SOMMAIRE N° 70 - JUIN 10
SOMMAIRE N° 70 - JUIN 10

 

N°71

Juillet-août 2010 :

"Les écolos radioactifs"

 

 

Page 2 : Courriers
Page 3 : Éditorial : Au repos, par Sophie Divry
Pages 3 et 4 : On vous a dit non merci!, par Paul Ariès
Page 4 : Chronique d’Alain Accardo : Le fétiche culture
Page 5 : Radiographie des écologistes radioactifs, par Vincent Cheynet
Page 6 : L’écotartufette: Rama Yade - La saloperie: Le pot de nutella
Page 7 : Simplicité volontaire : Benjamin, Le pas de côté, par Catherine Thumann - Action du mois : L’ultra-sieste
Pages 8 et 9 : Art contemporain, art productiviste, par Cédric Biagini et Patrick Marcolini
Page 10 : Je préfère être (Wole byc), par Monika Karbowska
Page 11 : Allumons des contre- pouvoirs sur tous les territoires!, par Thierry Brulavoine - Professeur Foldingue: Incompris
Page 12 : Chronique d’Alain Gras: Entre les lignes de l’anti-écologisme - Bédé : Martin et Guillemette les décroissants
Page 13 : À gauche toute?, par Denis Baba - Chronique de Jacques Testart : Grenellico!
Pages 14 et 15 : Débat: Que ferons-nous des réfugiés climatiques? avec Pierre Henry, Jean- Luc Coudray et Corinne Morel-Darleux
Page 16 : La Madelon, chronique féministe : Besoin de vacances


POLITIS N° 1070 1er octobre 2009
POLITIS N° 1070 1er octobre 2009

Première Assemblée Générale de l'AdOC des 17-18 avril à Beaugency

 

 

Comme convenu lors de notre assemblée constitutive des 19 et 20 septembre dernier, nous nous retrouverons (six mois après), les 17 et 18 avril 2010 pour une première assemblée générale. En effet, le Collège a été mandaté pour, dans les six mois pour :

 

  • Organiser une AG afin de proposer un fonctionnement plus en conformité avec notre plate-forme.
  • Y proposer de nouveaux statuts cohérents avec notre projet.
  • Y proposer un règlement intérieur (ou équivalent).
  • Continuer à faire vivre la Décroissance en politique en menant projets, campagnes et réflexions.

 

 

L’ordre du jour se concentrera, entre autres, sur l’organisation de l’AdOC et ses statuts.


Cette étape est indispensable pour structurer notre réflexion et orienter nos actions. Statuts et Règlement Intérieur permettront de définir plus précisément la véritable nature de l’AdOC, son but prioritaire et le chemin pour y parvenir. Un fois adoptés, ces outils aideront à décider efficacement des orientations pour le fonctionnement quotidien.

 

Un travail collectif ouvert sur les statuts et charte de fonctionnement interne de l’AdOC a déjà commencé. Toutes les personnes intéressées peuvent nous rejoindre. Les documents seront très prochainement disponibles sur cette page dédiée à l’AG. Ils sont en cours d’élaboration, modifiables.

 

Réservez d’ores et déjà votre week-end et contactez-nous si vous êtes intéressés afin de faciliter l’organisation.

 

Assemblée Générale de l’AdOC
Samedi 17 et dimanche 18 avril 2010

A l’auberge de jeunesse de BEAUGENCY – Loiret

 

En attendant un ordre du jour plus précis – à la rédaction duquel vous pouvez bien sûr participer en ajoutant des thèmes de réflexions et des « formules » de travail en atelier -, informez-nous de votre souhait de participer à cette AG en remplissant ce formulaire qui sera envoyé à Anne-Isabelle Milekic-Veillot.

 

  • Nous mettrons en pratique un système de péréquation qui permet de répartir équitablement les frais de déplacement, de restauration et d’hébergement en fonction du revenu de chacun (du quotient familial). De même que pour notre Assemblée Constitutive, nous pratiquerons une répartition des frais de logement suivant les possibilités de chacun.
  • Donnez toutes les informations qui vous paraissent utiles pour envisager, par exemple, des co-voiturages des gardes enfants, etc.

 

Tout le monde peut venir, mais seuls les adhérents peuvent participer aux prises de décisions. Pour que l’organisation se passe de façon optimale, ne tardez pas à vous inscrire… et à mettre à jour votre adhésion à l’AdOC.

 

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Chaos capitaliste

ou décroissance libertaire

 

FA 1er décembre 2009

 

Deux siècles d’une croissance économique ininterrompue ont conduit à l’avènement de notre société dite de consommation, celle de la démesure (réservée, cependant, à un être humain sur cinq !). La planète paraissait immense et inépuisable ; le bonheur semblait programmé sur ordonnance. Certes, la science et la technique ont permis d’augmenter sensiblement le niveau de vie matériel de centaines de millions de personnes. Mais le prix à payer restait ignoré.

Le bilan humain se révèle désastreux. L’augmentation constante du Produit intérieur brut, notion purement quantitative, n’a pas engendré, comme certains le faisaient croire, une amélioration du bien-être des populations. D’abord parce que les inégalités sont devenues exorbitantes ; ensuite parce que l’argent permet de tout acheter, sauf l’essentiel : la richesse relationnelle, la reconnaissance, la dignité. Le bilan écologique est du même ordre, parce qu’on a « oublié » que tout acte de consommation est d’abord un acte de destruction. Aujourd’hui se développe la prise de conscience des dimensions finies de la Terre. La réalité montre chaque jour plus crûment la dépendance des économies modernes vis-à-vis du pétrole notamment, la vulnérabilité des écosystèmes, la multiplication des atteintes à l’environnement, leur gravité sans précédent, leur dimension planétaire, parfois leur irréversibilité. Nous sommes la première génération dans l’histoire à transmettre à ses enfants un héritage moins favorable que celui qu’elle aura reçu.

 

La décroissance est incontournable

 

En dépit des simplifications inhérentes à tout indicateur synthétique, la notion d’empreinte écologique, qui reflète le rapport colonial d’exploitation des ressources ayant permis aux pays riches d’atteindre leur niveau de développement actuel, et qui mesure l’impact des activités humaines sur la planète, met en lumière l’essentiel : nous sommes en train de solliciter la nature au-delà de ses capacités de régénération, d’épuiser une partie du capital naturel mondial. Si tous les habitants de la planète voulaient adopter le mode de vie « occidental », les ressources de cette planète n’y suffiraient pas. Notre mode de vie n’est pas généralisable dans l’espace ; il l’est encore moins dans le temps. Que nous dépassions de 10, 20 ou 30 % les capacités biologiques de la Terre, peu importe. Nous sommes dans une impasse ; la croissance économique n’est plus possible. Il nous faut remettre en cause nos modes de production, de consommation, de distribution.Il nous faut renoncer au productivisme et au consumérisme individualiste, et au-delà sortir de l’ « économicisme », c’est-à-dire de la soumission du politique à l’économique.

 

Partant de cette évidence qu’une croissance illimitée est impossible dans un monde qui, lui, est limité, la décroissance consiste donc en un ralentissement du cycle production-consommation autour de quelques axes : respect du rythme de régénération des ressources renouvelables, diminution de la consommation des ressources non renouvelables, relocalisation de l’économie, sobriété énergétique, recyclage des matériaux, développement des énergies renouvelables…

 

L’échec des luttes internationales contre les émissions de gaz à effet de serre est sans appel : entre 1990 et 2008, le taux global de CO2 dans l’atmosphère a augmenté de près de 35% (source NOAA). Depuis 2000, le rythme d’augmentation annuel de l’ordre de 3% dépasse même les scénarios les plus pessimistes du GIEC : une évolution à l’opposé des efforts nécessaires pour parvenir à diviser les émissions de GES par deux d’ici 2050 au niveau mondial.

 

Pourtant, en signant le protocole de Kyoto (1997), un certain nombre de pays industrialisés s’étaient engagés à limiter leurs propres émissions de GES entre 1990 et 2012, et certains pays comme la France se targuent même de leur réussite. Outre l’objectif dérisoire (moins 5% pour des pays représentant alors 40% des émissions mondiales contre 30% environ actuellement) et la non prise en compte des émissions liées au commerce international, le mode de décompte est à lui seul une véritable arnaque : les GES sont imputés aux seuls pays producteurs (situés de plus en plus au Sud, et non aux consommateurs (situés souvent au Nord). Aujourd’hui, plus de 30% des émissions de la Chine sont d’ailleurs liées à la production de biens destinés à être exportés en Occident (Energy Policy, 24/07/08). Avec Kyoto, les pays riches se sont donc avant tout acheté une morale à bon compte à coups de délocalisations vers les pays « émergents » pour le résultat que l’on connaît. A Copenhague ou ailleurs, tant que les lois du capitalisme et de la croissance primeront, le climat se déréglera !

 

Notre décroissance sera anticapitaliste

 

Les dégâts causés par le capitalisme engendrent un gâchis considérable. Sur le plan écologique : pénurie d’eau, accumulation des déchets, déforestation, dégradation des terres cultivables, dérèglements climatiques, perte de biodiversité... Sur le plan humain, déracinement, solitude, angoisse, mal-être, stress, états dépressifs, logique du repli sur soi conduisant au suicide... Fondé sur la recherche de l’accumulation du profit maximum dans le temps le plus réduit possible, le capitalisme est incapable de prendre en compte les intérêts écologiques qui, eux, ne peuvent se concevoir que sur le long terme puisqu’ils résultent d’équilibres ajustés finement sur des millénaires. La « logique du vivant » consiste à maximiser des stocks – la biomasse – à partir du rayonnement solaire ; celle de l’économie capitaliste s’acharne, au contraire, à maximiser des flux marchands en épuisant des stocks naturels : c’est la marchandisation du vivant. La nature fonctionne de manière cyclique ; en créant des déchets non recyclables, l’économie capitaliste fonctionne de manière linéaire : elle est donc inapte à assurer la continuité de la vie.

 

Le capitalisme semble jusqu’à présent avoir réussi à surmonter ses contradictions internes – les inégalités sociales – par la fuite en avant dans une croissance économique continue. Celle-ci est désormais impossible, sauf à s’enfoncer dans un désastre écologique et humain irréversible. La récession, échec du capitalisme, n’ayant rien à voir avec une décroissance choisie en toute lucidité, il s’agit bien d’opérer une rupture.

 

Les dégâts économiques et sociaux du capitalisme sont considérables. Ce système criminel fabrique en permanence de la souffrance et saccage des milliards d’existences en maintenant un tiers de l’humanité au niveau de vie du Moyen-Age européen. D’un côté, des productions céréalières détournées, des forêts abattues, des modes de vie traditionnels détruits, des paysans expropriés pour assurer le « confort » de 20 % de l’humanité, un pillage rationalisé des pays pauvres sous couvert d’assistance technique. De l’autre, la mise en concurrence des salariés : sous-traitance, intensification du travail, flexibilité, précarité. En France, 537 décès par accident du travail en 2006. Explosion des maladies professionnelles reconnues : 52 979 en 2005. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits reconnus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques. (chiffres extraits de : Travailler tue en toute impunité - Fondation Copernic)

 

Notre décroissance sera antiétatique

 

C’est l’Etat, fondé sur la force, qui par la loi protège la propriété privée (et notamment des moyens de production). C’est l’Etat qui finance la recherche-développement et les infrastructures au profit de la grande industrie, offrant au patronat un cadre juridique sur mesure. C’est encore l’Etat qui vole au secours des banques ou des multinationales à coups de milliards ou à grand renfort de police ou d’armée. C’est toujours l’Etat qui, pour la prospérité des riches, au Nord comme au Sud, accentue le contrôle social, criminalise les mouvements sociaux, réprime la contestation, entrave la libre circulation des personnes, harcèle ceux qui refusent de se couler dans le moule idéologique du prétendu libéralisme. Alors, que l’on cesse de croire – et de faire croire - qu’un Etat de droit va surgir dans la jungle de la mondialisation et résoudre à la fois la crise écologique et sociale ! Autant espérer que le tigre devienne végétarien !

 

Seuls la mauvaise foi ou l’aveuglement empêchent de voir que c’est le capitalisme qui instrumentalise l’Etat, et non l’inverse, qu’après avoir été complice, le pouvoir politique est devenu otage de la finance internationale. Et compte-tenu des nombreux liens tissés entre les oligarchies du public et celles du privé, entre le monde politique et les milieux d’affaires, cette situation est irréversible. Les politiciens sont trop bien élevés pour mordre la main qui les nourrit ; ce n’est pas celui qui a le pistolet sur la tempe qui dicte ses conditions, mais celui qui a le doigt sur la gâchette.

 

Non seulement le domaine militaire est celui des structures hiérarchiques et de domination, du culte de la violence et de la virilité. Non seulement l’augmentation des dépenses militaires s’effectue au détriment des programmes sociaux et de santé. Mais encore le militaire pèse d’un poids considérable sur l’environnement. Les réacteurs nucléaires militaires sont en volume responsables d’environ 97 % de tous les déchets nucléaires de niveau élevé de radiation et de 78 % de tous les déchets nucléaires de niveau de radiation faible.

 

En moins d’une heure, un avion militaire à réaction F16, décollant pour une mission d’entraînement de routine utilise presque deux fois plus de carburant que l’automobiliste américain moyen sur toute une année. De fait, le Pentagone est le plus grand consommateur d’énergie du pays, et très probablement du monde. Il utilise en douze mois autant d’énergie qu’il en faut pour faire fonctionner le système entier de transport urbain de masse des Etats-Unis pendant 14 ans. (source : Surarmement, Pouvoirs, Démocratie – Andrée Michel – L’Harmattan 1999) Hervé Morin, ministre de la Défense, vient de confirmer la commande de 60 nouveaux avions de combat Rafale, dans le cadre du développement durable...de l’entreprise Dassault. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour oublier d’éteindre le plafonnier quand vous quittez votre chambre !

 

Pour une révolution écologique et sociale

 

Le mouvement anarchiste n’a pas attendu la crise écologique pour dénoncer le capitalisme : cette crise constitue seulement un argument supplémentaire, mais décisif, dans la volonté d’éliminer ce système morbide, mortifère et meurtrier. Notre décroissance n’est ni celle des républicains accrochés à un prétendu Etat vertueux qui ne verra jamais le jour, ni celle des autoritaires de tout poil qui rêvent non seulement d’accentuer la précarité, mais d’éradiquer la pauvreté…en supprimant les pauvres.

 

L’histoire prouve tous les jours, et après chaque échéance électorale, qu’aucun changement n’est possible dans la continuité du parlementarisme. Il appartient aux populations de ne pas se laisser piéger par l’imposture d’un « développement durable », d’une « croissance verte » ou d’une illusoire moralisation du capitalisme, de ne pas succomber au charme perfide d’un D. Cohn-Bendit, joyeux colporteur du green business ou d’un N. Hulot, le virevoltant multi-sponsorisé. La relance économique est condamnée du simple fait que tout nouvel endettement en faveur de la consommation suppose l’aggravation de la dette écologique. Seule une rupture avec le système actuel – une révolution libertaire – peut ouvrir des perspectives d’émancipation pour l’homme et de vie décente pour les générations futures parce que le patronat utilisera les méthodes les plus barbares pour sauver ses privilèges.Il s’agit bien de transformer radicalement les structures économiques et sociales plutôt que de tabler sur les seuls changements de comportements individuels ou sur des initiatives étatiques.

