pas membre, mais aussi que des personnalités de la culture aient tenu à faire partie du comité de soutien national. Cela a incontestablement pesé. Cela rend encore plus incompréhensible la décision prise par le bureau confédéral de la CGT qu’aucun de ses membres ne fasse partie de ce comité de soutien. Quand j’ai été informé de cela j’ai demandé à Aline Pailler qui s’occupait de la récolte nationale des signatures de stopper sa quête et de ne pas solliciter la FSU. Il y avait déjà celle de la secrétaire générale de SUD, ce n’était pas la peine de charger la barque ! J’ai par contre apprécié comme il se doit l’engagement de dirigeants nationaux de la CGT qui spontanément, au vu de l’enjeu, se sont fait connaître.

 

RM : et maintenant ?

 

CH : Eh bien on continue ! La lutte des ADOMA se poursuit plus que jamais. La vérité et la justice finiront bien par ouvrir en grand le chemin qu’elles se sont déjà frayé. Dans cette lutte ils savent pouvoir compter sur la CGT des Bouches du Rhône et les militants de leur fédération encore nombreuses et nombreux aujourd’hui devant le tribunal à l’énoncé du verdict. En juillet j’ai enfin été entendu par la brigade financière suite au courrier que nous lui avions adressé dans l’été 2008. Apparemment l’inspecteur qui m’a entendu pendant 4h a été fort intéressé par les pièces que je lui ai fournies et nous avons prévu de nous revoir à la rentrée. De même d’autres éléments qui mettent en cause le système qui a prévalu et dont les salariés font les frais nous sont parvenus et seront rendus publics (Et dont Rouge Midi rendra compte NDR). Sans parler de toutes les manifestations prévues dont une montée à Paris au siège d’ADOMA. Nous ne resterons pas l’arme au pied en attendant le procès en appel du 17 décembre. On ne lâchera pas l’emploi !

 

 

 

[1] Mes propos exacts à l’époque et que j’avais oublié dans le détail (ils m’ont été rapportés après coup par des témoins de la scène qui n’ont rien à voir avec le conflit mais qui étaient présents ce jour là pour des raisons professionnelles) étaient, à l’encontre d’un des directeurs : « C’est un scandale ce que tu fais ! Soi disant tu travailles dans le social et tu ne paies pas les salaires ! De toute façon on ne lâchera pas ! »

 

[2] le seul témoin, employée du plaignant, ne s’est pas présentée à la confrontation au contraire des 6 témoins (dont l’avocat des salariés) qui m’innocentaient.

 

[3] "Dans ma tête je me disais : « Mais comment c’est possible ? Hoareau tenait d’une main Le Mons par le cou et de l’autre il n’a pas pu l’atteindre avec son poing ? Il n’a pas l’air d’avoir un bras plus court que l’autre ! ». Franchement cette accusation aurait mérité une reconstitution !! D’autant que Le Mons a déclaré ne pas avoir esquivé le coup mais que celui-ci l’avait effleuré…" Art ADOMA je t’aurai, je t’aurai

 

[4] " Il y eut celui sur les certificats médicaux de Le Mons : le 7 il va voir son docteur, le 8 il va voir le médecin de l’UML qui ne voit aucune trace de coup…et le soir il retourne chez son docteur qui écrit que la veille il a bien vu des traces sur le cou !" art déjà cité

 

Six "Conti" condamnés pour le saccage de la sous-préfecture

 


Jugés par le tribunal correctionnel de Compiègne, ils écopent de peines de trois à cinq mois de prison avec sursis pour le saccage d'une sous-préfecture en avril dernier. Le syndicat Sud réclamait leur "relaxe pure et simple".

 


Le tribunal correctionnel de Compiègne (Oise) a prononcé mardi 1er septembre des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix, dont son délégué CGT Xavier Mathieu
Ils étaient poursuivis pour "destructions en réunion de biens au préjudice de l'Etat", après le saccage de la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril dernier. Quelque 200 "Conti" avaient envahi les locaux dans le cadre d'une lutte emblématique pour la sauvegarde de leur usine, dont la fermeture avait été annoncée en mars.
Les condamnations sont très légèrement inférieures aux réquisitions du parquet qui avait demandé de trois à six mois de prison contre les "Conti".
Un septième prévenu a été relaxé par le tribunal, qui n'a prononcé aucune amende.
Lors du procès, le 17 juillet, Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental, avait reconnu un "dérapage" qui n'avait "pas été prémédité".


"Faire taire les Conti"


Lundi, l'Union syndicale Solidaires (Sud) a lancé un appel pour "la relaxe pure et simple" des sept ouvriers de Continental.
"Ces poursuites judiciaires s'inscrivent dans toutes les tentatives de faire taire les Conti, par la répression, face à leur lutte déterminée contre les licenciements. C'est la relaxe pure et simple que le tribunal de grande instance doit prononcer", a déclaré Solidaires (syndicats Sud et autres). Suite au rejet par la justice de leur demande d'annulation de la procédure de fermeture de l'usine de Clairoix, 250 à 300 salariés avaient saccagé la préfecture de Compiègne le 21 avril.


Le PS et FO solidaires


Le porte-parole du PS Benoît Hamon a affirmé mardi la "pleine et entière solidarité du Parti socialiste" à l'égard des salariés de Continental "condamnés injustement". Il a trouvé "insensé" que "les voleurs en col blanc se voient quasi amnistiés et ne soient pas traduits devant la justice par le gouvernement alors que les cols bleus quand il défendent leurs conditions d'existence se voient non seulement traduits en justice mais condamnés extrêmement sévèrement".
Le syndicat Force ouvrière a lui aussi mis en garde contre des dérives judiciaires. "On rentre dans un système de judiciarisation qui est préjudiciable", a affirmé le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly sur BFM. "Pour les Conti, il y a encore le civil, est-ce qu'on va les condamner à rembourser? Il faut être sérieux, la violence n'est pas toujours là ou on croit", a-t-il rajouté.

 

La CGT solidaire malgré la polémique sur Xavier Mathieu


La CGT a elle-aussi dénoncé "un jugement profondément injuste". "Alors que les salariés ont un impérieux besoin de sécurité dans leur emploi et dans leurs droits, d'un côté on criminalise ceux qui luttent face aux décisions unilatérales des actionnaires, de l'autre on fait preuve d'indulgence voire de connivence avec les dirigeants qui imposent leurs décisions stratégiques sacrifiant les entreprises et l'emploi", affirme le communiqué, signé par la confédération, l'Union départementale de l'Oise et la fédération de la chimie.
Le 20 août, la CGT de l'Oise et la fédération CGT de la chimie avaient condamné dans un communiqué "avec force les propos calomnieux" tenus par le "Conti" Xavier Mathieu envers Bernard Thibault. Le délégué CGT avait qualifié le numéro un de l'organisation de "racaille", "juste bon qu'à frayer avec le gouvernement".

 

Rentrée sociale: Bernard Thibault et François Chérèque affichent leur unité...

 

LE MONDE | 28.08.09 |

 

La pré-rentrée sociale s'est faite, jeudi 27 août, sous le signe de l'entente cordiale des secrétaires généraux des deux principaux syndicats français, la CFDT et la CGT. Alors que la crise continue de produire ses effets, avec l'augmentation du chômage, la multiplication des plans sociaux, François Chérèque et Bernard Thibault, tous les deux à l'avant-veille de leurs congrès respectifs – la CGT tiendra le sien en décembre et la CFDT en juin 2010 –, ont voulu afficher leur complicité en débattant de "l'avenir du syndicalisme".

 

Le numéro un de la CGT a répondu à l'invitation de son homologue à l'occasion de l'université d'été de la CFDT – une première qualifiée de "signe politique" –, qui s'est tenue à Boissy-la -Rivière (Essonne), du 25 au 28 août.

Ambiance décontractée, joutes humoristiques, sur l'essentiel, les deux hommes ont affiché leurs convergences. Ils ont aussi manifesté leurs inquiétudes sur la situation sociale, François Chérèque insistant sur le sort des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

 

Pour autant, hormis des mobilisations possibles dans certains secteurs comme l'éducation nationale – une réunion entre les syndicats d'enseignants se tenait vendredi – ou à La Poste, rien n'est encore annoncé comme échéance nationale de manifestation.

 

Après six journées d'action depuis le début de l'année, dont les dernières ont connu une mobilisation faible, les huit syndicats qui avaient fait causse commune (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, UNSA, FSU) cherchent le moyen de rebondir, alors que le front syndical donnait avant l'été des signes de faiblesse.

 

"TRAVAIL DÉCENT"

 

Dans l'attente de la réunion de l'intersyndicale dont la date n'est pas encore arrêtée, les responsables de la CGT et de la CFDT ont rappelé leur volonté de se mobiliser le 8octobre, à l'appel de la Confédération syndicale internationale (CSI) pour défendre le "travail décent".

 

Ils ont aussi souhaité le maintien du cadre unitaire qui a permis l'organisation des journées d'action avant l'été. Mais quel est l'avenir de l'intersyndicale, dont les dernières initiatives, en mai et juin, avaient montré leurs limites ? Les postures restent différentes : la CGT insiste sur la nécessité d'une "mobilisation intersyndicale pour obtenir de nouvelles inflexions dans la politique gouvernementale", quand la CFDT met plutôt l'accent sur le fait de "capitaliser et de mettre en œuvre ce qu'on a gagné", précise M. Chérèque.

 

FO, de plus en plus tentée d'affirmer sa singularité, reste attachée à l'organisation d'une journée de "grève interprofessionnelle de 24 heures". Jeudi, M.Chérèque a exprimé son opposition à une telle grève. "Entre l'enseignant qui fait sa rentrée dans une classe surchargée, l'infirmière qui va devoir gérer une épidémie de grippe A et des salariés qui se retrouvent en chômage partiel, qu'est-ce qui est unificateur ?", s'est-il interrogé.

 

Reconnaissant que "les manifestations avaient montré leurs limites", M. Chérèque a déclaré que la priorité de la CFDT, était de "mettre des forces sur le terrain pour aider les équipes locales en difficulté".

 

M. Thibault, quant à lui, a rappelé que "les attentes des salariés étaient fortes à l'égard des syndicats" et s'est inquiété de ceux qui pourraient vouloir la fin du cadre unitaire, visant sans le nommer le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

 

Sans perspective claire de mobilisation nationale, les syndicats sont confrontés au même défi que le gouvernement : le risque d'embrasement d'un conflit local. A cet égard M. Thibault cherche à calmer le jeu. Pris à parti cet été par Xavier Mathieu, délégué CGT à Continental qui l'avait traité de "racaille" et lui avait reproché son absence lors du conflit, le numéro un de la CGT a déclaré qu'il "ne répondrait pas aux insultes". Mais comme son homologue de la CFDT, il a dit comprendre la colère des salariés.

 

M. Thibault pourrait de nouveau se rendre, dans les prochains jours, à Molex, une usine située en Haute-Garonne, menacée de fermeture et en conflits depuis de longs mois.

 

 

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Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental Clairoix:

"La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde"

 

LEMONDE.FR | 26.08.09 |

 

Délégué CGT de l'usine Continental Clairoix promise à la fermeture, Xavier Mathieu s'est récemment attaqué aux dirigeants syndicalistes, les traitant de "racaille" et leur reprochant de "frayer avec le gouvernement". Selon lui, les "Conti", qui ont obtenu 50 000 euros d'indemnités de licenciement n'auraient pas eu autant s'ils avaient confié leur sort aux confédération syndicales.

 

 

A l'issue du conflit de Continental Clairoix, vous vous en êtes pris aux instances dirigeantes des syndicats, notamment au vôtre, la CGT, en traitant Bernard Thibault de "racaille". Pourquoi ?

Ce n'est pas une attaque contre la CGT. J'ai trop de respect pour tous les salariés et délégués qui se battent comme des fous durant les conflits. J'ai plutôt parlé en leur nom, et je peux vous assurer que beaucoup pensent comme moi, à savoir qu'on n'est pas assez soutenus. D'ailleurs, je ne reproche pas à Bernard Thibault de ne pas venir devant les usines. Ce que je reproche à la direction, c'est qu'elle a refusé de nous soutenir quand nous étions convoqués au tribunal (pour les destructions dans la préfecture de l'Oise). Quand on a demandé de l'aide, il n'y a que des partis politiques de gauche qui sont venus et aucune confédération syndicale. Alors que dans les sept convoqués, il y avait trois élus CGT, deux syndiqués et deux sympathisants. Dans les confédérations paysannes ou autres, on n'abandonne jamais ses adhérents. La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde. C'est honteux.

 

Il y a une fracture entre les directions des confédérations et la base ?

La fracture entre la base et les directions est générale. Pas seulement du côté de la CGT. C'est pareil à FO ou à la CFDT. Je ne regrette pas mon coup de colère. Quand le mec pour qui je paie mes timbres depuis 18 ans refuse de venir soutenir des ouvriers poursuivis  au tribunal pour s'être battus, je n'ai pas de respect pour lui. Ce n'est pas parce qu'il est au-dessus de moi que je suis obligé de l'adorer. D'ailleurs, je vais arrêter de répondre là-dessus. J'ai juste un conseil à leur donner : c'est d'arrêter de penser que tous ceux qui sont en colère sont manipulés par l'extrême gauche. Ça, c'est le même discours que l'UMP. Et franchement, ce n'est pas très respectueux de la classe ouvrière, de penser que nous sommes des moutons incapables de nous battre tout seuls.

 

On vous a pourtant accusé de rouler pour le NPA d'Olivier Besancenot...

