CARREFOUR ANTICAPITALISTE Gauche radicale écologiste

Michael Moore :

« Ce que nous exigeons du président Obama »

 

Par BASTA ! (17 novembre 2009)

 

Le réalisateur états-unien lance un plan d’action : quinze petites et grandes choses que chaque citoyen états-unien « peut faire maintenant ». De la lutte contre les expulsions immobilières à celle contre le réchauffement climatique, en passant par la dénonciation du lobbying, Michael Moore invite ses concitoyens à reprendre leur nation – et leur destin - en main. Une démarche qui inspirera peut-être les Européens.

 


Mes amis,

 

C’est la question que l’on me pose toujours après la projection de mon film [1] : « Et maintenant, comment puis-je agir ? »

Vous voulez un peu d’action ? Vous avez frappé à la bonne porte. Voici quinze choses que vous et moi pouvons faire pour réparer notre système détraqué.

 

CINQ CHOSES QUE NOUS EXIGEONS DU PRESIDENT ET DU CONGRES

 

1 – Lancer un moratoire sur les expulsions immobilières.

 

Plus aucune expropriation. Les banques doivent ajuster les remboursements mensuels de prêts sur ce que valent vraiment les maisons des gens – et sur ce qu’ils peuvent payer. Il doit également être inscrit dans la loi que même en cas de perte d’emploi, personne ne soit expulsé.

 

2 – Le Congrès doit rejoindre le monde civilisé en étendant le programme Medicare à tous les américains.

 

Une seule institution à but non lucratif pour gérer les remboursements de frais de soins qui sont la cause numéro un des banqueroutes et des évictions dans ce pays. Le programme « Medicare for all » mettra fin à la misère. La loi qui rendra tout ceci possible porte le numéro H.R. 3200. Mais elle n’est rien sans l’amendement proposé par le Républicain Anthony Weiner et qui porte le numéro H.R. 676. Téléphonez et écrivez à vos représentants au Congrès afin qu’ils soutiennent cet amendement. Soyez intransigeants.

 

3 – Exigeons des élections financées par le public et l’interdiction des élus quittant leur poste pour faire du lobbying.

 

Vous avez bien lu. Nos chers membres du Congrès qui sollicitent et reçoivent des millions de dollars de riches intérêts privés doivent retirer toute notion d’argent dans notre processus électoral et législatif. Demandez-leur de soutenir la loi de financement H.R. 1826.

 

4 – Chacun des 50 Etats doit créer une banque publique sur le modèle de celle existante dans le Dakota du Nord.

 

Le Congrès doit revenir aux régulations qui étaient vigueur avant la présidence de Ronald Reagan dans le domaine des banques commerciales, des sociétés d’investissement, des assurances – et par extension dans toutes les industries qui ont été ravagées par manque de discipline : les compagnies aériennes, l’agro-alimentaire, les pharmacies, etc. Si le profit est la motivation originelle d’une société, alors celle-ci doit être soumise à un contingent de règles, dont la première doit être de ne laisser personne sur le carreau. La deuxième règle sera d’œuvre pour le bien commun.

 

5 – Sauvons notre planète fragile en exigeant que toutes les sources d’énergie nous appartiennent en tant que citoyens.

 

Un peu comme ils le font dans l’Etat socialiste d’Alaska géré par Sarah Palin. Il ne nous reste que quelques décennies de réserve de pétrole. Nous devons, en tant que citoyens, rester propriétaires et maitres de nos ressources naturelles et de notre énergie, ou alors c’est la porte ouverte à encore plus d’anarchie d’entreprises. Quant aux énergies fossiles qui servent à nos transports, nous devons laisser tomber nos propres moteurs et exiger des sociétés qu’elles embauchent à nouveau notre main d’œuvre qualifiée afin de construire des transports en commun de masse (bus propres, métros, trains à grande vitesse) et des voitures non polluantes. Barack Obama, le nouveau PDG de facto de General Motors, doit lancer un gigantesque plan afin de transformer notre pays en une grande nation de trains, de bus et de métros. Il devrait prendre exemple sur l’ambitieux plan spatial de JFK. Après tout, c’est nous qui avons inventé – ou perfectionné – ces moyens de transport en premier !

 

CINQ CHOSES A FAIRE POUR QUE LE CONGRES ET LE PRESIDENT NOUS ECOUTENT

 

1 – Nous devons prendre l’habitude quotidienne de prendre cinq minutes pour passer quatre coups de fil.

 

Le premier pour le Président (dont le numéro est 202 456 1414), le deuxième pour notre représentant au Congrès (202 224 3121) et le troisième et le quatrième pour chacun de nos représentants au Sénat (202 224 3121). Il suffit d’une seule minute pour leur faire savoir ce que vous attendez d’eux sur tel ou tel sujet. N’hésitez pas à leur dire que vous voterez pour leur adversaire, voire pour un représentant d’un autre Parti, s’ils ne tiennent pas compte de vos vœux. Croyez-moi, ils vous écouteront ! Enfin, s’il vous reste cinq minutes, faites-leur un courriel. Et si vous voulez vraiment les effrayer, envoyez-leur une bonne vieille lettre par la Poste !

 

2 – Reprenez le pouvoir sur l’antenne locale du Parti Démocrate.

 

Vous souvenez-vous de cet élan entre voisins et amis pour faire élire Barack Obama ? Vous avez réussi l’impossible, il est l’heure de réactiver tout ceci ! Rendez vous aux réunions mensuelles du Parti Démocrate dans votre ville ou votre comté et formez une majorité pour diriger cette antenne. En général, il y a peu de monde à ces réunions, et ceux qui sont présents seront soit ravis soit outrés de voir que vous et vos amis de la Révolution Obama êtes venus pour vraiment changer les choses. L’agenda du Président Obama ne pourra devenir réalité que grâce à ces actions citoyennes collectives. Il a besoin de sentir qu’on le soutient, voire de lui montrer la bonne direction à suivre. Une fois que vous aurez repris le pouvoir dans le Parti, envoyez-moi une photo et je la publierai sur mon site.

 

3 – Trouvez quelqu’un pour vous représenter au niveau local lors des élections l’an prochain ou mieux : présentez-vous !

 

Pourquoi toujours élire celui qu’on attend ? Vous pouvez très bien être celui-ci ou celle-ci. Vous n’y croyez pas ? La liste des citoyens lambda devenus représentants s’allonge de jour en jour. Ainsi du Sénateur Deb Simpson, d’Isadore Hall, représentant à l’Assemblée de Californie, Corey Woods, conseiller municipal à Tempe dans l’Arizona, Chris Danou, représentant à l’Assemblée du Wisconsin, ou Larry Seaquist, représentant pour l’Etat de Washington. Il ne manque plus que votre nom !

 

4 – Montrez-vous ! Manifestez devant les banques qui ont été renflouées par l’état.

 

Osez la manifestation silencieuse et les marches. Envisagez aussi la désobéissance civile. Vous aussi avez accès aux conseils municipaux. Et faites du bruit, amusez vous, quitte à vous retrouver en une des nouvelles locales ! Plantez des panneaux « Victimes du capitalisme » devant les maisons saisies, les boutiques fermées, les écoles et toute autre infrastructure en mauvais état. La liste est disponible sur mon site.

 

5 – Devenez journaliste.

 

Oui, vous. Et vos amis. N’attendez pas toute la vérité des médias dominants qui sont contrôlés par d’immenses infrastructures. Démarrez un blogue ou un site web avec de vraies informations locales, sur le modèle de celui du Michigan Messenger. Tweeter vos amis et utilisez Facebook pour alerter vos amis sur les actions politiques à mener. La presse quotidienne se meurt. Qui, sinon vous, pourra remplir ce vide ?

 

CINQ CHOSES ESSENTIELLES A FAIRE POUR NOUS SURVIVRE EN ATTENDANT LA FIN DE CE MARASME :

 

1 – Retirez votre argent de la banque si celle-ci a été renflouée par l’Etat et placez le dans des banques locales ou mieux encore dans des caisses d’épargne.

 

2 – Débarrassez-vous de toutes vos cartes de crédit sauf une – celle qui sera débitée à la fin du mois.

 

3 – N’achetez pas d’actions.

 

Si vous avez un peu d’argent de côté, placez le sur un compte épargne ou utilisez le pour rembourser vos mensualités afin de devenir propriétaire le plus rapidement possible. N’hésitez pas non plus à acheter des bons du trésor émis par l’état.

 

4 – Syndiquez-vous afin que vous et collègues puissiez donner votre avis sur le fonctionnement de votre entreprise.

 

C’est très simple. Il n’y a rien de plus américain que la démocratie et il est intolérable qu’on doive la laisser à l’entrée des sociétés. L’autre façon de rendre votre lieu de travail encore plus américain est de le transformer en une coopérative que vous possédez. Ne soyez pas de simples esclaves de votre salaire. Vous êtes libres, et la moindre des choses quand on donne huit heures de son temps par jour à quelqu’un d’autre est d’être justement respecté et récompensé.

 

5 - Prenez soin de vous et de votre famille.

 

Je dois avouer qu’Oprah Winfrey [2] a raison : accordez-vous des moments de paix dans votre vie et fuyez la négativité et le cynisme. Recherchez le développement et l’amour. Eteignez votre poste de télévision et votre Blackberry, et sortez marcher au moins trente minutes par jour. Mangez des fruits et légumes, refusez tout ce qui contient du sucre, le sirop de maïs à haute teneur en fructose, la farine blanche ou le sodium. Comme le dit Michael Pollan : « mangez de la vraie nourriture, mais pas trop, surtout à base de plantes. » Accordez-vous sept heures de sommeil par nuit, lisez un livre par mois. Enfin, je vais sûrement passer pour une mémé, mais regardez votre grand-mère, nom de Dieu : elle est en pleine santé, elle a l’air reposé et elle connaît par cœur le nom de ses deux représentants au Congrès sans avoir besoin d’utiliser Google. Nous ferions mieux d’écouter ses conseils. Car si nous ne portons pas nos masques à oxygène – comme ils disent dans les avions – nous ne serons d’aucune aide à notre nation dans l’accomplissement de ce plan d’attaque !

 

Je suis persuadé qu’il y a beaucoup d’autres idées pour consolider ce mouvement. Soyez créatifs. Sortez des terrains battus quant il s’agit de politique. Soyez subversifs ! Essayez des choses qui n’ont jamais été réalisées jusque là. Comportez vous comme si votre vie en dépendait. Soyez audacieux ! Lancez-vous dans des actions sans retenue. Votre émancipation, ainsi que celle de votre communauté et de la nation, passe par là.

Nous pouvons réussir tous ensemble. Je n’en attends pas moins de vous, mes chers amis voyageurs !

 

Bien à vous,

 

Michael Moore.

MMFlint@aol.com

 

Traduction : Vincent Le Leurch pour Basta !

 

Lire le texte original en Anglais

 

Notes

[1] « Capitalism : a love story », ndlr

[2] présentatrice TV américaine ultra populaire, NDT

 

"Identité nationale : êtes-vous plus Français qu’Eric Besson ?"

 

Par Agnès Rousseaux (9 novembre 2009)

 

Le débat sur l’identité nationale est lancé. Le ministre Éric Besson a précisé, dans une lettre-circulaire envoyée le 2 novembre, les thématiques qu’il souhaite voir abordées lors des débats locaux sur le sujet. Les questions sont d’un goût douteux et les réponses suggérées assez inquiétantes. Dans ce document adressé aux préfets, il est question de célébrer l’identité nationale, de « réaffirmer la fierté d’être Français » et de se demander, entre autres, « pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République ? » Petite visite dans l’arrière-cuisine de ce débat qui sent vraiment le moisi.