 

Parvenu à un tel point de non-retour, le capitalisme ne peut que s’empêtrer dans ses contradictions et entraîner les populations avec lui, notamment par les bouleversements sociaux qu’engendrera la fin du pétrole bon marché. En prenant conscience de leur capacité politique et en renouant avec une solidarité disparue, les producteurs et les habitants eux-mêmes doivent se réapproprier leur avenir, reprendre en main l’économie et la gestion des cités. Pour redéfinir ensemble le sens du travail, la finalité de la production, l’usage social des biens, la mutualisation des services, la convivialité en partageant les richesses et en auto-limitant individuellement et collectivement nos besoins. La réduction du temps de travail qui en résulterait favoriserait un réel épanouissement de l’homme. Pour que toutes ces initiatives ne restent pas que des îlots d’autogestion dans un océan capitaliste, il importe de les fédérer entre elles. Mais le temps joue contre le seul projet qui puisse rendre à l’homme sa dignité. Il y a donc urgence à sortir de l’impasse suicidaire du capitalisme.

 

Fédération Anarchiste

 

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Compte-rendu de la rencontre entre le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et l’Association des Objecteurs de Croissance (AdOC)

 

 

Représentants du NPA :
- Christine Poupin(membre du Comité Exécutif du NPA).
- Guillaume Leigard (membre du Comité Exécutif du NPA).
- Leïla Chaibi (membre du Comité Exécutif du NPA).
- Laurent Garrouste (membre de la Commission Ecologie et du Conseil politique NPA ).
- Vincent Gay (membre de la commission écologie du NPA).

 

Représentants l’Association des Objecteurs de croissance :
- Jean-Luc Pasquinet (membre du bureau de l’AdOC).
- Rocca Simon (porte-parole de l’AdOC).
- Vincent Liegey (porte-parole de l’AdOC).
- Christian Sunt (référent aux relations extérieures de l’AdOC).
- Anne-Isabelle Veillot (référent aux relations extérieures de l’AdOC).
- Davy Borde (membre du bureau de l’AdOC).
- Christophe Degennes (membre du collège de l’AdOC).

 

Après que chaque intervenant se soit présenté, l’AdOC fait un rapide historique du mouvement politique de la Décroissance, et une présentation de l’Association des Objecteurs de Croissance, de son organisation, de sa stratégie, ainsi que de sa plate-forme. [1]

 

Le NPA présente les décisions prises lors de son AG concernant les élections régionales. [2]

 

Plusieurs points ont été abordés. En premier lieu, le NPA a questionné l’AdOC sur son refus de signer l’appel « Urgence Climatique, Justice Sociale » et a critiqué ce refus de compromis dans un cadre unitaire.

 

L’AdOC a expliqué les raisons qui l’ont amenée, en cohérence avec sa stratégie politique, à ne pas signer ce texte malgré quelques avancées significatives sur la critique de l’impasse dans laquelle nous mène cette société capitaliste et productiviste . Mais des contradictions fortes subsistent dans ce texte ; avec, par exemple : la non-critique de la valeur travail et de l’aliénation de celui ci ; l’illusoire proposition de moralisation du capitalisme financier ; l’approbation du « développementisme ».

 

l’AdOC a rappelé au NPA que cette non-signature ne signifiait pas un retrait du collectif. Bien au contraire, l’AdOC souhaite continuer à faire avancer les débats et participera même à un atelier de réflexion sur la Décroissance dans le cadre de cette démarche unitaire.

 

De même, le NPA a exprimé ses doutes par rapport à l’appel « Relocalisons Copenhague » signé, entre autres par l’AdOC. Le NPA trouve cet appel trop « décroissant » pour le signer. L’AdOC a rappelé qu’il ne s’agissait pas de sa seule initiative, mais d’une initiative d’individus. Elle a aussi souligné le fait que ces deux démarches, « UCJS » et « Relocalisons Copenhague » sont complémentaires, même s’il existe plus que des nuances sur le fond.

Il y a accord entre les 2 délégations pour donner la priorité à la mobilisation militante sur le terrain et sur la nécessaire liaison entre l’urgence climatique et l’urgence sociale.

 

Ensuite, l’AdOC a présenté « l’Appel de Miremont » signé par un grand nombre de mouvements et d’organisations écologistes, mais aussi par le Parti de Gauche. L’AdOC a invité le NPA à s’exprimer sur cet appel. Le NPA a exprimé un accord de fond avec ce texte, mais souhaite en savoir plus sur les débouchés de cette initiative. Christian Sunt, un des initiateurs de cet appel, a alors présenté un certain nombre d’actions et de réunions en cours, en particulier à Colmar dans le cadre du rassemblement anti-nucléaire .

 

Le NPA, ainsi que tous les signataires, sont invités à se rencontrer. Discussion en cours donc. Le NPA propose qu’en cas d’initiatives de l’« Ecologie Radicale » à propos de la préparation de mobilisation pendant le sommet de Copenhague, il soit associé à la préparation de celles ci.

 

Enfin, les discussions se sont terminées sur la prochaine campagne électorale et le projet du NPA d’organiser des débats avec tous les acteurs de la gauche anticapitaliste (PCF, PG, LO, Alternatifs, Fédération) afin d’arriver à des accords politiques.

 

Bien qu’ayant décidé au consensus lors de son assemblée constitutive de ne pas chercher d’alliances à tout prix , l’AdOC a exprimé son souhait de participer à ces débats. Le NPA enverra une invitation à l’AdOC.après consultation de ces partenaires.

 

Le 21 septembre 2009.

 

Notes

[1] Voir la plate-forme de convergence de l’AdOC : Plate-forme de convergence de l’AdOC.

 

[2] Voir le communiqué relatif à ces décisions : art.

 

 

Plate-forme de convergence proposée par l’AdOC

 

 

 

PPLD

 

De l’Assemblée constitutive de Beaugency, le samedi 19 septembre, est sortie une proposition de Plate-forme de convergence

Face à une crise multidimensionnelle, nous opposons la radicalité et la cohérence de l’objection de croissance.

 

Après la campagne Europe-Décroissance, première expérience de campagne politique nationale autour des idées de la Décroissance, pourquoi ne pas avoir l’audace de continuer cette aventure d’un mouvement politique dont les objectifs sont l’émancipation, le bien-être et l’épanouissement individuels et collectifs dans la simplicité volontaire ? Et par conséquent, l’audace de proposer à des individus, des associations, des collectifs, des réseaux, informels ou organisés, une plate-forme pour définir les contours de notre démarche, pour s’ouvrir à toutes celles et ceux qui pourraient s’y retrouver pour la construire ensemble, pour bâtir d’autres mondes écologiquement et socialement responsables, humainement décents et démocratiques.

 

La société de croissance accumule dramatiquement toutes les crises : énergétique, environnementale, sociale, économique, culturelle, politique. Mais il s’agit au fond d’un seul et même égarement : un monde devenu inhumain, comme si la croyance du « toujours plus » suffisait à donner du sens.

 

Face à la radicalité de ces « crises », nous opposons une autre cohérence : celle des sorties immédiates du capitalisme et de tout productivisme par toutes les alternatives concrètes de vie déjà existantes et à créer. Cette cohérence est notre radicalité. Nous ne voulons pas d’un autre développement, d’une autre croissance, d’une autre consommation, d’un autre productivisme. Nous voulons sortir de la religion de la croissance qui accroît les inégalités, qui dévore les ressources, qui épuise le vivant, qui confisque la dignité des humains.

 

Même si une croissance infinie dans un monde fini était possible, elle resterait absurde. Comment ouvrir des chemins vers d’autres mondes ?

 

* * *

 

Face à la stratégie classique de la prise de pouvoir préalable à tous changements, nous opposons la radicalité et la cohérence d’une Stratégie de l’Escargot.

 

La Décroissance ne doit pas seulement être le but d’un tel projet mais aussi son chemin et sa méthode. La stratégie politique de la Décroissance est une stratégie de rupture, et non pas d’accompagnement : cette stratégie de l’escargot, implique d’abord d’avoir abandonné l’illusion qu’il suffirait d’une prise préalable de pouvoir – qu’elle soit réformiste ou révolutionnaire – pour changer le monde. Nous ne voulons pas « prendre le pouvoir » mais agir contre les dominations en affaiblissant les pouvoirs ; et créer sans attendre les conditions de la maîtrise du sens de nos vie.

 

Notre rejet des chemins absurdes de la mondialisation marchande ne doit pas pour autant nous entraîner dans les impasses des replis individualistes ou isolationnistes. C’est pour cela que l’Association des Objecteurs de Croissance (AdOC) entend apparaître en politique en s’engageant dans toutes les dimensions de l’émancipation individuelle et sociale par l’action politique, sans en sacrifier aucune :


- Celle de la présence non-électoraliste dans le champ politique classique : par les manifestations, les pétitions, les campagnes électorales, des élus, des soutiens critiques et ponctuels à des majorités, pour permettre des avancées et la pérennisation d’expérimentations sociales, écologiques et politiques.
- Celle des expériences et des sorties immédiates du capitalisme : par les alternatives concrètes et les contres-pouvoirs.
- Celle du projet : par les uto-pistes mises en cohérence.

 

* * *

 

Pour ne pas réduire notre résistance à des oppositions, repolitisons la société et resocialisons la politique.

 

S’il ne suffit pas de résister mais qu’il faut aussi créer en inscrivant des propositions dans une plate-forme qui fait démarrer localement le global, nous proposons une Décroissance sereine et conviviale :


- Au cœur de notre projet, les relocalisations : habiter, se déplacer, fabriquer, distribuer, échanger, décider. Elles sont pour les Objecteurs de Croissance les seuls trajets ayant du sens pour retrouver la maîtrise de nos usages, ménager le territoire, nous réapproprier nos modes de vie et mettre en partage les Biens communs.
- L’encouragement et la légalisation des monnaies locales et autres systèmes d’échanges locaux non spéculatifs.
- Pour permettre l’activité choisie et la fin du travail contraint : une dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA).
- Un revenu maximum autorisé (RMA) dont l’écart est démocratiquement discuté.
- La gratuité des services publics et des usages reconnus socialement utiles et écologiquement responsables.
- La gratuité du bon usage de l’eau, de la terre, de toutes les ressources « de haute nécessité » et le renchérissement ou la prohibition du mésusage.
- La sortie de la société de surconsommation, de concentration et de gâchis énergétiques : de la menace destructrice du nucléaire jusqu’à l’automobile.
- Le renoncement au culte de la technique qui impose une société des écrans et des biens à la place d’une société des liens, ceux de la solidarité par la coopération et le partage.
- Emanciper l’éducation et les cultures des modèles de la compétition et de la concurrence.
- La mise en oeuvre de la démocratie : en finir avec les conditionnements médiatiques et publicitaires, opérer des choix collectifs pour les orientations économiques, relocaliser les contrôles démocratiques, mettre en place des garde-fous pour ne pas être pris par le pouvoir (mandats électoraux courts, non cumulables et révocables, monopole des représentants du peuple sur l’élaboration des lois, droits de vote effectivement universels).

 

Pour continuer la construction de cette plate-forme…

 

Beaugency, le 19 septembre 2009.

 

 

19 et 20 septembre à beaugency (45)

Assemblée Constitutive de l’Association des Objecteurs de Croissance (AdOC)

 

mercredi 12 août 2009

 

La création de l’Association des Objecteurs de Croissance (AdOC) fait suite à la dynamique initiée par les listes Europe-Décroissance. Elle s’inscrit dans la démarche de convergence des Objecteurs de Croissance qui souhaitent l’expression politique de la Décroissance au sein d’une structure unique et unie.

 

L’Assemblée Constitutive de l’Association des Objecteurs de Croissance aura lieu le 19 et 20 Septembre 2009 à Beaugency (à l’auberge de jeunesse de BEAUGENCY – Loiret).

 

C’est un moment très important de l’Objection de Croissance que vous êtes tous chaleureusement conviés à partager avec nous.

 

• Ordre du jour indicatif :


- Composition d’une structure fédérale pour l’expression politique du mouvement de la Décroissance.


- Élection d’un Collège qui organisera la rédaction du règlement intérieur, les statuts, les relations entre MOC/PPLD/indépendants.


- Discussions sur les orientations et stratégies politiques, programme, structure, fonctionnement, prochaines élections.

 

• Vos propositions et visions de la Décroissance sont attendues.

 

• Téléchargements et informations pratiques à la fin de l’article (affiches, inscriptions, organisation)

 

• Quelques documents de réflexions :


- Cadre de notre projet politique : « Les trois pieds politiques de l’objection de croissance » de Michel Lepesant.


- CR de la réunion « Europe-Décroissance » de Notre Dame des landes par Vincent Liegey.


- NDDL : Comment la décroissance grignote la gauche « … Seul le représentant du parti pour la décroissance et d’Europe-décroissance, jeune mouvement qui a présenté des listes dans cinq régions lors des dernières élections européennes, parvient à soulever l’enthousiasme de la salle en faisant le lien entre l’écologie et le désir de s’affranchir de l’aliénation… » dans Marianne2.


- La Décroissance croissante dans le Monde Diplomatique : « la Décroissance croissante ».


- La Décroissance sur Arrêt sur images : « Aller chez Giordano ».


- Téléchargez et diffusez l’affiche autour de vous : A3 ou A4.

 

pour plus de renseignements :

 

www.europedecroissance.eu

partipourladecroissance.net

Le Mouvement des Objecteurs de Croissance

 

 

Quelques propositions de réponses argumentées aux critiques/reproches/caricatures dont les objecteurs de croissance font en ce moment l'objet...

 

 

1- Les O.C. sont-ils de gauche ?

 

-  Historiquement, les O.C. le 11 septembre 1789 se seraient rangés à gauche du président de séance de l’Assemblée nationale pour refuser d’accorder au roi un droit de veto absolu sur les lois.
-  Economiquement et socialement, nous nous posons les mêmes problèmes que ceux que la gauche devrait se poser. Et comme nous considérons que la politique est le lieu où nous devrions décider ensemble nos décisions, nous défendons un volontarisme politique ; par exemple, les injustices sociales ne sont pas « naturelles » et par conséquent la justice sociale n’est pas naturelle mais artificielle (ex. de l’héritage)
-  Mais nous ne sommes plus dans le même paradigme que « La Gauche » : à cause de notre antiproductivisme, de notre antilibéralisme (même si nous pouvons distinguer entre un libéralisme philosophique et un libéralisme idéologique), de notre anti-utilitarisme (nous ne réduisons pas l’intérêt à l’intérêt économique)
-  Le philosophe Alain raconte au début du XXe siècle que s’il rencontre quelqu’un qui « ne fait pas de politique » alors il ne peut s’empêcher de penser : « voilà quelqu’un qui n’est pas de gauche ». Eh bien, les O.C. font de la politique et chacun peut en déduire : « voilà des gens qui ne sont pas de droite ! »

 

2- Les O.C. mettent-ils clairement en évidence les mécanismes politiques et économiques qui ont abouti à la situation actuelle ?