Ça fait quatre mois et demi qu'on nous répète les mêmes conneries. A la CGT de Continental Clairoix, il n'y a aucun encarté, ni au NPA, ni au PC, ni à LO. Aucun. C'est la mode : dès qu'on n'est pas content, on est taxé d'être d'extrême gauche. Je suis allé à l'université d'été du NPA parce qu'ils m'ont invité. J'avais dit, à l'époque où différents partis nous avaient soutenus, que j'étais prêt à venir parler de la lutte des Conti. Je l'ai fait pour Lutte ouvrière en juin, je l'ai fait au NPA, je le ferai le 12 septembre à la Fête de l'Humanité. Si les Verts, le PS ou le PRG me le demandent, je le ferai.

Mais mettre dos-à-dos les politiques et les syndicalistes, c'est de la connerie. Quand Thibault demande l'interdiction des licenciements ou la hausse du SMIC, ce n'est pas de la politique ? Est-ce que Bové n'a pas été syndicaliste avant d'être homme politique ? La CGT reproche ça uniquement si tu n'es pas au Parti communiste, tout le monde le sait. Thibault refuse d'aller au NPA, mais il va bien à la Fête de l'Huma. S'il ne veut pas faire de politique, il n'a rien à y foutre. Comment on peut dire, si on est syndicaliste, qu'on ne fait pas de politique ? Le syndicalisme, c'est de la politique ou alors je comprends rien.

 

Est-ce que les rencontres que vous avez faites pendant ces derniers mois peuvent aboutir à une coordination des luttes ?

Je ne sais pas. Tant que ça ne sont que les gens qui sont dans la merde qui appellent à l'aide, ça n'aboutit pas. Ça bougera quand ce seront les gens qui n'ont pas de problèmes qui viendront aider. En plus, je vois bien que quand on était dans notre lutte, on avait d'autres choses à faire que d'aller organiser des coordinations avec d'autres boîtes.

Et puis, je ne suis pas un professionnel de tout ça. Il y a six mois de ça, je faisais mes trois parties de pêche par semaine, je regardais le foot à la télé. Je défendais mes copains à l'usine, mais toutes ces histoires, ça me dépassait.

 

L'après-Continental, vous le voyez comment ?

Je ne sais même pas ce que je vais devenir. Je suis en train de réaliser aujourd'hui ce que les copains me disent depuis plusieurs mois : "Tu t'exposes trop." Alors peut-être que mon plus gros combat, ça ne va pas être Conti, mais de retrouver du travail. J'espère que je me trompe, même si je ne regrette pas ce qui s'est passé. Tout ce qu'on a vécu durant ces six mois, tous ces efforts et cette chaleur humaine, je ne sais pas si les gens qui me critiquent peuvent le comprendre.

Communiqué

du NPA :

Assez des provocations patronales à Molex.

 

Depuis l'annonce par l'équipementier américain de la fermeture de l'usine de Molex, près de Toulouse, par tous les moyens la direction tente de briser la combativité des salariés qui luttent depuis plusieurs mois pour le maintien du site et de tous les emplois.

 

Après avoir réussi à repousser la fermeture de l'entreprise, depuis le 7 juillet, les salariés sont en grève et veillent sur le matériel et les machines pour éviter que la direction, qui utilise le service de vigiles, déménage, en douce, le stock et l'outil de travail. Parallèlement, des négociations avaient lieu avec un éventuel repreneur.

 

Mardi 4, les salariés avaient été informés que la direction de Molex mettait fin à toute négociation avec le repreneur, que l'entreprise allait fermer en octobre et la production ête relocalisée aux USA. Une provocation de plus de la part de cette direction qui avait déjà manifesté antérieurement tout le mépris qu'elle avait pour les salariés de Villemur-sur-Tarn.

 

Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la sortie mouvementée de l'entreprise de Mr Doesburg, directeur du développement de Molex USA.Ni la convocation devant le tribunal de grande instance de Toulouse de quatre salariés de Molex, ni la fermeture de l'entreprise ne résoudra la situation de l'emploi pour les quelques trois cents salariés qui se retrouveront à la rue en octobre prochain.

 

Le NPA condamne les provocations de la direction de Molex USA, sa décision de fermer l'entreprise de Villemur-sur-Tarn coûte que coûte et réaffirme son soutien total à la lutte des salariés de Molex.

 

Quant à Mr Estrosi, ministre l'industrie, qui s'est offusqué des « actes de violence exercés par une minorité », il ferait bien d'être scandalisé par les agissements d'une direction d'entreprise qui entend fermer un site qui fait des profits sans égard pour le sort des salariés et de leurs familles. Il ferait bien de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fermeture de l'entreprise et le rapatriement aux USA de la technologie, des machines, du stock.

 

New Fabris
New Fabris

New Fabris :

un millier de personnes à la manifestation de soutien à Châtellerault

 


Environ un millier de personnes ont participé jeudi à une manifestation de soutien aux salariés licenciés de l'équipementier automobile New Fabris, à la veille de l'expiration de leur ultimatum.

 

Les salariés, qui menacent toujours de faire sauter leur usine le 31 juillet pour obtenir une prime de 30.000 euros, ont toutefois décidé de ne pas réinstaller les bouteilles de gaz dans l'établissement. Les représentants syndicaux doivent être reçus vendredi matin à la sous-préfecture de la Vienne à Châtellerault pour envisager "un protocole de sortie de crise". Puis, ce sera le temps d'une ultime assemblée générale vendredi à 11h30.

 

En plus de salariés d'entreprises de la Vienne comme Aubade ou la Snecma, touchées également par des plans sociaux, des délégations de toute la France étaient présentes jeudi dans le cortège. Parmi elles, des salariés de Continental à Clairoix (Oise), de Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), de SKF à Fontenay-le-Comte (Vendée), de Rencast à Châteauroux (Indre), Philips à Dreux (Eure-et-Loire), Goodyear à Amiens (Somme) ou encore de Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

 

Les manifestants ont quitté le site de l'usine, après un barbecue pour se rendre devant l'hôtel de ville de Châtellerault, située à plus d'un kilomètre.

Les ténors des principales centrales syndicales et des principaux partis politiques étaient aux abonnés absents. Olivier Besancenot, représenté par le responsable du NPA dans l'Est Yvan Zimmermann, et Marie-George Buffet (PCF), officiellement en congés, ont expédié un message aux ouvriers tout comme Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts qui a rendu visite aux New Fabris samedi. Le parti était représenté par Jean Desessard, sénateur Vert de Paris venu pour "soutenir un combat politiquement et socialement juste".

 

Quant à la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, elle n'a pas participé au défilé mais avait reçu une délégation de syndicalistes vendredi dernier. Dans le cortège figurait en revanche, Edith Cresson. L'ancien maire de Châtellerault et ex-Premier ministre s'est dite "révoltée". "Le jour où il y aura une reprise de l'activité économique, j'aimerais qu'on me dise avec quoi on va travailler si on perd des outils de production remarquables et modernisés. Si on veut tout délocaliser à l'étranger, autant le dire tout de suite", s'est-elle insurgée.

 

"Le ministre de l'industrie Christian Estrosi nous a laissés tomber. En une semaine, rien n'a avancé", a accusé Eric Poisson, délégué CFDT de New Fabris. "Je ne vois pas aujourd'hui un salarié de New Fabris faire sauter son usine. Mais s'il n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, c'est sûr qu'il y aura beaucoup de colère et de dépits", a-t-il ajouté. "Dans ce cas de figure, la violence n'est pas à exclure".

Pour autant, a reconnu Eric Poisson, "la porte de la négociation a été ouverte hier au ministère à Paris, nous ne voulons pas la refermer". Un sentiment partagé par Dominique Duval de FO: "on est arrivés à Paris avec zéro. On revient avec 11.000 euros et l'ouverture de négociation. Si le 31 juillet, nous n'aboutissons pas à ce que l'on veut, il faudra voir. Mais pour l'heure, si on met encore une trop grosse pression sur l'Etat, on va tout perdre!"

 

Dans l'après-midi, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi avait pris "acte avec satisfaction des propos plus apaisés" exprimés par les représentants syndicaux" de l'équipementier automobile, les invitant à exprimer "très explicitement leur rejet de toute forme de violence".

 

"Sur cette base, Christian Estrosi pourrait alors, et dès ce soir, être au rendez-vous du dialogue dans la perspective d'une sortie de crise heureuse à l'issue de la rencontre programmée demain", selon le communiqué du ministre.

 

"Nous appelons toutes les entreprises en difficulté à nous rejoindre le 30 juillet pour participer à une grande manifestation symbolique au départ de l'usine occupée", a déclaré de son côté Guy Eyermann, délégué CGT, dans l'entrepôt où s'étaient rassemblées une centaine de personnes. Mais "n'allons pas faire n'importe quoi qui entraînerait l'arrêt des négociations".

 

Les salariés demandent à leur anciens clients Peugeot et Renault de verser 30.000 euros pour chacun des 366 employés licenciés. Cette somme correspond à la prime de licenciement versée par les deux constructeurs automobiles français à chacun des 200 salariés licenciés de Rencast, qui appartient au groupe italien Zen.

 

MERCI à FANCH pour l'image
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OUVERTURE DU CAPITAL

Statut de La Poste : les précédents GDF et France Télécom

 


Le processus de transformation de La Poste en société anonyme à capitaux publics sera mené à terme début 2010. Devant l'inquiétude syndicale, le gouvernement claironne que ce changement de statut ne débouchera pas sur une privatisation de l'entreprise postale. Retour sur les précédents Gaz de France et France Télécom.

 


Le texte consécutif à l'ouverture du capital de La Poste a été examiné, mercredi 29 juillet, lors du dernier Conseil des ministres précédant les vacances. Le calendrier du projet de loi prévoit un débat parlementaire à la rentrée afin que La Poste devienne au 1er janvier 2010 une société anonyme à capitaux publics. Cette réforme, explique le ministre de la Relance Patrick Devedjian, "est rendue obligatoire par le fait que La Poste devra affronter la concurrence" de sociétés commerciales.
Mais pas de crainte, la ministre de l'Economie Christine Lagarde l'a confirmé mercredi sur France Inter : "l'actionnariat sera 100% public". Autrement dit, il n'y aura pas de privatisation de La Poste.

 

"C'est clair, c'est simple et c'est net"


"Pas de privatisation" : c'est ce qu'avait soutenu en 2004 Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie et des Finances au moment de l'augmentation du capital d'EDF-GDF. Le 6 mai 2004 lors d'un déplacement à Chinon (Indre-et-Loire), Sarkozy contente les représentants syndicaux de l'entreprise énergétique devant les caméras de télévisions : "On ne viendra pas à la privatisation, c'est clair, simple et net". Et à nouveau pour tout ceux qui n'avait pas bien entendu : "Il n'y aura pas de privatisation d'EDF et Gaz de France, c'est clair, c'est simple et c'est net."
Le 15 juin 2004, il réaffirme avec aplomb devant les députés : "EDF-GDF ne sera pas privatisée, le gouvernement ne le souhaite pas et l'Europe ne nous le demande pas".
Toutefois, pour qu’EDF et Gaz de France puisse "lutter à armes égales contre leurs concurrents", Nicolas Sarkozy estime qu'il est "indispensable de transformer ces établissements publics en sociétés anonymes."
Le 22 juillet 2004, le Parlement vote l'ouverture du capital de Gaz de France (GDF) avec une participation de l'Etat ne pouvant pas descendre au-dessous de 70%.
Quatre années plus tard, jour pour jour, le tout nouveau groupe GDF-Suez est coté en Bourse. L'Etat ne détient que 35,6% de son capital.

 

"Le changement de statut de l'entreprise est nécessaire"


Autres temps, autres pratiques. En juin 1996, le gouvernement Juppé promulgue les lois de déréglementation et d’ouverture à la concurrence de France Télécom. Selon un modèle déjà bien rodé, l'opérateur public est transformé en société anonyme. "Le changement de statut de l'entreprise est nécessaire", explique alors le ministre des Technologies de l'Information et Poste, François Fillon, "dans la perspective d'une ouverture à la concurrence". Il est évidemment entendu que l’Etat conservera au moins 51% de son capital.
La dissolution de l'Assemblée nationale en 1997 retarde l'ouverture du capital de l'opérateur téléphonique. Au nom de la défense des services publics, chère à la gauche, les socialistes s'engagent lors de la campagne législative à stopper le processus de privatisation. "Parce qu’il y a mission de service public, les socialistes souhaitent que France Télécom reste avec un capital à 100 % public", indique Dominique Strauss-Kahn. Une fois nommé Premier ministre, Lionel Jospin se ravise et fixe les modalités d'une privatisation partielle, qui conduit à la mise sur le marché 20,9% du capital de France Télécom. Cette ouverture du capital, "lui permettra de rester l'un des tous premiers opérateurs mondiaux", justifie-t-il. La vente des actifs de l'Etat se poursuit.

 

Privatisation


En décembre 2003, les députés adoptent une loi permettant à l’Etat de réduire sa participation sous le seuil de 50% du capital de France Télécom. Le ministre de l'Economie de l'époque, Francis Mer, défend les choix du gouvernement : "Le fait de voir son capital figé par une obligation juridique peut devenir un handicap stratégique pour l'entreprise."
Nicolas Sarkozy transforme l'essai le 1er septembre 2004. France Télécom est privatisée. Aujourd'hui l'Etat ne détient plus que 26,65% de son capital.
A la lumière de ces précédents, il faut donc croire le chef de l'Etat : "La Poste changera de statut, mais ne s'ouvrira qu'à des capitaux publics".

 

 

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Communiqué du NPA :

Non à la privatisation de La Poste.

 

Pour son dernier conseil des ministres, le gouvernement Fillon a choisi de s'attaquer au service public postal en fixant à l'automne le débat parlementaire sur la privatisation de La Poste par le biais d'un changement de statut et de l'ouverture du capital.