 

Dans une lettre envoyée aux préfets, Éric Besson précise les modalités de mise en œuvre du grand débat sur l’identité nationale, qui répond selon lui « aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations ». En annexe de cette lettre-circulaire, un guide pour la conduite des débats locaux présente « les différents chapitres qu’il est souhaitable d’aborder lors de chaque réunion  ».

 

Les préfets doivent organiser ces débats, dans chaque département, d’ici le 31 janvier, avant la synthèse des travaux lors d’un colloque national. Au programme de ces rencontres locales, des questions proposées par le ministre et son équipe. Avec des suggestions de réponses possibles, qui sont autant de propositions à débattre. Et qui ont l’avantage non négligeable de cadrer le débat, voire de l’encadrer.

 

La première question invite à réfléchir sur « les éléments de l’identité nationale  ». Il est suggéré que « nos églises et nos cathédrales » puissent être un élément de réponse. Dans la liste des « valeurs de l’identité nationale », on trouve bien sûr les droits de l’Homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la laïcité, et... l’entreprise. Bientôt sur le fronton de nos édifices ?

 

Tout cela n’est qu’un petit échauffement. Arrivent ensuite les questions pièges : « Pourquoi accueillir des ressortissants étrangers dans notre République, puis dans notre communauté nationale ? » et « Pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République, puis dans notre communauté nationale ? ». La question n’est pas de savoir comment (bien) le faire, mais d’abord si cela présente un intérêt. Dans les réponses suggérées, pas question de commencer par les impératifs de respect des droits, de la démocratie ou des libertés (pour des réfugiés fuyant une guerre ou une dictature par exemple) mais de regarder en priorité les petits intérêts de la France : « Le besoin de personnes qualifiées pour certains métiers ?  », « les emplois non pourvus dans notre économie ? », et ensuite seulement le droit au regroupement familial ou le droit d’asile.

 

Comment éviter que les pauvres viennent nous emmerder ?

 

Dans les raisons « d’intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République », on trouve aussi quelques questions essentielles pour Éric Besson : « Comment éviter la concentration d’une part importante de la population immigrée dans des zones où les difficultés socio-économiques s’accumulent ? », « Comment éviter l’arrivée sur notre territoire d’étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis à vis de l’ensemble des étrangers ? ». En expulsant tous les Afghans pardi ! Ou en délocalisant les parpaings du Mur de Berlin sur les plages méditerranéennes... On pourrait suggérer que c’est peut-être ce genre de questionnaire qui entretient la suspicion.

 

Une autre question porte sur le droit de vote des ressortissants étrangers au sein de la République : « Faut-il étendre le droit de vote aux élections locales, existant déjà pour les ressortissants des 27 États membres de l’Union européenne, à d’autres nationalités, notamment celles des pays qui ont, dans leur histoire, fait partie de notre République ? ». Le ministre Besson est-il est train de suggérer que les Algériens, les Sénégalais, les Nigériens... sans doute parce qu’ils portent en eux un peu des valeurs françaises transmises pendant l’expérience « très positive » de la colonisation, pourraient à ce titre bénéficier du droit de vote aux élections locales ? Un droit de vote dont seraient exclus les étrangers n’ayant pas cette chance de venir d’une ancienne colonie française ?

 

Surtout ne pas oublier la question fourre-tout : « La maîtrise des flux de personnes, de marchandises, de services, de capitaux, est-elle nécessaire au maintien de l’identité nationale ? » Et la question philosophie de comptoir : « Abolir les frontières, est-ce s’ouvrir aux autres ? ».

 

Des fonctionnaires du ministère pas très Français

 

Enfin, parce qu’il s’agit d’être pragmatique et concret, le guide pour les débats locaux pose La question essentielle : « Comment mieux célébrer l’identité nationale ?  ». Comme la rendre visible, palpable, évidente, voire écrasante ? De là, une sous-question s’impose : « Quels sont les acteurs de la transmission de la fierté nationale ? ». Le genre de question qui rappelle quelques mauvais souvenirs... D’autant que le guide insiste : « Comment imposer le respect des symboles de la Nation ? ». Une des propositions citées par ce guide est « d’accroître la place des symboles de la République (drapeau, Marianne) dans l’ensemble des édifices publics ». Et pourquoi pas ressortir les poussiéreuses francisques vichyssoises ?

 

Besson propose également d’augmenter le niveau de connaissance de la langue française demandé lors de l’entretien d’assimilation. Une requête qui peut paraître ironique alors que la circulaire, dans le même paragraphe, évoque des « temps fors » (sic) et « une nouvelle vois d’accès accéléré » (double sic) qui laissent supposer quelques lacunes en matière d’orthographe de la part de ses collaborateurs.

 

En lisant ce guide, on se pose tout de même une question. Ça tombe bien, Éric Besson y pense aussi : « Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ? ». Il n’y a vraiment pas de quoi !

 

Sans doute perturbé par sa propre identité politique fluctuante, Besson s’acharne dans sa quête d’identité nationale à vouloir dresser la liste des critères de francitude. Une vision qui enferme et nie les identités multiples, mouvantes et protéiformes qui ont façonné et façonnent encore la France. Le ministère cherche à exclure ceux qui n’entreraient pas dans les cases d’une identité formatée et fantasmée. Une obsession qui apparaît entre les lignes de ce questionnaire. Au point de se demander comment Éric Besson a pu oublier dans sa liste de questions la plus essentielle, celle que les communicants au service d’un certain Maréchal Pétain avait eu l’audace de poser : « Êtes-vous plus Français que lui ? ». Un nouveau slogan pour le ministère de l’identité nationale ?

 

Après la chute du Mur,

éclairage de Bernd Gehrke

 

NPA

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Interview : Bernd Gehrke fut militant de l’opposition de gauche dans l’ex-RDA depuis les années 1970. En 1989, il fut parmi les cofondateurs de la Ligue verte et de l’Initiative de la gauche unie. Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’opposition et les luttes pour les libertés démocratiques dans l’ex-RDA.

 

Peux-tu rappeler ces journées où le Mur fut abattu?

 

BERND GEHRKE: La chute du Mur, le 9 novembre 1989, fut le résultat d’un mouvement de masse spontané et démocratique, exprimé dans d’impressionnantes manifestations qui grandissaient à un rythme stupéfiant. Ce mouvement a forcé à démissionner non seulement Honecker, le tout-puissant secrétaire général du parti stalinien SED, mais aussi le Politburo et le gouvernement. Le 9 octobre, les 70 000 manifestants à Leipzig firent une découverte sensationnelle : malgré les préparatifs à une guerre civile, le pouvoir n’avait pas utilisé la force. Honecker voulait lancer les chars, mais il a été débarqué par la majorité du Politburo qui essayait de sauver son pouvoir par une « politique de dialogue ». Ce fut mission impossible : 400 000 manifestants à Leipzig, 500 000 à Berlin Est, des manifestations en province. Tous les jours, des dignitaires tombaient dans une allégresse croissante. Alors, la chute du Mur, ce fut l’apogée, la folie. Personne n’arrivait à y croire.

 

Comment ce mouvement en est-il arrivé à exiger le démantèlement de la police politique Stasi?

 

BERND GEHRKE: La révolution démocratique a eu plusieurs phases. En été, il y a eu la fuite à l’Ouest de 10 000 jeunes par la Hongrie, qui a ouvert sa frontière avec l’Autriche. Septembre fut marqué par l’apparition ouverte d’organisations de l’opposition. En octobre, les ouvriers, jusque-là passifs, se sont joints au mouvement. Les manifestations exigeaient la légalisation des partis d’opposition et le respect de la constitution, aboutissant à la démission du gouvernement, du Politburo, et à l’ouverture du Mur. La vieille clique dirigeante pensait calmer les gens et les faire rentrer chez eux. Mais les anciennes institutions étaient toujours là, et on a commencé à exiger leur dissolution. Les structures du parti et ses milices dans les entreprises ont été dissoutes. Le conflit autour de la Stasi a éclipsé les autres. Le gouvernement « réformateur » de Modrow l’a dissoute, mais la population s’était rendu compte qu’on brûlait des documents à la hâte. Des manifestations ont eu lieu partout, avec occupation des immeubles de la Stasi, puis l’assaut du siège central à Berlin Est, le 15 janvier. Des comités citoyens démocratiques se sont constitués partout pour surveiller la dissolution.

 

Qu’est devenu le parti communiste?

 

BERND GEHRKE: Des 2,5 millions d’adhérents en août 1989, le SED n’en comptait plus que 
100 000 six mois plus tard. Un conseil provisoire s’est formé autour de Gregor Gysi et a convoqué un congrès extraordinaire. La tentative de certains rénovateurs démocratiques de dissoudre le SED, de détruire le vieil appareil et de repartir avec une organisation nouvelle a hélas échoué. Le SED a été transformé en Parti du socialisme démocratique (PDS), surtout pour sauver les biens du parti. S’ensuivirent des scandales concernant ces biens et les liens omniprésents avec la Stasi. Après un tel « renouveau » les anciens oppositionnels de gauche ne pouvaient pas rejoindre ce parti ; aussi parce que les petits groupes de l’opposition de gauche se sont malheureusement désintégrés avec la disparition de la RDA.

 

L’effondrement de la dictature à l’Est et la réunification du pays furent une avancée démocratique pour les travailleurs allemands; mais sur le plan économique et social, ce fut la restauration du capitalisme à l’Est. Comment la gauche allemande voit cette contradiction?

 

BERND GEHRKE: Ce n’est pas l’opinion de la gauche allemande. Les avis sont partagés, à l’image de la gauche, très hétérogène. Cela va de certains groupes qui dès le début étaient pour l’unité de l’Allemagne, jusqu’aux staliniens pour qui ce fut une contre-révolution téléguidée par l’Occident et qui a liquidé le « socialisme réellement existant ». Seule une minorité de la gauche, en dehors du SPD, a bien accueilli la réunification de 1990.

 

Pour certains, la disparition de la RDA fut un recul. Mais peut-on construire le socialisme au travers d’une dictature policière, et dans un pays occupé par une armée étrangère?

 

BERND GEHRKE: Seule une partie de la gauche pose cette question. La majorité voit l’occupation et la division de l’Allemagne comme une juste punition pour le fascisme et la guerre. Ton affirmation disant que l’unité allemande fut un progrès pour la classe ouvrière est complètement déconnectée de certains problèmes politiques et sociaux importants. Je pense que nous devrions faire une distinction entre, d’une part, la chute, nécessaire et légitime, de la dictature stalinienne et l’unité de l’Allemagne « en soi », et, d’autre part, la forme concrète que cette unité a prise sous un régime conservateur et réactionnaire. C’est vrai que l’unité allemande en 1990 fut le résultat de la volonté des travailleurs est-allemands. Mais ces derniers ont suivi aussi le slogan de la CDU : arrêt des expérimentations sociales, progressistes, et retour au capitalisme allemand éprouvé. Cela allait de pair avec la défaite de toute la gauche allemande, de l’Est comme de l’Ouest. Les résultats furent catastrophiques : une désindustrialisation, unique dans l’histoire, d’un pays industriel s’est opérée en 3-4 ans ; 1,7 million de personnes ont quitté l’Allemagne de l’Est depuis 1989.

 

Il faut discuter non seulement de la restauration du système économique capitaliste en soi, mais aussi de la victoire du néolibéralisme à tous les niveaux de la société et de la reconstruction réactionnaire de l’Allemagne. Les travailleurs est-allemands ne sont donc jamais arrivés là où ils voulaient en venir en 1990, à ce « capitalisme prospère » de l’Allemagne de l’Ouest. En croyant aveuglément dans la politique libérale de privatisation à l’Est, les travailleurs y ont contribué considérablement. Cela dit, tous les mouvements sociaux importants en Allemagne depuis 1991 sont généralement venus de l’Est ; mais c’étaient des luttes défensives.