 

-  Dans « la situation actuelle », attention d’abord à ne pas confondre ce qui est de l’ordre du capitalisme et de ce qui est de l’ordre d’une « phase du capitalisme ». A confondre les deux, on risque de confondre la crise du capitalisme avec la crise d’une phase du capitalisme. Et du coup, on risque de se réjouir trop vite de la crise actuelle de la phase néo-libérale en la prenant pour la phase finale du capitalisme.
-  Ne serait-il pas plus judicieux et réaliste de faire l’hypothèse que 2009 est juste le passage du capitalisme néo-libéral au capitalisme vert ? La fin du capitalisme néo-libéral n’est pas la fin du capitalisme, loin s’en faut !
-  Quant aux mécanismes politiques et économiques qui ont abouti à la crise actuelle du néo-libéralisme, les O.C. n’ont aucun mal à proposer des pistes d’explications. Celle qui irait peut-être le plus au fond des choses serait celle qui signale que la crise actuelle, crise de l’endettement, résulte d’une contradiction interne : à savoir que les travailleurs sont en même temps des consommateurs (sont ainsi intimement liés la société de consommation avec la valeur-travail) Or le néolibéralisme en faisant toujours croître la part des revenus du Capital aux dépens de ceux du Travail ne peut faire croître en même temps la consommation qu’au moyen du Crédit… On connaît la suite !
-  Quant à la liaison historique qui relie les mécanismes politiques et les mécanismes économiques pour aboutir à la situation actuelle, les O.C. non seulement n’ignorent pas la complémentarité de l’Etat et du Marché dans la formation des Nations au XIXe siècle, mais nous en tirons une conséquence fondamentale dans notre « stratégie de la transformation » : croire que la prise préalable du pouvoir d’Etat rendra possible l’émancipation économique est une illusion qu’il faut cesser de propager si les erreurs du « socialisme réel » et de la « social-démocratie » ne doivent plus être répétées.

 

3- L’opposition croissance/décroissance est-elle un raccourci simplificateur ?

 

-  Dans un premier temps, ne faut-il pas assumer cette « simplification » ? Oui, les O.C. désirent s’émanciper des illusions et des aliénations de la religion de la Croissance. Manière de ne pas distinguer entre économie, écologie, social, politique, humain : car, il serait bien « abstrait » de laisser croire que l’imaginaire de la croissance qui serait à dénoncer en économie devrait être ménagé et développé dès qu’il s’agirait du social. Concrètement, le « paradigme de la décroissance » ne peut pas être découpé en tranches.
-  Maintenant la « simplification » résulte trop souvent d’une caricature : en dénonçant une croissance infinie, les O.C. ne s’apercevraient pas qu’ils risquent de prôner une décroissance vers le zéro. Pour les O.C., la décroissance c’est d’abord la décroissance des inégalités socio-économiques et de l’empreinte écologique. Or sur ces deux points, il faut une certaine mauvaise foi pour laisser croire que les O.C. seraient des « bisounours » qui rêveraient d’une société à l’empreinte écologique nulle et aux inégalités (économiques, sociales, culturelles) nulles. Une telle société serait une société sans humains. Les O.C. ne sont pas coupés du principe de réalité.
-  Par delà ces simplifications, il n’empêche que la Décroissance peut bien apparaître aujourd’hui comme ce spectre qui va hanter le XIXe siècle. Autrement dit, si l’on veut conserver un sens au projet politique de « décoloniser notre imaginaire », il faut oser assumer la transformation radicale du projet politique de l’objection de croissance.

 

4- Les O.C. se préoccupent-ils assez de la question sociale ?

 

-  Si « se préoccuper assez de la question sociale » c’est ne se préoccuper que de la question sociale, alors les O.C. acceptent ce reproche. Mais dans ce cas, que cette réponse nous donne droit à poser sans tarder d’autres questions ; que ceux qui nous font ce reproche se demandent s’ils se préoccupent assez de la question écologique, de la question démocratique, de la question anthropologique. Et quand ils répondront en liant toutes ces questions, nous serons ravis de constater que nous pouvions éviter de nous faire de tels mauvais reproches.
-  D’autant que la question sociale est au cœur de nos propositions ; ainsi nous ne nous contentons pas de demander un revenu inconditionnel de vie, nous l’associons sans hésiter à un revenu maximum.
-  D’autant que l’effet de masse critique résulte de la conjugaison des forces des initiatives concrètes et des contre-pouvoirs dans les luttes sociales.
-  Encore un exemple, celui de la gratuité : on peut caricaturer et sous-entendre qu’une telle proposition prouve juste la crasse ignorance des O.C. quant aux dimensions sociales et économiques d’une telle revendication. Mais les O.C. n’ignorent pas que la gratuité (en aval, pour l’usager) a un coût « en amont ». Et que cette « gratuité » résulte bien d’une « collecte » quand elle consiste en une gratuité monétaire (ce qui ne veut pas dire que nous confondons toutes les fonctions de la monnaie : pour évaluer, pour échanger, pour capitaliser). Mais cette gratuité peut d’abord être un droit d’usage gratuit, c’est à dire une mise à disposition gratuite de biens premiers à condition que leur usage soit une condition de l’émancipation (par exemple, un droit souverain à disposer d’une terre pour la cultiver, à condition d’en faire un « bon usage »).

 

5- La stratégie du « mot-obus » conduit-elle à l’isolement ?

 

-  Le présupposé de cette critique c’est d’installer la question politique dans la stricte alternative de l’isolement ou de l’Unité. Or la stratégie de l’Unité est une stratégie électoraliste dont les O.C. veulent à tout prix se méfier. Faire de la politique ; oui. Aller aux élections ; oui pour l’amont du processus électoral. Juger du succès d’une élection au seul critère de la victoire électorale : certainement pas…
-  L’image de l’obus est certes guerrière ; a minima provocatrice. Occasion alors de rappeler au préalable notre pacifisme radical. Occasion ensuite de signaler que cet « obus » a pour fonction de s’en prendre à une forteresse. Occasion enfin d’accepter que cette forteresse ne pourra jamais « récupérer » la décroissance…

 

6- Comment finalement la stratégie de la transformation résout-elle les trois problèmes politiques fondamentaux ?

 

-  Le sujet de la sortie (Qui ?) : l’effet de masse critique.
-  Le rythme de la sortie (Quand et où ?) : le renversement des stratégies historiques de la Gauche permet à l’Utopie de commencer sans attendre (sin esperar).
-  La méthode de la sortie (Comment ?) : la radicalité comme cohérence des trois pieds, plutôt que comme intransigeance.

 

7- Les O.C. sont-ils à l’aise dans chacun des trois pieds ?

 

-  Ne nous cachons pas que non. La force des O.C. ce sont leurs idées et leurs initiatives alternatives pour commencer sans attendre la sortie du capitalisme : le pied des expériences et celui du projet.
-  Faut-il pour autant abandonner le pied des manifestations publiques ? Non, parce qu’il est le pied de la visibilité et des débats. Et surtout n’oublions pas que l’une des ambitions des O.C. est la repolitisation non seulement de l’écologie et de l’économie mais aussi de la politique elle-même ; or, lors des élections européennes de 2009, nombreux furent ceux qui virent dans la présence de la décroissance dans le débat électoral une belle occasion de revenir à la politique (potentiellement des déçus de la politique, de la Gauche et bientôt de l’autre gauche).
-  Reprocher aux O.C. de se compromettre dans les élections, c’est finalement ne pas avoir compris la « stratégie de la transformation ». Seuls ceux qui en sont encore à croire que toute stratégie de sortie du capitalisme ne peut pas ne pas passer par la conquête préalable du pouvoir avant de changer la société peuvent nous adresser un tel reproche (d’aller aux élections pour aller à la conquête du pouvoir). C’est pourquoi, au sein de notre stratégie, nous voulons d’abord changer la société, sans attendre un pouvoir (d’Etat) dont la possession au sein d’une majorité serait contre-productive.

 

8- Les O.C. sont-ils des écologistes benêts ?

 

-  Très bien de ne pas être un "écologiste benêt" ; mais encore faudrait-il être un "écologiste". Car sinon, cela donne à entendre que tous les écologistes seraient des "benêts". D’autant que s’il est nécessaire d’être "écologiste", cela ne signifie pas que c’est suffisant : évidemment !
-  Pour ne pas être un « écologiste benêt », alors il faut avoir l’audace d’être un « écologiste radical », c’est-à-dire oser aller "au fond des choses". Plutôt être cohérent qu’intransigeant.
-  Le "fond des choses", c’est la question du pouvoir. Plus exactement, sa concentration aux mains des élites (finance, politique, média, industrie). A la source de cette concentration, on trouve l’instauration du « système » de l’économie de marché - avec l’économie de croissance qui en est résultée - et l’introduction parallèle de la "démocratie" représentative.
-  Faire de la conquête du pouvoir un préalable du changement de la société, c’est répéter les mêmes erreurs historiques du "socialisme réel" et de la "social-démocratie". Après les "déçus de la gauche", les futurs "déçus de l’Autre gauche" ? Peut-on faire autrement ? Peut-on changer la société sans prise préalable de pouvoir (de l’Etat, dans les régions, etc.) ?
-  C’est pourquoi les O.C. proposent une "véritable stratégie de transformation", c’est-à-dire une critique cohérente et anti-systémique du capitalisme, en combinant les expériences des alternatives concrètes et des contre-pouvoirs dans les luttes sociales avec un projet de société, sans dédaigner la visibilité électorale : bref, de quoi commencer sans attendre non pas seulement une « contre-offensive » mais une sortie définitive du capitalisme.

 

9- Les O.C. valorisent-ils excessivement les communautés traditionnelles du passé ?

 

-  Certes, les O.C. n’ont pas le culte de la mode et de la modernité. Le nouveau n’a pas toujours raison. Mais il n’a pas toujours tort. Et c’est bien pourquoi les O.C. veulent avoir un rapport entier au temps ; il ne s’agit plus de répéter une querelle politique des anciens et des modernes, en opposant un passé ringard et folklorique à un avenir radieux et prometteur. Il s’agit tout au contraire de sortir de cette direction linéaire et dirigée du temps à l’image d’une ligne droite. Si les uto-pistes doivent commencer sans attendre, alors plus question de croire en un déterminisme matérialiste de l’Histoire. Est-ce là être « réactionnaire » parce que les O.C. se sont émancipés de l’aliénation du mythe du Progrès ?
-  C’est dire que les O.C. veulent imaginer une « politique des possibles » : « d’autres mondes sont possibles ». Et dans ces possibles, sans aucune nostalgie d’un retour à la préhistoire, pourquoi la politique devrait-elle s’obliger à ignorer les héritages des autres formes de vie et d’organisation politique ? Pour penser le pouvoir, pourquoi se contenter de commencer avec Machiavel et se priver de méditer sur toutes les recherches d’anthropologie politique ? Savoir que dans des tribus indiennes, il n’y pas de mot pour « chef » pour nous permettre de défétichiser le culte européo-centré pour le pouvoir.
-  D’autant que ces « communautés traditionnelles du passé » nous apprennent qu’un autre rapport à la Nature est possible ; et cet autre rapport à la Nature est aussi un autre rapport à la Technique, à la Culture, à l’Humain…

 

10- Les O.C. réduisent-ils la politique à un repli sur des comportements individuels ?

 

-  Cette critique revient à traiter les O.C. d’individualistes libéraux qui s’ignorent. Comme si les O.C. misaient tout sur les individus en pensant que les comportements individuels permettront de construire une société humaine et juste.
-  L’habileté de cette critique, c’est d’essayer de réduire le débat – celui qui porte sur la transition – aux termes de individu/société/Etat ; et d’en déduire que si les initiatives individuelles ne peuvent pas réussir à changer la société alors c’est à l’Etat qu’il faut confier ce rôle historique. Les O.C. acceptent la prémisse : les initiatives individuelles peuvent être plus dépolitisantes que repolitisantes. Et pourtant, nous n’en acceptons pas la conclusion : pourquoi ? Parce que nous ne voulons plus entretenir l’illusion que la prise préalable du pouvoir (surtout celui de l’Etat, car il n’en va peut-être pas de même pour la prise de pouvoir au niveau municipal…) est la condition nécessaire de la transformation de la société.
-  Et c’est pourquoi, sans attendre, les uto-pistes des alternatives concrètes commencent d’autres mondes possibles. Ces commencements sont particulièrement importants parce qu’ils ne sont pas des initiatives individuelles mais toujours des projets collectifs et associatifs. C’est aussi en ce sens que les O.C. sont résolument des anti-libéraux.
-  Quiconque s’est déjà impliqué dans les alternatives concrètes et les expériences de contre-pouvoirs a eu la possibilité et la chance de découvrir que le trajet de l’émancipation n’était pas linéairement individuel puis collectif puis politique mais qu’il était beaucoup plus simple et mobilisateur de commencer par s’engager au niveau collectif. Et c’est en pratiquant, que l’exigence de cohérence offre à chacun les possibilités d’approfondir son engagement au niveau individuel et/ou de l’élargir au niveau politique.

 

11- La simplicité volontaire comme choix de vie délibéré est-elle réservée à une très petite minorité ?

 

-  Les O.C. n’ignorent pas que l’idéologie dominante est toujours celle de la classe dominante. Mais pour autant, ils ne veulent pas endosser l’habit de l’avant-garde éclairée qui guidera les majorités aliénées.
-  A la différence des stratégies traditionnelles de la Gauche, les O.C. veulent marquer une rupture pédagogique : ils ne s’agit plus d’éclairer pour mieux faire ; il s’agit de faire pour (s’)expliquer et comprendre.
-  Ce qui ne signifie pas un rejet du Projet et de la Théorie (encore une de ces alternatives que les O.C. veulent rompre, comme si on n’avait le choix qu’entre la prise de conscience individuelle et l’enseignement vertical et descendant par ceux qui savent). Certains O.C. d’ailleurs ne sont pas exempts, sur ce point, de manque d’autocritique : car ils ne rejettent l’Ecole que pour mieux imposer leur égocentrisme !
-  Apprendre à ce décentrer, de soi comme de l’Autorité (du Parti, du Père…), c’est effectivement tout un programme plus politique que psychologique !
-  Quant à la simplicité volontaire, c’est la caricaturer que de la réduire à un repli individualiste. Car cette simplicité volontaire n’est pas une invention moderne, mais seulement la sagesse dont savaient faire preuve les anciens qui vivaient et respectaient leur appartenance à une communauté : par exemple, ce que George Orwell nomme la « décence ordinaire » n’est vraiment pas un individualisme « bobo » ou « baba » !

 

12- Les O.C., faute de sens pratique, oublient-ils la modélisation et les expérimentations ?

 

-  Si le « sens pratique », c’est la compréhension réfléchie de la pratique, c’est-à-dire la théorie à partir de la pratique, alors ce reproche, en plus d’être injuste, est d’abord une preuve d’ignorance de ce que proposent et vivent les O.C. !
-  Car précisément, c’est bien par les expériences et les pratiques que les O.C. s’engagent en politique ; par le « pied des expériences ».
-  Maintenant, si ce reproche signifie que les O.C. sont des uto-pisteurs qui ne peuvent pas décrire à l’avance une société idéale valable pour tous et pour toujours alors les O.C. revendiquent cet absence de sens pratique ! Nous connaissons (parce que nous y vivons) la société que nous rejetons ; nous commençons à être au clair sur trajet pour en sortir ; pour la suite, oui pour l’ouverture des expériences et des discussions…

 

13- Pourquoi les O.C. préfèrent-ils railler l’Unitude que s’y rallier ?