 

Les déclarations d'intention sur l'ouverture à des capitaux 100% publics ainsi que les promesses sur le respect des missions actuelles de La Poste ne tromperont personne. Les différents gouvernements qui ont précédé celui actuellement en place ont tous utilisé cet argument avant d'engager la privatisation du service public.

 

Le changement de statut, l'ouverture du capital permet justement aux capitaux privés de s'engouffrer dans la brèche et de faire tomber dans leur escarcelle une entreprise publique. Qu'on se rappelle Air France, France Télécom, GDF et EDF, par exemple. Quant aux promesses de Sarkozy, chacun se rappelle celle qu'il avait faite à propos de GDF (participation de l'état à hauteur de 70%) avant de piétiner allègrement ses déclarations antérieures (35% depuis la fusion avec Suez).

 

La privatisation de La Poste et de ses missions s'inscrit en droite ligne dans la politique libérale de la Commission européenne qui vise à introduire à promouvoir privatisation et concurrence en lieu et place du service public.

Pour lutter contre une privatisation synonyme de suppression d'emplois , de fermetures de bureaux, de dégradation supplémentaire pour le public, une mobilisation sur la durée des salariés de La Poste avec leurs organisations syndicales, des associations, des partis politiques et des usagers est indispensable.

 

D'ores et déjà, des rendez-vous de mobilisation sont prévues avec une journée de grève et de manifestation en septembre et un référendum dans les localités, le 3 octobre, par le Comité national contre la privatisation de La Poste, dont le NPA est partie prenante.

 

Travail du dimanche

La loi est votée, mais la page n’est pas tournée

 

Communiqué commun Cgt et de la Fédération commerce distribution services Cgt

 

jeudi 23 juillet 2009

 

C’est donc dans la nuit du 22 au 23 juillet, que la loi sur le travail dominical a été adoptée au Sénat par une infime majorité de 6 voix.

 

Les conditions de ce vote – procédure d’urgence, passage à la hussarde au Parlement, pressions diverses sur les élus – sont tristement significatives d’une conception du débat démocratique, réduite à la portion congrue, pour ne pas dire davantage.

 

Sur le fond, la CGT l’a dit à de nombreuses reprises, ce texte est porteur de lourds reculs pour les salariés. Demain, par centaines de milliers, ceux-ci pourraient voir leurs conditions de travail encore détériorées et leur vie familiale déstructurée.

 

Par ailleurs, aucune compensation véritable n’est même prévue dans ce dispositif régressif, qui n’a pas de justifications sociales et économiques. Qui peut croire, en effet, que l’écrasante majorité des citoyens dont on comprime le pouvoir d’achat consommeront plus le dimanche que les jours de la semaine ?

 

Le seul vrai gagnant d’une telle mesure est une partie du patronat, pour qui, plus de flexibilité et plus de précarité pour les salariés riment avec plus de profits.

 

Même votée dans des conditions peu honorables, cette loi doit continuer à être combattue.

 

L’extension du travail du dimanche ne créera pas d’emploi, pis, elle en supprimera essentiellement dans les très petites entreprises au profit d’une plus grande productivité dans les plus grands établissements.

Ce qu’il faut c’est de l’emploi, une sécurisation du parcours professionnel, l’augmentation générale des salaires, la sauvegarde et le développement des services publics, une politique industrielle respectueuse de l’environnement.

 

Pour la CGT, ce sont autant de raisons, dans l’unité la plus large, de poursuivre et d’amplifier la mobilisation professionnelle et interprofessionnelle.

 

Le dimanche, c’est pour nous, continuons de signer massivement la pétition.

 

CGT Montreuil, le 23 juillet 2009

 

 

Signez la pétition !

 

Le dimanche, c’est pour nous !

 

Parce que je veux que le dimanche :


- soit différent des autres jours,
- soit un moment commun pour vivre ensemble,
- soit un jour où je peux faire ce qui me plait,
- soit consacré à ma famille, mes loisirs, le sport...
- soit un jour pour me reposer et pouvoir travailler les autres jours ...


Le travail du dimanche généralisé est une atteinte aux libertés. Pour l’arrêt des attaques sur le repos dominical, je signe en ligne

 

 

 

Arguments contre...la retraite à 67 ans 

 

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Sarkozy et son gouvernement annonce une nouvelle attaque contre les retraites. Leurs arguments, sans fondement, visent uniquement à satisfaire le patronat et les plus riches. 

 

La retraite à 67 ans

À peine les élections européennes terminées et prenant prétexte du déficit de la sécurité sociale, le gouvernement prépare l’opinion à une attaque sans précédent : reculer l’âge légal de la retraite à 67 ans. C’est Brice Hortefeux, qui n’avait pas encore changé de ministère, qui a ouvert les hostilités en prenant exemple sur l'Allemagne, « idée » reprise ensuite par Fillon, qui considère que reculer l’âge de la retraite « n’est pas une question taboue », ce qui n’est pas très étonnant de la part de celui qui, en 2003, avait mené l'attaque contre les retraites de la fonction publique en allongeant le nombre d'annuités nécessaires à 40 ans. Mais, pour nous rassurer, on nous dit également que rien n’est décidé et que le débat sera ouvert début 2010, au moment où le Conseil d’orientation des retraites (COR) rendra public son rapport annuel. Difficilement croyable ! Quoi qu’il en soit, le pavé est lancé est c’est une première. Depuis 1982, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 60 ans. Les contre-réformes successives, celles de 1993, 2003 et 2007, avaient privilégié l’augmentation de la durée de cotisation, de 37,5 à 40 annuités, puis à 41 annuités d’ici à 2012. Toucher à l’âge légal était toujours considéré comme un sujet tabou. C’est ce verrou que le gouvernement tente de faire sauter. Le gouvernement va ainsi dans le sens du Medef, qui considère depuis longtemps que pour « rééquilibrer » les retraites, il faut « ajouter » aux 41 années de cotisation un report de l’âge légal, préconisant ainsi le passage de 60 à 63,5 ans dès 2012. 

 

Des années d’attaques

La prochaine contre-réforme des retraites s’inscrit dans une attaque globale commencée il y a plus de quinze ans. C’est en 1993 que les « réformes » Balladur s’attaquent au privé, dans l’indifférence la plus totale, en particulier de la part des directions syndicales, en augmentant le nombre d’annuités de 37,5 à 40 ans. Mais aussi en modifiant le calcul de la pension, en l’indexant sur les prix et non plus sur le salaire moyen d’activité (soit environ 20 % de pension en moins en 10 ans) et en prenant, comme base les salaires des 25 meilleures années (et plus des 10). Même chose en 2003, avec la contre-réforme Fillon pour les salariés de la fonction publique, mais en ajoutant des décotes, soit des baisses de pension supplémentaires (5% par trimestre manquant), pour les salariés en-dessous des annuités requises, mais ayant l’âge légal de départ, c’est-à-dire 60 ans. Pour terminer, la dernière contre-réforme, en 2007, s'est attaquée aux salariés des régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF…) qui, par « équité », ont vu également l’augmentation de la durée de leurs cotisations à 40 ans. Pour nous faire avaler la pilule, les arguments avancés par les gouvernements et le patronat sont toujours les mêmes : déficit, problème démographique, équité… 

 

Le « trou » de la Sécu: vieille rengaine

Le déficit de la Sécurité sociale et des caisses de retraite serait tellement énorme (24 milliards d'euros) que le gouvernement se déclare impuissant et que le seul moyen de « sauver nos retraites » serait de travailler jusqu’à 67ans. En revanche, le gouvernement, trouve tout à fait normal d'aider les plus riches via le bouclier fiscal, de venir en aide à coup de centaines de milliards aux banquiers et d'exonérer le patronat de toute une partie de ses cotisations en puisant dans les caisses de l'État ou de la Sécurité sociale. C'est donc une question de choix. Les richesses existent . C'est d'autant plus inacceptable que, si le déficit de la Sécurité sociale augmente, ce n'est pas parce que les salariés se soignent mieux, mais parce qu'il y a de plus en plus de chômeurs et de moins en moins de cotisations qui rentrent. La seule « piste » possible pour les salariés ne consiste pas à accepter de travailler plus longtemps ou de partir avec une retraite de plus en plus maigre, mais à imposer l’interdiction des licenciements et la réduction du temps de travail jusqu’à ce que tout le monde ait un emploi. En un mot, travailler moins pour travailler toutes et tous. 

 

On vit trop longtemps ?

Depuis le temps, on connaît la musique: le problème serait démographique. On vit plus longtemps, il faut donc travailler plus longtemps. C’est présenté comme du bon sens. Comme si un progrès social (l’allongement de la durée de la vie) devait être vécu comme une calamité ! Comme si la progression des dépenses sociales ne servait pas le bien-être de la population, mais le contraire ! Travailler plus longtemps ? A l’âge de toucher leurs droits à la retraite, six salariés sur dix ne travaillent plus. Ils sont soit au chômage, en plans divers et variés de « cessation progressive d’activité » et autres « dispense de recherche d’emploi » après licenciements, virés par des patrons qui trouvent les vieux «pas assez productifs et trop chers», soit au RSA (le nouveau RMI)… De fait, l’âge réel de fin d’activité, aussi bien dans le public que dans le privé, se situe autour de 58 ans. Tout le discours sur la nécessité de travailler plus longtemps est donc faux: le véritable objectif est de nous faire partir avec des pensions de plus en plus faibles (aujourd’hui, 50 % des retraités vivent avec une pension inférieure au Smic). 

 

La retraite, c’est la continuation du salaire

Les moyens pour financer les retraites existent. Ce sont les richesses produites dans l’activité salariale. Il faut beaucoup de culot et de cynisme pour affirmer qu'il ne serait plus possible de financer les retraites sans allonger la durée de cotisation. L'argument ne tient pas. Il faut prendre sur les profits, augmenter les cotisations patronales, pour financer les retraites qui sont un salaire collectif, une partie de la richesse née du travail et immédiatement reversée (comme pour l’assurance maladie) aux pensionnés. La retraite est la continuation du salaire, c’est-à-dire un droit social à ne plus travailler pour le compte d’un patron, tout en étant payé quand même, et à diversifier ses activités librement. La retraite prouve que le salaire, défini comme un salaire social et non individuel, peut être un moyen puissant, s’il est défendu, augmenté et élargi à toute la population (y compris aux jeunes en formation dès 18 ans), d’échapper en partie au marché du travail. Un autre mode de relations sociales, non concurrentielles, est possible. D’abord, bien sûr, pour satisfaire des besoins urgents (se soigner, faire et éduquer des enfants dans les meilleures conditions sociales et médicales, réparer les dégâts du travail par la retraite en bonne santé) que les patrons ne voulaient pas reconnaître, ou qu’ils ont essayé de contrôler en proposant des systèmes sociaux « maison », où les salariés restent dans la soumission. Le salaire social est donc un moyen de gagner du temps libre payé, sans être sous la domination du patron et de son système de temps réquisitionné exclusivement pour la valorisation. 

 

L’argent existe

Plus le salaire social général diminue, plus la part qui revient aux classes possédantes augmente. Ainsi, depuis les vingt dernières années, la part de richesse revenant aux salariés a diminué de plus de 10 points, au profit de celle qu'accaparent les possédants. En même temps, la productivité du travail n’a cessé de croître (plus de 50%). Entre 1960 et 2006, le produit intérieur brut (PIB), en euros constants, a progressé de 328 %, quand l'augmentation des besoins du financement des retraites, sur la même période, est estimée à 104 %. Ce qui veut dire que même si la part du PIB servant au financement des retraites augmente, il reste en réalité une large marge de manœuvre, à condition que les revenus du capital n'accaparent pas l'essentiel des gains de productivité. Cela veut dire partager le travail entre tous, en finir avec le chômage. 100000 chômeurs de moins représentent un gain de 1,5 milliard d'euros par an. Une hausse de 1 % des salaires suffirait à dégager, chaque année, 1 milliard d’euros pour les retraites. La fin des exonérations des cotisations patronales rapporterait 30 milliards d'euros. L'argent est bien là. Il faut changer le rapport de forces afin d'imposer une autre répartition des richesses

 

Pouvoir d'achat-salaires :

vivre, pas survivre 

 

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Chaque 1er juillet, les traditionnelles revalorisations et augmentations sont dévoilées. Cette année encore, pour les salariés et les chômeurs, ce sera « régime sec ». 

 

Pour la troisième année consécutive, le gouvernement «du pouvoir d'achat» a confirmé qu'il ne donnerait pas de «coup de pouce» au Smic. La revalorisation du salaire minimum, au 1er juillet prochain, sera donc limitée au minimum légal (1,3%). Bref, les 3,5 millions de smicards verront leur taux horaire passer de 8,71 euros brut à 8,82 euros, et leur salaire mensuel (pour 35 heures) atteindra 1051 euros net (13,47 euros net de plus par mois).

 

Pour le gouvernement, qui n'a peur de rien, cette revalorisation est satisfaisante et permettra de lutter contre le chômage, puisque pour Brice Hortefeux, ancien ministre du travail: «Il vaut mieux une vraie revalorisation qu'un faux coup de pouce, qui aurait un effet boomerang sur l'emploi et sur les plus défavorisés, et remettrait en cause l'emploi, notamment dans les petites entreprises.» Les chômeurs indemnisés, qui sont actuellement 2 millions et dont la moitié touche moins de 946 euros par mois, tandis que trois chômeurs sur dix n'ont aucune couverture sociale, connaîtront le même sort avec une revalorisation a minima de 1%. Quant à la grande majorité des salariés, elle ne connaîtra qu'une très faible, voire aucune, augmentation de salaire, pour cause «de crise», ou pourra être licenciée comme les 108 salariés de l'entreprise Osram, qui ont refusé de baisser leurs salaires…

 

Dans le même temps, l'ensemble de la population va connaître des augmentations. Celles d'EDF (entre 2 et 3%), de la SNCF (3,4%), de la RATP (2%), qui s'ajouteront à celles des prix de l'alimentation, des loyers, du pétrole… Ces augmentations sont d'autant plus  inadmissibles que le fameux grand plan de relance de Sarkozy (26 milliards d'euros) prévoyait, notamment, 4 milliards d'investissements supplémentaires dans les entreprises publiques (EDF, GDF, La Poste, la RATP et la SNCF), dont 2,5 milliards… pour la seule EDF, 300 millions pour la SNCF et 200 millions pour GDF-Suez qui, elle, laisse ses tarifs inchangés malgré la baisse des prix du pétrole, alors qu'une baisse des tarifs du gaz à partir d'avril avait été annoncée !