 

Il faut des débats approfondis pour déterminer le caractère du processus historique de 1989 à 1991. L’unité allemande a été fondée en grande partie sur une alliance entre les travailleurs est-allemands et la bourgeoisie ouest-allemande. La réunification avait donc un caractère réactionnaire, et non pas progressiste, comme celle réalisée par Bismarck en 1871. Bismarck conduisit une « révolution par en haut ». Les travailleurs en RDA ont brisé leur révolution et réalisé une « restauration par en bas ». Cela n’a pas conduit au retour d’une dictature comme celle du SED, mais à la liquidation des restes de la « révolution stalinienne par en haut » en 1945-1948 (par exemple la nationalisation des usines) et des structures révolutionnaires naissantes d’une « république rouge-verte » en 1989.

 

La réunification a signifié un arrêt de la révolution démocratique en RDA, avec ses perspectives progressistes (même si elles n’étaient pas socialistes) d’émancipation démocratique, sociale et écologique de toute l’Allemagne. L’alternative, c’était une unification sur pied d’égalité de la « démocratie civile » en RDA, radicalement démocratique et sociale, avec la République fédérale. Jusqu’en décembre 1989, la grande majorité des Allemands de l’Est restaient attachés à une RDA démocratiquement transformée. La Table ronde entre l’opposition et le pouvoir voulait réaliser de nombreuses revendications avancées par les syndicats et la gauche de l’Allemagne de l’Ouest, dans la perspective d’une future unité allemande.

 

Les discussions sur une « troisième voie » en 1989-90 gardent leur valeur, tout comme les idées de démocratisation du Printemps de Prague en 1968 ou le programme de Solidarnosc en 1981, en tant qu’alternatives au néolibéralisme et au capitalisme. Hélas, la majorité de la gauche allemande ne comprend pas quels trésors peuvent renfermer de telles alternatives. Je constate avec plaisir que les jeunes étudient le Capital de Marx dans les universités allemandes, et qu’on voit le retour des débats sur les alternatives 
socialistes.

 

Propos recueillis par Roman Debski.

 

Août 1961 - Construction du «mur de la honte» par le régime de la RDA. Raison : l’exode massif vers l’Ouest, quand les déplacements à Berlin étaient encore libres (plus de 3,5 millions d’Allemands quittent la RDA entre 1945 et 1961).

 

C’est une large bande de terrain de plus de 
0 kilomètres, enfermée entre deux murs, avec barbelés, miradors, alarmes, pièges et chemins de ronde, surveillée par des milliers de soldats et mille chiens de combat.

 

On estime à plusieurs centaines (de 200 à 1 000 selon les sources) le nombre de tués, de 1961 à 1989, en tentant de fuir Berlin-Est, par les sinistres Vopos (garde-frontières est-allemands). Le nombre d’emprisonnés pour tentative de « désertion » avoisinerait les 100 000. Des anciens dirigeants de la RDA ont été condamnés en 1997 et 2004 pour avoir donné l’ordre de tirer sur les fugitifs.

 

"Assez de mensonges,

Hillary Clinton !"


Publié par COURRIER INTERNATIONAL

 

 

En visite au Proche-Orient ce week-end, la secrétaire d’Etat américaine s’est alignée sur la position israélienne concernant le processus de paix. Unanime, la presse palestinienne dénonce cette attitude pour le moins inattendue :

 

02.11.2009 | Omar Hilmi Al-Ghoul | Al-Hayat Al-Jadida

 

"Il ne fallait pas attendre de l'intervention d'Hillary Clinton qu'elle fasse avancer le dossier israélo-palestinien, ni des envoyés spéciaux de l'administration américaine qu'ils fassent pression sur l'Etat hébreu et le contraignent à trouver une solution négociée. Mais on ne pouvait pas imaginer que la secrétaire d'Etat américaine aggraverait les choses en tordant le cou à la vérité. A la suite de son entretien avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou [le 1er novembre à Jérusalem], elle a inversé les rôles et affirmé que ce sont les Palestiniens qui faisaient obstacle à la négociation. Selon une source israélienne haut placée, les Américains pensent à présent que les Palestiniens empêchent tout progrès dans le processus de paix. En tournée au Proche-Orient avec l'envoyé spécial de la Maison-Blanche George Mitchell, la secrétaire d'Etat américaine n'a pas hésité à déclarer aux médias que l'arrêt des constructions dans les colonies n'avait "jamais été une condition préalable pour les négociations avec les Palestiniens".

La conclusion qu'il faut en tirer est que l'administration Obama voudrait contraindre les Palestiniens à s'engager dans une pseudo-négociation, sans aucune lumière au bout du tunnel, qui durera le temps qu'il faudra pour qu'Israël puisse atteindre ses objectifs de judaïsation de Jérusalem et de la Cisjordanie, autrement dit d'anéantissement de tout espoir de paix.

Il est vrai que, par le passé, la direction palestinienne a accepté de négocier sans avoir obtenu l'arrêt de la colonisation. Cela veut-il dire pour autant qu'il faut se prêter au jeu israélo-américain ? Quoi d'étonnant à ce que les Palestiniens veuillent obtenir l'engagement des Israéliens, des Américains et du monde entier de parvenir à des résultats ? C'est à se demander si la chef de la diplomatie américaine veut vraiment la paix. Est-ce bien dans l'intérêt de la paix de poursuivre l'implantation de colonies, les confiscations de terres et la judaïsation dans les territoires occupés depuis 1967, là où devrait être créé le futur Etat palestinien ? Tout cela sert-il la négociation ou est-ce la loi de la jungle ? Toutes les terres de notre pays déjà concédées par les Palestiniens ne suffisent-elles pas aux Israéliens ? Quel scénario les Américains préparent-ils pour la région en faisant concession sur concession à Israël ? N'est-ce pas celui d'un retour à la violence et aux guerres ? Estiment-ils que la crise économique est derrière eux et qu'ils n'ont plus besoin des Arabes, de leurs capitaux et de leur pétrole ?

Autant de questions dont les réponses se trouvent du côté d'Hillary Clinton et de son administration. La principale question toutefois est de savoir pourquoi elle se ment à elle-même, à son peuple et au reste du monde et cherche à travestir la réalité en accusant les Palestiniens de faire obstacle à la négociation. Pourquoi donc, madame ? Qui vous a achetée ? Combien les pro-Israéliens vous ont-ils offert ?"

 

Traité de Lisbonne :

 

UN BOND VERS L’EUROPE DES INÉGALITÉS

 

30/10/2009

 

Maintenant que le verrou irlandais a été levé, le Traité de Lisbonne devrait rentrer en application. Il aura des conséquences négatives sur la vie quotidienne des populations de l’Union européenne.

 

Après le «oui» irlandais, tout ce qui justifiait le rejet du Traité de Lisbonne qui n’était qu’un copier-coller du Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE) va devenir réalité. Les millions de femmes et d’hommes qui ont dit « non » à une Europe des inégalités vont, dans un contexte aggravé par la crise du capitalisme, devoir maintenant en subir les effets.

 

Il n’est pas inutile de rappeler ce qui attend celles et ceux qui ne vivent que de leur travail – quand ils en ont. Il n’est pas non plus inutile de garder en mémoire l’appui qu’ont apporté à ce traité, aux côtés de la droite, les socialistes et les Verts.

 

Laïcité

 

« L'héritage religieux » est défini comme la « source de la démocratie, de l'État de droit et des libertés fondamentales » ; l’Union européenne (UE) reconnaît les Églises, mais pas la laïcité (le mot et la chose sont absent des textes). L’Europe des Lumières s’obscurcit dangereusement. Les droits des femmes à peine conquis sont directement menacés. Le Vatican triomphe.

 

Démocratie

 

Si quelques dispositions renforcent le poids du Parlement européen, il reste largement un Parlement croupion : il n’est pas l’unique législateur et ses pouvoirs de contrôle sont limités (pas de séparation des pouvoirs) ; il ne peut pas proposer ses propres textes. Le monopole de l’initiative reste à la toute puissante Commission européenne qui peut s’opposer aux attentes du Parlement et du Conseil des ministres, tous deux pourtant issus du suffrage universel. Le citoyen peut changer, par le suffrage universel, son maire, son député, son gouvernement, mais il est totalement impuissant face à une Commission européenne qui n’est pas comptable de ses actes. Le traité ne modifie pas le caractère opaque de la Commission européenne plus que jamais aux ordres des lobbies de la finance et du business. Il consacre un défaut de démocratie qui, lorsqu’il se constate ailleurs, provoque les condamnations indignées de l’Union européenne.

 

Droits sociaux fondamentaux.

 

La Charte des droits fondamentaux traduit un terrible recul par rapport à la Déclaration universelle des droits de l’homme, au Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il est en recul par rapport à la Charte sociale de Turin de 1961. Ni le droit à la santé, ni le droit au logement, ni le droit à un revenu minimum à une pension de retraite, à une allocation de chômage ni le droit à l’accès à un certain nombre de services (transports, poste, etc.), ni le droit à la sécurité sociale et à l’aide sociale, ne sont formellement garantis dans ce texte. Pire, ces droits, lorsqu’ils sont mis en œuvre dans certains États membres, sont désormais directement menacés.

 

Néolibéralisme des politiques européennes.

 

La disparition de la formule « concurrence libre et non faussée » ne change rien. Un article du traité rappelle le primat d’une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » et un protocole (même valeur que le traité) indique que « le marché intérieur comprend un système garantissant que la concurrence n*fest pas faussée ». La seule politique de l’UE, c’est de mettre en concurrence toutes les activités humaines. Angela Merkel l’a confirmé : en ce qui concerne le libéralisme des politiques, « rien ne va changer ». Ce texte rend impossible toute espoir d’Europe sociale.

 

Services publics.

 

L’UE ne protège pas les services publics. Ils sont soumis aux règles de la concurrence. En fait, « la liberté d*fétablissement et la liberté de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services continuent de revêtir une importance capitale ». Le Traité de Lisbonne soumet comme jamais les services culturels, d’enseignement, de santé et sociaux à la logique du marché.

 

Mondialisation néolibérale.

 

Le texte renforce le poids des accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il renforce les pouvoirs de la Commission européenne pour négocier à l’OMC. Les pouvoirs du Comité 133 sont renforcés. Son opacité demeure. La mise en œuvre de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), dont l’objectif ultime est la privatisation de toutes les activités de services – nationales, régionales ou municipales – en sera facilitée.

 

Subordination de la majorité des 27 États à l’Otan.

 

Le traité décide l’adhésion de l’UE à l’Otan, une organisation qui n’est pas européenne et dont la direction se trouve à Washington. « L*fOtan reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l*finstance de sa mise en œuvre. » Les États se sont engagés à augmenter leur capacité militaire. Le traité met en place une Europe militaire, auxiliaire des gendarmes du monde.

« L*fEurope européenne fonctionne comme un leurre dissimulant l*fEurope euro-américaine qui se profile (Pierre Bourdieu) »

 

Raoul M. Jennar


Source : site NPA

 

Québec : l’Union Paysanne ajoute sa voix contre l’emprise des multinationales

 

HNS-Info 19 octobre 2009


Ce 16 octobre 2009, journée mondiale de l’alimentation, l’Union paysanne ajoute sa voix à celles des millions d’agriculteurs partout dans le monde qui dénoncent l’emprise des sociétés multinationales sur le système agroalimentaire mondial. Ces sociétés s’intéressent beaucoup plus aux profits de leurs actionnaires qu’à la santé des consommateurs ou au bien-être des agriculteurs. C’est sous influence des multinationales que les gouvernements et les institutions internationales multilatérales se concentrent sur la promotion de l’agriculture industrielle d’exportation au détriment des cultures locales vivrières et des communautés rurales.