 

-  Parce qu’elle n’est qu’une tactique électorale et que les O.C. même aux élections adoptent une visibilité non électoraliste ; parce qu’elle fait passer les tactiques de la politique (la conquête du pouvoir) avant la stratégie du politique (la sortie du capitalisme).
-  Parce qu’une victoire de l’autre gauche ne ferait que reprendre les deux étapes que la Gauche historique a toujours empruntées : la conquête du pouvoir pour changer la société.… On ne peut attendre et craindre de cette énième tentative que de nouveaux déçus : après ceux de La Gauche, ceux de l’Autre Gauche ?
-  Parce que notre « stratégie de la transformation » rompt avec la recherche du minimum dénominateur commun : et que nous préférons « chaîne d’équivalence », « principe d’horizon », « ampliation analogique »…

 

14- Que peuvent attendre les O.C. d’un Manifeste ?

 

-  Certainement pas qu’il annonce de façon prophétique l’avenir et la ligne à suivre.
-  Que ce Manifeste prenne garde à ne retomber dans aucune des illusions déconstruites par notre stratégie de la transformation.
-  Qu’il suscite le désir de repolitiser la politique…

 

15- Pourquoi tant de méfiance pour « l’argument de la nécessité » ?

 

-  L’argument de la nécessité – la décroissance est nécessaire, inévitable – est le même que celui de l’impossibilité : une croissance infinie dans un monde fini est impossible.
-  Car une croissance sans fin des inégalités est malheureusement possible dans un monde fini. Les O.C. ne critiquent pas la croissance pour son impossibilité mais pour son absurdité : ils posent ainsi en politique la « question du sens ». Les O.C. ne sont pas décroissants « faute de mieux », ou parce que ce serait « le moindre mal ». Même si les ressources naturelles étaient infinies, les O.C.feraient objection de conscience à la croissance économique.
-  Parce que la « nécessité » est le contraire de la « liberté ». Et qu’il doit être contradictoire d’utiliser en même temps la nécessité comme moyen et la liberté comme but.
-  Parce que, dans la tradition socialiste (sous la forme du déterminisme du matérialisme historique), il a souvent servi de justification à l’usage de la violence.
-  Parce que, dans ce qui se constitue comme tradition écologiste (sous la forme de l’impossibilité d’une croissance infinie), il peut aussi servir à un même usage autoritaire, voire totalitaire.
-  Parce que ce risque menace, me semble-t-il, les deux travaux les plus proches de notre stratégie : le texte d’André Gorz dans l’Avant-propos du Manifeste d’Utopia et le Manifeste pour une alternative de Patrick Mignard. « La sortie du capitalisme a déjà commencé » écrit André Gorz ; et pour Patrick Mignard : « Toutes les civilisations ont cru en l’éternité de leur existence. Toutes ont disparu. Le système marchand, à l’image de ses prédécesseurs, croit lui aussi en la "rationalité" de son fonctionnement et en l’éternité de sa domination. Lui aussi disparaîtra pourtant dans les affres de ses contradictions poussées à leur paroxysme. » Et pour éviter ce « risque », ils ajoutent le même argument : tant qu’à faire, autant choisir une alternative que subir un « socialisme de guerre » ou un « écofascisme ». Certes, mais ne faudrait-il pas aussi se demander si le refus d’accompagner le capitalisme ne doit pas être aussi un refus d’accompagner la sortie (inéluctable ou nécessaire) du capitalisme ?
-  Parce qu’il empêche de se demander vraiment pourquoi nous critiquons le capitalisme ? Même si le capitalisme était une réussite du point de vue de ses propres critères (économiques principalement), il faudrait le critiquer. Nous ne critiquons pas le mode de vie d’un capitaliste qui a réussi simplement parce qu’il ne règle pas lui-même la facture réelle de sa réussite (il traite le reste des humains et la nature comme des externalités), nous critiquons ce mode de vie en tant que tel.

 

Michel Lepesant

 

 

FAQ EUROPE-DECROISSANCE

 

 

Une crise profonde de la démocratie

lundi 8 juin 2009


Après les résultats, quel bilan pouvons-nous faire ?

 

Alors que la crise que traverse l’Europe - et le reste du monde avec elle - devrait être l’occasion d’oser remettre en question le dogme de la croissance, ces élections européennes n’auront brillé que par la stérilité des débats proposés par les médias et les politiques dominants. Cela se retrouve dans une abstention record qui atteint 56 % en Europe et 60 % en France.

 

Europe-Décroissance ne peut que regretter ce qu’elle avait malheureusement annoncé. Une fois de plus la politique spectacle, avec les querelles pathétiques des Aubry et Royal, des Cohn-Bendit et autres Bayrou n’ont surtout pas réussi à repolitiser nos démocraties malades d’elles-mêmes.

 

En France en 2005, le référendum sur le traité de constitution européenne avait connu, à la suite d’un débat de fond passionné, 70% de participation. Plus de 55% de nos concitoyens s’étaient alors exprimés contre ce traité, en particulier contre la Partie III de ce texte qui ne faisait que reprendre les dogmes économiques qui fondent l’Europe au fil des traités qui nous été imposés sans aucun débat démocratique. On sait comment à Versailles, les partis dominants avaient alors décidé de contourner ce choix en modifiant notre constitution et en imposant une simple copie du TCE : le traité de Lisbonne.

 

Nous vivons aujourd’hui le résultat de ce mépris des classes dirigeantes, soutenus par des médias sous perfusion de l’argent de la publicité.

 

Alors que les crises écologiques, économiques, sociales, politiques nous amènent à un carrefour de l’histoire, que l’Europe va toujours plus vite tout droit dans le mur vers lequel l’entraîne la société de croissance, celle de la dépolitisation et du mépris, nous ne pouvons que déplorer que tout est fait, sciemment ou non, pour ne surtout pas prendre le temps de réfléchir, de comprendre et de débattre. Le redécoupage de la France en régions, comme la campagne audiovisuelle, à laquelle nous avons participé, sont la preuve de graves inéquités démocratiques. Une heure d’antenne partagée par 17 listes contre 20h partagées par les 6 gros partis politiques qui nous ont ressortis les mêmes baratins insipides qui n’arrivent plus à convaincre grand monde. De plus, le système de vote, en demandant aux candidats de financer l’impression de leurs bulletins de vote, ce qui représente des sommes considérables (plusieurs dizaines de milliers d’euros pour chaque circonscription), exclut de facto les mouvements aujourd’hui minoritaires. Nous avons tout de même proposé à ceux qui le souhaitaient de pouvoir télécharger et imprimer nos bulletins de vote. Nous remercions tout ceux qui ont fait cet effort.

 

Voilà quelques raisons pour lesquelles nous nous étions lancés dans une campagne non électoraliste, mais avec pour objectifs de porter au débat l’objection de conscience à la croissance, par notre « mot-obus » de la Décroissance, et d’initier un mouvement politique autogéré. Le bilan est plutôt positif et nous incite à penser que quelques chose est en train de se mettre en marche à travers toute la France. Spontanément, des objecteurs de croissance ont pris l’initiative de diffuser nos idées et de les discuter. Nous avons ainsi participé à de nombreux débats partout dans les régions. Notre choix audacieux, de faire une campagne auto-gérée et surtout conviviale tout en construisant un mouvement politique s’avère très positif. Côté médias, le bilan est plutôt positif, non pas par l’importance de notre présence médiatique (quasi-nulle à l’échelle nationale) mais par la qualité des tribunes qui nous été données (Arte, La Télé-Libre, France-Culture, Alternative FM...).

 

Notre démarche, à travers notre clip de campagne qui avait pour objectif de semer des germes de réflexion, a eu un écho certain chez beaucoup de concitoyens.

 

Plus que jamais, nous réaffirmons que notre force ce sont nos idées et nous vous invitons à continuer à vous réapproprier la Politique et la Démocratie et à venir construire avec nous la société de demain.

 

L’équipe d’Europe-Décroissance

 

Une croissance infinie dans un monde fini est une absurdité !

 

Source

 

Retrouvez Yves Cochet dans le 7-10 de Nicolas Demorand sur France Inter

le 10 mars 2009.

 

 

UN ANTI MANUEL D'ECOLOGIE.... POUR LA DECROISSANCE

 

FORUM NOUVEL OBS 14.05.2009

 

jeudi 14 mai 2009

 

Avec Yves Cochet, qui défend une politique de "décroissance", pour lutter contre la dissipation des ressources terrestres. Si un changement de civilisation ne s’opère pas rapidement, nous devrons nous préparer à subir une catastrophe écologique, politique et sociale
Le 1er juin 1997, il est élu député du Val d’Oise, puis devient Vice-Président de l’Assemblée nationale.Le 12 juillet 2001, il succède à Dominique Voynet comme Ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement dans le gouvernement de Lionel Jospin, jusqu’au 6 mai 2002.Il est aujourd'hui député du 14° arrondissement

Question de : Votre pseudo

Comment voulez-vous que les hommes politiques prennent en compte les problèmes de long terme alors qu'ils ne voient que la date de leur future réélection ? Ne faudrait-il pas supprimer le cumul et le renouvellement des mandats pour que les élus puissent avoir le détachement nécessaire ?

 

Réponse : Bonjour à toutes et tous. Oui, le cumul des mandats et le mode de scrutin pour les législatives sont un fort handicap pour le travail parlementaire et la vision à long terme.

 

Question de : internaute

En 1972, le Club de Rome (Rapport Meadows) alerte sur la nature exponentielle des phénomènes de croissance et d'épuisement des ressources non renouvelables (population, énergie fossile, forêt...), qui apparaissaient jusqu'alors, comme quasi linéaires.
Tout le monde en rigole et déclare que la technologie résoudra ces questions...
5 ans plus tard il y a 22 ans !) Mme Brundtland introduit le concept de Développement Durable, que peu de monde a assimilé aujourd'hui (on en parle souvent comme de la "durabilité du développement" selon le modèle en place.
15 ans après (1992), le Sommet de Rio préconise 2500 mesures pour sauver la planète, dont on ne voit aujourd'hui que de timides amorces, limitées aux"quartiers propres" dans les Agendas 21 des villes.
En 2002, Chirac déclare (sans comprendre !) à Johannesbourg que "nous tournons le dos à la maison qui brûle" : les constructeurs automobiles continuent à vivre de leurs rentes et n'ont rien prévu pour remplacer le carburant-pétrole. Le GIEC ==> "des vieux écolos passéïstes"... Grenelle de l'Environnement ==> "On ne va pas, tout de même, contraindre les industriels..." Directive DEEE (2003) ==> Les déchetteries n'ont toujours pas de processus de collecte adapté.
Depuis 40 ans les pouvoirs politiques n'ont rien entendu et rien compris= ils sont détenus par des vieillards préoccupé seulement de leur confort pour leur fn de vie: Que doit-on faire pour que ça change ?
Je propose que tout élu(e), tout chef d'entreprise, où que ce soit, soit âgé au plus de 25 ans, avec 50 ans devant lui(elle) pour voir le futur, et remplacé après l'âge de 35 ans.
Wana

 

Réponse : Votre rétrospective est exacte. Cependant, votre dernière proposition est inacceptable. Ce qui compte est moins l'âge que l'on a que les idées que l'on porte.

 

Question de : internaute

bonjour,

Vous étiez ministre de l'écologie quand l'usine AZF a explosé le 21 Septembre 2001 . Votre première réaction a été de déclarer qu'il ne pouvait s'agir d'un accident . Pourriez-vous nous dire pourquoi ?

 

Réponse : Presque huit ans après cette catastrophe, nous ne savons toujours pas comment cela est arrivé. Il faut continuer les recherches.

 

Question de : internaute

Avez vous lu le livre de jean Marc Jancovici qui prone une taxation du prix de l' énergie, des carburants jusqu' à ce que les émissions de gaz à effet de serre à 7 Milliards de tonnes aujourd' hui tombent à 3,5 voire 3 Milliards de tonnes. Il n' y a que les gaz à effet de serre , il y a aussi tous ces métaux argent, nickel zinc etc ..... qui vont manquer dans une vingtaine d' années . Que pensez vous de l' idée de Mr jancovici concernat l' énergie ! Moi je pense qu' elle est bonne mais bien sur il faut une entente au niveau mondial ......

 

Réponse : Je suis d'accord avec tout ce que propose l'ami Jancovici, sauf sur le nucléaire qu'il perçoit comme une transition nécessaire, moi non. Sa "contribution énergie-climat", entièrement redistribuée, est une excellent idée que nous (les quatre députés Verts) avons reprise dans une proposition de loi qui sera débattue en séance publique le 28 mai.

 

Question de : internaute

Comment faire appliquer une politique de décroissance efficace alors même que la très grande majorité de l'espèce humaine, qui vit dans les pays pauvres ou émergents, aspire à la croissance économique ?

 

Réponse : La décroissance de l'empreinte écologique des pays de l'OCDE est une nécessité, sous peine de guerre. La décroissance est notre destin, tout simplement parce que les ressources non renouvelables de notre planète sont en quantité finie, et commence à se raréfier. Jamais les Chinois ou les Indiens ne vivront comme les Français de 2009 : il n'y a pas assez de matières premières pour cela.

 

Question de : internaute

L'idée d'un arrêt du progrès n'est-elle pas une hérésie ? Ne vaudrait-il pas mieux concentrer nos efforts sur la recherche d'une solution scientifique ?

 

Réponse : La notion de "progrès" est un construit social propre à l'Occident depuis la révolution industrielle. Elle est associée au mythe prométhéen (et cartésien) de la toute-puissance de l'être humain. Elle est désormais le vecteur idéologique puissant de notre autodestruction. Il faut donc la réinterroger sérieusement.

 

Question de : Votre pseudo

Si vos préconisations étaient adoptées, pouvez-vous me dire à quoi ressemblerait la vie matérielle d'un Français moyen (équipements individuels, moyens de transports, logement, etc.) ?

 

Réponse : Je ne suis pas Nostradamus. Je puis simplement dire que, dans la décennie 2010-2020, l'effondrement de la société thermo-industrielle sera la plus grande épreuve jamais affrontée par l'humanité. Ca va secouer. Par aveuglement, ignorance, incompréhension ou incapacité cognitive, les dirigeants économiques et politiques de ce monde n'ont rien vu venir. Ce sont des idéalistes rêveurs, enfermés dans des schémas de pensée du XXème sicècle (voire du XIXème). La marche réelle du monde leur échappe. Portant un diagnostic erroné sur le monde (ex : le communiqué du G20 à Londres), les remèdes qu'ils proposent ne feront qu'accélérer la catastrophe. Un élan vers le pire.

 

Question de : Votre pseudo

La décroissance est instaurée dans l'ensemble des pays du globe. Pour quelle durée ?

 

Réponse : La récession actuelle est une partie de la "décroissance subie", alors qu'il eut fallu anticiper la "décroissance choisie" comme nous le prônons depuis dix ans. Cette récession, selon moi, sera longue et douloureuse, surtout pour les plus défavorisés, au Nord comme au Sud. La seule politique susceptible de conserver la paix, la solidarité et la démocratie, est la sobriété énergétique et matérielle des pays du Nord : une sobriété drastique, rapide et dans tous les domaines. La recherche illusoire d'un "retour de la croissance", même "verte", est une impasse.