 

On le voit de plus en plus chaque jour, le prix de «la crise» et de «la relance», ce sont d'abord les salariés, les précaires, les chômeurs, les retraités qui la payent et, au lieu de vivre, survivent. Il est urgent de changer la donne. Pour cela, il faut prendre sur les profits qui, malgré ce qu'on veut nous faire croire, existent encore. Il faut d'urgence rattraper les pertes de pouvoir d'achat accumulées depuis des années, en augmentant de 300 euros net les salaires, les retraites et les minima sociaux, ainsi que garantir les moyens de vivre correctement pour tous et toutes, avec au minimum 1500 euros net par mois. Mais aussi augmenter les salaires et les cotisations sociales, et en finir avec les exonérations, pour augmenter la protection sociale, les retraites, l'assurance-chômage… Mais, pour obtenir cela, il faut riposter en nombre et tous ensemble, en finir avec les journées de mobilisation isolées, se mettre d'accord autour d'une plateforme revendicative ayant un contenu, en particulier sur les salaires.

 

 

« Parole contre parole »

au procès Hoareau

 

 

Le cortège était dense, hier, pour accompagner Charles Hoareau au tribunal de grande instance. Le syndicaliste CGT comparaissait pour menaces réitérées, violences envers un responsable de régie en charge du nettoyage des foyers Adoma, et pour avoir craché sur un autre responsable.

 

Le 7 avril dernier, les parties sont dans la salle des pas perdus du tribunal. Alors qu'un report d'audience est décidé dans le procès concernant le sort de 39 salariés du nettoyage se retrouvant sans emploi, soutenus par Charles Hoareau, le ton monte. A la barre, hier, le premier responsable de régie est formel. « Charles Hoareau m'a dit en me montrant du doigt : "Je t'aurai" à plusieurs reprises. Il m'a tenu le cou et porté un coup de poing au visage. »

 

Après examen par le médecin légiste, il bénéficie de quatre jours d'ITT pour « traumatisme psychologique », mais aucune trace de coup n'est relevé. « J'ai esquivé, précise le plaignant. Il m'a éraflé. » Un témoignage d'une de ses employés confirme sa version. « C'est vrai qu'il y a eu bousculade, mais je n'y étais pas. J'essayais au contraire de calmer les salariés », rétorque Charles Hoareau, dont la version est, elle, appuyée par cinq témoins. « Dans ce dossier, il n'y a pas de place pour l'action syndicale. C'est un acte de délinquance, un point c'est tout », a défendu Michel Dossetto, l'avocat des responsables de régie qui se sont constitué partie civile. Il réclame 1 euros symbolique pour chacun. Si le procureur a demandé la relaxe pour le crachat pour des questions de procédure, il a requis 1 000 euros d'amende pour les violences... et la requalification des menaces réitérées en menaces de mort. Du coup, il a requis quatre mois de prison avec sursis. De quoi faire bondir Philippe Vouland, l'avocat de Charles Hoareau, qui a plaidé la relaxe. « Nous sommes parole contre parole. Il a un témoin, j'en ai au moins trois. A qui bénéficie le doute ? » Pour lui, ce procès révèle surtout la « judiciarisation permanente de la société. Si Charles Hoareau est relaxé, ce ne sera pas le triomphe de la CGT, mais une manière de dire que le juge pénal n'est pas la voiture-balai de tout. » La décision est attendue le 7 septembre.

 

 

événement

L’affaire dans l’affaire : Hoareau au tribunal

 

Le leader syndical a été accusé de menaces et de violences par les deux directeurs de régie.

C’est finalement par le biais pénal que cette affaire sociale a éclaté au grand jour. En effet, la récente garde à vue de Charles Hoareau, accusé de menaces et de violences par les deux directeurs de régie, a été couverte par la presse locale, permettant dans le même mouvement de lever le couvercle et de sentir le fumet du fond du dossier. Le 19 mai dernier, le leader syndical a donc été convoqué au commissariat de Noailles, à Marseille. Les policiers veulent l’entendre concernant les accusations portées. L’interrogatoire tourne à la garde à vue. « Sur ordre de Paris », affirme Charles Hoareau. Le syndicaliste témoigne : « Le responsable du commissariat l’a d’ailleurs bien dit aux militants de la CGT qu’il a reçus : "C’est une affaire politique qui nous échappe totalement, c’est au-dessus du parquet de Marseille. Si ce n’était pas Charles Hoareau, il ne serait pas là…" D’ailleurs je tiens à souligner que, lors de ma garde à vue, j’ai été remarquablement bien traité par des policiers qui hallucinaient devant la tournure des événements et étaient tributaires du parquet, qui ne cessait de retarder ma libération et tentait par tous les moyens de trouver un motif à ma comparution immédiate. C’est bien connu, quand on ne peut pas critiquer un combat, on tente de le discréditer en s’attaquant aux personnes qui le portent. Les plaintes intervenant dans un contexte de criminalisation de l’action militante, le pouvoir a tenté de faire un exemple, car ce qui était visé, c’était la comparution immédiate et la sanction qui n’aurait pas manqué - d’aller avec. C’est un coup monté. » L’affaire sera jugée le 29 juin. En attendant, le fond de l’affaire (*) est remonté à la surface.

 

(*) Pour un historique complet : www.rougemidi.org.

 

L'HUMA 26.06.2009

 

 

Les acteurs du LKP, les 74 d’EDF, celles et ceux qui défendent les sans papiers...
dans les Bouches du Rhône les militants de La Poste, du Port autonome, Erwan Redon professeur des écoles, Charles Hoareau....les actes d’intimidation et de criminalisation se multiplient. Face à cela, les 1ers concernés et celles et ceux qui en sont solidaires réaffirment à la face des pourchasseurs leur détermination : nous ne nous laisserons pas faire !
A chacune et chacun d’entre nous d’affirmer la même détermination en signant la pétition.

Stopper la machine infernale 

 

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Les multinationales réorganisent leurs réseaux de production et de distribution à travers le monde. A cette logique infernale de la rentabilité et de la concurrence, opposons l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans perte de salaire. 

 

Une nouvelle rafale de licenciements a été annoncée, ces deux dernières semaines, en France. Plusieurs usines en liquidation judiciaire ou en passe de l’être vont fermer, comme New Fabris, à Châtellerault, sous-traitant de PSA et de Renault qui employait 366 salariés,  la fonderie Pamco, dans l'Orne, où 223 personnes vont perdre leur emploi, et bientôt sans doute la fonderie SBFM, près de Lorient, avec ses 500 salariés, pour ne citer que quelques exemples. Ont été annoncées également des milliers de suppressions de postes: 550 chez TDF, 704 chez Marionnaud, 104 chez Aubade, 3000 à Air France et près de 3000 également à Michelin.

 

A Air France ou à Michelin, les dirigeants patronaux mettent en avant le fait qu’il n’y aurait « aucun licenciement ». Mais à supposer qu’ils disent vrai, ces suppressions de postes, ce sont autant de chômeurs supplémentaires. Lorsque l’Insee prévoit, pour la seule année 2009, 700000 destructions de postes, ce sont bien autant de travailleurs, parmi les chômeurs déjà existants ou les 600000 jeunes qui arriveront en septembre sur le marché du travail, qui se verront privés d’emploi et de salaires. Et que dire de l’argument de la concurrence des pays où la main-d’œuvre est moins chère ! Michelin n’a-t-il pas annoncé, quelques jours seulement après la fermeture de deux sites en France, la construction d’une nouvelle usine en Inde ?

 

Les médias ont rapproché les licenciements actuels chez Michelin de ceux que la multinationale avait annoncés en 1999 dans le même temps qu’une augmentation de 20% de ses bénéfices. Ils affirment haut et fort que la situation n’a plus rien à voir, qu’aujourd’hui les ventes de pneumatiques s’effondrent, que c’est la crise, qu’on ne peut pas faire autrement.

Mais n’est-ce pas cette politique de réduction des effectifs à seule fin d’augmenter les profits qui a conduit, précisément, à cette crise dont ils font semblant de croire qu’elle serait comparable à un cataclysme venu d’on ne sait où ? En 1999, Michelin avait annoncé 7500 suppressions de postes en trois ans dans ses usines en Europe. Il lui en faut maintenant 3000 de plus sur les 25000 existant en France. Et qu’ont-ils fait, Michelin comme tous les autres, des centaines de milliards de bénéfices qu’ils ont réalisés pendant toutes ces années ? La logique de la compétitivité pour faire face à la concurrence est une machine infernale sans fin.

 

Quand ferment petites ou moyennes entreprises, le gouvernement et le Medef agitent les « difficultés » dues à la crise, mais il s’agit pour l’essentiel d’une restructuration opérée par les multinationales à grande échelle. Ce sont elles qui réorganisent, pour les rendre plus rentables, leurs réseaux de production et de distribution, dont fait partie le maillage de la sous-traitance. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans le secteur de l’automobile, et commence dans le secteur du transport aérien.

 

Les salariés victimes de ces plans destructeurs se battent aujourd’hui, le dos au mur, pour exiger, le plus souvent, de meilleures indemnités de licenciement. Mais stopper cette logique infernale, c’est interdire les licenciements, imposer la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, au moyen du contrôle des salariés et de la population sur l’ensemble de l’économie.

 

 

 

 

Sécurité sociale :

nouvelle attaque

 

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Le 16 juin, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, relançait le débat sur l’âge légal du départ en retraite et préconisait son relèvement à 67 ans, à l’image d’autres pays européens. Il recevait immédiatement le soutien de François Fillon et de la présidente du Medef, Laurence Parisot.

 

Alors que la France compte plus de 10% de chômeurs, il faudrait imposer à ceux qui ont un emploi de continuer à s’épuiser au travail. Ils devraient continuer à occuper leur poste, alors que se multiplient les vagues de licenciements et de suppressions de postes pour des salariés de moins de 60 ans et que des millions de jeunes sont à la recherche d’un emploi.

 

Le 17 juin, la publication des prévisions pour 2009 des comptes de la Sécurité sociale enfonçait le clou. La commission des comptes de cet organisme annonce un doublement du « trou » de la Sécu cette année. Celui-ci passerait de 10 à 20 milliards d’euros toutes branches confondues (retraites, maladie, accidents de travail, famille), un niveau jamais atteint depuis 1945. Le ministre des Finances, Eric Woerth, en a lui même précisé les causes: « La multiplication par deux du déficit, c’est tout simplement la division par deux du volume des recettes, c’est parce que l’argent ne rentre pas, ce n’est pas parce que les dépenses progresseraient de manière incontrôlée. » C’est faute de rentrées suffisantes des cotisations sociales – cette part du salaire mise en commun pour financer les retraites, la soins ou les allocations familiales – que la Sécurité sociale est en « déficit ». Ce manque de recettes n’a rien de mystérieux : il s’appelle « plans de licenciements »,  « suppressions d’emplois dans la fonction publique », « blocage des salaires », et généralisation de l’emploi précaire accompagnée d’exonérations de cotisations sociales pour les employeurs (près de 31 milliards d’euros en 2009).

 

100000 suppressions d’emplois, c’est près de 1 milliard d’euros en moins pour la Sécu; une augmentation de 1% des salaires, ce sont 3 milliards d'euros de cotisations sociales en plus ! Pourtant, le ministre exclut d’avance toute idée de remise à niveau des cotisations .Pour la maladie, comme pour les retraites, ce gouvernement n’envisage qu’une chose : s’en prendre encore plus aux salariés, afin de diminuer les dépenses, dans l’attente de la « reprise » !

 

Deux mesures sont préconisées : le durcissement des contrôles et des sanctions pour les arrêts de travail jugés « abusifs », et un contrôle plus strict des transports sanitaires prescrits par les hôpitaux. Ces mesures, censées rapporter quelques millions d’euros là où on nous parle d’un « déficit » de 20 milliards d’euros, sont financièrement dérisoires. Mais elles annoncent de nouvelles ponctions et de nouvelles sanctions contre les salariés malades.

 

Une mesure expérimentée dans quelques départements risque d'être généralisée : les salariés dont les arrêts de travail sont jugés « abusifs » par un médecin envoyé par l’employeur pourraient voir supprimées leurs indemnités journalières de Sécurité sociale ! C’est la porte ouverte à la remise au travail systématique par des « médecins Medef » des salariés malades, alors même que la pression du chômage et des employeurs dissuade de nombreux salariés de se soigner comme ils le devraient.

 

L’autre « piste » de diminution des dépenses concernerait les prescriptions de transports sanitaires par les hôpitaux dont le volume augmente. Sur ce point, Eric Woerth, n’aura aucune difficulté à trouver les coupables, puisqu’ils siègent avec eux chaque semaine en Conseil des ministres. En fermant les hôpitaux de proximité, en regroupant les moyens sur des « plateaux techniques » éloignés, ils ont créé les conditions d’une explosion des dépenses de transport. La loi Bachelot va encore aggraver cette situation.