 

Dans les mots du mouvement international d’agriculteurs et de paysans la Via Campesina, dont fait partie l’Union paysanne, « Les compagnies multinationales sont nos ennemis communs … Dans les zones rurales, on assiste à une offensive particulièrement violente du grand capital et des multinationales envers l’agriculture et les ressources naturelles. C’est une guerre de privatisation qui se traduit par … le vol de la terre, de la biodiversité, de l’eau, des semences, de la production et des échanges agricoles. »

 

Ainsi, au Paraguay, les paysans sont chassés de leurs terres pour faire place aux monocultures de soja génétiquement modifié, ce qui profite aux multinationales productrices de semences aussi bien qu’aux grands propriétaires terriens. En Colombie, ce sont des plantations de l’huile de palme, destinée à la production industrielle du biodiesel, qui causent le déplacement violent des communautés paysannes afro-colombiennes.

 

En Afrique, les gouvernements des pays de la région ouest-africaine, sous la pression des Etats-Unis et de l’industrie de la biotechnologie dominée par Monsanto, essaient de faire cultiver aux paysans le coton génétiquement modifié, bien que cette culture soit totalement inadaptée aux conditions socio-économiques et géographiques de l’agriculture paysanne ouest-africaine.

 

Les multinationales de la biotechnologie entendent même tirer d’importants profits des changements climatiques, en privatisant la biodiversité par le brevetage de plus de cinq cents gènes d’adaptation au climat.

 

Au Canada, les semences du maïs SmartStax (incorporant huit traits génétiquement modifiés) produit par la compagnie Monsanto viennent d’être homologuées par l’Agence canadienne pour l’inspection des aliments, malgré le fait que Santé Canada n’a jamais étudié ses effets potentiels sur la santé humaine. En dépit de l’opposition d’une grande majorité des consommateurs et des agriculteurs, Monsanto et leurs alliés continuent leurs efforts de lobbying visant à faire accepter au Québec et au Canada le blé et la luzerne génétiquement modifiés.

 

Devant la menace de cette situation, l’Union paysanne demande à ses membres et ses amis d’envoyer immédiatement à l’Honorable Leona Aglukkaq, Ministre canadienne de la Santé, des messages exigeant que l’homologation du maïs SmartStax soit immédiatement annulée.

 

Site ETOILE ROUGE à visiter !

L’affaire Clearstream pour les NULS !

 

 

 

clearstream

 


MERCI à "ACTUREVUE" pour cet excellent article !

 

 

Ce procès, le plus célèbre de l’année 2009, se tiendra du 21 septembre au 21 octobre et représente une bataille juridique, médiatique et politique.

 

Rappel des faits officiels

 

Sarkozy de Nagy-Bosca porte plainte le 1er décembre 2006 car son nom figure sur une liste de personnalités censées détenir des comptes bancaires secrets à l’étranger. A priori, son nom aurait été porté sur les listings par Imad Lahoud à la demande de Jean-Louis Gergorin lui-même sous la pression de Dominique de Villepin.

 

L’enjeu

 

Nuire à Sarkozy de Nagy-Bosca qui se place alors comme le principal rival de Dominique de Villepin pour les présidentielles.

 

Il était une fois… le début d’un scandale politique

 

Ainsi va le monde politique ! Quel mandat présidentiel pourrait ne pas connaître son lot de scandale et de corruption ?

 

Ils ont plus ou moins leur importance et sont plus ou moins mis en lumière par les médias.

 

L’affaire Karrachi ? Bof, elle ne suscite pas beaucoup d’intérêt. C’est une affaire d’Etat qui implique notre président de la république, mais la presse actuelle n’estime pas qu’il faille trop en dire.

 

La grippe A passionne beaucoup plus !

 

Par contre l’affaire Clearstream, elle, intéresse… Peut-être parce que pour le moment, Sarkozy en est la victime la plus connue. Peut-être parce que parler de clearstream, c’est le meilleur moyen de taire l’affaire des Frégates de Taiwan, corruption pourtant estimée à des centaines de millions d’euros.

Il n’en reste pas moins, qu’Acturevue a décidé de revenir sur l’affaire Clearstream.

 

D’abord pour tenter d’éclairer nos lecteurs perdus dans la cacophonie générale qui agite cette affaire.

 

Ensuite, parce que bientôt sera entendu par la justice, Dominique de Villepin, personnage clé de l’affaire.

Ce qui ,de facto, entraînera un emballement médiatique sur le sujet. Emballement, qui, l’on peut le craindre, n’ira pas de paire avec un éclaircissement sur l’affaire, des précisions et des réponses sur les multiples énigmes que recèle l’affaire Clearstream.

 

Tout commença en 2001

 

L’affaire Clearstream peut se diviser en deux.

 

La première, que l’on surnomme « clearstream 1 » remonte à 2001, lorsque le journaliste Denis Robert publie 2 livres (Révélation et Boîte noire) accusant la société luxembourgeoise « clearstream » de dissimuler des opérations financières illégales. Celles-ci concerneraient, entre autre, les rétro-commissions illégales de l’affaire des frégates de Taiwan qui transiterait par cette société.

 

Mais c’est avec « Clearstream 2 », que tout va éclater.

 

En effet, en 2004, Le Point et Le Monde révèlent que le juge chargé d’enquêter sur les frégates de Taiwan, Mr Van Ruymbeke, aurait reçu plusieurs courriers anonymes. Ces courriers prétendent révéler l’existence d’un réseau international d’influence et de malversation ainsi que celle de 895 comptes bancaires occultes appartenant à de nombreuses personnalités (Sarkozy, Fabius, Strauss-Khan…). Ces derniers étant accusés d’avoir fait transiter l’argent des frégates.

 

Ceci aurait eu pour conséquence, entre autre, de nuire à Sarkozy et d’anéantir sa carrière politique.

 

Le juge Van Ruymbeke s’est très vite aperçu de la supercherie et de la manipulation qui se cachait derrière ces envois anonymes.

En d’autres termes, c’est un petit groupe de politiciens et d’industriels qui a tenté de manipuler le juge afin d’évincer des concurrents potentiels comme le futur président Sarkozy et d’autres personnages de haut rang.

 

Apportons quelques précisions qui peuvent avoir leur importance :

Cette tentative d’accusation intervient dans un contexte particulier, fait de conflits, de concurrence et d’intérêt. Les accusés sont le n°2 d’E.A.D.S (J-L Gergorin), et I. Lahoud.

 

En effet, les dirigeants d’E.A.D.S (industrie d’armement) et d’AIRBUS se livrent une cruelle bataille de pouvoir et d’influence. Mais s’ajoute à cela, la féroce adversité qui oppose N. Sarkozy et de Villepin, à l’approche des élections présidentielles de 2007.

 

Les lettres anonymes de celui que l’on appellera désormais le« corbeau » dénoncent un « comité » international composé de français, d’oligarques russes et de narco-traficants qui seraient à l’oeuvre pour contrôler de grandes entreprises et blanchir de l’argent sale. Il est fait état d’une liste révélant le nom de toutes les personnes qui auraient un compte occulte ouvert à la société luxembourgeoise.

 

Le juge ouvrira donc plusieurs enquêtes et établira immédiatement que cette liste est une pure invention. Il innocentera dans le même temps Sarkozy et d’autres qui avaient leur nom sur cette liste ou « listing ».

 

Puis en Avril 2006, deux des responsables d’E.A.D.S sont impliqués dans l’établissement de ce faux listing.

 

Jean-Louis Gergorin , directeur d’une branche d’E.A.D.S chargé de la stratégie, avoue alors, être l’auteur des 2 premières lettres anonymes envoyées au juge Van Ruymbeke.

 

Ensuite, Imad Lahoud, directeur scientifique d’E.A.D.S, est accusé par le général Rondot (qui avait enquêté le premier sur ces faux listings, sous ordre de de Villepin) et J-L Gergorin, d’avoir envoyé lui aussi des lettres anonymes avec de fausses accusations. Celui-ci avait nié toute implication dans cette affaire qu’il reconnaît pourtant aujourd’hui.

 

En effet, c’est la première fois qu’Imad Lahoud, qui est soupçonné d’avoir falsifié les listings de Clearstream reconnaît les faits en y implicant Jean-Louis Gergorin et l’ancien locataire de Matignon. « J’ai recopié ces deux noms sur une feuille Excel vierge avec 5 ou 6 colonnes, noms, pays, banque, numéro de compte, ouverture ; C’est Gergorin qui m’avait donné le modèle manuscrit et je n’ai fait que recopier sur une feuille Excel Je m’en voudrais toute ma vie », aurait-il avoué. « Jean-Louis Gergorin a fait pression sur moi pour que je rajoute ce nom. Il m’a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu’il fallait à tout prix l’écarter » aurait poursuivi l’informaticien, à propos du nom de Sarkozy.

 

Mais pourquoi le pauvre de Villepin se trouva tourmenté quand l’affaire fut révélée ?

 

De Villepin, alors ministre des affaires étrangères en 2004, prend connaissance des fausses listes qui accusent certaines personnes (dont Sarkozy, alors compère gouvernemental) de détenir des comptes occultes.

Villepin, qui aurait dû en informer l’existence, préfère commanditer une enquête au général Rondot pour vérifier la véracité des listes, soi-disant….

Il exigera une seconde enquête à la D.S.T, sans préciser qu’il en avait déjà demandé une au général Rondot.

 

Problème !

 

Rondot lui même, et Imad Lahoud accusent l’ancien premier ministre d’avoir envoyé une note plus que compromettante à Rondot. Cette note indiquerait que de Villepin aurait donné instruction à Jean-Louis Gergorin de « balancer Sarkozy ».

 

En somme, de révéler à tous la fausse liste et ainsi de tuer la carrière politique du petit Nicolas, qui venait tout juste de se relever des déboires balladuriens.

 

Plus tard, J-L Gergorin, auteur de quelques lettres anonymes, révélera même qu’il était sous unique instruction de Dominique de Villepin.

 

C’est pourquoi, le 27 juillet 2007, Villepin est mis en cause sous 4 chefs d’accusation différents :

  • Complicité de dénonciation calomnieuse
  • Recel de vol
  • Recel d’abus de confiance
  • Complicité d’usage de faux

Et est depuis ce jour, interdit de rencontrer les principaux protagonistes de l’affaire, comprenant entre autre Chirac. Jouissant d’un simple statut de citoyen lambda (puisque ne faisant plus parti du gouvernement), il est renvoyé en correctionnelle en novembre 2008.

 

Notre ancien premier ministre aurait pu être jugé par la Cour de Justice et invoquer la raison d’Etat pour se débarrasser des accusations qui pesaient sur lui. Mais il a choisi une voie plus périlleuse, celle d’être jugé comme n’importe quel citoyen, ceci afin d’être pleinement réhabilité.

 

Pourquoi Père Chirac peut craindre de jouer le premier rôle dans cette affaire ?

 

Les rumeurs courent et ne s’arrêtent jamais. On dit que Jacques Chirac aurait été un des premiers au courant de ces fausses listes d’accusation et que c’est lui même qui aurait demandé, à la discrétion de tous, que de Villepin exige une enquête pour savoir si Sarkozy détenait ou non un compte luxembourgeois.