 

Question de : Elsa

Bonjour Yves Cochet. Vous inspirez-vous des thèses de Paul Ariès sur la décroissance ?

 

Réponse : Bonjour Elsa. Oui et non. je connais Paul Aries et apprécie ses écrits. Cependant, Paul, de formation plutôt sciences humaines, présente la décroissance comme un projet de société qu'un volontarisme politique pourrait propager et mettre en oeuvre. Je vois plutôt la décroissance comme notre destin. Cette phrase n'est pas du tout fataliste. C'est une lucidité géologique (ressources non renouvelables qui s'épuisent) conduisant à une nouvelle vision du monde comme équilibre dynamique sans croissance : pour l'humanité (du Nord), une décroissance de son impact insoutenable sur l'écosphère.

 

Question de : internaute

Je m'apprête à voter pour le front de gauche car le parti de gauche qui le constitue a adopté une ligne politique claire en terme de remise en cause des modes de consommation et production (Corinne Morel Darleux). Toutefois, le sujet n'est pas assez central dans leur discours à mon goût (surement à cause de la position différente du PC à ce sujet). Les positions des verts sur le sujet de l'antiproductivisme sont bien moins radicales (!) En quoi le vote vert plus qu'un autre répond aux aspirations décroissantes que nous appelons de nos voeux vous et moi ?

 

Réponse : Ah ! Une question électorale ! Je suis toujours peiné de voir des personnes antiproductivistes s'apprétant à voter pour le front de gauche. Je connais beaucoup d'élus du PC et du PG. Ce sont des militants convaincus, mais qui se trompent de modèle. Dire que le front de gauche est plus antiproductiviste que Europe Ecologie est une erreur.

 

Question de : internaute

Bonjour monsieur Cochet, je lirais avec beaucoup d'attention votre livre. J'ai découvert le mouvement de la décroissance il y a un peu plus d'un an et depuis j'ai lu quelques livres sur le sujet et je pense que votre livre est le premier écrit par une personnalité politique de premier plan qui soit consacré à la décroissance.
Je vous remercie pour votre courage et votre honnêteté.
Pouvez-vous me dire s'il y a de nombreux objecteurs de croissance chez les Verts?
Etes-vous proches de Paul Ariès (que je trouve très brillant)?

 

Réponse : J'avais déjà écrit deux livres "décroissants" auparavant ("Sauver la Terre", avec Agnès Sinaï, en 2003 (Fayard), et "Pétrole apocalypse" en 2005 (Fayard)). Oui, il y a de plus en plus d'objecteurs de croissance chez les Verts, chez les écologistes en général. Quant à Paul Aries, j'ai déjà répondu à un internaute que je me sens proche de ses idées, bien qu'elles soient plus centrées sur un volontarisme idéaliste que sur un réalisme éclairé qui est le mien.

Question de : internaute

un changement de civilisation ne s'opère t il pas uniquement sous la contrainte?

ne sommes nous pas condamnés à attendre la catastrophe?

50 ans que l'alarme sonne ... et la croissance en tête des préoccupations politiques... Comment amorcer ce changement de civilisation?

 

Réponse : C'est une interrogation dramatique. L'aveuglement des dirigeants économiques et politiques sur la marche réelle du monde (= la décroissance inéluctable des consommations d'énergies fossiles et de matières premières ; donc, un changement radical de mode de consommation et de production) semble nous conduire à un effondrement rapide et, hélas, violent. L'espoir réside dans le fait que, si un événement spectaculaire et d'ampleur se produit, les dirigeants et les populations ne se suicideront pas en ne faisant rien. Cela est triste à dire : il n'y a aura que par ce type d'événement que nous entrerons dans la "décroissance", subie et non choisie. Mais, plus nous en aurons parlé auparavant (comme nous le faisons maintenant), moins dur sera le choc, et plus préparés seront les esprits.

 

Question de : jean-louis

Bonjour Yves Cochet,
Vous proposez de "lutter contre la dissipation des ressources terrestres". Quelles sont les ressources qui vous paraissent les plus menacées?
Jean-Louis (Paris).

 

Réponse : Bonjour Jean-Louis. La "raréfaction accélérée des ressources non renouvelables" serait plus juste. C'est le pétrole, magnifique et horrible, merveilleux et polluant, qui se raréfie le plus vite aujourd'hui, alors que c'est la matière première la plus précieuse pour le mode de vie thermo-industriel, né en Occident et qui se propage désormais à l'Orient. Cette seule décroissance matérielle, géologiquement fatale, de la production de pétrole bouleversera notre vie dans tous les domaines, sur tous les continents, dans les annés qui viennent. D'ailleurs, la prétendue "crise financière" actuelle provient majoritairement de la raréfaction du pétrole et d'autres matières premières. Ce n'est pas l'économie réelle qui commence à être touchée par la crise financière, c'est la crise financière qui est une conséquence de la crise de l'économie réelle, commencée sérieusement après l'an 2000.

 

Question de : internaute

Pouvez-vous me dire si il y a beaucoup d' objecteurs de croissance chez les Verts?
Je pense que l'idée de décroissance (au sens où nous l'entendons bien sur) prend de plus en plus d'importance mais c'est bien trop lent à mon avis.

 

Réponse : Les Verts - les écologistes en général - sont bien sûr les plus sensibles au thème de la "décroissance" (beaucoup plus que le front de gauche !). Exemple : lors de leur dernier congrès à Lille, en décembre 2008, les Verts ont adopté une motion d'orientation où, pour la première fois, la notion de "décroissance" est énoncée plusieurs fois. Mais oui, vous avez raison, dans la situation actuelle où le temps nous est compté avant l'effondrement, la diffusion de cette politique de décroissance est lente, trop lente. Il faut néanmoins continuer de la porter encore et encore.

 

Question de : jean-louis

Bonjour Yves Cochet,
La critique par les étudiants de mai 68 de la "société de consommation" s'apparente-t-elle à votre combat pour la décroissance?
Jean-Louis (Paris).

 

Réponse : Ma réponse risque d'être incomplète tant le sujet est vaste. Cependant oui, je crois qu'il y a des traits communs entre la critique soixante-huitarde de la "société de consommation" et le combat actuel pour la "décroissance". Exemple : la plupart des livres forts de l'écologie politique ont été écrit dans les années 60 et 70 (Illich, Gorz, Dumont, Commoner, Georgescu-Roegen...) dans les contexte de l'esprit 68. De même, les tentatives actuelles de "retour à la terre" s'apparentent aux communautés rurales établies dans les années 70. Reste que, pour l'instant comme il y a trente ans, tout ceci n'est pas majoritaire... !

 

Question de : internaute

Pouvez-vous me dire s'il y a des pays où les thèses de la décroissance ont des chances d'obtenir une grande adhésion?

 

Réponse : Non. Le mythe d'origine occidentale "plus = mieux", répandu aujourd'hui jusqu'en Orient, est très prégnant dans nos esprits, surtout dans ceux de nos dirigeants économiques et politiques. Il est donc difficile d'imaginer qu'un pays "choisisse" de décroître. Cuba, il y a 18 ans, est passé en décroissance subie, involontaire, à cause de la chute de l'URSS en 1991. Dans tous les pays plus ou moins démocratiques du monde, les partis politique se présentent en disant : "votez pour moi, ça ira mieux demain" (sous-entendu : vous aurez "plus", plus de pouvoir d'achat, de bagnoles, de téléphones mobiles, d'écrans plats...). Cette démagogie est extrèmement puissante. Regarder Sarkozy en 2007: "je serai le président du pouvoir d'achat", 'j'iarai chercher la croissance avec les dents" et autres sottises. malgré le fait que, depuis deux ans, les événements du monde réel (dégradation écologique, inégalités sociales, récession économique...) contredisent le programme électoral de Sarkozy, l'UMP continue d'être en tête des sondages pour les élections européennes. Nous sommes dans une religion où les faits, même contradictoires aux prophéties du clergé, n'entament que peu la croyance.

 

Question de : internaute

Que pensez-vous du livre Le choc de la décroissance?

 

Réponse : J'apprécie la plupart des écrits de Vincent Cheynet, comme ceux de Paul Aries. Cependant, je diffère de Vincent quant à la croyance religieuse (il est chrétien, je suis incroyant) et quant à certaines de ses prises de position sur les questions sexuelles.

 

Question de : Robin

Bonjour, tout d'abord je voudrais vous remercier pour vos prises de position car ce n'est pas facile d'aller à contre-courant quand des positions font tant l'unanimité.
D'ailleurs je voudrais vous demander comment peut-on convaincre des gens du danger du développement durable, des bêtises de la croissance verte quand on est au courant de ces choses-là?
C'est très difficile, même au contact de personnes ouvertes et/oui sensibles, de parler de décroissance, de dire que l'on ne vaut plus prendre l'avion, d'essayer d'adopter un mode de vie réellement moins dégradant pour l'environement,... Comment y parvenir?

 

Réponse : Merci Robin de cette question difficile, qui sera la dernière à laquelle je pourrai répondre. L'information sur la décroissance et l'exemplarité des comportements des "décroissants" sont nécessaires à la diffusion de ce modèle de société, mais très insuffisants pour convaincre la majorité de nos concitoyens. Un événement dramatique, hélas prévisible, sera sans doute le déclencheur neuronal d'un changement radical, comme le fut Pearl Harbor pour le président F. Roosevelt et le peuple américain en décembre 1941.


Bon courage à toutes et à tous. Amitiés. YC.

 

Compte-rendu rencontre Verts, PPLD, MOC, MED

 

mardi 12 mai 2009

 

Compte rendu de la rencontre Verts/Europe écologie et Parti pour la décroissance/Mouvement des objecteurs de croissance/Mouvement Europe Décroissance

 

Etaient présents : Cécile Duflot, Secrétaire nationale de Verts Jean-Marc Brulé, Secrétaire national adjoint des Verts en charge des élections Hélène Gassin et Patrick Farbiaz, coordinateurs du programme Europe écologie Pierre Januel

 

- Christian Sunt (MOC)
- Jean Luc Pasquinet (MOC)
- Rémy Cardinale (PPLD)
- Gilles Robert (PPLD)
- Elodie Garcia (PPLD)

 

Au sujet des différences entre les programmes d’Europe écologie et du PPLD, les Verts notent plusieurs différences notamment

  • L’absence de référence aux questions médias et publicité (mis à part dans la partie santé), ces sujets n’étant pas de la compétence de l’Union européenne. Ces sujets se retrouvaient dans le programme de 2007
  • La dissolution des instances internationales type FMI, OMC, G8. La position des Verts et d’Europe écologie est l’hiérarchisation de ces organisations qui seraient placées sous l’égide d’une ONU profondément réformée.

Le MOC note 4 points

  • La question de la conversion ou de la reconversion de la société industrielle basée sur l’automobile
  • La différence entre régulation et autogestion
  • La différence entre anticapitalisme et antilibéralisme
  • La réalité des positions antinucléaires des Verts

Sur l’automobile les Verts et Europe écologie sont clairement pour mettre un terme à la civilisation de la voiture comme objet central de nos sociétés. Cela nécessite un accompagnement et une conversion des salariés travaillant dans ces secteurs. Cela nécessite des véhicules plus propres (bridage, recherche) mais surtout moins de véhicules. D’où la nécessité de repenser l’organisation territoriale et d’augmenter les transports collectifs. De même, le MOC comme le PPLD sont contre le Tout-voiture pas contre la voiture.

 

Les Verts remarquent que le socialisme écologiste démocratique n’a pas encore été théorisé.

 

Sur le combat antinucléaire, ce combat est toujours l’un des piliers des écologistes. Les Verts sont pour une sortie du nucléaire affirmée dans le programme d’Europe Ecologie.

 

Le MOC est pour une sortie la plus rapide possible du nucléaire étant donné qu’un accident étant possible en permanence il ne peut y avoir d’enjeux économiques et financiers qui présideraient à un scénario de sortie, tout au plus la nécessité de maintenir une production d’électricité suffisante dans le nouveau contexte permis par une victoire des antinucléaires

 

Les Verts soulignent les difficultés d’un scénario d’arrêt immédiat. Il importe d’emmener une majorité culturelle et politique sur la sortie du nucléaire, comme l’ont fait les Verts allemands. Sur l’énergie, Les Verts rappellent que le programme d’Europe écologie n’est qu’un programme de mandature européenne. Si tous les participants à la rencontre sont d’accord sur les objectifs d’une conversion vers une société sobre, il subsiste des divergences sur le chemin à prendre.

 

Europe écologie est le résultat d’un compromis. Ils soulignent que certains leaders du mouvement ont pu évoluer dans leur positionnement et n’ont jamais revendiqué la pureté et la perfection idéologique. Les Verts et Europe écologie s’opposent à une recherche de perfectionnement politique qui conduirait à empêcher tout compromis démocratique et à refuser toute possibilité d’évolution, pourtant nécessaire de la population la plus large possible.

 

Le PPLD interroge sur les soutiens des Verts au Vélib. Les Verts rappellent leur position en faveur d’un nombre de vélo important mis en libre-service, mais se sont clairement opposés au modèle Decaux choisit à Paris.

 

Le PPLD demande si Les Verts interrogent le train de vie des populations occidentales. Les Verts rappellent leur engagement en faveur du partage du temps de travail, sans diminution des bas salaires, confirmé dans le programme d’Europe écologie. Ils soulignent également leur engagement en faveur de la sobriété qui passe par une remise en cause civilisationnelle.

 

Le MOC et le PPLD souhaitent une clarification des Verts et d’Europe écologie sur le TCE et le traité de Lisbonne Sur le TCE, les Verts se sont divisés au sujet des traité, le OUI l’emportant dans la consultation interne, certains des leaders ayant voté NON. Ils ont fait le bilan du référendum et de la division du NON qui n’a pas su porter un projet commun. L’ensemble des candidats d’Europe écologie, de José Bové à Dany Cohn-Bendit souhaitent dépasser le débat sur le TCE en s’accordant sur un projet européen commun et en souhaitant un nouveau processus constituant (avec une constitution approuvée par référendum le même jour par l’ensemble des peuples européens par majorité de citoyens et d’états. En cas d’approbation, le traité serait adopté. Les pays ayant voté contre, organiseraient un deuxième référendum avec une l’alternative suivante : adoption du traité ou sortie de l’Union, comme cela fut le cas pour la Bavière et la constitution allemande ou Rhodes Island aux Etats-Unis).

 

Le MOC et le PPLD demandent également la position des Verts et d’Europe écologie sur le protectionnisme. En effet la relocalisation de l’économie, indispensable à une maîtrise des usages par les usagers, nécessite de sortir des accords de libre échanges et des traités européens qui mettent en règle absolu la concurrence libre .La souveraineté des peuples ne saurait être uniquement alimentaire. Pour les Verts et Europe écologie, ce concept pose problème, à cause de la dimension xénophobe qu’il peut porter et des significations contraires qu’il peut porter. Ils ont abordé la question sous l’angle de la reterritorialisation de l’économie et la conditionnalité sociale et environnementale pour l’accès au marché européen.

 

Le MOC interroge la position des Verts sur leur soutien à la ligne TGV Lyon-Turin. Les Verts rappellent leur opposition au tout TGV mené par la SNCF, souhaitent un développement des dessertes locales et du fret. Ils se sont mobilisés dans de nombreuses régions et ont obtenus la réouverture de lignes fermés.