 

Ces annonces révèlent l’urgence et la cohérence d’une réponse anticapitaliste. En interdisant les licenciements, en diminuant le temps de travail pour favoriser les embauches, en augmentant les salaires de 300 euros pour tous, on assurerait en même temps la rentrée de cotisations sociales permettant de garantir à tous une retraite à taux plein à 60 ans, des soins financés à 100% par l’assurance maladie. Mais, à l’opposé des réponses gouvernementales, il faudrait pour cela s’en prendre aux profits et imposer une autre répartition des richesses.

 

 

 

Licenciements :

l’urgente coordination 

 

 

 

 

 

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Depuis l’accélération sans précédent des licenciements, les luttes sont nombreuses. Des amorces de coordination, fragiles, voient le jour. 

 

Ce qui caractérise la plupart des luttes face aux licenciements, c’est leur isolement. Aucune confédération syndicale n’a pris l’initiative de réunir l’ensemble des entreprises concernées par les licenciements pour définir une riposte commune. Un potentiel de mobilisation réel existe pourtant dans bien des endroits, avec des luttes qui durent sur plusieurs mois, comme à Celanese, Fulmen (batteries de voiture à Auxerre) ou Lear (sièges pour Citroën dans l’Oise). Mais, malgré des luttes dures, aucune boîte ne se bat par sur la perspective d’interdiction des licenciements, comme le NPA le défend. Non pas que les salariés concernés soient opposés à cette perspective, mais elle apparaît dans bien des cas comme inaccessible. Car, isolés, les salariés n’ont d’autre choix que de se battre pour des plans « sociaux » les moins mauvais possibles, des primes de départ conséquentes, un nombre de licenciements moindre par rapport à celui prévu par les patrons, etc.

 

De ce point de vue, même sur la défensive, les travailleurs, comme à Continental, arrivent, ici et là, à marquer des points. Même timidement, on assiste, de manière très locale, à des débuts de coordination d’entreprises en lutte. A Châteauroux (Indre), par exemple, les salariés de l’usine Rencast (tôles aluminium pour l’automobile), après avoir gagné à 100% contre la fermeture de leur usine à la suite de deux semaines de grève avec occupation,  ont donné un coup de main aux salariés de Mead Emballages. Dans la région de Quimper, il y a eu une tentative de coordination entre les salariés de Cummins (filtres à air, à huile et hydrauliques pour les poids lourds et les engins de chantiers et l'automobile), ceux de Livbag (numéro un mondial de l’airbag, qui veut licencier 250 des 900 salariés) et ceux d'Asteel (sous-traitance électronique et électromécanique), avec une manifestation commune devant le Medef et la préfecture, mais qui n’a pas été plus loin. Mardi 9 juin, les travailleurs de Lear sont venus accueillir les salariés de Molex à Paris, ces deux usines étant liées au même donneur d’ordre, PSA (lire TEAN n°12 du 11 juin).

 

En Picardie, particulièrement touchée par des licenciements dans le secteur automobile, les salariés de Continental (Oise) et de Goodyear (Somme) se sont coordonnés. Ils organisent des manifestations communes, se voient le samedi « chez l’un ou chez l’autre », pour des barbecues de lutte, etc. Sans faire de plans sur la comète, à partir de ces deux usines, un appel à une rencontre de l’ensemble des salariés victimes des mêmes plans de licenciements dans tout le pays rencontrerait, à coup sûr, un écho considérable. Ce serait l’occasion, pour les salariés eux-mêmes, de débattre des perspectives concrètes à mettre en avant aujourd’hui.

 

Mais une telle rencontre ne se décrète pas. Le NPA pourrait réunir des représentants d’une quinzaine d’entreprises en France aujourd’hui touchées par des plans de licenciements et sortir de son chapeau « un appel NPA ». Ce n’est pas sa manière de faire. Mais cela ne l'empêche pas de faire connaître à tous ce qu'il juge utile dans la période (comme une marche nationale pour l’interdiction des licenciements) et de faire savoir sa disponibilité à ce sujet, comme il l'a déjà fait savoir en décembre dernier en convoquant une réunion unitaire adressée à l’ensemble des organisations syndicales et politiques afin de proposer un front commun contre les licenciements.

 

 

Déclaration d'Olivier Besancenot. Au coeur de l'été, privatisation en recommandé.

Suite à la réunion de la commission Ailleret sur le devenir de la Poste, Luc Chatel vient d'annoncer que le changement de statut serait examiné au conseil des ministres le 27 juillet.

 

Le choix de la date en dit long sur le courage du gouvernement, qui compte profiter de la trève estivale pour s'épargner la fronde prévisible des salariés des usagers ainsi que de nombreux élus de petites communes attachés à un service public présent sur tout le territoire. Après avoir évoquer l'Europe des services publics durant la campagne, le gouvernement montre une nouvelle fois son vrai visage : offrir au marché un secteur qui lui échappait et appliquer ainsi docilement la directive libérale européenne d'ouverture à la concurrence de l'ensemble du marché postal.

 

Pour tenter de rassurer, le gouvernement prétend que la Poste restera 100% publique malgré le changement de statut. On connait pourtant l'histoire : à chaque privatisation, l'entreprise est censée rester 100% publique, l'état est majoritaire lors de l'ouverture du capital et puis vient ensuite la privatisation totale.

 

Qui peut oublier la promesse récente de Sarkozy de ne pas baisser la part de l'état en desous de 70% du capital d'EDF ?

 

Les promesses du gouvernement en matière de service public ne valent rien. En matière postale aussi, la droite manque de franchise. L'Etat trouve des milliards pour renflouer des banques privées qui s'écroulent du fait de la crise et s'apprête à se séparer d'un des services publics les plus populaires. Sarkozy socialise les pertes et privatise les profits.

 

Pour le maintien du statut de la Poste, pour un service 100% public, une riposte unitaire est nécessaire pour bloquer ce projet avant qu'il ne passe à l'Assemblée à l'automne prochain.

 

 

 

 

Continental :

50.000 euros de prime de départ pour chacun des salariés

 


Les syndicats du fabricant de pneumatiques Continental à Clairoix (Oise) ont obtenu de la direction le versement d'une prime extra-légale de départ de 50.000 euros nets à chaque salarié, a-t-on appris samedi soir de source syndicale.

 

"Nous avons obtenu 50.000 euros nets de prime extra-légale de départ, plus 0,6 mois par année d'ancienneté" vendredi lors d'une réunion tripartite (syndicats, direction et Etat), a déclaré à l'Associated Press Philippe Biernacki, élu CFDT. "On a bataillé".

 

L'accord n'est cependant pas encore définitivement signé. La direction n'a pu être jointe dans l'immédiat.

 

Environ 800 salariés réunis samedi en assemblée générale ont approuvé ce compromis, fruit de "la lutte et de la négociation", ainsi que le congé de mobilité allant jusqu'au 31 décembre 2011.

 

"Aucune société en France n'a permis 23 mois de congé de mobilité, soit 23 mois avec 80% de sa rémunération pour rechercher un emploi et être formé", a souligné Philippe Biernacki en ajoutant que "la direction s'engageait à reclasser les salariés", qui seront selon lui "payés à 100% jusqu'au 31 janvier 2010".

 

Interrogé sur ce compromis, il a expliqué que "l'assemblée générale était à 95% satisfaite. Le travail qui a été fait, c'est le travail de deux mois et demi de négociations et de rapport de force". Reste que "le préjudice est énorme, celui de perdre son emploi et de devoir en retrouver un autre dans la conjoncture actuelle", a-t-il dit.

 

Philippe Biernacki a expliqué qu'il restait "d'autres points à discuter" tels que "les préretraites" lors d'une nouvelle réunion tripartite vendredi prochain. "On pourra véritablement évaluer le PSE à la fin", a-t-il noté.

 

Il a par ailleurs expliqué que des salariés de Continental "iraient épauler" leurs collègues de Goodyear, qui vont touchés par des licenciements, lors d'un rassemblement mardi à Amiens. "On compte bien être entre 600 et 800 personnes", a-t-il déclaré, ajoutant que les salariés de Goodyear "viendraient soit jeudi soit vendredi" sur le site de Clairoix.

 

La direction de Continental avait annoncé le 11 mars son intention de fermer l'usine de Clairoix qui compte plus de 1.100 salariés, faisant valoir les difficultés actuellement traversées par l'industrie automobile. Elle a maintenu son projet de fermeture du site le 29 avril lors de la réunion de médiation avec les représentants du personnel et le gouvernement qui s'est tenue au ministère de l'Economie.

 

 

EDF GDF-SUEZ : huit semaines de grève 

 

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Alors que les salariés d'ERDF/GRDF et EDF-SA sont entrés dans leur huitième semaine de grève et d’actions, il aura fallu une petite action « coup de poing » pour faire frémir les médias et les dirigeants.

 

Que s’est-il passé au siège de l’Unémig (le patronat du gaz), jeudi 14 mai, pour justifier l’arrestation et la mise en garde à vue de 74 salariés, dont plusieurs responsables de la CGT ? Quelques papiers passés par la fenêtre, des bureaux déplacés, des cadres qui se font vertement engueulés par des salariés excédés du silence méprisant de leur direction, qui refuse toujours l'ouverture de négociations de branche sur les salaires. La belle affaire ! Voilà toute la violence réinterprétée par la presse aux ordres.

 

Il faut le dire et le redire : les patrons de la branche énergie sont des casseurs et ils le savent. Ce sont eux les pilleurs du service public. Ils jouent au Monopoly international en se lançant dans des opérations catastrophiques. Ce sont des casseurs d’emplois: avec la libéralisation du secteur ils en ont supprimé par milliers. Ils cassent les missions de service public. Ils font semblant d’être scandalisés par les coupures pour fait de grève mais ils ne disent rien sur le temps des coupures qui explose. En Vendée, par exemple, les coupures de courant de plus de six heures sont passées de 200 à 27000 entre 2004 et 2007; en Île-de-France, les temps d’intervention sont, eux, passés de 45 minutes à 1h50.

 

De plus, ces voyous n’hésitent pas à fliquer Greenpeace et le réseau Sortir du nucléaire par des officines privées (c’est leur conception du débat démocratique). Pour finir, ils se sucrent par des augmentations de salaires indécentes, tout en expliquant qu’ils ne peuvent accorder plus de 0,3 % d’augmentation aux salariés de leurs entreprises. C’est le passage d’une entreprise publique à une entreprise néolibérale qui est en échec et qui est profondément rejeté par l’ensemble des salariés. Ces gens-là n’ont donc aucune leçon à donner, la lutte des salariés d'ERDF/GRDF est parfaitement légitime.

 

Les militants syndicaux, les salariés en lutte tiennent malgré toutes les pressions. Après les dizaines de convocations avec menaces de sanctions, ils ont été convoqués en référé afin de faire lever les piquets de grève devant les centrales nucléaires. Mais rien n’y fait, et plus personne n’imagine arrêter ce mouvement sans avoir obtenu de substantielles avancées sur les revendications.


NPA

 

Un des interpellés d'EDF-GrDF témoigne : "Il n'y a eu aucune violence"

 


Au lendemain du placement en garde à vue pour dégradation de 74 manifestants, parmi lesquels des syndicalistes, Nouvelobs.com a recueilli le témoignage de l'un des interpellés : Cédric Liechti, secrétaire CGT énergie Paris.

 


Au lendemain du placement en garde à vue de 74 personnes, accusées de dégradations lors d'une manifestation de salariés d'ERDF et de GRDF à Paris, Nouvelobs.com a recueilli, vendredi 15 mai, le témoignage de l'un des interpellés.


Cédric Liechti, secrétaire CGT énergie Paris faisait en effet partie des 74 manifestants interpellés jeudi 14 mai pour avoir fait irruption au siège de l'organisation patronale du gaz et au siège d'ERDF et de GRDF, les filiales de distribution, dans le VIIIe arrondissement. Ils sont accusés d'avoir arraché des câbles, écrit des slogans sur les murs à la peinture et renversé des tables.
Or, selon Cédric Liechti, il n'y a eu "aucune violence". Le responsable CGT raconte, dans cette vidéo, comment les CRS ont immédiatement encerclé les manifestants, au départ pour un simple contrôle de "quelques heures", puis les heures de garde à vue, la fouille à nu, l'interrogatoire avant d'être finalement relâchés au milieu de la nuit sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre eux.

 

Soupçons de dégradation


L'interpellation de ces 74 salariés de l'énergie, soupçonnés de dégradations en marge d'une manifestation sur les salaires n'en finit pas en effet de susciter des remous. Le gouvernement condamne l'action, et dit refuser la violence dans la contestation syndicale, tandis que d'autres dénoncent en face "une répression d'Etat".


Jeudi, en marge d'une action de salariés du gaz appartenant aux syndicats Sud et à la CGT, des bureaux et du mobilier ont été saccagés au siège du patronat du gaz, rue de Courcelles à Paris (8e arrondissement). C'est ce qu'affirment des sources policière et patronale. Les salariés demandaient l'ouverture de négociations de branche sur les salaires.


Selon le témoignage d'une commerçante, l'action s'est accompagnée de coupures d'électricité dans le quartier. Ces coupures se sont multipliées depuis quelques semaines dans l'énergie.


Interpellations musclées


A la suite de cette action, jeudi soir, à la suite de trois plaintes déposées par l'Association Française du Gaz (AFG) qui regroupe les grandes entreprises du secteur, la police a interpellé 74 personnes. Celles-ci ont finalement été remises en liberté peu après minuit.


Parmi les personnes interpellées figuraient des responsables franciliens de la CGT gaz, syndicat qui a qualifié vendredi l'intervention policière de "rafle", ayant conduit à 74 "gardes à vue politiques".