 

Le général Rondot, affirme également, que Michelle Alliot-Marie, contrairement à ce qu’elle prétend, savait l’existence des listings dès 2003 et qu’elle n’avait pourtant pas informé Sarkozy.

 

Le Trio gaullien voulait-il faire trébucher le petit Nicolas ?

 

C’est ce que l’on suspecte de plus en plus en 2008. En plus de cela, Imad Lahoud, affirme la même année que c’est Yves Bertrand (ancien directeur des renseignements généraux de 1992 à 2003) qui a ajouté devant lui , le nom de Sarkozy sur la fausse liste. Ce que l’accusé a fermement contesté en déposant une plainte pour diffamation contre les révélations de Lahoud et du Point… qu’il a retiré en 2009… Encore étrange…

 

Ce que cache cette affaire politico-médiatique

 

Rappelons que Villepin est mis en accusation et poursuivi par N.Sarkozy.

Et que celui-ci a tout fait pour que l’on retienne une seule chose : Que c’est la principale victime de l’affaire. Faisant oublier dans le même temps le scandale ELF, l’affaire des frégates de Taïwan.

 

Enfin et c’est sans doute le plus grave, Sarkozy de Nagy-Bosca a peu à peu, pris conscience de l’intérêt qu’il pouvait tirer de cette affaire.

 

Après son élection à la présidence de la République, il a prolongé le juge Henri Pons (qui s’occupe désormais de l’affaire) dans ses fonctions au pôle financier de Paris ; Dominique de Villepin avait alors saisi le conseil d’Etat afin de dénoncer cet « intérêt à agir » de Sarkozy de Nagy-Bosca.

 

Sarkozy juge et partie

 

Dans ce procès, rappelons-le, Sarkozy de Nagy-Bosca est partie civile, allant à l’encontre de la prévision de l’article 67 de la Constitution qui affirme que le Président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». Dans l’affaire concernant le piratage de ses comptes bancaires, le tribunal de Nanterre a d’ailleurs rappelé cet article et a déclaré que « l’immunité pénale dont bénéficie Sarkozy de Nagy-Bosca dans la Constitution introduisait une atteinte au principe d’égalité des armes avec les prévenus ». Par ailleurs, les juges rappellent que le président de la République est toujours à la tête du Conseil supérieur de la magistrature, qui règle les carrières des magistrats. Du fait de ce lien avec les magistrats, il est possible que les justiciables considèrent qu’ils n’ont pas affaire à des juges impartiaux lorsqu’ils ont le chef de l’Etat comme plaignant dans un dossier.

 

Pour conclure,

 

Le procès est aussi complexe qu’incertain.

 

Complexe, parce qu’il concerne de grandes figures, nombreuse et disparates et que les conflits d’intérêts sont multiples. Incertaine, parce que l’issu du procès ne sera sûrement pas la vérité et que le doute planera longtemps sur les intentions des protagonistes que sont surtout Sarkozy et de Villepin.

 

 

Agenda sur le web qui a pour but d’inciter le plus de gens possible à se rencontrer, à agir, et à se réapproprier la politique. Démosphère est indépendant de toute organisation ou parti et couvre une large gamme de sensibilités.

 

sans-papiers   écologie   travail   international   éducation   sexisme répression   économie


samedi 21 novembre 2009 - Paris 11e - réunion d'information syndicale ouverte CNT Éducation 94 - CNT-STE 94 (jeu, 12 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 4e - salon de L’autre livre - salon international de l’édition indépendante (dim, 11 oct 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 11e - marché solidaire, journée portes ouvertes au CICP - Centre international de culture populaire (sam, 31 oct 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 11e - projections, débats, concerts - fête du syndicat du nettoyage CNT (lun, 16 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 7e - traversée cycliste de Paris sur la route de Copenhague - sommet Climat (jeu, 12 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 18e - concerts, repas, discussions au Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers (mar, 17 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 18e - réunion d'information pour la "Marche Gaza" - Palestine (mar, 17 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 11e - assemblée générale de "Résistons ensemble" contre les violences policières (mar, 20 oct 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Montreuil - forum de l'économie sociale et solidaire (mer, 04 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 2e - rencontres solidaires avec la Bolivie Plurinationale souveraine et démocratique (ven, 13 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 17e - témoignages, débats, repas, concert "Femmes et migrations" - MACAQ, RESF (jeu, 12 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Massy - conférence, débat, concert - migrants - "Témoignage et transmission" - Migrant'scène (dim, 18 oct 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 17e - théâtre de l'opprimé (participatif) - scènes de la vie courante, société capitaliste (sam, 10 oct 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Saint-Denis - sommet anti-sécuritaire du 9-3 - débat "Agir au présent" - FA, FSQP, MIB (mer, 11 nov 2009)
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samedi 21 novembre 2009 - Paris 10e - projection débat « Vivre comme des humains - L’Hiver des cheminots japonais » (dim, 01 nov 2009)
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Le vieil homme et la mort...

 

Un retraité algérien est décédé dans le cadre d’une interpellation à Argenteuil. Ses proches accusent la police, qui évoque de son côté des problèmes cardiaques ayant entraînés la mort.

 

Ali Ziri est décédé le 9 juin 2009, suite à un contrôle de police. L’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) résume ainsi la mort suspecte de ce retraité Algérien de 69 ans, résidant à Argenteuil (95). Ce soir là, Arezki K., 61 ans, est au volant, avec Ali Ziri à ses côtés. Les deux amis ont bu. Beaucoup, selon le procureur adjoint au parquet de Cergy-Pontoise, Bernard Farret, joint par Politis.fr : 2,04 g/l pour Ali Ziri et 1,94 pour Arezki K. Le contrôle de police sera houleux, les versions divergent. Le procureur adjoint parle d’« outrages et rébellion », de refus de descendre du véhicule : « Ils sont tous les deux emmenés » en garde-à-vue. Selon le témoignage de monsieur K., recueilli par l’AMTF, il s’agit au contraire d’un simple contrôle de routine envenimé par l’agressivité et la violence des policiers. Toujours selon la version du conducteur, les coups pleuvent dans le camion qui emmène les deux interpellés en garde-à-vue.

 

Ali Ziri ne s’en remettra pas. Il meurt quelques heures après son arrivée à l’hôpital d’Argenteuil. Où le service des urgences refuse de nous indiquer, secret médical oblige, si le malheureux portait ou non des traces de coups à son admission. Maurice Toullalan, directeur de l’hôpital d’Argenteuil, confirme cependant que le patient « est arrivé le 9 juin à 22h09, accompagné des forces de police. Il a été vu immédiatement par l’infirmière d’accueil. Celle-ci a jugé que le patient ne présentait pas de problème de gravité immédiat. Il a ensuite été allongé sur un brancard, dans la salle d’attente, en vue d’un examen médical. Il a été vu par un médecin à 22h45, qui a constaté un arrêt cardiaque. La tentative de réanimation a été un succès puisque le cœur est reparti, sans pour autant que le patient se réveille. Un scanner cérébral a été fait à 2h du matin, donc le 10 juin. Le patient est finalement décédé le 11 juin, à 7h30. »Pour Ali El Baz, coordinateur de l’ATMF, « il s’agit clairement d’un dérapage de la police. Le conducteur a lui-même des traces de coups sur le corps. Ils ont été tabassés jusqu’à perdre connaissance ! »

 

Le parquet met en avant les résultats de l’autopsie pour dédouaner le commissariat d’Argenteuil, où l’on ne souhaite pas s’exprimer sur l’affaire : « La cause du décès est liée à des problèmes cardiaques ainsi qu’à l’absorption d’alcool, avance Bernard Farret. Il n’a pas été violenté par la police ». Du côté des proches de la victime, on a une toute autre analyse de la situation. D’autant que la chemise et la veste du défunt n’auraient pas été restitués après l’autopsie... Une plainte sera déposée prochainement par la famille, tandis que l’ATMF veut saisir le procureur pour ouvrir une information judiciaire et se porter partie civile. L’affaire aura au moins eu le mérite de délier les langues dans la ville : « En parlant de la mort de Ali Ziri avec les gens, on a eu beaucoup de témoignages qui évoquent des problèmes avec la police d’Argenteuil, explique Ali El Baz. On dirait que ça se passe assez mal avec eux. »

 

POLITIS 22.06.2009

 

 

 

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Communiqué du NPA.

Bavure policière à Argenteuil.

 


Le 9 juin, Ali Ziri, âgé de 69 ans et Arezki Kerfali, âgé de 61 ans et invalide à 60%, sont interpellés par la police nationale à Argenteuil. Trois policiers vont menotter, immobiliser au sol et rouer de coups ces deux retraités.

Arezki perdra connaissance et Ali mourra à l’hôpital d’Argenteuil. A ce jour, d’après l’avocat de la famille, le commissariat refuse, comme le procureur, tout dépôt de plainte.

 

Personne ne veut entendre le témoignage d’Arezki, voir les photos des différentes contusions sur son corps, ni tenir compte du témoignage de la famille d’Ali qui fait état de traces de coups sur sa nuque, son visage et ses membres. En l’état, la famille comme l’avocat n’ont toujours pas accès au dossier.

 

Les pouvoirs publics espèrent sans doute que le corps d’Ali retourne rapidement vers l’Algérie pour éviter toute expertise médicale.

 

Le NPA, dans le cadre du collectif « Vérité et Justice pour M. Ali Ziri et M. Arezki Kerfali », exige toute la transparence sur ce décès et l'ouverture d'une instruction à l'égard des policiers impliqués.

 

Pour la famille en particulier, il est insupportable de savoir ces derniers toujours en fonction à Argenteuil, tout comme le sont encore les policiers de Grasse responsables de la mort d’Hakim Ajimi après utilisation de la clef d’étranglement.

 

En pleine période d’une crise sociale qui touche prioritairement les quartiers populaires, la seule réponse de Sarkozy est la répression et l’impunité pour les policiers en cause.

 

Le collectif appelle à une manifestation le mercredi 24 juin qui partira à 18h du foyer de résidence d’Ali et Arezki, 4 rue Karl Marx, rejoindra le lieu de l'interpellation de Ali Ziri et finira devant le commissariat d’Argenteuil.

 

 

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Samedi 20 juin 2009

La police tue à Argenteuil

 

20.06.2009 Le Jura Libertaire

 

  Il devait rentrer en Algérie pour assister au mariage de son fils : Un retraité kabyle tué par la police française !

«Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil», a titré, dans une déclaration rendue publique le syndicat de défense des Algériens en Europe.

Son fils Mohand, encore sous le choc, à l’instar de toute la famille, nous déclare : «Si c’est cela le mérite qu’on a rendu à mon père, un homme qui a donné 40 ans de sa vie à la France ?!» En effet, Ali Ziri, natif d’Ouled Rached, wilaya de Bouira, a émigré à l’âge de 19 ans en France. Il s’était installé à Argenteuil dans une très forte communauté kabyle (et) y vit depuis plusieurs décennies. Il a travaillé près de 40 ans dans une même société, basée à Paris, habitué à se rendre régulièrement en Algérie où réside sa famille composée de deux filles et de deux garçons. Il était connu pour sa gentillesse et sa générosité, ses compatriotes et jeunes du quartier, le surnommaient affectueusement «Ammi Ali».


Le jour fatidique


Ammi Ali s’apprêtait à rentrer dans son pays le 15 juin, à 14 heures, pour assister au mariage de son fils aîné, Rachid. Cependant, les choses ne vont pas toujours tel qu’on le souhaite ! En effet, le 9 juin, vers 20h45, à Argenteuil, trois policiers dont une femme, ont arrêté un conducteur d’un véhicule, Arezki Kerfali, un Algérien de 61 ans au niveau du carrefour des boulevards Jeanne-d’Arc et Léon-Feix. L’homme, qui selon le rapport de la police était sous l’effet de l’alcool (0,80 g), était accompagné de son ami, Ali Ziri, 69 ans.