 

Le MOC pose la question de la suppression de la PAC. En effet ,nous nous interrogeons sur la nécessité d’une « Politique Agricole commune » qui n’a comme seule but de maintenir concurrentielle l’agriculture européenne , au détriment des agricultures du Sud, des paysans européens , des pratiques alimentaire des peuples ,de l’environnement et de la santé publique. Au contraire d’une « agriculture commune » le MOC demande une politique agricole qui permette l’autonomie alimentaire des communautés , maintienne sur le territoires des millions de paysans pour une agriculture vivrière ,agro-écologique ,de proximité Pour les Verts et Europe écologie la PAC est un levier au service d’objectif. Il s’agit d’orienter la PAC sur des objectifs écologistes (reterritorialisation, saisonnalité, fin du productivisme, souveraineté par grandes régions) plutôt que de demander une suppression pure et simple. Une politique agricole commune ne signifiant pas une politique identique et uniforme sur tous les territoires.

 

Le MOC pose la question des suites du rassemblement des écologistes. Il souhaite qu’émerge une écologie qui rompe avec le modèle de développement capitaliste et s ’autonomise d’une gauche gestionnaire productiviste.

 

Pour Europe écologie, il sera indispensable de perpétuer un lien avec les parlementaires qui seront élus après la campagne du rassemblement Pour les Verts, il y a un souhait de continuer ce processus et de poursuivre la dynamique d’ouverture. Rien n’est pour autant formalisé et prévu.

Les Verts rappellent l’exclusion de toute alliance à droite. Les alliances à gauche ne sont pas non plus automatiques et ils souhaitent porter l’autonomie de l’écologie dès que les conditions le permettent. Mais il y’a de la part des Verts une volonté de participer à la construction de politiques publiques, du fait justement de la réalité de la crise écologique. Cette participation ne peut se faire sans condition. Les Verts ont également tiré le bilan de l’expérience de la gauche plurielle au gouvernement.

 

Les Verts demandent au MOC et au PPLD quelles seront leurs positions lors des élections européennes. Le MOC et le PPLD annoncent la volonté de faire des listes autonomes au sein de l’ADOC dans au moins cinq régions, malgré le coût important d’une telle campagne.

 

 

Paul Ariès :

"Rendre la décroissance désirable."

 

Décroissance Voici une interview de Paul Ariès, politologue et écrivain, directeur de la publication Le Sarkophage.

Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, à l'occasion du Contre-Grenelle de l'environnement, organisé à Lyon.

 

 

 

Comment un partisan de la décroissance traverse-t-il la période actuelle, frappée par une crise financière, économique et sociale ?

 

D’un côté, cette crise repousse toujours plus loin le sentiment d’urgence écologique… L’heure est à défendre le pouvoir d’achat et les emplois. On repousse à demain l’idée qu’il faille non pas seulement mieux partager les richesses, mais aussi changer la recette du gâteau car ce gâteau est totalement indigeste socialement et écologiquement. La meilleure preuve en est la relance de l’industrie automobile. On sait que la voiture est condamnée écologiquement mais on continue à la favoriser. Cette crise risque aussi de renforcer le sentiment d’impuissance : chacun sait bien que le ciel risque de nous tomber sur la tête mais on ne sait pas quoi faire. D’un autre côté, la crise actuelle montre que nous avons vécu sur des mensonges depuis des décennies. Non, il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. Non, on ne peut pas toujours accélérer sans que cette vitesse ne finisse par être insupportable. Non, l’avenir n’est pas au village planétaire mais à une Europe où chaque pays aurait ses propres moyens de vivre. Les gens ne croient plus en des lendemains radieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.

 

Les jeunes ont aussi ce sentiment d’être les laissés-pour-compte de cette société d’abondance. Ils parlent avec colère de leur appartenance à la génération des bac + 5 à 1 000 euros. Les idées de la décroissance sont donc beaucoup plus facilement compréhensibles. Il va falloir apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Il faut organiser le ralentissement de la société et sa relocalisation. Il faut retrouver individuellement et collectivement le sens des limites.

 

La crise apparaît-elle comme une bonne nouvelle pour les objecteurs de croissance ?

 

La crise n’est pas une bonne nouvelle, ni une revanche, pour la décroissance. Je n’ai cessé de combattre l’idée d’une pédagogie des catastrophes chère à l’économiste Serge Latouche. Les crises accouchent en effet plus souvent d’Hitler et de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, comme le prouve la relance du nucléaire. La crise est génératrice de misères matérielles mais aussi morales. Hannah Arendt disait qu’il n’y a rien de pire qu’une société fondée sur le travail sans travail. J’ajouterai qu’il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. La crise est donc porteuse à la fois du pire et du meilleur.

 

A quoi ressemblerait ce meilleur ?

 

La crise peut être l’occasion de démentir tous ceux qui rêvent d’une société d’abondance. Elle peut être l’occasion pour la gauche de rattraper son retard théorique. La gauche mondiale est en effet dans une impasse politique car elle campe encore dans l’idée qu’il faudrait faire croître le gâteau (PIB) avant de pouvoir le partager plus équitablement. Les objecteurs pensent, au contraire, que puisqu’il n’est plus possible de faire croître le gâteau, la question du partage des ressources, sans cesse repoussée, devient plus que jamais incontournable.

 

C’est-à-dire ?

 

La première des décroissances que nous voulons est celle des inégalités sociales car c’est la condition première pour que les autres décroissances puissent être acceptables. Pas seulement par souci de justice sociale mais pour casser la logique actuelle d’imitation des modes de vie des classes aisées par les classes moyennes, car ce mode de vie petit-bourgeois n’est tout simplement pas généralisable. Puisqu’on ne pourra pas tous demain vivre comme des riches, il faut donc redevenir des «partageux». Puisque la planète ne pourra pas supporter trois milliards d’automobilistes, il faut sortir de la civilisation de la voiture et développer des transports en commun urbains quasi gratuits.

 

La crise actuelle est une crise systémique. Il n’est donc pas possible de penser trouver une issue en réglant quelques dysfonctionnements. J’avais montré dans Décroissance ou barbarie [éd. Golias] que la crise qui s’annonçait était autant une crise financière, économique, sociale, politique, institutionnelle que symbolique. Nous devons donc être capables de répondre à tous ces niveaux. Ce qui fait lien c’est la perte du sens des limites. Notre société capitaliste et productiviste a totalement sombré dans la démesure.

 

Un individu incapable de se donner des limites va nécessairement les chercher dans le réel : conduites à risque, toxicomanies, suicides, etc. Pour une société, c’est la même chose : incapable de se donner des limites, elle va aussi les chercher dans le réel : explosion des inégalités, épuisement des ressources, réchauffement planétaire, etc. La grande question est donc notre capacité à renouer avec le sens des limites, ce qui suppose d’en finir avec l’économisme et l’idéologie du progrès. Il faut au contraire faire primer la culture et le politique. La culture qui nous immunise contre les fantasmes les plus archaïques (toute-puissance, idée d’un monde sans limite), et la politique comme définition de la loi, première limite que nous rencontrons dans la société.

 

Cette crise est l’occasion idéale pour, peut-être, ouvrir la voie à toutes ces réflexions…

 

Le bilan de la crise au regard de nos thèses est en fait contradictoire. Sur le versant positif, on peut citer une prise en compte de nos questionnements par différentes sensibilités politiques, sociales, écologiques et par de grandes institutions comme la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] qui demande, par exemple, un moratoire sur les OGM ou par l’ONU qui rappelle que le problème n’est pas de produire plus d’aliments mais d’éviter d’en gaspiller le tiers.

 

Une nouvelle gauche écologiste se cherche, mais elle n’est pas encore à la hauteur des enjeux. Elle ne sait pas encore comment concilier les contraintes environnementales avec son souci de justice sociale et le besoin de reconnaissance (de dignité) face à une société du mépris. Elle propose donc sa propre version rose, rouge ou verte de la croissance face à la croissance bleue de Sarkozy. Einstein disait que lorsqu’on a la tête sous forme de marteau on voit tous les problèmes sous forme de clous. Il faut donc changer notre façon de penser, décoloniser notre imaginaire de consommateur. Le «toujours plus» n’est pas la solution ni dans le cadre du capitalisme, ni dans celui du socialisme. On n’a jamais autant parlé de «revenu minimum garanti» ni de «revenu maximal autorisé». Même Obama se dit partisan d’un salaire maximum annuel de 200 000 dollars.

 

D'obama à Borloo, tout le monde pique des idées aux objecteurs de croissance. Ca sent l'effet de mode, non?

Tout le monde se veut aujourd’hui écolo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l’environnement. Conséquence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oublié. Le pire est lorsque la décroissance passe dans certains médias pour être un discours d’adaptation à la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la récupération dans les poubelles pour les plus pauvres. La décroissance n’est pas une stratégie d’adaptation individuelle ou collective à la misère du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l’espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.

 

Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre à mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l’union sacrée pour sauver le système. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce système est foncièrement mauvais, immoral et dangereux.

 

Les objecteurs de croissance semblent avoir du mal à se constituer politiquement. Comment l’expliquez-vous ?

Nous avions proposé au Front de gauche (Parti de gauche et PCF) et au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de faire régionalement exception en accordant une tête de liste pour les européennes à un objecteur de croissance afin de montrer que la gauche en a fini avec son productivisme. Le grand danger serait que des forces politiques instrumentalisent certains de nos thèmes pour tenter de se verdir. Mon espoir était que les partis des gauches prennent au sérieux les questions que pose la décroissance ainsi que les débuts de réponses que nous apportons depuis des années. L’échec des négociations avec le NPA d’une part, et le Front de gauche, d’autre part, prouve que ces gauches ne sont pas encore à la hauteur des enjeux historiques.

Elles ne sont pas encore prêtes à rompre totalement avec leur passif productiviste ou ne croient pas que les gens y seraient prêts. Nous avions suggéré au Parti de gauche de se dire Parti de gauche écologiste… Nous aurions aimé que le NPA se nomme Nouveau Parti anticapitaliste et antiproductiviste (NP2A). On nous a répondu que l’écologie allait suffisamment de soi pour ne pas avoir besoin d’être dite. On a même ajouté qu’il faudrait alors se dire antiraciste, antisexiste comme si la gauche avait été sexiste et raciste de la même façon qu’elle fut et reste productiviste et consumériste. Les milieux de la décroissance sont aussi responsables de cet échec par leur immaturité politique, par leur sectarisme idéologique ou leur refus de tout engagement politique.

 

Pourquoi faire parti ?

 

Se compter est d’abord une contrainte politique en démocratie. Si la vérité est en partage, donc aux suffrages, nous devons affronter le suffrage universel. Nous le devons d’autant plus que nous avons confiance dans la force de nos idées, dans la capacité à convaincre et à gagner une majorité de citoyens à notre combat. S’organiser est aussi la seule façon, aujourd’hui, d’être reconnu comme partenaire. Pour l’instant, la seule utilité des objecteurs de croissance est d’obliger l’ensemble des forces politiques à se positionner face à cette mutation civilisationnelle. Il y aura ensuite des décroissances de gauche et d’autres de droite et même d’extrême droite.

 

J’appartiens de cœur et de raison à la gauche et elle reste ma famille de pensée. Je pense cependant que ce passage par l’objection de croissance lui est indispensable. Sinon, la gauche est condamnée à disparaître non seulement en raison de la montée en puissance des nouveaux démocrates, mais aussi en raison de son incapacité à en finir avec son passif et son passé productivistes. La gauche doit devenir écologiste au moment même où le terme est vidé de son sens. La seule façon aujourd’hui d’être partisans de l’écologie politique, c’est d’être pour l’objection de croissance.

 

Comment s’articule la décroissance ?

 

Selon trois formes de résistance. D’abord, la simplicité volontaire qui consiste à vivre en conformité avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement nécessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent à des petits matins blêmes, on n’a finalement pas changé grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler à temps partiel, etc.

 

Mais si nous ne faisions que cela, la simplicité volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs à se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, à jouer à «plus-décroissant-que-moi-tu-meurs». La décroissance passerait alors d’un discours politique à une logique religieuse.

 

Le second piège serait d’entériner la division de la société et sa tendance à la dualisation. Notre but n’est pas de vivre entre nous une utopie concrète, il est de changer fondamentalement la société. Ensuite, les expérimentations collectives sont également indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au cœur de la société.

Nous devons cependant être conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacité de récupération. Il a détourné l’idée de microcrédit pour étendre la marchandisation. Il a dénaturé l’agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisième niveau de résistance, politique cette fois, est nécessaire.

 

Lequel ?

 

Nous devons inventer un paradigme politique capable d’articuler la prise en compte des contraintes environnementales avec le souci d’égalité sociale et le besoin de reconnaissance face à une société qui fonctionne toujours plus au mépris. L’idée d’une gratuité du bon usage face au renchérissement, ou à l’interdiction du mésusage, me semble constituer le socle de toute refondation d’une véritable alternative politique.

 

Non seulement parce qu’elle permet de répondre aux enjeux anticapitalistes et antiproductivistes, mais aussi parce qu’elle est à même de susciter le désir puisque nous portons la gratuité chevillée au corps. L’eau potable va devenir toujours plus rare au XXIe siècle, raison de plus pour en rendre son usage normal gratuit et pour interdire son mésusage, comme le gaspillage et pas seulement dans les golfs…

 

Quelle est la définition objective de l’usage et du mésusage ?

 

C’est aux citoyens de décider à tous les niveaux ce qu’est une consommation normale ou abusive. La décroissance est donc une façon de donner du grain à moudre à la démocratie participative, sinon elle ne sera qu’une illusion incapable de mobiliser le peuple et de lui rendre le pouvoir.
Pour cela, il faudrait réussir à prendre le pouvoir…

 

Si nous échouons politiquement, c’est aussi de notre faute. Nous sommes dans une période de recomposition totale, la gauche est toujours dans une impasse : le non majoritaire de la Constitution européenne ne sera pas, ou peu, représenté aux prochaines européennes.

 

On peut reprocher tout ce que l’on veut à la société consumériste, mais on n’arrivera à sa cheville en matière de désir. Cette société sait capter le désir : nous sommes tombés dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la décroissance, reste à rendre le projet désirable.


Six Pieds sur Terre Blog Libé 04.05.2009

 

 

 

****************

 

 

Paul Ariès,

le productivisme

et le NPA

 


Le quotidien Libération vient d’accorder un très long entretien à Paul Ariès, un des plus intéressants théoriciens de la décroissance.  Il confirme qu’il a proposé au NPA de lui accorder une tête de liste aux élections européennes, « afin, dit-il, de montrer que la gauche en a fini avec le productivisme ».  Comme sa candidature n’a pas été retenue, il en tire la conclusion que le NPA n’est « pas encore à la hauteur des enjeux historiques ».

 

J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les pensées pionnières. Paul Ariès, comme Serge Latouche, comme avant eux René Dumond, sont d’indispensables précurseurs dans un monde où la pensée unique colonise et étouffe nos imaginaires. Mais, est-ce la déception de ne pas être candidat, je trouve que Paul Ariès tire des conclusions qui ne sont pas conformes à sa rigueur habituelle.