Le syndicat affirme qu'"aucune violence et aucune dégradation n'a été commise" et regrette une "ridicule et inutile démonstration violente de la part du gouvernement".

 

La gauche dénonce une "répression d'Etat"


Dès jeudi soir, les partis de gauche ont serré les rangs derrière les syndicats : "Les limites ont vraiment été dépassées", a affirmé la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet en dénonçant une "véritable répression d'Etat".
Razzy Hamadi, secrétaire national du PS aux services publics, a pour sa part estimé que "l'attitude du gouvernement face aux mouvements sociaux dans le secteur de l'énergie se résume en trois mots : pourrissement, humiliation et dédain", tandis que le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) fustigeait la "répression policière". Sud a également dénoncé des méthodes "irresponsables".


Un responsable CGT a par ailleurs dénoncé les conditions de garde à vue, affirmant que dans certains arrondissements, des camarades avaient été déshabillés entièrement et menottés.


Vendredi, à l'appel de la CGT, quelque 200 personnes se sont rassemblées devant le siège du patronat du gaz, à Paris pour protester contre le traitement infligé aux manifestants interpellés.


Parmi les manifestants, de nombreux responsables syndicaux CGT et Sud arborant leurs badges, ainsi que des élus politiques comme la sénatrice PCF des Hauts-de-Seine Brigitte Gonthier, ou des militants du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon.


Pour Michel Astruc, vice-président de l'Unémig (Union nationale des employeurs de l'industrie gazière), dont l'immeuble abrite les locaux de l'AFG, "il ne faut pas assimiler les auteurs de ces actes avec la majorité des collaborateurs qui sont au travail".

 

 

EDF GDF : un enjeu central !

 

La grève à EDF-GDF continue et se renforce. Elle en surprend beaucoup, y compris les directions syndicales, par son ampleur et la radicalité des actions mises en œuvre. 

 

Après six semaines de grève, le conflit recouvre maintenant des enjeux qui débordent largement le cadre des industries électriques et gazières. Si les salariés d’EDF et GDF gagnent sur leurs revendications, comme l’ont fait ceux des terminaux méthaniers, des stockages souterrains et du transport de gaz, ce sera le début de la transformation d’un rapport de force dans cette branche mais également au delà.

 

Voilà la raison de la résistance patronale et de la ligne éditoriale de la presse aux ordres, qui oscille entre omerta et campagne haineuse envers les grévistes.

 

Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est la pugnacité et la détermination des salariés. Ceux-ci s’organisent pour tenir dans la durée et affichent leur refus de reprendre le travail. « Après tant de semaines de grèves, nous ne pouvons plus reculer », voila le leitmotiv dans les assemblées générales.

 

Coupures ciblées, rétablissement du courant à des usagers en défaut de paiement, passages en heures creuses, actions de popularisation, l’activité des grévistes ne manque pas. Par le travail des équipes syndicales de terrain (CGT, FO, SUD), le mouvement s’est étendu à la production thermique ainsi que dans plusieurs centrales nucléaires (Chinon, Dampierre, Bugey, Blayais, Cruas, Civaux, Chooz).

 

Les manœuvres et les intimidations des directions ne manquent pas, avec un encadrement provocateur, en particulier dans le nucléaire, qui n’hésite pas à aller au contact des piquets de grève. Par dizaines, des grévistes présents à ces piquets ont  reçu des lettres pour entretien préalable avant sanction (lire encadré).

 

La question de la stratégie des fédérations syndicales est posée. Comment comprendre, qu’au bout de six semaines de grève, avec une tentative évidente de laisser le mouvement pourrir, avec la multiplication des menaces de répression envers ses propres militants, celles-ci aient besoin d’attendre une semaine entière pour se rencontrer et proposer de nouvelles mobilisations ?  Il y a urgence à appeler tous les secteurs de la branche à rentrer dans la grève reconductible. Il y a urgence à appeler tous les électriciens et gaziers à converger sur Paris afin de s’y faire entendre.

 

C’est ce qu’ont compris de nombreuses assemblées du personnel qui ont voté des appels à la mobilisation de tous leurs collègues comme dans la distribution à Caen, dans le nucléaire à Dampierre et à Chinon. Ce mouvement historique nous réserve encore bien des surprises et ceux qui seraient tentés de le brader pour une poignée de cacahuètes s’en mordraient les doigts.

 

Dans tous les cas il mérite une solidarité sans faille de tous militants du NPA.

 

Communiqué du NPA 05.05.2009

 

«L’extrême gauche n’est pas en mesure de noyauter le mouvement social»


Interview

Pour Christophe Bourseiller, historien, spécialiste de l'extrême gauche, «l'accusation de noyautage est une vieille antienne de la droite».

 

Christophe Bourseiller, historien et professeur à l’Institut d’Etudes politiques de Paris (IEP), est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche radicale, dont Extrêmes gauches, la tentation de la réforme (éditions Textuel, 2006) et A Gauche toute! (CNRS Editions) qui vient de paraître.

 

Comment expliquez-vous la présence de militants de l’extrême gauche dans les conflits sociaux en cours ?

Nous vivons une période de récession économique dure, marquée par la multiplication des mouvements sociaux. Il est naturel que l’extrême gauche soit présente dans ces conflits, puisque c’est sa marque de fabrique. La présence de militants de Lutte ouvrière à Caterpillar ou Toyota témoigne donc simplement de l’implantation sociologique de cette organisation. Il est vrai que LO et le NPA se sont fortement prolétarisés.

 

LO n’est-elle pas plus implantée dans les entreprises que le NPA, l’ex-LCR étant traditionnellement plus présente chez les enseignants ?

Ce public est désormais assez équitablement réparti entre les deux formations. En ce moment, LO fait preuve à la base d’une certaine efficacité. On l’a vu lors du conflit récent à La Guadeloupe et en Martinique, puisque la CGT guadeloupéenne et la CGT martiniquaise sont dirigées par des militants de Combat ouvrier, organisations sœurs de LO. A la différence du NPA, LO vise principalement les entreprises alors que la cible du NPA se veut plus large et connaît une embellie en termes d’adhésion, en raison notamment de l’écho rencontré par Olivier Besancenot. En ce qui concerne LO, il n’y a visiblement pas de baisse d’influence sur le terrain.

 

L’extrême gauche noyaute-t-elle les mouvements sociaux ?

Je ne crois pas qu’elle soit en mesure de noyauter un mouvement social. Elle est trop minoritaire. Elle peut en revanche l’impulser et ses militants sont à même de le mener. Mais le mouvement actuel a des causes plus profondes. L’accusation de noyautage est récurrente, c’est une veille antienne de la droite. Et parfois de la gauche modérée. Mais là, elle paraît dérisoire au regard de l’ampleur de la crise et des inquiétudes qu’elle suscite.

 

LIBE 05.05.2009

 

Début de chasse aux sorcières à la

 

CGT ?

 

 

Bon, le titre est un peu excessif. Mais pas tant que cela. Après le procès contre les camarades de Forclum, le coup d'Etat contre l'UL de Douai, la tentative d'éjection d'un camarade de CEGELEC (l'affaire est toujours en cours), voilà qu'au détour d'un article du Figaro daté de hier, on apprend qu'il y a maintenant à la Conf' un responsable chargé de suivre le développement du NPA dans ses rangs...
L'article du Figaro ne fait pas dans la dentelle ("Séquestrations : la main de l'extrême-gauche") pour se faire le porte-parole du patronat le plus réactionnaire. Pas de surprise, on pouvait s'y attendre de ce journal.
A part cela, l'article n'est pas mal documenté (évidemment alimenté par les RG, comme d'habitude au Figaro), et reflète une évidence : dans tous les conflits actuels, les militants les plus radicaux sont à la tête du mouvement. La belle affaire ! C'est bien le moins qu'on pouvait attendre d'eux, non ? Alors LO, NPA, anarchistes, maoïstes ou autres, ils sont là et c'est bien normal.

Séquestration à Molex Pas de quoi fouetter un chat, et si les bourgeois et les patrons en parlent tant, ministres en tête, c'est que quelque part ils ont peur de la contagion. Pour l'instant, les séquestrations sont carrément "light", il n'y a pas vraiment d'occupations d'usines, pas de comités de grève, les syndicats contrôlent encore les luttes. On n'est ni en 1995, ni dans les manifestations des sidérurgistes des années 70/80, bouteurs en action contre les CRS et incendie du château patronal... ou mise à sac de la préfecture de la Moselle ! Mais il y a la crainte, réelle que cela déborde, que cette période revienne. Et vue l'ambiance en ce moment, on peut les comprendre.
Hier soir, dans leur soirée finalement insipide à la télé, les trois leaders Thibault, Chérèque et Mailly n'ont en fait pas dit autre chose : "Il faut que le gouvernement nous entende", "qu'il lâche quelque chose, n'importe quoi", "sinon ça va péter", et "on vous l'aura bien dit !".

Donc la bourgeoisie, Figaro en tête, lance la chasse à l'extrême-gauche. Pas très nouveau.
Ce qui nous intéresse surtout, c'est ce qui est dit sur notre syndicat :


«Les centrales territoriales sont très infiltrées, assure ainsi un représentant patronal. Il y a de l'entrisme actuellement dans les syndicats d'extrême gauche qui tentent de radicaliser les mouvements.» Ce que confirme un cadre de la CGT. «Ils nous collent sur le terrain dans tous les conflits, reconnaît-il. Ils essayent de peser sur ce qu'on dit et ce qu'on fait.» Il est d'ailleurs de plus en plus fréquent de retrouver des tracts du NPA ou de LO - vantant la lutte des classes et appelant à la révolte - traîner à la sortie des entreprises, et même à l'intérieur.
Une situation qui a poussé la CGT à confier à un ancien responsable de la CGT-transport, Alain Renault, la mission de suivre le développement du NPA dans ses rangs. «On sait très bien où ils se trouvent : dans quelles fédérations, dans quels territoires, dans quelles entreprises», avoue-t-il. Les sections départementales CGT de Seine-Maritime, du Pas-de-Calais ou des Bouches-du-Rhône seraient ainsi présidées par des militants d'extrême gauche. Tout comme les fédérations de la chimie, de quelques branches de la fonction publique, ou encore les sections d'Orly-Sud ou de la SNCM. «Le NPA a besoin d'une assise dans les organisations de masse, comme à la CGT, pour se développer», justifie un syndicaliste cégétiste."


Au delà du discours policier traditionnel ("infiltration", comme si les ouvriers étaient trop cons pour être radicaux par eux mêmes... "entrisme", comme si les ouvriers ne pouvaient pas se politiser par eux-mêmes etc.) l'article montre que la direction confédérale prend les affaires en mains... et Thibault, comme Maryse Dumas en avaient parlé de manière à peine voilée lors de la réunion des Fédés et UD du 1er Avril.  L'avenir dira ce qui se passera, mais nous n'avons  pas oublié l'histoire de la CFDT dans les années 80, et il y a une échéance, le 49ème Congrès, désormais sur les rails (voir le dernier numéro du "Peuple" qui vient d'arriver dans les boîtes aux lettres).
Voilà plusieurs années que nous alertons les camarades de la CGT. Ceux qui s'imaginent qu'il va être possible d'arriver à un arrangement, d'établir un rapport de forces etc. vont en être pour leur frais. Nous le répétons : le seul avenir est collectif dans la construction d'une opposition constituée et solide. Malheureusement les conditions ne semblent pas encore réunies... Espérons que nous n'en fassions pas les frais, avec maintenant en plus ce "Mr Flic" dans la CGT, ce Alain Renault qui d'ailleurs surveille ce blog dans le cadre de ses fonctions depuis au moins juin de l'an dernier...

 

[info spéciale de notre service de contre-espionnage, n'est-ce pas "Niala" ?]

 

 

 

“Nous ne sommes plus des moutons mais des lions”

Communiqué de presse confédéral CNT du 30 avril 2009

Voilà une phrase que nous aimerions voir en tête des manifestations du 1er Mai, sur les banderoles unitaires du cortège intersyndical. Prononcées pas Xavier Mathieu, délégué syndical CGT de Continental, ces paroles sont représentatives des luttes actuelles des travailleurs, du public comme du privé, de Molex, Caterpillar, FM Logistic, Scapa, Sony, 3M et autres Faurecia , des hôpitaux aux universités, de tous ceux et celles qui doivent faire face à la violence des attaques de l’État et du patronat.

 

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Aujourd’hui il n’existe pas un secteur épargné par les licenciements, la remise en cause des acquis sociaux, la course à la rentabilité, ou la répression à l’encontre des « contestataires ». Il n’existe pas un droit qui ne soit pas aujourd’hui battu en brèche par ceux qui nous dirigent politiquement comme économiquement.

 

La CNT a toujours défilé le 1er Mai et elle le fera bien entendu encore cette année. Mais au-delà de la manifestation symbolique de commémoration des premiers temps du syndicalisme, au-delà de cette journée de revandication des travailleurs - et non de fête du travail comme l’a institué Pétain en 1941 et continuent de l’appeler nos gouvernants aujourd’hui encore - la CNT participera à ces défilés avec pour volonté qu’ils ne soient qu’une étape. Une étape vers une grève interprofessionnelle reconductible, seul moyen à notre sens de mettre un coup d’arrêt aux attaques patronales et gouvernementales.

Les journées de grève de janvier et mars, isolées et sans suite, n’ont rien changé. Les licenciements continuent de se succéder, les salaires stagnent, les conditions de travail se détériorent, les libertés sont bafouées, les immigrés sont traqués, le système de santé écrasé, l’éducation déstructurée,...

 

La seule réponse que proposent les bureaucraties syndicales CGT, CFDT, etc. est de soutenir du bout des lèvres leurs adhérents « trop agités », de leur demander de lutter au cas par cas, en évitant les débordements, chacun dans son coin, isolé et affaibli.