Ce dernier était assis du côté passager. Pour motif de contrôle d’identité, les trois policiers ont d’abord demandé au conducteur ses papiers. Mais celui-ci «a eu le tort de ne pas les sortir “assez vite” comme il lui a été demandé par conséquent, il s’en est suivi des menaces afin de l’emmener au poste, puis des insultes…» et enfin, «des menottes et des coups, une fois que le conducteur a été arraché de force de son siège» ! Tandis que son ami, Ali Ziri, était jusqu’à cet instant assis gentiment sur le siège avant du véhicule, et voyant son ami, Arezki, «se faire traîner par terre et se faire insulter de tous les noms», il descend du véhicule pour calmer les policiers. «Laissez-le tranquille, vous n’avez pas le droit de le frapper et de le traîner par terre. Je connais la loi», dira Ali aux policiers. Pis encore, les policiers se saisirent de lui et le menottèrent à son tour ! Les deux individus sont alors «traînés et poussés avec violence» à l’intérieur du fourgon policier. Malheureusement, «c’est ici (au fourgon) que le drame ayant traîné la mort du retraité Ali Ziri, s’est apparemment produit». Selon  son ami, Arezki le défunt Ali avait dit aux policiers : «Vous n’avez pas honte de me frapper, je suis plus âgé que vous. Je connais la loi, je vais vous le faire payer.» Comme pour achever leur sale besonge, deux des trois policiers, dont la femme, le rouent de coups de poings et de pieds jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. À chaque coup, les policiers rajoutaient à l’adresse du défunt : «Tu connais la loi salle bougnoule, tiens ceci, etc.» Après quoi, transporté à l’hôpital d’Argenteuil pour subir une prise de sang, c’était trop tard ! Les médecins ont constaté que Ammi Ali était «déjà mort».

Mis en garde à vue, Arezki n’apprendra le décès de son ami que le 11 juin par la police du commissariat d’Argenteuil. «Mon ami se portait bien, c’est vous qui l’avez tué», leur a répondu Arezki. À l’initiative du syndicat de défense des Algériens en Europe, une réunion s’est tenue le 14 juin au foyer Sonacotra, les Remparts (rue Karl-Marx à Argenteuil) où résidait le défunt. Sous le choc encore, les 300 habitants de cet établissement ont condamné avec force «la violence raciste utilisée par les policiers à l’encontre d’une personne âgée, dont le seul tort est de s’appeler Ali». Les participants ont demandé à ce que toute la lumière soit faite pour élucider les circonstances du drame. À cela, une délégation, formée des proches de la victime et des résidants du foyers des Remparts devait «être reçue incessamment» par le maire d’Argenteuil. Également, une marche pacifique pour réclamer la vérité sur ce drame doit avoir lieu dans la même ville.

Quant à sa famille en Algérie, elle ne comprend pas cette haine gratuite et demeure toujours sous le choc. La population d’Ouled Rached, en attendant le rapatriement de la dépouille, ne compte pas en rester à ce stade de l’incompréhension et pourrait se montrer solidaire d’un des leurs en exigeant du gouvernement français des explications rationnelles si elles peuvent toutefois être fournies. Le corps du défunt se trouve actuellement à l’Institut médico-légal de Paris pour les besoins de l’autopsie et des investigations sont menées par les enquêteurs. L’enterrement doit avoir lieu au courant de cette semaine.

La Dépêche de Kabylie, 20 juin 2009.

 


US GASPI................

 

 

>>>    DEUX CHIFFRES A MEDITER !!   <<<

 

 

 

7 MILLIONS DE PAUVRES EN FRANCE...!!

 

 

25 000 milliards de dollars évanouis dans les pertes de capitaux depuis janvier 2008...

 

  

 

 

 

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Evolution des profits des firmes du CAC 40 entre 2000 et 2005 : + 54%.


Evolution des dividendes qu'elles ont versé à leurs actionnaires pendant ces cinq ans : +71,7 %.


Evolution des investissements de ces mêmes entreprises entre 2000 et 2005 : - 41,4%.


Nom du génie qui a déclaré : "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain qui seront les emplois d'après-demain." : Helmut Schmidt, ancien chancelier allemand.

 

 

 

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Les ouvriers chinois travaillent entre 8 et 12 heures par jours, avec un seul jour de repos par mois, sans sécurité sociale, pour un salaire de 80 à 100 euros mensuels. 5% des ouvriers ont entre 13 et 16 ans, soit 6 millions d'ouvriers environ.

 

 

 

 

 

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Pourcentage de Nigérians vivant avec moins de 1 dollar par jour en 1985 : 32%.


Pourcentage de Nigérians vivant avec moins de 1 dollar par jour en 2006 : 71%.


Revenus du pétrole versés au Nigéria depuis 1974 : 728,5 milliards de dollars.

 

  

 

 

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Le capitalisme ne triomphe que lorsqu'il s'identifie avec l'Etat, qu'il est l'Etat.

 

Fernand Braudel

 

 

Rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de
l’exclusion sociale 2005-2006
Rapport 2005-2006.pdf
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MESURES ET EVOLUTION DE LA PAUVRETE
Rapport 2007-2008
MESURES ET EVOLUTION DE LA PAUVRETE.pdf
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Indicateurs d’inégalités sociales édition 2008
Indicateurs d’inégalités sociales.pdf
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Un paradis fiscal, c'est quoi au juste ?

 

 

 

 

 

 

DECRYPTAGE - Tout comprendre sur ces territoires à la fiscalité avantageuse et au secret bancaire garanti…


Le terme est extrêmement flou. Il désigne tout pays dont la fiscalité apparaît comme avantageuse par rapport à une «normale» toute relative. Ainsi, l'Irlande, dont l'imposition est particulièrement basse, attire de nombreuses entreprises qui y gèrent leurs trésoreries (cela pouvant être légal si c'est accompagné d'une délocalisation des activités ou illégal dans le cas inverse). On parle également de «pays à fiscalité privilégiée». Les paradis fiscaux - au sens où on l'entend généralement dans la presse - combinent cette fiscalité avantageuse au secret bancaire (on parle alors de paradis bancaires) et à l'absence de coopération judiciaire avec les autorités étrangères (paradis judiciaires).

Combien y a-t-il de paradis fiscaux dans le monde?

Officiellement, seuls trois pays ont été épinglés par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE): Andorre, le Liechtenstein et Monaco. Mais les spécialistes s'accordent autour d'environ 70 paradis fiscaux dont la majorité se sont engagés plus ou moins à coopérer avec les autorités judiciaires, notamment dans les affaires de terrorisme.
En Europe, il existe 14 paradis bancaires dont trois au sein même de l'Union européenne: la Belgique, le Luxembourg et l'Autriche. Certains sont des territoires au sein d'Etats souverains, comme par exemple l'île de Man ou les îles anglo-normandes au Royaume-Uni. Les résidents britanniques ne sont pas taxés sur leurs revenus qui se trouvent dans ces îles.

D'autres paradis fiscaux sont spécialisés. Ainsi, les Bermudes recueillent principalement l'argent des assurances quand les îles Caïman constituent une destination privilégiée pour les banques.

Qui a recours aux paradis fiscaux?

Selon Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts, «tous les fonds spéculatifs y ont recours». «Ils constituent une soupape de sécurité au système financier international en permettant de maximiser les profits des entreprises». Problème: ils faussent la concurrence et concentrent l'argent là, où il n'existe aucun besoin économique réel. «Globalement, les PME et les PMI n'y ont pas recours car les sommes en jeu ne sont pas assez importantes».

Le secret bancaire attire également l'argent sale de toutes origines (corruption, prostitution, drogue…) et permet de le blanchir. Il incite également à l'évasion fiscale des particuliers. Exemple: une personne vend un immeuble et réclame 10% de la somme en liquide. Cette somme ne sera pas soumise à l'impôt sur les plus-values et pourra être fructifiée au Liechtenstein par exemple, en franchise d'impôt. Ne pas confondre évasion fiscale et délocalisation fiscale qui correspond au fait de vivre réellement plus de 181 jours par an dans un pays étranger pour y bénéficier d'un niveau d'imposition moins fort.

Comment fait-on pour ouvrir un compte dans un paradis fiscal?

Les procédés sont très nombreux et complexes (sociétés écrans, chambres de compensation...). «Mais la règle générale est d'ouvrir une entité juridique, une fondation, qui est gérée par un mandataire, en général un juriste, pour le compte d'un bénéficiaire inconnu», explique Vincent Drezet. Il est aussi possible de venir directement avec ses valises de billets. «Mais, prévient Jean-Yves Mercier, avocat fiscaliste associé chez CMS Bureau Francis Lefebvre, si vous arrivez au Liechtenstein avec 100.000 euros seulement, le banquier risque de vous rire au nez!». Pour les petits patrimoines, de nombreux montages financiers permettent de bénéficier d'avantages fiscaux en France même (assurances-vie…).

Est-ce qu'épargner à l'étranger est interdit pour un particulier?

Non, mais le compte doit être déclaré à l'administration française ainsi que ce qui l'alimente au cours de l'année. Chaque Français est imposable sur ses revenus mondiaux sauf en cas de conventions bilatérales qui précisent le contraire. Il y a donc peu d'intérêt à épargner à l'étranger si ce n'est pas pour vouloir échapper à l'ISF ou dissimuler de l'argent. Exception notable dans l'UE: les produits de l'épargne ne sont taxés que de 15% en Belgique, au Luxembourg et en Autriche (35% d'ici 2010). Une bonne raison donc d'y placer son argent.



LES ROBINS DES BOIS des SUPERMARCHES

 

Ils se présentent comme des «autoréducteurs». A l’approche des fêtes de fin d’année, on peut les apercevoir dans les rayons des supermarchés, poussant des chariots de pâtes, riz, foie gras et champagne avant de partir sans payer, après négociation avec le gérant, pour redistribuer à ceux qui n’ont rien. Robins des bois pour certains, pilleurs pour d’autres, ces deux dernières semaines, ils ont frappé trois fois. A Rennes, Grenoble et Paris, ce mercredi.

 

Le 6 décembre, les associations de chômeurs défilent contre la précarité à Paris. Avec en toile de fond, une remontée du chômage et un désaccord sur la convention Unédic qui régira l’assurance chômage 2009-2011. «Nous nous sommes alors dit qu’il fallait passer à l’action», explique Serge Havet, président d’AC! Agir contre le chômage. Décision est prise avec d’autres collectifs de multiplier les opérations coups de poing pour permettre aux «personnes précaires» de fêter le réveillon.

 

Champagne. Le 20 décembre, le rayon alimentation des Galeries Lafayette de Rennes est pris d’assaut par des militants du Mouvement des chômeurs et précaires en lutte (MCPL). Une semaine plus tard, c’est au tour d’un Monoprix grenoblois d’être réquisitionné par une trentaine de personnes. Chômeurs, mal logés, RMistes, intermittents, précaires. Parmi eux, Léa (1). «On est entré par petits groupes, on a rempli les paniers et on est arrivé aux caisses. On a alors expliqué qu’on souhaitait obtenir les aliments gratuitement pour en faire profiter ceux qui n’ont pas les moyens de fêter la nouvelle année», raconte la jeune femme. «Surprise» du gérant, clients «réceptifs», policiers maintenus à l’écart et après une demi-heure de négociations, accord du directeur du magasin. «C’est avant tout symbolique. Les plus précaires ont pu boire du champagne et manger du foie gras comme tout le monde.»