 

Il connaît parfaitement le formidable bond qualitatif qui s’est produit entre la décision de la LCR de se dissoudre et la fondation du NPA. Il connaît, pour avoir publié en janvier dernier dans son propre journal mon article sur l’écosocialisme, le débat qui nous conduisons sur une alternative au productivisme. L’intellectuel scrupuleux qu’il est ne peut pas ne pas avoir lu les principes fondateurs qui sont issus de ces débats et que nous avons adoptés lors de notre congrès.

 

Alors, j’ai envie de vous dire, Cher Paul, que le NPA mérite beaucoup mieux que ce renvoi aux archaïsmes d’une gauche qui n’est pas la nôtre. Relisez ces extraits ci-dessous de nos principes fondateurs et convenez que nous méritons mieux que des propos inspirés manifestement par une déception personnelle  que je vous souhaite passagère :

 

« À l’évolution du capitalisme et l’extension de la sphère marchande à l’ensemble de la planète, correspond une crise écologique sans précédent. Si des sociétés humaines ont déjà eu à faire face à des crises environnementales du fait d’une utilisation non rationnelle de leurs ressources, c’est la première fois qu’une crise prend une telle ampleur, qu’elle concerne désormais tous les habitants de la planète et qu’elle amplifie d’autant les inégalités sociales.

 

Le socialisme que nous voulons : un écosocialisme

 

Pas plus qu’il n’y a de bon capitalisme productif, il ne peut y avoir de bon ” capitalisme vert “. Parce qu’elle seule rendra possible des choix économiques démocratiques et rationnels, pris dans l’intérêt du plus grand nombre, la rupture avec le capitalisme est une condition nécessaire afin de stopper la crise écologique dont les effets catastrophiques commencent à se multiplier. Dans le cadre d’une nouvelle organisation de la société, dont la finalité sera l’utilité sociale et non plus le profit, les producteurs et les citoyens, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité, et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux : c’est un écosocialisme. Seule une société délivrée de la dictature du capital sera en mesure de réconcilier l’être humain et la nature.

 

Nos positions face à l’urgence écologique

 

L’urgence écologique implique de rejeter l’idée d’une expansion illimitée et dévastatrice de la domination de l’humanité sur la nature et par conséquent de toute forme de productivisme. Sur les questions climatiques, énergétiques et alimentaires, inverser la logique de destruction de la planète exige une planification démocratique. En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire.

L’eau, l’air, la terre et le vivant sont des biens communs non privatisables. 

La maîtrise de leurs usages doit être au cœur de nos préoccupations.

Pour cela, les transports, l’eau, l’énergie, doivent être gérés par des services publics contrôlés par les salarié-e-s et les usagers, pour satisfaire les besoins sociaux, économiser les ressources et préserver l’environnement.

Nous luttons pour une sortie rapide de l’utilisation de l’énergie nucléaire.  

L’agriculture n’a pas échappé aux effets dévastateurs du capitalisme en sacrifiant les paysans partout dans le monde au profit de l’agro-business et des spéculateurs de l’agriculture.

 

Il est urgent de mettre en place la souveraineté alimentaire, de redonner au territoire agricole sa vocation de production de biens alimentaires sains et de qualité, d’aménagement dans le respect de la terre et de l’espace rural.

Le maintien de paysan-ne-s, nombreux et vivant de leur travail dans une campagne vivante, favorisera la reconstruction du tissu social en milieu rural.

Le NPA s’oppose à toute production d’OGM. »

 

(extraits des principes fondateurs du Nouveau Parti anticapitaliste, adoptés lors de son congrès de fondation, du 6 au 8 février 2009)

 

Blog de Raoul-Marc Jennar

 

 

Appel de Paul Ariès et Vincent Cheynet, objecteurs de croissance, au Front de gauche et au NPA

 

Vincent Cheynet est le rédacteur en chef de la Décroissance
Paul Aries est le directeur de la rédaction du Sarkophage

 

L'écologie politique est menacée de disparition coincée entre une droite Grenello-compatible et des Verts ralliés à Dany-le vert métamorphosé en Dany-l'orange. La gauche radicale est aussi menacée de disparition comme le note Jean-Luc Mélanchon en raison de l'alignement du parti socialiste sur l'idéologie des "nouveaux démocrates". Nous qui ne voulons ni d'une troisième voie socialo-libérale ni d'une troisième voie écolo-libérale nous devons nous unir.

Les milieux de la décroissance et de l'antiproductivisme lancent depuis Lyon un appel solennel au Front de Gauche et au NPA. Les Objecteurs de croissance sont prêts à prendre toute leur place au sein de cette convergence pour dire Non à l'Europe libérale et productiviste et pour avancer vers un projet assumant à la fois les contraintes environnementales, la justice sociale et lutte contre la société du mépris.

Cette crise peut être l'occasion historique de rappeler que l'enjeu n'est pas de relancer la machine pour faire grossir le gâteau mais d'en changer la recette. Nous nous félicitons de l'appel du Parti de gauche à remettre en cause le nucléaire.

Nous revendiquons avant tout une décroissance des inégalités sociales en mettant en débat l'idée d'un revenu minimum garanti européen couplé à un revenu maximal. Nous voulons faire du réseau international des Villes lentes et de Slow Food les exemples d'une politique de relocalisation et de réappropriation de nos vies. Il est possible de rendre notre projet désirable par le plus grand nombre.

Si aucun accord national n'est possible entre le NPA et le Front de gauche, les objecteurs de croissance, les réseaux anti-productivistes et anticonsuméristes, qui débattent, depuis des semaines, avec les uns et les autres dans la perspective d'une participation aux élections européennes appellent à faire régionalement exception.

La région Rhône-Alpes peut devenir pour des raisons historiques un lieu d'expérimentations politiques de cette gauche radicale qui assume pleinement la remise en cause des modèles croissancistes et productivistes. Nous proposons de réserver une tête de liste régionale à un objecteur de croissance afin de témoigner que la gauche en a fini avec son passif productiviste et permettre ainsi ce mariage si difficile entre les questions écologiques et sociales.

Les objecteurs de croissance font cette proposition parce qu'ils sont justement convaincus que la décroissance n'est pas la petite grenouille qui aurait vocation à devenir aussi grosse que le boeuf, parce qu'ils savent que les questions qu'ils posent sont incontournables pour reconstruire une alternative.

Aux partis de gauche de prouver qu'ils prennent au sérieux la question écologique et que face au "capitalisme vert", ils ont vraiment du neuf à construire. Les Objecteurs de croissance veulent croire en cette convergence possible. Nous devrons autrement en tirer les leçons et travailler avec tous les anti-productivistes pour nous doter d'un outils politique capable de porter notre projet.

 

Compte-rendu de la rencontre entre le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), le Mouvement « les Objecteurs de Croissance » (MOC) et le Parti Pour La Décroissance (PPLD) le 24 février à Paris

 

 

Pour la première fois, nos trois organisations se sont rencontrées afin de mieux se connaître, d’échanger sur le fond politique les propositions des uns et des autres...
CR_MOC-NPA-PPLD_24.2.09.pdf
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Vendredi 13 février 2009,

le Mouvement « les Objecteurs de croissance » et le Parti Pour La Décroissance se sont rencontrés à Paris.

 

Cette rencontre a permis de faire un point sur la situation de la Décroissance en France. Le mouvement de la Décroissance s’est beaucoup développé depuis le début des années 2000 à travers différents groupes et collectifs.
Aujourd’hui, cela se traduit par des actions diverses et variées mais complémentaires à différents niveaux dont le Mouvement « Les Objecteurs de Croissance » (MOC) et le Parti Pour La Décroissance (PPLD) sont parties prenantes.


Toutefois, il nous semble que la Décroissance fait face à une crise identitaire depuis au moins 2006, et qu’elle se cherche une organisation lui permettant de devenir une force politique en France.

 

Ces deux groupes d’objecteurs de croissance se retrouvent dans une volonté commune de construire un nouveau projet de société économiquement, écologiquement et humainement  souhaitable. Le but est de rompre avec les modèles productivistes et développementistes qui nous mènent dans le mur.

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Au sein du MOC on retrouve des objecteurs de croissance organisés en réseaux, impliqués dans des démarches locales et expérimentales mais aussi politiques avec la mise en place de groupes de travail et de réflexions de fond.

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logo-ppld

 

A travers une structure différente, les membres du PPLD souhaitent que ces valeurs soient portées sur la scène politique en participant aux débats démocratiques et aux élections. Le PPLD est organisé en s’appuyant également sur des collectifs locaux et indépendants.
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Le MOC et le PPLD, s’accordent sur une vision de la Décroissance qui implique trois niveaux d’actions : individuel (simplicité volontaire), expérimentations collectives (AMAP, SEL, villes lentes…) et projet politique.


Nous sommes convaincus que c’est en agissant sur ces trois leviers que nous parviendrons à créer une véritable alternative politique.

 

En décembre dernier, quatre objecteurs de croissance (Paul Ariès, Rémy Cardinale, Vincent Cheynet et Vincent Liegey) ont lancé un appel à la constitution de listes Décroissance aux prochaines élections européennes (Europe-Décroissance). Aujourd’hui, cet appel a été signé par plus de 1 400 objecteurs de croissance.

 

Le MOC et le PPLD souhaitent proposer à ces signataires de constituer ensemble des comités de listes pour les élections européennes et défendre notre projet de société.

 

Nous vous invitons donc toutes et tous à venir reconstruire avec nous la société de demain.

 

 

Pour des listes décroissance aux européennes de 2009

 

 

Nous ne sommes pas dupes : le “développement durable” ou “le capitalisme vert” promus, par exemple, lors du “Grenelle de l’environnement”, ne sont qu’une façon de relancer la fuite en avant dans la croissance infinie. Portée par la liste de Daniel Cohn-Bendit, la version ultra-light de la « décroissance » prônant de “scinder les flux entre la croissance économique et la croissance des flux de matière et énergétique” est une ultime escroquerie destinée à vider la décroissance de son sens politique et à récupérer l’avancée de ces thèses dans la société (...)

 

Nous voulons une Europe du partage, ouverte sur le monde. Une Europe qui reconnaît ses crimes liés au colonialisme, celui d’hier et d’aujourd’hui. Une Europe de l’égalité dans la promotion de la diversité de ses cultures. Une Europe veillant sur la nature comme on cultive un potager. Une Europe où chacun d’entre nous sera considéré avant tout comme un être humain et non pas un petit soldat de l’économie dont le seul horizon est de consommer et produire chaque jour davantage. Une Europe qui ne soit pas une entreprise dont la réussite se mesure à l’aune de l’augmentation du PIB mais une communauté solidaire chez elle comme solidaire au monde. 

 

SIGNER L'APPEL

 

 

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"Objecteurs de croissance"

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"Réflexion sur la décroissance"

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Qu'est-ce que la décroissance ?

"La décroissance n’est pas un concept mais un « mot-obus » pour mettre à bas l’idéologie de la croissance pour la croissance. Cependant la décroissance n’est pas le contraire de la croissance économique, elle n’est donc pas la récession, car il n’y a rien de pire que l’inverse de la croissance dans une société de croissance. La décroissance n’est donc pas un autre modèle économique, ni même une politique économique alternative. Pour mieux comprendre la signification du mot d’ordre de « décroissance », on devrait même parler d’« a-croissance » comme l’on parle d’a-théisme. La mouvance de la décroissance entend ainsi faire décroître l’empreinte écologique de nos sociétés, tout en remettant en cause l’économisme qui empreint nos imaginaires collectifs et individuels. C’est-à-dire qu’il faut par la décolonisation de notre propre imaginaire « sortir de l’Economie » pour la remettre à sa place, c’est-à-dire la réenchâsser dans le social et le politique, et plus largement dans nos vies. Pour une société où il y ait « plus de liens et moins de biens ! »

C’est aussi l’idée de ne produire que ce qui est vraiment utile et de trouver des modes de productions moins polluants et qui nécessitent moins de travail. Nous voulons être responsable et gagner notre autonomie.

C’est surtout, maintenant que nous approchons sensiblement des limites de notre écosystème, l’idée d’apprendre à vivre avec lui au lieu de le détruire."



Voyage dans la galaxie décroissante

 

La décroissance : le terme interpelle, pose question, se retrouve dans des endroits improbables et prend bien des gens au dépourvu.


LIRE l'article de Fabrice FLIPO

 

 

 

vendredi 16 janvier 2009, de 19h30 à 21h00

 

Conférence sur la décroissance

 

 

 

Conférence “Le Choc de la décroissance”, animée par Vincent Cheynet et organisée par le Collectif parisien pour la décroissance. Mairie du 2e arrondissement, 8 rue de la Banque, métro Bourse. Entrée libre.

 

Le but de cette soirée, au delà de la présentation du dernier livre de V. Cheynet, sera d’ouvrir un débat autour de la décroissance, en particulier dans les grandes villes.


“Alors que 20 % des humains s’accaparent plus de 80 % des ressources naturelles de la planète, que les capacités de celle-ci à absorber les pollutions que nous émettons ont largement été dépassées et que les ressources fossiles s’épuisent, avons-nous encore le choix, dans les pays riches, entre croissance et décroissance ? La croissance «verte», «propre», «dématérialisée», ou le «développement durable», présents dans la bouche de toute notre représentation politique, ne sont-ils pas autant d’opérations cosmétiques qui nous empêchent de regarder la réalité en face et nous conduisent à accentuer une folle fuite en avant ?


Un enfant de cinq ans comprend qu’une croissance infinie est impossible dans un monde aux ressources limitées ; pourtant, de cette réalité, notre société fait un véritable déni. Sans relais dans les grands médias, des intellectuels, des militants et quelques rares hommes et femmes politiques tracent de nouvelles perspectives et réfléchissent à l’incontournable décroissance économique des pays riches. Ils théorisent leurs idées et les expérimentent aux niveaux individuel, collectif et politique. Ils cherchent aussi à mettre en lumière les écueils et les dérives de cette perspective en rupture profonde avec l’idéologie d’un monde sans limites qui traverse désormais notre société. L’auteur, un des acteurs majeurs de ce mouvement en France, fait partager ici son analyse pour une décroissance, certes en rupture radicale avec l’imaginaire de la société de consommation, mais profondément inscrite dans les grands mouvements d’émancipation de cette société.”

 

http://ocparis.canalblog.com/

 

 

 

"Travaillerons-nous toujours à nous procurer davantage, et non parfois à nous contenter de moins ?"

 

Henry David THOREAU

 

 

 

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 Tablettes de chocolat sans sucre au Salon du goût à Turin, le 24 octobre 2008
Tablettes de chocolat sans sucre au Salon du goût à Turin, le 24 octobre 2008

Face à la crise, les gastronomes de Slow Food prônent la décroissance

 

 

TURIN | Face à la crise qui balaye la planète, le mouvement écolo-gastronomique Slow Food, qui tient salon à Turin (nord) jusqu'à lundi, prône la décroissance et le retour à une économie plus locale et durable.

afp | 25.10.2008 | 15:21


Face à la crise qui balaye la planète, le mouvement écolo-gastronomique Slow Food, qui tient salon à Turin (nord) jusqu'à lundi, prône la décroissance et le retour à une économie plus locale et durable.

"Nous sommes fatigués de cette politique de la croissance à n'importe quel prix et de cette finance canaille qui ont détruit les vraies valeurs", déclare à l'AFP le fondateur et président de l'organisation, Carlo Petrini.

Selon lui, "il est criminel que les gouvernements aient réussi à trouver 2.000 milliards d'euros pour les banques alors qu'ils ne trouvent pas l'argent pour sortir des millions de personnes de la famine".