 

L’enjeu n’est plus de nous défendre, de savoir si on recule d’un pas ou de deux, mais de reprendre l’offensive. Il nous faut imposer enfin ce rapport de force qui nous permettra de mettre au pas le capitalisme et sa logique d’exploitation et de destruction. Pourquoi ceux qui produisent chaque jour les richesses que s’accaparent quelques-uns devraient continuer de céder ou de fléchir ? Sans les travailleurs, les patrons et l’État ne sont rien. Ils ne sont que des sangsues, des parasites qui s’engraissent sur notre dos et nous jettent quelques miettes à la figure pour nous faire patienter. Fini le dialogue social de sourd, fini les rencontres à l’Élysée et les négociations au rabais avec le Medef, la CGPME et consorts.

 

L’heure est à un syndicalisme de lutte de classe, autogestionnaire et offensif :

la peur doit changer de camp !

 

 

Publié le 30 avril 2009.

Besancenot appelle à une "marche nationale" des salariés licenciés

 

 

Olivier Besancenot a appelé, jeudi 23 avril, à "une marche nationale sur Paris, en mai, de tous les salariés licenciés". "Il faut organiser au mois de mai une marche nationale sur Paris pour que soient abordés les vrais problèmes et les vraies solutions", a lancé le leader du Nouveau Parti anticapitaliste à des dizaines de salariés de Molex, manifestant contre la fermeture annoncée du site de Villemur-sur-Tarn, en Haute-Garonne.


Parlant aux salariés devant un cercueil géant symbolisant la mort de Molex, M. Besancenot a estimé que cette marche, où seraient "en tête les salariés de Molex, de Continental, de Caterpillar..., permettrait de montrer le visage de tous ceux qui résistent". Selon lui, cette manifestation pourrait se tenir à une date autre que le 1er Mai, jour de la fête des travailleurs.

 

Interrogé sur la séquestration en début de semaine, pendant 24 heures, de deux des dirigeants de Molex, Olivier Besancenot a déclaré : "Je soutiens les salariés dans toute forme d'action, ne comptez pas sur moi pour les désapprouver."

 

LEMONDE.FR  | 23.04.09 |

 

 

Avec les Molex...

EDF-GDF-SUEZ : des salariés montrent la voie


Alors que les luttes, sans attendre la journée interprofessionnelle du 1er Mai, se multiplient, les salariés d'EDF et de GDF-Suez ont entamé un véritable bras de fer avec leurs directions sur la question des salaires. 

 

Il faut remonter très loin en arrière pour se souvenir d’un tel mouvement à EDF-GDF-Suez, et encore, celui-là est, à bien des égards, inédit. Dans un secteur où, traditionnellement, les fédérations syndicales donnent le « la » de mouvements particulièrement cadrés, le plus souvent sous la forme de grèves de 24 heures, c’est, cette fois, à la base des entreprises que la révolte a sonné, sous la forme d’une grève reconductible.

 

C’est une révolte profonde contre l’entreprise néolibérale imposée à tous depuis des années, malgré l’opposition de l’écrasante majorité des salariés. Elle marque la fin de l’abattement, voire de la résignation devant le rouleau compresseur de la privatisation. Et cette révolte est partagée par tous les secteurs des industries électriques et gazières. Avec, partout, le même rejet des pratiques d’individualisation des salaires et d’accroissement des inégalités, d’éclatement des collectifs de travail, de fixation d’objectifs délirants et bureaucratiques, de la perte de sens au travail liée à l’abandon des valeurs de service public et au chaos engendré par l’éclatement de l’entreprise en filiales et sous-filiales.

 

Ce rejet de la politique d’EDF et de GDF-Suez s’exprime aujourd’hui par les revendications suivantes : augmentations salariales pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat, arrêt de l’externalisation des activités (sous-traitance), plans d’embauches. Rappelons que ces entreprises ont réalisé des bénéfices substantiels, très largement reversés aux actionnaires et à leurs dirigeants.

Les jeunes sont sortis de la torpeur les premiers. Ils n’ont pas été désemparés par la perte du service public qu’ils ont peu connu mais ils ont, en revanche, bien compris que leur avenir s'assombrissait. En particulier à cause de l’externalisation des métiers pour lesquels ils ont été embauchés. Se retrouver à laver les voitures bleues avec des salaires proches du Smic au lieu d’intervenir auprès de la clientèle, il n’y a là rien de passionnant.

 

Avec l’aide d'équipes syndicales déterminées, ils ont poussé aux initiatives les plus dynamiques. Ils sont parfois entrés spontanément en grève reconductible, entraînant les autres salariés dans les assemblées générales et se retrouvant à la tête du mouvement dans leurs agences. Ils ont redonné la pêche aux plus anciens. Cela s’est traduit, partout, par la recherche permanente de l’efficacité dans la construction du rapport de forces. Agir avec sérénité et détermination en intervenant de façon très ciblée sur l’outil de travail, en vidant des sites bloqués les huissiers aux ordres de l’encadrement, en n’oubliant pas de faire participer des secteurs particulièrement muselés par le management (comme les plateaux téléphoniques), en organisant l’entraide entre métiers afin de rendre efficace la grève. En organisant des rencontres avec d’autres secteurs en lutte, comme les salariés de Valeo ou les étudiants.

 

Les électriciens et gaziers ont engagé une véritable contre-offensive sociale : il ne s’agit plus de se défendre au coup par coup contre des mesures régressives, ils veulent maintenant regagner du terrain, inverser la tendance. Leur grève, par sa ténacité, ses actions et ses pratiques, dépasse largement les stratégies des appareils syndicaux. Elle montre la voie d’une offensive générale de l’ensemble des salariés. Face à toutes les tentatives d’intimidation du patronat de la branche et du gouvernement contre cette grève, c’est l’ensemble du mouvement ouvrier qui doit se lever. 

 

Branche énergie du NPA

 

Bulletin des militant-e-s et des sympathisant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste d’EDF-GDF et du secteur de l’énergie
Tract NPA Energie.pdf
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Déclaration Olivier Besancenot

"Sarkozy – Fillon : un discours de guerre sociale"

 

 

Contre les fermetures de sites et suppression d’emplois, contre les licenciements annoncés, le climat social se tend et les luttes des salariés se radicalisent, comme à Continental ou à Molex.

 

Face à cette situation, François Fillon - tout en disant comprendre le « désespoir des salariés » - a condamné fermement, ce matin à la radio, les différentes initiatives de riposte- en particulier celle des salariés de Continental - en les faisant passer pour des actions menées par une « minorité », louant au passage le rôle de « médiateur » des appareils syndicaux.


Plus généralement, le pouvoir utilise un véritable vocabulaire de guerre sociale, dénonçant les moyens d’action que choisissent les salariés en colère comme autant de « prises d’otages » ou de « sabotages ».

 

Une fois de plus, ces déclarations hypocrites qui visent à justifier la répression font mine de ne pas voir que la vraie violence est celle exercée par le patronat et  le gouvernement contre les salariés qui l’on veut faire payer l’addition d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.

 

Menacés par la politique patronale, les salariés ont raison de s'y opposer avec les moyens dont ils disposent. Leurs actions ne sont pas seulement compréhensibles : elles sont légitimes et méritent le soutien de l'ensemble du monde du travail. En particulier, le NPA apporte tout son soutien aux salariés de Continental qui vont manifester à Hanovre devant l’assemblée générale des actionnaires.

 

Face aux suppressions d’emplois en cascade, il est plus que jamais nécessaire que soit apporté un soutien unitaire, le plus large possible, à ces luttes, d’aider à leur convergence et à ce qu’elles puissent déboucher sur une grève général, seule à même de faire reculer le patronat et le gouvernement qui le soutient.

 

Montreuil, le 22 avril 2009

 

 

Le climat social se tend et les luttes se radicalisent. 

 

A la fin de la première semaine d’avril, alors que les salariés de Sony, de 3M, de Caterpillar et de Scapa, qui vont être jetés à la rue parce que les patrons de ces groupes ont décidé de fermer leur usine, avaient déjà retenu pendant quelques heures plusieurs de leurs cadres, Sarkozy menaçait : « Je ne laisserai pas faire les choses comme ça. » La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, de son côté, parlant du mouvement des universités, condamnait « la violence, la séquestration des présidents et les menaces de boycott des jurys du bac».

 

Mais les actions dans les universités mobilisées comme celles des salariés licenciés ou en chômage partiel n’ont pas cessé pour autant, faisant au contraire tache d’huile. Sur un des sites de Faurecia, une filiale du groupe automobile Peugeot qui prévoit de supprimer 1215 postes, trois cadres ont été retenus pendant plusieurs heures. Chez ArcelorMittal, les syndicats de l’usine de Florange (Moselle), dont le trust ferme les deux hauts-fourneaux pour une « durée indéterminée » ont décidé d’occuper le centre d’aiguillage. A Valenciennes, où une grève avait débuté à Toyota le 6 avril pour le paiement à 100 % du chômage partiel, les salariés ont bloqué les accès de l’usine. Comme également ceux de Caterpillar à Grenoble et à Echirolles.

 

Et voilà que, grâce à leur détermination, les salariés d’ERDF-GRDF, dont la grève était ignorée d’une façon scandaleuse par les médias, ont réussi à percer le mur du silence. Fillon et Hortefeux ont violemment attaqué les grévistes et les « coupures sauvages » cyniquement taxées de « sabotages » par ceux qui n’ont eu de cesse de saboter le service public et de choyer les actionnaires des grands groupes responsables de la crise et des licenciements. Or les grévistes gaziers et électriciens n’effectuent pas des coupures au hasard, mais ciblent les immeubles administratifs, les centres commerciaux ou les zones industrielles. Mieux, ils ont dans certains endroits réalimenté des logements privés d’électricité pour facture impayée ou fait passer certains quartiers en tarif heures creuses, comme à Morlaix. De quoi faire se retourner les calomnies des ministres contre le gouvernement, ce qui, nous l’espérons, ne manquera pas d’arriver.

 

Ce qui inquiète le gouvernement, comme aussi les dirigeants du PS ou Bayrou qui ont condamné la « violence » tout en disant comprendre le « désespoir » des salariés, c’est que ces actions, ces occupations ou blocages d’usines, la grève des gaziers et des électriciens, sortent des cadres institutionnels à l’intérieur desquels ils voudraient les voir rester, sous le contrôle de la direction des appareils syndicaux. C’est là d’ailleurs, pour les classes dirigeantes, le revers de la passivité des directions syndicales. Les salariés, qui en ont assez des journées d’action sans lendemain, prennent des initiatives par eux-mêmes et s’organisent. Et ce n’est pas un hasard si l’éditorial du Figaro du 9 avril exprimait de la hargne contre le LKP en Guadeloupe ou la coordination nationale des universités, « collectifs d’individus qui parviennent à imposer leurs diktats au plus grand nombre. » Car, pour tous ces gens-là, contester la liberté de nuire de la minorité richissime qui décide du sort de millions de salariés, cela ne peut être que manipulation et dictature.

 

Face aux menaces du patronat et du pouvoir, il est plus que jamais nécessaire que soit apporté un soutien unitaire, le plus large possible, à ces luttes, d’aider à leur convergence et à ce qu’elles puissent déboucher sur une grève général.

 

NPA 22.04.2009

 

A-t’on raison de séquestrer les patrons ?

 

La mise au pilori médiatique des salariés qui « retiennent » leurs patrons est devenue la nouvelle marotte des journalistes couchés et des sarkozystes enrégimentés. Selon ces nouveaux « bien pensants », ils seraient des « preneurs d’otages », des salariés « voyous » qui usent de méthodes « terroristes ». Ce festival de commentaires haineux vis-à- vis d’hommes et de femmes qui sont menacés dans leur existence sociale me choque de la part de ceux qui glorifient le libéralisme, la dérèglementation et le libre échange sous toutes ses formes, depuis de longues années, sans s’interroger sur les conséquences de ces armes de destruction massive du dialogue social.

 

Les séquestrations ne sont pas des méthodes nouvelles. Avant et après Mais 68, l’insubordination ouvrière des OS avait entraîné ces « dialogues prolongés » avec les employeurs. A l’époque, cette méthode de négociation faisait partie du répertoire traditionnel des formes d’actions collectives utilisées par les syndicats et les salariés ; elle se pratiquait sans donner matière à un tel déchaînement médiatique. Il est vrai que la presse à l’époque était un tantinet plus diverse et que, même à la télévision, le rapport de force entre communistes et gaullistes, issus de la matrice de la Résistance, modérait les ardeurs des plus libéraux. Il est vrai aussi que l’on se souvenait des premières séquestrations apparues en juin 1936 sous le Front Populaire, elles avaient ensuite été suivies par celles de 1947 et, enfin, en mai 68 : les deux premières grèves ouvrières, avec occupation des usines de Sud Aviation à Bouguenais en Loire-Atlantique et de Renault Cléon, furent le signal de la grève générale.

 

Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui, tout est fait pour diaboliser et criminaliser le mouvement social et transformer les salariés qui osent se défendre contre les licenciements en partisans de la violence sociale. Pourtant, la radicalisation actuelle dans de nombreuses entreprises, notamment privées, ne devrait étonner que les naïfs ou les inconscients. La casse sociale menace et précarise l’existence de centaines de milliers de familles, sans que l’État ni la loi ne fassent rien pour les protéger. Les plans de licenciements, les délocalisations boursières, se multiplient au moment où des grands patrons ayant mis en péril leurs entreprises, partent avec des sur-rémunérations scandaleuses. Les stock-options et autres primes de départ atteignent des sommes astronomiques que les salariés réduits au chômage regardent bouche bée. L’inégalité de traitement est telle que les plus modérés des syndicats commencent à ruer dans les brancards.