 

A Paris, le jour de la Saint-Sylvestre, ce sont les sans-papiers de la Bourse du travail et les mal-logés du gymnase Saint-Merry qui ont pu profiter des aliments «réquisitionnés» un peu plus tôt au Monoprix de la rue du Faubourg-Saint-Antoine (XIe arrondissement) par une cinquantaine de militants de collectifs de chômeurs et de précaires. Ces «empêcheurs d’encaisser en rond», comme ils se présentent, ont déposé au fond de 13 chariots des produits de première nécessité (riz, huile, lait) et des aliments homologués réveillon du 31 décembre, type saumon, foie gras et champagne.

 

La veille, une action menée par AC! dans un Champion lillois s’était soldée par un échec. «C’est assez rare,le gérant a pris ça pour une agression», explique Serge Havet qui a entamé depuis des négociations avec une grande surface de Villeneuve-d’Ascq pour mettre en place un système mensuel de dons comme à Bordeaux depuis deux ans.

 

«Les campagnes de mobilisation traditionnelles pour les droits sociaux ne fonctionnent plus», souligne Boris, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) d’Ile-de-France, et qui a participé à l’autoréduction de mercredi. «Face à l’aggravation des conditions de vie et de travail, on a dû développerd’autres formes de solidarité plus concrètes.»

 

Solidarité, autodéfense sociale, autoréduction, réquisition. Qu’importe le vocable employé, pour Monoprix il s’agit bien de vol. Hier, à l’issue d’un conseil de crise, le groupe a décidé de «porter plainte contre X pour vols avec violence et insultes, avec constitution de partie civile». Une plainte visant l’action menée à Grenoble avait été précédemment déposée pour «vol».«On comprend les difficultés matérielles de certains, les sentiments qu’ils peuvent avoir le soir d’un réveillon, mais il n’en reste pas moins que ce sont des actes regrettables», explique-t-on au siège.

 

«Goutte d’eau». Le groupe table sur une perte de 5 000 euros pour l’action menée à Paris, selon les premières estimations. «Une goutte d’eau dans les bénéfices du groupe comparée à la prime de Noël et au montant du RMI», se défendent les autoréducteurs. «Nous ne sommes ni des casseurs ni des voleurs», estime Serge Havet. «On ne peut pas parler de vol au sens pénal du terme. Il n’y a pas eu de délit, il y a eu un accord, une négociation et l’intervention de la police n’a pas été effective», explique Boris. «Quand ils prennent la décision de nous laisser partir, ils savent que c’est un camouflet sur le plan symbolique, mais un meilleur calcul du point de vue du chiffre d’affaires.»

 

Mercredi, à Paris, le magasin était «rempli». L’action menée par les autoréducteurs a duré un peu plus d’une demi-heure. «Plus longtemps, ils auraient perdu des clients.» De son côté, Monoprix indique que «les salariés et la direction ont essayé de régler cette affaire par la discussion pour éviter que ça ne dégénère en période des fêtes».

 

(1) Les prénoms ont été changés.

 

Libé 3-4 janvier 2009

 

Julie et son fils...

Moi, Julie, mère SDF et blogueuse...

 

LE MONDE | 14.11.08

 

"Certains en auraient fait un chemin de croix. Elle a choisi d'écrire un blog dont le nom est un clin d'œil narquois au slogan de la campagne municipale de Bertrand Delanoë, en mars 2008 "Un temps d'avance". Depuis septembre, Julie Lacoste y décrit sans pathos sa vie au quotidien. La jeune femme travaille à la bibliothèque de l'université de droit Paris-V, à Malakoff, en proche banlieue sud. Son CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) lui rapporte 750 euros net par mois, pour 26 heures par semaine. Pas assez pour trouver un appartement pour trois (...)"

 

 