"Cette société consumériste nous amène au gaspillage, les citoyens ont été réduits à un rôle de consommateurs. Nous avons besoin de décroissance", insiste le sociologue, qui voit dans la crise l'opportunité d'y parvenir.

"Aujourd'hui, grâce à cette crise, nous allons enfin avoir de nouveau les pieds sur terre, respecter l'économie réelle", assure cet épicurien.

Fondé en 1989, avec un escargot pour emblème, le mouvement Slow Food, anti fast-food, lutte contre l'uniformisation du goût et veut enrayer la disparition des traditions gastronomiques locales.

Fort de son succès, il compte aujourd'hui 100.000 membres dans 132 pays.

Dans les allées de son désormais incontournable Salon du goût, qui en est à sa septième édition, et du festival Terra Madre organisé conjointement, qui rassemble 8.000 agriculteurs et producteurs venus du monde entier, les produits du terroir et les curiosités les plus inattendues affolent les papilles des dizaines de milliers de visiteurs.

La liste est longue: cochon noir de Bigorre (Pyrénées, sud-ouest de la France), raisins secs d'Hérat (Afghanistan), mozzarella de lait de bufflonne confectionnée à la main, fromages au lait cru de toute l'Europe et même des Etats-Unis, poule aux oeufs bleus du Chili...

Mais la bonne chère est loin d'être l'unique préoccupation de ces "militants de la gastronomie", comme Petrini aime à les nommer.

"Slow Food est un moyen de faire de la politique. Pour nous, la solution est de revenir au local, au concret, de retrouver nos origines. La crise actuelle n'est pas palpable, les gens ne comprennent pas ce qu'il s'est passé", juge Stefano Nocetti, étudiant en master à l'université des sciences gastronomiques, créée par Slow Food et basée dans le Piémont et en Emilie-Romagne (nord).

"Cette crise, c'est du virtuel, ce n'est pas quelque chose de tangible", pense Michele Cuscusa, berger sarde, produisant des fromages de brebis bio.

"Je ne crois pas qu'elle nous touchera, nous les producteurs, car on ne peut pas se passer de manger", estime-t-il.

"Nous avons assez pour vivre, nous n'avons pas besoin de courir après les profits, quel est l'intérêt?", s'interroge de son côté Annie Castaldo, ostréicultrice sur l'étang de Thau (sud-est de la France).

Stands de café Lavazza ou de la chaîne de supermarchés Coop, parrainage de la banque Intesa Sanpaolo: au sein même du Salon, de grands groupes italiens ont pourtant aussi leur place.

"Nous sommes dans une phase de transition vers un nouveau mode de production et ce passage a aussi des moments de contradiction", reconnaît Carlo Petrini. "Nous devons être visionnaires mais aussi pragmatiques".

 

Publié dans la Tribune de Genève 31/10/2008

 

Appel à la vigilance des milieux antiproductivistes et décroissants contre l'extrême-droite.

 

"Face à l'effondrement environnemental et à la crise sociale deux dangers menacent. D'un côté, une frange des courants d'extrême-droite et de droite extrême lance actuellement une tentative de récupération tout à fait inamicale sur les milieux antiproductivistes et anticonsuméristes pour passer en contrebande leurs thèses néo-malthusiennes, eugénistes, racialistes, bref tout le bric à brac néo-fasciste habituel. Face à cet entrisme, nous, militants et penseurs de l'antiproductivisme ou de la décroissance, nous affirmons solennellement que nous n'avons rien à voir avec les émules d'Alain de Benoist, d'Alain Soral, du Front national, des catholiques intégristes, des « identitaires », etc.

Nous, antiproductivistes, objecteurs de croissance, ou qui interrogeons la notion de « richesse », nous sommes les continuateurs du long mouvement d'émancipation politique et sociale. Nous proclamons qu'on ne pourra en finir avec la domination de tous sur la planète sans remettre en cause parallèlement la domination de certains sur tous les autres...

D'un autre côté, l'urgence des crises écologiques, sociales, politiques et symboliques rend plus nécessaire que jamais que nous dépassions nos petits sectarismes idéologiques et que nous chassions tout comportement antidémocratique et chasse aux sorcières idéologiques, pour construire, ensemble, des alternatives globales à cette crise globale. Autant nous devons rester fermes sur la défense des grandes valeurs qui sont les nôtres autant nous devons admettre que notre diversité politique et idéologique constitue notre richesse. Personne ne peut prétendre avoir réponse à tout : l'avenir est à construire ensemble."

 

Paul Ariès, politologue, directeur du Sarkophage, journal d'analyse politique
Geneviève Azam, économiste, vice-présidente du conseil scientifique d'ATTAC
Jean-Claude Besson-Girard, directeur d'Entropia
Bruno Clémentin, directeur de l'IEEDS
Yves Cochet, député, ancien Minsitre
Florence Curt, éditrice
Vincent Cheynet, directeur de Casseurs de pub
Jacques Cossart, économiste, membre du conseil scientifique ATTAC
Bernard Delifer, éditeur
Sophie Divry, journaliste
Yann Fiévet, professeur de sciences économiques et sociales
Véronique Galllais, Présidente d'Action Consommation
Bernard Guibert, économiste
Jean-Marie Harribey, Economiste, Co-président d'Attac.
Georges Labica, philosophe
Gus Massiah, Président du CRID
François Schneider, ingénieur.
Jacques Testart, biologiste
Patrick Viveret, magistrat, philosophe

Collecte des signatures "

 

appelcontrelextremedroite@lesarkophage.com

 

 

 

"Demain la décroissance d'Alain de Benoist" : un livre dangereux !

 

Alain de Benoist n'est pas un faux ami de la décroissance mais un vrai adversaire. Ancien de la Fédération des étudiants nationalistes, défenseur de l'Algérie française, co-fondateur du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne GRECE), Alain de Benoist est le patron de la mouvance de la nouvelle droite. Ancien du Figaro magazine, théoricien antiraciste mais au nom d'un droit à la différence, auteur prolifique, patron DES REVUES Krisis et Éléments où il écrit également sous le pseudonyme de Robert de Herte, etc., Alain de Benoist œuvre depuis un demi-siècle à rendre l'extrême droite fréquentable.

Aussi, lorsque j'ai appris que le principal chef de file de la nouvelle droite européenne se ralliait officiellement à la décroissance en publiant un ouvrage intitulé Demain, la décroissance !1, j'ai eu mal à mes convictions, car je sais bien que pour être infiltré il faut souvent être perméable. Existerait- il donc dans nos thèses une fragilité telle qu'elles pourraient être retournées ? La décroissance pourrait-elle servir de bannière à d'autres causes et combats que les nôtres ? Se pourrait-il que les objecteurs de croissance fassent, malgré eux, un sale travail au profit de nos pires adversaires ? Là-dessus, la lecture du livre d'Alain de Benoist est plutôt rassurante : le chantre des Indo-Européens a besoin de triturer les faits et les thèses de la décroissance pour pouvoir se les approprier. Il lui faut ignorer nos débats, taire nos positions, bref, écrire un mauvais livre.
Sa manœuvre est manifeste dès le choix du titre. Notre éditeur Parangon a dû lui adresser une lettre recommandée pour qu'il renonce à utiliser le titre annoncé, qui était (par hasard ?) celui de notre propre ouvrage collectif : Objectif décroissance. Fi !, de Benoist a jeté son dévolu sur un autre titre déjà utilisé, celui du livre du bio économiste Georgescu-Roegen traduit en 19792. Belle politique d'entrisme !

 

Rien sur le social
Dès les premières phrases l'auteur commence par une contre-vérité qui nous apprend beaucoup sur ses intentions réelles : « Les sociétés anciennes avaient spontanément compris qu'aucune vie sociale n'est possible sans prise en considération du milieu naturel dans lequel elle se déroule. » Alain de Benoist n'a-t-il jamais entendu parler de l'effondrement de Babylone ou de celui de l'ile de Pâques ? Le patron du GRECE est bien trop érudit pour ignorer ces faits mais il a besoin de les nier pour soutenir sa thèse : tout le mal viendrait du monothéisme, dont le catholicisme romain, l'idéologie du progrès, la « gauche de gauche » seraient les formes les plus abouties…
L'auteur prend la peine de donner à son ouvrage une apparence de livre écologiste. Il accumule les références d'auteurs « écolos » et même « décroissants », il donne des gages d'engagement, il fait mine de participer aux débats qui secouent notre petit monde en faisant attention cependant à ne jamais répondre aux accusations portées contre ses thèses. Cette mise en scène savante cache mal le fait que son bouquin n'est que la reprise (à peine remaniée) de ses vieux textes qui en font toujours un auteur de droite extrême.
La crise écologique serait selon lui une crise « religieuse », au sens de la perte de l'âme des peuples. Cette crise ne pourrait avoir d'issue que dans le retour au paganisme car lui seul permettrait à chaque communauté organique de retrouver sa propre âme et son propre Dieu.
Cette vision profondément anti-égalitaire a naturellement sa traduction politique immédiate. Alors que les objecteurs de croissance que nous sommes n'ont de cesse de clamer que la première décroissance que nous souhaitons est celle des inégalités sociales, le gourou de la nouvelle droite ne dit pas un traitre mot sur cette question, totalement absente de son livre. Comme s'il était possible d'en finir avec la domination de tous sur la planète sans remettre en cause parallèlement la domination des uns sur les autres. Comme si l'essentiel n'était pas que 20 % d'humains (indo- européens pour la plupart) s'approprient 86 % des ressources.

 

Sus à l'égalitarisme
Alain de Benoist ne peut pas marcher dans cette direction car sa pensée est totalement marquée par sa lecture des auteurs de la décadence, comme René Guénon, selon lesquels c'est le règne de la quantité (la démocratisation) qui serait la cause de la grande crise actuelle. De Benoist n'a donc pas changé : il a toujours les mêmes amis.
Il fait toujours profession de foi anti-égalitaire. Pis : à ses yeux les inégalités constituent un bien, car elles permettraient de renouer avec les hiérarchies naturelles. Notre projet politique d'égaliser les conditions sociales est pour lui totalement inacceptable car il renforcerait, selon lui, la décadence qu'il dénonce depuis ses premiers livres : « L'égalitarisme n'égalise que par en bas et cet effondrement de tout ce qui est élevé et différencié dans tout ce qui est homogène, indifférencié, équivaut en fait à l'inversion des hiérarchies », disait-il sous son pseudo de Robert de Herte dans Éléments n°28-29.Certes, de Benoist n'aime pas plus la société économique que nous, mais pour d'autres motifs. Pour lui, la dictature de l'économie est condamnable car elle empêche les humains de reconnaitre comme principe premier ce qu'il nomme les hiérarchies, appelées sous d'autres cieux « âme des peuples » ou « système de castes ». Son but est de faire du politique « l'appropriation par l'homme d'une personnalité spécifique à l'intérieur d'une identité collective », bref, de redonner naissance aux identités : l'âme bretonne est différente nativement de l'âme savoyarde (donc imaginons un peu ce qu'il en est de l'âme juive ou africaine…). Aujourd'hui, sous prétexte de démocratie participative, d'autoproduction et de relocalisation, il vise toujours le retour à une société organiciste dans laquelle l'individu serait sans cesse rappelé à l'ordre par sa communauté. Voilà pourquoi le doctrinaire indo- européen combat ce qu'il nomme l'« universalisme et l'égalitarisme abstrait », c'est-à-dire le choix de reconnaitre l'humanité comme une. Voilà pourquoi il emprunte à l'écologie profonde la notion de "valeur intrinsèque de la nature ». Il s'agit, pour lui, de plonger l'homme dans la nature ou, mieux encore, dans sa propre nature. « L'existence de cultures et de peuples différenciés est elle-même indissociable de l'avenir de l'humanité, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'appartenance “immédiate” à l'humanité », écrivait-il en avril 2002 dans le journal italien In Fare Verde.

 

Infiltrations
Nous continuerons, nous, à penser que l'homme est ce qu'il fait et non ce qu'il serait nativement (une identité conçue comme une prison).
C'est pourquoi sa critique du « progressisme » n'est pas de même nature que la nôtre. « Les écologistes (…) doivent (...) regarder d'une autre façon les penseurs de droite qui, souvent avant eux, ont également dénoncé l'idéologie des Lumières » (p. 79). Allons donc. De Benoist expliquait déjà dans Vu de droite (1977) ce qu'il entendait par la possibilité de dépasser le clivage gauche-droite : faire des hommes et des femmes de gauche des personnes de droite : « Pour l'heure, les idées que défend cet ouvrage sont à droite ; elles ne sont pas nécessairement de droite. Je peux même très bien imaginer des situations où elles pourraient être à gauche. Ce ne sont pas les idées qui auraient changé, mais le paysage politique qui aurait évolué. »
Parce que de Benoist pense que la décroissance a un avenir, il aimerait l'utiliser pour passer en contrebande ses thèses inégalitaires. L'auteur n'en est pas à sa première OPA sur les idées qui montent. En utilisant déjà pour cela un verbiage trompeur, il a tenté d'infiltrer autrefois le tiers-mondisme par son bouquin Europe, tiers monde, même combat (1986), puis l'anti- utilitarisme, obligeant Alain Caillé, le fondateur du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS), à publier une « lettre ouverte à Alain de Benoist, précisant une fois pour toutes que le MAUSS n'a rien à voir avec la Nouvelle Droite3 ».


Les idées d'Alain de Benoist proviennent toujours de cette même idéologie nauséabonde, même si provisoirement il se croit obligé de les colorer d'écologie et même de décroissance. Osons le dire : nous ne souhaitons pas le dialogue avec de Benoist et nous sommes prêts à croiser encore et toujours le fer dans ce combat multiséculaire des mêmes contre les mêmes.

 

Paul Ariès, article publié dans le journal La décroissance, février 2008

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LIVRES et BROCHURES à télécharger :

"Les argumentocs" Répondre aux lieux communs de la Croissance et du Progrès
« Vous rejetez toute science, tout progrès, toute technologie : vous êtes obscurantistes ! »
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Eric DROOKER, peintre américain militant qui met en ligne ses illustrations personnelles (indiquer le site en cas d’utilisation)


"Les illusions du progrès technique"
La course au high tech, ses conséquences et ses alternatives

Téléphone portable, automobile, ordinateur, console de jeux, lecteur MP3... Nous vivons dans un monde où la technologie est omniprésente, son évolution spectaculaire. Pourtant, le progrès technique est-il forcément synonyme de progrès social ? Quelles sont les conséquences sociales et environnementales de la course au high tech ? Quelles sont ses alternatives ?

 

 

 

Les illusions du progrès technique
Téléphone portable, automobile, ordinateur, console de jeux, lecteur MP3...
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Le développement durable, quelle drôle d’idée ! Ça euphémise dans nos tubes cathodiques ! Brochure de "Chiche !"
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ASSOCIATION "ENFANCE EN DANGER" NON AUX VIOLENCES À LA TÉLÉ aux heures d’écoute des enfants
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Pratiques de la décroissance
INSTITUT UNIVERSITAIRE D’ÉTUDES DU DÉVELOPPEMENT Genève mai 2005
Pratiques de la décroissance.pdf
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Manger, habiter,


produire, consommer;


vivre


autrement à la portée de


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