 

Le gouvernement Sarkozy n’est pas étranger non plus à cette explosion de séquestrations. Qui sème la misère récolte la colère, c’est bien connu. Et le comportement de Nicolas Sarkozy est en soi une provocation : un jour il se moque de la grève qu’il a définitivement enterrée comme moyen d’action ; un autre jour, il défiscalise un peu plus l’ISF pour ses amis du Fouquet’s, le troisième jour, il décore de la légion d’honneur Vincent Bolloré, qui lui offrit une croisière de luxe au lendemain de son élection, ainsi que le dirigeant de Lagardère média. Dès lors, la séquestration traduit un « ras le bol » de gens qui disent : « on en a assez de payer la crise, quand tous ces riches se goinfrent avec le bouclier fiscal, les sursalaires, les stock- options, les délits d’initiés, les paradis fiscaux...".

 

La séquestration révèle trois choses :


-  Premièrement, la contradiction entre légalité et légitimité n’a jamais été aussi forte dans le pays. Les inégalités entre les salaires, les disparités entre les revenus sont parmi les plus forts de toute l’Europe. Quand la loi devient injuste, quand elle ne protège pas, elle incite à la rébellion tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans un ordre social injuste.
-  Deuxièmement , la crise de la représentation politique et sociale est d’abord une crise de la représentation médiatique. Les séquestrations permettent de faire connaitre le conflit qui y est lié. Elles sont un moyen de culpabiliser le patronat en révélant sa rapacité et son absence de volonté de négocier. Elles permettent de sensibiliser le grand public et de mettre en lumière une situation de crise sociale qui, sinon, pourrirait. Il faut noter que, le plus souvent, ces séquestrations ne sont pas seulement soutenues par les salariés de l’entreprise concernée mais par la population de la ville et des villages environnants qui se sentent aussi menacés par la désertification que la fermeture de l’usine va nécessairement entraîner.
-  Troisièmement , elle est le révélateur d’un illégalisme ouvrier qui trouve ses racines dans l’absence de médiation sociale organisée. Les syndicats français sont les plus faibles d’Europe, en terme d’adhérents et d’organisations. Ils sont divisés, trop nombreux et absents de la plupart des PME. Une des raisons de ce syndicalisme d’action directe, profondément enracinée dans la mémoire collective, est que le patronat français a toujours cru pouvoir se passer d’interlocuteurs, en jouant à la fois sur le registre du paternalisme et sur celui de la répression anti-syndicale.

 

Alors, oui je comprends les raisons qui poussent des femmes et des hommes acculés au désespoir à utiliser la rétention provisoire de personnes qui déménagent en douce les machines, qui ne paient pas les salaires, qui jouent avec la vie des familles. La désobéissance sociale quand elle est une réaction non violente à une situation de violence sociale, je la comprends quand je vois atterrir dans mon bureau de maire ou de parlementaire des femmes et des hommes cassés par le chômage, la précarité, la baisse drastique de leur niveau de vie, le surendettement. Ils ont trimé toute leur vie durant et ils sont jetés tout d’un coup au bout d’une vie de labeur comme des kleenex. Qui ne se révolterait pas à leur place ? Quand le système en place est incapable d’apporter la sécurité, de protéger ses concitoyens, l’autodéfense sociale devient légitime. Je ne serais pas de ceux qui jetteront la pierre à ceux qui défendent leur existence sociale. Que les "invisibles" soient de retour, cela est plutôt une bonne nouvelle par les temps qui courent. La résignation ne rime pas en général avec la bonne santé du corps social. L’une des conditions, bien au contraire, de la cohésion sociale est l’existence d’une société mobilisée. Ce n’est pas aux politiques d’encourager ni de crier haro sur telle ou telle forme de lutte. Les salariés et leurs organisations déterminent les rythmes, les méthodes et les tactiques de luttes. Ils font leur boulot, faisons le notre en formulant des propositions crédibles pour sortir de la crise. C’est là où réside l’urgence et pas dans la diversion du débat, par la stigmatisation de ceux qui luttent pour sauver leur emploi leur revenu et leur dignité.

 

Noël Mamère, le 14 avril 2009

 

Tentative de censure au Québec

 

Deux sociétés minières et aurifères réclament 11 millions de dollars à Ecosociété. Cette maison d’édition québécoise a publié un livre dénonçant les abus et les crimes commis en Afrique par les exploitants des matières premières. Ces « poursuites-bâillons » sont des épées de Damoclès qui menacent les éditeurs courageux. Reportage.

 

Une foule compacte est massée sur les marches du Palais de justice de Montréal. Certains mordent un bâillon rouge. Ils sont venus soutenir une maison d’édition québécoise, Ecosociété, poursuivie pour avoir jeté un pavé dans la mare du pouvoir. En publiant Noir Canada, l’enquête très fouillée d’Alain Denault sur les abus et les crimes qu’auraient commis des sociétés minières ou pétrolières canadiennes en Afrique, l’éditeur et l’auteur se sont exposés aux foudres de deux d’entre elles : Barrick Gold et Banro. Lesquelles leur réclament 11 millions de dollars. Largement de quoi couler Ecosociété. « 11 millions de dollars pour avoir fait quoi ? », s’interroge Alain Denault devant les associations, les représentants de Québec Solidaire et du Parti Québécois, quelques universitaires et autres citoyens rassemblés en cette froide matinée de mars.

 

PILLAGES, CORRUPTION...

« Il existe dans le monde une abondance de sources critiques et de documents circonstanciés sur [des affaires] de pillage institutionnalisé, projets destructeurs pour l’environnement financés à partir des fonds publics, négligence industrielle et atteinte grave à la santé des peuples, expropriations violentes voire meurtrières, corruption, évasion fiscale, collusion avec des seigneurs de guerre… » Il est usé. En privé, le chercheur confie : « Je ne donne plus de cours, je n’écris plus d’article, je ne participe plus à des colloques. » Toute l’équipe a les traits tirés, l’angoisse est palpable, la suspicion aussi. « On est sous très haute surveillance », affirme l’éditeur Guy Cheyney qui prévient : « Si on perd un des deux procès, on est fini. »

 

ALTERMONDIALISTE

Les 60 000 dollars qu’ils ont reçus en dons ne suffiront pas à les sauver. « Ces procédures peuvent nous tuer avant même qu’on aille jusqu’au procès », enchaîne sa collègue Elodie Comtois.

 

Ils ont une cohérence éditoriale et quelques leitmotiv : écologie, simplicité volontaire, consommation responsable, altermondialisme, mouvements sociaux… Ecosociété est aussi l’éditeur de Françoise David, militante féministe connue sur le territoire et fondatrice d’un jeune parti de gauche de gauche, Québec Solidaire. « Ce sont les premiers à avoir édité Chomsky en français », rappelle par ailleurs son confrère Claude Rioux, des éditions Lux, rencontré dans un café morne de Montréal à l’occasion de la sortie d’un livre.

 

Les deux maisons se sont associées à une troisième, Remue Ménage, pour créer une structure commune de diffusion, organiser des rencontres dans les collèges, les universités, les librairies. Lux est branché sur l’histoire politique, notamment américaine, avec les Mémoires d’un esclave, de Frédérick Douglass, et Une histoire populaire des Etats-Unis, de Howard Zinn. En 2005, ils ont publié un livre intitulé Petit cours d’autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon : « Il s’est vendu à 40 000 exemplaires en France. C’est un des livres qui font vivre la maison. Il nous assure l’indépendance pour des années. » A moins d’un démêlé judiciaire, une de ces invraisemblables « poursuites-bâillons » qui peuvent bien faire tomber même des sociétés en bonne santé.

M.R.

 

Sources : REGARDS


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La loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale, en vigueur depuis le 1er janvier, a pour objectif de renforcer la légitimité des négociateurs syndicaux par le résultat obtenu lors des élections professionnelles. Ces nouvelles règles, qui modifient en profondeur les règles du dialogue social peuvent se résumer en trois chiffres :

10 %, 30 % et 50 %.

 

10 %. Il s'agit du pourcentage minimum que doit recueillir une organisation syndicale pour être reconnue représentative au niveau de l'entreprise et ainsi s'asseoir à la table des négociations. Au niveau des branches, ce seuil est ramené à 8 %.

 

30 %. Désormais, un accord d'entreprise n'est valable que s'il est paraphé par une ou plusieurs organisations syndicales ayant obtenu au moins 30 % des voix aux élections aux comités d'établissements (CE).

 

50 %. Il s'agit du pourcentage minimum requis pour faire valoir son droit d'opposition à l'application d'un accord.

 

Représentativité nationale.

A la SNCF, elle s'obtient en ajoutant les suffrages des organisations syndicales présentes sur les différentes listes obtenues dans les 27 CE. Lorsque les syndicats se rassemblent sur une même liste, ils doivent indiquer à l'avance quelles seront les clefs de répartition des votes. Ceux qui n'ont pas obtenu 10 % des voix à l'élection du CE peuvent continuer leur activité et militer, mais ils ne pourront plus participer à la négociation ou à la signature d'accords

collectifs.

 

 

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Le paysage syndical s’éclaircit à la SNCF

 

La CGT arrive en tête du scrutin, devant l’UNSA et SUD. Désormais, seuls quatre syndicats sont représentatifs.

 

Désormais seules quatre fédérations syndicales (CGT, UNSA, SUD rail et CFDT) sont représentatives à la SNCF. C’est le principal enseignement du scrutin qui s’est déroulé jeudi. La participation reste forte. 73,4 % des 158 000 cheminots ont voté. Néanmoins, elle régresse de 5 points par rapport à la dernière consultation de 2006.

 

Comme attendu, la mise en oeuvre de la loi du 21 août 2008 sur la représentativité a donc quelque peu éclairci le paysage syndical. FO, qui s’est alliée avec la CFE-CGC, et dans quelques régions avec la CFTC, n’est pas parvenue à atteindre le seuil de 10 % des suffrages exprimés pour être reconnue représentative. Les deux organisations recueillent 7,98 %, soit 0,34 % de plus que leur total de 2006. FO, qui n’est désormais plus représentative que dans 9 des 27 comités d’établissement que compte l’entreprise publique, espère « retrouver sa représentativité à l’échelle de l’entreprise en 2011 ». Contraintes également à l’union, CFDT et FGAAC ont réussi à atteindre le seuil fatidique. Cependant, leur rapprochement n’a pas créé de dynamique. Elles recueillent 11,59 %, soit une baisse de 3,03 points par rapport à leur résultat de 2006.

 

L’UNSA, qui a bénéficié également du renfort de la CFTC dans quelques régions, connaît la meilleure progression. Elle atteint 18,05 % des voix (+ 3,57 %). Ce faisant, elle détrône SUD rail (17,67 %) de son statut de deuxième organisation syndicale malgré une progression de 2,7 % de celui-ci.

 

Ceux qui misaient sur un recul significatif de la CGT en sont pour leurs frais. Malgré un léger tassement (- 0,84 %), elle reste très confortablement majoritaire (39,3 %) et devance ainsi l’UNSA de 21,24 points. « La CGT est confortée dans sa position de premier syndicat », a souligné hier son secrétaire général, Didier Le Reste. Le résultat de la CGT est d’autant plus important que le scrutin était marqué par un fort renouvellement du corps électoral. 22 000 agents ont en effet quitté l’entreprise depuis 2006 tandis que 15 000 cheminots, en majorité des jeunes, ont voté pour la première fois. La CGT est majoritaire dans l’exécution (49,75 %), chez les agents de conduite (33,15 %). Elle est également première organisation syndicale chez les agents de maîtrise (43,84 %) et chez les cadres (23,13 %) où elle continue de progresser. Le syndicat l’emporte dans 25 comités d’établissement sur 27.

 

Conséquence de l’application des nouvelles règles de représentativité, seule la CGT pourra désormais contracter des accords d’entreprise. Elle est en effet le seul syndicat à avoir atteint le seuil de 30 % requis par la loi du 21 août 2008. Cette situation devrait contraindre la SNCF à changer d’attitude vis-à-vis de l’organisation majoritaire. Ces dernières années, en particulier sur l’intéressement, la direction avait pris l’habitude de la contourner en négociant des accords avec des syndicats minoritaires. Une tactique qu’elle ne pourra pas cette fois-ci mettre en oeuvre puisque l’addition des suffrages recueillis par l’UNSA et la CFDT reste inférieure

à 30 %.

 

L'HUMA 28.03.2009

 

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27/03/2009

Élections professionnelles du 26 mars - Progression de SUD-Rail …

 

Communiqué de la fédération des syndicats SUD-Rail

 

SUD-Rail progresse de 2,7% et obtient 17,67%

 

Toujours très objective, la direction en conclut auprès des journalistes que «  SUD-Rail marque le pas ». Et bien, nous voulons bien marquer le pas en progressant de près de 3% à chaque élection !

SUD-Rail progresse dans les trois collèges :

  • Exécution + 4,1%
  • Maîtrise + 3%
  • Cadres + 1%

Notre implantation demeure inégale : de 23,5% à l’exécution, à 4,4% chez les cadres. Les équipes SUD-Rail sont majoritaires dans de très nombreux établissements. Un exemple : les agents de conduite de Paris Saint Lazare où SUD-Rail progresse de 27% et recueille 53% des voix !

  • La CGT continue de baisser (39,31 %) : - 3,9% en 2006, - 0,8% en 2009.
  • L’UNSA (18,06%) gagne 3,58%, mais absorbe les voix de la CFTC avec qui elle faisait listes communes dans plusieurs Comités d’Etablissement.
  • La CFTC perd d’ailleurs 2,78%, n’obtenant que 5,36%.
  • L’alliance CFDT FGAAC (11,59%), tant sponsorisée par la direction, perd des voix : - 3,04%.