Un temps de retard

(jeu, 24 sep 2009)
J’ai eu les clés de l’appartement le 28 juillet. Le jour même, nous avons déménagé les affaires des trois lieux où elles étaient entreposées depuis janvier 2008 : une cave dans le 11ème, un garage dans le 18ème, et le salon de mes amis P. et C. Nous étions sept, alors en une grosse matinée, nous avons tout déménagé. J’étais complètement euphorique et tout s‘est déroulé dans la bonne humeur. Puis nous avons déjeuné tous ensemble dans l’appartement au milieu des cartons. Le temps que j’aille chercher des brochettes grillées avec Madiop et mon frère, mes amis avaient retrouvé la vaisselle et mis la table. Ils avaient aussi installé un peu partout de petits bibelots qui donnaient déjà de la vie à l'appartement et m'ont fait tout de suite sentir chez moi. J’avais quatre jours devant moi avant de rejoindre les enfants dans le sud pour quinze jours de vacances. Mais pendant ces quelques jours, je n’ai quasiment rien fait. J’étais plantée là à contempler les cartons et je me disais "Tiens, il faut que je fasse ça", "Tiens il y aussi ça", mais je n'étais d’aucune efficacité… Je n'y dormais pas encore, je n’avais pas de frigo, pas de cuisinière, pas d’eau chaude, pas de rideaux… Mais surtout j’étais comme dans un rêve, je n’arrivais pas encore à y croire. Pendant les vacances, nous nous sommes bien reposés avec les enfants. Nous étions chez une amie qui habite à Bayonne et nous sommes allés à la plage tous les jours, j’avais vraiment besoin de voir l’océan. Les enfants se sont beaucoup amusés quand la mer le permettait et qu’il n’y avait pas trop de vagues ni de baïnes. Puis nous avons passé quelques jours chez mes parents où nous étions en famille. Mais je n’avais qu’une idée en tête : être de retour à Paris pour tout mettre en place avant que les enfants ne reviennent : je faisais des listes et des plans, je commandais tout ce que je pouvais sur internet pour gagner du temps. Le 15 août, je suis retournée seule à Paris pour continuer à aménager l'appartement. Les enfants restaient encore une semaine avec ma mère, il fallait absolument que la maison soit habitable à leur retour. Je me suis remise à la tâche, mais il m'a fallu encore quatre jours pour enfin me décider à y dormir. Je restais toute la journée dans l’appartement à travailler, et quand arrivait le soir je fermais la porte et allais squatter chez des amis qui étaient absents… Tout le monde me charriait, chaque jour on me demandait si enfin j'avais dormi dans mon appartement… Je n’arrive pas à l’expliquer, mais il m’a fallu un temps pour me faire à l'idée que j'avais un chez-moi. Enfin un beau jour, je me suis sentie prête et j'ai dormi dans ma chambre. Maintenant je n’envisage plus du tout de passer la nuit ailleurs ! C'est vraiment un très bel appartement. Il n’a rien de ce qu'on imagine d'un HLM, à part le montant du loyer. C'est dans un immeuble ancien qui a été entièrement rénové. Tout a été refait avec goût : l’agencement est intelligent, les murs sont peints de trois couleurs différentes, et il y a plein de petits détails comme des bancs en bois brut sous les fenêtres, des petites tablettes dans les recoins de la cuisine, des motifs peint dans la faïence des carreaux de la cheminée... Tout à fait bourgeois ! Une amie qui nous a rendu visite m’a même surnommée « La bourge de Château Rouge » ! Je me suis fait plaisir en investissant dans de beaux lits pour les enfants, un frigo, une cuisinière, des rideaux, plein de petites choses. Camille a une fois de plus été très généreuse, elle nous a offert des meubles très utiles : un canapé rouge, deux matelas pour les enfants, un futon pour moi. J'ai aussi hérité d'une table et de cinq chaises de mon grand-père. Nous avons à peu près tout ce qu'il nous faut pour vivre normalement. Je veux que ma maison soit belle et agréable, mais maintenant je sais que si demain je perdais tout ce ne serait pas la fin du monde. Je n’avais pas cette distance avant, je suis contente de l’avoir maintenant. Je pense que les enfants, même s’ils sont encore petits, ont pris conscience de cela aussi, et j'espère que ça pourra les aider plus tard à relativiser les revers de fortune... Jules et Orphée sont arrivés avec leur grand-mère quelques jours avant la rentrée. J’étais impatiente de voir leurs têtes ! Je leur ai laissé deviner quel immeuble nous habitions, quel étage, quelle porte… Ils étaient super excités. Quand j’ai ouvert la porte, ils se sont précipités à l'intérieur et ont trouvé aussitôt leur chambre. C’était la seule pièce vraiment aménagée de toute la maison : il y avait là leurs nouveaux lits superposés qui faisaient tant rêver Jules, des rideaux aux fenêtres, des tapis de couleur... Et surtout leurs livres et leurs jouets, qui attendaient depuis un an et demi d'être sortis de la cave où ils dormaient.... Une vraie ambiance de chambre d’enfant comme ils n'en ont jamais eue, puisque pendant un an et demi nous avons habité chez les autres, et avant nous partagions la même chambre. C’était vraiment important pour moi que cette pièce soit prête à leur retour, je voulais qu’ils soient heureux en la découvrant. Et de fait, ils s'y sont plongés comme dans une caverne d'Ali Baba. Au bout d’un long moment, Jules a pointé son nez dans la cuisine pour me demander où étaient les toilettes. Il s'est rendu compte qu'il ne connaissait pas encore les lieux. Alors avec son frère, ils ont joué à deviner où se trouvaient d'abord les toilettes, puis ma chambre, c'était comme un jeu de piste avec des "chaud !", "froid !", les enfants s'amusaient à ouvrir les placards et à retarder le moment où ils auraient tout vu (l'appartement est assez grand, mais on en a vite fait le tour !) Puis, comme nous sommes dans un quartier à petits commerces, et aussi pour marquer cette nouvelle étape dans sa vie, j’ai proposé à Jules de descendre acheter du riz chez l'épicier, juste en face de chez nous. Il a sept ans, et c'était la première fois qu'il sortait tout seul dans la rue. Il avait un peu peur mais il était tellement fier ! On l'a accompagné depuis la fenêtre, il était très prudent pour traverser la rue et en sortant de la boutique, il nous a adressé un large sourire en brandissant le paquet de riz, il avait réussi sa mission. Pour leur première nuit dans leur nouvelle maison, je me suis installée sur un matelas par terre dans leur chambre, je voulais être près d’eux. Jules a mis du temps à s'endormir. Orphée au contraire s’est endormi très facilement, mais dans la nuit il s’est réveillé plusieurs fois et j’ai fini par le prendre avec moi. Le matin, il s’est mis à genoux à côté de moi et a demandé : « On est dans la maison de qui ? ». Et quand je lui ai répondu que c’était notre maison, il a eu un grand sourire ravi. Les jours suivants, on a continué à emménager. C’est un peu tous les jours Noël à la maison, car il y a encore des cartons à défaire, et nous découvrons chaque jour de nouveaux objets, livres, jouets, dont nous avions complètement oublié l’existence, c’est un vrai plaisir ! Il y a des choses dont je ne comprends même pas pourquoi j’avais pris la peine de les emballer et de les ranger dans la cave... (Il y a aussi des affaires qui ont disparu pour diverses raisons. Par exemple lors de notre déménagement en janvier 2008, où il nous était arrivé cette petite anecdote : après avoir sortis le plus gros de l’appartement, nous avions mis les quelques affaires que je voulais garder avec moi chez P. et C. dans des sacs-poubelles. Nous avions fini tard dans la soirée, et tout entreposé dans le couloir, les cartons, les bagages et un sac-poubelle avec d'autres affaires. Le lendemain, lorsque je suis rentrée le soir, j’ai voulu ranger et là, surprise, il manquait le sac -poubelle : c'était ma mère qui voulant bien faire l'avait descendu dans le local… poubelle. Il était trop tard, les éboueurs étaient déjà passés !) Et puis il y a eu la rentrée des classes. C'est la première année en maternelle d'Orphée, et ça s’est très bien passé. Ses deux années en crèche parentale lui ont beaucoup appris sur la vie en communauté. Fréquenter beaucoup de parents et de personnes différentes aide les enfants à se sociabiliser plus facilement, je pense. De plus, deux copains de la crèche sont dans la même classe que lui. C’est très agréable aussi, pour nous les parents, de nous retrouver. Il est dans l’école que fréquentait son frère avant de rentrer en primaire. Jules quant à lui est maintenant en CE1. On n'a pas changé d'école. Il faut dix minutes pour y aller en marchant tranquillement, ça va. Je souhaitais qu’ils aillent dans des écoles qu’ils connaissent, avec leurs copains, pour ne pas tout bouleverser en même temps. J’ai envie que cette année soit tranquille. De manière générale, les enfants se sont vite familiarisés à leur maison, ils ont complètement assimilé cette nouvelle situation. C'est vrai qu'ils ont l'habitude de changer d'environnements, ils savent bien s'adapter... Jules disait parfois qu'il voulait continuer à vivre en "bohémiens", il aimait aller d'appartement en appartement, découvrir de nouveaux lieux, de nouveaux jouets, de nouveaux copains et copines, il avait peur d'être en manque de ce mouvement. Je crois que maintenant il a complètement changé d'avis ! Pour l'instant en tout cas ! C'est difficile d'exprimer le bonheur que nous ressentons tous les trois d'avoir définitivement fini notre errance et posé nos valises. Je n'oublie pas que c'est en grande partie grâce à ce blog, grâce à tous ceux qui nous ont aidés, hébergés, encouragés que nous avons tenu le coup et que nous arrivons aujourd'hui au bout de cette histoire. Bien sûr je n'oublie pas tous ceux qui n'ont pas eu la chance que nous avons et qui restent sans logement. Il y a tellement de familles à Paris qui vivent dans des conditions déplorables, sans logement fixe, parfois depuis très longtemps, parfois presque sans revenus, ou sans papiers... Je voudrais que la mobilisation qui a fonctionné pour moi fonctionne aussi pour eux, il y a encore beaucoup à faire ! Ce post est probablement l'un des derniers... J'ai commencé ce blog pour raconter notre vie à Paris sans logement, il n'a plus de raison d'être maintenant que nous sommes arrivés à bon port. Je voudrais remercier une nouvelle fois toutes celles et tous ceux qui en ont suivi les hauts et les bas depuis plus d’un an, et en particulier ceux qui m'ont écrit et soutenu. Pour fêter ensemble la clôture du blog et l'heureuse résolution de notre aventure, je voudrais vous inviter à notre pendaison de crémaillère, le 10 octobre. Ecrivez-moi si vous pouvez venir, je vous donnerai toutes les coordonnées ! Je vous embrasse tous. Julie.
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(dim, 26 jui 2009)
Cela fait quelques mois que je n’ai plus beaucoup donné de mes nouvelles concernant mes démarches de recherche d’appartement. Pourtant, il s’est passé bien des choses. Si je n’en ai pas parlé publiquement au jour le jour, c'est que j’avais peur que cela empêche les événements de se concrétiser. Je ne sais pas si c'est par superstition ou si mes craintes étaient fondées mais voilà, j'ai attendu le jour où j'aurai des réponses sûres pour tout vous raconter. Et voilà que ce jour est arrivé. Un jour de la fin du mois de mars, alors que j’attendais un conseiller immobilier pour visiter un appartement vers Porte de la Chapelle, je reçus un coup de téléphone. C’était l'adjoint au maire au logement du 18ème arrondissement. Je ne compris pas tout de suite pourquoi il m’appelait. Il me rappela les difficultés de la mairie concernant le logement ; je lui dis que j’avais vu beaucoup nouveaux logements sociaux dans le quartier ; il m’expliqua que ces logements étaient déjà attribués depuis plus d’un an et que les futurs locataires attendaient que les logements soient livrés. À ces mots j’ai eu très peur. Cela voulait donc dire que si je passais en commission, je n’aurais pas de logement avant un an ? Non, il me dit que notre cas était différent, que l’on était un cas d’urgence et que notre dossier était déjà passé en commission… À ce moment-là, je ne sais plus si mon cœur s’est arrêté de battre un instant ou s’est accéléré mais je suis restée sans voix. Ce que j'attendais depuis si longtemps était donc arrivé ? Notre dossier était passé en commission ? Je ne savais plus quoi dire et je n’ai pas eu la présence d’esprit de poser des questions. Je lui ai quand même demandé s'il savait dans combien de temps nous pourrions avoir un appartement mais il ne pouvait pas me le dire, ça prendrait quelques mois, mais ce serait rapide… Lorsque j'ai raccroché, la personne que j’attendais pour visiter arriva. Je n’avais plus vraiment la tête à visiter, je restais très évasive aux questions qu’il me posait. L’appartement était beau, bien agencé, mais dans ma tête j'étais déjà ailleurs, je me mis à observer des détails de décoration, j'étais déjà en train de les projeter dans notre futur chez-nous. Je n’avais qu’une hâte: appeler mes amis proches, mon frère et ma mère pour leur annoncer la nouvelle. Lorsque ma mère décrocha, je n’ai pas pu lui annoncer tout de suite. J’étais trop émue, je pleurais et ne pouvais plus parler, elle attendit patiemment que je puisse enfin lui dire l'objet de mon appel. Il fallait que je prévienne Camille aussi, car cela bouleversait toute nos plans. Avant de décider d’arrêter nos recherches une bonne fois pour toutes, elle a tenu à appeler la mairie pour demander plus de précisions concernant le temps que ça allait prendre et avoir le plus de garanties possibles. Je n’en ai parlé qu’à mes proches car c’était encore trop vague. J'avais eu tant de déconvenues dans le passé que je n'ai pas voulu me réjouir trop vite. Après tout, ce n’était qu’un coup de fil, je n’avais aucune information concrète, aucun document officiel qui me permettait de crier sur les toits la bonne nouvelle. De fait j’étais sur mes gardes surtout que pendant ce temps, on continuait à galérer. Nous étions à l’époque chez Florie, il fallait toujours que je trouve des solutions d’urgence, j’étais en même temps tiraillée par le stress quotidien et tenue par l'idée que la fin de la galère approchait. Mais après ce premier coup de fil, le silence s’est fait long. Deux (longs) mois plus tard, je reçus un autre coup de fil. C’était de nouveau l’adjoint au maire. Cette fois, il m’annonça clairement qu’un appartement nous était attribué, un trois pièces dans un immeuble ancien totalement réhabilité au métro Château rouge, dans le quartier populaire de la Goutte d’or. Mais notre dossier devait encore passer devant la commission de notre bailleur. D'après lui, ce ne serait qu’une formalité et mi-juin nous pourrions certainement emménager. Il fallait que je surveille bien mon courrier pour renvoyer mon dossier en temps et en heure. Comme son numéro de portable était affiché, je l’enregistrai, je me dis que ça pouvait être utile. Là encore, je pris le parti de rester prudente et de ne pas crier victoire trop tôt. Et en effet, plus d’un mois après, je n'avais toujours pas de nouvelles ! Je décidai de l’appeler. Mon dossier s’était perdu, la commission était reportée à début juillet. Mais apparemment, il était toujours question du même logement. Comme j’étais inquiète et que lui posais des quantités de questions, il se proposa d’appeler l’organisme des HLM pour avoir plus de renseignements. Finalement, c’est eux qui me rappelèrent le jour même. J’allais recevoir le dossier et il fallait que je le renvoie au plus vite, car ils n’attendraient pas la rentrée de septembre pour nous attribuer le logement. Ça tombait bien, moi non plus ! Chaque jour j'attendais le courrier avec impatience, mais rien. Je n'arrivais pas à être tranquille, je voulais une confirmation officielle. Puis enfin il arriva. Il avait été envoyé il y a cinq jours déjà et il fallait que je le renvoie sous huit jours. C’était mercredi, je devais attendre le lendemain pour demander des certificats à l’école de Jules et à mon travail (et ces certificats tout bêtes, ça a été toute une odyssée pour les obtenir, je vous passe les détails...). Le lendemain matin, une dame de l’organisme m’appelait, ils attendaient mon dossier, il fallait que je me dépêche de le renvoyer. Ils avaient déjà reçu un dossier, il ne manquait plus que le mien et un autre… Car là m'attendait une nouvelle déconvenue : elle m'apprit que nous étions trois familles en lice pour l’appartement ! Je lui fis part de mon étonnement, mais elle me dit d'un ton désagréable que c’était la loi DALO qui voulait ça, qu’il y avait certes une liste de priorité mais qu’ils n’étaient pas tenus de la respecter. J’entendais tout à fait ce qu’elle me disait, mais d'un coup je me suis senti désemparée, tout d’un coup tous mes espoirs s’écroulaient. Je rappelai alors l’adjoint au maire pour lui faire part des propos de l’agent, mais il me rassura. Malgré son optimisme, je ne pouvais m'empêcher de paniquer et j'ai passé plus de dix jours à angoisser. Je ne dormais plus, un mal de ventre ne me quittait plus. Le mercredi du jour de la commission, j’appelai dans l’après-midi pour connaître le résultat. Elle me dit sèchement qu’il fallait que j’attende le vendredi pour avoir la réponse. Mais le soir même, alors que je ne m’y attendais plus, l’adjoint m’appela pour me rassurer. Après avoir passé un an et demi sans logement, ça y est, c'est sûr, nous allions avoir enfin un vrai appartement rien qu'à nous ! Je n’ai pas réussi à décompresser tout de suite, et je n'ai pas encore réussi à fêter cette nouvelle comme il se doit. Jusqu’au bout j’ai été prudente, voire méfiante, je n'en ai parlé à personne ou presque, et je n’ai été rassurée que quand j'ai eu le papier entre les mains qui me conviait à visiter l’appartement afin que je dise si je l’acceptais (comme si la question se posait ! comment pourrais-je refuser un toit que l’on attend depuis si longtemps ?) Mais je n'ai pas pu le visiter tout de suite car nous étions un vendredi et le lendemain je descendais à Bordeaux voir mes enfants, cela faisait deux semaines qu’ils étaient en vacances chez leurs grands-parents. Quand j'ai annoncé la nouvelle à Jules, il a crié : « Super ! On va avoir nos lits superposés ! » Maintenant je l'ai vu, et il me plaît beaucoup. J'ai rendez-vous demain pour la signature du bail, inutile de vous dire combien je suis impatiente et excitée. Nous emménagerons très vite, et le plus tôt possible on fera une grande pendaison de crémaillère où vous serez tous invités ! Et enfin nous pourrons sortir le champagne ! Et je pourrai tous vous remercier, ceux qui nous ont soutenus, ceux qui nous ont hébergés, ceux qui nous ont aidés, ceux qui nous ont écrits. A bientôt !
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Ava LOWERY

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Depuis 2005, une adolescente américaine montre sur son blog

 

PEACE TAKES COURAGE

 

l'horreur de la guerre en IRAK et dénonce la présence de l'armée américaine dans ce pays.

 

Quelle leçon de courage dans ce pays où le militarisme est une vertue !

 

Une adolescente qui a plus de valeur que tout les Bush et Mc Cain réunis...

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Liste des soldats US morts en IRAK
Liste des 4207 soldats au 25 NOVEMBRE 2008... mort pour rien... mort pour le capitalisme et l'impérialisme américain...
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